En France, aujourd'hui, le taux d'emploi des femmes est très élevé : 80 % des femmes de 25 à 49 ans sont actives. Mais, si plus personne ne conteste le droit au travail pour les femmes, leur place est tolérée à condition que la prise en charge des enfants et de la vie domestique qui leur incombe traditionnellement et socialement soit assurée et invisible. Pour une femme, travailler ne change rien dans la répartition des responsabilités familiales.
L'organisation du travail ne prend pas en compte la charge temporelle et mentale des impondérables familiaux, qui incombe systématiquement aux femmes. Les aléas du travail « reproductif » – maladies des enfants, vacances, activités extrascolaires, réunions avec les professeurs, etc. – entrent fréquemment en conflit avec les contraintes d'un emploi. Les absences qui en découlent, tout comme les congés maternité, relèvent de « l'absentéisme féminin ».
Tandis que, pour les hommes, les valeurs guerrières véhiculées par l'organisation du travail s'inscrivent dans la droite ligne de leur identité de genre, les femmes doivent tenir la contradiction entre d'un côté, le désir affirmé de travailler et, de l'autre, la nécessité de continuer à assumer la sphère familiale. Et ce, sans se plaindre des tensions que provoque leur activité professionnelle au sein de la famille ni de celles que provoque la charge mentale familiale dans leur travail. Qu'elles se débrouillent !