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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

29.09.2026 à 14:10

Action nationale pour le financement des universités

Conseil fédéré des associations mcgilloises de professeur·es et bibliothécaires (COFAM), Table des partenaires universitaires

Montréal, le 22 septembre 2026 — À midi aujourd'hui, les six associations formant le Conseil fédéré des associations mcgilloises de professeur·es et bibliothécaires (COFAM) se mobiliseront pour participer à une action nationale menée dans seize établissements aux quatre coins du Québec. Les membres des communautés universitaires se rassemblent pour déployer une même bannière : « L'université, un bien commun : investir dans nos universités, c'est investir dans tout le Québec ». Sur le campus de l'Université McGill, la bannière sera déployée sur la façade est du Redpath Library Building, en face de la terrasse Redpath.

Coordonnée par la Table des partenaires universitaires (TPU), cette mobilisation portée par les syndicats et les associations étudiantes veut rappeler que l'avenir des universités ne concerne pas uniquement celles et ceux qui y travaillent ou y étudient. Il concerne l'ensemble du Québec.

Professeures et professeurs, chargées et chargés de cours, étudiantes et étudiants, étudiantes et étudiants salariés, responsables de formation pratique, personnel professionnel, professionnelles et professionnels de recherche, personnel de soutien et personnel technique prennent part à l'action. Malgré des réalités de travail et d'études différentes, toutes ces communautés subissent les effets des difficultés financières auxquelles sont confrontées les universités. Il est important de souligner que ces effets dépassent largement les murs des campus.

L'université, un bien commun

Les universités sont une richesse et contribuent significativement au développement de notre société. Elles forment les infirmières et les infirmiers, les enseignantes et les enseignants, les travailleuses et les travailleurs sociaux, ainsi que de nombreux autres professionnelles et professionnels dont le Québec a besoin. Elles produisent des connaissances qui éclairent les décisions publiques et contribuent à l'innovation. Elles offrent aux communautés qu'elles servent des espaces essentiels de débat, de recherche et de pensée libre. Elles permettent à des générations de citoyennes et de citoyens de développer leur esprit critique et de prendre une part active à la vie collective.

Dans plusieurs régions, leur rôle est déterminant. Les universités y contribuent au développement économique et social, forment une main-d'œuvre qualifiée et permettent d'attirer et de retenir la relève.

Assurer la pérennité de nos universités est donc une responsabilité collective. Et c'est essentiellement une question de choix politiques.

Des communautés universitaires sous pression

Depuis plusieurs années, les conditions dans lesquelles la mission universitaire est accomplie se détériorent. Sur les campus, les mêmes problèmes reviennent : surcharge de travail, postes non pourvus, emplois précaires, services réduits, recherche freinée et programmes fragilisés.

Les conséquences de cette situation sont immédiates et tangibles. Lorsqu'une professeure, un professeur, une chargée ou un chargé de cours doit composer avec une surcharge de travail persistante, la qualité de l'enseignement et le temps pouvant être consacré à la recherche en souffrent. Un poste de professionnel ou de soutien qui demeure vacant entraîne une réduction des services destinés aux étudiantes et aux étudiants. Lorsqu'un programme ferme en région, c'est parfois toute une collectivité qui voit s'éloigner l'accès à la formation universitaire. Et des frais de scolarité qui augmentent pour pallier les difficultés financières de nos universités, frappent plus durement les familles les plus défavorisées.

Un financement public, prévisible et récurrent

La TPU le réaffirme : pour garantir que les universités puissent s'acquitter de leur mission et demeurer réellement au service de l'ensemble de la population, leur financement doit relever d'un effort collectif.

Le Québec a fait le choix de bâtir un réseau universitaire largement accessible et financé publiquement. Ce choix a joué un rôle majeur dans son développement social, économique, scientifique et culturel. Il demeure aujourd'hui essentiel de réaffirmer l'engagement de l'État et de rehausser la part du financement public pour maintenir des universités accessibles, dans toutes les régions, sans transférer une part toujours plus importante de son financement aux étudiantes et aux étudiants. Il faut renverser la tendance au désengagement de l'État à l'égard de ces institutions centrales pour notre société. La campagne électorale doit devenir l'occasion d'un débat sur l'avenir du réseau universitaire. La TPU demande donc à l'ensemble des partis politiques de faire connaître publiquement, d'ici le 5 octobre, leurs réponses aux questions suivantes :

• S'engagent-ils à réinvestir de l'argent public pour soutenir la mission des universités ?

• Quelle place accordent-ils aux universités dans leur vision du Québec et quels moyens publics comptent-ils consacrer à leurs missions d'enseignement, de recherche et de service à la collectivité, dans toutes les régions ?

• Comment entendent-ils préserver l'accessibilité aux études universitaires pour l'ensemble de la population ?

• Quels moyens proposent-ils pour assurer des conditions de travail et d'études permettant aux communautés universitaires d'accomplir pleinement leur mission ?

Seize universités, une seule bannière

Les communautés universitaires des établissements suivants participent au déploiement simultané de la bannière : l'Université Bishop's, l'Université Concordia, l'École de technologie supérieure (ÉTS), l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), l'Université Laval, l'Université McGill, l'Université de Montréal, Polytechnique Montréal, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l'Université du Québec à Montréal (UQAM), l'Université du Québec en Outaouais (UQO), l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l'Université de Sherbrooke et l'Université TÉLUQ.

Dans chaque établissement, le rassemblement a été organisé conjointement par des syndicats et des associations étudiantes locales.

À propos du Conseil fédéré des associations mcgilloises de professeur·es et bibliothécaires

Le Conseil fédéré des associations mcgilloises de professeur·es et bibliothécaires (COFAM) réunit six associations facultaires mandatées par leurs membres pour se concerter au sein d'un forum de collaboration unique :

· Association mcgilloise des professeur·es de la Faculté des arts (AMPFA)

· Association mcgilloise des professeur·es d'éducation (AMPE)

· Association mcgilloise des professeur·es de l'école d'Éducation permanente (AMPEEP)

· Association mcgilloise des professeur·es de droit (AMPD)

· Association du personnel académique des bibliothèques de McGill (APABM)

· Association mcgilloise de professeur·es de science (AMPS)

Bien que chaque association conserve son indépendance, le COFAM a pour mission d'amplifier les voix du personnel académique sur les enjeux qui touchent l'ensemble des facultés et de favoriser la solidarité entre le personnel académique de McGill.

À propos de la Table des partenaires universitaires

La Table des partenaires universitaires (TPU) réunit des organisations nationales représentant les différentes communautés universitaires du Québec : professeures et professeurs, chargées et chargés de cours, étudiantes et étudiants, étudiantes et étudiants salariés, responsables de formation pratique, personnel professionnel, personnel de soutien et personnel technique.

Lieu de concertation intersyndicale et interassociative, la TPU intervient conjointement pour défendre la mission publique des universités québécoises et les conditions nécessaires à son accomplissement.


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29.09.2026 à 14:08

Combien de femmes devront encore mourir pour que les violences faites aux femmes deviennent un enjeu incontournable de cette campagne électorale ?

L'R des centres de femmes du Québec

Montréal, le 23 septembre 2026 – Alors que les chef·fes des partis politiques s'apprêtent à débattre de l'avenir du Québec, L'R des centres de femmes du Québec rappelle une réalité qui ne peut plus être ignorée : depuis le début de l'année, 17 femmes ont été victimes de féminicides au Québec. Quelques jours à peine après la grande mobilisation du 19 septembre à Montréal, une autre femme a été retrouvée morte.

Réuni en comité de coordination, L'R des centres de femmes interpelle directement les partis politiques et les médias : combien de femmes devront encore mourir avant que la lutte contre les violences faites aux femmes occupe enfin la place qu'elle mérite dans le débat public ?

Les violences faites aux femmes ne peuvent être dissociées de leurs conditions de vie

Chaque jour, les centres de femmes accueillent et accompagnent des femmes qui vivent de la violence, de la pauvreté, de l'isolement et de multiples formes d'oppression. Des femmes qui cherchent à quitter un conjoint violent, mais qui ne trouvent pas de logement abordable. Des femmes qui doivent choisir entre leur sécurité et leur capacité à nourrir leurs enfants. Des femmes qui se heurtent à des services publics surchargés, à des ressources insuffisantes et à des délais qui compromettent leur sécurité.

« Comment peut-on demander aux femmes de quitter une situation de violence lorsqu'elles n'ont nulle part où aller ? Comment peuvent-elles reprendre du pouvoir sur leur vie lorsqu'elles n'ont pas accès aux ressources et aux services dont elles ont besoin ? La lutte contre les féminicides ne peut pas se limiter à intervenir lorsque la violence a déjà fait ses ravages. Elle exige de s'attaquer aux inégalités qui maintiennent les femmes dans des situations de vulnérabilité et de dépendance », déclare Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice de L'R des centres de femmes du Québec.

La crise du logement, l'appauvrissement des femmes, l'effritement du filet social et le sous-financement des organismes communautaires ne sont pas des enjeux distincts de la lutte contre les violences. Ils peuvent constituer autant d'obstacles à la sécurité et à l'autonomie des femmes.

Aux chef·fes et aux journalistes : posez les questions qui comptent

À l'occasion du débat des chefs, L'R des centres de femmes demande que les violences faites aux femmes soient abordées comme un enjeu de société majeur, et non comme une question secondaire ou un simple fait divers.

Les partis politiques doivent expliquer concrètement comment ils entendent prévenir les violences, garantir l'accès à des logements abordables et sécuritaires, renforcer les services publics et assurer un financement suffisant et récurrent aux organismes qui accompagnent les femmes.

Les journalistes ont également un rôle essentiel à jouer. Au-delà des réactions à chaque nouveau drame, ils et elles doivent questionner les engagements des partis, demander des réponses précises et faire entendre les réalités des femmes et des organismes qui les accompagnent.

« Nous ne voulons plus seulement compter les mortes. Nous voulons que les femmes puissent vivre. Libres, autonomes et en sécurité. Et cela exige des choix collectifs qui dépassent largement les seules mesures de sécurité publique. Les violences faites aux femmes sont une question de droits, de justice sociale et d'égalité. Il est temps que cette campagne électorale en tienne compte. » Josée Larouche, membre du comité de coordination de L'R.

L'R des centres de femmes du Québec réitère son appel à des engagements concrets, accompagnés de moyens financiers et d'échéanciers clairs. Les femmes ne peuvent plus attendre.

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29.09.2026 à 14:08

Visibiliser les victimes et la colère : se solidariser au-delà des frontières

Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes (CQMMF)

La Marche mondiale des femmes du Québec s'engage dans la lutte pour dénoncer et combattre le nombre élevé de féminicides

Tiré de l'Infolettre de la Coordination du Québec de la Marche Mondiale des Femmes

08/09/2026 |
Par Coordination du Québec de la Marche Mondiale des Femmes

Au Québec, l'année 2026 est déjà tristement marquée par un nombre record de féminicides. Les féminicides ne sont pas des gestes isolés : ils s'inscrivent dans un continuum de violences et de rapports de pouvoir qui exigent une réponse collective et politique.

Nous parlons de continuum de violence pour englober l'ensemble des formes de violences subies, allant des microagressions quotidiennes aux violences extrêmes tel que l'acte de tuer. L'aborder sous cet angle permet de souligner l'interconnexion entre ces différentes formes et de les inscrire dans un système de discrimination fondé sur le sexe et le genre.

Ainsi, peu importe sa forme, son intensité ou sa provenance, la violence reste de la violence et nous devons la combattre.

Les femmes se mobilisent

Depuis plusieurs mois, une résistance s'organise au Québec. Partout dans la province, des organisations féministes descendent systématiquement dans la rue à la suite d'un drame. Les actions de mobilisation sont autonomes les unes des autres, mais la plupart ont lieu le jeudi suivant un féminicide. Parfois, l'appel provient d'organisations régionales ; d'autres fois, il s'agit d'initiatives locales.


À l'origine de ces appels à l'action

L'initiative qui a inspiré ces mobilisations spontanées est née dans la région de la Ville de Québec. Le concentration des groupes de femmes de la région a commencé à inviter la population à se rassembler sur l'heure du dîner, le jeudi suivant un féminicide. L'idée était de créer une habitude afin de faciliter la mobilisation.

Cette façon de faire a graduellement inspiré d'autres organisations féministes partout dans la province, qui ont adopté une démarche similaire. Le concept est simple : s'installer à un coin de rue ou sur une artère passante aux heures de fort achalandage afin d'être visibles des automobilistes et piéton·nes.

Aujourd'hui, lorsqu'un nouveau meurtre est rapporté dans les médias, des groupes féministes de plusieurs régions lancent rapidement un appel pour une action de visibilité.

Trois féminicides en dix jours

En août, deux féminicides ont été commis en moins de 48 heures, à quelques rues de distance seulement. Des enfants ont été témoins du meurtre de leur mère. Nous avons commencé ce texte et une 17e femme – une femme autochtone – a été tuée. L'impuissance nous a saisies et la nécessité d'action nous a mobilisées. Malgré la période de vacances, plus de 17 actions ont eu lieu dans la même semaine pour dénoncer ce problème social. C'est ce que l'on voit sur les pancartes, on lit des slogans tels que « Pas une de plus » ou « La prochaine est encore en vie », mais surtout les noms des victimes, pour que l'on se souvienne d'elles.

Des chiffres trop élevés

L'année s'annonce déjà meurtrière. À ce jour, le nombre de féminicides varie entre 14 et 17. À titre de comparaison, 16 était le nombre total de féminicides pour l'année dernière et nous sommes seulement en septembre.

Les médias et même les organisations féministes n'utilisent pas toujours les mêmes critères pour définir un féminicide, ce qui explique la variation observée plus haut. Certaines incluent, par exemple, le suicide forcé, le féminicide par omission de soins, le matricide ou encore les meurtres liés à une occupation stigmatisée. Malgré les divergences de définition, un point commun demeure : des femmes sont tuées parce qu'elles sont femmes. Les femmes à la croisée des oppressions sont tristement surreprésentées parmi les victimes : environ les deux tiers d'entre elles sont racisées.

En période électorale, la vie des femmes doit être une priorité nationale

Au moment où nous écrivons ces lignes, la prochaine est encore en vie. Pour éviter qu'un drame survienne à nouveau, des solutions existent. Mais pour qu'elles soient réellement mises de l'avant, la sécurité et la vie des femmes doivent devenir une priorité nationale, particulièrement en cette période électorale qui commence au Québec. Dans l'urgence, l'accès à des services adéquats est essentiel : il faut augmenter le financement des maisons d'aide et d'hébergement et investir dans l'ouverture de nouvelles ressources, alors qu'une demande d'hébergement sur deux est actuellement refusée faute de place.

Chaque organisation membre porte ses propres revendications. Inspirées par les valeurs de la MMF et par le projet de laCharte mondiale des femmes pour l'humanité, nous affirmons qu'une transformation complète de la société et des rapports sociaux est nécessaire. Comme nous l'avons indiqué plus tôt, les féminicides ne doivent plus être considérés comme des actes isolés ou individuels, mais comme un phénomène collectif. Les solutions doivent donc être systémiques.


Renforcer l'autonomie économique des femmes constitue un facteur de protection central. Cela implique des investissements majeurs dans les politiques sociales, la bonification des programmes permettant de répondre aux besoins de base et un engagement massif dans le développement de logements sociaux pour répondre à la crise du logement qui frappe le Québec.

Nous sommes également profondément préoccupées par la régression des mentalités et la montée du masculinisme, qui promeut des discours de domination masculine et contribue à légitimer la violence. Cette dérive doit être prise au sérieux : les valeurs féministes doivent orienter nos institutions et guider les décisions politiques qui façonnent notre société. Le massacre doit cesser.


Il ne s'agit pas de perte de contrôle

Nous en avons assez que des hommes tuent des femmes par excès de contrôle, et non par perte de contrôle. Les médias parlent souvent de « crime passionnel » ou de « drame conjugal », alimentant ainsi le mythe selon lequel ces actes seraient commis dans un moment de débordement émotionnel. Or, les organisations spécialisées en violence conjugale sont claires : la violence conjugale repose sur des rapports de pouvoir et des stratégies de coercition. Il s'agit d'une prise de contrôle sur les femmes.

Dans les cas extrêmes de féminicide, il est essentiel de comprendre que l'acte est commis dans une volonté de domination. C'est pourquoi nous affirmons qu'il ne s'agit pas d'une perte de contrôle, mais d'un excès de contrôle.

Un problème international sans frontière

Malheureusement, la situation ne se limite pas au Québec. Celles qui nous lisent savent que les féminicides constituent un problème dans leur propre pays. La violence sexiste et le patriarcat n'ont pas de frontières : les féminicides sont un enjeu international.

C'est pour cette raison que nous portons nos luttes à travers des réseaux internationaux. Chaque meurtre commis contre une femme est une violence commise contre toutes les femmes – ici comme ailleurs. Face à un problème mondial, la solution doit être mondiale. Elle se trouve dans notre sororité, dans notre solidarité. Notre lutte est féministe. Notre lutte est internationaliste.

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