18.12.2024 à 00:05
Xavier Niel, start-upper en pornocratie puis, de fil en aiguille, magnat de la presse et des télécoms en passant par les cases ordinaires d'abus de biens sociaux et autres optimisations fiscales en cascade – n'allez pas croire qu'on entre au top 10 du classement Forbes comme dans un séminaire franciscain –, vient de sortir un livre d'entretien chez Flammarion, Une sacrée envie de foutre le bordel. Que ce titre viril et racoleur, je n'ose pas « démagogique » depuis que le mot ne désigne officiellement que le programme économique du Nouveau Front populaire, ne trompe personne : je ne l'ai pas lu, je ne le lirai pas, et je n'en ferai donc pas ici une critique éclairée ni une fiche de lecture bien sentie. Ce que je trouve beaucoup plus intéressant, c'est la façon dont le service public radiophonique accueille le repris de justice, pardon l'auteur, pour la promo de son bouquin. Ça m'a même inspiré un courrier à Guillaume Erner qui a interviewé l'oligarque, pardon l'entrepreneur, sur la matinale de France Culture vendredi dernier. Voici ce courrier. Je n'ai pas eu de réponse.
Continuer la lecture…24.10.2024 à 08:44
« Il sue, il tremble, il siffle, il hennit, il se ralentit, il s'emporte »…
Mais de qui Victor Hugo parle ainsi ?
Il parle du train, il parle de la locomotive, il parle de ce cheval de fer, il parle de son premier voyage en train le 22 août 1837 entre Anvers et Bruxelles à la vitesse extraordinaire de plus de douze lieues à l'heure, plus de 50 kilomètres à l'heure avec 500 voyageurs à bord ! C'est une lettre à Adèle sa femme, rapidement écrite comme la rapidité qu'il décrit et qui va bouleverser les perceptions jusque-là connues, notre temps et notre espace ne seront plus jamais les mêmes, ni la vie humaine.
Une première historique et un immense bouleversement. C'est le tout début du train pour voyageurs. Une révolution aussi considérable que la révolution numérique d'aujourd'hui. En 1800, il vous fallait plus de dix jours pour aller de Paris à Bordeaux en diligence, le moyen le plus rapide. En 1870, il vous faudra moins de onze heures de train. On a gagné neuf jours. Pour les voyageurs comme pour les marchandises, comme pour les armées et les lettres d'amour.
Continuer la lecture…23.10.2024 à 11:49
La France insoumise ? « Antisémite ». Jean-Luc Mélenchon ? « Antisémite ». Guillaume Meurice ? « Antisémite ».
Et même, maintenant, à en croire Bernard-Henri Lévy, le très respectable Dominique de Villepin, diplomate, ancien ministre des affaires étrangères et ancien premier ministre, serait à ranger dans la liste des dangereux antisémites. Tout comme avant lui Edgar Morin, Noam Chomsky, Pierre Bourdieu ou encore Pascal Boniface avaient eu à subir cet opprobre.
Faut-il alors croire qu'en quelques années l'antisémitisme serait subitement passé de l'extrême droite à la gauche ? Il s'agit en réalité d'une stratégie qui vise à disqualifier toutes les critiques d'Israël en les taxant de la pire épithète au monde : « antisémite ». Et par voie de conséquence à redéfinir un nouvel arc républicain qui exclurait la gauche – devenue antisémite – mais inclurait l'extrême droite – soutien de Benyamin Nétanyahou et donc lavée de tout soupçon d'antisémitisme. Bref en somme une tentative de bannir la gauche du champ des possibles politiques. Histoire et décryptage de cette stratégie fondée sur la diffamation avec Serge Halimi et Pierre Rimbert, auteurs d'un article remarquable dans Le Monde diplomatique du mois d'octobre, « L'art de la diffamation politique ».
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