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25.08.2026 à 19:24

Des formes irrégulières de lignes

dev

Lire + (347 mots)

Au cœur de l'été, nous avons reçu cette revendication cryptique et poétique accompagnée d'une carte peut-être pas si fantaisiste. S'il s'avérait que quoi que ce soit ait été endommagé, nous en sommes bien désolés.

Nous nous sommes rencontré.es, à nouveau, et nous avons tracé,
Tracé des lignes,
De toutes les formes de nos possibles,

Des lignes d'échappées qui fleurent bon la joie,
Aux silhouettes en promenade,
Et qui explorent différemment nos paysages,

Nous avons appris des précédentes, des séculaires et des mortes,
Ainsi que de celles prescrites par nos dissemblables,
Pour en tracer encore des nouvelles,

Des lignes sensibles aux ruines qui nous entourent,
Qui se dissimulent dans les ombrages des avenues,
Longeant les réseaux de la métropole pour esquiver au mieux la capture
de nos voyages,

Des lignes qui se transforment à mesure qu'elles infiltrent le spectacle
de pixels,
Devenant bifurcation dans les artères où prolifère l'obsession scopique,
Et esquive devant les foyers qui partagent la même pulsion,

Jusqu'à atteindre un soir, non loin de Strasbourg, l'inévitable grille
de la zone-cible,
Opposant ses stries droites à nos lignes versatiles,
Et face à laquelle seule une forme imprévisible peut produire une
deuxième fente,

Notre ligne-foudre,
Engendrée par la combinaison de nos vérités intimes,
Et alliant nos puissances en une brûlante attaque,

* * *

Détruisons ce qui nous détruit

PDF

25.08.2026 à 19:13

Ukraine : quatre années de luttes pour Solidarity Collectives

dev

« On a continué à soudé des drones, à la lumière de nos frontales. » [Vidéo]

- Été 2026 (presque) fin / , ,
Lire + (165 mots)

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, nous avons régulièrement suivi les activités du collectif anarchiste Solidarity Collectives qui opère autant sur le front que dans la société civile ukrainienne [1]. Pour leur quatrième « anniversaire », ils nous ont transmis cette vidéo sous-titrée en français.


[1] Voir entre de nombreux autres, cet entretien.

PDF

25.08.2026 à 17:13

Après juillet

dev

Revenir sur le sabotage collectif du chantier du TAV dans la vallée de Suse

- Été 2026 (presque) fin / , ,
Texte intégral (3487 mots)

Cet article nous a été adressé anonymement (et en italien). Il revient sur le sabotage collectif du chantier du TAV (TGV) dans la vallée de Suse le 25 juillet dernier et vise à articuler une position, à la fois éthique et stratégique.

Nous prenons du temps pour clarifier un peu la situation et partager quelques considérations sur l'attaque du chantier du TAV le 25 juillet dernier.

Si nous avons décidé d'intervenir dans le débat public que nous percevons comme irrémédiablement hostile, orwelien et imperméable aux faits, c'est parce qu'il est nécessaire de dire quelque chose de sincère au sein de l'océan de mensonges et de discours creux – discours qui est urticant et toxique, quelle que soit la forme sous laquelle il se présente.

La version dominante de ce récit est martelée sous différentes formes : « dévastation » et pillage [1], des professionnels internationaux de la violence, une menace terroriste, etc. En vérité, il semble vain de gaspiller de la salive à répondre à de telles allégations, quand chaque mot perd son sens et se retourne même en son contraire. Qui, exactement, est en train d'être terrorisé ? Quel « spécialiste de la violence » intervient lors d'une manifestation massive dans laquelle des centaines de gens sont engagés pendant plus d'une heure dans l'invasion d'un chantier et l'affrontement qui s'en suit ?

La seule volonté de terroriser [2], évidente, est celle de l'appareil idéologique, policier et gouvernemental, qui envoie un message clair et ferme à la génération qui s'est politisée dans les rues pour Gaza : n'essayer même plus. Combattre dans la rue, résister à la police peut vous coûter extrêmement cher.

La réaction de la gauche n'est pas moins sévère. Ceux qui ont fait leurs premiers pas en manifestant contre ce monde catastrophique ces dernières années sont soumis à une domestication continuelle, à base de traumas et de menaces. Une urgence chassant l'autre, un massacre piloté à distance et un crime policier après l'autre, avec l'état de choc qui en résulte et le sentiment d'impuissance. Mais tout cela ne suffit pas : il y a aussi ce chantage obligatoire à rester dans le rang afin de ne pas aggraver la situation, de ne pas devenir « les idiots utiles de droite », de peur d'accélérer la descente dangereuse dans l'État policier. Pour être responsable, et donc soumis. Tout cela en ignorant sans vergogne que c'est précisément l'alignement lâche avec tous les programmes des gouvernements, avec leurs narratifs autorisés, le respect de l'autorité (qu'elle soit politique, scientifique, culturelle ou policière) en tout temps et en toutes circonstances, qui a à chaque fois facilité la résurgence des fascistes.

Et la gauche est la principale responsable, malgré ses diatribes frénétiques contre ceux et celles qui font preuve du courage et de la clarté qui lui ont toujours fait défaut.

Tout le monde a vu les quelques images de ce jour-là : une colonne de fumée montant d'un camion de police, des feux d'artifices, les salves de pierres, le chantier endommagé.

C'est totalement une autre histoire d'avoir été témoin aux premières loges de la retraite désorganisée des policiers, d'une foule prenant d'assaut et s'introduisant derrière les clôtures du chantier, et l'euphorie se propageant entre tous les gens présent – à la fois les plus jeunes aux premières expériences, et les camarades plus chevronnés.

Les sentiments suscités par de tels moments aident à construire de la confiance mutuelle, construisent des liens qui prennent forme à mesure que nous affrontons les risques ensemble, se protégeant les uns les autres, défiant et surpassant notre peur dans l'affrontement. Il n'y a rien d'épique ou de martial dans cette expérience, mais seulement un rapport plus direct avec notre fragilité commune et, par dessus tout, une détermination à la surpasser collectivement, à se mettre en jeu, à se défaire de la défaite. Pas de culte de la force, donc, mais pas non plus une fascination victimaire par notre propre impuissance.

C'est pourquoi l'effort le plus paresseux pour ranger l'événement dans une case tourne à vide, que ce soit pour le légitimer ou le criminaliser. De telles opérations tentent de neutraliser la charge politique de la rupture en la réduisant à un symptôme d'autre chose, qu'il s'agisse d'éco-anxiété ou de conspirations internationales. C'est pour cette raison qu'il faut se battre.

Ces derniers jours, une polémique-fabriquée-par-les-médias a éclaté sur l'état du mouvement no-TAV. Est-il mort ? Est-il devenu la chasse gardée des activistes radicaux, la plupart d'entre eux étrangers ? Les événements du 25 juillet ont ravivé un débat vieux de 30 ans qui était longtemps resté en dormance,. D'un coté les principaux journaux déclarent la lutte morte, de l'autre, ceux qui reconnaissent l'événement du 25 ont remis en lumière la « question du TAV ».

Et effectivement, au cœur de ce qui s'est passé se trouve le TAV et la vallée de Suse. Mais pas les arguments techniques à propos des impacts du projet, le problème des dégâts environnementaux et sur la santé, ou les justifications administratives ou d'ordre infrastructurelles. Tout ça reste entièrement vrai, mais secondaire. Chaque projet capitaliste repose sur un accaparement de terres de type mafieux – cette affaire est aussi emblématique que de nombreuses autres. Mais lister les injustices subies, les droits bafoués, ou les nombreux abus de pouvoir ne nous feront pas avancer d'un pas. Tout est clairement évident pour ceux qui veulent le voir. Le mépris de longue date pour une région entière et les communautés qui l'habitent, l'imposition brutale de l'état d'exception [3] sur le dos de ceux et celles qui ont toujours rejeté la ligne à haute-vitesse, montre seulement ceci : une fois encore, le dialogue et les mots sont entièrement superflus ; ils ont perdu leur intérêt et leur valeur.

L'appel du Val Susa prend cependant une signification différente : une référence symbolique et éthique envers une continuité d'actes et de gestes de résistance qui, malgré tout, touchent ceux et celles qui séjournent sur ces territoires aujourd'hui.

Car le long de ces mêmes sentiers parcourus le mois dernier, les forces d'occupation avaient déjà battu en retraite – le 3 juillet 2011 [4]–, les lignes électriques avaient déjà été coupé, de jour comme de nuit, dans des nuages de gaz lacrymogène, et les véhicules de chantier déjà été incendiés. Et les images de ce passé se superposent, en une constellation harmonieuse, avec celles des affrontements qui ont eu lieu à la gare centrale de Milan, ou le soir du 31 janvier à Turin, les troubles à Bologne après la mort de Fakhir, la résistance contre l'ICE à Minneapolis, et bien d'autres moments qui ont ponctué ces années-là — des années que, de tous côtés, on voudrait nous faire croire closes, anéanties et sans espoir.

La circulation de tels actes de rupture et de révolte a acquis la consistance d'un répertoire partagé et d'un imaginaire collectif qui, dans l'époque historique actuelle, ne peut être englobé dans aucun discours ou programmatique politique unique.

Toutes les « solutions politiques » sont ridicules, inadéquates et trompeuses ; tous les lexiques politiques sonnent faux et périmés. À l'inverse de cela, la force des actions et pratiques qui, en dépit de tout, poussent à aller de l'avant malgré le danger, pointent vers la construction d'une possible force collective… cela, oui, cela semble toujours avoir de l'attrait et un sens. Et nous l'avons vu le 25 juillet.

Il existe encore aujourd'hui de nombreux recoins où des gens conspirent, construisant des relations non intoxiqués par les « valeurs » de la société – c'est-à-dire par la quête du pouvoir et de l'efficacité à tout prix, par le cynisme et l'insensibilité comme mode de vie.

Ceux et celles qui tiennent pour vrai ce qu'ils ressentent – luttes, actions, amitiés – essayent de garder leur distance par rapport à la publicité de l'activisme social, à la visibilité comme mesure du succès, aux mensonges de la politique et au fétiche de la pureté idéologique. Ou si, par la force des choses, ils traversent ces sphères, ce n'est qu'avec un malaise croissant. Même le catalogue des identités militantes que la société fournit comme appât pour capturer les comportements indisciplinés, les formes de sécession et tout ce qui semble en son sein ingouvernable est perçu à juste titre comme un piège ou, à tout le moins, comme un repli décevant.

C'est pourquoi les visages de celles et ceux qui sont descendus dans les rues pour Gaza n'ont pas été vu, pour la plupart, gonfler les rangs des groupes et collectifs, mais semblent apparaître par intermittence, ponctuellement, à des moments comme celui du 25. N'y a-t-il vraiment aucune dimension politique à ces comportements ? Les éternelles et timides plaintes sur l'imminence du fascisme et de la guerre ont-elles vraiment quelque chose à nous apprendre ?

Ce n'est pas une coïncidence que le gouvernement, à travers les invectives de son suprême leader, menace ceux qui fournissent de la nourriture et un abri aux manifestants en Valsusa. C'est bien sûr ridicule mais cela révèle une prise de conscience que le tissu matériel des relations, des amitiés et des ressources qui étaye un mouvement — son côté conspirateur, en fait — est plus important que les communiqués de presse et les appels publics.

Toute amitié véritable a toujours un caractère conspirateur envers la société quand elle est prise au sérieux, lorsqu'elle est vécue pleinement. Sa puissance révolutionnaire potentielle, son sens le plus intime, ne se compromet pas avec aucune mise en scène ni auto-dénonciation, mais réside plutôt dans sa nature essentiellement clandestine : dans l'approfondissement discret et patient de relations fondées sur la confiance.

D'autant plus que l'espace publique, comme chacun peut le voir, se referme violemment sur lui-même derrière une carapace d'hostilité réactionnaire. Dans un tel contexte, exposer ses liens à la lumière du jour peut être un faux pas dangereux. La réaction de l'appareil d'État aux événements du 25 en offre une confirmation frappante, mettant au premier plan la question de l'opacité : comment organiser une force qui reste accessible sans être visible pour l'ennemi ?

Si le choix est entre se réfugier dans l'individualisme ou payer au prix fort pour une affirmation de principes épuisante, peut-être vaut-il la peine de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur. L'histoire des mouvements subversifs est une histoire de complots tissés dans l'ombre.

L'époque dans laquelle nous vivons n'est pas terminée, car aucune époque ni aucun moment historique ne l'est vraiment. Il y a des scénarios stratégiquement défavorables, mais une force collective ne se construit pas en raisonnant dans le jargon de la comptabilité économique – avec ses lois inflexibles, ses phases d'expansion et de récession, face à quoi on ne peut qu'attendre patiemment. Au contraire, nous somme parties prenantes [parti in causa]. Les actions et les gestes – dans l'acception la plus forte et la plus authentique du mot – ne sont pas simplement des phénomènes atmosphériques à enregistrer. Que ce soit un communiqué, un texte ou une attaque.

Même ceux qui sincèrement craignent les répercutions de la répression, celles qui sont effrayées par un horizon qui – il faut l'admettre – semble en effet sombre, devraient considérer les événements du 25 juillet comme une question sérieuse : quelle est la proposition pour se dégager une certaine marge de manœuvre, pour transformer la réalité ? Où se situent les forces et les possibilités du présent ? Accepter humblement les règles du jeu est-il vraiment la meilleure réponse à une contre-révolution qui attaque sans réserve ?

L'époque dans laquelle nous vivons n'est pas terminée, mais elle est dangereuse. Cela se voit clairement en Italie : nous vivons un moment historique dans lequel le propriétaire d'une bijouterie qui tue deux fugitifs désespérés de sang-froid — par derrière, sans que sa main tremble — suscite plus de sympathie que quelqu'un qui sabote un chantier de construction pour s'opposer à la dévastation d'un territoire et d'une communauté. Bien sûr, face à une telle situation, il est compréhensible qu'une position défensive puisse sembler convaincante. En bref, rester à l'arrière-plan et chercher un moyen de disparaître complètement.

Pourtant, même la disparition est un art, et conspirer signifie savoir précisément comment construire tout en se retirant : choisir quand parler, choisir quand agir, au risque de faire des erreurs. Donc, face à cette confusion qui nous affecte tous — parce que personne avec la moindre once d'honnêteté ne peut prétendre avoir des solutions dans sa manche — et face à des événements comme ceux du 25 juillet, du 31 janvier, ou les affrontements de Bologne, et tous les autres bouleversements qui vont inévitablement se produire, comment agir ? Devons-nous défendre la normalité sociale qui a précisément conduit à la situation actuelle, à cette fantastique « stabilité démocratique » dont tout le monde peut voir les avantages ? Devons-nous rester seuls et effrayés, enfermés dans nos maisons et sous bonne garde, ou devons-nous prendre la question au sérieux ?

Et toi, qu'en penses-tu ?


[1] Devastazione e saccheggio : vieil article du code pénal italien adopté sous le régime fasciste (et jamais abrogé depuis) pour écraser les opposants socialistes et communistes. Cette incrimination « dont le nom même est fait pour effrayer, a pour caractéristique d'instituer un crime de complicité passive, qui permet de condamner à de très lourdes peines, entre huit et quinze ans, des manifestants s'étant trouvés à proximité de la réalisation d'un délit, sans que leur participation ait besoin d'être prouvée. Leur simple présence sur les lieux est assimilée à un "concours moral". » (Le Monde) Cet article de loi a été ressorti des poubelles de l'histoire suite aux affrontements de 2001, pendant le sommet du G8 à Gènes, pour faire condamner très lourdement (jusqu'à 13 ans de prison) des manifestants accusés d'avoir pris part aux affrontements. Les peines vont entre 8 et 15 ans de prison pour ce chef d'accusation. [Ndt]

[2] Coté français, deux jours avant la manifestation « des dizaines de policiers lourdement armés de la BRI – les unités chargées du grand banditisme et du terrorisme – débarquent chez huit jeunes en fracassant les entrées. Une mère de famille voit sa porte sauter avant d'être mise en joue par une arme à feu, elle croit d'abord à un cambriolage. Des enfants mineurs sont menottés à leurs lits, sous les yeux de leurs parents pendant l'une des perquisitions. Ces étudiantes, âgées d'une vingtaine d'années, sont ensuite emmenées au « bastion » de la Police judiciaire, où ils passeront près de 100 heures en cellule, avant d'être envoyées devant des magistrats. » Dans la presse, « les forces de l'ordre expliquent que l'enquête a été déclenchée suite aux « allers-retours d'un Français qui apparaîtra être proche des Soulèvements de la Terre. » (https://contre-attaque.net/2026/08/14/montage-policier-perquisitions-famille-menottee-et-100-heures-de-gardes-a-vue-sur-la-base-de-presomptions/) [Ndt]

[3] Par exemple depuis la fin de l'année 2011, le chantier est déclaré « zone d'intérêt stratégique » et l'armée peut y arrêter quiconque viole le périmètre de la zone [Ndt].

[4] Ici l'exagération tire presque sur le mensonge. Quelques éléments de contexte sont nécessaires. À l'été 2011, l'État italien décide que le projet du TAV (gelé depuis 5 ans du fait de l'opposition de la vallée) commence à devenir intolérable et que la récréation doit prendre fin. La police évacue alors la « libre république de la Madalena », sorte de camp de base pour les habitant-e-s no-TAV de la vallée et leurs complices. En réaction dès le lendemain, les comités no-TAV de la vallée appelle à une manifestation massive pour reprendre le presidio et empêcher le début du chantier. Entre 15 et 20 000 personnes répondent présent et harcèlent la police pendant toute l'après-midi, de gros affrontements ont lieu, un policier est même brièvement capturé par la foule avant d'être (trop) rapidement relâché (sans servir de monnaie d'échange contre des manifestants arrêtés plus tôt dans la journée...), etc. Mais le dispositif policier globalement tient. Et ce sont les manifestants qui battent en retraire en fin de journée.

Pour voir des policiers réellement virés du chantier et devoir partir la queue entre les jambes, il faut remonter à 2005. Le 6 décembre, des policiers évacuent dans la nuit le presidio de Venaus (une sorte de grosse cabanne collective qui était le QG du mouvement no-TAV). De nombreux blessés sont à déplorer. Pendant la nuit, des textos d'alerte sont envoyés aux quatre coins de la vallée et le lendemain 10 000 personnes encerclent le camp des carabiniers. Pendant près de 48h, les policiers ne peuvent plus être ravitaillés et les principaux axes (autoroute, nationales, voies ferrées) de la vallée sont bloqués. Le 8 décembre les policiers capitulent et quittent leur camp, entre deux haies de manifestants, sous les huées, les crachats et les insultes. Cette séquence restera gravée dans les mémoires. C'est depuis cette date que le 8 décembre est fêté par les partisans du mouvement de la vallée [Ndt].

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