11.09.2026 à 17:25
11.09.2026 à 12:27

Dans cette région de l'Est de l'Allemagne, l'extrême droite a atteint un score historique et pourrait se retrouver à diriger le Land. Les médias indépendants cherchent des explications, tandis que la société civile se mobilise.
À l'issue du scrutin du 6 septembre, le parti d'extrême droite allemand AfD a récolté 43,8 % des voix dans un Land de l'est du pays. « L'AfD a remporté la victoire en Saxe-Anhalt dans toutes les tranches d'âge, avec les plus faibles marges chez les plus jeunes et (…)
Dans cette région de l'Est de l'Allemagne, l'extrême droite a atteint un score historique et pourrait se retrouver à diriger le Land. Les médias indépendants cherchent des explications, tandis que la société civile se mobilise.
À l'issue du scrutin du 6 septembre, le parti d'extrême droite allemand AfD a récolté 43,8 % des voix dans un Land de l'est du pays. « L'AfD a remporté la victoire en Saxe-Anhalt dans toutes les tranches d'âge, avec les plus faibles marges chez les plus jeunes et les plus âgés, décrit Deník Referendum. Par ailleurs, plus de la moitié des électeurs masculins d'âge moyen ont voté pour ce parti. »
Si la victoire avait été annoncée par les sondages, le haut taux de participation, à près de 80 %, lui, a surpris. « Le taux de participation record n'a pas nui à ce parti cette fois, mais l'a au contraire favorisé », lit-on dans le média tchèque. « L'AfD a désormais prouvé qu'il est possible de mobiliser les abstentionnistes. Il reste à la gauche d'obtenir des résultats encore meilleurs que la droite dans ce domaine, lit-on dans la version allemande de Jacobin. Cette société a besoin d'une vision d'avenir différente, qui transcende à la fois l'état actuel, délabré, et le retour à un passé fantasmé proposé par l'AfD. »
Les médias indépendants internationaux cherchent des explications à une telle victoire. « On pourrait certes évoquer l'Allemagne de l'Est, sa transformation, le sentiment d'humiliation après la Réunification, le désengagement des partis traditionnels et la méfiance envers les institutions. Tous ces éléments sont importants. Mais avec un score de 43,8 %, une telle explication ne suffit plus », argumente le site polonais Krytyka Polityczna.
Depuis le Royaume-Uni, openDemocracy explique à son lectorat : « Pour un pays qui, à l'étranger, est encore associé à la stabilité politique, à une industrie solide et à un niveau de vie relativement élevé, un tel résultat peut paraître surprenant. Pourtant, ces dernières années ont profondément marqué l'économie allemande. La production économique réelle a à peine progressé, la production industrielle s'est affaiblie et les ménages ont subi une perte considérable de pouvoir d'achat. » Et complète : « Il n'est guère surprenant que ces événements aient entraîné des changements dans le climat politique. »
Le nouveau gouvernement régional doit être constitué au plus tard le 6 octobre, rappelle Correctiv. L'AfD a annoncé, avant l'élection, ne vouloir gouverner qu'avec une majorité absolue. Or, le parti a obtenu 39 sièges, 3 de moins que les 42 nécessaires pour avoir la majorité au parlement régional. Par ailleurs, il a peu d'alliés.
Le média indépendant allemand se penche sur les possibles scénarios, comme l'alliance avec un petit parti, l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), du nom de sa fondatrice, une ancienne de Die Linke qui a quitté le parti de gauche en 2023. La BSW a cinq sièges. Sinon, de nouvelles élections pourraient être organisées. Si le parti d'extrême droite parvient à diriger le Land, sa capacité d'action sera en partie limitée par les lois fédérales. « L'AfD pourrait toutefois opérer des changements particulièrement importants dans les domaines relevant de la compétence des Länder, notamment l'éducation, la sécurité intérieure et la culture », décrypte le site d'enquête.
Cette victoire électorale a profondément choqué une partie du pays. Dans la capitale allemande, des milliers de personnes se sont mobilisées en réaction aux résultats de cette élection. « Des manifestants se sont rassemblés pacifiquement à la porte de Brandebourg, à Berlin, en faveur de la démocratie, pour dénoncer le parti AfD, anti-immigrés et pro-russe, qui a appelé à des expulsions massives de demandeurs d'asile et à un recul des aides publiques en faveur des énergies renouvelables et de l'audiovisuel public », détaille The Guardian.
Le journal indépendant allemand Taz a parlé à des membres de la société civile après le scrutin. « Nous sommes en dialogue avec nos collègues d'autres pays, y compris ceux dirigés par des gouvernements de droite radicale. Nous apprenons les uns des autres à être plus résilients », témoigne par exemple la directrice du musée d'art de Magdebourg, la capitale du Land.
Les personnes interrogées parlent au média du besoin de faire communauté. « Plus que jamais, la solidarité est nécessaire », dit une femme du Service mobile d'aide aux victimes, qui soutient les personnes victimes des violences d'extrême droite. Bettina Schlauraff, une responsable de l'Église protestante de la région, partage une lueur d'espoir : « Ce qui me donne du courage, c'est la formation, ces derniers mois, d'une société civile très stable sur laquelle nous pouvons désormais compter. Une société civile qui n'hésitera pas à s'exprimer. »
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