Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) estime que l’Inde payait plus de 150 millions d’euros par jour à la Russie en mai 2025 pour ses importations de pétrole russe. Ce montant a chuté de moitié (75 millions d’euros par jour au dimanche 11 janvier) depuis l’imposition par Washington de tarifs sur New Delhi fin août puis de sanctions sur les deux principaux producteurs russes, Lukoil et Rosneft, entrées en vigueur en novembre.

La capture de Maduro et la prise de contrôle annoncée par Trump des réserves pétrolières vénézuéliennes pourrait aboutir à un abandon par l’Inde du pétrole russe à moyen et long terme.

  • L’Inde est le troisième pays consommateur de pétrole au monde avec plus de 5 millions de barils par jour, derrière les États-Unis (20 millions) et la Chine (15).
  • Avant le renforcement par Washington des sanctions sur le Venezuela en 2019, l’Inde était le troisième marché d’exportation pour le pétrole du pays, New Delhi absorbant jusqu’à 400 000 barils par jour en 2013.
  • Ainsi, l’Inde a acheté 1,4 milliard de dollars de pétrole brut vénézuélien pour l’exercice budgétaire 2024-2025, à la suite de l’allègement partiel des sanctions imposées par les États-Unis 1. Ce volume reste bien inférieur aux 6 milliards de dollars déboursés en 2020.
  • Depuis 2022 et la guerre russe contre l’Ukraine, l’Inde a considérablement augmenté ses importations de pétrole russe, devenant le deuxième marché pour Moscou.
  • Sur la période janvier-octobre 2025, l’Inde représentait plus d’un cinquième des revenus générés par les exportations russes d’hydrocarbures, soit environ 22 milliards d’euros par an ou 2 000 milliards de roubles.

Depuis l’arrêt de Maduro, Donald Trump a déclaré que la Maison-Blanche allait « diriger le pays » et que le Venezuela allait « céder » jusqu’à 50 millions de barils au marché américain. L’administration Trump a également signalé son intention d’autoriser des pays étrangers à acheter du pétrole vénézuélien en octroyant des nouvelles licences aux partenaires commerciaux de PDVSA, la compagnie pétrolière publique du pays.

  • Reliance, le premier importateur indien de brut russe — qui a déclaré en novembre qu’il cesserait d’acheter le brut de Moscou — a déjà entamé des pourparlers avec les départements d’État et du Trésor américain pour obtenir des autorisations d’importer du pétrole vénézuélien 2.

L’entreprise dispose, à Jamnagar, dans l’État du Gujarat, d’une raffinerie équipée pour traiter le pétrole brut vénézuélien, très lourd et chargé en soufre et en métaux.

  • Reliance avait conclu un accord en 2012 pour acheter environ 20 % de son approvisionnement auprès de PDVSA, ce qui avait été rendu impossible par les sanctions américaines. 
  • Selon un porte-parole de l’entreprise, le principal critère sera le prix de vente. 3 

Pour Washington, l’intérêt d’autoriser l’exportation du brut vénézuélien vers l’Inde serait double : renforcer l’efficacité des sanctions sur la Russie en offrant une alternative abordable à New Delhi, tout en sécurisant des acheteurs pour le pétrole de Caracas.

  • Lors d’une réunion à la Maison-Blanche, le 9 janvier, les représentants des principales entreprises pétrolières américaines avaient exprimé leur scepticisme quant aux perspectives d’investissement dans le pays.
  • Le PDG d’ExxonMobil, la plus grande entreprise pétrolière américaine, avait notamment déclaré que le Venezuela restait « ininvestissable » sans « changements significatifs ».
  • Rystad Energy estime qu’il faudrait investir 180 milliards de dollars pour revenir à une production d’environ 3 millions de barils par jour d’ici 2040 — contre une moyenne de 900 000 barils par jour en 2025.
Sources
  1. Reliance Gets US Approval to Resume Crude Imports from Venezuela, Bloomberg, 24 juillet 2024.
  2. India’s Reliance in talks for US permit to buy Venezuelan oil, sources say », Reuters, 9 janvier 2026.
  3. Indian oil refiners see opportunity in Donald Trump’s Venezuela action », Financial Times, 11 janvier 2026.