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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

29.09.2026 à 14:07

Manifestation pour la justice sociale et climatique à Québec

PTAG !

Le 25 septembre dernier, la Coalition régionale justice climatique et sociale a organisé une manifestation dans les rues de Québec Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel pour dénoncer la dégradation des conditions de vie de la majorité populaire, l'affaiblissement des droits démocratiques et pour souligner l'importance d'agir face à la crise climatique. La manifestation réunissait des groupes communautaires, syndicaux, étudiants et environnementaux ainsi que des citoyennes et des citoyens.
La Coalition régionale s'alarme de voir la crise climatique pratiquement absente de l'espace public durant cette période électorale alors que la crise est intimement liée aux enjeux qui préoccupent la population. Le logement, l'alimentation, la santé, la mobilité et les conditions de travail sont directement affectés par les bouleversements climatiques et les mesures nécessaires pour faire face à ces enjeux se laissent toujours attendre.

Presse-toi à gauche ! publie les vidéos de 3 interventions faites au départ de la manifestation.

1. Présentation de la manifestation pour la justice sociale et climatique

Deux organisatrices de la manifestation expliquent l'importance de se mobiliser pour la justice sociale et climatique et dénoncer l'inaction des gouvernements.

2. Indignation et riposte populaire

Linh Nguyën, militante de la Maison des femmes a dénoncé le « désintérêt total, en pleine campagne électorale, envers les conditions de vie des femmes et les crises sociales et climatiques, amplifiées par l'aveuglement volontaire de ceux qui nous imposent une gestion destructrice de l'environnement et du filet social. »

3. Éclosion : lettre d'amour pour le vivant (Le Coeur)

Une militante étudiante a choisi de lire une lettre d'amour écrite par le groupe le Coeur pour la communauté étudiante et pour les citoyennes et les citoyens pour souligner l'importance de défendre le vivant.

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29.09.2026 à 14:07

NON au gaspillage du TGV Alto, OUI au Corridor Laurentien : 88 milliards $ d'économie minium pour un bien meilleur service

Climat Québec

Montréal, le 22 septembre 2026 – Alors que le gouvernement canadien et sa société d'État Alto s'entêtent à promouvoir un mégaprojet de train à grande vitesse (TGV) aux coûts démesurés, Climat Québec dévoile aujourd'hui sa solution de gros bon sens pour le transport collectif interurbain : le Corridor Laurentien.

En modernisant les 500 kilomètres de voies ferrées existantes entre Montréal et Québec sur les deux rives du Saint-Laurent, Climat Québec propose un réseau rapide, écologique et accessible qui permettra d'économiser au bas mot 88 milliards de dollars par rapport au projet d'Ottawa.

Le TGV Alto : un gaspillage colossal taillé sur mesure pour les lobbys

Climat Québec dénonce sans détour la démesure financière entourant le TGV Québec–Ottawa-Toronto d'Alto. Estimé officiellement à 90 milliards de dollars, ce mégaprojet pourrait en réalité dépasser les 200 milliards de dollars avec les dépassements de coûts inévitables selon plusieurs experts.

Ce projet démesuré n'a pas été pensé pour répondre aux besoins réels de déplacement des Québécois, mais bien comme un buffet à volonté pour les lobbys d'équipementiers, de constructeur ou de firmes de consultants qui salivent devant autant d'argent en contrats publics. Engouffrer une centaine de milliards de $, voire plus, pour faire rouler un TGV entre Québec, Ottawa et Toronto pour un marché assez restreint est un non-sens absolu. De plus, qui aura les moyens de se payer ces billets ? Ce train d'élites, financé avec l'argent des contribuables, demeurera inaccessible pour la vaste majorité des familles, des travailleurs et des étudiants.

Le Corridor Laurentien : la force de l'existant et zéro expropriation agricole

Le véritable besoin au Québec se situe sur l'axe Montréal–Québec et dans la desserte de nos régions. Un développement intelligent des transports impose une règle fondamentale : maximiser et moderniser nos infrastructures existantes avant de construire du neuf qui coûte les yeux de la tête.

Avec une facture totale prudemment chiffrée entre 580 M$ et 1.65 G$ – soit des économies minimales de plus de 88 milliards de dollars face aux estimations d'Alto –, le Corridor Laurentien présente des avantages majeurs :

– Protection totale du territoire agricole : Comme le projet réutilise les emprises ferroviaires déjà en place, il n'engendre aucune expropriation de terres agricoles et aucune cicatrice environnementale à travers nos paysages.

– Priorité aux passagers : Tout comme en Europe, la circulation des trains de passagers aura la priorité absolue sur le transport de marchandises afin de garantir une ponctualité et une fréquence exemplaires.

– Rapidité et confort : Des trains atteignant une vitesse de pointe de 180 km/h, permettant de relier Montréal et Québec en moins de 1 h 30 sur les liaisons express.

– Technologie de pointe et propre : Des rames hybrides batterie–diesel assurant une mise en service rapide et une baisse immédiate des GES, ouvrant la voie à une électrification complète.

– Un maillage régional complet : Plus de 5,5 millions de citoyens desservis grâce à deux tracés complémentaires totalisant 37 arrêts (19 arrêts sur la Rive-Nord via Trois-Rivières et 18 arrêts sur la Rive-Sud via Drummondville).

« Le TGV d'Alto n'est pas un projet pour les citoyens : c'est un bar ouvert à plus de 90 milliards pour les multinationales qui salivent devant nos fonds publics. À Climat Québec, nous refusons de gaspiller l'argent du peuple pour enrichir certains actionnaires bien réseautés. Le Corridor Laurentien, c'est le triomphe du bien commun : un réseau pouvant atteindre 180 km/h qui préserve chaque hectare de nos terres agricoles, modernise nos rails existants et offre un train rapide, confortable et abordable pour tout le monde. »
— Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec et ingénieure.

L'étude technique détaillée du projet, réalisée par Anthoni Barbe, consultant en aménagement du territoire, démontre également la création de 1 000 à 4 000 emplois par année en phase de réalisation, jusqu'à 186 M$ d'activité économique annuelle à maturité et jusqu'à 3.3 G$ de retombés économiques indirects.

Prendre le contrôle de nos choix avec la République du Québec

Pour réaliser ces choix pragmatiques, économiques et écologiques, le Québec doit impérativement maîtriser l'ensemble de ses leviers de décision. Les Québécoises et les Québécois en ont assez de se faire imposer des projets centralisateurs et mal adaptés par Ottawa avec leur propre argent. Il est temps que ce gaspillage cesse et que nous décidions nous-mêmes de nos priorités de développement avec la pleine souveraineté de la République du Québec.

À propos de Climat Québec : Climat Québec est un parti politique indépendantiste dédié à la justice climatique qui propose que l'État de la République du Québec prenne toutes ses décisions à travers le prisme du climat dans une perspective d'équité sociale et économique.

climat.quebec

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29.09.2026 à 14:03

Affaire Thélyson Orélien. Ne pas perdre le sud

Paul Kawczak

Que monsieur Thélyson Orélien ait ou non eu recours à l'IA ou au plagiat n'intéresse pas ce texte, ni la qualité littéraire de son roman. Visiblement assez convaincante pour atteindre les sommets des institutions québécoise et française.

On connaît la polémique. Il y a d'abord eu le sentiment, ici et là, d'une non-correspondance stylistique à certaines exigences littéraires au sujet du roman C'était ça ou mourir. Ou pour le dire autrement, on n'a pas toujours apprécié le style, très symétrique, du livre. On a vu critiquer également la figure du bon migrant, qui y était mise en scène. Cela fait partie de la réception d'une œuvre et est tout à fait sain. Puis est venue l'accusation – de l'horizon Figaro-Valeurs actuelles – d'un recours à l'intelligence artificielle pour la rédaction partielle ou intégrale du livre. L'extrême droite et la droite bourgeoise, toutes deux pros patronales et racistes ont développé l'accusation. Une personne noire n'avait pas la patte blanche que tout auteur au pinacle de l'Édifice Littéraire doit montrer. Dans un dernier temps, l'accusation suprême a tonné dans le ciel des arts : celle de plagiat pour des textes plus courts, dont une nouvelle, publiés entre 2012 et 2014 dans des médias québécois et français.

Mauvais goût, puis malhonnêteté. Le racisme hégémonique est doublement gagnant. D'une part, peu gêné d'envoyer valser le proverbial bébé avec l'eau du bain, il s'octroie le droit de discréditer intégralement un succès littéraire qui met la lumière sur les violences systémiques exercées par le Nord sur le Sud. Au diable le contenu du livre et les questions absolument urgentes qu'il soulève – tant au sujet du problème que de ses représentations artistiques. Celles-ci ont été remplacées par une question de littérature. L'impérialisme, le racisme et la colonialité structurels de la modernité ont été écartés des débats, une fois de plus.

D'autre part, la droite s'assure ici que la parole des écrivain·es du sud portera à l'avenir le soupçon de plagiat ou de malhonnêteté dès qu'elle ne correspondra pas aux attentes du monde littéraire blanc. Car il faut dire que le soupçon ne pèse pas également sur tou·te·s les auteurices. La littérature de référence, dans le monde dominant, qu'elle soit étalon de l'humain ou de l'IA, est la littérature occidentale. Il faudra écrire comme elle, sinon gare aux soupçons ! Et l'on sait que la droite ne s'embarrasse pas de preuves s'il lui faut discréditer un ou une adversaire de sa domination.
Mais mieux encore, les maisons d'édition deviendront malgré elles des unités de la défense frontalière de l'honnêteté littéraire. Les garantes d'une vraie littérature, originale et inspirée, tombée du ciel directement de la besace de la muse. Et l'on a entendu, à droite comme à gauche, des voix littéraires s'élever contre l'IA, promettant qu'on ne les y prendrait jamais à pactiser avec ce diable. Les institutions blanches pouvaient dormir tranquilles, on ne remettrait pas en cause l'héritage de deux-cents de Romantisme. C'est bien le rôle du Nord et de ses traditions culturelles et intellectuelles, aurait-on pu croire, à voir la levée de boucliers d'une certaine partie du monde littéraire, de définir l'Humain et la Littérature.

D'ailleurs on pourrait même utiliser l'IA pour vérifier la bonne conformité à l'humanité et à la littérature. Des logiciels payants comme Pangram – certainement bien plus perfectionnés, dans un futur proche, pour faire face à une IA bien plus habile elle aussi – nous diront qui est grain et qui est ivraie. L'IA nourrie à la spéculation financière kamikaze et aux minerais congolais – avec en prime destruction de mondes, asservissement sexuel des femmes et mort de millions de personnes enfants compris – sera la solution pour nous protéger des faussaires et autres usurpateurs attentatoires à l'Idéal de la culture blanche. L'IA blanche gonflée au minerai noir sang est si vertueuse qu'elle nous protège d'elle-même. On remarquera que le discours est le même pour l'écologie : L'IA destructrice trouvera le moyen de nous préserver d'elle-même, mais pour cela elle a besoin de détruire.

La vertu blanche nous dit donc où commence l'art et où commence l'humain. L'IA ce n'est pas humain, la littérature s'arrête là. Un crayon, c'est une extension acceptable, un ordinateur aussi. Et l'art par IA ? a-t-on envie de demander. Et l'écriture conceptuelle ? On a bien célébré un Kenneth Goldsmith, Pape de l'écriture sans écriture, à la Maison-Blanche – par la suite Goldsmith a été accusé d'avoir reproduit l'ordre raciste américain dans l'une de ses œuvres. Le paradigme contemporain en art n'a-t-il pas dépassé depuis longtemps la question du travail et de l'originalité ? Quid de Duchamp, qui prônait la paresse, que célèbrent les grandes institutions artistiques ? – c'est compliqué nous dira-t-on. Entendre : valable si et seulement si cela n'est pas le support de discours décoloniaux et/ou anticapitalistes.

Avec l'affaire Orélien, c'est Noël avant l'heure pour la droite, il reste encore des cadeaux ! Car à force de taper sur les doigts du faussaire, on pourra également défendre l'auteurice qui travaille dure pour gagner ses trois francs six sous – comme le fait Samuel Fitoussi–, et tient à son statut d'auteurice afin de s'arrimer au marché néolibéral et à sa compétition. C'est une logique comparable à celle qui oppose, en France notamment, les braves travailleureuses et les descendants de l'immigration nord-africaine à l'oisiveté douteuse profitant d'une soi-disant abondance d'aides sociales. D'un côté le travail et l'humble honnêteté, de l'autre le doute, la suspicion, la dévaluation.

Bref, comme le souligne très justement Fatima Ouassak, l'utilisation de l'IA par un Québéco-Haïtien pour écrire sur le sort des migrant·es condamné·es à mort sinon à la déshumanisation c'est mal, bien pires que l'IA pour génocider Gaza ou bombarder l'Iran. Oui, mais Orélien aurait menti ! Bien moins que Nicolas Sarkozy et Marine Lepen, qui avaient un devoir d'exemplarité en tant que représentant·es du peuple, dont la justice a enregistré la culpabilité et de façon bien moins grave. Les institutions françaises semblent s'être plutôt bien accommodé de ces mensonges... Pourquoi ce supposé mensonge prend-il tellement d'importance, si ce n'est qu'il touche à un nœud de l'Identité Blanche : sa conception de la Littérature, toute droite héritée d'un romantisme colonial garant d'une conception libérale économique de la propriété intellectuelle. Pourquoi a-t-il fallu soupçonner un Québéco-Haïtien de malhonnêteté littéraire pour soudainement avoir un débat au sujet d'une intelligence artificielle dont on sait depuis des mois sinon des années qu'elle est une technologie potentiellement terrifiante ?

Et bien tout simplement parce que la Littérature occidentale et ses conceptions d'elle-même enregistrent et reconduisent l'ordre du pouvoir Blanc. Cela fait donc réagir qu'un Québéco-Haïtien ait pu y porter atteinte, bien plus que le recours à l'IA pour bombarder des populations musulmanes.
À tout cela il faut répondre une chose. La contradiction première ici, n'est pas entre une quelconque conception de l'humanité et l'IA – une contradiction secondaire –, mais entre la masse des peuples et les pouvoirs capitalistes impérialistes. Un revenu assuré pour toutes et tous éloignerait par exemple le besoin de droits d'auteur. Sans droit d'auteur, le plagiat n'aurait plus la même saveur, deviendrait beaucoup plus inoffensif, pourrait même être vu comme un hommage. C'est le marché compétitif qui crée ici l'offense, pas le geste en lui-même.

Ainsi la quête des artistes doit être celle de tous et toutes les travailleureuses : celle du temps libre et de son libre emploi. Celle du devenir. Tout le monde est artiste s'iel a le temps. L'art ne tombe pas du ciel, mais monte des pratiques humaines, de la créativité infinie du fait humain. Il n'est pas ruisselant, mais germinatif. Voilà l'horizon à tenir au sein des contradictions présentes. Ceci est demain, et sa lumière doit guider la pensée et l'action d'aujourd'hui.

La situation est complexe. L'encadrement démocratique de cette boîte de Pandore qu'est l'IA afin qu'une autre boîte au contenu bien pire encore ne s'ouvre prendra assurément du temps, des débats et des luttes. L'édition littéraire occidentale, notamment, va à la rencontre de défis légaux, éthiques et politiques de taille. Sans horizon d'affranchissement de l'ordre impérialiste et sans théorie décoloniale matérialiste, ceux-ci me paraissent insurmontables. Ce n'est pas le Nord qu'il ne faut pas perdre ici, c'est le Sud.

Balzac a siphonné le café produit par les esclaves de Saint-Domingue pour écrire La Comédie humaine, l'idée d'un·e écrivain·e haïtien·ne pirate, faussaire, furtif·ve me paraît beaucoup moins tragique. Qu'il s'agisse de monsieur Orélien ou d'un·e autre.

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