30.09.2026 à 15:09

Entrevue avec Mary Ann Castillo, secrétaire générale du Kilusang Mayo Uno (KMU)[1]
Le Kilusang Mayo Uno (KMU) est une centrale syndicale des Philippines qui regroupe neuf fédérations ouvrières pour un total d'environ 125 000 membres. Plutôt différent des centrales québécoises, le KMU s'oppose au réformisme qui prône une réorganisation du capitalisme. Le KMU organise plutôt ses membres sur des bases explicitement anticapitalistes. Il est né à l'époque de la loi martiale du dictateur Ferdinand Marcos, père de l'actuel président « Bong Bong » Marcos. Sa création venait d'une nécessité pour le mouvement ouvrier de lutter pour ses conditions de vie et pour des droits syndicaux dans un contexte où les grèves étaient illégales. S'insérant dans le « mouvement démocratique national » dans lequel diverses tendances de gauche collaborent autour d'un programme lancé d'abord par le Parti communiste des Philippines, le KMU était alors – et est toujours – le représentant, dans le mouvement ouvrier philippin, d'une tendance critique « de la vision étroite du syndicalisme gouverné par les aristocrates syndicaux et les lieutenants du capitalisme[2] ». Donnons l'exemple de la Fédération nationale des travailleurs de la canne à sucre, une des fédérations qui formeront le KMU, laquelle procédait à des coups d'éclat comme de planter de façon illicite des plantes nourricières sur les terres privées de grands bourgeois en 1978[3].
Les années suivant la fondation de la nouvelle centrale seront riches en actions ouvrières de grande ampleur. En 1981 et 1982, 400 grèves impliquant 154 000 personnes auraient eu lieu[4], surtout sur des enjeux économiques. L'assassinat en 1983 du sénateur anti-Marcos Benigno Aquino entraine la multiplication et l'intensité des mouvements d'opposition à la dictature, et le mouvement ouvrier radical s'y joint. À partir de ce moment et jusqu'à la chute de Marcos en 1986, des grèves coordonnées ont lieu en opposition au régime. Un exemple de ces grèves capables de paralyser des régions entières est la « grève populaire » de 1985 dans la zone franche d'exportation de Bataan, une zone de libre-échange encore existante aujourd'hui où les multinationales règnent en maitres. Cette zone a été établie par Marcos en expropriant des citoyens. Un ancien dirigeant du KMU, Bobby Ortaliz, rapporte que :
De 1981 à 1986, je pourrais dire qu'il y avait une sorte de fièvre de la grève. Il y avait les grèves municipales, les grèves territoriales, les grèves régionales et puis les grèves populaires. Au fil de ces grèves, de nouvelles méthodes d'organisation dans ces communautés étaient expérimentées. Les communautés jouaient un grand rôle en nous aidant sur le piquet, puisque les piquets [étaient] toujours brutalement dispersés par les militaires. Cependant, avec l'implication de la communauté c'était très difficile pour eux de disperser notre ligne de piquetage[5].
Raphaël Laflamme – Commençons avec un peu de contexte historique. Le Kilusang Mayo Uno, ou Mouvement du 1er mai, a été fondé le 1er mai 1980. Ceux et celles qui connaissent l'histoire des Philippines se rappelleront qu'il s'agit de l'époque de la dictature militaire de la famille Marcos, plus spécifiquement de la période de la loi martiale qui a duré de 1972 à 1981. Qu'est-ce qui a poussé des syndicalistes à former le KMU à ce moment-là et comment a-t-il été possible de s'organiser malgré la répression politique ?
Mary Ann Castillo – La loi martiale a été déclarée le 21 septembre 1972. À ce moment-là, je n'avais que deux ans ! Durant la période de la loi martiale, il y a eu la fondation d'une organisation appelée le Katipunan ng Manggagawang Pilipino (KMP) [Congrès des syndicats philippins]. Cette organisation était reconnue comme le syndicat de l'État, puisqu'elle respectait toutes les lois du régime Marcos de l'époque. À ce moment-là, il n'y avait aucun emploi équitable (non précaire) ni aucune sécurité d'emploi, et le KMP ne supportait pas les travailleurs et travailleuses et le peuple.
C'est la raison pour laquelle le KMU est né. C'était un geste d'opposition politique. Les ouvriers et ouvrières se sont d'abord organisés en secret à l'échelle des usines. Ensuite ils et elles ont organisé d'autres secteurs, puis se sont dévoilés publiquement. Leur but était la défense de salaires justes, de conditions de travail humaines, ainsi que de la liberté de former des syndicats et de faire la grève. C'est sur cette base qu'en 1980 plusieurs syndicats indépendants et fédérations syndicales se sont unis pour former le Kilusang Mayo Uno. Ils se sont unis car les droits du peuple n'étaient pas respectés par le régime ; ils devaient s'organiser pour répondre à la répression et à l'exploitation vécue par les travailleuses et travailleurs philippins.
R. L. – La première moitié des années 1980 a été tumultueuse aux Philippines. L'opposition montante au régime a mené à la création du « People's Power Movement » en 1986, puis au renversement de Ferdinand Marcos. Quel rôle le mouvement ouvrier, et particulièrement les grèves qu'il a menées, a-t-il joué dans la lutte contre Marcos ?
M.A. C – Il y a eu de nombreuses grèves durant la loi martiale. La première a eu lieu en 1975 à La Tondeña Incorporada, une compagnie de production d'alcool. Les travailleurs sont d'abord allés en grève contre la contractualisation[6] massive et les bas salaires. Cependant, la grève a aussi mis en lumière les conditions difficiles imposées aux travailleurs et travailleuses sous la loi martiale et a « ouvert les vannes » pour de nombreuses autres grèves puisque, avec cette grève, les ouvriers et ouvrières se mirent à croire qu'il était possible de faire la grève même si c'était illégal.
En 1981, il y eut une grève générale dans tout le pays, ainsi que la toute première grève dans la zone franche d'exportation de Bataan, qui dénonça la soumission de l'administration Marcos aux compagnies étrangères. Puis, le 13 mai 1982, ce fut ce qu'on appelle la « Black Friday Strike » [la grève du vendredi noir] où de nombreuses arrestations eurent lieu, dont celle de Felixberto Olalia, alors président du KMU, et de son fils Rolando (qui allait devenir le président de la centrale jusqu'à son assassinat en 1987). À partir de 1985, on assista à un mouvement continu de grèves qui menèrent éventuellement à l'éviction de Marcos du pouvoir en 1986.
R. L. – Le KMU se décrit aujourd'hui comme un « centre ouvrier indépendant qui fait la promotion d'un syndicalisme authentique, militant et patriotique ». Pourriez-vous préciser sur ce que cela signifie ?
M.A. C – Le KMU est profondément enraciné dans le mouvement national démocratique, dans sa lutte contre la domination impérialiste et l'exploitation capitaliste. De fait, toutes les fédérations et leurs syndicats affiliés, surtout les syndicats locaux, se fondent sur ces trois principes : être authentique, militant et anti-impérialiste. Nous ne sommes donc pas seulement dans la lutte économique, mais nous sommes aussi une organisation anti-impérialiste qui mène des luttes politiques, puisque nous savons que les pays impérialistes sont opposés aux travailleurs et travailleuses et ont des politiques qui vont contre les intérêts de la classe ouvrière. Le gouvernement des Philippines ne fait que suivre les règles et lois des pays impérialistes et ne se préoccupe pas du fait que le peuple souffre de ces lois.
Le KMU ne se bat non seulement pour les salaires, mais pour une réelle liberté pour le peuple philippin. Nous pouvons nous tenir debout. Nous voulons notre propre industrialisation. Nous voulons que les terres soient aux fermiers. Nous voulons un gouvernement qui travaillera vraiment à donner une vie décente au peuple. C'est pourquoi nous ne croyons pas aux tables de négociation. Nous savons, par expérience, que pour gagner, il faut lutter et qu'il faut combattre la répression gouvernementale.
R. L. – Avant de devenir secrétaire générale du KMU, vous étiez présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de Nexperia, lequel a entrepris une grève d'un millier d'ouvriers en mars 2025. Pourriez-vous nous parler de votre expérience d'organisation à Nexperia et ce qui a mené à la grève ?
M.A. C – Avant que les négociations ne débutent à la fin de 2023, un des départements de notre usine a été fermé. Environ 200 employé·e·s se sont fait offrir un forfait de départ volontaire. Mais pour plusieurs travailleurs et travailleuses, il s'agissait d'un départ forcé, alors ils ont refusé l'offre. Parmi ceux-ci se trouvaient trois officiers syndicaux, donc nous avons déposé un grief pour pratique antisyndicale.
Vient ensuite 2024 et le début de la négociation de la convention collective. Le processus a duré une année complète, alors qu'habituellement il durait trois ou quatre mois. Durant la période de négociation, notre directeur général convoque une assemblée publique où il affirme qu'il y avait 300 employé·e·s de trop dans l'usine. Au fond, il voulait nous forcer à accepter l'offre de convention de l'administration. Nous comprenions que le plan de l'administration était de briser le syndicat pour réduire les coûts. Nous avons donc fait de nombreux piquetages, des manifestations dans l'usine, des actions dans les médias sociaux et d'autres mobilisations pour signifier à l'employeur que nous voulions finir la négociation de la convention collective, que nous avions besoin de hausses de salaire à cause de l'augmentation du coût de la vie. Le plan était cependant de briser le syndicat.
Pendant ce temps, nous nous étions assurés d'organiser et d'éduquer nos membres, de les tenir au courant de ce qui se passait durant les négociations. En décembre 2024, l'employeur a renvoyé quatre élu·e·s syndicaux, dont moi-même qui étais présidente du syndicat. Nous voulions d'abord appeler à une grève de trois jours suite aux renvois, mais nous voyions que les membres n'étaient pas prêts, puisque cela aurait été notre première grève. Ainsi, durant le mois de janvier, nous avons continué d'éduquer nos membres, nous avons tenu des rassemblements et avons augmenté le nombre de nos leaders.
Nous avions planifié une grève pour le 6 février, mais l'administration est parvenue à savoir que nous allions débrayer. Nous avons ainsi reçu un ordre du Département du travail de ne pas faire grève. Nous avons convoqué une assemblée générale pour consulter les membres. La majorité était prête à se battre, mais nous devions trouver le moment opportun pour le faire. Nous avons donc indiqué à nos membres qu'ils devraient se tenir prêts à débrayer à tout moment d'ici le 5 mars. Voyant que l'administration ne bougerait pas sur nos demandes, nous avons fait une grève le 5 mars. Le 8 mars, l'employeur accepta de réembaucher deux des quatre officiers renvoyés, puis les deux autres le furent par un jugement du Département du travail. Encore aujourd'hui, le directeur général n'en revient pas que la grève ait eu lieu.
La grève de Nexperia est importante pour deux raisons. D'abord, nous avons remporté beaucoup de nos demandes, dont la réembauche des officiers. Deuxièmement, la grève a eu lieu dans une « zone économique spéciale » ; c'était la toute première fois qu'une grève y avait lieu. De fait, cela a inspiré d'autres syndicats à mener des grèves dans ces zones. Le syndicat de Kawasaki nous a effectivement dit que c'est la grève de Nexperia qui les a inspirés à faire leur propre grève, encore en cours aujourd'hui.
R. L. – Le KMU se distingue de ce qu'il appelle « le syndicalisme jaune et ses tendances réformistes, économistes et collaboratrices ». Quelles sont les différences principales entre le KMU et les autres centrales syndicales ?
M.A. C – Les syndicats jaunes[7] ne sont intéressés que par l'économique et croient qu'ils peuvent obtenir ce qu'ils veulent par la négociation et d'autres moyens pacifiques. Nous ne croyons pas aux grèves paisibles puisque, nous le savons par expérience, il faut combattre. Il faut lutter. Les syndicats jaunes pensent obtenir ce qu'ils veulent par le dialogue. Ils font des piquetages et des manifestations aussi, mais ils n'agitent pas le peuple et ne font qu'aller à la table des négociations.
Les intérêts des deux camps, employeur et employé·e·s, ne sont pas les mêmes. Contrairement aux syndicats jaunes, le KMU ne croit pas au tripartisme[8]. Nous savons que le gouvernement se positionnera toujours du côté des capitalistes, des employeurs. Ce fut toujours le cas dans notre expérience. C'est pourquoi nous devons mobiliser les travailleurs et les travailleuses, le peuple, pour pousser le gouvernement à consentir à nos demandes.
R. L. – Une question cruciale pour le mouvement ouvrier d'aujourd'hui est celle des tensions géopolitiques montantes et du danger de la guerre causé par l'impérialisme. Le génocide à Gaza, notamment, nous a rappelé la nécessité d'une solidarité internationale dans le mouvement prolétarien. Quelle est la vision du KMU pour la construction d'un mouvement syndical internationaliste et anti-impérialiste ?
M.A. C – J'aimerais commencer par dire que nous faisons partie d'une campagne contre la guerre sioniste et le génocide actuel à Gaza. Il ne s'agit pas seulement d'émettre des déclarations, mais nous sommes des participants actifs à des mobilisations ici et ailleurs. Concrètement, nous sommes membres de la « Commission 5 » de la Ligue internationale de lutte des peuples qui comporte deux principaux aspects. D'abord le WORKINS (Workers international struggles initiatives, l'Initiative internationale des luttes des travailleurs) qui promeut de meilleurs salaires et des emplois stables, ainsi que des droits pour les travailleurs et travailleuses. L'autre aspect de la commission se préoccupe des questions anti-impérialistes. Nous sommes également une partie intégrante de l'« Initiative du Sud sur la mondialisation et les droits syndicaux ». Ainsi, nous participons à un ensemble mondial de mouvements anti-impérialistes.
Nous travaillons aussi à présenter les États-Unis comme les impérialistes numéro 1 dans le monde et à nous opposer à leurs guerres à travers le monde. Les conditions économiques aux États-Unis sont dans un état de crise. Ils ont maintenant un dirigeant, Donald Trump, qui crée beaucoup de perturbations au sein même du plus grand pouvoir impérialiste. Il licencie des employé·e·s de son propre gouvernement, de son propre système, dont des administrateurs. L'administration Trump impose de nombreuses politiques qui vont contre son propre pouvoir, et plusieurs villes des États-Unis ont des relents de loi martiale. C'était stupide de la part de Trump d'imposer des tarifs élevés à ses voisins, particulièrement au Mexique et au Canada d'où viennent de nombreux produits agricoles. Cela explique pourquoi les prix des marchandises aux États-Unis sont si élevés et que l'économie dépérit. C'est cela qui les pousse à lancer encore plus de guerres et à augmenter la production d'armes de destruction massive pour renforcer l'économie. Les États-Unis sont tellement bellicistes, allant même jusqu'à présenter des dirigeants socialistes comme Maduro comme des narcotrafiquants. C'est l'intention du KMU de faire connaitre ces positions injustes de la part des pays impérialistes.
Les États-Unis essaient vraiment de provoquer la guerre, particulièrement dans notre partie de l'Asie. Par exemple, ils pointent leurs missiles vers le détroit de Taiwan. Ils poussent vraiment la Chine vers la guerre dans cette partie du monde. Nous sommes fortement opposés à la prolifération de l'armement militaire. Aux Philippines, ils essaient de bâtir un dépôt de munitions dans la ville de Subic. Ils sont déjà à la table à dessin pour ce projet et le Congrès a adopté une résolution à cet effet. Ils ont aussi prévu faire 500 exercices militaires en 2026. Nous allons nous opposer à ces incursions de l'impérialisme américain aux Philippines.
R. L. – Au Canada, il y a un renouveau, chez certains militants écœurés du système capitaliste, de l'idée de faire appel au potentiel de la classe ouvrière, ainsi qu'un regain d'intérêt pour le syndicalisme. Le paysage est cependant dominé par les syndicats de collaboration de classe, ce qui rend difficile le travail politique. En tant que participante à un mouvement révolutionnaire plus mature, quels conseils donneriez-vous aux militants ouvriers du Canada qui ont des perspectives socialistes ?
M.A. C – D'abord, je souhaite féliciter le syndicat des employé·e·s d'Air Canada pour sa grève puissante menée sous l'égide du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). C'était une grève inspirante que celle menée par les agentes et agents de bord. Je crois qu'il s'agit d'une manière juste de lutter contre le grand capital. Il est très important d'avoir des actions de masse, d'insister sur nos positions et nos demandes. Nous disons qu'il faut « agiter, organiser et mobiliser ». L'agitation se rapporte à éduquer les travailleurs et travailleuses sur le fait que leurs intérêts sont très éloignés de ceux du capital. Quiconque dit que les intérêts du travail sont les intérêts du capital propage, en fait, un syndicalisme dit « jaune ». Je suis d'ailleurs très attristée que le Congrès du travail du Canada, qui existe depuis si longtemps, ne mène pas de mobilisations ou de mouvements puissants et durables contre les abus capitalistes qui affectent tant de travailleurs et travailleuses au Canada.
Nous croyons aussi qu'il faut sincèrement faire confiance aux travailleurs et travailleuses, faire confiance aux masses d'ouvriers et d'ouvrières. D'un autre côté, il y a certains dirigeants et dirigeantes syndicaux qui sont en fait de connivence avec le grand capital et ses administrations. Ainsi, ils ne servent pas les intérêts des travailleurs et travailleuses. Ce sont des collaborateurs qui utilisent le mouvement syndical comme un moyen de recevoir plus d'argent pour eux-mêmes. Lorsque cela existe, il faut le dénoncer, dans chaque pays.
Je peux aussi conseiller de continuer à organiser le peuple, les travailleurs et travailleuses spécialement, autour des principes d'« agiter, organiser et mobiliser » ; également de travailler à connaitre la situation de votre pays, et ce qui peut être fait dans ce pays plutôt que de se concentrer sur soi-même. Il ne s'agit pas seulement de mener des grèves, mais de voir comment les relier aux problèmes nationaux, comme nous l'avons fait dans notre usine. De façon plus globale, il est important de s'unir partout dans le monde, puisque les intérêts des travailleurs et travailleuses de toute la planète sont les mêmes. C'est pourquoi nous disons : « Travailleurs et travailleuses de tous les pays, unissez-vous. Nous n'avons à perdre que nos chaînes ».
Par Raphaël Laflamme, organisateur communautaire au Centre des travailleurs et travailleuses immigrants
- Mary Ann Castillo est aussi présidente du Syndicat des travailleurs de Nexperia. ↑
- « Strenghten The Revolutionary Worker's Movement », Ang Bayan, édition spéciale du 1er mai 1976, dans Resistance To Martial Law In The Pages of Ang Bayan, Paris, Foreign Language Press, 1976, p. 113-114 (traduction de l'auteur). ↑
- « Farm Workers, Detained After Planting On The Big Landlord's Property », Ang Bayan, vol. 10, n° 17, dans Resistance To Martial Law In The Pages of Ang Bayan, Paris, Foreign Language Press, 1978, p. 161. ↑
- « Overthrow the US-Marcos Fascist Dictatorship, Establish a Revolutionary Government », Ang Bayan, vol. 14, n° 4, dans Resistance To Martial Law In The Pages of Ang Bayan, Paris, Foreign Language Press, 1982, p. 257. ↑
- Cité dans Rob Lambert, « Kilusang Mayo Uno & the Rise of Social Movement Unionism in the Philippines », Labour & Industry, vol. 3, n° 2-3, 1990, p. 273 (traduction de l'auteur). ↑
- Aux Philippines, on désigne par « contractualisation » le phénomène où les employeurs offrent surtout des contrats de moins de six mois, puisque la loi oblige à ce que les emplois de plus de six mois aient certaines protections contre les renvois arbitraires. ↑
- Pour le mouvement syndical philippin, la notion de syndicat jaune est moins limitée qu'ici et inclut les syndicats d'affaires. Cela vient de la tradition socialiste qui qualifiait les syndicats de l'American Federation of Labor (AFL) sous la présidence de Samuel Gompers de jaunes, ou encore les syndicats associés aux sociaux-démocrates. ↑
- Des négociations conjointes entre l'employeur, les employé·e·s et l'État. ↑