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12.01.2026 à 11:09

Antisémitisme, antisionisme : Pierre Khalfa répond à Roger Martelli

Pierre Khalfa

La semaine dernière, notre directeur de la publication publiait une analyse des débats qui mobilisent et déchirent la gauche. Entre accords partagés et désaccords avancés, l’économiste Pierre Khalfa prend part à la réflexion. Dans un article sur Regards, Roger Martelli revient sur la polémique qui s’est développé suite à une tribune d’Eva Illouz dans Le…
Texte intégral (2749 mots)

La semaine dernière, notre directeur de la publication publiait une analyse des débats qui mobilisent et déchirent la gauche. Entre accords partagés et désaccords avancés, l’économiste Pierre Khalfa prend part à la réflexion.

Dans un article sur Regards, Roger Martelli revient sur la polémique qui s’est développé suite à une tribune d’Eva Illouz dans Le Monde assimilant antisionisme et antisémitisme. Il consacre quelques lignes à une réponse collective signée par 285 « juives et juifs pour le respect des droits du peuple palestinien » en indiquant qu’elle « ne se préoccupe pas suffisamment des dérives possibles de tout antisionisme radical ». Or cette tribune affirme explicitement : « Que l’antisionisme serve dans certains cas de paravent à une haine des juifs, cela n’est pas contestable ». Au-delà donc de ce mauvais procès, je voudrais, avant de pointer mes désaccords avec certains de ses propos, indiquer mes points d’accords avec lui.

Des points d’accords… et des débats qui vont avec

Tout d’abord, on ne peut que partager l’affirmation comme quoi « si la concurrence des victimes est une impasse, la sous-estimation d’une discrimination, antisémitisme ou islamophobie, est une capitulation de l’idée émancipatrice ». Ensuite, s’il est clair que l’antisionisme peut servir de paravent à l’antisémitisme, « ce n’est pas pour autant qu’il y a une continuité nécessaire entre un rejet du sionisme de combat, un antisionisme de principe, un antisémitisme assumé et un déni absolu du droit à l’existence de l’État d’Israël ». De plus, si aucune solution n’est actuellement plus réaliste l’une que l’autre au vu des rapports de forces – deux États, État binational, État unitaire démocratique – « le plus raisonnable dans l’immédiat est de s’appuyer sur les résolutions internationales qui, de 1947 à 2013, s’inscrivent dans une solution à deux États, acceptée par la partie palestinienne dès 1988 », le recours au droit international étant un des rares point d’appui de la résistance palestinienne.

Cependant, et c’est un premier point de débat, il ne paraît pas très justifié de stigmatiser « celles et ceux qui les emploient, des formules comme celles d’un État unique allant ‘du Jourdain jusqu’à la mer' » en affirmant qu’elles « portent en germe le risque d’un processus à ‘l’algérienne’ d’expulsion d’un des protagonistes, imposée ou acceptée ». Outre que les pieds-noirs n’ont pas été expulsés d’Algérie mais en sont partis volontairement quelques semaines avant l’indépendance, refusant de vivre dans un pays où les arabes auraient les mêmes droits qu’eux, et alors même que le FLN les encourageait à rester, on peut certes penser que ce mot d’ordre est erroné dans la situation actuelle sans prêter à celles et ceux qui le mettent en avant des intentions qu’ils n’ont pas.

Enfin, les expériences du 20ème siècle montrent que les fins et les moyens sont irréductiblement liés et qu’il est impossible de « prévaloir d’un droit à l’existence, quand on ne respecte pas soi-même le droit à l’existence et à la dignité d’autrui », ce qui a priori amène à choisir de privilégier une stratégie non violente. Cependant, et c’est là un autre point de débat, encore faut-il qu’une telle stratégie puisse exister et ne pas rester un vœu pieux servant de prétexte à une passivité favorable au statu quo, voire à l’enterrement de la cause défendue. Le combat des Palestiniens illustre parfaitement cette difficulté. Ainsi, la « Grande marche du retour », série de manifestations pacifiques organisée à Gaza en 2018 pour protester contre la construction du mur entourant ce territoire, a été prise sous le tir des snipers israéliens faisant ainsi des centaines de morts et des milliers de blessés. Il en est de même en Cisjordanie alors que les exactions des colons se multiplient avec l’appui du gouvernement et de l’armée israélienne. Comment dans ces conditions mettre en œuvre une stratégie non violente ?

De ce point de vue, s’il faut condamner sans réserve les viols et les assassinats de civils commis lors du 7-Octobre qui, par leur caractère criminel, desservent la cause palestinienne, cela ne revient pas à mettre sur le même plan la violence utilisée par les mouvements palestiniens et celle de l’État d’Israël. Il ne s’agit pas ici d’une comptabilité macabre qui comparerait le nombre de Palestiniens tués depuis 1948 (voire « seulement » depuis le 8 octobre 2023) jusqu’à aujourd’hui et celui des Israéliens durant la même période (ou « seulement » le 7 octobre 2023), mais d’une question de principe. La violence des opprimés est une réponse à celle de l’oppression sous toutes ses formes et on ne peut renvoyer tout le monde dos à dos.

Et des désaccords

Reste maintenant les divergences. Pour n’avoir pas la même importance politique que les points d’accord susmentionnés, avec les débats qui vont avec, ils n’en sont pas moins importants pour sortir du confusionnisme existant sur ce sujet. Roger Martelli affirme ainsi que « si le sionisme est au moins double, le problème n’est pas dans son caractère intrinsèquement pervers, mais dans une évolution, allant de raidissements en fermetures, qui le conduit en 2018 à passer de ‘l’État juif et démocratique’ de 1948 à ‘l’État-nation du peuple juif' ». Et de s’appuyer pour cela sur la référence au sionisme travailliste, et à David Ben Gourion, l’opposant à « celui de Vladimir Jabotinsky, ultranationaliste et anti-arabe, inspirateur de l’Irgoun » comme il oppose Moshe Dayan qui aurait été « respectueux de ses adversaires arabes palestiniens » à celui de Yoav Gallant ancien ministre de la défense du gouvernement Netanyahou et recherché par la Cour pénale internationale. 

Les faits contredisent totalement ce type d’analyse. L’historien israélien Ilan Pappé, dans son livre Le nettoyage ethnique de la Palestine, a clairement montré comment Ben Gourion, Dayan et plus globalement la gauche et l’extrême gauche sioniste, ont organisé et mis en pratique l’expulsion de près de 800 000 arabes palestiniens en 1948, expulsion accompagnée de nombreux massacres et destructions de villages. Auparavant, le sionisme travailliste avait impulsé l’expulsion des travailleurs palestiniens de leur emploi au nom de la priorité donné au « travail juif ». Ben Gourion et les travaillistes une fois au pouvoir après la création de l’État d’Israël se sont acharnés à détruire les quelques ambitions émancipatrices que l’extrême gauche sioniste pouvait porter, que ce soit en matière d’éducation, de la place des kibboutz, qui par ailleurs ont toujours occupés une place marginale, ou de la construction d’un appareil d’État. De plus, le processus de colonisation n’a pas été simplement le fait de la droite et de l’extrême droite, mais a été aussi porté par les travaillistes. L’incapacité de la gauche traditionnelle israélienne à proposer une vision alternative à celle de la droite et l’extrême droite l’a amené au bord de la disparition. Il est d’ailleurs significatif que la gauche sioniste ait soutenu Netanyahou et Gallant lorsque que ces derniers ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI.

La société israélienne est lourde d’une guerre civile, pour le moment larvée, entre deux conceptions radicalement différentes de ce que doit être l’État d’Israël : État théocratique versus État laïque démocratique.

La diversité des sionismes auxquels fait allusion Roger Martelli porte en fait sur les moyens à employer et non sur les fins. Cela a été le cas, par exemple, avant la création de l’État d’Israël, sur la question du rapport à l’impérialisme britannique. Cependant ces divergences n’empêchent pas l’existence d’un projet commun : la destinée des juifs du monde est d’émigrer en Israël ; l’État d’Israël ne peut être qu’un État juif, c’est-à-dire ethnico-religieux ; la colonisation de la Palestine est une nécessité. L’idée fondatrice du sionisme politique repose sur l’idée que les juifs n’ont pas de place dans les pays où ils vivent. L’antisémitisme serait une donnée permanente et structurelle des sociétés. La conquête de l’égalité des droits entre juifs et non-juifs ne ferait qu’entraîner un regain de judéophobie. La haine raciale ne pouvant être combattue, il s’agirait donc pour les populations juives de quitter les pays dans lesquels elles sont installées pour créer leur propre État. Le sionisme partage donc un point fondamental avec l’antisémitisme : les juifs sont un corps étranger aux nations dans lesquelles ils sont installés. Refuser le sionisme, c’est refuser ce projet et ses considérants.

Au-delà et si on peut effectivement partager l’affirmation de Roger Martelli comme quoi, « à ce jour, la seule position raisonnable est donc l’affirmation d’une égale légitimité des Israéliens et des Palestiniens à vivre dans un État qui leur est propre, sur un territoire stabilisé et internationalement reconnu », cela ne signifie pas que l’on doive accepter le caractère ethnico-religieux de cet État, ni que celui-ci ait vocation à regrouper tous les juifs. En fait, la question qui est posée est celle de la nature de l’État d’Israël. Elle a été parfaitement résumée dès 2005 par un des idéologues suprématistes juifs Moti Karpel. Ainsi, nous dit-il, « se préparer de nouveau au combat politique entre la droite et la gauche, c’est se préparer à la guerre précédente. […] C’est sur l’axe Juifs-Israéliens que se profile le prochain combat. Ceux qui sont d’abord juifs font face à ceux qui sont d’abord israéliens. […] À la vision israélienne d’un État pour tous ses citoyens, avec tout ce que cela signifie, il faut opposer la vision d’une démocratie juive ». La société israélienne est lourde d’une guerre civile, pour le moment larvée, entre deux conceptions radicalement différentes de ce que doit être l’État d’Israël : État théocratique versus État laïque démocratique.

Ce que ne semble pas voir Roger Martelli, c’est que d’emblée l’État d’Israël est marquée par une contradiction : d’une part il se veut un État démocratique qui « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe » (Déclaration d’indépendance), mais, d’autre part, il se veut aussi un État juif et un État qui a vocation à rassembler les juifs du monde. L’État d’Israël est-il donc l’État des juifs du monde entier – loi du Retour de 1950 et loi sur la citoyenneté de 1952 – ou l’État des Israéliens ? L’État est-il juif ou est-il celui de l’ensemble de ses citoyens ? Dans la pratique, les non-juifs sont soumis à des discriminations que ce soit par la confiscation légale des terres, de leur maison, ou par des mesures à caractère discriminatoire de toutes sortes en matière de logement, d’éducation, de prestations sociales. S’y ajoutent un racisme diffus, prenant année après année de plus en plus d’ampleur, et un discours permanent les présentant à l’opinion comme une cinquième colonne. La loi de 2018 sur « l’État nation du peuple juif » tranche la contradiction et instaure officiellement un apartheid en Israël. Je rappelle ici ce qu’avait déclaré à l’époque la ministre de la justice Ayelet Shaked : « Le sionisme ne doit pas – et cela n’adviendra pas – continuer à se soumettre à un système de droits individuels interprétés de manière universaliste ».

Ce débat sur le sionisme en cache un autre, celui autour de la notion de peuple juif. Roger Martelli fait une distinction entre « un » peuple juif – celui qui s’est installé en Palestine – et « le » peuple juif que formeraient les juifs dans le monde. Cette distinction pose deux problèmes. Le premier renvoie à ce qui s’est créé en Palestine avec l’État d’Israël. Est-ce qu’il s’est créé un fait national israélien avec sa langue propre, l’hébreu – et l’arabe comme langue officielle jusqu’à la loi de 2018 –, sa culture propre, et ses habitants juifs, religieux ou pas, et non-juifs d’origine diverses ou bien s’est-il créé un fait national juif ? Nous avons noté la contradiction originelle de l’État d’Israël et suivant la réponse que l’on donne à cette question, cela entraîne des considérations différentes sur l’existence ou pas d’un peuple juif. Si ce qui s’est créé en Israël est un fait national juif, les juifs ont vocation à le rejoindre (je laisse ici le débat sans fin de savoir qui est juif). Les juifs du monde forment-il un groupe humain dont l’unité transcenderait les appartenances nationales ? La réponse à cette question ne peut être évitée. Elle ne peut simplement trouver de réponses dans des considérations objectives. Si tel était le cas, la réponse immédiate serait négative et l’affaire serait réglée. C’est hélas plus compliqué, car la réponse tient aussi à la fois au désir des gens concernés, qui sont divisés sur la question, et à un projet politique, le sionisme, dont l’objectif est de créer une nation juive.

Quoi qu’il en soit, reconnaitre donc qu’il existe un fait national israélien, issu de l’histoire, et donc la légitimité de l’existence de l’État d’Israël, ne signifie en aucun cas accepter le projet porté par le mouvement sioniste, dans toutes ses composantes, d’un État juif dont l’objectif serait de regrouper tous les juifs. Or cette identification des juifs à l’État d’Israël est une des sources de l’antisémitisme contemporain qui provoque une montée de l’angoisse chez les juifs et juives vivant en France. Cette angoisse est de plus entretenue consciemment par un certain nombre de déclarations présentant un tableau apocalyptique d’une France antisémite pour inciter l’émigration juive vers Israël et s’opposer à la défense des droits palestiniens. Comme, par exemple, les lettres de Benjamin Netanyahou et de l’ambassadeur des États-Unis à Emmanuel Macron accusé à son tour de faire le lit de l’antisémitisme en se décidant à reconnaître un État palestinien.

C’est dire que le problème majeur derrière l’accusation d’antisémitisme est l’assimilation des juifs à la politique israélienne, assimilation entretenue volontairement par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui s’est transformé depuis quelques décennies en une agence du gouvernement israélien, soutenant inconditionnellement la politique de l’État d’Israël quelle qu’elle soit. Cette assimilation des juifs à un État qui mène une politique génocidaire ne peut qu’être un facteur de renforcement de l’antisémitisme. D’où l’importance des mouvements ou réseaux de juives et juifs qui combattent la politique israélienne et soutiennent les droits du peuple palestinien.

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12.01.2026 à 10:25

Les Portugayz. Épisode 3 : nos premières fois

Arthur Vacher

« Les Portugayz » est un podcast documentaire mensuel en cinq épisodes, raconté à la première personne et réalisé en partenariat avec la revue Regards. Arthur Vacher y retrace l’histoire d’une amitié singulière entre trois garçons à la fois gays et Portugais. Un récit intime, tendre et politique, qui explore la force et la fragilité des liens. Épisode 3…
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« Les Portugayz » est un podcast documentaire mensuel en cinq épisodes, raconté à la première personne et réalisé en partenariat avec la revue Regards. Arthur Vacher y retrace l’histoire d’une amitié singulière entre trois garçons à la fois gays et Portugais. Un récit intime, tendre et politique, qui explore la force et la fragilité des liens.

Épisode 3 : nos premières fois

Dans cet épisode, Arthur Vacher raconte trois premières fois vécues au cœur de son amitié avec Adrien et Joseph. Se maquiller ensemble dans un Sephora, regarder un match de foot dans un bar portugais, dormir à trois lors d’une soirée pyjama. Des moments simples, drôles et doux. Trois instants où il a osé essayer, sans peur d’être jugé.

Épisode 2 : le pacte

Pour devenir amis, Arthur Vacher a eu besoin de poser un cadre : un pacte pour ne pas glisser dans la séduction, pour apprendre à être présent sans vouloir plaire. Avec Adrien, ce pacte prend la forme d’un serrement de main après des semaines d’ambiguïté. Avec Joseph, il est plus silencieux, plus instinctif une confiance immédiate qui le désarme. Dans cet épisode, Arthur Vacher raconte comment ces accords, explicites ou non, ont façonné leur amitié à trois.

Épisode 1 : la rencontre

Dans ce premier épisode des « Portugayz », Arthur Vacher raconte sa rencontre avec Adrien et Joseph dans le grand magasin où ils travaillent à Paris. Ils partagent la même langue secrète : un humour queer, un accent portugais, une manière de se protéger du monde. Au détour des rayons, entre les pauses déjeuner et les confidences, naît une amitié improbable et puissante.


Logo : Madeleine Pereira
Jingle : Samuel Hecker

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10.01.2026 à 14:00

La déflagration Trump, le faible Macron, la gauche inquiète

la Rédaction

Premier débrief hebdomadaire de l’année 2026 avec Catherine Tricot et Pablo Pillaud-Vivien !
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Premier débrief hebdomadaire de l’année 2026 avec Catherine Tricot et Pablo Pillaud-Vivien !

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09.01.2026 à 11:40

Face à Trump, Macron a choisi le virilisme (et a perdu)

Loïc Le Clerc

On se souvient des longues poignées de mains viriles entre Trump et Macron. Depuis 2017, le président français joue la carte du macho man avec son homologue américain. Et à ce jeu, l’aigle a battu le coq. Emmanuel Macron, humilié par Donald Trump en conférence de presse. La scène se déroule ce mercredi et en…
Texte intégral (1259 mots)

On se souvient des longues poignées de mains viriles entre Trump et Macron. Depuis 2017, le président français joue la carte du macho man avec son homologue américain. Et à ce jeu, l’aigle a battu le coq.

Emmanuel Macron, humilié par Donald Trump en conférence de presse. La scène se déroule ce mercredi et en dit beaucoup sur l’évolution des relations entre les deux dirigeants. Qu’on s’entende bien : Emmanuel Macron est pour partie responsable de cette situation. Dès son premier mandat, Donald Trump s’amusait à défier ses homologues lors de poignées de mains appuyées. C’était une démonstration de force. Le président français, lui aussi, venait de prendre ses fonctions de chef d’État et il s’était prêté au jeu des « poignées de main viriles » – telle était l’expression consacrée en 2017 – pour lui « montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». On le voyait assis aux côtés du président américain, les jambes bien écartées. Il montrait que la France, aussi, avait une grosse paire de c*******. Super !


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Emmanuel Macron s’est aventuré sur le terrain préféré de Donald Trump et, aujourd’hui, ça lui échappe. Car Trump-second-mandat est passé dans une nouvelle dimension. Il n’a plus d’égal. Il peut kidnapper un dirigeant étranger et prendre le contrôle de son pays. Il peut réguler les eaux internationales et détourner des navires étrangers. Il peut menacer d’ingérence ou d’invasion le Panama, la Colombie, le Mexique, Cuba, le Canada, le Groenland… Humilier le président français publiquement, trop facile, quand bien même Emmanuel Macron est fait du même bois masculiniste que Donald Trump.

Les journalistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran documentent dans Néron à l’Élysée ce virilisme ordinaire qui règne à l’Élysée. Dans ce monde, quand l’alpha gagne la manche, les autres se prosternent. Emmanuel Macron n’a pas réagi à la dernière humiliation trumpienne, quand le président américain se moque de lui en l’imitant et en divulguant ses lâchetés politiques: « Tu ne diras pas que je suis d’accord avec l’augmentation de 200% des prix des médicaments ». Voilà un moment qu’Emmanuel Macron a abandonné la bataille. En témoignent ses premiers mots, après l’enlèvement de Nicolas Maduro : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature et ne peut que s’en réjouir ».

C’est vrai, cela n’a rien d’évident de trouver le ton et les mots face à la violence et à la méchanceté du locataire de la Maison-Blanche. Mais en réalité, la couardise de l’Union européenne n’est pas un modèle unique. Certains dirigeants refusent et résistent à l’impérialisme.

À croire que face à Donald Trump, Emmanuel Macron n’a qu’une alternative : le combat de coqs ou la queue entre les jambes. C’est vrai, cela n’a rien d’évident de trouver le ton et les mots face à la violence et à la méchanceté du locataire de la Maison-Blanche. Mais en réalité, la couardise de l’Union européenne n’est pas un modèle unique. Certains dirigeants refusent et résistent à l’impérialisme. Que disent-ils que notre Emmanuel Macron local n’ose énoncer ?

La palme revient au communiqué conjoint de l’Espagnol Pedro Sanchez, de Lula (Brésil), de Gabriel Boric (Chili), de Gustavo Petro (Colombie), de Claudia Sheinbaum (Mexique) et Yamandú Orsi (Uruguay) – on vous en avez parlé ici. Mais il y a plusieurs autres méthodes. On peut commencer par dire publiquement les faits : « Trump est le pire président que j’ai jamais rencontré. Il incarne parfaitement comment l’ignorance et la grossièreté peuvent exister dans la même personne », dixit le président du Liberia Joseph Boakai. On peut rester debout comme la Mexicaine Claudia Sheinbaum : « L’Amérique n’appartient ni à une doctrine ni à une puissance. Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le composent. » On peut rappeler le droit, comme la Chine qui évoque « des actes unilatéraux d’hégémonie qui sapent sérieusement l’ordre international ». On peut poser des lignes rouges, comme la première ministre danoise Mette Frederiksen : « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, alors tout s’arrête. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale » ; « Que personne n’ait de doute : quoi qu’il arrive, nous resterons fermes sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. » On peut même hausser le ton, comme le Colombien Gustavo Petro, menacé lui aussi d’enlèvement par Donald Trump : « J’avais juré de ne plus toucher à une arme depuis l’accord de paix de 1989 mais pour la patrie je reprendrai les armes. » Il précise que l’accuser d’être un narcotrafiquant n’a aucun sens et qu’il n’a « qu’une maison familiale qu[‘il] rembourse toujours avec [son] salaire ». Rebuffade qui calme provisoirement l’homme de Mar-a-Lago.

Tout ça pour dire qu’il y a un panel d’options pour répondre au président américain : le virilisme ou la lâcheté, souvent synonymes, ne sont pas les seules issues.

Sinon, il reste la méthode suisse : un lingot d’or d’un kilo et une horloge de bureau en or en cadeau pour faire baisser les droits de douane. Ou celle du Qatar des qui offre un Boeing aménagé pour l’usage privé de Trump. Ou celle du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui surnomme Donald Trump « daddy » (« papa »). Emmanuel Macron peut encore s’avilir un peu plus.

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09.01.2026 à 11:39

Mitterrand, une vie politique — par Roger Martelli

Roger Martelli

Il y a 30 ans, à la mort de François Mitterrand, Roger Martelli écrivait le texte suivant. Nous le republions aujourd’hui, sans en changer une virgule. Quand, le 9 septembre 1965, François Mitterrand annonce sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel, il ouvre une page nouvelle de l’histoire de la gauche. Quand,…
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Il y a 30 ans, à la mort de François Mitterrand, Roger Martelli écrivait le texte suivant. Nous le republions aujourd’hui, sans en changer une virgule.

Quand, le 9 septembre 1965, François Mitterrand annonce sa candidature à la première élection présidentielle au suffrage universel, il ouvre une page nouvelle de l’histoire de la gauche. Quand, le 17 mai 1995, il descend les marches du perron de l’Élysée, il la ferme irrémédiablement. Sa mort est ainsi la clôture symbolique de trente années d’histoire française.


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Jusqu’au milieu des années soixante, Mitterrand est certes au centre du Gotha politique, mais il n’est pas aux toutes premières loges. Que sait-on de lui ? Qu’il a été un jeune loup, brillant et ambitieux, plusieurs fois ministre et cultivant un écheveau impressionnant d’amitiés politiques. Mais, au fond, il ne manquait pas de ces astres sur la scène du Tout-Paris, et tous n’eurent pas un destin national. C’est la rencontre d’une ambition et d’une conjoncture qui « fait » véritablement François Mitterrand. À la charnière des années 50 et 60, l’homme est servi par une intuition remarquable qui le distingue et bâtit sa fortune. En 1958, il est l’un des rares, dans la gauche non-communiste, qui ne succombe pas aux charmes du gaullisme triomphant. Cela lui vaut l’ire tenace du Général, le respect de la « petite gauche » et… la bienveillance du PCF.

Ironie de l’histoire… Les communistes vont chercher François Mitterrand, en 1965, parce qu’il semble pour eux être l’homme politique le moins dangereux pour faire avancer leur politique du moment. Les responsables communistes ne veulent pas courir le risque d’une présidentielle qui leur fait peur. Ils souhaitent un nom qui soit le porte-drapeau éventuel de la gauche unie. Or Mitterrand a pour lui de n’être ni Guy Mollet, trop discrédité, ni l’ancien dirigeant socialiste Daniel Mayer, que les communistes exècrent. Il est loin du PCF, mais il n’est pas membre de la SFIO et n’est à la tête que de la groupusculaire Convention des Institutions Républicaines. 

Les quatorze années de présidence Mitterrand ne furent, pour l’essentiel, que le souvenir douloureux des espérances perdues et la difficulté à enfanter le renouveau de la gauche.

Le problème est que, face à un Parti communiste qui se renouvelle alors mais hésite à pousser assez loin sa mutation, le candidat unique de la gauche parvient, au bout du compte, à incarner la relance du vieux socialisme à bout de souffle. En 1965, en contraignant De Gaulle à un second tour de scrutin, il incarne l’espoir retrouvé de la gauche après plusieurs années de doutes et de désespérances. À partir de 1971, celui que tout éloignait au départ de la famille socialiste fait corps avec le nouveau Parti socialiste qu’à Épinay il porte sur les fonds baptismaux.

François Mitterrand l’insaisissable, ou la politique faite homme… Lui qui a été longtemps tenu pour un homme de la Quatrième République a compris que, après 1968, il n’y a pas d’avenir dans la répétition incantatoire du passé ; lui qui n’est pas marxiste a senti que le discours politique de gauche ne pouvait fonctionner que sur le registre de la rupture ; lui qui n’aime pas les communistes sait que le socialisme ne peut échapper à l’union avec le PCF. La conjonction de tout cela donne Épinay en 1971, puis la signature du programme commun en juin 1972.

Mitterrand totem du socialisme nouveau ou fossoyeur de l’idéal ? Cette question sera peut-être demain celle des socialistes. Elle n’est pas la mienne. À partir de 1971 François Mitterrand est la figure tutélaire du socialisme, dans toute ses contradictions : référence encombrante quand il tourne le dos à la logique fondatrice du socialisme d’Épinay, mais recours nécessaire à celui qui, parce qu’il porta à deux reprises les couleurs de toute la gauche, conserva les faveurs d’une partie du peuple très au-delà des rangs de son parti. Il est vrai que l’homme, jusqu’à ce qu’il accède au pouvoir, ne manqua pas de vision stratégique. Dans les années 70, sa force a même tenu à cela : il signe le programme commun et ne le reniera jamais officiellement ; en même temps il occupe les failles d’un communisme qui ne parvient pas à se dégager des enfermements du « socialisme réel » et il développe inlassablement un discours socialiste original, où la référence au réalisme l’emporte de plus en plus, dès le milieu de la décennie, sur le thème de la rupture anticapitaliste. Tout cela contribua un moment à son aura et à celle du socialisme français, d’autant plus que le communisme était en crise et que la droite peinait à trouver les voies de l’après De Gaulle. Mitterrand l’emporta en 1981, parce qu’il restait quelque chose de la vague unitaire et parce que la gauche gagna par défaut.

Je salue la mémoire de François Mitterrand. Que me reste-t-il à souhaiter ? Que le peuple de gauche ne trouve plus jamais sa force que dans la vigueur de ses projets et de ses cultures politiques : qu’il n’ait plus jamais besoin d’un roi.

Mais ce qui lui a permis de conquérir le pouvoir s’est retourné contre lui quand il s’est agi de l’occuper. Pendant quelques mois, le nouveau pouvoir socialiste joua la dynamique des promesses tenues. Mais par absence de rigueur réformatrice et parce que le mouvement social resta muet, la gestion socialiste ne pouvait que reculer devant l’ampleur de la crise et la pesanteur des dynamiques néolibérales. Les quatorze années de présidence ne furent donc, pour l’essentiel, que le souvenir douloureux des espérances perdues et la difficulté à enfanter le renouveau de la gauche. Engoncé dans les choix de l’austérité et du monétarisme à tous crins, François Mitterrand ne pouvait impulser la quête d’une relance vraie ; mais par son habileté et son prestige maintenu, il pouvait laisser supposer que des refondations de la gauche n’étaient pas encore nécessaires. En cela, il porte une responsabilité écrasante dans les impasses des années quatre-vingt.

Je n’ai jamais aimé François Mitterrand. Cet homme n’était pas de ma culture politique ; je ne partageais pas son éthique, ni sa conception de la politique. Mais j’ai reconnu l’acuité de son intuition, même si elle n’était pas infaillible. J’ai surtout respecté son orgueil de la chose publique et son sens extrême de l’intellectualité en politique. Il savait certes organiser ou faire organiser l’adulation dont il fit parfois l’objet ; il n’y avait pourtant pas que du factice dans un tel engouement. L’histoire dira quelle est sa stature, plus complexe à mesurer que celle d’un de Gaulle, d’un Blum ou d’un Mendès France. Mais on parlera encore des années Mitterrand et, quel que soit le jugement porté, nul ne pourra oublier qu’il a porté sur son nom un espoir. Je salue donc la mémoire de François Mitterrand. Que me reste-t-il à souhaiter ? Que le peuple de gauche ne trouve plus jamais sa force que dans la vigueur de ses projets et de ses cultures politiques : qu’il n’ait plus jamais besoin d’un roi.

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09.01.2026 à 11:03

Face à Trump, Macron a choisi le virilisme (et a perdu)

la Rédaction

La newsletter du 9 janvier 📨
Texte intégral (1931 mots)

La newsletter du 9 janvier 📨

par Loïc Le Clerc

On se souvient des longues poignées de mains viriles entre Trump et Macron. Depuis 2017, le président français joue la carte du macho man avec son homologue américain. Et à ce jeu, l’aigle a battu le coq.

Emmanuel Macron, humilié par Donald Trump en conférence de presse. La scène se déroule ce mercredi et en dit beaucoup sur l’évolution des relations entre les deux dirigeants. Qu’on s’entende bien : Emmanuel Macron est pour partie responsable de cette situation. Dès son premier mandat, Donald Trump s’amusait à défier ses homologues lors de poignées de mains appuyées. C’était une démonstration de force. Le président français, lui aussi, venait de prendre ses fonctions de chef d’État et il s’était prêté au jeu des « poignées de main viriles » – telle était l’expression consacrée en 2017 – pour lui « montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques ». On le voyait assis aux côtés du président américain, les jambes bien écartées. Il montrait que la France, aussi, avait une grosse paire de c*******. Super !

Emmanuel Macron s’est aventuré sur le terrain préféré de Donald Trump et, aujourd’hui, ça lui échappe. Car Trump-second-mandat est passé dans une nouvelle dimension. Il n’a plus d’égal. Il peut kidnapper un dirigeant étranger et prendre le contrôle de son pays. Il peut réguler les eaux internationales et détourner des navires étrangers. Il peut menacer d’ingérence ou d’invasion le Panama, la Colombie, le Mexique, Cuba, le Canada, le Groenland… Humilier le président français publiquement, trop facile, quand bien même Emmanuel Macron est fait du même bois masculiniste que Donald Trump.

Les journalistes Nicolas Domenach et Maurice Szafran documentent dans Néron à l’Élysée ce virilisme ordinaire qui règne à l’Élysée. Dans ce monde, quand l’alpha gagne la manche, les autres se prosternent. Emmanuel Macron n’a pas réagi à la dernière humiliation trumpienne, quand le président américain se moque de lui en l’imitant et en divulguant ses lâchetés politiques: « Tu ne diras pas que je suis d’accord avec l’augmentation de 200% des prix des médicaments ». Voilà un moment qu’Emmanuel Macron a abandonné la bataille. En témoignent ses premiers mots, après l’enlèvement de Nicolas Maduro : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature et ne peut que s’en réjouir ».

À croire que face à Donald Trump, Emmanuel Macron n’a qu’une alternative : le combat de coqs ou la queue entre les jambes. C’est vrai, cela n’a rien d’évident de trouver le ton et les mots face à la violence et à la méchanceté du locataire de la Maison-Blanche. Mais en réalité, la couardise de l’Union européenne n’est pas un modèle unique. Certains dirigeants refusent et résistent à l’impérialisme. Que disent-ils que notre Emmanuel Macron local n’ose énoncer ?

La palme revient au communiqué conjoint de l’Espagnol Pedro Sanchez, de Lula (Brésil), de Gabriel Boric (Chili), de Gustavo Petro (Colombie), de Claudia Sheinbaum (Mexique) et Yamandú Orsi (Uruguay) – on vous en avez parlé ici. Mais il y a plusieurs autres méthodes. On peut commencer par dire publiquement les faits : « Trump est le pire président que j’ai jamais rencontré. Il incarne parfaitement comment l’ignorance et la grossièreté peuvent exister dans la même personne », dixit le président du Liberia Joseph Boakai. On peut rester debout comme la Mexicaine Claudia Sheinbaum : « L’Amérique n’appartient ni à une doctrine ni à une puissance. Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le composent. » On peut rappeler le droit, comme la Chine qui évoque « des actes unilatéraux d’hégémonie qui sapent sérieusement l’ordre international ». On peut poser des lignes rouges, comme la première ministre danoise Mette Frederiksen : « Si les États-Unis choisissent d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, alors tout s’arrête. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale » ; « Que personne n’ait de doute : quoi qu’il arrive, nous resterons fermes sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. » On peut même hausser le ton, comme le Colombien Gustavo Petro, menacé lui aussi d’enlèvement par Donald Trump : « J’avais juré de ne plus toucher à une arme depuis l’accord de paix de 1989 mais pour la patrie je reprendrai les armes. » Il précise que l’accuser d’être un narcotrafiquant n’a aucun sens et qu’il n’a « qu’une maison familiale qu[‘il] rembourse toujours avec [son] salaire ». Rebuffade qui calme provisoirement l’homme de Mar-a-Lago.

Tout ça pour dire qu’il y a un panel d’options pour répondre au président américain : le virilisme ou la lâcheté, souvent synonymes, ne sont pas les seules issues.

Sinon, il reste la méthode suisse : un lingot d’or d’un kilo et une horloge de bureau en or en cadeau pour faire baisser les droits de douane. Ou celle du Qatar des qui offre un Boeing aménagé pour l’usage privé de Trump. Ou celle du secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui surnomme Donald Trump « daddy » (« papa »). Emmanuel Macron peut encore s’avilir un peu plus.

Loïc Le Clerc

🔴 VICTOIRE DU JOUR

Les agriculteurs arrachent l’opposition de la France au Mercosur

Au pied de la tour Eiffel et devant l’Assemblée nationale, les agriculteurs n’expriment plus seulement leur colère mais un véritable appel à l’aide. Née de la gestion brutale de la dermatose nodulaire et de l’abattage systématique des troupeaux, la mobilisation actuelle s’est élargie à la menace que fait peser l’accord de libre-échange avec le Mercosur sur un secteur déjà exsangue. En arrachant à Emmanuel Macron l’engagement que la France votera contre le Mercosur, ce mouvement social obtient une victoire politique nette… chose devenue rare. Mais cette concession ne règle rien sur le fond : revenus indignes, endettement massif, détresse sociale et suicides demeurent. Pour le monde agricole, le problème n’est pas un vote, mais un système à bout de souffle. À la gauche de se poser comme débouché à cette colère, sinon ce sera le pire.

Clotilde Cholvy

ON VOUS RECOMMANDE…

Après une « semaine vertigineuse », le philosophe Frédéric Worms pose la question qui nous colle à la peau en 2026 : non plus une urgence, mais une guerre des urgences (climat, guerre, santé, précarités – qui se disputent nos priorités jusqu’à produire un vertige et une impuissance politique). Dans Le Grand Continent, il refuse la sidération et plaide pour une boussole : remettre la justice au centre, assumer des arbitrages explicites et les fonder sur la science. Autrement dit : sortir de l’addition anxiogène des catastrophes pour retrouver le désir collectif d’agir. On n’est pas forcément toujours d’accord mais la tentative est estimable.

C’EST CADEAU 🎁🎁🎁

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08.01.2026 à 14:21

PODCAST. Gen Z 2025 : Balkans et au-delà

Melaine Fanouillère

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la saison 6 du podcast L’Actu des Oublié.e.s, notre rendez-vous en terre de luttes.
Texte intégral (927 mots)

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la saison 6 du podcast L’Actu des Oublié.e.s, notre rendez-vous en terre de luttes.

Les oublié.es. Les invisibles, les précaires pris.es dans l’œil du cyclone capitaliste. Les peuples dont l’existence est menacée, celles et ceux qui lèvent le poing dans l’ombre, oublié.es des caméras et des micros. Leur résistance quotidienne, leur soulèvement spontané, leurs expériences sociales soufflent un espoir déterminé, sèment les graines des pratiques futures, s’érigent avec courage en rempart contre l’obscurantisme. Quand un peuple ou une portion du peuple retrouve sa liberté de parole, conquiert des espaces où se réunir et expérimente l’auto-organisation, la transformation sociale commence.

L’instant révolutionnaire où l’expérience sociale font dire à des millions de personnes « Nous ne reviendrons pas à la normalité ». Voilà ce que raconte l’Actu des Oublié.e.s, pour tendre et finalement soulever un espoir internationaliste face à la violence néo-libérale pour prendre soin de nous, des terres et de la diversité du vivant.

Épisode 5 •  Gen Z 2025 : Balkans et au-delà

Ce mois-ci, cap sur l’Europe de l’Est où une vague de protestations anti-corruption déferle sur des pays à la géopolitique complexe. Coincés entre la Russie de Poutine et une Union européenne gourmande, évitant les multiples tentatives de récupération politique, les populations affirment leur ras-le-bol de la corruption depuis des années. En décembre 2025, alors que les soulèvements serbe et géorgien se poursuivent, c’est l’Albanie, la Roumanie et la Bulgarie qui ont vu la Génération Z occuper les rues et exiger une vaste transition politique.


Épisode 4 •  Brésil : la COP30 est une mascarade

Ce mois-ci nous nous intéressons à la COP30 qui s’est déroulée à Belem au Brésil ; non pas aux négociations éternellement infructueuses qui se tiennent au milieu des lobbyistes, mais aux personnes, à l’extérieur, qui se sont réunies pour réclamer un autre mode de gouvernance pour trouver des solutions au réchauffement.


Épisode 3 • Gen Z 2025 : Mada, Maroc, Pérou

Cette semaine, nous retrouvons le drapeau pirate au chapeau de paille, symbole des révoltes qui se sont répandues de l’Indonésie à l’Équateur ces dernières semaines. Après le Népal, nous nous intéressons à Madagascar, au Maroc et au Pérou dans ce troisième épisode de la saison VI.


Épisode 2 • Gen Z 2025 : de l’Indonésie au Népal

Népal, Philippines, Madagascar, Maroc, Pérou : les révoltes de la « Gen Z » se multiplient à travers le monde, avec pour banderole le drapeau pirate au chapeau de paille du manga One Piece. Et c’est en Indonésie que ce mouvement mondial a pris racine, lorsque la jeunesse s’est soulevée contre un régime corrompu et violent. Retour sur cette boule de neige continentale pour le deuxième épisode de L’Actu des Oublié.e.s.


Épisode 1 • USA : l’âge de glace s’achève

Pour résister aux raids de l’ICE – la police de l’immigration aux États-Unis –, la ville de Los Angeles s’est embrasée en juin dernier. Dix jours d’insurrection pour opposer à Donald Trump la solidarité avec les personnes privées de papiers. Or cette résistance ne se limite ni aux premiers jours de juin ni aux quartiers populaires de la capitale californienne. Face au suprémacisme blanc qui a pris les commandes de l’État, les communautés se sont préparées de longue date. C’est une vague née avant même l’arrivée au pouvoir qui se déploie dans l’ensemble des États-Unis.


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