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24.02.2026 à 10:29

Se défendre, une philosophie de la violence

dev

Relire et revoir Elsa Dorlin

- 23 février / , ,
Lire + (194 mots)

Elsa Dorlin est l'autrice de Se défendre, une philosophie de la violence aux Éditions La Découverte. Il y a 8 ans, nous avions réalisé avec elle une série de 5 petites vidéos pédagogiques. Il s'agit à chaque fois de raconter et d'exposer une séquence historique particulière à partir de la manière dont les corps se mettent en jeu, se défendent et se réapproprient la violence. Elles seront encore utiles aujourd'hui à celles et ceux qui ne comprennent par comment il est parfois possible et même souhaitable, de se battre.

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Retourner la violence, restaurer le monde

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23.02.2026 à 21:07

Notre nom est personne...

dev

Quelques réflexions dans l'attente du procès pour sabotages et incendies d'antennes relais et TNT dans le Limousin

- 23 février / , ,
Texte intégral (1007 mots)

Le 15 juin 2021, environ deux cents agents de la Section des recherches de la Gendarmerie, du Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie (PSIG), du SRPJ de Limoges et de la Sous-direction AntiTerroriste (SDAT) de Paris prenaient d'assaut les villages de Gentioux, Cieux et Bussière-Boffy en Creuse et en Haute-Vienne. Six personnes de 50 à 70 ans étaient interpellées et placées en garde à vue : une directrice d'école, une potière, un plombier, une menuisière, un chargé de cours à l'université et une infirmière. Le temps a passé, des mises en examen se sont envolées (notamment la directrice de l'école de Gentioux dont l'incrimination avait défrayé la chronique), d'autres sont restées. Leur procès se tiendra le 19 et 20 mars prochain. Leur comité de soutien nous a transmis ces quelques notes préparatoires et mise au point quant au peu de sens du fétichisme pénal de l'auteur.e et au cirque qui l'accompagne dans les tribunaux.

Ces réflexions impersonnelles sont proposées en soutien aux deux inculpé.es dans l'affaire dite du 15-Juin. Arrêté.es le 15 juin 2021 en Limousin, à la suite d'une enquête menée avec les moyens de l'« antiterrorisme », les voilà désormais convoqué.es devant la justice les 19 et 20 mars prochains à Limoges, pour répondre des accusations d'« association de malfaiteurs » et « dégradations de biens par moyens dangereux pour les personnes ». Les faits incriminés sont des sabotages par incendie (antennes-relais, véhicules Enedis), en opposition au déploiement du compteur Linky et de la 5G, en février 2020 et janvier 2021.

On ne doit pas plus la vérité à son tyran (Diderot) qu'à ses juges (Jean Genet).

Néanmoins, que des personnes « reconnaissent » ou non les faits qui leur sont reprochés, tend à créditer – à leurs corps défendant – d'un certain régime de véridicité les reproches mêmes qui leur sont faits, autrement dit les points de vue disciplinaires qui font récit de leurs présences critiques au réel.

Pour autant, ces présences demeurent irréductibles à la catégorie anthropolicière de l'auteur.e, ce rôle illusoire auquel le réductionnisme judiciaire menotte, ce masque qu'il (s')invente à partir d'une enquête de personnalité où le fantasme n'est rien moins que la petite métaphysique du préjugé.

Dans une affaire comme celle du 15-Juin, la personnalisation pénale de gestes en apparence aussi singuliers que l'incendie d'antennes-relais ou de véhicules techniques d'Enedis pèse pourtant fort peu au regard de leur contenu rigoureusement politique.

Dans ce cadre, le « dossier », le réquisitoire définitif du parquet, l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, constituent le triptyque circulaire d'un mauvais polar, agrémenté de personnages bientôt exposés sur la scène pleine de chausse-trappes d'une « audience » où la vérité n'est que « l'adaptation sonore d'un texte déjà écrit » (Thierry Lévy), à l'instar de tel « interrogatoire » de garde-à-vue, invitant – par la menace ou la manipulation – à parler de soi dans un langage qui n'est pas le sien, incitant – par le truchement calculé d'injonctions suggestives – à se reconnaître dans le miroir déformant d'une présomption systématique de culpabilité.

Cependant, de tels faits – en contestation d'un monde sous emprise technologique – résistent tant à la catégorie de l'auteur.e qu'à la notion même de culpabilité. Ils y résistent par nature, pour la simple et bonne raison qu'ils procèdent d'une question éminemment collective et qu'à ce titre, ils expriment en soi le principe moral d'une responsabilité universelle qui se passe amplement de toute la sorcellerie policière des empreintes génétiques, digitales et autres profilages à prétention psychologique.

Jamais la pulsion maladive de l'identification criminelle, qui anime de concert la police et (trop souvent) la presse, ne réduira l'éthos de tels actes à quelque fiche d'état civil. Un signal d'alerte ne se juge pas ; il se comprend comme un appel à l'aide, face aux dévastations d'une planète où les sociétés humaines n'auraient plus pour seule perspective que celle de la survie – augmentée ou pas.

Assigner de tels faits à résidence d'auteur.e, c'est déshistoriciser à dessein toute la trame polyphonique d'actions dont ils ne sont en somme que les citations impersonnelles, sans autre origine que le régime sensible et partagé qui les traverse.

Espace d'énonciation ventriloque par excellence, l'« instruction » s'emploie donc à réduire au seul pantin judiciaire de l'auteur.e toute l'histoire solidaire et multiple des consciences et des cœurs dont s'autorisent les faits.

Car il est un état de nécessité qui engage à neutraliser de toute urgence, en application du principe de précaution, l'hégémonie coercitive, écocidaire et pathogène des infrastructures technologiques inlassablement imposées à l'existant.

Par conséquent, tout acte en ce sens est par définition reproductible, ruinant de fait le fétichisme pénal de l'auteur.e, figure ainsi soluble dans le geste en commun de mille réappropriations complices.

Nous sommes d'hier, de maintenant et de demain.
Comme un pieu plus ardent dans l'œil froid du Cyclope.
Notre nom est Personne.
Toutes et tous au procès de Limoges, les 19 et 20 mars 2026.

Contact du comité de soutien : comite15juin@riseup.net.

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23.02.2026 à 20:31

Contre l'illusion satellitaire

dev

« L'incertitude n'est plus un état du monde : c'est un défaut de captation »

- 23 février / , ,
Lire + (493 mots)

Toute image est un protocole. La vérité est une image, la preuve est un pixel, l'innocence a la forme d'un plan large. Le satellite n'est pas un œil : c'est une police de la perception. Une manière d'organiser le visible, de le rendre commensurable. Ce qu'il promet n'est que la version administrable du réel. On nous répète : « si tu regardes par satellite, tu vois la vérité ». Comme si la vérité habitait l'altitude. Comme si l'œil, une fois arraché aux sols devenait enfin pur. Le satellite est une métaphysique de guerre à bas bruit.

« À partir de maintenant, l'incertitude n'est plus un état du monde : c'est un défaut de captation. Toute zone non observée doit être traitée comme un risque systémique. »
Service géographique des armées

Le satellite n'est pas un regard : c'est une infrastructure. Une chaîne de métaux, d'algorithmes, de militaires et d'ingénieurs, de nuages corrigés. Le satellite remplace l'incertitude des milieux par le confort de la vue. Il colonise nos affects : nous apprenons à nous regarder vivre depuis le ciel, à juger nos luttes à l'échelle du zoom, à confondre l'évidence d'une image avec l'expérience d'une situation.

Ce n'est pas “l'intelligence artificielle” qui gouverne : c'est la délégation du sensible à des machines de tri. La vue satellitaire est son sacrement, un point de vue qui ne tremble pas. Donc qui ment.

Et parce que cette opération serait trop brutale si elle restait extérieure, l'hypnarchie l'a raffinée : elle nous apprend à nous regarder habiter depuis le ciel. Elle nous installe un surmoi paranoramique (argwohnüberblickig). L'hypnarchie est une politique de l'a-paraître, c'est le propre du une époque où l'Être se donne sous la guise de la somnolence ontologique (Seinsdösigkeit). Quand le confort d'une image remplace la conflictualité d'un lieu, nous devenons les auxiliaires somnambules de notre propre capture.
Notre tâche est de désensorceler le surplomb : défaire le charme du ciel en montrant l'écorce qui le rend possible. Si nous voulons respirer, il faut rompre avec cette économie du regard.

La vue satellitaire est le dernier perfectionnement de la coalition pratique Etat-marchandise-information : une manière de faire tenir ensemble la police et la publicité, le renseignement et le divertissement, le conflit et la preuve. Elle met l'émeute au format d'un incident et nous apprend, surtout, à accepter ce format comme la réalité même. Qu'ils gardent leurs panoramas : nous avons les arrières-cours.

Service géographique de l'armée des somnambules

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