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10.02.2026 à 09:03

Récit d'un voyage en Palestine : agroécologie, colonisation et résistance

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« La reproduction des semences prend ainsi une dimension profonde, celle de la survie et de la résistance »

- 9 février / , , ,
Texte intégral (3951 mots)

En cette fin d'année 2025, nous avons effectué un voyage de solidarité d'un mois et demi en Palestine afin de soutenir des paysan.nes palestinien.nes. Malgré l'ambiance lourde et affectée par le génocide à Gaza, la colonisation, l'apartheid et les guerres alentours, nous avons rencontré de nombreux projets inspirants menés par des Palestinien.nes. C'est ce foisonnement d'initiatives et leurs contextes difficiles que nous souhaitons partager.

Notre voyage débute à Amman, capitale de la Jordanie. Israël contrôlant tous les points d'accès à la Palestine, le choix est donc restreint : on arrive soit par l'aéroport de Tel -Aviv soit par la Jordanie. C'est cette seconde option que nous avons choisi, bien qu'elle implique de traverser trois check-points : palestiniens, israéliens et jordaniens. Pour les Palestinien.nes, ce choix n'existe pas : ce passage est le seul qui leur est autorisé. Dès la frontière, nous, occidentaux, traversons dans un bus moderne, tandis que celui réservé aux Palestinien.nes semble tout droit sorti d'une autre époque. Ce sera le premier aperçu d'un système d'apartheid que nous nous apprêtons à découvrir.

Arrivé.es en Palestine, nous avons rendez-vous chez notre ami Saad, que deux d'entre nous ont déjà rencontré en janvier, dans un village perché au milieu des terrasses d'oliviers, entre Ramallah et Naplouse. Au village, tout le monde possède des oliviers et nous aidons Saad à récolter les siens. Ils sont une source de subsistance pour de nombreuses familles qui consomment ou vendent l'huile et les olives transformées. C'est un arbre incroyable : il pousse tout seul, ne demande pas beaucoup d'eau et peut vivre des centaines d'années. Le peuple Palestinien en a fait un symbole de résistance, surtout depuis que les colons les arrachent. Cette saison de récolte a été particulièrement difficile : ces trois derniers mois, 11500 oliviers ont été arrachés par l'armée israélienne et les colons [1]. En termes d'attaque de colons contre des Palestinien.nes, le mois d'octobre a été le plus violent jamais enregistré depuis 2006 [2]. Comme si cela ne suffisait pas, à cause de la sécheresse, les arbres n'ont produit qu'un dixième de la récolte habituelle, du jamais vu depuis 1960. Concernant les attaques, le village est relativement préservé : les colons du coin préfèrent s'en prendre au village voisin, où ils se sont déjà accaparés l'une des deux sources d'eau (la deuxième est désormais surveillée jour et nuit par les habitant.es...). Mais ils ne sont jamais loin : au cours des derniers mois, ils ont été aperçus dans le coin en train d'étudier des cartes. Alors on s'inquiète sérieusement au village : quels sont leurs plans ? Vont-ils également s'accaparer la source ? [3] Un habitant nous explique que l'apartheid concerne aussi les ressources en eau. Les Palestinien.nes disposent toujours d'un réservoir d'eau sur leur toit, car elle peut à tout moment être coupée et cela peut durer plusieurs semaines. Dans les colonies, les autorités ne coupent jamais l'eau, même pas une heure. Le stockage d'eau est donc une nécessité pour les Palestinien.nes.

Au nord de Ramallah, des terrasses d'oliviers à perte de vue sur les collines.

Dans le village, nous rencontrons plusieurs membres du Forum Agroécologique Palestinien, qui s'est donné pour but de promouvoir l'agroécologie comme outil de résistance. Nous avons la chance de participer à une distribution de semences organisée par le Forum et financée par des dons de particuliers à l'étranger. Les paysan.nes se succèdent toute la matinée pour récupérer leurs graines, une tonne de semence est distribuée à une cinquantaine de personnes. Ces semences sont reproductibles et nos ami.es espèrent que l'initiative fera naître une envie de retour à la terre. Plus qu'une envie, c'est une nécessité : les déplacements en Cisjordanie sont toujours plus compliqués, et il n'est pas sûr que les semences pourront toujours voyager librement demain. C'est dans ce contexte, et avec la conviction que l'agriculture paysanne permet l'autonomie à celleux qui la pratiquent, que les membres du Forum tentent de faire vivre la paysannerie sur leur parcelle : Mahmoud [4] est éleveur de brebis et apiculteur au village, tandis que Nour vit à Ramallah mais a acheté une parcelle pour y planter des arbres et en faire un lieu de rencontre et de transmission. Avec Saad, une fois les olives pressées, nous plantons patates, oignons, ails, fèves et radis entre les oliviers. Dans un village voisin, Laïla cultive des légumes qu'elle vend à prix libre lors d'une journée conviviale de récolte collective où elle cuisine pour tout le monde. De son côté, Marwan a planté vignes et pêchers sur une parcelle familiale, où il cultive également des légumes. Il travaille de préférence la nuit depuis qu'il est sorti de prison et nous propose un café du matin chaque soir où nous le retrouvons. Il est sensible à la beauté de la montagne où il aime passer ses nuits et a beaucoup d'humour. On a du mal à imaginer une telle personne en prison, mais la réalité est ainsi : en ce moment même, Israël détient plus de 11 000 prisonnier.es palestinien.nes, dont plus de 3 500 sous le régime de « détention administrative » [5], c'est-à-dire que les prisonnier.es ne connaissent pas la raison de leur incarcération et peuvent rester des années en prison sans défense ni procès. Un simple post Facebook peut mener en prison, et chaque déplacement est un risque de se retrouver face à l'occupant et son bon vouloir. La détention de masse est un des outils de contrôle de la population et, bien évidemment, nos amis du village sont également concernés. La plupart ne sont pas bavards sur ce qu'ils ont subis en prison mais les quelques témoignages que nous recevons confirment ce que nous savons grâce au travail des ONG sur les conditions de détention épouvantables et inhumaines imposées aux prisonnier.es palestinien.nes [6].

Pour en savoir plus sur la répression et le système colonial, nous nous rendons à Bil'in, village bien connu pour sa résistance pacifiste contre le mur de séparation qui enferme les Palestinien.nes de Cisjordanie [7]. Ici, les habitant.es du village se sont mobilisé.es pendant des années pour empêcher le mur de traverser leur village. Après une victoire en justice en 2007, le mur a été déplacé plus loin du village et une ferme s'est installée sur les terres regagnées en 2016. C'est la ferme où nous logeons et elle est juste en face de l'une des plus grandes colonies de Cisjordanie (Modi'in Ilit, plus de 80 000 habitant.es). Nous sommes séparés d'elle par le mur qui s'étend entre les collines. On est surpris.es du contraste entre le vert de la ferme et des terrasses d'oliviers de notre côté, et la tristesse des immeubles en béton du côté des israélien.nes. On est tellement proches que les bruits de la colonie accompagnent le quotidien de la ferme : on entend les voix, la musique, les bruits des chantiers... Mais ce sont pourtant deux mondes qui s'opposent, de façon absurde. Tandis que les colons se croient sûrement 'protégés' par le mur qui les enferment, les Palestinien.nes regrettent de ne pas pouvoir accéder à la mer. Le mur n'est malheureusement pas le seul obstacle à la liberté de circuler des Palestinien.nes : même à l'intérieur de la Cisjordanie, les check-points omniprésents rendent tout déplacement compliqué ou temporairement impossible. Sur la ferme, tout est pensé comme un outil de résistance : on prend le thé sur une terrasse avec vue sur la colonie et de tous les bâtiments, ce sont les toilettes qui bénéficient de la vue la plus panoramique. Toutes les constructions sont légères et démontables : nous sommes en zone C [8], où les constructions en dur sont interdites. On cultive de tout sur les buttes du jardin, du choux, de la papaye ou encore de la citronnelle. Une attention toute particulière est accordée à la construction du sol, en utilisant du compost et du fertilisant écologique produit sur place. La belle terre de la ferme contraste avec le sol pauvre et caillouteux que l'on trouve dans la région.

Depuis une ferme de Bil'lin, vue sur la colonie israélienne Modi'in Ilit qui ne cesse de s'agrandir.

Dans le village de Bil'in, nous rencontrons Bilal, un grand bonhomme d'une trentaine d'années qui nous aborde en allemand. Il vit avec la famille de sa sœur, qui nous accueille chaleureusement quelques jours dans leur maison. Bilal a vécu les 10 dernières années en Allemagne et nous raconte lors de discussions touchantes comment sa vie en tant que palestinien est devenue un calvaire depuis le 7 octobre. Après avoir perdu son travail, harcelé par son voisin et éloigné de ses amis, il a décidé de rentrer en Palestine il y a seulement 6 mois. Il souffre toujours du racisme qu'il a subit en Allemagne mais se sent mieux depuis qu'il est de retour ici, malgré les conditions difficiles dans son village. Sa famille était un des piliers de la lutte pacifiste contre le mur et il nous fait mesurer l'horreur de la colonisation : toute les familles du village ont perdu des membres, tué.es par les militaires ; la plupart des hommes ont été emprisonnés et torturés.

Depuis quelques mois, le village comprend un nouvel habitant : un colon a élu domicile sur une colline toute proche. Nous le voyons descendre de chez lui en voiture, faire un tour dans la vallée, à grand renfort de klaxon et de gyrophare. Aussitôt, les gens sont en alerte, se rassemblent et scrutent l'arrivant de loin. L'imbécile n'est pas inoffensif, il a déjà tué plusieurs personnes, en toute impunité. C'est comme cela que la colonisation commence : un israélien arrive et pose un mobile home quelque part. Il vole les animaux et effraye les locaux. L'embryon de colonie s'agrandit ensuite avec l'arrivée de nouvelles personnes. Les colons mettent en place des routes, des écoles, la connexion au réseau d'eau... Passé un certain stade, la colonie est 'légalisée' par Israël (mais pas au regard du droit international) et l'Etat hébreu pousse l'ignominie jusqu'à donner des subventions aux personnes qui s'installent. Quand les colonies s'agrandissent, les maisons alentour reçoivent des ordres de démolition et les familles palestiniennes vivant là n'ont alors que deux choix : détruire eux même leur maison ou attendre que l'armée s'en charge et leur fasse payer la facture. Plusieurs maisons du village ayant déjà reçu un ordre de démolition, on ne peut que s'inquiéter pour le futur de nos ami.es. C'est ainsi que la Palestine se fait grignoter par les intégristes, avec la bénédiction de l'État israélien, qui leur fournit armes et protection militaire.

Nous passons ensuite une journée dans un village voisin où des jeunes ont monté une coopérative pour produire des légumes. Tout y est rationnel et productif, le groupe veut montrer qu'il est possible de produire beaucoup, sans pesticides, même sur ces petites parcelles très pauvres. Cela ne les empêche pas de travailler à la reproduction de semences anciennes ; nous semons ensemble des parcelles de blé avec des variétés originaires du Levant. Si la culture des céréales aurait sans doute de l'avenir dans la région, la récolte ne peut pas se faire à l'aide de machines : le bruit ne manquerait pas d'attirer les colons, qui les détruiraient. La parcelle que nous avons semé est d'ailleurs coincée entre une colonie et une future zone commerciale israélienne, dont le terrain est déjà clôturé.

C'est pendant les semis que nous rencontrons Saïd. Il est paysan de l'autre coté du mur de l'apartheid, dans ce que les occidentaux appellent Israël et que nos ami.es préfèrent appeler la 'Palestine de 1948', en référence à la date à laquelle 700 000 palestinien.nes en ont été expulsés. Il nous emmène dans sa ville, proche de Haïfa et de la frontière libanaise. C'est ici qu'ont été regroupées les familles palestiniennes expulsées des villages voisins lors de la création de l'État d'Israël. Saïd nous fait visiter les ruines de l'un des nombreux villages détruit depuis l'occupation. Comme souvent, des arbres à croissance rapide ont été plantés sur le lieu, la forêt étant utilisée pour cacher le crime. Les restes des ruines ne sont visibles que si l'on cherche à les voir.

Pendant quelques jours, nous travaillons sur la ferme avec Saïd qui pratique l'agriculture syntropique : les légumes poussent entre les arbres, dont certains servent seulement à enrichir le sol de leur bois, dans un jardin qui grouille de vie. Saïd et sa mère se débrouillent pour faire fleurir leur oasis malgré les discriminations qu'iels subissent. Même avec un passeport israélien, iels n'ont pas les mêmes droits dans la pratique que les juif.ve.s. Par exemple, iels ne peuvent pas commercialiser certains fruits tels que les mangues et les avocats, de même qu'iels n'ont pas le droit de posséder plus de trois ruches. Ici aussi, tandis que d'affreux immeubles résidentiels s'implantent à quelques kilomètres, iels ont l'interdiction de construire en dur sur leurs terres alors, comme en Cisjordanie, iels s'adaptent avec des structures en matériaux naturels et démontables.

En Israël, le régime d'apartheid se matérialise de différentes manières. Parfois, ces restrictions prennent la forme de lois qui s'appliquent à tout le monde mais dans la pratique, des dérogations sont facilement accordées, sauf aux arabes. Un autre subterfuge consiste à créer des restrictions pour des raisons soi-disant 'écologiques' dans des zones qui ne sont habitées que par des arabes. Ces Israélien.nes qui sont appelés arabes musulmans, arabes chrétiens, druzes ou bédouins, facilement identifiables car ce nom est inscrit sur leur carte d'identité, sont en fait les descendant.es des Palestinien.nes qui sont restés dans les frontières d'Israël en 1948.

Ainsi, des deux côtés du mur de séparation, l'occupation prend différentes formes et, même dans la « seule démocratie du Moyen Orient », l'apartheid est violent. L'eau est également un sujet d'inégalité : une seule compagnie possède le monopole de l'approvisionnement en eau en Israël et les arabes sont contraints de la payer beaucoup plus cher que les juifs. Alors sur la ferme de Saïd, une fois de plus, la permaculture permet de contourner ces problèmes : on fait des buttes pour retenir l'eau, on couvre le sol et les arbres permettent de faire de l'ombre.

La dernière semaine de notre voyage, nous choisissons de la passer autour de Ramallah, pour revoir les différentes personnes que nous avons rencontrées lors de ce séjour. Nous sommes toujours accueilli.es avec le sourire et une générosité débordante. Nos nouveaux et nouvelles ami.es nous expriment l'importance de recevoir des visites dans cette situation désespérante et nous sommes toujours épaté.es par leur envie de s'engager vers un futur durable.

Au cours de ce voyage, nous avons eu de nombreuses discussions politiques. Toutes les personnes que nous avons rencontrées sont en colère contre l'Autorité palestinienne qu'elles estiment corrompue et complice d'Israël. Malgré les soutiens financiers de nombreux pays et d'ONG à la Palestine, peu d'argent arrive réellement jusqu'aux Palestinien.ne.s. Certain.es de nos ami.es estiment qu'il s'agit d'une politique volontaire visant à maintenir les gens dans des conditions de vie précaires pour qu'iels n'aient pas les moyens de résister et de remettre en cause la situation d'occupation qui profite à l'Autorité palestinienne.

Au cours de nos rencontres, certain.es nous ont aussi dit se sentir privilégié.es de ne pas être à Gaza ou dans un camp de réfugié. Certain.es estiment que cette situation 'préservée' leur permet de théoriser une éventuelle paix et une coexistence avec les juif.ves et se disent admiratif.ves que leurs proches de Gaza continuent à leur transmettre leurs projets et leurs envies de vie et de paix.

Les liens avec nos ami.es palestinien.nes sont forts et nous remarquons que nous sommes à peu près du même milieu : classe moyenne, ayant un peu voyagé, sensibles à la justice sociale, à l'écologie et convaincu.es de l'intérêt de l'agriculture écologique. Mais la comparaison entre nous s'arrête là : malgré leur situation 'privilégiée' par rapport à d'autres palestinien.nes, la plupart sont déjà passé.es par la prison et iels se savent constamment en danger (de retourner en prison, d'être expulsé.es de chez eux, de voir leur terre détruite, de perdre des ami.es ou d'etre tué.e...). Iels ne se font pas d'illusion sur le futur et se préparent à subir le même sort que leurs voisins de Gaza ou de Jénine. La reproduction des semences, l'auto-production, l'agroécologie, les réseaux d'entraides, auxquels nous croyons pour des raisons humaines et écologiques, prennent ainsi une dimension profonde, celle de la survie et de la résistance.

Quatre ami.es solidaires


[1] Applied Research Institute Jerusalem ARIJ

[3] Le 26 décembre 2025, juste après la rédaction de cet article, un ami nous a informés que 50 colons armés sont entrés dans le village. Ils se sont rendus aux sources d'eau et ont détruit des plantes aux alentours. Les habitant.es sont plus préoccupé.es que jamais.

[4] Les prénoms ont été modifiés.

[5] Selon l'ONG israélienne HaMoked, sur la base de chiffres fournis par l'IPS (administration pénitentiaire israélienne)https://hamoked.org/prisoners-charts.php

[6] Par exemple le rapport de l'ONG israélienne B'Tselem Welcome to hell, juillet 2024 https://www.btselem.org/publications/202408_welcome_to_hell

[7] Voir par exemple le film caméras brisées, Emad Burnat et Guy Davidi, 2011.

[8] Selon le découpage de la Cisjordanie en trois zones lors des accords d'Oslo en 1995, censée être temporaires. La zone C qui représente 60% du territoire, est la seule bande de terre continue et se trouve sous contrôle civil et militaire israélien.

09.02.2026 à 17:11

Comment nommer les nouvelles formes du pouvoir ?

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Un lundisoir avec Ian Alan Paul à propos de La société réticulaire

- 9 février / , , ,
Texte intégral (5519 mots)

Depuis que le pouvoir existe, on a essayé de le nommer. L'enjeu est de taille. En effet, nous présupposons (à tort ou à raison) qu'il n'y a qu'en comprenant adéquatement ses logiques, ses mécanismes et ses représentations qu'il est possible de le combattre ou de l'esquiver. Nous héritons de toute une palette de concepts et de mots plus ou moins ronflants et accessibles : société de classe (Marx), du spectacle (Debord), de contrôle (Deleuze), on en passe et des moins bons. De fait, la société (ou ce qu'il en reste) évolue et la domination s'affine et se perfectionne (ou se brutalise), il est donc impératif de nommer aussi précisément ce par quoi nous sommes tenus ou écrasés. C'est ce que tente de faire Ian Alan Paul avec son livre La société réticulaire que nous avons traduit et publié en octobre dernier.

À voir mercredi 11 février à partir de 20h

[Pensez à activer les sous-titres]
L'idée est simple mais se devait d'être élaborée : au pouvoir souverain de l'État et à la discipline de l'économie, au spectacle et à la biopolitique, s'est surajoutée ces dernières années une nouvelle couche : la forme réseau. Cette société réticulaire se manifeste par un maillage toujours plus serré de la surveillance autant que par notre dédoublement subjectif derrière des filtres et posts instagram. L'IA rédige nos déclarations d'amour et optimise des bombardements meurtriers, l'accumulation massive de données nous prévient d'une épidémie de grippe avant même qu'elle soit propagée et transforme toute la complexité de nos vies en pâte à modeler pour publicités. Bref, la société réticulaire, c'est une manière de nommer la pointe avancée de l'organisation du capital et du pouvoir aujourd'hui dans l'objectif de la faire dérailler.

Pour que tout cela ne reste pas trop abstrait, on est parti de la situation actuelle aux Etats-Unis et de la résistance à ICE. D'un côté des entreprises de la tech qui vendent leurs données au gouvernement pour traquer les migrants, de l'autre des patrouilles de quartier qui s'organisent sur des messageries cryptées pour avertir les habitants de chaque opération de police.

00:00 Intro et présentation du livre
02:11 Qu'est-ce que la société réticulaire ? Qu'apporte de plus ce concept à ceux de société de classe, du spectacle et de contrôle ?
09:48 Assiste-t-on à un retour du pouvoir souverain et brutal de l'État ? Comment s'articulent les différentes formes de pouvoir ?
22:33 La collaboration des entreprises de la Tech avec ICE et les résistances en cours

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Vanessa Codaccioni : La société de vigilance

Comme tout un chacune, notre rédaction passe beaucoup trop de temps à glaner des vidéos plus ou moins intelligentes sur les internets. Aussi c'est avec beaucoup d'enthousiasme que nous avons décidé de nous jeter dans cette nouvelle arène. D'exaltations de comptoirs en propos magistraux, fourbis des semaines à l'avance ou improvisés dans la joie et l'ivresse, en tête à tête ou en bande organisée, il sera facile pour ce nouveau show hebdomadaire de tenir toutes ses promesses : il en fait très peu. Sinon de vous proposer ce que nous aimerions regarder et ce qui nous semble manquer. Grâce à lundisoir, lundimatin vous suivra jusqu'au crépuscule. « Action ! », comme on dit dans le milieu.

09.02.2026 à 16:03

Lorenzo de Médicis et Jeffrey Epstein

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Liaisons dangereuses
[Billet d'humeur]

- 9 février / , ,
Texte intégral (920 mots)

Décidément l'ami Américain est vraiment bien gênant et mal élevé dans ses agissements, et on est bien embêté dans les rédactions parisiennes par cette sale affaire qui nous viens de l'autre côté de l'Atlantique, où par vagues successives parviennent des milliers de feuillets venant polluer la quiétude des germanopratins et des beaux quartiers de la ville lumière.
Même le grand Jack, thuriféraire de la gauche caviar avoue avec une candeur de Pinocchio qu'il n'était pas au courant du côté sombre de l'ami Jeffrey.

On ne peut que rester dubitatif devant la blancheur de cette déclaration étant donné que la chirurgie esthétique subit par le susdit pour retarder les ans, empêche de situer précisément l'appendice nasal de notre grand mage culturelle. Est il sincère ?
Une outrance de langage infamante ?
Regardez les photos de la presse people est assez éprouvant tant le massacre est patent.
Champion du « en même temps » inventé par notre président, le grand Jack est plus insubmersible que le Titanic et il aura prouvé par sa longévité et sa fortune républicaine qu'à 86 printemps il a gardé une souplesse que même Isadora Duncan aurait envié.
Sommé de toutes parts, il vient enfin de démissionner face au tollé général suscité par ses propos niaiseux.

Née aux états unis et naturalisée russe en 1922, celle que l'on surnommait « Izzy » dont la vie rocambolesque et tragique n'est pas aussi « easy » que celle du concierge de l'Institut du Monde arabe , ne renoncera jamais à ses convictions politiques puisqu'au cours de sa dernière tournée aux États-unis, elle agitera une écharpe rouge qu'elle portera sur sa poitrine en proclamant : « Ceci est rouge ! Je le suis aussi ! »

Sur ce point , « L'écharpe rouge » du grand Jack arborée fièrement à chaque sortie médiatique a depuis longtemps changé de couleur, pour devenir mauve, mais sans rapport avec les sauts périlleux vrillés du bougre qui expliquent en partie son talent d'équilibriste.
Un aveu inconscient ?
En funambule virtuose et cultivé , c'est à ni rien comprendre si notre pape auto-proclamé ignore que la couleur mauve est symboliquement la couleur de la décadence. !!!

Mais trêve de plaisanterie sur ce bouffi d'orgueil qui est la preuve vivante de l'aphorisme du Général de Gaulle : « la vieillesse est un naufrage », pour revenir à nos moutons.

Si Lorenzo de Médicis c'est roulé dans la fange au même titre que Jeffrey Epstein, il aura à la différence du locataire de l'Avenue Hoche été porté par un but noble et salvateur en assassinant le Duc Alexandre, son cousin.
« Mon but était de délivrer Florence » déclarera t-il pour sa défense...
Pour autant, il demeurera à jamais impossible de savoir si son frère en vice contemporain, Jeffrey avait dans la tête lui aussi de « tuer » son alter égo, Donald, de part delà l'histoire, puisque retrouvé suicidé dans sa cellule d'après les autorités ad hoc.
Ce que conteste encore le frère du défunt à cette heure.
Tout comme son complice Français, Jean Luc Brunel, retrouvé suicidé à la santé ; un pur hasard évidement.
D'ailleurs, Todd Blanche, numéro deux du Ministère de la justice et précédemment avocat personnel de Trump l'affirme haut et fort à l'occasion de cette deuxième vague de « merde » des écuries d'Augias.
« Circulez, il n'y a plus rien à voir »…
Mais n'est pas Ulysse qui veut, et les dites écuries risquent de nous empester encore un moment malgré la communication du centurion Trumpien.
Est-ce que les journalistes français auront le courage d'affronter les miasmes du marigot au risque d'être traité de complotiste ?
C'est ce que se demande le Landerneau Parisien tout en tremblant d'émotion.

Moralité ? Il vaut mieux une bonne dague pour estourbir celui qui vous opprime et vous a enlevé toute dignité, qu'un ordinateur dernier cri, fusse un « Mac » qui de ce côté ci de l'atlantique est accessoirement aussi un homme fournissant des filles à ses clients.

L'histoire ne retiendra au fond que cette vérité anthropologique : Le sentiment de vivre dans une période de dégradation morale et la tendance à idéaliser les temps anciens sont aussi vieux que l'humanité
elle-même, de la Rome antique en passant par Florence et New York..
La preuve ? Lisons Cicéron qui en 59 avant Jésus Christ écrivait à son ami Atticus :

« Sache-le bien : il n'y a jamais rien eu d'aussi bas, d'aussi vil, d'aussi universellement odieux aux gens de toute condition, de tous les ordres, de tout âge, que l'état de choses actuel : cela va plus loin que je n'aurais cru, plus loin même, ma parole ! que je n'eusse souhaité »

Orlando l'africain, le 4 février 2025

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