
22.04.2026 à 17:26
Comment l’actualité internationale, et plus particulièrement la question palestinienne, est-elle traitée dans les médias français ? Dans cet échange, Khadija Toufik revient sur son parcours de journaliste indépendante où elle a été confrontée pendant trois ans aux réalités concrètes du travail en zone de conflit en Cisjordanie et en Israël. À travers cette expérience de terrain, elle propose une réflexion critique sur la manière dont ce conflit est abordé dans les médias français, en interrogeant les choix éditoriaux, parfois influencés par des intérêts politiques ou économiques. Comment la situation à Gaza est-elle traitée dans les chaînes d’information en continu ? Dans quelle mesure ces traitements médiatiques sont-ils orientés ? Comment les journalistes travaillent-ils concrètement en Cisjordanie occupée et en Israël ? Les récits dominants dans les médias reflètent-ils fidèlement les réalités du terrain ? Enfin, dans quelle mesure les journalistes indépendants peuvent-ils encore faire entendre leur voix et transmettre l’information face à des médias largement détenus par de grands groupes ou intégrés au service public ? Autant de questions au cœur de ce podcast avec Khadija Toufik, journaliste spécialisée dans la couverture des zones de guerre, et notamment sur le conflit israélo-palestinien.
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Comment l’actualité internationale, et plus particulièrement la question palestinienne, est-elle traitée dans les médias français ? Dans cet échange, Khadija Toufik revient sur son parcours de journaliste indépendante où elle a été confrontée pendant trois ans aux réalités concrètes du travail en zone de conflit en Cisjordanie et en Israël. À travers cette expérience de terrain, elle propose une réflexion critique sur la manière dont ce conflit est abordé dans les médias français, en interrogeant les choix éditoriaux, parfois influencés par des intérêts politiques ou économiques. Comment la situation à Gaza est-elle traitée dans les chaînes d’information en continu ? Dans quelle mesure ces traitements médiatiques sont-ils orientés ? Comment les journalistes travaillent-ils concrètement en Cisjordanie occupée et en Israël ? Les récits dominants dans les médias reflètent-ils fidèlement les réalités du terrain ? Enfin, dans quelle mesure les journalistes indépendants peuvent-ils encore faire entendre leur voix et transmettre l’information face à des médias largement détenus par de grands groupes ou intégrés au service public ? Autant de questions au cœur de ce podcast avec Khadija Toufik, journaliste spécialisée dans la couverture des zones de guerre, et notamment sur le conflit israélo-palestinien.
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22.04.2026 à 17:18
Notre époque de bavardage et de bruits omniprésents n’aime pas le silence et encore moins, à l’heure de la transparence généralisée, le secret. C’est peut-être pour cette raison qu’elle éprouve les plus grandes difficultés à comprendre le phénomène mafieux. Non pas tel qu’il est appréhendé généralement — une vulgaire manifestation du crime —, mais comme réalité née dans un contexte historique et spatial précis, celui du royaume des Deux-Siciles au XIXe siècle, et caractérisée par des modes de fonctionnements particuliers et spécifiques. À l’heure où les mœurs de la jet-set criminelle s’apparentent de plus en plus à ceux des « people », où des voyous marseillais convoquent des conférences de presse et recrutent sur les réseaux sociaux, qu’au Mexique les cartels multiplient les exactions spectaculaires, les mafias italiennes et leur déclinaison américaine persévèrent dans leur être. Un être antagonique aux « valeurs » de la société du spectacle où « ce qui apparaît est bon et ce qui est bon apparaît ». Avec L’Argot de la mafia et Les Sociétés du silence, Jean-François Gayraud poursuit son travail de compréhension du fonctionnement des mafias italiennes, entamé il y a une vingtaine d’années, singulièrement de leur étonnante capacité de résistance.
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Notre époque de bavardage et de bruits omniprésents n’aime pas le silence et encore moins, à l’heure de la transparence généralisée, le secret. C’est peut-être pour cette raison qu’elle éprouve les plus grandes difficultés à comprendre le phénomène mafieux. Non pas tel qu’il est appréhendé généralement — une vulgaire manifestation du crime —, mais comme réalité née dans un contexte historique et spatial précis, celui du royaume des Deux-Siciles au XIXe siècle, et caractérisée par des modes de fonctionnements particuliers et spécifiques. À l’heure où les mœurs de la jet-set criminelle s’apparentent de plus en plus à ceux des « people », où des voyous marseillais convoquent des conférences de presse et recrutent sur les réseaux sociaux, qu’au Mexique les cartels multiplient les exactions spectaculaires, les mafias italiennes et leur déclinaison américaine persévèrent dans leur être. Un être antagonique aux « valeurs » de la société du spectacle où « ce qui apparaît est bon et ce qui est bon apparaît ». Avec L’Argot de la mafia et Les Sociétés du silence, Jean-François Gayraud poursuit son travail de compréhension du fonctionnement des mafias italiennes, entamé il y a une vingtaine d’années, singulièrement de leur étonnante capacité de résistance.
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22.04.2026 à 15:18
Depuis quelque temps, les nuages s’accumulent dangereusement sur Donald Trump. Pour la première fois de sa carrière politique, le président se retrouve fragilisé sur tous les fronts. Cette guerre en Iran dans laquelle il s’est lancé contre l’avis de son vice-président JD Vance, de sa cheffe de cabinet Susie Wiles, de la plupart des généraux du Pentagone et d’une partie significative des républicains, ébranle pour la première fois depuis dix ans sa base MAGA. Cette base qui jusqu’à présent l’aurait suivi jusqu’en enfer, qui l’a suivi lors de l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Congrès, dont il pourrait avoir besoin dans des circonstances similaires, est en train de se détourner de lui. Les sondages montrent qu’environ un quart des républicains désapprouvent la gestion de la guerre par Trump, et seule la moitié d’entre eux soutiennent « fortement » sa politique iranienne — un chiffre alarmant pour un président qui a bâti son empire sur une loyauté inconditionnelle. Ces électeurs se sentent trahis par ce président qui avait promis de ne jamais entraîner le pays dans une de ces guerres style Irak ou Afghanistan. Fragilisé donc à l’intérieur, à quelques mois des midterms qui s’annoncent être une véritable Bérézina, le président a continué à accumuler les bourdes. La plus lourde étant de s’en prendre directement au pape Léon XIV, blessant ainsi la communauté catholique américaine. Trump a accusé Léon XIV d’être « FAIBLE sur la criminalité, et terrible en politique étrangère », une attaque sans précédent dans l’histoire des relations entre la Maison-Blanche et le Vatican. L’électorat catholique étant assez fluctuant et représentant environ 20 % des Américains concentrés dans les États pivots, il est à craindre qu’une partie d’entre eux se détourne de lui pour les prochaines élections. Sans parler des évangéliques qui n’apprécient pas qu’on critique et qu’on attaque une personnalité religieuse de […]
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Depuis quelque temps, les nuages s’accumulent dangereusement sur Donald Trump. Pour la première fois de sa carrière politique, le président se retrouve fragilisé sur tous les fronts. Cette guerre en Iran dans laquelle il s’est lancé contre l’avis de son vice-président JD Vance, de sa cheffe de cabinet Susie Wiles, de la plupart des généraux du Pentagone et d’une partie significative des républicains, ébranle pour la première fois depuis dix ans sa base MAGA.
Cette base qui jusqu’à présent l’aurait suivi jusqu’en enfer, qui l’a suivi lors de l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Congrès, dont il pourrait avoir besoin dans des circonstances similaires, est en train de se détourner de lui. Les sondages montrent qu’environ un quart des républicains désapprouvent la gestion de la guerre par Trump, et seule la moitié d’entre eux soutiennent « fortement » sa politique iranienne — un chiffre alarmant pour un président qui a bâti son empire sur une loyauté inconditionnelle. Ces électeurs se sentent trahis par ce président qui avait promis de ne jamais entraîner le pays dans une de ces guerres style Irak ou Afghanistan.
Fragilisé donc à l’intérieur, à quelques mois des midterms qui s’annoncent être une véritable Bérézina, le président a continué à accumuler les bourdes. La plus lourde étant de s’en prendre directement au pape Léon XIV, blessant ainsi la communauté catholique américaine. Trump a accusé Léon XIV d’être « FAIBLE sur la criminalité, et terrible en politique étrangère », une attaque sans précédent dans l’histoire des relations entre la Maison-Blanche et le Vatican. L’électorat catholique étant assez fluctuant et représentant environ 20 % des Américains concentrés dans les États pivots, il est à craindre qu’une partie d’entre eux se détourne de lui pour les prochaines élections. Sans parler des évangéliques qui n’apprécient pas qu’on critique et qu’on attaque une personnalité religieuse de premier plan.
Le pompon de ces dérives est évidemment venu avec cette image générée par intelligence artificielle que le président américain lui-même a partagée sur Truth Social : on l’y voyait vêtu comme le Christ en guérisseur aux pouvoirs magiques, drapé dans une robe blanche et une écharpe rouge, la main tendue sur un malade.
L’image a provoqué un tollé, y compris parmi ses propres soutiens conservateurs. Brilyn Hollyhand, ancienne coprésidente du Conseil consultatif des jeunes du Comité national républicain, a dénoncé un « blasphème grossier ». La chroniqueuse conservatrice Megan Basham a qualifié le post de « blasphème SCANDALEUX ». Même Riley Gaines, la nageuse devenue icône conservatrice pour sa « lutte » contre les athlètes transgenres, a appelé Donald Trump à faire preuve « d’un peu d’humilité ».
De mauvais jours, donc, pour le président. Mais au-delà de l’anecdote de cette image, le bras de fer qu’il a entamé avec Léon XIV n’est pas près de s’arrêter. L’affront suprême est venu lorsque le pape, invité pour le 4 juillet 2026 à célébrer le 250e anniversaire des États-Unis, a préféré se rendre à Lampedusa, cette minuscule île italienne de Méditerranée qui sert de porte d’entrée aux migrants venus d’Afrique du Nord.
L’invitation avait été personnellement remise au pape par le vice-président JD Vance en mai 2025, mais le Vatican a annoncé le 21 février 2026 que le pontife passerait le 4 juillet sur Lampedusa plutôt qu’à Washington. Un signe politique énorme pour ce premier pape américain.
Le contraste ne pourrait être plus saisissant : Trump envisage des survols de F-35 et des feux d’artifice dans le ciel de la capitale, tandis que Léon XIV se tiendra sous le même soleil à Lampedusa, accueillant des étrangers.
Ce qui rend ce duel particulièrement intéressant, c’est que Léon XIV possède un atout dont aucun pape n’a jamais disposé face à un président américain : né à Chicago, il parle évidemment un anglais parfait et comprend intimement la culture politique américaine, éliminant ainsi toute ambiguïté de traduction. Contrairement aux papes précédents qui s’appuyaient sur des traductions permettant au Vatican de recalibrer le ton après des remarques controversées, Léon s’exprime directement et avec précision. Quand il dénonce « l’illusion de la toute-puissance » ou déclare que « Dieu ne bénit aucun conflit », il sait exactement ce qu’il dit et comment cela résonnera à Washington.
Il est fort à parier que ce duel à distance se poursuive au cours des prochaines semaines et des mois, et ne fasse que s’intensifier. À une tout autre échelle, cela nous rappelle le pape Jean-Paul II face à Jaruzelski, le dictateur polonais. Jean-Paul II a eu la peau de Jaruzelski. Est-ce que Léon XIV sera le tombeur de Donald Trump ? Je n’en sais rien. En tout cas, ce dernier a sans doute pour la première fois trouvé sur la scène internationale une personnalité de premier plan qui joue au même niveau de notoriété internationale et qui lui tient tête. Le pape a d’ailleurs déclaré aux journalistes : « Je n’ai aucune crainte ni de l’administration Trump ni de parler haut et fort du message de l’Évangile ».
Cette bataille n’est pas non plus sans rappeler celle qui pendant des siècles opposa les différents papes aux empereurs du Saint-Empire romain germanique. Comme quoi l’histoire a la manie de se répéter.
Romuald Sciora dirige l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS, où il est chercheur associé. Essayiste et politologue franco-américain, il est l’auteur de nombreux ouvrages, articles et documentaires et intervient régulièrement dans les médias internationaux afin de commenter l’actualité. Il vit à New York.
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22.04.2026 à 10:09
À l’aube du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis, de nombreux débats émergent sur l’évolution politique étasunienne et leur rôle sur la scène internationale. Dans un contexte marqué par de fortes divisions internes, des tensions géopolitiques croissantes et des rivalités entre puissances, une interrogation persiste : le pays est-il à un moment charnière de son histoire ? C’est dans cette perspective que s’inscrit l’ouvrage « America at 250 : At Home and Beyond », qui propose une analyse des dynamiques politiques, sociales et internationales, tout en offrant une réflexion sur les transformations et les défis des États-Unis à l’approche de cet anniversaire symbolique. À cette occasion, Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS, et co-directeur de cet ouvrage avec Robert Shapiro, répond à nos questions :
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À l’aube du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis, de nombreux débats émergent sur l’évolution politique étasunienne et leur rôle sur la scène internationale. Dans un contexte marqué par de fortes divisions internes, des tensions géopolitiques croissantes et des rivalités entre puissances, une interrogation persiste : le pays est-il à un moment charnière de son histoire ? C’est dans cette perspective que s’inscrit l’ouvrage « America at 250 : At Home and Beyond », qui propose une analyse des dynamiques politiques, sociales et internationales, tout en offrant une réflexion sur les transformations et les défis des États-Unis à l’approche de cet anniversaire symbolique.
À cette occasion, Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS, et co-directeur de cet ouvrage avec Robert Shapiro, répond à nos questions :
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21.04.2026 à 17:40
Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Jean-François Corty, chercheur associé à l’IRIS et président de Médecins du monde, autour de l’urgence de la situation humanitaire au Liban.
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Chaque mardi, Pascal Boniface reçoit un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec Jean-François Corty, chercheur associé à l’IRIS et président de Médecins du monde, autour de l’urgence de la situation humanitaire au Liban.
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21.04.2026 à 15:06
Things are moving head-spinningly fast. Developments in the Middle East, in particular, have made more twists and turns than most of us can even keep up with. With all the air strikes and twitter-born threats, though, we may lose sight of just how antiquated much of our current foreign policy is. There is something truly archaic about Donald Trump’s approach to international relations. Many of us tend to think “Make America Great Again” harkens back to some golden time in relatively recent memory, perhaps the go-go years of the Reagan 1980s. I’m not so sure. I’m struck by how much Trump’s worldview mostly seems to come from my grandfather’s time or even before. So many of his major policy initiatives have a 19th century sensibility, or at best a mid-20th century one. I would be surprised to learn that the President had done significant research into the history of American diplomacy, or that he had reflected deeply on how he wanted to tie his own policy into the longer-term currents of US politics. But I so often have the feeling that Donald Trump is channeling some inchoate version of an older American story dimly recalled from his 1950s elementary school American history class in Queens. His vision is that of an old man, largely inaccessible even to middle-aged Americans, much less young voters. Trump has been lucky, thus far, that the vision fortuitously resonates with his base, even if his supporters don’t necessarily get the references. There’s an irony here. Donald Trump is in many respects the most revolutionary president the United States has had in the post-war period, and perhaps ever. He has challenged our alliances and longstanding partnerships, mostly abandoned a leadership role in a global system in large part created by his predecessors, rejected the free-trade philosophy […]
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Things are moving head-spinningly fast. Developments in the Middle East, in particular, have made more twists and turns than most of us can even keep up with. With all the air strikes and twitter-born threats, though, we may lose sight of just how antiquated much of our current foreign policy is.
There is something truly archaic about Donald Trump’s approach to international relations. Many of us tend to think “Make America Great Again” harkens back to some golden time in relatively recent memory, perhaps the go-go years of the Reagan 1980s. I’m not so sure. I’m struck by how much Trump’s worldview mostly seems to come from my grandfather’s time or even before. So many of his major policy initiatives have a 19th century sensibility, or at best a mid-20th century one. I would be surprised to learn that the President had done significant research into the history of American diplomacy, or that he had reflected deeply on how he wanted to tie his own policy into the longer-term currents of US politics. But I so often have the feeling that Donald Trump is channeling some inchoate version of an older American story dimly recalled from his 1950s elementary school American history class in Queens. His vision is that of an old man, largely inaccessible even to middle-aged Americans, much less young voters. Trump has been lucky, thus far, that the vision fortuitously resonates with his base, even if his supporters don’t necessarily get the references.
There’s an irony here. Donald Trump is in many respects the most revolutionary president the United States has had in the post-war period, and perhaps ever. He has challenged our alliances and longstanding partnerships, mostly abandoned a leadership role in a global system in large part created by his predecessors, rejected the free-trade philosophy that has guided American economic policy for 80 years or more. Further, he is the first American leader to have fully embraced social media, understood intuitively how to harness this revolutionary new way of communicating directly with his supporters without being filtered through traditional media. Overall, though, his revolution smacks more of radical reaction than innovative change.
One often has the impression that Trump sees himself as the president after Ulysses S. Grant instead of the one after Joe Biden. His take on foreign policy seems in many ways much more like his late 19th century predecessors than his early 21st century ones. The America of that time – a continental power in full territorial expansion, largely outside the power struggles of Europe or Asia, its industry growing by leaps and bounds behind exclusionary tariffs – may be the very America he means us to rediscover.
That would certainly explain his rather old-fashioned approach to foreign policy. In the first hundred years or so of its existence, the United States grew from thirteen original states hugging the Atlantic seaboard to a vast American empire. Sometimes, our expansion came through conquest, with the Mexican American War in the 1840s, for example, bringing in vast new lands from Texas to California. Sometimes, we made some very astute real estate deals, like the Louisiana Purchase in the early 19th century or the acquisition of vast Alaska from the Russians in the 1860s. The idea was that huge, “empty” territories were there for the taking, that entrepreneurial, courageous Americans had the right to exploit the riches of unexplored wild lands. In that context, Trump’s periodic obsession with Greenland, for example, makes perfect sense. Indeed, the first serious thinking about the United States acquiring Greenland came in 1867 right after our purchase of Alaska, when the Andrew Johnson Administration commissioned a study on the possibility. There were a few more aborted attempts to get the territory subsequently.
Similarly, Trump’s frequent focus on Latin America harks back to a much earlier time. With its “Donroe Doctrine” – what a ridiculous name – this administration makes a clear link with the 1823 Monroe Doctrine, which sought to ensure that great powers of the day left Latin America to US influence. Its modern version, as laid out in State Department planning documents, essentially seeks the same. “Under the new ‘Donroe Doctrine,’” the most recent Agency Strategic Plan says, “the United States has re-established absolute primacy in our hemisphere—both by bringing anti-American and rogue states to heel, and by forging powerful new security and economic partnerships with like-minded states.” Trump has repeated the long and often painful history of 19th and 20th century interferences in the region in places like Panama, Nicaragua, Honduras, Cuba, Haiti, the Dominican Republic, Chili, and so on. Trump’s old-school intervention in Venezuela to overthrow President Maduro, his sometime blockade of Cuba, and his frequent comments on the desirability of a return the Panama Canal to American suzerainty all seem like they’re torn from some history of Yankee imperialism from past centuries.
His on-again, off-again trade wars feel equally dated. In the 1800s, tariffs were a primary source of revenue for the federal government, and particularly in the later half of the century high tariffs were used to dope up America’s burgeoning industrial growth. Some of the highest import duties in the history of the United States were imposed not under Donald Trump but under President Benjamin Harrison in 1890. The so-called McKinley Tariffs reached as much as 50% on most imported goods. Trump seems bent of returning us to that era. You could almost imagine him dreaming of new railroads being built across the continent, the first skyscrapers going up in cities like New York and Chicago, the first Model-T Fords coming off the assembly line, all encouraged and protected by a wall of trade barriers.
His immigration policy, obviously, seeks to bring us back to an earlier time. Until the adoption of the Immigration and Nationality Act (INA) of 1965 under President Johnson, America’s immigration law was overtly and unabashedly racist. The Chinese Exclusion Act in the 1882 and the Immigration Act of 1924 sought to impose a policy that overwhelming favored immigration from northern and western Europe. The 1924 law also created the Border Patrol, so active under this administration. Trump’s immigration policy goes right back to those days, self-consciously. The architect of his war on immigrants, White House Deputy Chief of Staff Stephen Miller, has been overtly critical of the INA’s end to geographic quotas. “If you bring those societies into our country and then give them free welfare, what do we think is going to happen,” he said on Fox News in December. “We need a moratorium on immigration from Third World countries until we can heal ourselves as a nation.”
Even the current war with Iran, apparently now on hold for the moment, pulls us back into an earlier time. Of course, as Trump may or may not know, this is not the first time we’ve sought regime change in Iran. The CIA played a major role in the overthrow of Iranian Prime Minister Mohammed Mossadegh in 1953, after the populist politician moved to nationalize British Petroleum. Of course, that CIA-sponsored coup gave us the Shah, the best friend both the United States and Israel had in the region for a quarter century. The Shah, unfortunately, was also the leader whose regime provoked the Iranian revolution and inadvertently brought us the current hardline theocratic regime that has proven so problematic for American policy over the last forty years. With his threats to bomb Iran into the Stone Age, Trump seems to have drawn few lessons from the failure of overwhelming American airpower to create the political conditions for victory in places like Vietnam or Afghanistan. Trump instead seems to be channeling General Curtis Lemay, the head of Strategic Air Command when Trump was a boy. Lemay, a forceful advocate massive air power, once said, “if you kill enough of them, they stop fighting.”
Retrouvez régulièrement les éditos de Jeff Hawkins, ancien diplomate américain, chercheur associé à l’IRIS, pour ses Carnets d’un vétéran du State Department.
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21.04.2026 à 12:25
Ce texte est un complément à l’entretien avec Cédric Villani, mathématicien et ancien député, dans le cadre du dossier de La Revue internationale et stratégique n° 141, « Guerre des systèmes : un abécédaire de la résilience » (printemps 2026). Intitulé « Modéliser l’instabilité ? La complexité au service de la décision stratégique », ce grand entretien disponible dans la revue évoque tour à tour la pensée des systèmes complexes, la modélisation et des scénarios, non pour prédire, mais pour éclairer la décision sous contrainte d’incertitude. Cédric Villani, dans ce complément uniquement consultable en ligne, revient sur le rôle des scientifiques dans les débats public dans un contexte d’attaque croissante contre la science. Quel rôle les scientifiques peuvent-ils jouer aujourd’hui dans le débat public, face à la montée des contestations de la science, sans se substituer aux politiques, mais en faisant entendre la spécificité de leur démarche ? Le scientifique et le politique poursuivent des finalités distinctes. Le scientifique cherche le vrai, au prix du doute et de la révision permanente ; le politique cherche le juste, c’est-à-dire ce qu’il est légitime de décider. Le premier, le scientifique, ne doit pas adapter sa recherche aux attentes du pouvoir, mais peut tenir compte du contexte pour évaluer le champ des possibles, à l’instar du groupe de travail 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), celui qui travaille sur les actions. Le second, le politique, peut – et devrait – s’appuyer sur l’état des connaissances. L’indépendance entre scientifique et politique est un principe fondateur des modernes, afin de garantir la liberté académique et d’éviter la distorsion de la science. On pourra objecter que la période est à la défiance envers les scientifiques. Mais dans les crises récentes, la défiance actuelle ne vise pas tant la science que le système scientifique, perçu comme institutionnel et parfois instrumentalisé, avec des […]
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Ce texte est un complément à l’entretien avec Cédric Villani, mathématicien et ancien député, dans le cadre du dossier de La Revue internationale et stratégique n° 141, « Guerre des systèmes : un abécédaire de la résilience » (printemps 2026). Intitulé « Modéliser l’instabilité ? La complexité au service de la décision stratégique », ce grand entretien disponible dans la revue évoque tour à tour la pensée des systèmes complexes, la modélisation et des scénarios, non pour prédire, mais pour éclairer la décision sous contrainte d’incertitude. Cédric Villani, dans ce complément uniquement consultable en ligne, revient sur le rôle des scientifiques dans les débats public dans un contexte d’attaque croissante contre la science.
Quel rôle les scientifiques peuvent-ils jouer aujourd’hui dans le débat public, face à la montée des contestations de la science, sans se substituer aux politiques, mais en faisant entendre la spécificité de leur démarche ?
Le scientifique et le politique poursuivent des finalités distinctes. Le scientifique cherche le vrai, au prix du doute et de la révision permanente ; le politique cherche le juste, c’est-à-dire ce qu’il est légitime de décider. Le premier, le scientifique, ne doit pas adapter sa recherche aux attentes du pouvoir, mais peut tenir compte du contexte pour évaluer le champ des possibles, à l’instar du groupe de travail 3 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), celui qui travaille sur les actions. Le second, le politique, peut – et devrait – s’appuyer sur l’état des connaissances. L’indépendance entre scientifique et politique est un principe fondateur des modernes, afin de garantir la liberté académique et d’éviter la distorsion de la science.
On pourra objecter que la période est à la défiance envers les scientifiques. Mais dans les crises récentes, la défiance actuelle ne vise pas tant la science que le système scientifique, perçu comme institutionnel et parfois instrumentalisé, avec des chercheurs assimilés à des relais du pouvoir. Pour restaurer la confiance, il est donc crucial que les scientifiques puissent s’adresser directement aux citoyens, en dehors d’une parole strictement institutionnelle, et assumer des démarches d’incarnation et de proximité, dans la mesure du raisonnable. À l’inverse, on observe aux États-Unis une mise à l’écart plus brutale, où le pouvoir nie la légitimité scientifique et censure des champs de recherche. Face à ces deux risques – défiance sociale et pression politique –, la mission du scientifique est double : préserver une recherche indépendante et rappeler au politique que, s’il demeure seul décisionnaire, ses choix gagnent à être éclairés par la science.
Les modalités d’interaction entre science et politique sont bien décrites par Roger A. Pielke qui, dans The Honest Broker[1], distingue quatre configurations. La première est celle du scientifique fournisseur de savoir, qui publie des résultats et laisse au politique le soin d’en tirer des conséquences. La deuxième correspond à la réponse à une commande, lorsque les académies ou les experts sont sollicités pour éclairer une décision précise. La troisième est celle de l’alerte collective, lorsque les scientifiques se mobilisent pour signaler une urgence, comme le GIEC sur le climat ou, en France, les chercheurs alertant sur Parcoursup face à l’évolution de la démographie universitaire. Enfin, la quatrième consiste à proposer des scénarios cohérents sans prescrire un choix unique, à l’image des travaux de RTE présentant différentes trajectoires énergétiques.
Dans le contexte actuel, marqué par une forte accélération des crises, une technicisation croissante des enjeux et une tendance à décider sur la base de faits divers ou d’émotions, le rôle central du scientifique est aussi celui de vigie. Il s’agit de rappeler les ordres de grandeur, de vérifier la cohérence des raisonnements et de dénoncer les récits infondés, qu’ils concernent la sécurité, la technologie ou le climat. L’exemple de la compensation carbone est révélateur : présenter comme décisifs des projets dont l’impact réel sur les émissions reste marginal, tout en générant des gains financiers importants, relève d’une incohérence manifeste que le scientifique doit signaler. Le fait que ces solutions se réclament de la science et utilisent un haut niveau de technicité, rend la prise de parole du scientifique d’autant plus légitime, voire indispensable. Une entreprise qui réalise le centième, voire le millième de ce qu’elle a annoncé, dans un débat de société existentiel, ne doit recevoir aucune indulgence du fait qu’elle est très consommatrice de technologie ; au contraire, elle doit être évaluée avec plus d’exigence. Et cette fonction critique du scientifique ne vise pas à décider à la place du politique, mais à préserver un cadre rationnel du débat, à condition d’être portée par des voix identifiables.
Dans un débat public souvent structuré de manière manichéenne, la mission du scientifique ne consiste-t-elle pas aussi, parfois, à recomplexifier des enjeux simplifiés à l’extrême ?
Les formulations du type « pour ou contre l’action climatique » ou « pour ou contre la guerre » réduisent des systèmes complexes à des oppositions binaires dans l’espace public. Or la démarche scientifique repose sur la nuance et l’incertitude, qui sont difficilement compatibles avec des formats médiatiques qui privilégient les positions tranchées. L’idéal consiste à articuler une analyse rigoureuse et nuancée avec des messages suffisamment simples pour être audibles et mobilisateurs. L’histoire intellectuelle et politique montre que cette dialectique n’est pas nouvelle ; la pensée marxiste, par exemple, associait un corpus théorique d’une extrême densité, élaboré dans un cadre universitaire, à sa condensation en mots d’ordre clairs et opératoires, capables de circuler largement et de structurer l’action collective. Cette capacité à traduire une complexité analytique en formules simples, sans en nier totalement la profondeur, demeure une condition centrale de l’efficacité politique dans l’espace public contemporain.
Cette tension a été exploitée par les « fabriques du doute », analysées par Erik Conway et Naomi Oreskes dans Les marchands de doute[2], qui retournent la nuance scientifique contre l’action publique, et souvent s’en servent pour piéger les scientifiques eux-mêmes. L’histoire du GIEC en témoigne : comme le montre Nathaniel Rich dans Perdre la Terre[3], les premiers rapports ont longtemps été entravés par des débats sur le choix des mots – « certain », « probable », « possible » – dont le sens diffère entre science et espace public, retardant la formulation d’un message politiquement efficace.
Voici une anecdote historique frappante. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le grand physicien italien Enrico Fermi, qui passait pour le meilleur expérimentateur nucléaire en dehors des Allemands et de Frédéric Joliot-Curie resté en France, refusait de mener les expériences sur la fission de l’uranium. Leo Szilard, Israel Rabi et les autres brillants théoriciens du projet Manhattan le pressaient d’essayer, mais lui ne croyait pas à la réaction en chaîne de l’uranium. Pressé, il dit qu’il n’y avait que 10 % de chances que cela se produise. Les collègues se récrièrent : 10% de chances, pour un phénomène aussi grave que la possibilité d’une arme absolue, évidemment c’est beaucoup ! En théorie de la décision, il faut pondérer la probabilité scientifique par les conséquences potentielles. E. Fermi fit les expériences avec L. Szilard – la première réaction en chaîne contrôlée. On connaît la suite.
L’histoire de la bombe abonde en leçons toujours d’actualité sur la gestion anticipée, au croisement de la science, de la politique et de la responsabilité collective. Y compris bien sûr dans ses conséquences non désirées, et L. Szilard devint un ardent pacifiste, animateur des conférences Pugwash pour le désarmement, de la Doomsday Clock – l’horloge de l’apocalypse, mesurant le temps que les physiciens nucléaires évaluent avant la guerre atomique, incidemment aujourd’hui elle est plus proche de minuit que jamais depuis sa création.
Finalement, face à un phénomène grave qui peut affecter toute la société, il est important d’écouter et de susciter des recherches qui permettent de mieux l’appréhender, et d’adopter des mesures proportionnées. Cela semble du bon sens, non ? C’est exactement ce que dit le principe de précaution, tellement décrié par quantité de gens qui ne l’ont jamais lu, dans le bloc constitutionnel français. Et encore, ce principe n’est inscrit que pour les dommages à l’environnement, il mériterait de s’appliquer à tous les sujets graves. Non comme un principe d’inaction, mais comme un cadre rationnel pour décider dans l’incertitude lorsque l’impact potentiel impose d’agir.
Propos recueillis par Léa Samara, Julia Tasse et Marc Verzeroli, le 8 janvier 2026.
[1] NDLR : Roger A. Pielke Jr., The Honest Broker. Making Sense of Science in Policy and Politics (New York : Cambridge University Press, 2007)
[2] NDLR : Erik Conway et Naomi Oreskes, Les marchands de doute (Paris : Presses universitaires de France, 2021).
[3] NDLR : Nathaniel Rich, Perdre la Terre. Une histoire de notre temps (Paris : Points, 2020).
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