21.07.2026 à 21:40
(Washington) – Les États-Unis et l’Équateur renforcent leur coopération en matière de sécurité dans un contexte marqué par de graves violations des droits humains commises par les forces équatoriennes, des attaques inexpliquées de drones contre des bateaux de pêche et la disparition de plusieurs pêcheurs, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le Congrès américain devrait examiner d’urgence ces incidents, ainsi que les relations générales entre l’Équateur et les États-Unis en matière de sécurité.
21 juillet 2026 A Dangerous PartnershipCe rapport de 94 pages, intitulé « A Dangerous Partnership: Abuses, Unanswered Questions, and US-Ecuador Security Cooperation » (« Un partenariat dangereux : abus, questions sans réponse et coopération en matière de sécurité entre les États-Unis et l’Équateur »), documente de graves violations des droits humains commises dans une communauté rurale à la frontière entre la Colombie et l’Équateur, ainsi que des attaques contre des pêcheurs et la disparition de ces derniers en mer, près des îles Galápagos. Chaque incident met clairement en cause le partenariat de sécurité entre les États-Unis et l’Équateur ou soulève des questions quant à la responsabilité. Les forces équatoriennes ont torturé et détenu arbitrairement quatre ouvriers agricoles, puis ont incendié et attaqué une exploitation laitière, au cours de ce que les États-Unis ont qualifié d’« opération conjointe ». De plus, des drones d’origine inconnue ont attaqué deux bateaux de pêche, blessant plusieurs membres d’équipage. Un troisième bateau est toujours porté disparu.
« La coopération entre les États-Unis et l’Équateur en matière de sécurité a été trop opaque et trop dangereuse pour les Équatoriens », a déclaré Juanita Goebertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Avant que d’autres dommages ne soient causés, le Congrès américain devrait exiger des réponses concrètes et des garanties efficaces. »
Ces derniers mois, les États-Unis et l’Équateur ont chacun pris des mesures visant à affaiblir les garanties en matière de droits humains relatives à l’usage de la force contre le crime organisé et se sont rendus coupables d’actes illégaux, notamment de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires ; les deux pays ont cherché à justifier ces actions en présentant de manière erronée leurs efforts de lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé comme une sorte de conflit armé.
Entre mars et juin 2026, les chercheurs ont mené des entretiens avec 62 personnes, parmi lesquelles des victimes d’exactions commises lors d’une attaque contre un village rural et des pêcheurs dont les bateaux ont été pris pour cible, ainsi que des avocats, des témoins, des membres des communautés touchées et d’autres personnes. Les chercheurs ont examiné et analysé plus de 100 photographies et vidéos fournies par des avocats et des personnes interrogées ou publiées en ligne sur les réseaux sociaux, ainsi que des images satellite, des données de suivi des navires, des données de détection d’incendies, des dossiers médicaux et des documents judiciaires.
Human Rights Watch a demandé aux gouvernements équatorien et américain des informations sur ces incidents, mais n’a reçu aucune réponse.
Depuis l’entrée en fonction du président Donald Trump et la réélection du président équatorien Daniel Noboa en 2025, la coopération en matière de sécurité entre les deux gouvernements s’est renforcée, avec pour objectifs déclarés de lutter à la fois contre la recrudescence de la violence en Équateur et contre le crime organisé dans toute la région. Les États-Unis sont devenus un partenaire clé de la réponse sécuritaire de l’Équateur, fournissant du matériel, des formations, des renseignements et un soutien militaire direct.
Entre le 1er et le 6 mars, les forces armées équatoriennes ont mené une série d’opérations conjointes avec les États-Unis dans la communauté de San Martín, une localité rurale située à la frontière entre la Colombie et l’Équateur. Des soldats équatoriens ont incendié trois propriétés, ont ensuite bombardé deux d’entre elles à l’aide de munitions larguées par voie aérienne, et ont arbitrairement détenu et torturé quatre ouvriers d’une exploitation laitière.
« Ils m’ont torturé à l’électricité, avec un Taser », a déclaré l’un des hommes à Human Rights Watch. « Ils m’ont aspergé d’eau puis m’ont électrocuté, et je me suis évanoui. J’ai perdu connaissance au moins deux fois. »
Les autorités équatoriennes et américaines ont toutes deux déclaré qu’il s’agissait d’une opération menée en partenariat. Les autorités équatoriennes ont indiqué que l’opération visait les installations des « Comandos de la Frontera » (Commandos de la frontière), un groupe armé qui opère depuis des années des deux côtés de la frontière, et que les quatre hommes avaient été placés en détention « à des fins d’enquête » en raison de liens présumés avec ce groupe. Le chef du Commandement Sud des États-Unis, le général Francis L. Donovan, a salué cette opération, déclarant devant la commission des forces armées du Sénat américain qu’elle avait été « menée avec professionnalisme ».
Human Rights Watch n’a toutefois trouvé aucune preuve crédible indiquant que les trois propriétés détruites avaient un quelconque lien avec des groupes armés criminels. D’après l’examen de photographies, de vidéos, d’images satellite, de registres fonciers et de reçus commerciaux, ainsi que d’entretiens avec les propriétaires des lieux, des riverains et d’autres personnes, l’une des propriétés incendiées puis frappée semblait être une exploitation laitière, tandis que les deux autres semblaient être abandonnées depuis des années. Les hommes placés en détention n’avaient pas de casier judiciaire, et le parquet n’a pas engagé de poursuites, les soldats n’ayant fourni aucune preuve à leur encontre.
Entre janvier et mars, les navires de pêche La Negra Francisca Duarte II et le Don Maca ont été attaqués dans le Pacifique oriental. Un troisième navire, le Fiorella, a disparu le 20 janvier avec huit membres d’équipage à son bord.
Les 17 et 26 mars, des membres d’équipage de La Negra Francisca Duarte II et du Don Maca, respectivement, ont déclaré avoir été attaqués par des drones armés. Les survivants ont déclaré que des ressortissants américains armés, vêtus d’uniformes de style militaire arborant des insignes du drapeau américain, les avaient placés en détention à bord d’un navire bleu et blanc situé à proximité, avant de les remettre aux garde-côtes salvadoriens. Les autorités salvadoriennes les ont ensuite autorisés à retourner en Équateur. Au moins quatre membres d’équipage ont été grièvement blessés lors des frappes de drones.
Les membres d’équipage du Don Maca ont déclaré qu’après l’attaque de leur navire, un bateau battant pavillon américain s’était approché d’eux. « Vous êtes combien ? Combien de morts ? Combien de blessés ? », leur a demandé un homme, selon leurs dires. Les survivants ont indiqué avoir embarqué à bord de ce navire tandis que des agents parlant anglais pointaient des « armes longues » dans leur direction.
Le ministère américain de la Défense et la Garde côtière ont nié toute responsabilité dans les attaques contre les bateaux La Negra Francisca Duarte II et Don Maca, ainsi que dans la disparition du bateau Fiorella. Cependant, les recherches menées par Human Rights Watch, notamment des entretiens avec 13 survivants, indiquent que les autorités américaines ont très probablement été impliquées d’une manière ou d’une autre dans ces attaques, ou en avaient connaissance. D’autres éléments de preuve examinés concordaient largement avec les témoignages des membres d’équipage.
Malgré d’importants efforts de vérification et de multiples demandes de renseignements adressées aux autorités équatoriennes et américaines, de nombreuses questions concernant ces incidents restent sans réponse, notamment le sort réservé à l’équipage du Fiorella.
Le Congrès américain devrait exiger de l’administration Trump des réponses claires aux nombreuses questions entourant sa coopération en matière de sécurité avec l’Équateur. Il devrait également examiner s’il existe des garanties appropriées, compte tenu du nombre croissant de violations des droits humains sous l’administration Noboa. Le gouvernement équatorien devrait par ailleurs réévaluer sa conclusion selon laquelle il existe un « conflit armé » dans le pays et concentrer ses efforts sur le renforcement des capacités du secteur judiciaire pour lutter contre le crime organisé.
« Les opérations de sécurité conjointes contre le crime organisé ne devraient pas servir de prétexte à des abus », a conclu Juanita Goebertus.
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Articles
LaPresse.ca
20.07.2026 à 06:00
« Dans le rap, je ferai un coup d'État
Avec mes potes pleins de rancune, forcément, leur vie n’est que tempête…
Allez-y, emmenez-moi — bandez-moi les yeux,
rouvrez Tazmamart, et jetez-moi dedans. »
Dans ces paroles mordantes, la star marocaine du rap Mehdi Lyoubi, 34 ans, connu sous le nom d’artiste Mehdi Black Wind, évoquait le bagne infamant de Tazmamart où furent incarcérés dans des conditions atroces, du milieu des années 1970 jusqu'au début des années 1990, des accusés de complot contre la monarchie.
Click to expand Image Mehdi El Youbi. © Mehdi El Youbi/FacebookQuand, le 15 juillet, un juge marocain a ordonné la détention de Lyoubi, ce n'est pas à Tazmamart qu'il l'a envoyé mais à la prison d'Oukacha, à Casablanca – dans l’attente, d’après son avocate, de son procès pour outrage au roi ou au prince héritier, une infraction passible d’un maximum de quatre ans de prison.
L'arrestation de Lyoubi était intervenue peu après celle du célèbre journaliste marocain Ali Lmrabet, le 12 juillet, à l'aéroport de Tanger. Détenu en garde à vue pendant trois jours avant d'être libéré à la suite d’un tollé international, Lmrabet a déclaré avoir été interrogé au sujet de critiques formulées, dans le podcast qu’il anime, contre de très hauts responsables marocains.
Lyoubi a été intercepté à l'aéroport de Rabat le 10 juillet, alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour Marseille, en France, où il réside. L'informant qu'il était interdit de quitter le territoire, la police lui avait ordonné, selon son épouse, de se présenter au commissariat de Salé, sa ville natale. Le lendemain, audit commissariat, il a reçu une convocation de la Brigade Nationale de la Police Judiciaire (BNPJ), une unité qui traite d’affaires de terrorisme et, parfois, de cas de journalistes critiques envers le pouvoir.
Lundi 13 juillet, au siège de la BNPJ à Casablanca, Lyoubi a été placé en garde à vue pendant deux jours, avant de comparaître le mercredi suivant auprès d’un procureur, puis d’être immédiatement déféré devant un tribunal. Un juge a alors ordonné sa détention provisoire dans l'attente de son procès, dont la prochaine audience est prévue le 22 juillet.
Lyoubi s'est fait connaître dans le sillage des soulèvements du « Printemps Arabe », en 2011. En 2025, il a exprimé son soutien aux jeunes marocains de la GenZ, qui dénonçaient les dépenses gouvernementales faramineuses dans les infrastructures sportives, les comparant à l’état désastreux des secteurs publics de l'éducation et de la santé. La police avait répondu par la violence, ce qui avait causé trois morts et des centaines d'arrestations parmi les manifestants.
Le rap de Lyoubi, tout comme le journalisme de Lmrabet, est critique et tape fort. Mais critiquer des responsables publics relève de la liberté d’expression, protégée par le droit international. Lyoubi devrait être libéré immédiatement, et toutes les charges retenues contre lui devraient être abandonnées.
17.07.2026 à 00:01
(La Haye, 16 juillet 2026) – La confirmation par la Cour pénale internationale (CPI) des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portées contre le suspect libyen Khaled Mohamed Ali El Hishri est la première décision de ce type après 15 ans d’enquête et constitue une étape importante pour la justice en Libye, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.
Le 16 juillet, un collège de trois juges d'instruction de la CPI a confirmé à l'unanimité les charges retenues contre El Hishri pour 17 chefs d'accusation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, notamment pour actes de torture, viol, violences sexuelles, meurtre, réduction en esclavage et persécution, qui auraient été commis contre des détenus de la prison de Mitiga à Tripoli depuis 2015. Les juges ont estimé qu'il existait des motifs substantiels de croire qu'El Hishri avait commis ces crimes et ils ont décidé de le renvoyer en procès. Un autre collège de juges annoncera ultérieurement la date d'ouverture du procès.
« La décision de la CPI de renvoyer sa première affaire libyenne en procès ouvre une porte attendue depuis longtemps vers la justice pour les victimes du système de détention abusif libyen », a déclaré Alice Autin, chercheuse auprès du programme Justice internationale au sein de Human Rights Watch. « Les autorités libyennes devraient soutenir la procédure et livrer à la Cour les suspects encore présents en Libye, démontrant ainsi qu’elles sont de véritables partenaires dans la lutte contre l’impunité qui continue d’alimenter les atrocités à travers le pays. »
La décision de confirmer les accusations fait suite à une audience qui s'est tenue du 19 au 21 mai, au cours de laquelle les juges de la mise en état ont entendu le parquet, l'avocat de la défense d'El Hishri et les représentants des victimes afin de déterminer s'il convenait de renvoyer l'affaire en procès. Le parquet a présenté des éléments de preuve à l’appui de 17 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, qui pourraient concerner des crimes commis contre plus de 900 détenus incarcérés à la prison de Mitiga lorsque El Hishri en avait le contrôle. Le parquet a indiqué que ces listes n'étaient pas exhaustives et qu'il pourrait chercher à présenter des preuves d'autres incidents ainsi que de victimes supplémentaires dans le cadre des accusations confirmées lors du procès.
La décision intégrale de confirmation des charges contre El Hishri est susceptible d'appel avec l'autorisation de la chambre préliminaire.
Avant l'audience de confirmation des charges, El Hishri a contesté la compétence de la Cour, arguant que la déclaration déposée par le gouvernement libyen en mai 2025 –– reconnaissant la compétence de la Cour pour la période 2011-2027 –– était invalide et que la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies renvoyant la situation de la Libye au procureur de la CPI ne s'appliquait pas à son affaire. Le 15 juillet, les juges ont rejeté le recours et confirmé la compétence du tribunal sur l'affaire.
Les autorités allemandes ont arrêté El Hishri en juillet 2025 et l'ont transféré à la CPI en décembre, à la suite des procédures nationales requises. Il est détenu à La Haye depuis lors. La CPI a émis des mandats d'arrêt internationaux contre 14 personnes dans le cadre de l'enquête sur la Libye, dont El Hishri. Quatre d'entre elles sont décédées ou ont été tuées, et huit autres sont toujours en fuite, notamment dans l'est et l'ouest du pays tandis qu’un nombre indéterminé seraient détenues en Libye. Une affaire a été déclarée irrecevable devant la CPI.
En vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui a saisi la procureure de la CPI de la situation en Libye et de la déclaration des autorités libyennes de 2025 acceptant la compétence de la Cour pour la période 2011-2027, les autorités libyennes ont l'obligation de coopérer pleinement avec la Cour. Cela implique notamment d'arrêter les personnes recherchées par la Cour qui se trouvent en Libye et de les extrader vers La Haye. Comme l’a récemment souligné le procureur adjoint de la CPI lors d’entretiens avec le Conseil de sécurité de l’ONU, la coopération de la Libye avec la Cour a été largement insuffisante. Certaines autorités libyennes se sont ouvertement opposées, par principe, au jugement de Libyens hors de Libye et ont remis en question la nécessité de l’implication de la CPI dans certaines enquêtes menées dans le pays.
La CPI est une juridiction de dernier recours qui n'intervient que lorsque les autorités nationales ne sont ni disposées ni capables d'enquêter sur des crimes graves relevant de sa compétence et de les poursuivre. Les autorités libyennes ne peuvent pas se contenter d'affirmer qu'elles préfèrent traiter les affaires au niveau national pour éviter de coopérer avec la CPI. Les autorités nationales et les personnes recherchées par la Cour peuvent contester la recevabilité de certaines affaires devant la CPI, mais elles doivent prouver l'existence de véritables procédures nationales visant à la fois la même personne et les mêmes faits que ceux poursuivis par la CPI.
Les autorités de l'ouest de la Libye auraient arrêté au moins deux suspects recherchés par la CPI pour des crimes graves commis à Tarhouna, sur la base d'enquêtes nationales. Elles auraient également arrêté Osama Elmasry Njeem, recherché par la CPI pour des crimes graves qui auraient été commis à Mitiga et désigné comme l'un des complices d'El Hishri, et l'auraient placé en détention provisoire. Le lieu et l'heure exacte de son arrestation n'ont pas été rendus publics. Le bureau du procureur de la CPI a indiqué n'avoir reçu aucune confirmation du procureur général libyen concernant l'arrestation de Njeem et l'enquête connexe ; d'autres sources ont indiqué que Njeem ne se trouve pas actuellement en détention.
Njeem a été arrêté en Italie en janvier 2025, mais a été libéré deux jours plus tard pour « vice de procédure » et renvoyé en Libye. En octobre, les juges de la CPI ont estimé que l'Italie avait manqué à son obligation de coopérer avec la Cour en ne livrant pas Njeem et, en janvier 2026, ont saisi les États membres de la Cour pour la suite de la procédure. Njeem a contesté les accusations portées contre lui par la CPI, affirmant que la Cour n'a aucune compétence en la matière et que les procédures en cours en Libye couvrent en grande partie les faits pour lesquels il est recherché par la CPI. Le recours est en cours d’instruction devant les juges de la CPI. Par ailleurs, la Libye reste tenue de livrer Njeem à la Cour.
Le 21 juin, un tribunal pénal de Tripoli a condamné Njeem à sept ans et quatre mois de prison pour des chefs d'accusation incluant la torture et des traitements cruels infligés à des détenus à la prison de Mitiga. Human Rights Watch n'a pas suivi la procédure, mais il semble que la condamnation nationale ne traite que partiellement des faits reprochés par l'accusation devant la CPI. Selon les informations disponibles, la procédure concernait des mauvais traitements infligés à dix détenus et un décès dû à la torture. Le mandat d'arrêt de la CPI l'accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, notamment du meurtre d'au moins 34 détenus.
Human Rights Watch a constaté qu'une justice crédible en Libye reste hors de portée en l’absence de réformes substantielles, notamment un cadre juridique adéquat pour enquêter sur les crimes internationaux graves et les poursuivre.
En mai 2026, une cour d'appel de Tripoli a acquitté Abdullah al-Senussi, ancien chef des renseignements sous Kadhafi, de toutes les charges retenues contre lui en lien avec la révolution de 2011, notamment le meurtre de manifestants. En 2014, les juges de la CPI avaient déclaré l'affaire contre Abdullah al-Senussi irrecevable devant la Cour au motif que la Libye menait une véritable enquête à son sujet, malgré de graves irrégularités dans la procédure nationale. Ce verdict, rendu à l'issue d'une procédure profondément viciée, rappelle que les autorités judiciaires libyennes sont à la fois incapables et peu disposées à juger véritablement les responsables de crimes graves et que le système judiciaire libyen demeure inadapté pour poursuivre les crimes internationaux graves, selon Human Rights Watch.
« La Libye ne devrait pas protéger les fugitifs recherchés par la CPI, au mépris de ses obligations internationales », a conclu Alice Autin. « En l'absence de signes d'amélioration du système judiciaire libyen, profondément défaillant, la CPI reste essentielle pour rendre justice aux victimes de crimes graves commis dans le pays depuis 2011. »
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