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l'Observatoire National de l’Extrême Droite (ONDE), observe, décrypte et déconstruit ce courant de pensée.

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07.09.2026 à 22:55

Observatoire national extreme droite
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Nous vous reproduisons ici, l’article de Djéhanne Gani, avec l’aimable autorisation du média le Café pédagogique. Séisme politique en Allemagne ce dimanche 6 septembre. L’extrême droite allemande est arrivée au pouvoir en Saxe-Anhalt avec une participation record de 80%, soit 20% de plus qu’aux précédentes élections. Le parti AfD qui signifie Alternative pour l’Allemagne (Alternative […]

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Texte intégral (604 mots)

Nous vous reproduisons ici, l’article de Djéhanne Gani, avec l’aimable autorisation du média le Café pédagogique.

Séisme politique en Allemagne ce dimanche 6 septembre. L’extrême droite allemande est arrivée au pouvoir en Saxe-Anhalt avec une participation record de 80%, soit 20% de plus qu’aux précédentes élections. Le parti AfD qui signifie Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland) obtient un score de 44 % avec Ulrich Siegmund, figure de l’aile la plus radicale du parti.

Du jamais vu depuis 1945. A noter que la tranche d’âge qui a le moins voté pour ce parti est la plus âgée. Le vote des 18 – 24 ans est majoritairement en faveur de l’AFD avec 43%. Le Land, le plus pauvre du pays, est rural et se situe dans l’ancienne RDA, bastion de l’extrême droite depuis la chute du mur.

Le projet éducatif de l’AfD repose sur quatre piliers : sélection, autorité, séparatisme et patriotisme. Au-delà de la réduction de l’école aux savoirs fondamentaux, il prévoit de renforcer l’apprentissage du russe et les partenariats entre les écoles russes et allemandes. Le projet du parti prévoit un changement de programme, mais aussi de supprimer l’inclusion scolaire et de séparer les élèves selon leur statut migratoire. Côté professeur, le programme projette de renforcer le devoir de neutralité. Il prévoit aussi de remettre en question l’obligation scolaire avec la possibilité de l’instruction en famille.

Le système éducatif est l’affaire des Länder en Allemagne, l’arrivée de l’AFD au pouvoir peut transformer le système éducatif mais il est aussi encadré par la constitution, des lois scolaires et le droit fédéral. Certaines propositions, notamment l’assouplissement de l’obligation scolaire, pourraient donc se heurter à des obstacles juridiques, relève le Tagesschau.

Elke, directrice d’une école primaire, témoigne dans La Tribune du Dimanche. « Je trouve cette ambiance très inquiétante car on ne sait pas ce qui va se passer, ni quelles mesures seront mises en œuvre, confie-t-elle. Pour l’instant, dans mon école, tous les enfants issus de l’immigration sont bien acceptés, dans un climat de tolérance et de diversité. » Le Courrier international évoque une refonte des programmes scolaires pour préserver « la normalité hétérosexuelle ».

L’obligation de lever le drapeau allemand est aussi dans les tuyaux. Un air de déjà vu du côté de Nice ! Dans les écoles, le drapeau arc-en-ciel sera enlevé. France info, indique aussi que le parti entend « ‘rééquilibrer’ le poids du nazisme dans l’enseignement de l’histoire allemande », prévient Jeanette Süß. Ulrich Siegmund rejette ce qu’il voit comme un « culte de la culpabilité ». Il veut « souligner davantage la période de Bismarck et la Prusse ».

Djéhanne Gani

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07.09.2026 à 12:00

Observatoire national extreme droite
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Le 19 mars 2022, Federico Martin Aramburú était assassiné en plein Paris par deux militants d’extrême droite. Ce lundi 7 septembre, plus de quatre ans après, leur procès s’ouvre enfin. L’Observatoire national de l’extrême droite a suivi l’affaire depuis le début, en lien étroit avec la famille du rugbyman assassiné. C’est d’ailleurs en sa mémoire […]

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Texte intégral (1300 mots)

Le 19 mars 2022, Federico Martin Aramburú était assassiné en plein Paris par deux militants d’extrême droite. Ce lundi 7 septembre, plus de quatre ans après, leur procès s’ouvre enfin.

L’Observatoire national de l’extrême droite a suivi l’affaire depuis le début, en lien étroit avec la famille du rugbyman assassiné. C’est d’ailleurs en sa mémoire que nous avions décidé d’organiser une soirée de lancement de l’ONED un 19 mars.

Aramburu est de ces symboles qu’il ne faut pas oublier. C’est naturellement que l’Abécédaire de l’extrême droite (lien : https://editions-arcane17.net/fr/livres/abecedaire-de-lextreme-droite) , publié cet été par Thomas Portes, président de l’ONED, aux éditions Arcane 17, débute par un chapitre lui étant consacré.

Nous vous le reproduisons ici, avec l’aimable autorisation des éditions Arcane 17.

Samedi 19 mars 2022, 6H15 du matin. Le jour se lève sur Paris au moment où six détonations résonnent dans le quartier festif de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Deux hommes sont visés, un ne s’en relèvera jamais. Son nom : Federico Martín Aramburú. Pour les amateurs de rugby, ce nom n’est pas inconnu. Ancien international argentin, « Fede » comme le surnomment ses proches est un rugbyman qui a foulé pendant plusieurs années les pelouses du TOP14, ravissant les spectateurs par son talent et enchantant ses coéquipiers par sa gentillesse. À quelques heures du coup d’envoi du match France-Angleterre du Tournoi des SixNations, le monde du rugby est sonné. Face à un tel acte de barbarie, de nombreuses questions se posent. Qui a pu s’en prendre à Aramburu ? Pour quel motif ? On évoque une altercation dans un bar qui aurait mal tourné. Très vite les premiers éléments apparaissent et la piste de l’extrême se dessine. Aramburú se serait interposé dans un bar pour faire cesser des insultes racistes à l’égard d’une cliente. Deux noms surgissent : Loik Le Priol et Romain Bouvier. Ce sont des figures bien connues de la mouvance identitaire. Ils ont milité ensemble au GUD, Groupe Union Défense, et s’apprêtaient à comparaître en juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences aggravées » après avoir torturé et passé à tabac un membre de leur propre groupe. Plus que de simples militants, ils sont au cœur d’une galaxie néofasciste qui côtoie de très près des proches de Marine Le Pen tels Alex Lousteau ou encore la famille de Frédéric Chatillon. Leurs parcours sont marqués par la violence, le racisme et les armes. Ils incarnent le nouveau visage de l’extrême droite. Adeptes du coup de poing, ils n’hésitent pas à se mettre en scène sur les réseaux sociaux, assumant ouvertement leur idéologie néonazie. Loin d’être un fait divers ou une simple altercation comme certains tentent encore aujourd’hui de le faire croire, nous sommes face à un meurtre commis par l’extrême droite. Près de dix ans après l’assassinat de Clément Méric, ce meurtre nous rappelle une triste réalité : l’extrême droite continuer de tuer en France.. 

Au-delà du drame, c’est le silence assourdissant de la classe politique française, y compris au plus haut niveau de l’État,, qui acte un tournant dans la banalisation de l’extrême droite, et de sa violence. Ni la Première ministre de l’époque, ni le ministre de l’Intérieur et encore moins le Président de la République n’ont réagi publiquement.  Pourquoi une telle omerta ? On a connu des réactions bien plus rapides sur d’autres affaires… Sans doute le pouvoir est-il gêné par plusieurs éléments qui entourent ce dossier. D’abord, comment se fait-il que ces deux militants étaient ensemble à Paris et armés alors même qu’ils étaient sous contrôle judiciaire et avaient interdiction d’entrer en contact l’un avec l’autre et d’être en possession d’armes ? J’ai interrogé à plusieurs reprises le Préfet de Police Laurent Nunez et le Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. À ce jour, je reste toujours sans réponse. 

Et que dire du comportement des instances sportives, aussi bien de la Fédération française de rugby que de l’IRB (international rugby board). Si une minute d’applaudissements a précédé le dernier match du Tournoi des Six Nations, France – Pays de Galles, au Stade de France en 2023, rien n’a été fait lors de la coupe du monde de rugby 2023, alors même qu’elle se tenait en France. Avec plusieurs personnalités dont l’ancien joueur de rugby Mathieu Blin et l’ancien pilier argentin et entraîneur de Castres Mauricio Reggiardo, nous avions demandé une minute de silence lors du match d’ouverture de l’événement pour « faire vivre la mémoire de ce très grand joueur de rugby, reconnu par ses pairs, pour son caractère, son respect ». Nous n’avons eu aucune réponse des instances internationales ainsi que du nouveau président de la Fédération française de rugby Florian Grill. Pas étonnant lorsqu’on sait comment il a par la suite géré le cas de Bastien Chalureau tout en s’affichant aux férias de Béziers aux côtés de Robert Ménard. Qui aurait pu penser que rendre hommage à Federico Aramburu, grand joueur de rugby assassiné par l’extrême droite, aurait relevé d’un tel chemin de croix ? À ce titre, j’ai saisi la Ligue nationale de Rugby et son président de l’époque, Réné Bouscatel, pour qu’un trophée portant le nom d’Aramburú soit chaque année décernée au plus bel essai de la saison. Je ne lâcherai pas sur cette bataille. Le monde du rugby n’est pas en dehors de la société et la multiplication des propos racistes aussi bien au niveau international, comme nous l’avons vu avec Melvin Jaminet, que sur les terrains amateurs chaque week-end le prouvent. J’ai encore en mémoire cette joueuse de l’US Bergerac traitée « putain de noire » ou ce jeune troisième ligne du club de Drancy que j’ai recu à l’Assemblée après qu’un jouer de l’équipe de Tyrosse lui ait dit « casse-toi, sale noir ». 

Dans cet océan de silence, je retiens l’immense dignité de la famille de Federico. Je n’oublierai jamais les mots de Cecilia, sa maman, lors de l’inauguration d’une plaque en hommage à Fédé : « «Tout extrémisme provoque des désastres […] mais cette haine irrationnelle et caractéristique de l’extrême droite envers tout ce qu’elle considère comme différent d’elle-même en fait une menace constante dans beaucoup de sociétés». Oui, l’extrême droite est une menace pour la société. Au nom de la mémoire d’Aramburú, nous ne devons jamais cesser de la combattre. 

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