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▸ Les 10 dernières parutions

25.05.2026 à 18:49

Kanaky !

dev

Deux ans depuis le dernier soulèvement [Un reportage Mayday podcast]

- 25 mai / , ,
Lire + (309 mots)

Alors que le gouvernement Lecornu vient de faire voter par le Sénat et l'Assemblée nationale un nouveau dégel du corps électoral de la Nouvelle-Calédonie satisfaisant une nouvelle fois les loyalistes
Caldoches, on a trouvé important de revenir sur la longue histoire de Kanaky.

Le 13 Mai 2024, il y a deux ans, la Kanaky entrait pendant plusieurs mois en insurrection suite à l'annonce du dégel du corps électoral. Les raisons de la colère dépassaient sans doute largement cette nouvelle mesure. Une mesure d'ailleurs semblable à ce que la France a toujours essayé de faire sur l'archipel depuis la naissance du mouvement indépendantiste Kanak dans les années 70 : Rendre minoritaire le peuple premier sur sa terre en plantant du Blanc pour garder dans le giron français ce territoire stratégique dans le Pacifique.

Pendant 1 heure on revient donc sur la révolte de 2024 mais aussi beaucoup plus largement sur l'histoire du peuplement de l'archipel, sa colonisation, la ségrégation de la population autochtone, le racisme qui structure encore largement la société calédonienne, la naissance des mouvements indépendantistes, la décennie d'insurrection dans les années 80 et les accords qui devaient amener à l'auto-détermination des premiers concernés par plus d'un siècle et demi de colonisation.

Avec des textes mais aussi beaucoup d'archives des différentes époques et des rencontres récentes qui témoignent sous forme documentaire du dernier soulèvement.

Illusatration Floriane de Lassée. – De la série « Le Caillou calédonien », la tribu de Tendo, non loin de Hienghène, 2014

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25.05.2026 à 18:45

Peut-on se sauver de la psychiatrie ?

dev

Un lundisoir avec Jonathan Boismard autour de son livre Une vie de fêlé, heurs et malheurs d'un patient ordinaire

- 25 mai / , ,
Texte intégral (4944 mots)

Diagnostiqué bipolaire, Jonathan Boismard nous plonge dans le quotidien léthargique et violent d'un patient ordinaire en désaffiliation psychique d'avec l'ordre des choses. Le récit explosif et éclaté d'une vie cernée par la psychiatrie, les molécules et les injonctions à être — à peu près — fonctionnel. Son livre paraît vendredi 29 mai et il est à de nombreux égards exceptionnels. Pour en lire une meilleure présentation et des extraits, voir cet article.

À voir lundi 25 mai à partir de 20h

Sommaire :
00:00 Teaser et intro
1:16 « Aux tarés, aux frappés, aux cinglés... »
2:09 Raconter dix ans de psychiatrie
6:24 Trouver les formes, éclater le témoignage et l'analyse
9:51 Patchword et fragments de gens (et d'expériences)
13:08 « Ça peut faire de la belle littérature la folie... »
19:30 Comment raconter adéquatement la maladie ?
25:22 Y a-t-il une bonne (ou meilleure) psychiatrie ?
26:51 Diagnostic ta mère
29:05 Tout ce que le diagnostic recouvre et étouffe
32:17 Politiser la dépression (et tout le reste)
37:12 « Elle était pas si mal cette petite phase maniaque »
41:29 « La psychiatrie c'est de la gestion, pas du soin »
44:27 Repartir du dehors et du commun, l'exemple de France Dépression
47:50 Grève intérieure : désindividualiser et politiser nos psychismes
55:08 Exploser l'idée d'une existence linéaire et délimitable
58:56 La santé mentale s'indexe sur l'adéquation au monde de l'économie
1:02:55 Le rapport médico-moral aux médicaments
01:05:48 « Se veiller et s'unir »
1:08:20 Bonus TSA (trouble du spectre autistique)

Pour vous procurer le livre, c'est par ici : lundi.am/livres

Version podcast

Pour vous y abonner, des liens vers tout un tas de plateformes plus ou moins crapuleuses (Apple Podcast, Amazon, Deezer, Spotify, Google podcast, etc.) sont accessibles par ici.


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Voir les lundisoir précédents :

Réflexions sur l'anarchie et la révolution - Maria Kakogianni

« Si l'école est gratuite, c'est que vous êtes le produit ! » - Vincent Legeay

Contrer le rire fasciste - Denis Saint-Amand

Astérix peut-il résister à l'empire Bolloré ? - Un court-bouillon, un lundisoir spécial BD

L'Êtrangère - Eugénie Mérieau en concert au bureau

Mondes postcapitalistes - Laurent Jeanpierre et Jérôm Baschet

Tempus - Laura Perrudin

Antitsiganisme, État-nation et éthique de la révolte - Ritchy Thibault

Féminisme, État punitif et figure de la victime - Elsa Deck Marsault

Cybernétique et techniques de gouvernement - Ivan Bouchardeau

Manuel de management décomplexé ou l'art capitaliste de discipliner le travail - Anthony Galluzzo

Comment nommer les nouvelles formes de pouvoir ? - Ian Alan Paul

Faire naître, ce que le capitalisme fait à la maternité - Clélia Gasquet-Blanchard

La répression de l'antifascisme à l'échelle européenne - Rexhino « Gino » Abazaj

Trump : les habits neufs de l'impérialisme - Michel Feher

Comprendre le soulèvement en Iran - Chowra Makaremi, le collectif Roja & Parham Shahrjerdi

Trump après Maduro - Benjamin Bürbaumer

Manger la Hess, une poétique culinaire - Yoann Thommerel

Du nazisme quantique - Christian Ingrao

(En attendant la diffusion, on a mis un petit extrait quand même)

Terres enchaînées, Israël-Palestine aujourd'hui - Catherine Hass

Penser en résistance dans la Chine aujourd'hui - Chloé Froissart & Eva Pils

Vivre sans police - Victor Collet

La fabrique de l'enfance - Sébastien Charbonnier

Ectoplasmes et flashs fascistes - Nathalie Quintane

Dix sports pour trouver l'ouverture - Fred Bozzi

Casus belli, la guerre avant l'État - Christophe Darmangeat

Remplacer nos députés par des rivières ou des autobus - Philippe Descola

« C'est leur monde qui est fou, pas nous » - Un lundisoir sur la Mad Pride et l'antipsychiatrie radicale

Comment devenir fasciste ? la thérapie de conversion de Mark Fortier

Pouvoir et puissance, ou pourquoi refuser de parvenir - Sébastien Charbonnier

10 septembre : un débrief avec Ritchy Thibault et Cultures en lutte

Intelligence artificielle et Techno-fascisme - Frédéric Neyrat

De la résurrection à l'insurrection - Collectif Anastasis

Déborder Bolloré - Amzat Boukari-Yabara, Valentine Robert Gilabert & Théo Pall

Planifications fugitives et alternatives au capitalisme logistique - Stefano Harney

De quoi Javier Milei est-il le nom ? Maud Chirio, David Copello, Christophe Giudicelli et Jérémy Rubenstein

Construire un antimilitarisme de masse ? Déborah Brosteaux et des membres de la coalition Guerre à la Guerre

Indéfendables ? À propos de la vague d'attaques contre le système pénitentiaire signée DDPF
Un lundisoir avec Anne Coppel, Alessandro Stella et Fabrice Olivert

Pour une politique sauvage - Jean Tible

Le « problème musulman » en France - Hamza Esmili

Perspectives terrestres, Scénario pour une émancipation écologiste - Alessandro Pignocchi

Gripper la machine, réparer le monde - Gabriel Hagaï

La guerre globale contre les peuples - Mathieu Rigouste

Documenter le repli islamophobe en France - Joseph Paris

Les lois et les nombres, une archéologie de la domination - Fabien Graziani

Faut-il croire à l'IA ? - Mathieu Corteel

Banditisme, sabotages et théorie révolutionnaire - Alèssi Dell'Umbria

Universités : une cocotte-minute prête à exploser ? - Bruno Andreotti, Romain Huët et l'Union Pirate

Un film, l'exil, la palestine - Un vendredisoir autour de Vers un pays inconnu de Mahdi Fleifel

Barbares nihilistes ou révolutionnaires de canapé - Chuglu ou l'art du Zbeul

Livraisons à domicile et plateformisation du travail - Stéphane Le Lay

Le droit est-il toujours bourgeois ? - Les juristes anarchistes

Cuisine et révolutions - Darna une maison des peuples et de l'exil

Faut-il voler les vieux pour vivre heureux ? - Robert Guédiguian

La constitution : histoire d'un fétiche social - Lauréline Fontaine

Le capitalisme, c'est la guerre - Nils Andersson

Lundi Bon Sang de Bonsoir Cinéma - Épisode 2 : Frédéric Neyrat

Pour un spatio-féminisme - Nephtys Zwer

Chine/États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation - Benjamin Bürbaumer

Avec les mineurs isolés qui occupent la Gaîté lyrique

La division politique - Bernard Aspe

Syrie : la chute du régime, enfin ! Dialogue avec des (ex)exilés syriens

Mayotte ou l'impossibilité d'une île - Rémi Cramayol

Producteurs et parasites, un fascisme est déjà là - Michel Feher

Clausewitz et la guerre populaire - T. Drebent

Faut-il boyotter les livres Bolloré - Un lundisoir avec des libraires

Contre-anthropologie du monde blanc - Jean-Christophe Goddard

10 questions sur l'élection de Trump - Eugénie Mérieau, Michalis Lianos & Pablo Stefanoni

Chlordécone : Défaire l'habiter colonial, s'aimer la terre - Malcom Ferdinand

Ukraine, guerre des classes et classes en guerre - Daria Saburova

Enrique Dussel, métaphysicien de la libération - Emmanuel Lévine

Combattre la technopolice à l'ère de l'IA avec Felix Tréguer, Thomas Jusquiame & Noémie Levain (La Quadrature du Net)

Des kibboutz en Bavière avec Tsedek

Le macronisme est-il une perversion narcissique - Marc Joly

Science-fiction, politique et utopies avec Vincent Gerber

Combattantes, quand les femmes font la guerre - Camillle Boutron

Communisme et consolation - Jacques Rancière

Tabou de l'inceste et Petit Chaperon rouge - Lucile Novat

L'école contre l'enfance - Bertrand Ogilvie

Une histoire politique de l'homophobie - Mickaël Tempête

Continuum espace-temps : Le colonialisme à l'épreuve de la physique - Léopold Lambert

Que peut le cinéma au XXIe siècle - Nicolas Klotz, Marie José Mondzain & Saad Chakali
lundi bonsoir cinéma #0

« Les gardes-côtes de l'ordre racial » u le racisme ordinaire des électeurs du RN - Félicien Faury

Armer l'antifascisme, retour sur l'Espagne Révolutionnaire - Pierre Salmon

Les extraterrestres sont-ils communistes ? Wu Ming 2

De quoi l'antisémitisme n'est-il pas le nom ? Avec Ludivine Bantigny et Tsedek (Adam Mitelberg)

De la démocratie en dictature - Eugénie Mérieau

Inde : cent ans de solitude libérale fasciste - Alpa Shah
(Activez les sous-titre en français)

50 nuances de fafs, enquête sur la jeunesse identitaire avec Marylou Magal & Nicolas Massol

Tétralemme révolutionnaire et tentation fasciste avec Michalis Lianos

Fascisme et bloc bourgeois avec Stefano Palombarini

Fissurer l'empire du béton avec Nelo Magalhães

La révolte est-elle un archaïsme ? avec Frédéric Rambeau

Le bizarre et l'omineux, Un lundisoir autour de Mark Fisher

Démanteler la catastrophe : tactiques et stratégies avec les Soulèvements de la terre

Crimes, extraterrestres et écritures fauves en liberté - Phœbe Hadjimarkos Clarke

Pétaouchnock(s) : Un atlas infini des fins du monde avec Riccardo Ciavolella

Le manifeste afro-décolonial avec Norman Ajari

Faire transer l'occident avec Jean-Louis Tornatore

Dissolutions, séparatisme et notes blanches avec Pierre Douillard-Lefèvre

De ce que l'on nous vole avec Catherine Malabou

La littérature working class d'Alberto Prunetti

Illuminatis et gnostiques contre l'Empire Bolloréen avec Pacôme Thiellement

La guerre en tête, sur le front de la Syrie à l'Ukraine avec Romain Huët

Feu sur le Printemps des poètes ! (oublier Tesson) avec Charles Pennequin, Camille Escudero, Marc Perrin, Carmen Diez Salvatierra, Laurent Cauwet & Amandine André

Abrégé de littérature-molotov avec Mačko Dràgàn

Le hold-up de la FNSEA sur le mouvement agricole

De nazisme zombie avec Johann Chapoutot

Comment les agriculteurs et étudiants Sri Lankais ont renversé le pouvoir en 2022

Le retour du monde magique avec la sociologue Fanny Charrasse

Nathalie Quintane & Leslie Kaplan contre la littérature politique

Contre histoire de d'internet du XVe siècle à nos jours avec Félix Tréguer

L'hypothèse écofasciste avec Pierre Madelin

oXni - « On fera de nous des nuées... » lundisoir live

Selim Derkaoui : Boxe et lutte des classes

Josep Rafanell i Orra : Commentaires (cosmo) anarchistes

Ludivine Bantigny, Eugenia Palieraki, Boris Gobille et Laurent Jeanpierre : Une histoire globale des révolutions

Ghislain Casas : Les anges de la réalité, de la dépolitisation du monde

Silvia Lippi et Patrice Maniglier : Tout le monde peut-il être soeur ? Pour une psychanalyse féministe

Pablo Stefanoni et Marc Saint-Upéry : La rébellion est-elle passée à droite ?

Olivier Lefebvre : Sortir les ingénieurs de leur cage

Du milieu antifa biélorusse au conflit russo-ukrainien

Yves Pagès : Une histoire illustrée du tapis roulant

Alexander Bikbov et Jean-Marc Royer : Radiographie de l'État russe

Un lundisoir à Kharkiv et Kramatorsk, clarifications stratégiques et perspectives politiques

Sur le front de Bakhmout avec des partisans biélorusses, un lundisoir dans le Donbass

Mohamed Amer Meziane : Vers une anthropologie Métaphysique->https://lundi.am/Vers-une-anthropologie-Metaphysique]

Jacques Deschamps : Éloge de l'émeute

Serge Quadruppani : Une histoire personnelle de l'ultra-gauche

Pour une esthétique de la révolte, entretient avec le mouvement Black Lines

Dévoiler le pouvoir, chiffrer l'avenir - entretien avec Chelsea Manning

De gré et de force, comment l'État expulse les pauvre, un entretien avec le sociologue Camille François

Nouvelles conjurations sauvages, entretien avec Edouard Jourdain

La cartographie comme outil de luttes, entretien avec Nephtys Zwer

Pour un communisme des ténèbres - rencontre avec Annie Le Brun

Philosophie de la vie paysanne, rencontre avec Mathieu Yon

Défaire le mythe de l'entrepreneur, discussion avec Anthony Galluzzo

Parcoursup, conseils de désorientation avec avec Aïda N'Diaye, Johan Faerber et Camille

Une histoire du sabotage avec Victor Cachard

La fabrique du muscle avec Guillaume Vallet

Violences judiciaires, rencontre avec l'avocat Raphaël Kempf

L'aventure politique du livre jeunesse, entretien avec Christian Bruel

À quoi bon encore le monde ? Avec Catherine Coquio
Mohammed Kenzi, émigré de partout

Philosophie des politiques terrestres, avec Patrice Maniglier

Politique des soulèvements terrestres, un entretien avec Léna Balaud & Antoine Chopot

Laisser être et rendre puissant, un entretien avec Tristan Garcia

La séparation du monde - Mathilde Girard, Frédéric D. Oberland, lundisoir

Ethnographies des mondes à venir - Philippe Descola & Alessandro Pignocchi

Terreur et séduction - Contre-insurrection et doctrine de la « guerre révolutionnaire » Entretien avec Jérémy Rubenstein

Enjamber la peur, Chowra Makaremi sur le soulèvement iranien

La résistance contre EDF au Mexique - Contre la colonisation des terres et l'exploitation des vents, Un lundisoir avec Mario Quintero

Le pouvoir des infrastructures, comprendre la mégamachine électrique avec Fanny Lopez

Rêver quand vient la catastrophe, réponses anthropologiques aux crises systémiques. Une discussion avec Nastassja Martin

Comment les fantasmes de complots défendent le système, un entretien avec Wu Ming 1

Le pouvoir du son, entretien avec Juliette Volcler

Qu'est-ce que l'esprit de la terre ? Avec l'anthropologue Barbara Glowczewski

Retours d'Ukraine avec Romain Huët, Perrine Poupin et Nolig

Démissionner, bifurquer, déserter - Rencontre avec des ingénieurs

Anarchisme et philosophie, une discussion avec Catherine Malabou

« Je suis libre... dans le périmètre qu'on m'assigne »
Rencontre avec Kamel Daoudi, assigné à résidence depuis 14 ans

Ouvrir grandes les vannes de la psychiatrie ! Une conversation avec Martine Deyres, réalisatrice de Les Heures heureuses

La barbarie n'est jamais finie avec Louisa Yousfi

Virginia Woolf, le féminisme et la guerre avec Naomi Toth

Katchakine x lundisoir

Françafrique : l'empire qui ne veut pas mourir, avec Thomas Deltombe & Thomas Borrel

Guadeloupe : État des luttes avec Elie Domota

Ukraine, avec Anne Le Huérou, Perrine Poupin & Coline Maestracci->https://lundi.am/Ukraine]

Comment la pensée logistique gouverne le monde, avec Mathieu Quet

La psychiatrie et ses folies avec Mathieu Bellahsen

La vie en plastique, une anthropologie des déchets avec Mikaëla Le Meur

Déserter la justice

Anthropologie, littérature et bouts du monde, les états d'âme d'Éric Chauvier

La puissance du quotidien : féminisme, subsistance et « alternatives », avec Geneviève Pruvost

Afropessimisme, fin du monde et communisme noir, une discussion avec Norman Ajari

L'étrange et folle aventure de nos objets quotidiens avec Jeanne Guien, Gil Bartholeyns et Manuel Charpy

Puissance du féminisme, histoires et transmissions

Fondation Luma : l'art qui cache la forêt

De si violentes fatigues. Les devenirs politiques de l'épuisement quotidien,
un entretien avec Romain Huët

L'animal et la mort, entretien avec l'anthropologue Charles Stépanoff

Rojava : y partir, combattre, revenir. Rencontre avec un internationaliste français

Une histoire écologique et raciale de la sécularisation, entretien avec Mohamad Amer Meziane

Que faire de la police, avec Serge Quadruppani, Iréné, Pierre Douillard-Lefèvre et des membres du Collectif Matsuda

La révolution cousue main, une rencontre avec Sabrina Calvo à propos de couture, de SF, de disneyland et de son dernier et fabuleux roman Melmoth furieux

LaDettePubliqueCestMal et autres contes pour enfants, une discussion avec Sandra Lucbert.

Pandémie, société de contrôle et complotisme, une discussion avec Valérie Gérard, Gil Bartholeyns, Olivier Cheval et Arthur Messaud de La Quadrature du Net

Basculements, mondes émergents, possibles désirable, une discussion avec Jérôme Baschet.

Au cœur de l'industrie pharmaceutique, enquête et recherches avec Quentin Ravelli

Vanessa Codaccioni : La société de vigilance

Comme tout un chacune, notre rédaction passe beaucoup trop de temps à glaner des vidéos plus ou moins intelligentes sur les internets. Aussi c'est avec beaucoup d'enthousiasme que nous avons décidé de nous jeter dans cette nouvelle arène. D'exaltations de comptoirs en propos magistraux, fourbis des semaines à l'avance ou improvisés dans la joie et l'ivresse, en tête à tête ou en bande organisée, il sera facile pour ce nouveau show hebdomadaire de tenir toutes ses promesses : il en fait très peu. Sinon de vous proposer ce que nous aimerions regarder et ce qui nous semble manquer. Grâce à lundisoir, lundimatin vous suivra jusqu'au crépuscule. « Action ! », comme on dit dans le milieu.

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25.05.2026 à 18:36

Canal Saint-Martin : la ratonnade en survêtement

dev

ou le fascisme quand il fait semblant d'aimer le football

- 25 mai / , ,
Texte intégral (2847 mots)

Pourquoi une bande organisée d'hommes vêtus de noir, cagoulés, gantés, équipée pour le choc, finit mystérieusement décrite comme une « rixe » ? Terme admirable car il transforme une expédition politique en météo de terrasse. Il y a eu « rixe », comme il y a eu « pluie ». Personne n'est responsable du cumulonimbus fasciste, il passait par là, probablement pour admirer les reflets du canal.

Dans la nuit du 21 au 22 mai 2026, avant la finale de Coupe de France OGC Nice–RC Lens, une centaine de supporters niçois ont été impliqués dans des violences autour du quai de Valmy et du Canal Saint-Martin. Le parquet et la préfecture ont fait état de 65 interpellations, dont quatre mineurs, et de six blessés, dont un grave ; des couteaux, cagoules, gants renforcés, protège-dents et armes improvisées ont été signalés parmi les éléments saisis ou relevés. L'enquête cherche encore à établir si l'épisode relève d'une attaque de passants et riverains ou d'un affrontement convenu entre groupes hooligans. Cette nuance importe juridiquement mais politiquement, elle n'efface rien.

StreetPress [1] rapporte des témoignages décrivant une bande de hooligans niçois, avec des alliés lillois et nancéiens, ayant attaqué un bar et des passants. Plusieurs témoins évoquent des saluts nazis, des symboles nazis, des propos racistes, notamment l'idée d'aller « casser du noir et de l'arabe », ainsi que des personnes identifiées comme « gauchos » ou « antifas ». Un homme noir aurait reçu un coup de couteau dans le dos en tentant de s'interposer. Le football qui dégénère est une berceuse pour éditorialistes fatigués, le vrai objet étant une violence de bande qui trie ses cibles selon les vieux critères de la politique fasciste : race, gauche, vulnérabilité et présence dans l'espace public.

La mention de la BSN n'est pas un détail folklorique. La Brigade Sud Nice a été dissoute par décret le 28 avril 2010 [2] ; StreetPress rapporte qu'un chant « La BSN est toujours là » aurait été entendu après les violences, et rappelle que la BSN s'est ensuite recomposée autour de la Populaire Sud Nice, principal groupe ultra niçois. L'État adore dissoudre, cela donne l'illusion d'un acte chirurgical. Les groupes, eux, savent très bien que les noms meurent plus vite que les sociabilités, les locaux, les bars, les codes, les amitiés viriles et les chaînes Telegram.

Il faut donc cesser avec la thèse imbécile du « sport apolitique ». Le football n'est pas fasciste par essence. Il est un terrain social. On y trouve des traditions populaires, ouvrières, antiracistes, antifascistes, commerciales, virilistes, mafieuses, municipales et policières. À St. Pauli, l'émergence d'une culture supportériste antifasciste dans les années 1980 s'est construite face à la présence néonazie en tribune. À Clapton, Dulwich Hamlet ou Enfield Town, il existe des cultures ultras antifascistes et solidaires. À Livourne, les affinités antifascistes de tribune sont un marqueur historique. Le problème n'est donc pas « les ultras » mais bien la conquête fasciste de certains segments ultras, puis leur utilisation comme infanterie sociale.

La tribune fascisée fonctionne comme une école basse intensité de la milice : discipline de groupe, déplacements coordonnés, uniformisation vestimentaire, culte de la force, entraînement au contact, banalisation de l'attaque collective et sélection de l'ennemi. Mediapart [3] documentait déjà, à propos de Lille, les connivences entre ultras, hooligans et militants d'extrême droite. StreetPress [4] a enquêté sur le Club 15.43, décrit comme un lieu de sociabilité de l'extrême droite niçoise, avec retape auprès de supporters ultras de l'OGC Nice. Blast [5] a traité la banderole raciste lors d'OGC Nice–OM comme un symptôme supplémentaire de l'extrême droitisation des stades. On peut toujours appeler cela « passion » mais il s'agit bien d'une infrastructure.

Historiquement, rien de neuf sous le crâne rasé. Dans les années 1930, la violence fasciste française n'était pas un excès périphérique mais une méthode d'occupation de rue, de provocation, de test de l'adversaire et d'intimidation. Contretemps [6], à partir des travaux de Chris Millington sur Clichy, rappelle qu'entre le massacre de Clichy et la Seconde Guerre mondiale, d'autres morts suivirent dans des affrontements impliquant ennemis politiques et police. La rue est l'endroit où l'ordre social vérifie qui peut circuler, parler, boire, aimer, militer ou simplement exister.

Même logique dans les années 1970 : Ordre nouveau devient la cible centrale de l'antifascisme révolutionnaire, et la Ligue communiste organise des contre-manifestations à chacune de ses initiatives. Contretemps [7] décrit alors une séquence d'agression et de riposte. La formule est sèche parce que la réalité l'est : le fascisme n'est pas seulement une opinion réactionnaire, c'est une opinion qui cherche des jambes, des poings, des murs, des horaires, des quartiers, des bars et des listes de noms.

Les années 1980 et 1990 ajoutent la couche skinhead, bande, contre-culture, racisme de rue et FN en ascension. Lundi Matin [8], à propos du film Les Rascals, insiste sur cette France des bandes antifascistes, des menaces néonazies à Paris, de la violence raciste omniprésente et de l'extrême droite redevenant force institutionnelle dans les années 1980. La fiction touche ici au réel : quand les fascistes prennent confiance électorale, leurs bras deviennent plus légers. Ils se lèvent plus vite.

La liste des morts devrait suffire à enterrer le bavardage sur « deux extrêmes ». Ibrahim Ali, tué à Marseille en 1995 par des colleurs d'affiches du FN ; Brahim Bouarram, jeté dans la Seine en 1995 par des militants néonazis présents dans une manifestation du FN ; Clément Méric, militant antifasciste et syndicaliste assassiné en 2013 à Paris. Contretemps [9] rappelle ces noms parce que la mémoire dominante préfère dire « dérapage », « fait divers », « affrontement » mais jamais « continuité ». Or la continuité est précisément le sujet.

La séquence récente confirme cette continuité.

L'attaque de l'ACTIT à Paris en février 2025 [10] montrait déjà un commando d'extrême droite visant une soirée de projection antifasciste, avec la signature vocale « Paris est nazi ». Là encore, ce n'est pas une métaphore, c'est un programme miniature. Entrer, frapper, terroriser et repartir en marquant symboliquement le territoire.

Conceptuellement, il faut nommer trois opérations.

  • Première opération : la désignation. « Noirs », « Arabes », « gauchos », « antifas » : le fascisme simplifie le monde en cibles.
  • Deuxième opération : la meute. Il remplace l'argument par le nombre, la politique par l'encerclement, la doctrine par le coup porté à plusieurs.
  • Troisième opération : la dépolitisation après coup. La presse parle de « rixe », les autorités de « troubles », les clubs de « minorité violente », les élus de « ne pas amalgamer ».

Très bien, n'amalgamons pas. Séparons donc très proprement les supporters de football des hooligans fascisés, puis traitons les seconds pour ce qu'ils sont : des entrepreneurs de terreur raciste.

Il faut distinguer contradiction principale et contradictions secondaires.

  • La contradiction secondaire : rivalité de clubs, culture ultra, circulation de groupes hooligans et vieille économie masculine de l'honneur imbécile.
  • La contradiction principale : la fascisation rend disponibles des fractions organisées de jeunes hommes blancs pour faire police hors police. Ces fractions peuvent s'habiller en supporters, militants identitaires, colleurs d'affiches, « patriotes », videurs, combattants de free fight ou défenseurs autoproclamés de civilisation. Le costume change. La fonction reste : produire de la peur chez les racisés, les militants, les femmes, les queers, les pauvres trop visibles, les corps non conformes à leur petite mythologie d'Europe de parking.

Ugo Palheta [11] définit l'antifascisme non comme simple opposition morale à l'extrême droite, mais comme lutte politique visant aussi à enrayer le processus de fascisation et à saper les conditions sociales, politiques et idéologiques dans lesquelles les mouvements fascistes prospèrent. C'est exactement ce que le commentaire libéral refuse de voir : les bandes ne tombent pas du ciel. Elles poussent dans un compost fait d'impunité, de virilisme, de racisme d'État, de concurrence sociale, d'affaiblissement des organisations populaires et de banalisation médiatique de l'extrême droite.

Le regain d'agressivité des groupuscules d'extrême droite s'inscrit dans une séquence de fascisation et de durcissement autoritaire ; les groupes identitaires peuvent agir comme supplétifs des logiques policières, notamment contre les migrants. On peut discuter les termes, mais le mécanisme est visible : quand une bande fascisée patrouille, elle ne défie pas l'ordre. Elle l'imite. Elle l'exécute en version sale, enthousiaste et privatisée.

Le football fournit alors une couverture commode. Le déplacement de supporters permet la mobilité. Le maillot fournit l'alibi affectif. La rivalité sportive donne une première couche de justification. Les autorités, elles, préfèrent traiter cela comme un problème de maintien de l'ordre sportif plutôt que comme une production politique de violence raciste. C'est pratique : on interdit l'alcool, on encadre les bus, on compte les fumigènes, puis on découvre avec une surprise d'enfant qu'un groupe équipé pour la chasse ne venait pas uniquement comparer les mérites tactiques d'un 4-3-3.

Il faut aussi refuser l'autre piège : faire comme si toute conflictualité de rue était symétrique. Libcom [12], à propos des campagnes antiracistes de supporters de Leeds, rappelle que les violences racistes liées aux groupes fascistes ne relevaient pas seulement de rencontres consenties entre hooligans, mais d'agressions raciales contre des individus ou communautés entières ; d'où la nécessité, pour des fans antiracistes, de nommer les groupes fascistes comme enjeu central de la bataille culturelle. La symétrie est une paresse de dominant car elle met sur le même plan ceux qui veulent chasser et ceux qui veulent ne pas être chassés.

Reste notre tâche. Elle n'est pas de supplier l'État de « mieux dissoudre » ce qu'il laisse repousser. Elle n'est pas de confier aux directions de clubs, souvent obsédées par l'image plus que par les victimes, le soin de distinguer passion populaire et terreur politique. Elle est de reconstruire une culture antifasciste populaire, enracinée, documentée, capable de nommer les groupes, leurs lieux, leurs relais, leurs habitudes et leurs alliances ; capable aussi de défendre l'accès à l'espace public pour celles et ceux que ces bandes veulent faire disparaître. Pas une esthétique de posture mais une hygiène collective.

La morale provisoire tient en une ligne : quand une centaine d'hommes organisés débarquent pour « casser du noir et de l'arabe » et des « gauchos », le sujet n'est pas la mauvaise réputation du football. Le sujet est la bonne santé du fascisme de rue. Et comme toujours, il porte très mal la lumière.


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