01.04.2025 à 21:00
La sociologue Monique Pinçon-Charlot, qui a longtemps analysé avec son mari Michel Pinçon les mécanismes de la domination oligarchique, publie un nouveau livre sur le chaos climatique et elle n'y va pas avec le dos de la cuiller en bambou. Entretien.
Les riches détruisent la planète, comme l'écrivait le journaliste Hervé Kempf. On le sait. Ils le savent. Ils le savent même depuis bien longtemps ! Le nouveau livre de Monique Pinçon-Charlot risque de ne pas plaire à tout le monde. Dans Les riches contre la planète, elle raconte comment une poignée de milliardaires est en train d'accumuler des profits pharaoniques en détruisant la nature, les animaux, les êtres humains et finalement toute la planète, menacée par les émissions de gaz à effet de serre.
Mais surtout, la sociologue analyse comment l'oligarchie, qui a toujours eu une longueur d'avance, organise, encadre et finance sa propre critique et ses contestataires. Histoire que l'écologie ne soit pas un frein au business, mais au contraire l'opportunité de développer de nouveaux marchés selon une « stratégie du choc » décrite par la canadienne Naomi Klein. Le capitalisme fossile est mort ? Vive le capitalisme vert !
Alors que faire ? Arrêter de parler d'« anthropocène », ce n'est pas l'humanité tout entière qui est responsable du dérèglement climatique, mais de « capitalocène », la prédation du vivant étant consciemment exercée par quelques capitalistes des pays les plus riches. Ensuite comprendre ce que masquent les expressions « transition écologique », « neutralité carbone » ou encore « développement durable » forgées par le capitalisme vert. Et surtout lire d'urgence le livre de Monique Pinçon-Charlot pour prendre conscience que les mécanismes de la domination oligarchique s'immiscent partout, y compris là où on ne les attendait pas…
Continuer la lecture…21.03.2025 à 19:24
Tout un été Là-bas, pour tenir bon, pour tenir tête ! Pour découvrir et redécouvrir nos meilleures émissions de la saison, mais aussi des pépites, des idées, des surprises… En mars dernier, la guerre était déjà à nos portes, et notre camarade Olive entendait monter une petite musique médiatique qui voyait dans la guerre un prétexte tout trouvé pour sabrer dans les dépenses sociales. Exemples.
Nous y voilà. L'heure est au patriotisme et nul n'y dérogera car on vous l'a dit très officiellement : la patrie a besoin de vous. À la déliquescence démocratique et l'effondrement social, la bourgeoisie tient enfin sa réponse imparable. Voilà que nous avons un but, un horizon, une feuille de route, un projet commun : la guerre. Le concert médiatique est unanime, le discours martial est en marche et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Viril et plein de morgue, le projet guerrier fleurit plus sûrement sur les ondes que le bourgeon sur les branches de ce jeune printemps. Économie de guerre, effort de guerre, patriotisme, les mots sont choisis et le discours rodé : éditocrates, experts, hommes politiques (de droite), socialistes (de droite), officiers militaires et économistes attitrés se succèdent au micro pour nous vendre avec un enthousiasme mal dissimulé cette lubie mortifère d'un capitalisme à bout de souffle – et qui tient enfin le prétexte parfait pour en finir définitivement avec l'état social. Voici un tour d'horizon de ce tapage médiatique, expression d'une classe dominante en roue libre qui porte haut et fort son virilisme guerrier et sa frénésie antisociale.
Continuer la lecture…24.02.2025 à 21:45
S'il ne devait y avoir qu'un seul chant de bataille, ce serait celui-là ! Des grèves de mineurs aux défilés pour les droits civiques, We Shall Not Be Moved a servi bien des luttes et bien des causes, pas seulement aux États-Unis mais dans le monde entier. Mais comment ce chant d'esclaves né dans les champs de coton américains est-il parvenu jusqu'aux cortèges de la CGT dans sa version française et jusqu'au combat contre les dictatures dans sa version espagnole ? Olivier Besancenot vous raconte un siècle de luttes en une chanson.
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