21.01.2026 à 14:55

La contribution budgétaire des États membres de l'Otan prend en compte d'une part, les financements directs des pays (appelés aussi quote-part), lesquels sont utiles au fonctionnement de l'alliance militaire et à l'exécution de ses programmes, et d'autre part, les financements indirects qui correspondent aux dépenses allouées à la défense au niveau national. Il s'agit des […]
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La contribution budgétaire des États membres de l'Otan prend en compte d'une part, les financements directs des pays (appelés aussi quote-part), lesquels sont utiles au fonctionnement de l'alliance militaire et à l'exécution de ses programmes, et d'autre part, les financements indirects qui correspondent aux dépenses allouées à la défense au niveau national. Il s'agit des forces et des capacités de chaque pays membre qui sont mises à la disposition de l'Otan pour des activités de dissuasion et de défense ou des opérations militaires.
Dans les deux cas, les États-Unis sont le plus gros contributeur. Leur contribution au financement direct de l'Otan s'élève en 2025 à 15,9% (au même niveau que l'Allemagne), tandis que leurs dépenses de défense nationale sont les plus élevées parmi les 32 pays membres de l'alliance.
A eux seuls, les États-Unis ont dépensé 980 milliards de dollars dans leur défense en 2025, ce qui représente 62 % des dépenses totales de l'ensemble des pays de l'Otan pour la défense. Les 31 autres pays membres ont, à eux tous, dépensé 608 milliards de dollars pour leur défense l'an passé.
A titre de comparaison, l'Allemagne est au deuxième rang de ce classement de dépenses militaires au sein de l'Otan, avec un budget de 98 milliards de dollars, devant le Royaume-Uni (91 milliards de dollars) et la France (67 milliards de dollars). Enfin, les dépenses des 23 États membres de l'UE qui appartiennent à l'Otan atteignent, en cumulé, 425 milliards de dollars en 2025.
A la suite de son investiture en janvier 2025, Donald Trump exhorte les Européens à porter leurs dépenses militaires à hauteur de 5 % de leur PIB national. Pourtant, la Pologne (4,48 %), la Lituanie (4 %), la Lettonie (3,73 %), l'Estonie (3,38 %) et la Norvège, État européen non membre de l'UE (3,35 %) devancent les États-Unis (3,22 %) concernant cet indicateur.
En 2025, sur les vingt-trois États de l'UE membres de l'Otan, tous respectaient la règle des 2 %, fixée au sein de l'alliance depuis 2006 mais très peu respectée jusqu'alors. Ils étaient seize en 2024 et seulement neuf en 2023.
Ces dernières années l'augmentation la plus spectaculaire a eu lieu en Pologne, qui partage une longue frontière avec la Russie et l'Ukraine. Le pays consacrait 1,86 % de son PIB à la défense en 2014, contre 4,48 % en 2025, soit une hausse de 141 %.
Une part qui devrait continuer d'augmenter partout en Europe, compte tenu de la guerre russo-ukrainienne et du désengagement américain de la défense du continent européen. Les Alliés se sont d'ailleurs engagés, lors du sommet de l'Otan de La Haye en juin 2025, à porter à 5 % la part de leur PIB consacrée chaque année à leurs dépenses de défense, d'ici 2035. 3,5 % du PIB seraient ainsi affectés chaque année au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite. 1,5 % serait dédié aux investissements visant à protéger leurs infrastructures critiques, défendre leurs réseaux, assurer la préparation du secteur civil et la résilience, libérer le potentiel d’innovation et renforcer leur base industrielle de défense.

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19.01.2026 à 18:00

Propos hostiles du vice-président américain J.D. Vance durant la Conférence de Munich, suspension de l'aide à l'Ukraine, rapprochement avec la Russie… depuis février 2025, le changement de ton de l’administration américaine est clair. La menace d'un désengagement militaire des États-Unis sur le Vieux Continent n'a jamais été aussi prégnante. De quoi illustrer la dépendance de […]
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Propos hostiles du vice-président américain J.D. Vance durant la Conférence de Munich, suspension de l'aide à l'Ukraine, rapprochement avec la Russie… depuis février 2025, le changement de ton de l’administration américaine est clair. La menace d'un désengagement militaire des États-Unis sur le Vieux Continent n'a jamais été aussi prégnante.
De quoi illustrer la dépendance de l'Europe vis-à-vis de Washington et son incapacité à se défendre elle-même ? Bien sûr, les États-Unis jouent un rôle déterminant dans la protection des Européens à travers l'Otan (Organisation du traité de l'Atlantique Nord), où ils occupent une position centrale. Car l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord, signé par les 32 membres de l'organisation, prévoit une assistance mutuelle si l'un d'entre eux était agressé. Mais affirmer que la défense européenne n'est rien sans l'Alliance atlantique apparaît comme une simplification des réalités militaires en Europe, qu'elles soient nationales ou communes.
Souvent considérée comme la plus puissante au monde, l'armée américaine compte plus de 1,3 million de militaires d'active, avec près de 800 000 réservistes. Elle est par ailleurs dotée d'une puissance de frappe atomique très importante. Selon un rapport de 2025 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), 5 177 ogives nucléaires seraient en possession des États-Unis. Sans compter du matériel et des équipements militaires très développés et à la pointe de la technologie.
Depuis la création de l'Otan en 1949, ce gigantisme de l'armée des États-Unis a su convaincre les Européens, de l'Ouest d'abord, puis de l'Est après la Guerre froide, du bien-fondé du parapluie militaire américain pour garantir leur sécurité. Rien d'étonnant donc à ce que 30 pays européens, dont 23 États membres de l'Union européenne, en fassent aujourd'hui partie.
Derniers venus, la Finlande en 2023 et la Suède en 2024. En réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, et à la menace que Moscou fait peser sur leur sécurité, ces pays ont ainsi rompu avec leur neutralité historique. Deux adhésions qui témoignent de l'importance accordée par les Européens à l'Alliance atlantique pour assurer leur défense.
Si leur taille est modeste en comparaison avec l'armée américaine, les forces nationales de défense en Europe sont loin d'être dérisoires. Parmi les États membres de l'Union européenne, quatre comptent plus de 150 000 militaires d'active : la Pologne (202 100), la France (200 000), l'Allemagne (181 600) et l'Italie (165 500).
Surtout, la France fait partie des rares puissances nucléaires dans le monde. Elle disposerait de 290 ogives nucléaires. Une quantité bien inférieure à celle des États-Unis et de la Russie, avec ses 5 459 ogives. Mais l'Hexagone se classe tout de même au quatrième rang mondial, derrière la Chine (600 ogives). Ce qui permet aux Vingt-Sept, liés depuis le traité de Lisbonne en 2009 par une clause de défense mutuelle (article 42.7) analogue à l'article 5 du traité de l'Otan, d'être aussi associés à une force européenne de dissuasion nucléaire.
La France est également la seule parmi les Vingt-Sept à être membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, instance au cœur des questions de sécurité internationale, aux côtés des États-Unis, de la Chine, de la Russie et du Royaume-uni. Ce dernier a quitté l'UE en 2020, mais reste un proche partenaire des Vingt-Sept. Et il tient une place particulière en Europe en matière de défense : membre de l'Otan et pourvu de l'arme atomique, le Royaume-Uni possède l'une des armées les plus puissantes au monde.
Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, les États membres de l'UE ont par ailleurs fortement augmenté leur budget militaire et ainsi musclé leur sécurité collective.
La menace russe et le détournement des États-Unis de ses alliés historiques ont précipité la réflexion autour d'une véritable politique européenne de défense, complémentaire de l'Otan. Des initiatives communes en ce sens ont toutefois vu le jour dès la fin des années 1990.
À partir de 2003, l'UE a mené des missions militaires de gestion des crises dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Les Etats membres ont ainsi dépêché hors des frontières européennes des soldats agissant au nom de l'Union. 40 opérations de ce type ont ainsi été lancées depuis plus de 20 ans, que ce soit en Bosnie-Herzégovine, au large des côtes somaliennes ou encore dans la mer rouge. Mais, comme le souligne la Fondation Schuman, l’effectif des opérations de l’Union européenne tourne autour de 5 000 personnes, contre plusieurs dizaines de milliers pour les grandes opérations de l'Otan. Depuis le début de la guerre en Ukraine, 40 000 soldats internationaux ont ainsi été déployés sur le flanc est de l'Alliance, de la Finlande à la Bulgarie. La fondation rappelle aussi que la plupart des missions européennes sont des missions civiles ou civilo-militaires.
En parallèle de ces missions européennes, les Vingt-Sept cherchent aussi à renforcer leurs capacités militaires et leur industrie de défense. En janvier 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a par ailleurs annoncé un renouvellement de la stratégie de défense de l'Union. "Dans le contexte actuel de sécurité et de défense, nous avons décidé qu’il était temps, durant votre présidence, de mettre en place une nouvelle stratégie européenne de sécurité", a-t-elle déclaré lors d’une allocution à Limassol, à l'occasion du lancement de la présidence chypriote du Conseil.
Pour contrer les menaces qui pèsent sur l'intégrité du continent et muscler la défense des États européens, la Commission a également proposé le 4 mars 2025 le plan "ReArm Europe" ("Réarmer l'Europe"), un programme qui devrait permettre de mobiliser près de 800 milliards d'euros, dont 150 milliards sous forme de prêts à disposition des Vingt-Sept. Rebaptisé quelques mois plus tard, "Readiness 2030", ce plan vise à rétablir les capacités militaires et industrielles de l'UE d'ici la fin de la décennie. Bruxelles a ainsi proposé en juillet 2025, une série de mesures juridiques et réglementaires pour accélérer la production de matériel militaire, faciliter les investissements et lever les freins au développement du marché européen de la défense.
Bien que la défense européenne se construise petit à petit, elle est toutefois loin de remplacer l'Otan et agit pour l'instant plutôt en complémentarité. Comme le résumait l'historienne spécialiste des questions de défense Nicole Gnesotto en 2022, "l’Otan reste le forum prioritaire pour la défense de l’Europe, alors que la politique de défense européenne consiste à gérer les crises extérieures à l’Europe". Et la spécialiste d'affirmer : "La vraie condition pour que l’Europe soit un acteur militaire efficace, c’est que les pays de l’UE en soient d’accord. Ce qui manque, c’est très souvent la volonté politique et non les capacités".

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16.01.2026 à 18:28

Les membres de l'Otan contribuent de deux manières au budget de l'alliance, via un financement direct (quote-part) et de manière indirecte par leurs dépenses de défense nationale. Le financement direct sert à alimenter les budgets et à financer le développement des capacités et l'exécution des programmes qui permettent à l'Alliance de fonctionner et de travailler […]
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Les membres de l'Otan contribuent de deux manières au budget de l'alliance, via un financement direct (quote-part) et de manière indirecte par leurs dépenses de défense nationale.
Le financement direct sert à alimenter les budgets et à financer le développement des capacités et l'exécution des programmes qui permettent à l'Alliance de fonctionner et de travailler à la réalisation de ses objectifs et de ses priorités.
Les financements indirects correspondent aux dépenses prises en charge par les différents pays membres. Il s'agit des forces et des capacités nationales qui sont mises à la disposition de l'Otan pour des activités de dissuasion et de défense ou des opérations militaires. Ils représentent la partie la plus substantielle du financement de l'Otan.
Les budgets et programmes annuels de l’Otan ont représenté en 2025 environ 4,6 milliards d'euros et pourraient s'élever jusqu’à 5,3 milliards en 2026.
Dans le détail, trois budgets communs sont financés directement par les pays membres : le budget civil (fonctionnement du siège de l'Organisation), le budget militaire (structure de commandement de l'Otan) et le programme Otan d'investissement au service de la sécurité (infrastructure et capacités militaires).
Le plus important est le budget militaire de fonctionnement, doté de 2,4 milliards d'euros pour l'année 2026, contre 528,2 millions d’euros pour le budget civil. Cela représente respectivement une hausse de 2 % et 9 % des dépenses par rapport à 2025. Le dernier budget est le programme d'investissement au service de la sécurité (infrastructure et capacités militaires).
La contribution directe des membres de l'alliance, ou quote-part, est calculée selon une formule prenant en compte le revenu national brut (RNB) des États. Elle est fixée pour deux ans. De mars 2024 à décembre 2025, les principaux contributeurs de l'UE étaient l'Allemagne, avec une participation à hauteur de 15,9 % du budget commun, la France (10,2 %), l'Italie (8,5 %) et l'Espagne (5,8 %). Les autres États membres de l'UE ont tous une quote-part inférieure à 5 % du budget, voire à 1 % le plus souvent.
Les États-Unis, qui auparavant avaient la contribution la plus importante, contribuent désormais à la même hauteur que les Allemands : 15,9 %.
Pour tous ces pays, les financements directs diminueront légèrement selon les projections pour 2026 et 2027, mais le classement reste identique : l'Allemagne et les États-Unis contribueront à hauteur de 14,9 %, la France à 10,1 %, l'Italie à 8 % et l'Espagne à 5,8 %.
L'Otan ne disposant pas de ses propres forces armées, ce sont les Alliés qui mettent des troupes et du matériel à sa disposition sur une base volontaire. Les contributions des pays diffèrent tant par leur nature que par leur ampleur.
En 2006, les alliés au sein de l'Otan ont fixé la "règle des 2 %", ce qui signifie que chaque État doit consacrer au moins 2 % de son PIB à ses propres dépenses de défense chaque année.
Après que le président américain Donald Trump a critiqué les trop faibles dépenses militaires de certains pays européens, les Alliés se sont engagés, au sommet de La Haye en juin 2025, à porter à 5 % la part de leur PIB consacrée chaque année à leurs dépenses de défense, d'ici 2035. 3,5 % du PIB seraient ainsi affectés chaque année au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite. 1,5 % serait dédié aux investissements visant à protéger leurs infrastructures critiques, défendre leurs réseaux, assurer la préparation du secteur civil et la résilience, libérer le potentiel d’innovation et renforcer leur base industrielle de défense.
En 2025, sur les vingt-trois États de l'UE membres de l'Alliance atlantique, tous respectaient la règle des 2 %. Ils étaient seize en 2024 et seulement neuf en 2023. La Pologne a fourni en 2025 l'équivalent de 4,5 % de son PIB en dépenses militaires, suivie de la Lituanie (4 %), de la Lettonie (3,7 %) et de l'Estonie (3,4 %). La France est loin de ce podium, avec 2,1 % de son PIB consacré aux dépenses militaires. Enfin, l'Allemagne, le Portugal, la Belgique, l'Espagne, la République tchèque et le Luxembourg se situent à tout juste 2 %.
Le débat relatif au "burden sharing" (partage du fardeau) remonte à des décennies et s'est accentué après la fin de la Guerre froide, lorsque les Européens ont progressivement réduit leurs dépenses de défense. Mais la tendance s'inverse depuis deux ans en raison notamment de la guerre russo-ukrainienne et des annonces de Donald Trump qui menace de ne pas respecter l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord vis-à-vis des pays qui ne consacreraient pas une part suffisante de leur budget à la défense.

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