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Que disent les médias d'ailleurs des débordements du 17 octobre en France, alors que la contestation portée par la jeunesse prend aussi de l'ampleur dans d'autres pays ? Réponse avec trois articles de la presse indé internationale.
Cette semaine, les médias internationaux ont tourné leur regard vers la France, secouée par des semaines de protestations lycéennes et par des manifestations qui ont viré, à certains endroits, à la casse samedi dernier. « Des émeutes, des affrontements avec la (…)
Que disent les médias d'ailleurs des débordements du 17 octobre en France, alors que la contestation portée par la jeunesse prend aussi de l'ampleur dans d'autres pays ? Réponse avec trois articles de la presse indé internationale.
Cette semaine, les médias internationaux ont tourné leur regard vers la France, secouée par des semaines de protestations lycéennes et par des manifestations qui ont viré, à certains endroits, à la casse samedi dernier. « Des émeutes, des affrontements avec la police et des pillages dans plusieurs villes françaises lors de manifestations contre la hausse du coût de la vie ce week-end ont fait la une des journaux », relève le journal espagnol El Diario. « Mais auparavant, des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup d'écoliers et de parents, avaient rejoint tout simplement des marches à travers le pays qui rassemblaient aussi des syndicats et des partisans du vieux mouvement des Gilets jaunes », ajoute le média.
Et à travers l'Europe, les droites se saisissent de ces mobilisations françaises pour nourrir leur discours xénophobes. « Certains dirigeants politiques européens ont profité des images des altercations pour réorienter le débat sur les politiques migratoires, bien qu'il n'y ait aucune preuve que les émeutes dans les rues françaises aient été portées par des immigrants. » Mais « les droites tentent de tout islamiser et, dans le cas français, de présenter la violence comme un simple résultat de l'immigration de musulmans », explique au journal espagnol l'historien Pablo Stefanoni.
En Espagne, où des élections anticipées sont prévues le 29 novembre suite à un mouvement de protestation pour le logement, le parti d'extrême droite Vox se sert ainsi des événements français pour faire peur. « Ce qui se passe en France se passera aussi en Espagne si nous ne mettons pas fin à "l'invasion" », a tweeté la porte-parole de ce parti à l'assemblée de Madrid. En attendant, Vox ne propose rien pour répondre à la crise du logement, qui a poussé la population dans les rues espagnoles le mois dernier.
Les troubles en France « soulèvent deux questions : qu'est-ce qui a provoqué une colère aussi généralisée, et pourquoi des manifestations pacifiques ont-elles dégénéré en violences ? » interroge depuis l'Inde un éditorialiste de The Wire. « Les réponses résident dans l'accumulation de griefs économiques, les agissements de groupes violents, les pratiques policières et l'insuffisance des réponses politiques. Le fait de rejeter la faute sur les immigrés ou les minorités religieuses occulte ces causes sous-jacentes, répond le journaliste indien. C'est l'extrême droite qui tire un avantage politique lorsque le débat s'éloigne des questions de salaire, de fiscalité et de dépenses publiques pour se concentrer sur l'immigration et l'identité nationale. La frustration économique peut alors être détournée vers les minorités plutôt que vers les responsables des décisions politiques. »
En Allemagne, le mouvement lycéen français constitue, pour Correctiv, l'occasion d'interroger l'état d'esprit des lycéennes du pays. « En Allemagne, la colère des jeunes est sous-estimée, dit au média d'investigation Amy Kirchhoff, secrétaire générale de la Conférence fédérale des élèves d'Allemagne. Même si la situation en France est nettement plus grave, il existe de nombreux points communs : pénurie d'enseignants, annulation de cours, écoles délabrées… » Mais outre-Rhin, « on n'est tout simplement pas encore parvenu à exercer une pression suffisante sur les responsables politiques pour que les choses changent réellement, critique la représentante lycéenne. Les élèves ne sont pas des électeurs », explique-t-elle. Et « les parents ne représentent eux non plus qu'une part bien trop faible de l'électorat. Le chancelier Friedrich Merz a beau avoir été ému aux larmes lors de la remise du prix allemand de l'école » au début du mois, cela « n'atténue en rien le sentiment que nous sommes laissés pour compte ».
23.10.2026 à 17:35

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