24.07.2026 à 17:43

"Aujourd'hui, nous entrons dans l'ère de l'indépendance énergétique totale de l'Europe vis-à-vis de la Russie", déclarait Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 3 décembre 2025, après l'accord provisoire du Conseil de l'UE et du Parlement européen sur la suppression progressive des importations de gaz russe. A la suite de l'invasion russe […]
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"Aujourd'hui, nous entrons dans l'ère de l'indépendance énergétique totale de l'Europe vis-à-vis de la Russie", déclarait Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le 3 décembre 2025, après l'accord provisoire du Conseil de l'UE et du Parlement européen sur la suppression progressive des importations de gaz russe.
A la suite de l'invasion russe de l'Ukraine, le 24 février 2022, la Commission européenne a présenté le 18 mai 2022 le plan REPowerEU, dont l'objectif était de réduire massivement les importations de gaz, de pétrole et de charbon russes et de s'en passer totalement à l'horizon 2027. Plus de quatre ans après, les Européens sont-ils sevrés des énergies fossiles russes ? Toute l'Europe fait le point.
Les chiffres sont sans équivoque. Depuis 2022, les Européens ont considérablement réduit leurs importations en provenance de Moscou. Début 2022, la Russie couvrait 27 % des importations totales de pétrole dans l'UE. Cette part est descendue à 2 % en 2025. Les Européens ont également totalement arrêté d'acheter du charbon russe, alors que celui-ci représentait 50 % des importations de l'UE en 2021. Ils ont enfin drastiquement diminué leurs importations de gaz russe, passant de 45 % en 2021 à 12 % en 2025. Pour le gaz acheminé par gazoduc, une seule voie relie désormais l'UE et la Russie, depuis que le transit via l'Ukraine a pris fin le 1er janvier 2025 : le gazoduc TurkStream et son prolongement BalkanStream.
Si les Européens ont décidé de se coordonner pour moins acheter de gaz russe, la baisse du transit est, au départ, une décision de Moscou. Déjà fin 2021 puis au début de la guerre en Ukraine, le Kremlin avait coupé les robinets vers l'ouest afin de faire pression sur les Européens. "Les Russes ont pris la décision d'interrompre le transit via le gazoduc Yamal, entre la Pologne et la Biélorussie", rappelle Céline Bayou, chercheuse associée au centre de recherches Europe-Eurasie de l'Inalco. Fin septembre 2022, les pipelines Nord Stream ont par ailleurs fait l'objet d'un sabotage, dont les auteurs restent à ce jour inconnus.
Mais l'Union européenne ne compte pas s'arrêter là. Elle a adopté, le 26 janvier 2026, le règlement portant sur la suppression progressive des importations dans l'UE de gaz provenant de Russie. Les Vingt-Sept doivent ainsi totalement éliminer les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) d'ici janvier 2027 et les importations de gaz par gazoduc d'ici l'automne 2027, selon un calendrier progressif.
Les contrats conclus avant le 17 juin 2025 et non modifiés après cette date, bénéficient quant à eux d'un régime transitoire, dont les dates diffèrent selon qu'il s'agisse de contrats courts (inférieur ou égal à un an) ou longs (supérieur à un an) et de gaz importé par gazoduc (état gazeux) ou de GNL (état liquide).
Une exception est prévue pour les pays enclavés (sans accès à la mer), comme la Hongrie ou la Slovaquie : certains contrats courts d'importation par gazoduc peuvent bénéficier du même horizon que les contrats longs, jusqu'au 30 septembre 2027, voire au 1er novembre 2027, au lieu du 17 juin 2026.
En plus de l'interdiction des importations de gaz russe, le règlement prévoit des mesures de surveillance et de diversification de l'approvisionnement énergétique. Avant d'autoriser des importations de gaz sur le territoire de l'Union, les États membres devront vérifier le pays dans lequel le gaz a été produit.
En parallèle, chaque État membre devait soumettre à la Commission européenne un plan national de diversification énergétique au plus tard le 1er mars 2026. L’objectif est d’éviter toute rupture d’approvisionnement, même pour les pays les plus dépendants, tout en renforçant la résilience du marché européen de l’énergie.
Pour répondre aux besoins énergétiques de l'Union malgré la sortie programmée des énergies fossiles russes, le plan REPowerEU a défini quatre piliers dont trois ambitionnent de rendre l'UE moins dépendante énergétiquement : économiser de l'énergie, accélérer la production locale d'énergies renouvelables et investir à cette fin dans de nouvelles infrastructures. Le dernier pilier vise à diversifier l'approvisionnement de l'UE en énergies fossiles en développant d'autres partenariats. Bruxelles a ainsi approfondi ses relations énergétiques avec les États-Unis, la Norvège, ainsi qu'avec des partenaires d'Afrique du Nord, du Caucase du Sud et du Moyen-Orient.
S'agissant du pétrole tout d'abord. En 2024, d'après les derniers chiffres d'Eurostat, les États-Unis abondaient l'UE en pétrole et produits pétroliers à hauteur de 16 %, suivis de la Norvège (12 %), du Kazakhstan (9 %), de l'Arabie saoudite (8 %), du Royaume-Uni et de la Libye (tous deux 6 %). Concernant les combustibles fossiles solides, surtout le charbon, ceux-ci étaient majoritairement fournis par l'Australie, à hauteur de 31 %.
Pour les importations de gaz naturel (gaz acheminé par gazoduc et GNL), la Norvège arrivait cette fois en tête avec 30 %, suivie des États-Unis (17 %), de l'Algérie et de la Russie (14 % chacune). Mais si Oslo reste en tête, toutes importations de gaz confondues, le pays dirigé par Donald Trump est à ce jour le principal fournisseur en gaz naturel liquéfié (GNL) de l'UE, faisant peser sur l'Union européenne le risque d'une nouvelle dépendance énergétique. Au premier trimestre 2026, l'approvisionnement de l'UE en GNL provenait à 57 % des États-Unis.
Fin mars 2022, Washington et Bruxelles s'étaient engagés à atteindre 50 milliards de mètres cubes de GNL américain supplémentaire par an jusqu'en 2030 au moins. Ainsi, de 2021 à 2025, l'UE a quasiment multiplié par quatre ses importations de GNL américain, passant de 21 milliards de mètres cubes à 81 milliards. L'Union pourrait s’approvisionner à hauteur de 80 % de ses importations de GNL auprès des États-Unis d'ici à 2028, selon les estimations de l'Institut d'économie énergétique et d'analyse financière.
En effet, l'accord commercial conclu le 27 juillet 2025 entre l'Union européenne et les États-Unis prévoit que l'UE achète "davantage de GNL, de pétrole et de combustibles nucléaires ainsi que des technologies et des investissements de pointe aux États-Unis au cours des trois prochaines années, jusqu'à la fin de 2028", pour une valeur estimée à 750 milliards de dollars (environ 700 milliards d'euros) sur l'ensemble de cette période.
En plus de diversifier leur approvisionnement, les Européens ont réalisé d'importantes économies d'énergie. Entre août 2022 et janvier 2026, l'UE a réduit sa demande de gaz d'environ 19 % par rapport à la période de référence d'avant-crise. La consommation finale d'énergie a quant à elle diminué de 5,1 % entre 2021 et 2024.
Les énergies renouvelables ont aussi contribué à ce que les Européens consomment moins d'énergies fossiles russes. En 2024, les énergies vertes représentaient 25,2 % de la consommation finale d'énergie de l'UE. Ces dernières sont en progression, alors qu'elles représentaient 10 % de la consommation d'énergie en 2006 selon la Commission européenne. Toutefois, elles demeurent encore loin de l'ambition fixée par la directive du 18 octobre 2023 : atteindre a minima 42,5 % de ces énergies dans la consommation finale d'énergie de l'UE d'ici 2030, voire pousser l'effort collectif à 45 %.
Bien que les quantités soient moindres, les Européens continuent toutefois d'importer de l'énergie russe. Le 12 mars 2025, Dan Jørgensen, le commissaire européen à l’Énergie, faisait ce constat amer : depuis le début de la guerre en Ukraine, l’UE avait versé davantage d’argent à la Russie pour ses importations d’énergies fossiles qu’elle n’en a accordé à Kiev sous forme d’aide. Le montant global des achats de gaz russe était ainsi estimé à près de 200 milliards d’euros - soit, "l’équivalent de 2 400 avions de chasse F-35" - contre 135 milliards d’euros d’aide européenne à l’Ukraine.
En 2025, selon l'Institut d'économie de l'énergie et d'analyse financière (IEEFA), 11 % des importations européennes de gaz par gazoduc provenaient de Russie via la Turquie, plaçant Moscou en troisième position des pays exportateurs. Les importations ont même augmenté de 8 % en 2025, faisant monter la facture à 5,9 milliards d'euros l'an passé.
Concernant le GNL, Moscou reste le deuxième fournisseur de l'UE, laquelle a dépensé 6,7 milliards d'euros pour ces importations en 2025. Les importations dans l'Union ont même atteint un record trimestriel au cours des trois premiers mois de 2026, sous le coup de la guerre au Moyen-Orient, selon l'IEEFA. Celles-ci ont progressé de 16 % au premier trimestre 2026 par rapport à l'année précédente, sous l'effet des livraisons à la France, à l'Espagne, à la Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal.
Sur le pétrole russe, malgré un embargo de l'UE imposé dès 2022, la Hongrie et la Slovaquie, pays enclavés, importent encore à ce jour l'or noir russe via l'oléoduc Droujba, qui transite par l'Ukraine. "En 2024, la Hongrie et la Slovaquie restaient dépendantes à 87 % du brut russe transporté par un seul pipeline", soulignait en 2025 le CREA, le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur. Ces pays sont en effet exemptés de l'embargo qui concerne les importations acheminées par voie maritime et non par pipeline.
Par ailleurs, la Russie aurait continué après 2022 à abonder l'Union en pétrole de manière indirecte, par l'importation de produits pétroliers raffinés via des pays tiers. Des enquêtes menées par le CREA sur des expéditions spécifiques suggèrent que des pays européens pourraient avoir importé des produits pétroliers russes réexportés à partir de terminaux de stockage de pétrole en Turquie. Côté indien, les importations de pétrole brut russe en Inde ont plus que doublé entre 2022 et 2023, quand dans le même temps, les importations de pétrole raffiné de l'UE en provenance d'Inde ont atteint des niveaux records en 2023. Il est ainsi très probable que l'UE ait consommé de l'essence, du diesel et du kérosène russe, malgré les sanctions imposées.
En somme, l'invasion russe de l'Ukraine a eu pour conséquence la réduction drastique de la dépendance européenne à l'égard des énergies fossiles russes, et ce sur un temps relativement court. L'Union européenne n'est toutefois pas pleinement sevrée du pétrole et surtout du gaz russe, notamment du gaz naturel liquéfié.
Et la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février 2026, pourrait contrarier la trajectoire de REPowerEU. "La guerre au Moyen-Orient a accru la dépendance de l’Europe envers ses deux principaux fournisseurs de GNL, les États-Unis et la Russie. La crise énergétique de 2026 démontre que tant que les pays européens choisiront de dépendre du gaz, ils devront accepter les risques géopolitiques qui en découlent", estime Ana Maria Jaller-Makarewicz, analyste en énergie de l'IEEFA. Se débarrasser du gaz russe dans le contexte de la crise au Moyen-Orient "est plus difficile, mais pas impossible", assure de son côté Dan Jørgensen.
Bruxelles devait également présenter le 15 avril 2026 une proposition pour bannir définitivement le pétrole russe, mais ce rendez-vous a été reporté sans indication de nouvelle date.

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20.07.2026 à 17:12

Une bataille juridique. Depuis quelques mois, la France mène un combat contre les réseaux sociaux avec une proposition de loi qui vise à interdire leur accès aux moins de 15 ans. Ce texte, porté par la députée Ensemble Laure Miller, a été adopté par l'Assemblée nationale le 26 janvier 2026 et modifié par le Sénat […]
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Une bataille juridique. Depuis quelques mois, la France mène un combat contre les réseaux sociaux avec une proposition de loi qui vise à interdire leur accès aux moins de 15 ans. Ce texte, porté par la députée Ensemble Laure Miller, a été adopté par l'Assemblée nationale le 26 janvier 2026 et modifié par le Sénat le 31 mars.
Le gouvernement souhaite une entrée en application à la rentrée. Si la mesure aboutit, la France deviendrait le premier État européen à fixer un seuil d'âge légal aussi strict pour une partie de la population.
Ce n’est pas sa première tentative. La France avait déjà tenté d'imposer une majorité numérique en 2023, avec la loi Marcangeli. Adoptée par les parlementaires français, cette dernière n'a jamais pu être appliquée faute de compatibilité avec le droit européen. Le nouveau projet de loi connaîtra-t-il le même sort ?
Au niveau européen, le règlement sur les services numériques (DSA) limite la diffusion de contenus illicites (haineux, pédopornographiques, terroristes…) et la vente de produits illicites (contrefaits ou dangereux) en ligne. Il n'instaure pas d'âge minimum d'accès aux réseaux sociaux mais fixe des règles communes aux plateformes dans toute l'Union européenne : transparence, modération, gestion des risques…
Les États membres peuvent légiférer pour protéger les mineurs, à condition que leurs règles restent compatibles avec le droit de l'Union. Leurs décisions au sujet du numérique doivent toujours être conformes au DSA, sous peine de procédure d'infraction.
Au sujet de la proposition de loi française, la Commission considère que “les autorités françaises ont le droit d’instaurer une majorité numérique qui s’adresse à ses citoyens”. Autrement dit, fixer un âge minimal peut relever du droit national, à condition de ne pas créer de nouvelles obligations nationales directement imposées aux plateformes lorsque celles-ci relèvent du DSA.
En revanche, “imposer des obligations supplémentaires aux très grandes plateformes” dépend du DSA, rappelle Thomas Regnier, porte-parole de la Commission chargé du numérique. C'est pourquoi la première version du texte, qui prévoyait “l’obligation pour les plateformes de mettre en œuvre des dispositifs afin de contrôler l’âge de leurs utilisateurs’”, a été remodelée. Dans la version votée par les députés le 26 janvier 2026, le terme "obligation" a ainsi disparu.
Cependant, la loi ne peut être appliquée que si la plateforme contrôle l'âge à l'inscription ou à l’accès. Dans les faits, la proposition de loi française "revient à imposer aux plateformes un tel contrôle", précise Maud Lambert, avocate spécialisée dans le numérique et la protection des données. Pour bloquer l'accès des moins de quinze ans, les plateformes doivent donc mettre en place des systèmes de vérification de l'âge. Ainsi, la France "reste dans une zone grise de 'contrainte indirecte' sur les entreprises”, explique Murielle Cahen, avocate spécialiste en droit du numérique.
Merav Griguer, avocate spécialisée en data et cyber-conformité, parle même d'"imperfection juridique” pour désigner le fait que la loi a “pour effet mais pas pour objet” de créer de nouvelles obligations et de potentielles violations du DSA. Sollicité par Toute l'Europe, le cabinet de la ministre chargée du numérique, Anne Le Hénanff, assure toutefois que le projet est “pleinement conforme au DSA” puisque la “mise en œuvre technique relève du cadre européen”.
Le 15 avril 2026, la Commission européenne a annoncé le lancement prochain d’une nouvelle application européenne de vérification d’âge. Sept États membres pionniers - Chypre, le Danemark, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie et l'Espagne - travaillent avec la Commission sur cette solution, qui pourrait être disponible dans l'ensemble de l'UE d'ici la fin 2026.
Elle pourra être utilisée par les plateformes, qui pourront toutefois opter pour des systèmes alternatifs. “On ne va pas imposer l'outil que nous développons. Les grandes plateformes pourront utiliser l'outil qu'elles veulent, tant que cela fonctionne”, explique un haut-fonctionnaire à la Commission. Si le cadre européen harmonise davantage la vérification de l'âge, la proposition de loi française pourrait être plus facile à sécuriser juridiquement, estime Merav Griguer.
Jusqu'à récemment opposée à la mise en place d'un âge minimal européen pour l'accès aux réseaux sociaux, la Commission européenne apparaît aujourd'hui plus ouverte à l'idée. Lundi 13 juillet, lors d'une conférence de presse, Ursula von der Leyen a soutenu l'idée que les enfants très jeunes ne devraient pas utiliser les écrans et les plateformes numériques. Elle a également appelé à renforcer la protection des mineurs sur les réseaux sociaux. "Nous devons envisager un accès progressif et gradué pour différentes classes d’âge" aux réseaux sociaux et autres plateformes en ligne, a-t-elle plaidé.
La position de la Commission évolue, d'autant que d'autres pays européens réfléchissent à des projets similaires. Et que le Parlement européen y est lui-même favorable : le 26 novembre 2025, ses membres ont adopté une résolution recommandant de fixer à 16 ans l’âge minimal d’accès aux plateformes. Des initiatives qui ouvrent la voie à une solution européenne.
La conformité de la proposition de loi au droit européen dépendra du texte final et surtout de la manière dont la vérification d'âge est imposée aux plateformes, un domaine largement encadré au niveau européen, en particulier pour les très grandes plateformes.
Lundi 6 juillet, la Commission européenne a estimé que la proposition de loi française sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans n'était pas pleinement compatible avec le droit européen. Selon la Commission, si elle était mise en œuvre dans sa version actuelle, cette proposition de loi empiéterait sur les dispositions du DSA.
L'exécutif européen vise la dernière version du texte, adoptée par le Sénat en mars. Les sénateurs ont intégré un mécanisme à deux niveaux qui distingue les plateformes interdites aux moins de 15 ans et celles accessibles sous conditions, notamment avec autorisation parentale. "Nous devons réduire au minimum la fragmentation des systèmes nationaux, qui pourrait créer une insécurité juridique ou affaiblir l'application de la loi", a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne en matière de numérique.
Selon le Sénat, la Commission redoute surtout que la proposition de loi ne confie des pouvoirs trop importants au régulateur français des médias, l'Arcom, empiétant sur ses propres prérogatives dans le cadre du DSA pour les très grandes plateformes.
Le 20 juillet, députés et sénateurs se sont accordés sur une version définitive du texte, dans le cadre d'une commission mixte paritaire (CMP). Le texte pourrait être définitivement adopté le lendemain par les deux chambres, après la présentation des conclusions de l'accord. Le gouvernement vise une application de la loi dès le mois de septembre.
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25.06.2026 à 11:28

Au 30 avril 2026, les États-Unis avaient apporté un total de 115,4 milliards d'euros (130,9 milliards de dollars US) d'aide à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, contre 214,8 milliards d'euros pour l'Europe selon les derniers chiffres en date de l'Institut Kiel, un groupe de réflexion basé en Allemagne. Un montant partagé entre l'Union […]
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Au 30 avril 2026, les États-Unis avaient apporté un total de 115,4 milliards d'euros (130,9 milliards de dollars US) d'aide à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, contre 214,8 milliards d'euros pour l'Europe selon les derniers chiffres en date de l'Institut Kiel, un groupe de réflexion basé en Allemagne. Un montant partagé entre l'Union européenne et ses États membres, auxquels s'ajoutent le Royaume-Uni, l'Islande, la Norvège et la Suisse. Ces chiffres incluent l'aide militaire, financière et humanitaire.
Pour les seules dépenses de l'Union européenne (c'est-à-dire distinctes de celles des États membres), ce sont 84,42 milliards de fonds qui ont été alloués depuis le début du conflit, répartis entre l'aide financière (81,21 milliards) et humanitaire (3,21 milliards). L'aide militaire, quant à elle, a été majoritairement fournie par les États membres en leur propre nom, quitte à être partiellement remboursée par l'Union européenne (ce qui apparaît comme une aide financière). L'UE n'est en effet pas compétente pour effectuer directement des dépenses militaires.
Zoom sur les principaux outils de l'UE d'aide à l'Ukraine
Le soutien financier de l'UE à l'Ukraine peut prendre plusieurs formes, à commencer par l'assistance macro-financière ou les "prêts AMF". L'objectif est de fournir un soutien financier à court terme, de financer les besoins immédiats de l'Ukraine et, à terme, d'accompagner l'Ukraine sur sa trajectoire d'intégration européenne.
Autre levier financier de l’UE : la Facilité pour l'Ukraine. Cet outil fournit au pays en guerre, entre 2024 et 2027, jusqu'à 50 milliards d'euros sous forme de prêts et de subventions pour soutenir son redressement, sa reconstruction et sa modernisation. Le Conseil de l'Union européenne a déjà mobilisé 40,4 milliards d'euros au titre de cette facilité, en ayant déjà approuvé sept versements à l'Ukraine.
La Facilité européenne pour la paix (FEP) contribue au soutien à Kiev. Instrument de la politique étrangère et de sécurité commune, elle finance des actions extérieures de l'UE ayant une dimension militaire ou de défense. Elle n'est pas financée par le budget de l'UE mais par des contributions des États membres.
Entre 2022 et 2025, l'Union européenne a mobilisé pour l'Ukraine 6,4 milliards d'euros via la FEP. Dans ce cadre, l'UE a pour la première fois de son histoire en 2022, financé l'envoi d'armes à un pays en proie aux combats, avec la livraison à Kiev d'armes létales, de matériel de protection et de carburant.
Son plafond pour la période 2021-2027 s'élève à 17 milliards d'euros : 5,69 milliards initiaux en prix courants lors de la création de l'instrument en mars 2021, auxquels se sont ajoutés successivement 2,29 milliards (mars 2023), 4,06 milliards (juin 2023) et 5 milliards (mars 2024). Une part importante de cet outil est fléchée vers l'Ukraine, puisque l'UE réserve une capacité totale à l'Ukraine s'élevant à 11,1 milliards d'euros.
De plus, l'UE a validé le 23 avril 2026 l'octroi d'un prêt de 90 milliards d'euros au pays de Volodymyr Zelensky. Cette nouvelle aide n'étant pas encore versée, elle n'est pas encore intégrée à la somme des fonds alloués. Financée par un emprunt commun de l'Union sur les marchés, elle doit servir à couvrir les besoins budgétaires et militaires ukrainiens pour 2026 et 2027. Le prêt, à taux zéro, ne sera remboursé qu'après d'éventuelles réparations versées par la Russie. 60 milliards d'euros alloués sont consacrés à l'aide militaire et 30 milliards à l'assistance macro-financière, via la Facilité pour l'Ukraine. Il est prévu que l'Union verse 45 milliards d'euros en 2026 et la même somme en 2027.
En termes de soutien militaire, les États-Unis sont longtemps restés devant l'Europe. Si l'aide totale de l'Europe était déjà supérieure en comptant l'aide financière et humanitaire, les Américains restaient les premiers pourvoyeurs d'armes. Du moins jusqu'au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. Le pays de l'Oncle Sam a en effet annoncé un dernier paquet d'aide à Kiev le 9 janvier 2025, soit quelques jours avant l'investiture de Donald Trump le 20 janvier.
Ainsi, sur la période courant de février 2022 au 30 avril 2026, Washington a fourni un total de 64,6 milliards d'euros pour aider l'Ukraine à s'armer et se défendre. Les Européens ont finalement devancé l'an passé leur voisin outre-Atlantique en matière de soutien militaire. Celui-ci atteint désormais 102,2 milliards d'euros pour l'Europe, comprenant les montants alloués par les États membres de l'Union européenne, le Royaume-Uni, la Norvège et l'Islande. Le financement de la Facilité européenne pour la paix, instrument de l'UE, est inclus dans les données, puisqu’elle est alimentée par les contributions des États membres.
L'Europe se distingue également par son soutien financier. Depuis 2022, ce sont près de 93,4 milliards d'euros d'aide fournis à l'Ukraine, incluant l'aide de l'UE, de ses États membres et des États européens pourvoyeurs de fonds (Royaume-Unis, Norvège, Suisse, Islande). À titre de comparaison, l'aide financière des États-Unis s'élève à 47,3 milliards d'euros.
Enfin, s'agissant du volet humanitaire, tandis que les États-Unis affichent un soutien s'élevant à 3,5 milliards d'euros, l'aide humanitaire de l'Europe - UE, États membres, Royaume-Uni, Islande, Norvège et Suisse compris, atteint 19,3 milliards d'euros. De plus, l'Union européenne a activé en parallèle le mécanisme de protection temporaire pour accueillir des réfugiés ukrainiens sur son territoire, un dispositif de 17 milliards d'euros.
Ainsi, que ce soit sur le plan militaire, financier ou humanitaire, le soutien européen dépasse largement celui des États-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine.
Méthodologie
Les chiffres relatifs à l'aide militaire, financière et humanitaire de l'Europe à l'Ukraine peuvent différer selon les sources, par exemple entre l'Institut Kiel et le Conseil de l'Union européenne.
Ces écarts proviennent de divergences méthodologiques dans la manière de classer les différentes formes d'aides d’une part, et des pays inclus ou non dans les chiffres, d'autre part. L'institut Kiel détaille par exemple tous les États membres de l'UE et intègre les États européens non membres, tandis que le Conseil agrège les aides fournies par les institutions de l'UE et par ses États membres, tout en excluant les États non membres.
L'aide européenne a augmenté significativement en 2025 selon les chiffres de l'Institut Kiel : le soutien militaire européen s'est accru de 67 % et l'aide non militaire, de 59 % par rapport à la moyenne de 2022-2024. Grâce à l'effort européen, le volume total de l'aide allouée à Kiev est resté relativement stable l'an passé, malgré l'arrêt total du soutien américain.
Toutefois, sur le plan militaire, le soutien global à l'Ukraine s'effrite. L'aide militaire allouée au pays en guerre en 2025 était inférieure de 13 % à la moyenne annuelle entre 2022 et 2024, en raison du retrait complet des États-Unis depuis l'investiture du président Trump en janvier 2025. Les efforts européens pour compenser le désengagement des États-Unis n'ont pas suffi à renverser la vapeur. Sur le plan humanitaire et financier, la baisse a été moins importante, l'aide totale ayant diminué de 5 % par rapport aux trois dernières années.
S'agissant de l'aide financière et humanitaire, la part des allocations versée par l'UE est passée d'environ 50 % en 2022 à près de 90 % en 2025. Le soutien à l'Ukraine tend donc à se répartir de manière plus équitable au sein de l'Union, en fonction de la part du PIB de chaque pays. Sauf pour l'aide militaire, qui repose très majoritaire sur des contributions bilatérales des États membres, et dont la répartition est moins équitable.
D'après l'Institut Kiel, l'augmentation de l'aide militaire pour compenser le retrait des États-Unis se concentre de plus en plus sur un petit nombre de pays. Les États d'Europe occidentale ont contribué à 62 % du total des aides militaires européennes en 2025. Entre 2022 et 2025, l'Allemagne et le Royaume-Uni (pays non membre de l'UE) ont représenté environ les deux tiers de l'aide militaire de l'Europe occidentale entre 2022 et 2025. L'Europe du nord figure en deuxième position. En revanche, les États d'Europe de l'est et du sud ont progressivement réduit leur contribution à l'effort européen depuis le début de la guerre : en Europe de l'est, la part est passée de 17 % en 2022 à 2 % en 2025 ; en Europe du sud, elle a diminué au cours de la même période, passant de 7 à 3 %.

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