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Groupe d'Etudes Géopolitiques

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12.01.2026 à 15:27

La guerre russe contre l’Ukraine a dépassé la durée de la guerre entre le Troisième Reich et l’Union soviétique

Marin Saillofest

Depuis hier, dimanche 11 janvier, la durée de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine a dépassé celle qui a opposé l'Union soviétique à l’Allemagne nazie entre 1941 et 1945.

Au cours de près de quatre années de guerre contre Kiev, la progression de l’armée russe a été 30 fois plus lente que celle de l’Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale.

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Texte intégral (606 mots)

1 418 jours se sont écoulés entre l’annonce par l’Allemagne nazie du début des hostilités contre l’Union soviétique, le 22 juin 1941, et l’entrée en vigueur de l’acte de capitulation inconditionnelle du Troisième Reich, le 9 mai 1945 1. Ainsi, depuis hier, dimanche 11 janvier, la guerre russe contre l’Ukraine a dépassé en termes de durée la guerre de l’Union soviétique contre le Troisième Reich. 

Il est difficile de comparer les deux conflits tant leur nature diffère. L’exercice permet néanmoins de relativiser les « succès militaires » régulièrement mis en avant par Poutine.

  • La guerre contre l’Allemagne nazie avait mobilisé jusqu’à 17 % de la population soviétique, soit 34 millions de personnes dont 23 millions ont pris part aux combats. Plus de 8 millions de soldats soviétiques ont trouvé la mort 2.
  • En comparaison, Kiev estime les pertes russes en Ukraine depuis février 2022 à 1,2 million (tués et blessés), tandis que l’armée russe maintient une force de 700 à 800 000 hommes en Ukraine.
  • Depuis février 2022, la Russie a échangé 1 % de sa population contre 1,25 % du territoire ukrainien.

Au cours des quatre années de guerre contre le Troisième Reich, l’armée soviétique avait, dans un premier temps, été repoussée jusqu’à Moscou avant de prendre l’avantage sur la Wehrmacht à partir de l’hiver 1941 3.

  • S’en est suivie, au cours de trois années et demi, une marche de plus de 1 600 kilomètres qui a abouti, à la fin du mois d’avril 1945, à l’entrée de l’Armée rouge dans Berlin.
  • Il n’existe pas de chiffre consensuel dans la littérature portant sur la surface de la progression soviétique entre fin 1941 et le printemps 1945 — qui ne correspond d’ailleurs pas à une « conquête » au sens strict. On peut toutefois l’estimer grossièrement à environ 2 millions de kilomètres carrés.
  • Dans ce laps de temps, les forces soviétiques avaient réclamé le contrôle de la totalité du territoire de l’URSS pris par la Wehrmacht en 1941, des frontières actuelles de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Hongrie, d’une partie de l’Autriche et de l’Est de l’Allemagne.

Depuis 2022, le groupe d’analystes ukrainiens DeepState estime que l’armée russe a conquis moins de 70 000 km² de territoire ukrainien — dont 90 % au cours de la première année de l’invasion à grande échelle. Bien que les objectifs de Poutine ne sont, évidemment, pas comparables avec ceux de Staline, la progression russe depuis 2022 est 30 fois plus lente que celle de l’Armée rouge.

Sources
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12.01.2026 à 08:31

« Le public doit primer sur l’arbitraire du président » : Jerome Powell contre Donald Trump 

Gilles Gressani

Pour la première fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, un haut responsable institutionnel américain a décidé d'engager publiquement un rapport de force avec le président des États-Unis.

Nous publions et commentons le discours du président de la Réserve fédérale qui s'adresse au peuple américain, au Congrès, au Sénat et aux investisseurs internationaux.

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Texte intégral (1430 mots)

À Washington, l’administration Trump accélère la transformation interne. Après une semaine marquée par un aventurisme géopolitique sans précédent et par la mort de Renee Gonzalez, abattue par un agent de l’ICE, le New York Times a révélé que le bureau du procureur fédéral du district de Columbia avait signifié une assignation à comparaître devant un grand jury au président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, le menaçant de poursuites pénales pour la rénovation d’un bâtiment historique.

Cette enquête approuvée en novembre par l’ancienne présentatrice de Fox News et alliée de longue date de Donald Trump, Jeanine Pirro, comprendrait une analyse des déclarations publiques du président de la Réserve fédérale et un examen de ses registres de dépenses. 

Jerome Powell a réagi immédiatement à la parution de l’article du New York Times concernant l’enquête. Au lieu de publier un communiqué de presse, il a enregistré une vidéo qui est désormais virale.

C’est la première fois depuis le début du second mandat que le responsable d’une institution fédérale indépendante — et donc d’un contre-pouvoir — engage publiquement un rapport de force avec le président.

Le professeur de sciences politiques de Stanford Michael McFaul a déclaré : « C’est un moment fou. Les Républicains doivent dénoncer avec véhémence cette attaque contre Powell et la Réserve fédérale. Nous ne pouvons pas laisser Trump détruire notre démocratie. Dirigeants républicains, notre République a besoin de vous. »

Jason Furman, professeur à Harvard et ancien vice-président du Council of Economic Advisers sous Barack Obama, a pour sa part écrit sur X que le président Powell devait « résister à cette tentative scandaleuse du président d’utiliser l’asénalisation du droit pour contourner la responsabilité de la Fed de poursuivre les objectifs que la loi lui a fixés : le plein emploi et la stabilité des prix ».

Diffusée à la veille de l’ouverture des marchés, cette vidéo met en lumière la profondeur de la tentative de transformation du régime engagée par l’administration Trump, mais aussi l’existence de contre-pouvoirs aux États-Unis.

Jerome Powell — l’un des rares dirigeants américains à bénéficier selon les derniers sondages de la confiance des Républicains (34 %) comme des Démocrates (49 %) et l’une des personnalités publiques les plus appréciées des Américains (44 %) — s’adresse directement au peuple américain et en appelle à l’ensemble des institutions politiques, du Sénat au Congrès.

Publiée à la veille de l’ouverture des marchés, cette déclaration risque de mettre sous tension les U.S. Treasuries — la remise en cause de l’indépendance de la Fed augmentant la prime de risque institutionnelle et les rendements longs. Le dollar pourrait également faiblir, l’érosion perçue de l’autonomie de la Fed minant sa crédibilité et sa valeur refuge.

Bonsoir.

Vendredi, le ministère de la Justice a signifié à la Réserve fédérale des citations à comparaître devant un grand jury, menaçant de lancer des poursuites pénales liées à mon témoignage devant la commission bancaire du Sénat en juin dernier. Ce témoignage concernait en partie un projet pluriannuel de rénovation des bâtiments historiques de la Réserve fédérale.

Le projet pluriannuel de rénovation de la Réserve fédérale concerne deux bâtiments historiques de son siège à Washington, construits dans les années 1930 et jamais rénovés en profondeur. Lancés en 2022 et prévus jusqu’en 2027, les travaux visent à moderniser des infrastructures obsolètes — électricité, chauffage, sécurité, accessibilité — tout en retirant l’amiante et le plomb et en restaurant les éléments architecturaux d’origine.

Estimé aujourd’hui à environ 2,5 milliards de dollars, le coût du projet dépasse les prévisions initiales en raison de l’inflation post-pandémie, de contraintes liées à la préservation historique et de difficultés techniques imprévues. La Fed affirme que ces dépenses sont nécessaires et financées sur ses propres ressources, et non par des fonds du Congrès, tandis que l’ampleur du projet et ses dépassements budgétaires alimentent désormais la controverse politique autour de Jerome Powell.

J’ai un profond respect pour l’État de droit et la responsabilité dans notre démocratie. Personne, et certainement pas le président de la Réserve fédérale, n’est au-dessus des lois. Mais cette action sans précédent doit être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l’administration.

Depuis le début du second mandat de Donald Trump, la Réserve fédérale et son président, Jerome Powell, font l’objet de pressions publiques répétées : attaques personnelles du président, exigences explicites de baisses agressives des taux, menaces de révocation pourtant juridiquement encadrées, et tentatives d’affaiblir d’autres gouverneurs de la Fed. 

Dans ce contexte, l’action judiciaire actuelle apparaît comme une escalade visant à contraindre la politique monétaire par la pression politique et juridique, remettant en cause un principe central de l’État de droit américain : l’indépendance de la banque centrale face au pouvoir exécutif.

Cette nouvelle menace ne concerne pas mon témoignage de juin dernier ni la rénovation des bâtiments de la Réserve fédérale. Elle ne concerne pas non plus le rôle de contrôle du Congrès ; la Fed a tout mis en œuvre, par le biais de témoignages et d’autres actes de transparence publique, pour tenir le Congrès informé du projet de rénovation. Ce ne sont que des prétextes. La menace de poursuites pénales est une conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt en se basant sur notre meilleure évaluation de ce qui servira le public, plutôt qu’en suivant les préférences du président.

L’indépendance de la Réserve fédérale consiste dans le droit et le devoir de fixer la politique monétaire sans intervention du pouvoir exécutif, sur la base de l’analyse économique et du mandat confié par le Congrès — stabilité des prix et plein emploi. Elle implique que les décisions de taux ne puissent être ni dictées par des préférences politiques, ni sanctionnées a posteriori par des pressions juridiques ou personnelles, dès lors qu’elles relèvent de l’exercice légitime de ce mandat.

Il s’agit de savoir si la Fed pourra continuer à fixer les taux d’intérêt en se basant sur des preuves et les conditions économiques, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations.

Les pressions de l’exécutif visant à influencer ou contrôler la diffusion et l’interprétation des données économiques — comme les accusations sans preuve de manipulation des chiffres de l’emploi par le BLS et le congédiement de sa commissaire — ont mis en lumière une tentative de politisation des statistiques publiques, affaiblissant la confiance dans les indicateurs officiels et la base factuelle sur laquelle reposent les décisions économiques.

J’ai servi à la Réserve fédérale sous quatre administrations, républicaines et démocrates. 

Dans tous les cas, j’ai exercé mes fonctions sans pression ni favoritisme politiques, en me concentrant uniquement sur notre mandat de stabilité des prix et de plein emploi. Le service public exige parfois de rester ferme face aux menaces. Je continuerai à faire le travail pour lequel le Sénat m’a confirmé, avec intégrité et engagement au service du peuple américain.

Merci.

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12.01.2026 à 07:07

Iran : ce que l’on sait de l’ampleur des manifestations, de la répression du régime et d’une possible intervention des États-Unis

Ramona Bloj

Dans l’obscurité d’une coupure d’Internet à l’échelle nationale, la répression se déploie en Iran, tandis que les manifestations s’étendent et s’intensifient.

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Texte intégral (1455 mots)

Internet est coupé dans la majeure partie de l’Iran depuis vendredi 17h, comme cela s’est déjà produit lors de précédents mouvements de mobilisation. 

  • Cette situation a des effets paradoxaux sur l’analyse de la situation sur place : elle favorise les interprétations des manifestations formulées par les commentateurs étrangers. 
  • En l’absence de porte-parole identifié, de journalistes sur place, et compte tenu du nombre limité de chercheurs ayant travaillé en Iran ces dernières années, les analyses de l’évolution du mouvement et de ses revendications doivent être prises avec prudence. 
  • Cette difficulté est redoublée par la multiplication des campagnes d’information et de désinformation menées par des nombreux acteurs. 

Au cours du week-end, les manifestations, qui durent désormais depuis quinze jours, ont pris davantage d’ampleur et se sont déroulées dans 96 villes et 27 des 31 régions d’Iran, soit dans la quasi-totalité du pays, notamment dans les grandes villes de Téhéran, Chiraz et Zahedan 1

  • Selon le groupe d’activistes Human Rights Activists News Agency, 538 personnes ont trouvé la mort au cours des derniers jours, dont 48 membres des forces de sécurité du régime 2
  • Des responsables israéliens et américains estiment que le nombre réel de victimes est probablement plus élevé — certains parlent de 1 000, d’autres de 2 000, d’autres encore de « beaucoup », sans qu’aucun de ces chiffres ne puisse être confirmé précisément 3
  • Hier, 11 janvier, le président iranien, Masoud Pezeshkian, a déclaré à la télévision nationale que le régime écoutera les revendications des manifestants et reconnu la légitimité des préoccupations, notamment économiques, mais ajoutant : « Notre responsabilité première est d’empêcher un groupe d’émeutiers de détruire toute la société. ». Ces derniers seraient d’après lui des terroristes entraînés à l’étranger : « [Les États-Unis et Israël] ont entraîné des gens à l’intérieur et à l’extérieur, et ont importé en Iran des terroristes pour enflammer les mosquées, les bazaars et les lieux publics » 4.
  • Ali Larijani, l’une des figures clef de la vie politique iranienne, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime et ancien président de l’Assemblée nationale entre 2008 et 2020, a déclaré à la télévision nationale que les manifestants commettent des « crimes semblables à ceux de Daech » 5.
  • Trois jours de deuil national ont été décrétés en hommage aux « martyrs de la résistance », la répression des manifestations étant qualifiée de « bataille de résistance nationale iranienne contre l’Amérique et le régime sioniste ». Le régime a également appelé la population à participer aujourd’hui à une marche de « résistance nationale ».

Les États-Unis pourraient décider d’intervenir dans les prochains jours. Donald Trump a déclaré hier que le régime « commençait à franchir le seuil » nécessitant une intervention.

  • Selon Axios, plusieurs options ont été présentées au président américain pour mener des frappes contre le régime iranien. 
  • Ces options seraient toutefois, dans leur majorité, « non cinétiques », c’est-à-dire qu’elles n’incluraient pas de frappes militaires, mais plutôt des sanctions ou des cyberattaques 6
  • Les États-Unis n’ont plus de porte-avions dans la région, alors qu’ils en déployaient deux en juin, lors des frappes contre les infrastructures nucléaires du pays. 
  • La question clef est celle de l’utilité et des effets d’une telle attaque : pourrait-elle limiter la capacité répressive du régime ou, au contraire, renforcer la répression si elle menaçait sans l’affaiblir véritablement ? 
  • Donald Trump devrait rencontrer demain, mardi 13 janvier Marco Rubio, Pete Hegseth et le chef d’État-Major des armées, Dan Caine, pour envisager les scénarios possibles 7

L’administration américaine souhaiterait éviter tout embrasement régional — Pezeshkian a menacé de ripostes militaires en cas d’attaque américain de tout ordre 8

  • Samedi, le chef de la diplomatie omanaise s’est entretenu avec les dirigeants iraniens pour servir d’intermédiaire entre Washington et Téhéran 9. Donald Trump a confirmé qu’une réunion était en cours de préparation avec l’Iran tout en ajoutant que les États-Unis pourraient « devoir agir » avant. 
  • Marco Rubio et Benjamin Netanyahou se sont également entretenu par téléphone samedi, 10 janvier 10
Sources
  1. Day Fourteen of Protests : Ongoing Demonstrations, Internet Blackouts, and Drone Surveillance”, Human Rights News Agency, 10 janvier 2026.
  2. Day Fifteen of Iran’s Nationwide Protests : Sharp Rise in Human Casualties”, Human Rights News Agency, 11 janvier 2026.
  3. پزشکیان : تروریست‌های آموزش دیده و وارداتی عامل  اغتشاشاتند », Tasnim News, 11 janvier 2026.
  4. Vidéo de la télévision nationale partagée sur Telegram, 11 janvier 2026.
  5. Trump considers options as Iran cracks down on protests”, Axios, 11 janvier 2026.
  6. U.S. Steps Up Planning for Possible Action in Iran”, Wall Street Journal, 11 janvier 2026.
  7. Iran protests LIVE : Activists say protest death toll rises to at least 538”, 12 janvier 2026.
  8. Publication de Badr Albusaidi sur X, 10 janvier 2026.
  9. Marco Rubio and Israeli PM Netanyahu spoke by phone on Saturday : US official”, CBS News, 11 janvier 2026.
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