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20.05.2026 à 15:20

Présenté ce mercredi en conseil des ministres, le projet de loi visant à renforcer l’Etat local prévoit notamment une réforme de l’Agence de l’environnement (Ademe). Alors que le conseil d’administration de l’agence a voté une résolution demandant le retrait de cette réforme, le gouvernement défend « des synergies » entre services locaux de l’Etat et les délégations régionales de l’Ademe.20.05.2026 à 14:58

Économie, culture, environnement, patrimoine... la Méditerranée, creuset de multiples civilisations, est au centre de tous les changements, conflits et évolutions de notre siècle. À travers regards et portraits, en approfondissant un thème ou les réalités d'un pays, « Mediterraneo » propose un regard unique sur les réalités du monde méditerranéen.
Économie, culture, environnement, patrimoine... la Méditerranée, creuset de multiples civilisations, est au centre de tous les changements, conflits et évolutions de notre siècle. À travers regards et portraits, en approfondissant un thème ou les réalités d'un pays, « Mediterraneo » propose un regard unique sur les réalités du monde méditerranéen.20.05.2026 à 14:50

Alors que 78 agents de la ville ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles depuis le début de l’année, une proposition de loi sénatoriale vise à mettre en place une enquête administrative pour vérifier les antécédents judiciaires et le comportement des candidats à des postes d’encadrement des enfants.
Le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien a occupé une bonne partie de la campagne des dernières élections municipales. C’est lors de cette période que le sénateur centriste Hervé Maurey a déposé une proposition de loi visant à permettre « la mise en place d’une enquête administrative et le contrôle des antécédents judiciaires des personnels d’encadrement des enfants ».
Composé d’un article unique, le texte prévoit de modifier le code de sécurité intérieure pour que le recrutement aux emplois publics et privés d’encadrement des enfants puisse être précédé « d’enquêtes administratives » destinées à vérifier que le comportement des candidats « n’est pas incompatible avec l’exercice des fonctions ou des missions envisagées ».
« Il paraît plus que nécessaire de renforcer les contrôles en amont des recrutements, notamment sur les antécédents judiciaires. Il faut généraliser l’accès au casier judiciaire car aujourd’hui le bulletin n° 2 du casier judiciaire n’est demandé qu’au moment de l’examen du BAFA (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur). Or, le BAFA n’est pas nécessairement obligatoire pour travailler au contrat des enfants et entre le moment ou un candidat passe le BAFA, il peut se passer des choses », explique Hervé Maurey avant d’ajouter : « Il faut qu’un maire puisse se renseigner sur le comportement d’un candidat auprès de ses précédents employeurs et pour ça, c’est mieux d’avoir une base juridique ».
Sa proposition a néanmoins été récrite, ce mercredi, en commission des lois par un amendement des rapporteures, Marie Mercier (LR) et Olivier Richard (centriste). « Nous avons proposé une réécriture qui inverse le système proposé par la proposition de loi initiale. Le but est d’harmoniser les modalités de contrôle de l’honorabilité des personnes qui travaillent au contact des mineurs, que ce soit à l’ASE (Aide sociale à l’enfance), dans les crèches, dans le périscolaire ou les professeurs à domicile », explique Olivia Richard.
La commission veut donc rendre obligatoire la présentation d’une attestation d’honorabilité avant toute embauche et toute participation à des missions d’accueil et d’encadrement de mineurs. L’attestation d’honorabilité est remise via la plateforme numérique « SI Honorabilité » en cas d’absence d’infraction inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire entraînant l’incapacité d’exercice, et d’absence d’inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv) du demandeur.
« Nous voulons que les encadrants puissent fournir cette attestation d’honorabilité à l’embauche, mais aussi périodiquement », indique la sénatrice.
Depuis janvier, 78 agents de la ville ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le Parisien a révélé, lundi, qu’un animateur mis en examen en 2025 pour violences sexuelles sur mineurs dans une école du 11e arrondissement avait déjà été placé en garde à vue en 2024, pour des faits similaires dans une autre école du 10e arrondissement. Seize personnes de l’école Saint-Dominique à Paris 7, «dont plusieurs étaient déjà suspendues », ont été placées en garde à vue mercredi «dans le cadre de différentes enquêtes préliminaires » sur notamment des violences sexuelles présumées dans le périscolaire, a indiqué le parquet de Paris, mercredi.
Mardi plusieurs centaines d’animateurs des écoles parisiennes, ont manifesté pour dénoncer le « climat de suspicion généralisée et d’arbitraire qui s’est installé » depuis la mise en place en avril du plan d’action du nouveau maire PS Emmanuel Grégoire contre les violences sexuelles dans le périscolaire et sa doctrine de « tolérance zéro ».
« Plus on fera de la prévention en amont, plus les gens seront rassurés et moins il y aura de suspicion », veut croire Hervé Maurey. La proposition de loi sera examinée en séance publique le 27 mai.
20.05.2026 à 13:22

Auditionné ce 20 mai par les commissions des finances des deux assemblées, le candidat proposé par Emmanuel Macron comme nouveau gouverneur de la Banque de France a reçu le feu vert des parlementaires membres des commissions des finances.
Emmanuel Moulin a réussi à convaincre suffisamment de députés et de sénateurs. Le haut-fonctionnaire, ancien directeur du Trésor, mais aussi secrétaire général de l’Élysée ou encore directeur de cabinet de Gabriel Attal à Matignon, est approuvé comme futur gouverneur de la Banque de France, et successeur de François Villeroy de Galhau, dont le mandat s’achève.
Il a été entendu ce mercredi matin par les commissions des finances du Sénat, à 9 heures, puis de l’Assemblée nationale à 11 heures. À l’issue des questions-réponses, les parlementaires se sont exprimés par un vote favorable. 52 ont voté pour, 58 ont voté contre.
Selon l’article 13 de la Constitution, sur lequel repose le processus de ce type de nomination, il fallait 60 % de voix contre, sur l’ensemble des suffrages exprimés, pour empêcher la nomination du candidat proposé par Emmanuel Macron.
Dans le détail, pour l’Assemblée nationale, on compte 72 votants dont un bulletin blanc ou nul, donc 71 suffrages exprimés. 25 ont voté pour, 46 contre.
Au Sénat, 43 membres de la commission ont participé au vote, dont 4 via un bulletin blanc ou nul, ce qui fait 39 suffrages exprimés. On relève 27 voix pour, et 12 contre.
Au total, sur les deux commissions prises dans leur ensemble, il y a 115 votants (dont 5 bulletins blancs ou nuls). Il y a 110 suffrages exprimés, soit une majorité de blocage fixée à 66 voix. Emmanuel Moulin recueille 52 voix en sa faveur, contre 58 parlementaires qui ont voté contre.
« Je me tiens donc devant vous en homme libre, en homme du service public qui sert l’État depuis 30 ans et qui s’engage à exercer ses fonctions en toute indépendance, en toute impartialité, tant à l’égard du pouvoir exécutif que des intérêts privés », a défendu le haut-fonctionnaire, alors que nombre d’oppositions ont épinglé sa proximité avec l’exécutif.
20.05.2026 à 12:22

Nommé par Emmanuel Macron pour prendre la tête de la Banque de France, Emmanuel Moulin a assuré les sénateurs qui l’ont auditionné de sa totale « indépendance », s’il est bien confirmé à ce poste. « Homme libre », il juge que le « quoi qu’il en coûte », lors du covid, « aurait pu être désactivé plus tôt » et que les mesures de soutiens face au coût de l’énergie ont été « beaucoup trop élevées ».
C’était une audition attendue. Emmanuel Moulin, candidat proposé par Emmanuel Macron aux fonctions de gouverneur de la Banque de France, a passé son « grand oral » devant la commission des finances du Sénat, ce mercredi matin, avant d’être entendu par les députés dans la foulée. Il doit succéder à François Villeroy de Galhau.
Une nomination polémique. Car Emmanuel Moulin était secrétaire général de la présidence de la République jusqu’en mai dernier. Il a aussi été directeur de cabinet de Gabriel Attal, quand ce dernier était premier ministre, directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy, mais aussi directeur général du Trésor. Un CV long comme le bras, qui plaide pour Emmanuel Moulin. Mais c’est ce même CV, surtout son passage auprès du chef de l’Etat, qui suscite les interrogations. C’est pourquoi ces auditions sont cruciales. Car comme l’a rappelé le président socialiste de la commission des finances, Claude Raynal, « le Président ne peut procéder à la nomination que lorsque l’addition des votes négatifs représente au moins 3/5 des suffrages exprimés » par les commissions des deux chambres. Le résultat sera connu à l’heure du déjeuner.
Dès son propos introductif, Emmanuel Moulin a tenté de rassurer, quant à son indépendance, le sujet essentiel, d’autant que cette indépendance est consubstantielle des banques centrales. S’il « entend les interrogations qui peuvent naître, notamment la principale », à savoir si « cette longue expérience risque de se traduire par moins d’indépendance », il a voulu y répondre.
« Je me tiens devant vous en homme libre, en homme du service public qui sert l’Etat depuis 30 ans et qui s’engage à exercer ses fonctions en toute indépendance et toute impartialité, tant à l’égard du pouvoir exécutif que des intérêts privés », soutient Emmanuel Moulin. Il assure vouloir « exercer ces fonctions au service de l’intérêt général ». « J’ai la conviction que je pourrai diriger avec indépendance cette institution », assure-t-il, au service d’une « économie forte, stable et durable ».
« Jamais je ne me suis substitué à un homme ou une femme politique, mes fonctions étaient celles d’un haut fonctionnaire », qui « donne son avis sur les choix les plus judicieux et pertinents », explique encore le candidat, qui assure n’avoir « jamais abdiqué, ni (ses) convictions, ni (sa) liberté de pensée, ni (son) indépendance », tout en se disant « attentif aux avis divergents ».
Sûrement pour prouver son indépendance d’esprit justement, il ne s’est pas privé de critiquer – et de s’autocritiquer peut-être – plusieurs choix budgétaires de ces dernières années autour de ce que l’on avait appelé le « quoi qu’il en coûte », alors qu’il les a lui-même accompagnés. Mais il entend ainsi assurer de son attachement à la maîtrise des finances publiques.
« Nous avons dû activer l’arme budgétaire au moment du covid. Il est certainement très clair, aujourd’hui, que cette arme budgétaire aurait pu être désactivée plus tôt. Nous avons eu une autre crise, la crise inflationniste, qui a conduit à mettre en place un dispositif de soutien énergétique, qui représentait à peu près 3 % du PIB, qui était très élevé, beaucoup trop élevé, pour les moyens qui étaient les nôtres », dénonce Emmanuel Moulin, qui « constate avec satisfaction que les moyens mis en œuvre aujourd’hui sont beaucoup plus mesurés », avec « 0,2 % du PIB » de mesures de soutien. « Les enseignements de cela ont été tirés », se félicite l’ancien secrétaire général de l’Elysée.
Malgré ses propos, Emmanuel Moulin n’a pas échappé aux attaques du sénateur communiste Pascal Savoldelli, qui n’était « ni personnelles », ni sur « sa compétence », a tenu à préciser le sénateur du Val-de-Marne. « Nous allons voter contre (votre nomination), avec Pierre Baros (sénateur PCF du Val-d’Oise, ndlr), parce que nous allons voter contre la méthode, le périmètre et le calendrier », a prévenu le communiste, alors que les sénateurs PCF ne prennent pas part au vote sur ce type de nomination habituellement. « La façon dont le Président se permet cette désignation, c’est une forme de pantouflage déguisé, sans prise illégale d’intérêt. On devait attendre la présidentielle, le nouveau président aurait désigné le nouveau gouverneur de la Banque de France », dénonce Pascal Savoldelli, qui ajoute : « On a déjà eu Richard Ferrand (au Conseil constitutionnel, ndlr), Amélie de Montchalin (à la Cour des comptes). A un moment donné, c’est difficile de ne pas faire la cohérence entre toutes ces décisions de la part du Président ».
Réponse de l’intéressé, qui est mis en cause : « Je ne pense pas qu’il faille utiliser des termes qui ne sont pas appropriés. Je ne pense pas qu’on puisse considérer ça comme un pantouflage déguisé. La Banque de France est une institution publique, il n’y a pas de passage dans le privé du tout, donc je ne pense pas que ce soit un pantouflage déguisé ».
Pour le reste, le candidat a mis sans surprise en avant ses qualités multiples pour le poste : sa « compétence », son « expérience », ses « talents de management », pour une institution où près de 9.000 personnes travaillent, ou encore son « profil européen ». De quoi sérieusement conduire son « mandat » du gouverneur de la Banque de France, dans la prolongation de celui de la BCE, à savoir « la stabilité monétaire et la stabilité financière, la lutte contre l’inflation », via l’arme des taux d’intérêt, que la BCE fixe.
Il souligne qu’il a participé à la gestion de « la crise financière de 2008, jusqu’à la crise inflationniste de 2022, ou la crise de la zone euro de 2010-2012, la pandémie ». « J’étais en première ligne auprès de Christine Lagarde (alors ministre de l’Economie, ndlr), lors de la crise de 2008, pour élaborer la réglementation prudentielle pour renforcer le système financier », ajoute-t-il, alors que la Banque de France gère aussi l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), qui supervise les banques du pays.
« Favorable » au projet d’euro numérique, il assure par ailleurs vouloir « porter une attention particulière » au sujet « du risque du changement climatique » et ses « conséquences sur l’inflation et la stabilité financière ». Sans oublier « la richesse de la Banque de France, qui est aussi son implantation territoriale », pour laquelle il s’« engage à conserver une succursale dans chaque département ». Des mots qui seront doux aux oreilles des sénateurs, attachés à leurs territoires.
20.05.2026 à 11:46

Invitée de la matinale de Public Sénat, la sénatrice socialiste, Laurence Rossignol s’est exprimée sur les accusations visant Patrick Bruel. L’ancienne ministre appelle à « croire les femmes » tout en respectant la présomption d’innocence.
« La présomption d’innocence cohabite avec la liberté d’expression des victimes », souligne la sénatrice socialiste Laurence Rossignol qui assure que la présomption d’innocence n’empêche pas de croire la parole des victimes. En l’occurrence, l’ancienne ministre de la Famille, des enfants et du droit des femmes exprime son soutien aux femmes qui ont porté plainte contre le chanteur Patrick Bruel pour viol et agression sexuelle.
Alors que les témoignages contre le chanteur s’accumulent, l’animatrice télé et radio Flavie Flament a également annoncé, le 19 mai sur France Inter, qu’elle déposerait une plainte dans les jours qui viennent. En plus des quatre enquêtes en cours en France et en Belgique, le parquet de Nanterre, qui centralise les plaintes contre Patrick Bruel, a rouvert une enquête classée sans suite en 2022. Dans un message publié sur Instagram le 17 mai, le chanteur nie les accusations et assure qu’il « continuera de faire son métier ».
« Il y a un malaise à voir des hommes qui continuent de nier, de parader et de rechercher l’amnistie du public […] à chaque fois ces hommes se défendent de manière très gênante, sans un mot pour les victimes », commente Laurence Rossignol. Si la sénatrice n’a pas signé la pétition demandant l’annulation de la tournée de Patrick Bruel, cette dernière assure comprendre la démarche. Deux concerts prévus au Québec ont déjà été annulés et le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a appelé Patrick Bruel, ce 20 mai, à annuler son concert au Zénith de Paris et à « mettre entre parenthèses sa carrière ».
Par ailleurs, la sénatrice a regretté la mise en cause des plaignantes et appelle à croire les femmes qui ont porté plainte et témoigné contre Patrick Bruel. « Il arrive un moment donné où il faut croire les femmes » affirme Laurence Rossignol qui insiste sur l’existence de « témoignages convergents » qui indiquent « un modus operandi dans les agressions sexuelles ».
Alors que plusieurs plaintes visent Patrick Bruel depuis plusieurs années, l’ancienne ministre regrette que l’on « se demande toujours quel est l’agenda caché d’une femme qui va porter plainte » et qu’il existe « une espèce de présomption de mensonge qui pèse sur la parole des femmes depuis des décennies, voire même des siècles ».
20.05.2026 à 10:18

Invité de la matinale de Public Sénat, Christophe Béchu (Horizons) évoque la nécessité, pour le bloc central, de se rassembler autour d’une seule personnalité en vue de la présidentielle de 2027. Si le secrétaire général d’Horizons entame des discussions avec LR, il exclut en revanche l’organisation d’une primaire.
Un an avant l’élection, la présidentielle est déjà dans toutes les têtes. Au sein du bloc central, chaque formation se démène pour promouvoir son champion et œuvrer à une candidature commune. Christophe Béchu, directeur de la campagne d’Edouard Philippe et maire d’Angers, ne fait pas exception.
Alors qu’Horizons organise le 5 juillet un grand meeting qui doit marquer le lancement de la campagne, Christophe Béchu considère que l’automne marquera la véritable entrée dans la campagne. « Le moment où les choses réellement se poseront, c’est à la fin de l’été », affirme le maire d’Angers. D’ici là, les candidatures et les ambitions pourraient s’accumuler. Le principal concurrent d’Edouard Philippe, Gabriel Attal, a d’ailleurs jeté les bases de sa campagne en publiant un livre à la fin du mois d’avril et en recevant, dans une tribune publiée le 17 mai, le soutien de 500 élus locaux pour la présidentielle. Une initiative qui pèse peu pour Christophe Béchu qui considère qu’il « n’y a pas d’ancrage local de Renaissance ».
Malgré ces rivalités, les différents stratèges du bloc central redoutent un « émiettement » des candidatures qui favoriserait Jean-Luc Mélenchon et le candidat du Rassemblement national pour accéder au second tour. « Il faudra, quoi qu’il arrive, être capable de se rassembler, en revanche aujourd’hui il y a pléthore d’ambitions », résume Christophe Béchu. Un comité de liaison du groupe central a notamment été créé pour faire émerger les conditions de ce rassemblement. En revanche, le maire d’Angers exclut l’idée d’une primaire. Une solution qui devrait pousser le bloc central a adoubé le favori des sondages.
Les discussions devraient également s’engager avec LR assure Christophe Béchu. « J’ai l’occasion pas plus tard que la semaine prochaine de déjeuner avec le secrétaire général de LR », rapporte le maire d’Angers. De là à imaginer un désistement de Bruno Retailleau, candidat déclaré pour 2027, en faveur d’Edouard Philippe ? « A court terme, c’est d’abord un moyen d’éviter les noms d’oiseaux », tempère Christophe Béchu.
20.05.2026 à 10:14

Invité de la matinale de Public Sénat, Christophe Béchu, maire d’Angers et secrétaire général d’Horizons revient sur le déclenchement d’une enquête visant Edouard Philippe pour des soupçons de détournement de fonds.
C’est un coup dur pour Edouard Philippe qui se prépare depuis près de deux ans à être candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le parquet national financier a en effet annoncé l’ouverture d’une enquête menée par un juge d’instruction sur des soupçons de détournement de fonds publics. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.
Selon Christophe Béchu, directeur de la campagne d’Edouard Philippe, le candidat déclaré pour 2027 a réagi « avec beaucoup de sérénité ». Toujours selon le maire d’Angers, il s’agit plutôt d’un nouvel élément de procédure que d’une menace concrète pour le maire du Havre. « Je vais dire qu’il n’y a rien de nouveau. Quand vous vous constituez partie civile il y a automatiquement un nouvel acte de procédure », pointe l’ancien ministre.
Sur le fond, Christophe Béchu écarte toute responsabilité d’Edouard Philippe dans l’affaire en pointant des accusations anciennes. « Il y a une forme de judiciarisation de la vie politique avec des dépôts de plainte dont on parle beaucoup plus que les non-lieux à la fin du process », lance le maire d’Angers qui regrette que des plaignants puissent jouer « avec un calendrier électoral et politique ».
La plainte vise Edouard Philippe en tant que président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, l’un de ses adjoints, Stéphanie de Bazelaire ainsi que la directrice générale des services de l’agglomération. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 par Edouard Philippe, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech.
LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets.
20.05.2026 à 09:18

Moment de vérité pour Emmanuel Moulin, ex-secrétaire général de l'Elysée proposé pour devenir gouverneur de la Banque de France, auditionné ce mercredi par la commission des finances du Sénat, puis par celle de l’Assemblée, avant un vote à bulletin secret. Une audition à voir ou à revoir sur Public Sénat.
Cet ancien directeur du Trésor de 57 ans, passé dans de nombreux cabinets sous les présidences Sarkozy et Macron, sera entendu à 09 h 00 par la commission du Sénat, puis à 11 h 00 par celle de l’Assemblée, avant un vote à bulletin secret des 121 commissaires des deux chambres.
Ils peuvent exprimer leur veto : si trois cinquièmes des suffrages exprimés sont défavorables à sa nomination, celle-ci sera repoussée.
La nomination de ce haut fonctionnaire, proposé à ce porte-clé par le président de la République pour succéder à François Villeroy de Galhau, qui partira début juin, reste incertaine.
Ce choix à la tête d’une institution indépendante, chargée notamment de garantir la stabilité monétaire, passe mal, après les nominations déjà de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel et d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, deux proches d’Emmanuel Macron.
Pour comprendre tous les enjeux, lire notre article : Emmanuel Moulin à la Banque de France : à la veille du vote au Parlement, une opposition nette qui grossit à gauche, une droite potentiellement divisée
Revivez son audition au Sénat via la vidéo ci-dessus.
19.05.2026 à 23:43

Vent debout contre les usages détournés du protoxyde d’azote, qui peuvent avoir des conséquences mortelles, les sénateurs ont voté mardi soir la création de quatre nouveaux délits : un délit d’inhalation, de vente aux particuliers, de transport et de conduite sous son emprise.
Le Sénat a validé, ce mardi 19 mai, la création d’un délit d’inhalation du protoxyde d’azote, le fameux « gaz hilarant » à l’origine de nombreux accidents, parfois mortels. Contre l’avis du gouvernement, les élus l’ont également associé à une interdiction générale de vente aux particuliers, reprenant une disposition déjà adoptée en février par la Chambre haute, à la faveur d’une proposition de loi portée par les socialistes. « L’interdiction totale nous apparaît totalement proportionnée au risque », a défendu la rapporteure LR Lauriane Josende devant les réticences du ministre de l’Intérieur, celui-ci craignant une entorse aux réglementations européennes sur la libre circulation des biens.
« On sait que le protoxyde d’azote est à l’origine de nombreux accidents de la route », a voulu rappeler la sénatrice LR Marie-Do Aeschlimann. « Aujourd’hui, ceux qui consomment du protoxyde d’azote sont sur des usages quotidiens, nous ne sommes plus sur le sujet du gaz hilarant seulement consommé en soirée… », a souligné la socialiste Marion Canalès. Plusieurs élus ont également invoqué l’impact environnemental du protoxyde d’azote : « La filière déchet alerte sur les incendies et les explosions provoquées par les bobonnes jetées dans les bennes à ordures ménagères », a alerté Ahmed Laouedj, sénateur du groupe RDSE.
« Il subsiste à notre sens un risque d’inconventionnalité dans la mesure où le principe de libre circulation des marchandises au sein de l’UE s’oppose à toute interdiction générale de vente d’un produit licite », a pointé Laurent Nuñez. À ce jour la vente de protoxyde d’azote, utilisé en médecine et en pâtisserie, reste autorisée dans l’Union européenne, même si Bruxelles a fait savoir son intention d’en réguler drastiquement la vente d’ici 2027. Il pourrait également se voir inscrit sur la liste des produits stupéfiants.
« Nous avons besoin d’aller jusqu’au bout malgré l’inconventionnalité évoquée. Les choses vont évoluer très vite. Je rejoins l’argument qui consiste à dire : inscrivons déjà les choses dans la loi de notre côté », a plaidé Lauriane Josende. Le texte sanctionne par ailleurs la conduite sous protoxyde d’azote et son transport, respectivement passibles de 2 ans de prison et 7 500 euros d’amende, et de 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende.
« Ce n’est pas un sujet sur lequel on manque d’engagement, franchement on vous propose un projet de loi dans lequel on crée trois déjà délits, ce n’est pas rien », a défendu Laurent Nunez, accusé par les élus de ne pas aller assez loin. Plusieurs sénateurs ont ainsi pris la parole pour pointer les contradictions du gouvernement : « Il y a quelque chose qui m’échappe, vous allez créer un délit d’inhalation sur un produit dont vous ne souhaitez pas interdire la vente aux particuliers… Dans le même temps, les cigarettes de contrebande, produit interdit, ne font l’objet d’aucun délit d’inhalation », a raillé Marion Canalès.
Dans les rangs de la gauche, certains élus ont estimé que la création d’un délit d’inhalation était « prématurée », considérant que l’interdiction globale allait suffire à « tarir » les usages récréatifs. « Répondre par une sanction pénale ne résout rien. On va transformer les usagers en délinquants. Le texte va les éloigner des dispositifs de prévention et de soins en renforçant la dissimulation des consommations et en freinant le recours aux professionnels », a déploré l’écologiste Guy Benarroche.
Ces dispositions de lutte contre l’usage récréatif du protoxyde d’azote s’inscrivent au sein du projet de loi « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » (RIPOST). Présenté comme un « choc d’autorité » face à de nouvelles formes de délinquance, ce texte a entamé son parcours législatif au Sénat. Pour l’heure, aucune date n’a encore été arrêtée pour son inscription à l’Assemblée nationale, au milieu d’un agenda parlementaire qui s’annonce particulièrement chargé jusqu’à la coupure estivale.
19.05.2026 à 23:20

Les sénateurs, qui examinent le projet de loi « RIPOST » contre certains types de délinquance, ont fait passer l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour consommation de stupéfiants de 200 à 500 euros. Si le gouvernement et la majorité sénatoriale avancent main dans la main pour responsabiliser les clients des narcotrafiquants, les oppositions de gauche fustigent l'échec de cette stratégie et réclament des mesures sur la prévention, ainsi qu’un débat sur la légalisation du cannabis.
Le Sénat a voté pour un renforcement des sanctions à l’égard des consommateurs de drogues. Depuis lundi soir, les élus examinent le projet de loi porté par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » (RIPOST), et dont un chapitre entier est consacré à la répression du narcotrafic. Ce mardi en fin de journée, les élus ont rehaussé le montant de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) déjà applicable aux consommateurs de stupéfiants, et qui passe ainsi de 200 à 500 euros. Son montant majoré est porté à 1 000 euros.
Cette mesure fait suite à une annonce faite par le président de la République en novembre 2025, après l’assassinat à Marseille de Mehdi Kessaci, le frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci. « Il y a une volonté forte du gouvernement de sanctionner le consommateur. Ils ne peuvent pas rester à l’écart de tout ça, des règlements de comptes, du trafic, ce n’est plus possible », a défendu le ministre. Le texte associe par ailleurs ce durcissement à une peine complémentaire de suspension du permis de conduire. « On peut clairement douter des capacités de conduite de certains utilisateurs, compte tenu de leur usage régulier de stupéfiants », a ajouté le locataire de la place Beauvau.
Mais ce tour de vis, soutenu par la majorité sénatoriale de droite et du centre, a rencontré une vive opposition du côté des groupes de gauche, notamment chez les écologistes, où l’on estime que frapper le consommateur au portefeuille ne permet pas de lutter efficacement contre le narcotrafic. « Il s’agit d’une politique d’affichage, sans aucun résultat », a épinglé le sénateur écologiste Guy Benarroche. « Depuis 2020 et l’application de l’amende forfaitaire délictuelle, il n’y a eu aucune diminution de la consommation de stupéfiants. Un rapport du Sénat l’a montrée. Au contraire, la France demeure l’un des pays européens où l’usage du cannabis est le plus élevé, tandis que le nombre d’usagers de la cocaïne a augmenté de 80 % en un an », a-t-il pointé.
Plusieurs voix se sont également élevées pour dénoncer le manque d’ambition des politiques de prévention : « Nous avons un sujet sanitaire, et c’est sous cet angle-là qu’il faudrait le prendre pour avancer », a pointé l’écologiste Thomas Dossus. Son collègue, le sénateur communiste Fabien Gay, a renchéri en insistant sur la nécessité « de mettre le maximum sur la prévention au niveau scolaire ».
Rapidement, la question d’une légalisation de certains produits stupéfiants, notamment le cannabis, véritable serpent de mer au sein de la classe politique française, s’est invitée dans les échanges. « Est-ce que l’on ne devrait pas prendre des leçons de nos voisins ? Le Portugal, au contraire de ce que prône notre ministère de l’Intérieur, a dépénalisé l’usage et obtient des résultats inédits en Europe », a fait valoir l’écologiste Anne Souyris. Yannick Jadot lui a embrayé le pas « regrettant que dans ce pays, l’on ne puisse pas avoir un débat serein sur la légalisation du cannabis. »
« Lorsque vous légalisez, les narcotrafiquants continuent de vendre un produit moins cher et plus toxique. Légaliser ne tue pas le marché illégal. La légalisation ne marche pas ! », leur a opposé le LR Etienne Blanc, rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic. Par ailleurs, « la légalisation ne ferait qu’appréhender une toute petite partie de la consommation, vous savez bien qu’elle n’aurait pas vocation à couvrir la cocaïne », a renchéri le ministre.
« Ce n’est pas parce que l’on propose de majorer l’AFD que l’on élude la prévention. C’est une mesure assumée de culpabilisation des consommateurs », a poursuivi Laurent Nuñez. « Lorsqu’à Nantes, un gamin de 15 ans est tué sur un point de deal… Je suis désolé, mais s’il n’y avait pas tous ces consommateurs, il n’y aurait pas de trafic. »
C’est la Chambre haute qui a la primeur de l’examen du projet de loi « RIPOST », débattu en séance publique jusqu’à mercredi. Ce texte est présenté par le gouvernement comme un « choc d’autorité » face à de nouveaux phénomènes de délinquance, comme les rodéos urbains, les free parties ou la consommation de protoxyde d’azote. Mais le projet de loi devrait encore subir d’importantes modifications au fil de la navette parlementaire, notamment lorsqu’il sera plongé dans le chaudron de l’Assemblée nationale.
19.05.2026 à 20:00

Le nouvel état des lieux de la fondation Jean Jaurès révèle des délais d’attente encore très importants dans certains territoires pour consulter un spécialiste de santé. Une situation qui ravive les débats sur la nécessité de contraindre les médecins à s’installer dans les déserts médicaux, alors qu’une proposition de loi en ce sens arrive au Sénat en juin.
Nouvel état des lieux des difficultés d’accès aux professionnels de santé. La fondation Jean-Jaurès a publié ce mardi sa Carte de France 2026 de l’accès aux soins, vaste panorama des délais pour obtenir un rendez-vous par territoires et spécialités médicales. 234 millions de consultations, prises auprès de 80 000 professionnels en 2025 sur la plateforme Doctolib, ont été analysées, révélant des temps d’attente encore très importants par endroits et conduisant à un renoncement massif aux soins.
Pilier du système français, la médecine générale a vu ses délais se maintenir autour d’une durée médiane de 3 jours pour un rendez-vous. Mais derrière ce chiffre a priori positif, se cache des réalités plus contrastées sur le terrain, à l’heure où 6,7 millions de Français n’ont pas de médecin traitant déclaré.
Ainsi, « entre 2023 et 2025, 47 % des départements enregistrent une hausse des délais » médian pour les généralistes, « 49 % restent stables, et seulement 4 % connaissent une amélioration », pointe le rapport. L’année dernière, 35 % des rendez-vous ont eu lieu plus de 7 jours après sa réservation, en augmentation de 3 points.
Les autres professionnels de premiers recours, ceux que l’on consulte avant de se rendre éventuellement chez un spécialiste, maintiennent des délais inférieurs à 15 jours, que ce soit les kinés (6 jours), les pédiatres (8 jours), les dentistes (10 jours) ou les sages-femmes (12 jours).
Mais tout dépend où l’on habite. Les écarts entre les départements sont massifs, pouvant atteindre 1 à 10 en cardiologie ou 1à 30 en ophtalmologie. Pour cette dernière spécialité, l’attente n’est que de 5 jours en Seine-Saint-Denis, contre 153 jours dans le Gers. Sans véritablement dessiner une carte de France très claire, « chaque profession ayant sa propre géographie de l’accès aux soins », note l’étude.
« Mais globalement, ceux qui ont les délais les plus courts sont les départements de la région Ile-de-France et la Seine-Maritime. Ceux ayant les plus longs sont les départements de la région Centre, avec quelques autres territoires par ailleurs, comme la Manche, qui souffrent d’un manque d’attractivité économique et d’un déclin démographique », précise à Public Sénat Joy Raynaud, géographe spécialiste de l’accès aux soins, coordinatrice de l’étude.
Certaines professions inquiètent particulièrement, notamment à la vue du vieillissement de la population. « Il faut tenir compte de ce virage majeur qu’on va vivre dans les prochaines années, notamment dans la cardiologie. Les maladies cardiovasculaires augmentent nettement avec l’âge et donc la demande de soin augmente. Alors que, dans le même temps, 300 cardiologues partent à la retraite chaque année pour un peu moins de 200 postes ouverts », poursuit la chercheuse.
Résultat, la profession a vu ses délais, déjà longs, encore augmenter depuis deux ans, atteignant 42 jours. Dans l’Aude, l’Ariège, le Gers ou la Manche, ils dépassent allègrement les 90 jours. Autre profession en souffrance, la gynécologie voit ses délais diminuer de 2 jours en deux ans, à 19 jours.
Une attente qui décourage les patients : 63 % d’entre eux ont renoncé à chercher un rendez-vous au cours de l’année, la plupart parce que l’horaire proposé ne correspond pas à leur emploi du temps. Ce sont ainsi les cadres (71 %) et les 25-34 ans (75 %) qui renoncent le plus, même dans les zones urbaines pourtant mieux dotées.
Rien d’étonnant, d’après le sénateur LR Bruno Rojouan, puisque « nous avons autant de médecins que dans les années 1970 alors que la population a augmenté de 15 millions d’habitants et qu’elle a beaucoup vieilli ». Lui et son collègue Philippe Mouillé, à l’initiative d’une proposition de loi contre les déserts médicaux, souhaitent exiger des médecins qui s’installent dans un territoire déjà bien pourvu qu’ils exercent en parallèle, quelques jours par mois, dans une zone en tension via un cabinet secondaire. Une mesure de « semi-régulation » à laquelle François Bayrou, alors Premier ministre, avait ouvert la porte, mais qui n’a finalement jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Pas suffisant pour la gauche sénatoriale. « Tous les remèdes et petites mesures qui ont été mis en place ces dernières n’ont aucune conséquence et ne parviennent pas à reverser la vapeur », tance le sénateur socialiste Jean-Luc Fichet, en référence notamment à la création du statut de médecin junior, qui oblige les étudiants en dernière année de médecine à s’installer dans un « désert médical ». Lui souhaite contraindre davantage les médecins titulaires dans leur installation en début de carrière.
« On est dans une situation grave, explosive. Mais les contraintes, la profession n’en veut absolument pas, alors que toutes leurs études sont payées par l’Etat, que les jeunes médecins disposent de primes à l’installation et de vingt-cinq dispositifs de soutien différents », regrette le sénateur du Finistère, qui soutiendra la proposition de loi transpartisane adoptée à l’Assemblée nationale sur la mise en place d’une contrainte d’installation. Lancée sous l’impulsion du député PS Guillaume Garot, elle sera examinée au Sénat le 11 juin prochain.
La majorité sénatoriale s’y opposera au nom de la liberté des médecins. « Il y a des critères sur lesquels le politique n’a pas la main. Ce n’est pas critiquable en soi, ce sont les choix des professionnels de santé », argue la sénatrice Corinne Imbert (LR). De fait, toutes les organisations de médecins sont vent debout contre ce type de contraintes. La droite préfère miser sur l’augmentation du nombre d’étudiants formés en médecine : « Dans cinq ou six ans, on va retrouver sur le territoire un nombre de médecins qui correspond à la taille de la population », assure Bruno Rojouan.
19.05.2026 à 18:50

Membre du RN depuis seulement quelques semaines, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente de la LR Martine Vassal au département, sera tête de liste RN aux sénatoriales. Le sortant Stéphane Ravier, ex-RN, va présenter sa liste, faute d’investiture. Renaud Muselier, qui entend mener une liste Renaissance/LR/UDI, ne s’inquiète pas des prises de guerre à droite. « La division à l’extrême droite m’arrange, en fait », réagit le président de la région PACA.
Pour les sénatoriales de septembre 2026, qui arriveront à sept mois de la présidentielle, le RN n’a pas pris le scrutin à la légère. Il entend se donner toutes les chances, surtout là où la victoire est possible. En Gironde, le parti fait appel à la députée bien implantée Edwige Diaz, comme nous l’évoquions, pour espérer remporter un siège qui n’est pas assuré sur le papier. Dans les Bouches-du-Rhône, autre stratégie : le parti d’extrême droite, qui devrait faire un siège sans trop de mal, s’appuie sur une ancienne LR pour espérer aller chercher un second sénateur.
C’est Marie-Pierre Callet, qui a quitté LR en 2024, qui représentera les couleurs du RN. Ce n’est pas n’importe qui. Elle est la cinquième vice-présidente du département des Bouches-du-Rhône, auprès de la présidente LR, Martine Vassal. Ou plutôt était. Le groupe de la majorité a annoncé qu’« il a été convenu que Marie-Pierre Callet se mettrait en retrait du groupe et qu’elle rendrait l’ensemble de ses délégations ».
C’est aux côtés de Franck Allisio, ancien candidat RN aux municipales à Marseille et à la tête de la fédération RN des Bouches-du-Rhône, que le parti a présenté sa tête de liste lundi, lors d’une conférence de presse. « Plus d’une vingtaine d’élus LR du département nous ont rejoints », s’est félicité Franck Allisio, lui-même ancien de l’UMP. Il y a une semaine, c’est la présidente des Républicains des Bouches-du-Rhône, Laure-Agnès Caradec, elle aussi vice-présidente du conseil départemental, qui avait déclaré rejoindre le parti d’extrême droite UDR d’Éric Ciotti, qui fait liste commune avec le RN pour les sénatoriales.
Pour Franck Allisio, Marie-Pierre Callet a « le profil idéal ». Ancienne aide-soignante devenue éleveuse de bovins à Maussane-les-Alpilles, celle qui a pris sa carte au RN il y a seulement quelques semaines entend « faire reconnaître les Bouches-du-Rhône comme un département agricole ». Au sein de l’exécutif de la collectivité, elle occupait une fonction stratégique. Elle était chargée des routes.
« C’est une très bonne candidate, car en étant en charge de la voierie départementale, elle connaît beaucoup d’élus des Bouches-du-Rhône. Donc ça va permettre de rassembler beaucoup d’élus, notamment de petites communes au nord du département », glisse un stratège de la campagne au RN. « La stratégie du mouvement, c’est de présenter les meilleurs candidats possibles, c’est-à-dire des candidats vraiment implantés et qui peuvent faire le meilleur score », ajoute ce responsable.
Alors qu’il faut environ 350/400 voix de grands électeurs pour faire un siège dans les Bouches-du-Rhône, sur le papier, le RN est juste en dessous, à peu près à 250/300 voix. Mais le parti mise sur un vote caché chez les élus locaux. « Entre le nombre de grands électeurs que nous avons et les résultats au moment des sénatoriales, il y a une différence très importante. On a pas mal de grands électeurs non encartés RN, qui sont des électeurs RN », souligne un responsable du parti, qui rappelle la surprise, « lors des sénatoriales de 2023, en Seine-et-Marne », où Aymeric Durox s’est fait élire alors que personne ne s’y attendait. Au RN, on cite encore le cas du Pas-de-Calais, « où on avait 120 grands électeurs et on a fait plus de 500 voix. C’était multiplié par quatre ». De quoi donner quelques espoirs pour « faire deux sièges » dans les Bouches-du-Rhône.
Reste que la désignation de Marie-Pierre Callet crée quelque remous. Car elle se fait au détriment du sortant Stéphane Ravier. Ancien RN, ex-Reconquête, il avait soutenu Franck Allisio pour les municipales. De quoi peut-être espérer un retour d’ascenseur. Il n’en sera rien, pour celui qui a été condamné dans deux affaires à un an d’inéligibilité sans exécution provisoire pour prise illégale d’intérêts puis favoritisme, décision confirmée en appel pour la première.
Son profil, entre ses ennuis judiciaires et ses prises de parole au Sénat, qui ne font pas toujours dans la dentelle, ne correspondait peut-être pas au nouveau visage que veut présenter le RN. Surtout s’il s’agit d’élargir sa base électorale. Au RN, on répond qu’« il a quitté le mouvement. On ne va pas soutenir quelqu’un qui a quitté le parti. Il a fait le choix en 2022 de soutenir Eric Zemmour et il l’a fait en pleine campagne présidentielle, donc pas question de le soutenir », confie un responsable, surtout après avoir « trahi ».
Stéphane Ravier n’entend visiblement pas en rester là. Juste après l’annonce de candidature de Marie-Pierre Callet, l’élu d’extrême droite postait sur X une photo d’un fameux sommet provençal, rendu célèbre par Paul Cézanne, texte à l’appui : « Atteindre le sommet de la Sainte-Victoire n’est pas chose facile, car l’on ne peut compter que sur soi. Mais avec de la volonté, aucune victoire n’est impossible ! ». Le message est clair. Selon Le Monde, il sera bien candidat. Contacté, Stéphane Ravier n’a pas répondu.
Avec la candidature de Marie-Pierre Callet, cette prise de guerre à droite pourrait bien sûr compliquer le jeu pour Les Républicains et la liste que compte mener le président de la région PACA, Renaud Muselier, encarté chez Renaissance. Mais cet ancien LR assure que la situation joue au contraire en sa faveur, par la division de l’extrême droite. « Ça pose un problème très clair au RN et aux anciens RN, car elle n’a jamais été RN. Donc ils lui filent un poste de sénateur, alors qu’elle n’a jamais été au parti. C’est bizarre », réagit auprès de publicsenat.fr Renaud Muselier. « Et ça veut dire qu’ils ne respectent pas leur parole. Car parole a été donnée à Stéphane Ravier pour qu’il ne se présente pas aux municipales face à Franck Allisio, et en échange, il devait avoir le soutien aux sénatoriales », soutient Renaud Muselier.
Même si le RN met une ex-vice-présidente de Martine Vassal en face de lui, il ne craint pas de perdre des voix. « C’est un calcul dangereux car ils risquent de perdre plus qu’ils ne gagnent », soutient le président de région, « donc ils ne prendront pas le deuxième siège, c’est mort », lance l’ancien secrétaire d’Etat de Jacques Chirac. Lui vise toujours « trois sièges. Mais en fonction des divisions, ça peut être quatre. C’est pour ça que la division à l’extrême droite m’arrange, en fait », glisse le numéro 1 de la région.
Reste que Renaud Muselier n’est pas à l’abri lui-même des divisions. Il doit faire l’union de son côté et ce n’est pas gagné non plus, avec la ministre Sabrina Roubache, proche du couple Macron, qui entend se présenter aux sénatoriales. « J’invite le premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire », avait réagi sur publicsenat.fr Renaud Muselier. « Ça m’étonnerait qu’ils laissent faire quelqu’un du gouvernement, issu de la majorité, se présenter contre moi », ajoute-t-il aujourd’hui.
Le président de région devra aussi trouver un accord avec les LR, notamment pour le cas de la sortante Valérie Boyer, qui est candidate, et l’UDI pour l’autre sortante, Brigitte Devésa. « Ça avance doucement », assure-t-il, renvoyant vers les instances nationales, pour trancher. « Je serai tête de liste, en second ce sera une femme et il y a deux sénatrices sortantes. Ils s’entendront au niveau national, entre Gérard Larcher (président LR du Sénat, ndlr) et Hervé Marseille (président de l’UDI et du groupe Union centriste du Sénat, ndlr), pour arriver à trouver une solution, trouver l’équilibre entre la place 2 et 4 », soutient Renaud Muselier. Chez les LR, on suit en effet le sujet de près. « Il est difficilement envisageable que ce département ne compte pas au moins un sénateur LR », confie-t-on à droite, où on jugerait même « problématique de n’en conserver qu’un seul ». Et quid du maire d’Arles, ancien PDG de France Télévisions, Patrick de Carolis ? Selon La Provence, ce membre d’Horizons, le parti d’Edouard Philippe, pourrait occuper la troisième place sur sa liste, donc être en position éligible. Pas de commentaire. Il entend faire sa liste « tranquillement ». La photographie finale de la liste n’est pas encore fixée.
19.05.2026 à 18:09

La menace du patron de Canal+ d’écarter les signataires d’une tribune contre l’influence de Vincent Bolloré a provoqué une onde de choc à Cannes. Au-delà de la polémique politique, l’affaire met en lumière la place devenue incontournable du groupe dans le cinéma français. Premier financeur privé du secteur, diffuseur historique et désormais présent dans une partie de l’exploitation des salles via UGC, Canal+ s’impose à tous les niveaux de la chaîne de valeur d’une filière fragilisée et fortement dépendante de ses investissements.
À Cannes, la polémique dépasse désormais le cadre d’une simple tribune militante. Les déclarations de Maxime Saada, président du directoire de Canal + affirmant qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les signataires d’un texte dénonçant l’influence croissante de Vincent Bolloré sur le cinéma français, ont immédiatement tendu le climat sur la Croisette. Mardi 19 mai, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, a jugé cette réaction « disproportionnée ». Huit jours après sa publication dans Libération, la tribune du collectif « Zapper Bolloré » rassemble désormais près de 2 000 signatures. Ses auteurs s’inquiètent de la montée en puissance de Vincent Bolloré dans la filière, alors que Canal + dont le groupe Bolloré détient environ 30 % du capital, a récemment pris 34 % d’UGC, avec une possible prise de contrôle à partir de 2028. Le milliardaire breton est régulièrement accusé d’utiliser ses médias pour promouvoir des idées proches du Rassemblement national. En annonçant son intention de ne plus travailler avec les signataires, Maxime Saada a surtout mis en lumière une réalité bien connue du secteur : la dépendance du cinéma français à l’égard de Canal + Au-delà du débat sur la liberté d’expression, cette séquence agit comme le révélateur d’un rapport de force économique devenu central dans toute la filière.
Avec plus de 155 millions d’euros investis dans les longs-métrages français en 2025, Canal + demeure de loin le principal financeur privé du cinéma hexagonal. À lui seul, le groupe assure près de 40 % des investissements des diffuseurs dans les films français, un poids central dans l’économie du secteur. Cette position dominante s’est construite depuis les années 1980 autour d’un modèle devenu structurant : le pré-achat des droits de diffusion des films avant même leur tournage. Ces engagements permettent aux producteurs de boucler leurs plans de financement et de lancer leurs projets. En contrepartie, Canal + bénéficie d’un avantage stratégique dans la chronologie des médias, qui encadre les délais entre la sortie d’un film en salles et sa diffusion à la télévision ou sur les plateformes.
Depuis les derniers accords conclus avec la filière, la chaîne cryptée peut diffuser les films six mois après leur sortie en salles, contre vingt-deux mois pour les chaînes gratuites et entre quinze et dix-sept mois pour les plateformes de streaming. « Plus un diffuseur investit dans le cinéma français, plus tôt il peut montrer les films », rappelle Thomas Paris, chercheur au CNRS, professeur associé à HEC Paris et co-auteur d’Économie du cinéma. « Toute l’architecture du cinéma français repose sur cet équilibre entre Canal + le CNC et les autres diffuseurs. » Cette dépendance économique contribue aussi, selon lui, à expliquer la prudence longtemps observée dans le secteur face à l’influence du groupe. « C’est un peu la question qui fait que tout le monde s’est tenu à carreau pendant des années », estime-t-il. « Si Canal + sort du jeu, on ne sait pas à quoi ressemblera le cinéma français. »
Les chiffres illustrent cette domination : Canal + a engagé 163,1 millions d’euros dans 148 films agréés, soit près de 70 % des productions françaises. La chaîne cryptée représente à elle seule 138 millions d’euros d’investissements directs. Très loin derrière, France Télévisions pèse environ 18 % des apports des diffuseurs, tandis que les plateformes comme Netflix, Disney + HBO Max ou Paramount + ne représentent ensemble que 5,8 % des investissements cumulés.
Cette crise intervient au moment où l’ensemble du modèle économique du cinéma français se fragilise. Les recettes publicitaires des chaînes privées ralentissent, les financements publics reculent et les distributeurs indépendants traversent une crise sévère. Le distributeur Shellac, qui accompagnait notamment les films de Justine Triet ou Miguel Gomes, a ainsi été placé en liquidation judiciaire au printemps. Dans le même temps, les plateformes américaines montent en puissance. Netflix a investi plus de 41 millions d’euros dans les films français en 2025. Disney + a obtenu une fenêtre de diffusion ramenée à neuf mois en échange d’un engagement de 115 millions d’euros sur trois ans. Amazon Prime Vidéo doit encore signer un nouvel accord avec les organisations du cinéma d’ici à la fin juillet.
Mais ces nouveaux acteurs ne compensent pas encore le poids de Canal + « Les plateformes participent davantage qu’avant, mais elles n’ont pas le même rapport au territoire français », souligne Thomas Paris. « Pour Canal + le cinéma est au cœur du modèle économique. Pour Amazon, ce n’est qu’un élément parmi d’autres pour vendre des abonnements. » Le chercheur rappelle que les plateformes peuvent se retirer beaucoup plus facilement du marché français. « Amazon vend d’abord des chaussures. La promotion du cinéma n’est pas au cœur de leur métier comme elle peut l’être pour Canal + ».
L’inquiétude s’est accentuée avec l’entrée de Canal + au capital d’UGC. Pour une partie de la profession, cette opération symbolise une concentration croissante du secteur : financement des films, production via StudioCanal, diffusion télévisée et désormais exploitation des salles. Thomas Paris relativise toutefois l’idée d’un agenda idéologique. « La logique première est industrielle », analyse-t-il. « Canal + doit s’adapter à un environnement bouleversé par Netflix et les plateformes. » Selon lui, cette intégration verticale correspond à une évolution classique des industries culturelles. « Aux États-Unis, les grands studios produisent, distribuent et exploitent déjà les œuvres. En France, on a longtemps essayé de limiter cela au nom de la diversité culturelle, mais cet équilibre devient plus difficile à maintenir. »
Le chercheur estime néanmoins que cette stratégie pourrait renforcer la position de Canal + dans les futures négociations sur la chronologie des médias. « Avoir un pied dans UGC permet aussi de conserver un avantage face à Netflix ou Disney + notamment sur la programmation et l’accès aux films. » Mais il ne minimise pas les risques pour la diversité culturelle. « Une intégration verticale produit toujours des effets pervers potentiels sur la diversité », reconnaît-il. « Mais on n’en est pas encore à une situation de monopole. »
La question centrale reste celle des représailles annoncées contre les signataires de la tribune. Économiquement, Canal + peut-il réellement se passer de ces artistes et professionnels ? « À ce stade, oui », répond Thomas Paris « si le nombre gonfle ça peut commencer à être problématique ». « Ce sont des talents importants, mais pas des noms dont l’absence mettrait en péril la capacité de Canal + à produire ou diffuser de grands films. » Le chercheur ne croit d’ailleurs pas à une application stricte des menaces évoquées par le groupe. « Je ne crois pas à la mise en œuvre concrète de cette mesure », affirme-t-il. Selon lui, la sortie de Maxime Saada relève avant tout d’un rapport de force. « C’est un patron qui tape du poing sur la table », résume-t-il. « Dans les négociations avec le cinéma français, Canal + a toujours été l’acteur dominant. »
Thomas Paris voit dans cette séquence une manière pour le groupe de rappeler sa puissance à un moment où une partie du secteur commence à contester son influence. « Des professionnels commencent à dire que Canal + peut devenir dangereux, et qu’ils n’en ont plus peur. » Le chercheur résume la logique du groupe ainsi : « Vous nous accusez de vouloir basculer vers quelque chose de différent avec UGC ? Je peux déjà montrer aujourd’hui que j’ai ce pouvoir-là. »
Pour Ana Vinuela, maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’Université Sorbonne Nouvelle, cette crise dépasse la seule question économique. « Canal + reste le principal financeur du cinéma français. Quand Maxime Saada tient ce type de propos, cela rompt brutalement l’équilibre d’un écosystème où cohabitent de nombreux acteurs », analyse-t-elle. Selon elle, les inquiétudes portent moins sur la structure économique du groupe que sur l’influence idéologique potentielle de Vincent Bolloré. « Beaucoup redoutent qu’à terme, les choix éditoriaux ou les films soutenus puissent être influencés par une ligne plus conservatrice. » L’universitaire cite notamment le précédent du film « Grâce à Dieu » de François Ozon, autour duquel des tensions auraient existé en interne en raison de son sujet sur l’Église catholique.
Malgré les tensions provoquées par la polémique cannoise, ni les chercheurs ni les professionnels du secteur n’envisagent une rupture entre Canal + et le cinéma français. « Le cinéma reste au cœur de l’ADN de Canal + », souligne Ana Vinuela. « La chaîne a besoin des films récents pour fidéliser ses abonnés et préserver son identité face aux plateformes de streaming. » Même analyse pour Thomas Paris : « Canal + a besoin d’exclusivités. Le sport, les films récents et les séries originales restent les principaux moteurs de l’abonnement. » Cette relation d’interdépendance explique l’inquiétude suscitée par la crise actuelle dans toute la filière.
Car au-delà du conflit entre artistes, diffuseur et producteurs c’est l’avenir du modèle français de financement du cinéma qui se trouve en filigrane. Ce système repose sur un équilibre entre chaînes de télévision, plateformes, producteurs et soutien public à travers le Centre national du cinéma (CNC), autre pilier historique aujourd’hui fragilisé par des attaques politiques croissantes. Le Rassemblement national évoque régulièrement la possibilité de supprimer l’institution. « La diversité des financements est ce qui garantit la diversité de la création », rappelle le président du CNC, Gaëtan Bruel.
19.05.2026 à 18:07

Ce mercredi 20 mai, 121 députés et sénateurs des commissions des finances vont devoir se prononcer sur la proposition d’Emmanuel Macron de nommer l’ancien secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. De nombreux parlementaires de gauche et le RN voteront contre. Reste le rôle déterminant de la droite, partagée sur le sujet.
On saura dans quelques heures si le grand oral d’Emmanuel Moulin devant les deux commissions des finances du Parlement sera un succès ou non. Proposé par le président de la République au poste de gouverneur de la Banque de la France, ce haut fonctionnaire devra recueillir suffisamment de votes positifs à l’issue de sa double audition ce mercredi 20 mai, pour pouvoir succéder à François Villeroy de Galhau, qui a choisi de quitter ses fonctions en juin.
La règle pour l’ancien secrétaire général de l’Élysée est assez simple. Comme toute nomination opérée au sens de l’article 13 de la Constitution, un droit de veto parlementaire s’applique si le total des voix « contre » représente trois cinquièmes des suffrages exprimés (hors abstention donc). À l’approche du terme du mandat d’Emmanuel Macron, les attributions de postes clés se sont intensifiées. Elles sont régulièrement mal vécues par les oppositions, qui reprochent au chef de l’État de favoriser ses proches. En février 2025, Richard Ferrand a été confirmé à une voix près au Parlement comme président du Conseil constitutionnel. Un an plus tard, l’arrivée de l’ancienne ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin à la Cour des comptes – une institution qui devra contrôler un budget sur lequel elle a eu la main – a elle aussi fait tousser au Parlement. Même si, dans ce cas précis, aucun filtre des assemblées n’a été possible.
Au vu du contexte particulier actuel, le processus de validation d’Emmanuel Moulin mercredi matin est donc à surveiller. À l’Assemblée nationale, où le camp présidentiel est en minorité, cet ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire à Bercy, ou encore de Gabriel Attal à Matignon, également passé par la tête du Trésor de 2020 à 2024, rencontre un nombre non négligeable de forces hostiles. Le Rassemblement national et la France insoumise n’ont pas caché leur opposition. Leurs membres représentent déjà un tiers de la commission des finances du palais Bourbon. Les réunions hebdomadaires de groupe ce mardi ont permis d’affiner un peu plus l’état du rapport de forces.
Les députés socialistes ont annoncé à la mi-journée qu’ils voteraient contre à l’issue de l’audition. Le jugeant « principal responsable de la politique économique du gouvernement depuis dix ans », le député PS Philippe Brun estime que le candidat promu par Emmanuel Macron ne « présente pas les garanties d’indépendance politique indispensables ». Le député de l’Eure n’approuve pas, par ailleurs, ses positions qui seraient favorables à une « dérégulation » du secteur bancaire.
Le parti représente au total 17 des 121 parlementaires appelés à se prononcer ce mercredi. Au même moment, une grande majorité de leurs homologues sénateurs appelaient également à voter contre le candidat de l’Élysée. « Une tendance assez large s’est dégagée », relève-t-on au sein du groupe. Il n’y a toutefois pas eu de vote et donc de position officiellement exprimée. « Emmanuel Moulin n’est pas la personne idoine pour le poste et c’est inacceptable de voir en permanence le président de la République reclasser des collaborateurs à son service », confie un sénateur. Selon nos informations, le président de la commission des finances, Claude Raynal, ne devrait pas se joindre à la tendance majoritairement négative exprimée par ses collègues. « Cela a suscité des commentaires », relaye l’un de ses collègues.
Les deux sénateurs communistes prévoient aussi de voter contre Emmanuel Moulin. D’ordinaire, le PCF ne prend jamais part à ce type de scrutin, sur les nominations à des postes institutionnels. Exception faite demain. « La méthode, le périmètre et le calendrier de cette nomination ne peuvent apparaître que comme un pantouflage déguisé, certes sans prise illégale d’intérêts », nous répond Pascal Savoldelli.
Chez les écologistes, les trois sénateurs devraient osciller entre le vote contre ou l’abstention. « Vu le contexte des nominations du président de la République on va peut-être voter contre », témoigne l’un de leurs collègues. Ce parlementaire croit que la droite sénatoriale – qui représente 18 voix – devrait favoriser Emmanuel Moulin en raison d’un « arrangement », qui consisterait à favoriser le sénateur et ancien ministre François-Noël Buffet (LR) au poste de Défenseur des droits, comme l’affirmaient fin avril Les Échos. « Ça, ça ne nous plaît pas trop », s’exclame ce sénateur écologiste. Cette rumeur a été démentie par certains cadres LR.
Si Emmanuel Moulin fera sans surprise le plein de voix dans les familles les plus proches du gouvernement, comme le Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants (RDPI) de François Patriat (Renaissance), des Indépendants de Claude Malhuret (Horizons) ou encore de l’Union centriste, le nombre de ses appuis dans le groupe LR reste incertain.
Or, la position de la droite sénatoriale pèsera lourd. Ce sont 18 voix au total. Avec leurs collègues députés de la Droite républicaine, leur poids représente un cinquième du collègue parlementaire qui se prononcera ce mercredi. « Le groupe est divisé, je n’ai aucune idée de ce qu’il va se passer », nous confiait un proche d’un sénateur de premier plan.
« C’est compliqué. J’ai le sentiment que c’est moitié-moitié », relevait il y a deux semaines un membre LR de la commission des finances du Sénat. Le profil du haut fonctionnaire, passé par les cabinets de Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde dans les années 2000, ou encore par la tête du pôle économie à la présidence de la République sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, pourrait rassurer un certain nombre de sénateurs LR. Son CV – passage par le Trésor ou la Banque mondiale – est aussi perçu comme un gage de sérieux.
« Il a quand même les compétences dans le domaine concerné qui sont incontestables », salue un sénateur « sans a priori », presque tenté de voter en sa faveur. Ce parlementaire, actif sur les thématiques budgétaires, se dit aussi conscient que certains collègues pourraient se montrer intraitables. « Certains ont refusé de le recevoir. Au Sénat, on a eu l’impression de souvent tendre la main et d’être méprisés. Et il y a un contexte de nominations qui ne joue pas en saveur. Mais il serait injuste de lui faire payer sa proximité avec la Macronie, il ne mérite pas l’opprobre que mériterait Amélie de Montchalin. C’est à lui de montrer sa capacité d’indépendance. Son audition n’est ni automatiquement gagnée, ni perdue », pressent notre interlocuteur.
« Il n’y a pas de quoi être irrité par cette proposition du président de la République », balaye un autre sénateur historique du groupe LR, qui assure Emmanuel Moulin de son soutien. « Cela devrait bien se passer. Mais c’est quand même au Sénat que les choses se joueront », mesure-t-il.
D’autres collègues, non-membres de la commission des finances, estiment « qu’il n’y a pas de débat sur sa compétence ». Au moins 4 voix sur 18 seraient déjà acquises au haut-fonctionnaire. Le seuil minimal des trois cinquièmes, équivalant à un veto, pourrait être difficilement atteignable. Les deux auditions matinales, 9 heures au Sénat, puis à 11 heures à l’Assemblée nationale, pourraient convaincre les hésitants, dans un sens ou dans l’autre.
19.05.2026 à 17:53

Dans le cadre de l’examen du projet de loi contre les incivilités du quotidien, dit Ripost, les sénateurs ont adopté l’article 4 qui renforce les interdictions administratives de stade en cas d’actes d’incitation à la haine ou à la discrimination.
Actuellement 249 personnes sont visées par une interdiction administrative de stade et 30 % des forces de l’ordre sont mobilisées les week-ends pour encadrer les matchs de football, a indiqué le ministre de l’Intérieur lors de l’examen de l’article 4 du projet de loi « Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » (Ripost).
L’ancien préfet de police a alors posé le problème de la façon suivante : « Est-ce qu’on va vers la dissolution de groupes (de supporters) lorsqu’il y a des incidents ? Ou est ce qu’on va vers des sanctions individuelles ? », a-t-il posé. Son texte vise à renforcer la deuxième solution.
Le texte prévoit donc d’élargir la possibilité pour le préfet de prononcer des mesures d’interdiction administrative de stade « en cas d’actes d’incitation à la haine ou à la discrimination contre des personnes à raison de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur sexe ou de leur appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée ».
L’article 4 étend aussi temporellement et géographiquement le périmètre de la mesure d’interdiction administrative de stade qui pourra couvrir les abords des enceintes sportives, les lieux de cortèges et de rassemblements des supporters. L’interdiction pourra débuter dans les vingt-quatre heures précédant la rencontre et se terminer jusqu’à vingt-quatre heures après la rencontre. Par ailleurs, le préfet aura de nouveau la possibilité d’imposer une obligation de pointage sans qu’il ne doive démontrer que l’individu entend manifestement s’y soustraire.
Même si les interdictions administratives de stade se font « sous le contrôle du juge », plusieurs sénateurs à gauche ont émis de sérieuses réserves sur cet article, écologistes et communistes ont même demandé sa suppression. « 75 % des interdictions administratives de stades contestées sont annulées par le juge administratif contre 9 % pour l’ensemble du contentieux administratif », a rappelé la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly. Le sénateur écologiste, Thomas Dossus a lui mis en avant le caractère très contraignant du dispositif de pointage et les délais « extrêmement longs, deux ou trois ans » pour les faire annuler.
La sénatrice socialiste, Laurence Harribey a regretté l’absence de consultation des instances représentatives des supporters de la part de l’exécutif en amont de la rédaction de cet article.
Un amendement défendu par le sénateur LR, Michel Savin a limité l’obligation de pointage au temps de la manifestation sportive et non aux jours précédents et suivants, la manifestation. Un autre amendement de Michel Savin a maintenu les plafonds actuels de durée des interdictions administratives de stade à 24 mois et non plus trente-six en cas de récidive, comme il est prévu dans le texte initial.
Le gouvernement a toutefois supprimé un ajout de la commission qui avait prévu une condition « de gravité ou de répétition » d’un acte pour entraîner l’interdiction administrative de stade. « Ce à quoi on cherche à mettre fin, ce sont les chants, les cris et banderoles, racistes ou injurieuses. Il suffit d’une fois », a justifié le ministre.
19.05.2026 à 17:13

A la veille de l’examen au Sénat d’une proposition de loi permettant d’allonger la durée de rétention administrative de certains étrangers, un groupe d’associations intervenant dans les centres de rétention administrative dénonce l’inefficacité de l’enfermement. A l’inverse, la majorité sénatoriale défend un texte utile et limité aux étrangers déjà condamnés et présentant une menace réelle.
En cinq ans, la durée passée par les étrangers dans les centres de rétention administrative (CRA) a doublé selon le rapport conjoint de France Terre d’asile, de la Cimade, Forum réfugiés, le Groupe SOS solidarités et solidarité Mayotte. Entre 2020 et 2025, la durée de rétention administrative moyenne est passée de 17 à 33 jours. La population globale en CRA a également augmenté par rapport à l’année précédente atteignant 44 000 personnes (dont 26 500 à Mayotte), mais reste en dessous du pic observé en 2019 avec 53 000 personnes.
La publication de ce rapport trouve un certain écho dans l’actualité puisque le Sénat débute, mercredi 20 mai, l’examen d’une proposition de loi, soutenue par le gouvernement, visant à allonger la durée de rétention en CRA pour les individus étrangers présentant une menace actuelle et réelle et ayant été définitivement condamné pour des crimes ou délits particulièrement graves. Un texte souhaité de longue date par l’ancien ministre de l’Intérieur et président de LR, Bruno Retailleau. En tant que ministre, Bruno Retailleau avait déjà défendu un texte similaire, l’année dernière, avant que plusieurs dispositions du texte ne soient largement censurées par le Conseil constitutionnel.
Au-delà de l’augmentation de la durée moyenne passée en CRA, le rapport pointe le faible taux d’exécution des mesures d’éloignement qui précèdent le placement en CRA. En 2025, seulement 36 % des personnes retenues ont été éloignées contre 39 % l’année précédente. Par ailleurs, les associations soulignent la corrélation entre la durée de rétention et l’exécution des mesures d’éloignement. « Plus de la moitié des expulsions interviennent dans les 20 premiers jours et environ 85 % dans les 45 premiers jours, tandis que moins de 10 % ont lieu au-delà de soixante jours », explique le rapport.
Des données et une logique globale qui ont poussé les sénateurs de gauche à s’opposer, en commission, à la proposition de loi visant à allonger la durée de rétention. « Quelle est la logique de prolonger la durée alors que la plupart du temps ils ne vont pas jusqu’au bout car ils sont libérés sur décision judiciaire et que la plupart des OQTF ne sont pas exécutées ? » s’étonne le sénateur écologiste, Guy Benarroche.
Dans les rangs de la droite sénatoriale, on défend au contraire un texte calibré pour passer le filtre du Conseil constitutionnel et s’appliquant spécifiquement aux individus les plus dangereux. « Il me semble que ce texte est utile. La loi concerne certains cas très particuliers. Quand on regarde l’ensemble des personnes potentiellement concernées avec des troubles psychiatriques cela va concerner quelques centaines voire dizaines de personnes », explique le sénateur Hervé Reynaud (LR), rapporteur de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat.
Pour rappel, l’allongement de la durée de rétention à 210 jours concerne uniquement les étrangers condamnés pour des crimes et délits majeurs, présentant une menace réelle pour l’ordre public. Le texte vise également à créer une rétention de sûreté terroriste permettant de placer des personnes dans un centre de soins une fois leur peine de prison purgée ainsi que la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » à la main du préfet.
De manière générale, la majorité sénatoriale de droite et du centre considère que l’allongement de la durée de rétention maximale peut contribuer à favoriser les retours vers les pays d’origine. « On sait qu’il faut pouvoir obtenir des visas de retour et il est compliqué de les obtenir dans un délai si court. Les autres pays européens ont eux-mêmes des délais supérieurs aux nôtres », pointe la sénatrice centriste, Dominique Vérien. Un constat partagé par le rapporteur qui souligne l’existence de délais beaucoup plus longs dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Italie ou en Belgique où la rétention peut aller jusqu’à 18 mois.
Autre difficulté posée par le maintien prolongé en rétention administrative, le risque d’une saturation des centres de rétention. « Il y a un risque de surpopulation dans les CRA », juge Guy Benarroche qui considère que la rétention administrative est de plus en plus utilisée comme « une peine complémentaire ». Un risque réel pour la majorité sénatoriale qui estime cependant, qu’à ce stade, il n’y a pas d’alerte. « Le personnel qui gère les CRA et que nous avons auditionné nous a rapporté qu’il n’y avait pas de risque de surpopulation des CRA, actuellement il y a un taux d’occupation de 91 % » rapporte Hervé Reynaud. En parallèle, l’Etat a lancé en 2023 la construction de huit nouveaux centres de rétention administrative d’ici 2027 pour porter les capacités à 3 000 places au total.
Enfin, le rapport des associations intervenant dans les CRA laisse entrevoir l’importance de la diplomatie dans l’exécution des mesures d’éloignement. En effet, celles-ci ne peuvent souvent être appliquées qu’après la délivrance d’un laissez-passer consulaire par les autorités du pays d’origine. Alors que les ressortissants de nationalité algérienne sont les plus ciblés par des mesures de rétention (30 % des personnes retenues en CRA sont de nationalité algérienne), l’Algérie est également le pays qui accorde le moins de laissez-passer consulaires. En effet, seulement 6,75 % d’entre eux effectuent un retour vers un pays hors de l’Union européenne.
Des données qui font apparaître des divergences au Sénat sur la façon de conduire les relations diplomatiques avec les pays voisins. En tant que ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau avait engagé un bras de fer avec l’Algérie, notamment afin d’obtenir une augmentation du nombre de laissez-passer consulaires délivrés. Alors que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, effectue une visite en Algérie pour tenter d’améliorer les relations entre les deux pays, Bruno Retailleau fustige la stratégie gouvernementale. « La diplomatie des bons sentiments n’est pas la solution, car elle est le problème. Depuis dix ans, Emmanuel Macron nous a entraînés dans une relation toxique avec l’Algérie, marquée du sceau de la repentance et de la crainte. Mais pour quels résultats ? » écrit le président des Républicains sur le réseau social X.
A l’inverse, certains se réjouissent de cette amélioration des relations avec l’Algérie. « Je salue l’évolution du gouvernement sur le sujet. On a bien vu que la méthode forte s’était retournée contre nous. Mieux vaut discuter, quitte à être ferme mais en tête à tête et sans être insultant sur les médias. L’objectif est d’obtenir des résultats dans la relation entre pays plutôt que de la com pour obtenir des voix en France », tranche Dominique Vérien.
19.05.2026 à 16:47

Dans le sillage de Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine arrive mardi soir en Chine pour discuter des moyens de « renforcer » le partenariat stratégique entre les deux pays. Selon Pierre-Antoine Donnet, rédacteur en chef de Asia Magazine, « Pékin a un intérêt objectif à ce que la guerre en Ukraine se prolonge. »
Cette visite était prévue de longue date. Il ne faut donc pas y voir une réaction improvisée à la récente visite de Donald Trump à Pékin. La concomitance des deux événements est surtout symbolique. Ce déplacement sera avant tout l’occasion pour Vladimir Poutine et Xi Jinping de réaffirmer la solidité de leur relation. Il n’est absolument pas question, pour la Chine, de modifier sa politique à l’égard de la Russie. Pékin estime avoir obtenu de Donald Trump certaines concessions initiales, mais cela ne remet pas en cause son soutien stratégique à Moscou.
Selon certaines informations, Xi Jinping aurait évoqué Vladimir Poutine devant Donald Trump, en laissant entendre que le président russe pourrait un jour regretter son aventure ukrainienne. Mais cela relève essentiellement du registre diplomatique. Sur le fond, la Chine tient à préserver ses liens avec la Russie, une relation profondément asymétrique dans laquelle Pékin occupe clairement la position dominante. Cette relation lui procure des avantages considérables sur les plans économique, énergétique et géopolitique.
Oui, incontestablement. Sur le plan économique, les importations chinoises d’hydrocarbures russes ont fortement progressé, notamment pour compenser les perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient.
Sur le plan géopolitique, Pékin considère que Washington n’a opposé aucune résistance sérieuse à certaines demandes de Xi Jinping. Dans ce contexte, la Chine n’a aucune raison de revoir sa stratégie vis-à-vis de la Russie.
Il s’agit d’une alliance de circonstance, extrêmement utile aux deux parties, mais qui va bien au-delà d’un simple partenariat. Il faut rappeler une déclaration particulièrement révélatrice de Wang Yi, véritable numéro deux de la diplomatie chinoise. En juillet dernier, il affirmait que « la Chine ne peut pas se permettre une défaite de la Russie en Ukraine ».
Cette phrase traduit une réalité stratégique fondamentale : Pékin a un intérêt objectif à ce que la guerre se prolonge. Le conflit mobilise les ressources occidentales, détourne l’attention de l’Europe et des États-Unis de l’Asie orientale et offre à la Chine un temps précieux pour renforcer son économie, son armée et son influence internationale. Plus la guerre dure, plus la Chine gagne du temps, et plus elle se renforce.
La Chine fournit à la Russie de nombreux composants à double usage, notamment des éléments électroniques et des équipements susceptibles d’être utilisés à des fins militaires.
Sans ce soutien, qu’il soit technologique, industriel ou économique, la Russie aurait beaucoup plus de difficultés à poursuivre son effort de guerre. L’aide chinoise permet également à l’économie russe de résister malgré les sanctions occidentales et les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques.
Les deux dirigeants se connaissent extrêmement bien. Ils se sont rencontrés à de nombreuses reprises. Le moment clé de leur rapprochement reste leur entretien du 4 février 2022, quelques semaines avant l’invasion de l’Ukraine. À cette occasion, ils avaient proclamé une « coopération sans limite ».
Cette formule n’était pas purement rhétorique. Elle signifiait que Pékin avait sans doute été informé des intentions de Moscou. Depuis le début du conflit, la Chine n’a jamais condamné l’invasion russe. Xi Jinping est convaincu du déclin progressif des États-Unis. Sa stratégie s’inscrit dans le temps long. Face à Donald Trump, qui privilégie les accords immédiats, Pékin avance patiemment et consolide méthodiquement ses positions.
La Chine exige que la Russie finance elle-même une grande partie de ce projet. Et cette volonté illustre parfaitement le rapport de force entre les deux pays. Pékin impose ses conditions, consciente que Moscou a davantage besoin de ce gazoduc que l’inverse.
Par ailleurs, la Chine dispose d’importantes réserves stratégiques d’hydrocarbures, ce qui lui permet de ne pas agir dans l’urgence. Toutefois, Pékin n’a aucun intérêt à une déstabilisation durable du Moyen-Orient. La Chine a besoin de stabilité pour soutenir sa croissance et ses exportations. Elle pourrait donc encourager l’Iran à rechercher un compromis diplomatique.
Oui, dans une certaine mesure. Ces pays sont très différents, mais ils partagent une hostilité profonde à l’égard de l’Occident. Chacun dispose d’un pouvoir de nuisance spécifique. Ensemble, ils contribuent à fragiliser l’ordre international dominé par les démocraties occidentales.
Cela dit, la Chine agit toujours selon ses propres intérêts. Elle n’a pas de véritables alliés. Si Vladimir Poutine venait à subir une défaite majeure, Pékin pourrait très rapidement prendre ses distances avec lui.
19.05.2026 à 16:20

Mardi après-midi, le Sénat poursuivait l’examen du projet de loi contre les incivilités du quotidien, dit Ripost et a adopté l’article 3 qui sanctionne plus durement les rodéos urbains. Les sénateurs ont été plus loin que la copie du gouvernement et ont institué un délit pour sanctionner les organisateurs de rassemblement motorisé.
Dans la suite de l’examen du projet de loi « Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » (Ripost), les sénateurs ont adopté l’article 3 qui sanctionne plus sévèrement les rodéos urbains.
Ces rassemblements illégaux tombent déjà sous le coup de la loi depuis 2018 par une peine d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, qui peut aller jusqu’à 75 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement si l’auteur des faits a consommé de l’alcool ou des stupéfiants.
Le projet de loi prévoit que ces rodéos puissent faire l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle de 800 euros. Sur un plan administratif, le préfet pourra prononcer une interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur contre l’auteur du délit s’il n’a pas le permis de conduire.
En commission, les sénateurs ont renforcé l’arsenal répressif en créant un délit pour sanctionner les organisateurs d’un « rassemblement impliquant l’usage de véhicules terrestres à moteur à des fins de manœuvres ou de performances motorisées dans des lieux qui ne sont pas spécialement aménagés à cet effet ». La peine prévue pour avoir organisé un rodéo est de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
En séance, la co-rappoteure du texte, Lauriane Josende (LR) a fait passer un amendement visant à sanctionner plus sévèrement à titre individuel, les participants de ces rodéos, en doublant les peines actuellement encourues, les faisant passer à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
En revanche, le gouvernement, par la voix de Laurent Nunez le ministre de l’Intérieur, n’a pas suivi la commission qui avait prévu « à titre expérimental », la possibilité de faire usage pour le délit de rodéo motorisé de la procédure d’infiltration. « L’infiltration n’est pas adaptée à ce genre de poursuites, à ce type de délinquance », a objecté le ministre rappelant que cette procédure, assez lourde, était réservée à la criminalité organisée. L’amendement du ministre visant à supprimer cette expérimentation a été adopté.
19.05.2026 à 10:41

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, a critiqué le contenu du texte Ripost en cours d’examen au Sénat. L’ancien ministre regrette notamment le recours aux amendes forfaitaires délictuelles.
« C’est un cabinet de curiosités, il y a plein de choses, 35 articles, mais il y a des choses qui ne nous plaisent pas », explique sans détour Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, à propos du projet de loi Ripost dont le Sénat a débuté l’examen ce lundi. Si l’ancien ministre assure que son groupe partage le constat posé par ce texte qui souhaite apporter une réponse aux phénomènes troublant l’ordre public comme les rave parties ou les rodéos urbains, les socialistes restent prudents.
Surtout, le socialiste s’inquiète de la capacité du texte à apporter une réponse durable aux phénomènes qu’il souhaite endiguer. Un constat qu’il dresse également pour la lutte contre le narcotrafic. « Je pense que tous les moyens de l’Etat en tout cas beaucoup plus de moyens devraient être consacrés à cette lutte », affirme Patrick Kanner.
En ce qui concerne le texte Ripost, le sénateur regrette le recours massif aux amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Le texte prévoit notamment le recours aux AFD pour des cas allant de la participation à un rassemblement motorisé, à une rave-party ou à l’usage de stupéfiants. « Les AFD ça ne marche pas, il y a seulement 24 % de taux de recouvrement il y a plus d’un milliard d’euros qui sont actuellement dehors », regrette Patrick Kanner. Une situation qui pousse les socialistes à retarder leur choix sur le vote final du texte. « Nous sommes très inquiets sur la capacité du gouvernement à mettre en œuvre un texte qui réponde vraiment aux préoccupations des Français », continue Patrick Kanner.
Si le groupe socialiste doit acter sa position sur le texte mardi prochain à l’occasion de sa réunion de groupe au Sénat, les sénateurs socialistes tenteront d’influencer le texte. « Il y a des amendements que nous allons porter, on va essayer d’améliorer ce texte », assure Patrick Kanner qui constate néanmoins que près de 300 amendements ont déjà été déposés. « A l’Assemblée nationale, il va y en avoir des milliers », prédit le président de groupe.
19.05.2026 à 10:38

Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner revient sur le processus de détermination d’un candidat pour le PS pour 2027. Le sénateur assure qu’il soutiendra le candidat le mieux placé pour battre l’extrême droite.
A un an de l’échéance, le Parti socialiste n’a toujours pas tranché la question de l’incarnation pour l’élection présidentielle de 2027. Si certains, comme l’ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, estiment que le Parti socialiste ne devrait pas présenter de candidat, Patrick Kanner considère qu’il y a encore le temps pour se décider. Ce dernier assure, pour l’instant, travailler à « la construction d’une évidence ».
Dans un premier temps, le sénateur du Nord rappelle que les socialistes devront d’abord battre leurs adversaires à gauche pour espérer plus. « La première étape est de savoir qui est capable de mettre Monsieur Mélenchon derrière nous dans ce combat qui est un combat existentiel pour la République », résume Patrick Kanner. Pas question non plus de participer à la primaire voulue par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « Je ne veux pas une primaire entre le groupe PS et le groupe des Verts », souffle Patrick Kanner.
L’ancien ministre de François Hollande veut croire dans la capacité du Parti socialiste de peser seul dans la campagne présidentielle. « Ma préférence ira vers un candidat de cette galaxie socialiste et démocrate capable d’apporter une solution par rapport au risque qui pèse sur notre pays à savoir l’extrême droite », résume Patrick Kanner. Ce dernier considère que l’enjeu principal pour la gauche hors LFI sera d’atteindre le second tour pour mettre en échec le RN. Le sénateur prédit d’ailleurs un abaissement du seuil d’accès au second tour et estime que 18 ou 19 % des suffrages pourraient suffire à se qualifier pour le second tour. Une stratégie qui pourrait conduire le PS à attendre le plus longtemps possible avant de trancher en fonction des sondages.
Enfin, le socialiste fait de la capacité à rassembler au second tour un point clé. « Je souhaite quelqu’un capable de rassembler la gauche mais aussi les 20 ou 25 % d’électeurs d’autres sensibilités », résume Patrick Kanner. Une référence aux électeurs du centre et d’Emmanuel Macron lors des dernières élections. Pour autant, ce proche de François Hollande exclut tout ralliement à un candidat comme Edouard Philippe. « Monsieur Edouard Philippe n’est pas pour moi un progressiste », tranche le sénateur assurant qu’il n‘a pour lui « aucune sympathie politique particulière ».
19.05.2026 à 09:34

Lundi soir, le Sénat a démarré l’examen du projet de loi contre les incivilités du quotidien, dit Ripost. Les élus ont notamment approuvé le durcissement de la répression des rassemblements musicaux illégaux en votant un nouveau délit pour l’organisation d’une free party, puni de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
Rave parties, protoxyde d’azote, rodéos motorisés, violences dans les stades… C’est un projet de loi qui brasse large pour lutter contre les troubles quotidiens à l’ordre public. Porté par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, le projet de loi « Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens » (Ripost) est examiné depuis lundi au Sénat.
Initié sous Bruno Retailleau, redevenu sénateur avant le dépôt du projet de loi, il s’articule autour de deux axes : un durcissement des sanctions réprimant différentes incivilités en augmentation – un « choc d’autorité » selon son successeur à Beauvau, Laurent Nuñez, et une amélioration des outils à la disposition des forces de l’ordre – le « choc d’efficacité ».
Le texte « envoie un message clair aux auteurs de ces troubles, celui de la dissuasion et éventuellement celui de la répression », a affirmé le ministre, soulignant aussi des mesures permettant de renforcer « l’immédiateté » de la sanction, « seule capable d’enrayer le sentiment d’impunité dont jouissent les délinquants », d’après lui. Ce projet s’ajoute à un bloc de textes régaliens voulu par le Premier ministre Sébastien Lecornu, sur le renforcement des polices municipales, la réforme de la justice criminelle ou l’extension de la durée de rétention des étrangers jugés dangereux. Autant d’initiatives plus ou moins dénoncées dans l’opposition.
En effet, la gauche est très réservée voire opposée au texte, notamment face à l’extension des amendes forfaitaires délictuelles (AFD), qui constitue l’une des principales réponses gouvernementales à l’augmentation de certaines incivilités, et dont l’efficacité est remise en cause par un récent rapport de la Cour des comptes.
« Ce projet de loi forme un empilement hétérogène qui brouille, voire menace, la cohérence de notre droit », a pointé la socialiste Audrey Linkenheld, regrettant un « éloignement du juge vers l’immédiateté » de la répression et craignant des mesures accroissant la « dilution des missions régaliennes ».
L’écologiste Guy Benarroche a lui fustigé les « solutions simplistes du tout répressif », qualifiant de « dérive » le développement des AFD prôné par le gouvernement.
La droite, en revanche, accueille avec « bienveillance » l’initiative : « Une loi-catalogue n’a rien d’infamant, pour peu qu’elle s’attaque effectivement de front à toutes les nuisances subies par les Français. C’est le cas de ce projet », a appuyé la corapporteure LR, Lauriane Josende.
Quelques jours après la tenue d’une free party organisée sur un terrain militaire près de Bourges, un net durcissement de la répression des rassemblements musicaux a été adopté, avec plusieurs mesures phares, comme l’abaissement à 250 participants du seuil au-dessus duquel une déclaration en préfecture est requise (contre 500 actuellement).
Un nouveau délit pour l’organisation d’une free party, puni de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, a également été voté. Surtout, pour sanctionner les participants, le gouvernement a fait adopter le principe d’un nouveau délit passible de six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Une mesure qui va bien plus loin qu’un texte voté à l’Assemblée nationale en avril, où figurait seulement une amende de 1 500 euros.
Dans le texte voté au Sénat, une amende forfaitaire délictuelle (AFD) de 1 500 euros, mesure jugée plus rapide, a également été maintenue, comme alternative aux poursuites pénales à la discrétion des forces de l’ordre.
Participer à une rave party interdite, c’est faire le choix de participer à un événement qui cause des troubles majeurs à l’ordre public et empêcher les pouvoirs publics de les prévenir », a appuyé Laurent Nuñez, faisant face à l’opposition d’une partie de la gauche qui a dénoncé une « offensive contre la jeunesse ». « Les free party semblent être devenues, depuis quelques semaines le problème majeur en termes de sécurité », a ironisé le sénateur écologiste, Thomas Dossus. « Vouloir envoyer en prison ou donner 1500 euros d’amende à des jeunes qui veulent juste danser sur de la musique qui va être reconnue par le ministère de la culture, je trouve ça disproportionné », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’Intérieur s’est défendu de vouloir brimer « une liberté d’expression » ou « une liberté culturelle ». « Nous parlons de rassemblements illégaux », a-t-il rappelé. « C’est une infraction grave ». « Le délit permet aussi de mener des actes d’enquêtes pour identifier les organisateurs », a-t-il justifié. Des peines complémentaires de suspension ou d’annulation du permis de conduire prévues pour les personnes condamnées ont aussi été votées.
Délits d’inhalation et de conduite sous son emprise de protoxyde d’azote
Sur le protoxyde d’azote, dont le détournement et les risques sanitaires et sécuritaires inquiètent, des délits d’inhalation et de conduite sous son emprise sont créés par le texte. Le Sénat prône, en plus, une interdiction générale de la vente aux particuliers. En février, Le Sénat avait adopté la proposition de loi de la sénatrice socialiste, Marion Canalès, visant à restreindre la vente du protoxyde d’azote aux seuls professionnels.
L’AFD pour usage de stupéfiants sera par ailleurs augmentée, de 200 à 500 euros, une mesure critiquée par une partie de la gauche.
Les débats se poursuivront mardi et mercredi, avant un vote solennel programmé le 26 mai, sans suspense dans une chambre haute dominée par une alliance entre la droite et le centre.
Après son passage au Sénat, le texte devra trouver son chemin dans l’agenda surchargé de l’Assemblée, mais aucun calendrier n’est à ce stade arrêté, ce qui suscite l’inquiétude de nombreux parlementaires.
Avec AFP
19.05.2026 à 07:00

Le Sénat examinera, à partir du 20 mai, un texte permettant d’étendre la durée de rétention administrative à 210 jours pour les individus faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et déjà condamnés pour des faits de terrorisme ou d’autres crimes et délits graves.
A partir de ce mercredi 20 mai, le Sénat devra se prononcer sur une proposition de loi visant à allonger la durée de rétention administrative des étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Adoptée à l’Assemblée nationale le 5 mai avec les voix du RN, du bloc central et de LR, la proposition de loi du député Charles Rodwell (Renaissance) reprend plusieurs mesures chères à la droite sénatoriale. En effet, l’initiative du député des Yvelines fait suite à la censure par le Conseil constitutionnel d’un texte similaire et porté par la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio (LR).
Initié et défendu par Bruno Retailleau, le dépôt du texte avait suivi les événements du meurtre de Philippine, tuée par un individu visé par une mesure d’éloignement du territoire français. « Si nous avions eu cette loi-là, [la vie de Philippine] serait sauve » avait déclaré le président des Républicains devant l’Assemblée nationale en juillet 2025.
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel avait pointé des dispositions disproportionnées par rapport à l’objectif poursuivi. Cette nouvelle proposition de loi cherche donc à sécuriser juridiquement la plupart des mesures déjà proposées l’année dernière, explique la commission des lois du Sénat dans son rapport.
La principale mesure du texte propose d’étendre la durée maximale de rétention administrative en la faisant passer de 180 à 210 jours contre 90 jours pour le régime de droit commun. Concrètement, la proposition de loi entend appliquer le régime dérogatoire permettant une rétention jusqu’à 210 jours aux personnes faisant l’objet d’une mesure d’éloignement et déjà condamnés pour terrorisme et aux étrangers qui représente une menace réelle, actuelle et d’une particulière gravité pour l’ordre public et ayant été définitivement condamnés.
Sur ce dernier point, les sénateurs ont modifié le champ d’application de l’article 8 voté par l’Assemblée nationale et qui prévoit la possibilité d’appliquer le régime dérogatoire. Dans la version sénatoriale, le régime dérogatoire pourrait concerner les individus représentant une menace réelle et condamnés définitivement pour des crimes et délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement. Les auteurs de vols aggravés, de délits d’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers ou de participation à une association de malfaiteurs seraient alors concernés. De son côté, le gouvernement défendra un amendement pour réintroduire la rédaction issue de l’Assemblée nationale et dont le champ d’application concerne les individus ayant fait l’objet d’une condamnation pour des faits d’atteinte aux personnes punis d’au moins trois ans d’emprisonnement.
Alors que l’on comptait plus 40 000 personnes en CRA en 2024, les associations qui interviennent dans les centres de rétention dénoncent une mesure inefficace rappelant que l’exécution des mesures d’éloignement intervient généralement dans les premières semaines de rétention.
En commission, les sénateurs ont également réintégré une disposition instaurant un plafond en cas de placements à répétition. La limite introduite par la commission porte le plafond à quatre placements pour une durée de maximale de 540 jours pour l’exécution d’une même mesure. Cet encadrement avait été jugé nécessaire par les juges constitutionnels pour assurer le respect de la loi fondamentale.
Le texte porte également la création d’une « injonction d’examen psychiatrique » à la main du préfet, pour forcer certaines personnes à s’y soumettre en vue de prévenir des actes terroristes « s’il existe des raisons sérieuses de penser » qu’elles constituent « une menace grave pour l’ordre et la sécurité publics ». A l’issue de cet examen, le préfet pourra prononcer une hospitalisation forcée. Une mesure qualifiée de « dérive majeure » par la députée écologiste Léa Balage El Mariky.
Enfin, le texte crée également une « rétention de sûreté terroriste » permettant de placer des personnes dans un centre de soins une fois leur peine de prison purgée, comme c’est déjà le cas pour certains crimes, si elles présentent « une probabilité très élevée de récidive ». Les individus concernés devront présenter « une adhésion persistante à une idéologie » incitant à commettre des « actes de terrorisme », « un trouble grave de la personnalité », et avoir été condamnées à au moins 15 ans de prison.
Un dispositif qui devrait toutefois être marginal et concerner « très peu de personnes », assure le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez.
18.05.2026 à 20:56

Lundi soir, le Sénat a adopté la proposition de loi organique visant à élargir aux natifs le corps électoral pour les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie. L’exécutif comptait aller plus loin en y intégrant également les conjoints des natifs. L’amendement, défendu par Sébastien Lecornu lui-même, a finalement été rejeté par les élus qui ont alerté sur le risque de censure du Conseil constitutionnel qu’il pourrait entraîner.
« Ce n’est pas un consensus mais le contour d’un compromis », a fait valoir le Premier ministre, Sébastien Lecornu quelques minutes avant l’adoption par le Sénat de la proposition de loi organique visant à intégrer pour ces prochaines élections provinciales, les natifs de Nouvelle-Calédonie.
L’issue du vote sur ce texte déposé l’année dernière par le sénateur non-indépendantiste et membre du groupe LR, Georges Naturel, ne laissait guère de place au suspense puisqu’il avait rassemblé un large consensus parmi les différents groupes du Sénat. Le texte a été adopté par 304 voix contre 20. L’enjeu résidait essentiellement sur le vote autour de l’amendement du gouvernement visant à ouvrir encore plus largement le corps électoral aux conjoints des natifs. L’amendement souhaité par le camp loyaliste de l’Archipel, a été rejeté (147 voix pour, 183 contre).
Pour rappel, depuis la révision constitutionnelle de 2007, découlant de l’accord de Nouméa de 1998, seules les personnes inscrites sur les listes électorales avant la date de l’accord peuvent voter aux élections provinciales. En l’absence de réforme, le gel du corps électoral depuis des années a pour conséquence d’évincer de ces élections près d’un électeur sur cinq, ce qui ferait peser un risque d’inconstitutionnalité sur le prochain scrutin.
Face à l’urgence, et après avoir multiplié les consultations avec les acteurs locaux ces dernières semaines, Sébastien Lecornu a décidé de s’appuyer sur une proposition de loi organique de Georges Naturel. Le texte vise à intégrer pour ces prochaines élections « 10 569 natifs » de Nouvelle-Calédonie qui ne remplissent pas les conditions pour voter aux élections provinciales, afin de combler la différence entre les 181 188 électeurs qui composent à ce jour le corps électoral spécial provincial et les 218 789 électeurs de la liste électorale générale qui peuvent voter aux élections municipales, législatives, européennes ou présidentielle. « Le gouvernement sera attentif à ce que tous les natifs soient inscrits de la même manière sur les listes électorales. Des natifs ont pu voter à toutes les consultations référendaires tout en se voyant pourtant exclu du corps électoral provincial. Reconnaissons-le, cela n’a aucun sens », a déclaré le Premier ministre pour qui « le statu quo ne peut être une base solide pour l’avenir ». « Il peut être même le ferment demain de la violence », a-t-il ajouté deux ans après les violences qui ont fait 14 morts et plusieurs milliards d’euros de dégâts en Nouvelle-Calédonie.
Le gouvernement n’a donc pas réussi à fait passer son amendement visant à intégrer les conjoints des natifs au corps électoral spécial provincial. Il prévoit que les conjoints mariés et pacsés depuis 5 ans puissent avoir la possibilité de demander leur inscription sur la liste électorale provinciale. « Cet ajustement est possible par la voie organique, car il ne modifie pas les grands équilibres des accords de Matignon et de Nouméa », avait-il justifié.
Une analyse qui n’a pas été partagée sur les bancs socialistes, centristes, Indépendants ou encore les élus RDPI qui estiment que l’ajout des conjoints comporte un risque de censure du Conseil constitutionnel même si le Conseil d’Etat a reconnu que les évolutions démographiques permettaient d’envisager des ajustements au corps électoral par la voie d’une loi organique sans passer par une révision de la Constitution.
« Au niveau local, il n’y a jamais eu d’accord sur cette question (des conjoints NDLR) […] Juridiquement, lier la possibilité d’exercice d’un droit politique à la possession d’un statut matrimonial constitue une sorte de bizarrerie », a soulevé le sénateur centriste, Olivier Bitz, pour qui cet amendement conduirait à une censure du Conseil constitutionnel.
« Le Conseil constitutionnel ne pratique pas les censures totales, mais aussi les censures partielles. Même s’il devait décider d’une forme de censure, ça ne fait pas tomber l’ensemble du texte », a répondu, Sébastien Lecornu.
Si l’auteur de la proposition de loi organique, Georges Naturel a dit « soutenir la légitimité des conjoints à pouvoir participer à la désignation des élus provinciaux », il a dit, lui aussi, craindre un risque de censure. Une position qui a tranché avec celle de son groupe politique exposée par la présidente du groupe LR, Muriel Jourda. « Il faut aussi intégrer les conjoints ». « Plus nous nous rapprocherons d’une liste électorale normale, plus nous nous doterons de la capacité de donner un destin commun à la Nouvelle-Calédonie », a-t-elle soutenu.
Robert Xowie, sénateur indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, membre du groupe communiste, a exprimé son désaccord sur l’ensemble du texte, rappelant qu’il n’avait pas le soutien politique du FLNKS car décorrélé d’un accord global sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie. Il a également rappelé que le gel du corps électoral avait pour but d’empêcher qu’une colonisation de peuplement ne modifie mécaniquement les équilibres démocratiques du pays pendant le processus de marche vers la pleine souveraineté ».
« Le mieux est l’ennemi du bien », a argué, de son côté, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner. « Nous ne pouvons pas vous suivre dans ce moment de recherche d’un vote positif le plus large possible ici au Sénat ». Le sénateur a rappelé les délais serrés. Le décret de convocation des électeurs est prévu, au plus tard le 31 mai, et la clôture des listes électorales, le 18 juin.
Quant à l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, le dossier est au point mort après le rejet par les députés, en avril dernier, du projet de loi constitutionnelle relatif à La Nouvelle-Calédonie issu des accords Bougival et Elysée-Oudinot.
« Les élections provinciales se tiendront. Et le dialogue devra reprendre. Tous les partis politiques calédoniens s’y sont engagés. L’Etat tiendra sa parole. Il sera là. Alors viendra le temps du projet pour préparer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Il débutera dès juillet et devra aboutir avant la fin de l’année », a promis le Premier ministre. L’examen du texte aura lieu mercredi à l’Assemblée nationale.
18.05.2026 à 18:53

L’ancien ministre du gouvernement Bayrou et ex-président du groupe PS du Sénat envisage de se présenter aux sénatoriales. A condition que François Patriat, patron des sénateurs macronistes, ne se représente pas. Les deux en parlent ensemble et veulent éviter de se présenter l’un contre l’autre. S’il est élu, reste à voir dans quel groupe ira François Rebsamen, ou s’il cherchera à en créer un nouveau…
Que vont faire les deux François ? Les sénatoriales en Côte-d’Or, en septembre prochain, sont pour l’heure marquées par une double interrogation : François Patriat, sénateur Renaissance du département et président du groupe RDPI du Sénat, va-t-il se représenter ? Et que fera l’autre François du département, François Rebsamen, ancien maire de Dijon et ex-ministre de François Hollande puis d’Emmanuel Macron ?
Le siège du sortant François Patriat est renouvelable et pour l’heure, son choix n’est pas fait. « J’y pense chaque jour. J’y pense même chaque nuit. J’aimerais vous dire que ma décision n’est pas formellement prise aujourd’hui » a-t-il répondu au micro de Public Sénat, le 6 mai dernier, ajoutant : « Si j’avais 10 ans de moins, vous ne me poserez pas la question aujourd’hui ». Sous-entendu, l’âge de ce fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, 83 printemps, peut être l’un des critères, mais pas le seul. D’autant que cet amateur de chasse et de vélo, qui avale les kilomètres, se dit lui-même « en forme ». Alors pourquoi pas se représenter pour un quatrième mandat de suite.
Mais avec 51 années de vie politique au compteur, dont 37 de parlementaire, le patron des sénateurs Renaissance se pose des « questions éthiques » sur le principe de se représenter, glisse son entourage, alors qu’il est aujourd’hui vice-doyen du Sénat. Mais « l’envie » est là, à n’en pas douter. L’enjeu est aussi pour son parti, Renaissance, qui est sûr de perdre un siège s’il ne se représente pas, comme pour son groupe, qui compte aujourd’hui 19 sénateurs, dont 9 renouvelables. Donné perdant lors du scrutin de 2020, François Patriat fait alors mentir les pronostics, grâce à une campagne où il s’enorgueillit de voir tous les maires de Côte-d’Or. « J’ai été élu sur mon nom », se félicite-t-il alors, aidé aussi à l’époque par une candidate socialiste qui pèse peu en face.
Pour affiner sa réflexion, le sénateur attend certainement de connaître le nom des grands électeurs, qui seront désignés le 5 juin. « Ça change tout », souligne un sénateur, qui connaît l’importance de cette désignation, par les conseillers municipaux. Ce qui peut donner une indication sérieuse sur les voix à prendre, au-delà des maires déjà connues avec leurs couleurs politiques propres.
L’autre François, François Rebsamen, se pose aussi des questions. Car l’ancien sénateur, à l’époque PS, de la Côte-d’Or, se verrait bien retourner au Palais du Luxembourg, où il avait dirigé le groupe socialiste. Selon plusieurs proches de l’ancien maire de Dijon, François Rebsamen réfléchit sérieusement à se présenter en septembre.
C’est une « hypothèse » tout à fait plausible. Mais pour éviter ce qu’un sénateur socialiste appelle « une guerre fratricide », les deux François devraient éviter de se présenter l’une contre l’autre. « Jamais Rebsamen ira contre Patriat, ils ont des liens d’amitié beaucoup trop anciens », glisse-t-on. D’autant que sur le papier, ils ne peuvent pas gagner tous les deux. « Ils n’iront pas l’un contre l’autre », confirme-t-on du côté du président du groupe RDPI. « Rebsamen envisage d’y aller, mais à condition qu’il ne se retrouve pas à affronter Patriat », confirme un élu d’expérience.
Les deux se voient, déjeunent régulièrement. « Ils en parlent ensemble », glisse-t-on. « Il y a un dialogue constructif, ils doivent réussir à trouver une solution commune », espère l’un des proches.
Entre François Rebsamen et François Patriat, pas besoin de faire connaissance. Ces deux-là se connaissent trop bien. Leur relation est faite de haut et de bas, de brouilles et de proximité. Parfois meilleurs ennemis, puis meilleurs alliés, ils ont cheminé dans le même univers. « C’est je t’aime, moi non plus », résume un socialiste. « Ça fait 40 ans qu’ils cohabitent tous les deux », décrit un observateur local.
François Rebsamen, qui appelle affectueusement l’ancien ministre de l’Agriculture « Fanfan », confie à ses interlocuteurs « avoir beaucoup de respect pour François Patriat, on a cheminé ensemble depuis les années 80 ». « On est copain », assure l’autre à qui veut l’entendre. Les deux se sont mutuellement rendu service au cours de leurs parcours politique. L’ancien ministre du Travail de François Hollande a aidé François Patriat à être élu président de la région Bourgogne, quand ce dernier a donné un coup de main à « Rebs » pour devenir maire de Dijon.
Mais si les relations sont au beau fixe, les désaccords, qui ont donc déjà existé, peuvent-ils revenir ? Si des deux côtés, on assure vouloir trouver une issue en bonne entente et sans drame, un élu, qui connaît bien les deux hommes, pense que « si François Patriat décide d’y retourner, François Rebsamen va être obligé de l’affronter. Il n’hésitera pas, même s’il n’aimerait mieux pas ». D’autant que celui qui préside la métropole de Dijon est en « bonne situation » pour faire son siège, selon un élu local, grâce aux voix de Dijon métropole. Même avec les amis, la politique a ses raisons qui poussent parfois à trancher.
Car si François Rebsamen pense revenir à la Haute assemblée, ce n’est pas simplement pour le plaisir d’occuper un poste, mais pour travailler. Sur le fond, comme sur le plan politique. Et d’aucuns prêtent à François Rebsamen un dessein qui dépasse son seul retour au Sénat. Plusieurs sénateurs confient que l’ancien président du groupe PS du Sénat aurait pour éventuel second objectif de créer… un nouveau groupe politique, en allant débaucher quelques sénateurs RDSE ou PS. Pour celui qui a rejoint, avec son mouvement Fédération progressiste, La Convention de Bernard Cazeneuve, l’idée serait alors de structurer la gauche sociale-démocrate au Sénat, alors que la présidentielle se profile et que l’ancien premier ministre est « prêt à être candidat en 2027 »…
Il pourrait chercher à rassembler largement, comme il l’a déjà fait à Dijon, où il avait le Modem dans sa majorité, quand il était encore au PS. « C’est un social-démocrate, mais loin d’être sectaire », dit de lui un élu qui le connaît bien et qui le verrait bien rassembler des « soc-dem jusqu’à une frange d’une droite républicaine macroniste ».
Un socialiste dit avoir entendu parler « de l’opération Rebs, qui viendrait et reprendrait le RDSE, ou ce qu’il en reste. A moins que ce ne soit un RDSE recomposé ». « Dans le cadre de la macronie finissante, rassembler La Convention, les Radicaux de gauche, les deux membres de Place Publique, ça fait un ensemble », reconnaît ce sénateur, qui pense que seuls « deux ou trois sénateurs PS » pourraient être concernés, alors que La Convention a quelque membres ou sympathisants, autant au groupe PS que RDSE. Mais le même n’y croit pas. « C’est pour le moment très flou ». « Trouver 9 candidats pour aller créer un groupe avec lui… Je n’en vois pas l’intérêt. Quelle serait la sensibilité ? Je ne vois pas l’espace politique », ajoute un autre sénateur socialiste, qui pense que « ceux qui en feraient les frais, ce serait le RDSE et le RDPI ».
Interrogé, un proche de François Rebsamen dément de son côté toute tentative d’aller chercher des sénateurs. « On lui prête cette volonté, il ne le fait pas. Il n’a pas pris contact avec personne », assure-t-on. Reste qu’un autre de ses amis reconnaît que sur le papier, créer un nouveau groupe de centre gauche « peut avoir du sens », pensant même qu’il « n’écarte rien »… Tout dépend en réalité d’une équation dont les inconnues, dont la recomposition politique qui se poursuit, sont encore trop nombreuses. Step by step.
Si créer un groupe de toutes pièces est encore très hypothétique, dans quel groupe pourrait alors siéger François Rebsamen s’il était candidat puis élu ? RDPI ? RDSE, qui est à majorité de gauche ? PS ? Certains le verraient bien retourner au sein de sa famille politique d’origine, les socialistes. D’autant que son ralliement à Bernard Cazeneuve, certes parti du PS, le rapproche des sphères de gauche. « Ce n’est pas impossible non plus », pense un élu. « S’il est soutenu par des grands électeurs PS, la logique serait qu’il vienne au groupe socialiste. Le reste, ce sont des constructions plus ou moins baroques », pense un membre du parti à la rose. « Quand il a été ministre des Collectivités, sous Macron, il a bien traité les socialistes », relève encore une socialiste. De quoi faciliter son éventuel atterrissage.
Mais on ne lui dressera peut-être pas le tapis rouge. « Je ne suis pas sûr que Patrick Kanner, le président du groupe PS, soit chaud pour l’accueillir », glisse un sénateur. Si les adhérents du PS ont automatiquement leur place au groupe, son retour n’aurait donc rien d’automatique. « Un débat pourrait se poser au sein du groupe. C’est une demande d’adhésion et le groupe reste souverain, avec une procédure au sein du bureau, sur proposition du président », remarque un socialiste. Pour François Rebsamen, le retour au Sénat est pavé de quelques obstacles, mais ils ne devraient pas être insurmontables.
18.05.2026 à 17:20

Emmanuel Macron veut tripler les capacités françaises en nucléaire, notamment grâce à l’engagement européen. Mais cette stratégie de miser majoritairement sur l'énergie atomique pour la transition écologique sera-t-elle payante ? 68% de la production d'électricité en France provient du nucléaire, une exception dans le monde. Face au changement climatique, le fonctionnement des centrales pourrait s'avérer fragilisé tant la quantité d'eau froide diminue chaque été. Combien de nouveaux réacteurs EPR2 la France pourra-t-elle construire ? Que ferons-nous des déchets radioactifs ? Comment va se passer le démantèlement de la centrale de Fessenheim ?
On en parle avec Emmanuelle GALICHET, enseignante-chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et spécialiste du nucléaire, Yves MARIGNAC, expert nucléaire et porte-parole de l’association négaWatt, Stéphane PIEDNOIR, sénateur LR du Maine-et-Loire et Bruno CHAREYRON, ingénieur en génie énergétique et nucléaire, conseiller scientifique de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) et auteur de « Le nucléaire : une énergie vraiment sans danger ? » (Dunod).
Emmanuel Macron veut tripler les capacités françaises en nucléaire, notamment grâce à l’engagement européen. Mais cette stratégie de miser majoritairement sur l'énergie atomique pour la transition écologique sera-t-elle payante ? 68% de la production d'électricité en France provient du nucléaire, une exception dans le monde. Face au changement climatique, le fonctionnement des centrales pourrait s'avérer fragilisé tant la quantité d'eau froide diminue chaque été. Combien de nouveaux réacteurs EPR2 la France pourra-t-elle construire ? Que ferons-nous des déchets radioactifs ? Comment va se passer le démantèlement de la centrale de Fessenheim ?
On en parle avec Emmanuelle GALICHET, enseignante-chercheuse au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et spécialiste du nucléaire, Yves MARIGNAC, expert nucléaire et porte-parole de l’association négaWatt, Stéphane PIEDNOIR, sénateur LR du Maine-et-Loire et Bruno CHAREYRON, ingénieur en génie énergétique et nucléaire, conseiller scientifique de la CRIIRAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) et auteur de « Le nucléaire : une énergie vraiment sans danger ? » (Dunod).18.05.2026 à 15:17

"Sport, etc. " propose chaque mois un rendez-vous de débat et de décryptage autour de thèmes sportifs sous l'angle politique et sociétal. Elus, grands dirigeants du monde sportif et bien sûr champions et championnes de toutes catégories (Cyclisme, Foot, Voile, Rugby, etc ...), sans oublier des figures inspirantes du handi-sport, seront réunies sur le plateau de Sport, etc pour 55' de dialogue et de partage.
Un reportage en immersion, des commentaires en image sur l'actualité sportive et un coup de coeur de la rédaction avec une promesse : s'adresser à tous ceux qui veulent connaitre et comprendre les raisons de l'influence grandissante du sport dans nos sociétés.
"Sport, etc. " propose chaque mois un rendez-vous de débat et de décryptage autour de thèmes sportifs sous l'angle politique et sociétal. Elus, grands dirigeants du monde sportif et bien sûr champions et championnes de toutes catégories (Cyclisme, Foot, Voile, Rugby, etc ...), sans oublier des figures inspirantes du handi-sport, seront réunies sur le plateau de Sport, etc pour 55' de dialogue et de partage.
Un reportage en immersion, des commentaires en image sur l'actualité sportive et un coup de coeur de la rédaction avec une promesse : s'adresser à tous ceux qui veulent connaitre et comprendre les raisons de l'influence grandissante du sport dans nos sociétés.18.05.2026 à 15:13



18.05.2026 à 10:27

Les élections municipales tout juste terminées, les instituts de sondages se sont penchés sur la présidentielle à plus d'un an de l'élection. Si aucun candidat n'est encore inscrit officiellement, les instituts multiplient les scénarios pour le premier et le second tour. Se pose ainsi la question de la fiabilité et de l'impact de tels sondages sur la vie politique. L'attaque est récurrente : les sondages fausseraient les élections. Le député LFI Antoine Léaument critique leurs méthodes qui sous-représenteraient l'électorat LFI et souhaite encadrer voire interdire certains sondages électoraux. Comment les enquêtes d’opinion sont-elles réalisées ? Les sondages se sont-ils vraiment trompés en 2022 ? Vont-ils remplacer les primaires pour désigner certains candidats ?
On en parle avec Gaël SLIMAN, président et co-fondateur d’Odoxa, Éric KERROUCHE, sénateur socialiste des Landes, membre de la commission des lois et directeur de recherche CNRS au Cevipof et Valérie GAS, cheffe du service politique RFI.
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On en parle avec Gaël SLIMAN, président et co-fondateur d’Odoxa, Éric KERROUCHE, sénateur socialiste des Landes, membre de la commission des lois et directeur de recherche CNRS au Cevipof et Valérie GAS, cheffe du service politique RFI.18.05.2026 à 10:27

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez est devenu en quelques mois un symbole de la résistance à Donald Trump. Il refuse d’augmenter ses dépenses militaires, défend les Palestiniens et régularise les migrants sans-papiers. Malgré une bonne image à l'international, il est davantage en difficulté sur la scène intérieure. Son entourage est accusé de corruption, il est critiqué pour sa gestion de la politique migratoire et son parti se retrouve en difficulté avec les dernières élections régionales qui ont vu progresser la droite espagnole. Quel est le bilan économique de Pedro Sánchez ? Pourquoi ce Premier ministre socialiste peine-t-il à trouver des alliés en Europe ? Son pouvoir est-il fragilisé, 8 ans après son élection ?
On en parle avec Carole VIÑALS, maîtresse de conférences, spécialiste de l’Espagne contemporaine, Juan José DORADO, journaliste espagnol, correspondant à Paris et François BEAUDONNET, rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions.
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On en parle avec Carole VIÑALS, maîtresse de conférences, spécialiste de l’Espagne contemporaine, Juan José DORADO, journaliste espagnol, correspondant à Paris et François BEAUDONNET, rédacteur en chef de la rédaction européenne de France Télévisions.18.05.2026 à 10:21

L’examen du projet de loi « Ripost » est en cours au Sénat depuis lundi. Un projet de loi qui a pour but de fournir aux forces de l’ordre de nouveaux outils pour lutter contre la délinquance du quotidien et contre le narcotrafic. Pour en parler, la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, le sénateur PS Hussein Bourgi et la commissaire de police Anouck Fourmigué sont sur le plateau de « Bonjour chez vous ». Tous sont unanimes sur la portée de cette loi. Jacqueline Eustache Brinio déplore que ce texte n’apporte pas un « choc d’autorité » mais pour elle, « cette loi a le mérite d’exister et de donner des moyens nouveaux pour essayer de sanctionner ». Pour son homologue, Hussein Bourgi, « le texte à lui seul ne suffit pas, c’est une boite à outil, c’est un texte utile ». Sur le terrain, le texte est bien accueilli à en croire la commissaire de police Anouck Fourmigué : « Sur la délinquance du quotidien, les forces de police se heurtent régulièrement à une certaine forme d’impuissance (…). Le fait qu’on permette de simplifier certaines formes de répression des comportements qui troublent l’ordre public, la tranquillité, c’est intéressant pour les policiers ».
Concernant la lutte contre le narcotrafic, le gouvernement espère apporter une réponse plus ferme avec la loi Ripost. Pour Anouck Fourmigué, « l’Etat n’a pas perdu la bataille mais a pris du retard » face aux réseaux de narcotrafiquants. Même espoir du côté du sénateur Bourgi : « il n’est jamais trop tard : ni résignation, ni renoncement, ni défaitisme, ni fatalité »
L’examen du projet de loi « Ripost » est en cours au Sénat depuis lundi. Un projet de loi qui a pour but de fournir aux forces de l’ordre de nouveaux outils pour lutter contre la délinquance du quotidien et contre le narcotrafic. Pour en parler, la sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, le sénateur PS Hussein Bourgi et la commissaire de police Anouck Fourmigué sont sur le plateau de « Bonjour chez vous ». Tous sont unanimes sur la portée de cette loi. Jacqueline Eustache Brinio déplore que ce texte n’apporte pas un « choc d’autorité » mais pour elle, « cette loi a le mérite d’exister et de donner des moyens nouveaux pour essayer de sanctionner ». Pour son homologue, Hussein Bourgi, « le texte à lui seul ne suffit pas, c’est une boite à outil, c’est un texte utile ». Sur le terrain, le texte est bien accueilli à en croire la commissaire de police Anouck Fourmigué : « Sur la délinquance du quotidien, les forces de police se heurtent régulièrement à une certaine forme d’impuissance (…). Le fait qu’on permette de simplifier certaines formes de répression des comportements qui troublent l’ordre public, la tranquillité, c’est intéressant pour les policiers ».
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Le Festival de Cannes se retrouve sous tension après la publication d’une tribune « anti-Bolloré ». Cette tribune signée par 600 signataires, réalisateurs, acteurs et producteurs critique l’influence grandissante de l’homme d’affaires Vincent Bolloré sur les médias et la culture française. En réaction, le directeur général de Canal+, Maxime Saada a indiqué qu’il ne souhaitait pas que le groupe Canal+ continue à collaborer avec les signataires de cette pétition.
On en débat avec le directeur général Opinion de l’IFOP Frédéric Dabi, l’éditorialiste politique Françoise Degois et le fondateur d’Atlantico Jean-Sébastien Ferjou. Pour ce dernier, il n’y a clairement pas une « volonté d’emprise de Bolloré ». Il étaye : « Oui il a certainement un projet et on le voit plus à travers son groupe de presse et il ne s’en cache pas. Mais il me semble que la censure fonctionne plutôt à l’inverse, et ce, depuis des années ». Le fondateur d’Atlantico va plus loin : « Il y a de facto dans ce milieu-là de l’audiovisuel une forme emprise idéologique de la gauche, et là on voit juste une gauche qui panique à l’idée de perdre son hégémonie culturelle. »
Frédéric Dabi estime que les Français ne se préoccupent pas de cette question : « Je suis frappé par l’indifférence des Français sur cette affaire. Ils sont davantage préoccupés par les questions internationales entre l’Iran et les USA, écrasés par les préoccupations autour du pouvoir d’achat, et ce n’est pas une surprise. […] Dans le top 50 ex-JDD que réalise désormais l’IFOP avec TF1-LCI : il y a l’idée que les artistes ne connaissent pas notre vie. Et puis sur cette affaire en tant que telle, il y a cet adage qui peut prendre chez les Français c’est ‘ne mordez pas la main qui vous nourrit’. »
De son côté, l’éditorialiste politique Françoise Degois est formelle : « On peut s’en foutre, on peut considérer que c’est la main qui vous nourrit, etc. Mais nous sommes dans un combat culturel. […] Nous sommes déjà dans la présidentielle. Et les gens peuvent s’en foutre maintenant, mais la réalité profonde c’est que ce combat est idéologique. »
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Frédéric Dabi estime que les Français ne se préoccupent pas de cette question : « Je suis frappé par l’indifférence des Français sur cette affaire. Ils sont davantage préoccupés par les questions internationales entre l’Iran et les USA, écrasés par les préoccupations autour du pouvoir d’achat, et ce n’est pas une surprise. […] Dans le top 50 ex-JDD que réalise désormais l’IFOP avec TF1-LCI : il y a l’idée que les artistes ne connaissent pas notre vie. Et puis sur cette affaire en tant que telle, il y a cet adage qui peut prendre chez les Français c’est ‘ne mordez pas la main qui vous nourrit’. »
De son côté, l’éditorialiste politique Françoise Degois est formelle : « On peut s’en foutre, on peut considérer que c’est la main qui vous nourrit, etc. Mais nous sommes dans un combat culturel. […] Nous sommes déjà dans la présidentielle. Et les gens peuvent s’en foutre maintenant, mais la réalité profonde c’est que ce combat est idéologique. »18.05.2026 à 10:21

Edouard Philippe est dans le viseur de la justice. Le nom de l’ancien Premier ministre apparaît désormais dans une enquête du Parquet national financier pour des soupçons de détournement de fonds publics au Havre. Des accusations contestées par Edouard Philippe, qui assure vouloir répondre “avec sérénité”. Cette affaire peut-elle fragiliser sa candidature présidentielle ? Christophe Béchu, maire d’Angers, secrétaire général d’Horizons et directeur de campagne d’Édouard Philippe est l’invité de la matinale de Public Sénat. Pour lui, « c’est une vieille affaire, il n’y a rien de nouveau ». Il constate en revanche que « les débuts de procédures judiciaires arrivent dans des moments qui ne sont pas des moments politiquement neutres (…). Il peut y avoir des plaignants qui jouent avec un calendrier électoral et politique ».
Interrogé sur la multiplication des candidatures au sein du bloc central dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, l’élu fait le constat qu’ « il y a pléthore d’ambitions légitimes » mais pour lui le danger serait un deuxième tour opposant Jean-Luc Mélenchon au candidat du Rassemblement national. Pour écarter cette hypothèse, il estime que les discussions doivent être maintenues avec toutes les composantes du bloc central y compris les Républicains : « On est peut-être rivaux mais pas ennemis on aura vocation à se retrouver à la fin »
Edouard Philippe est dans le viseur de la justice. Le nom de l’ancien Premier ministre apparaît désormais dans une enquête du Parquet national financier pour des soupçons de détournement de fonds publics au Havre. Des accusations contestées par Edouard Philippe, qui assure vouloir répondre “avec sérénité”. Cette affaire peut-elle fragiliser sa candidature présidentielle ? Christophe Béchu, maire d’Angers, secrétaire général d’Horizons et directeur de campagne d’Édouard Philippe est l’invité de la matinale de Public Sénat. Pour lui, « c’est une vieille affaire, il n’y a rien de nouveau ». Il constate en revanche que « les débuts de procédures judiciaires arrivent dans des moments qui ne sont pas des moments politiquement neutres (…). Il peut y avoir des plaignants qui jouent avec un calendrier électoral et politique ».
Interrogé sur la multiplication des candidatures au sein du bloc central dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, l’élu fait le constat qu’ « il y a pléthore d’ambitions légitimes » mais pour lui le danger serait un deuxième tour opposant Jean-Luc Mélenchon au candidat du Rassemblement national. Pour écarter cette hypothèse, il estime que les discussions doivent être maintenues avec toutes les composantes du bloc central y compris les Républicains : « On est peut-être rivaux mais pas ennemis on aura vocation à se retrouver à la fin »18.05.2026 à 10:20

Le président du groupe socialiste au Sénat et le sénateur du Nord Patrick Kanner était l'invité de la matinale « Bonjour chez vous ». Il s'est exprimé sur la loi Ripost qui permet en autres de mieux lutter contre le narcotrafic mais également la hausse des prix du carburant et la stratégie de la gauche en vue de l'élection présidentielle. Autre sujet abordé : la question de l'élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Patrick Kanner a rappelé le contexte qui avait mené aux émeutes de 2024 : « Ce n'est pas la réforme sur la loi constitutionnelle qui a déclenché les émeutes de 2024. C'est l'entêtement du ministre de l'époque, Monsieur Darmanin qui a poussé les feux de manière brutale en disant, `ce sera ça et pas autrement'. Aujourd'hui il y a un consensus autour du corps électoral, car on a pris le temps de trouver ce consensus et de ne pas forcer le destin comme ça avait été le cas en 2024. Je vous rappelle qu'en mai 2024, le constat avait été 14 morts, et plus de 2 milliards de dégâts. Depuis cette époque la Nouvelle-Calédonie a perdu 12 000 emplois, 700 entreprises ont disparu, le PIB a chuté de 15% pour un archipel accueillant 300 000 habitants. [..] Faites la comparaison avec la France, ce seraient des chiffres absolument insupportables pour l'hexagone. »
Le président du groupe socialiste au Sénat et le sénateur du Nord Patrick Kanner était l'invité de la matinale « Bonjour chez vous ». Il s'est exprimé sur la loi Ripost qui permet en autres de mieux lutter contre le narcotrafic mais également la hausse des prix du carburant et la stratégie de la gauche en vue de l'élection présidentielle. Autre sujet abordé : la question de l'élargissement du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Patrick Kanner a rappelé le contexte qui avait mené aux émeutes de 2024 : « Ce n'est pas la réforme sur la loi constitutionnelle qui a déclenché les émeutes de 2024. C'est l'entêtement du ministre de l'époque, Monsieur Darmanin qui a poussé les feux de manière brutale en disant, `ce sera ça et pas autrement'. Aujourd'hui il y a un consensus autour du corps électoral, car on a pris le temps de trouver ce consensus et de ne pas forcer le destin comme ça avait été le cas en 2024. Je vous rappelle qu'en mai 2024, le constat avait été 14 morts, et plus de 2 milliards de dégâts. Depuis cette époque la Nouvelle-Calédonie a perdu 12 000 emplois, 700 entreprises ont disparu, le PIB a chuté de 15% pour un archipel accueillant 300 000 habitants. [..] Faites la comparaison avec la France, ce seraient des chiffres absolument insupportables pour l'hexagone. »18.05.2026 à 10:20

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin se rend en Algérie avec plusieurs dossiers sur la table : lutte contre le narcotrafic, la criminalité organisée ou encore le terrorisme. Se dirige-t-on vers un dégel des relations franco-algériennes ?
Face à l'essayiste Mathieu Souquière, le directeur adjoint de la rédaction du Figaro Yves Thréard estime que l'Algérie « a besoin de revenir sur la scène internationale ». Il poursuit : « L'Algérie a besoin de rompre un peu son isolement. Un isolement qui s'était accentué aussi par le fait que de plus en plus de pays aujourd'hui reconnaissent la `marocanité' du Sahara occidental. »
L'essayiste Mathieu Souquière souhaite, quant à lui, souligner l'aspect singulier de la relation entre les deux puissances : « Cette relation est unique, d'une certaine façon. Le binôme France-Algérie dans cette situation internationale aujourd'hui est relativement unique. Le seul point de comparaison ce serait les Etats-Unis et le Mexique. L'imbrication entre deux histoires, entre deux peuples, entre deux pays, entre deux démographies et même deux économies, c'est à l'échelle de la France et de l'Algérie que ça se joue. L'Angleterre n'a aucune relation avec aucune de ses ex-colonies qui a la même connotation. »
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin se rend en Algérie avec plusieurs dossiers sur la table : lutte contre le narcotrafic, la criminalité organisée ou encore le terrorisme. Se dirige-t-on vers un dégel des relations franco-algériennes ?
Face à l'essayiste Mathieu Souquière, le directeur adjoint de la rédaction du Figaro Yves Thréard estime que l'Algérie « a besoin de revenir sur la scène internationale ». Il poursuit : « L'Algérie a besoin de rompre un peu son isolement. Un isolement qui s'était accentué aussi par le fait que de plus en plus de pays aujourd'hui reconnaissent la `marocanité' du Sahara occidental. »
L'essayiste Mathieu Souquière souhaite, quant à lui, souligner l'aspect singulier de la relation entre les deux puissances : « Cette relation est unique, d'une certaine façon. Le binôme France-Algérie dans cette situation internationale aujourd'hui est relativement unique. Le seul point de comparaison ce serait les Etats-Unis et le Mexique. L'imbrication entre deux histoires, entre deux peuples, entre deux pays, entre deux démographies et même deux économies, c'est à l'échelle de la France et de l'Algérie que ça se joue. L'Angleterre n'a aucune relation avec aucune de ses ex-colonies qui a la même connotation. »18.05.2026 à 10:20

500 élus locaux ont lancé un appel en faveur d'une candidature présidentielle de Gabriel Attal. Le numéro deux du parti Renaissance, Franck Riester figure parmi les signataires de cet appel. Sur le plateau de la matinale « Bonjour Chez Vous », il dresse le bilan de l'ancien Premier ministre : « Attal est à la tête de Renaissance et a redynamisé le parti. Il a remis ce parti en ordre de marche et a fait en sorte que ce parti retravaille sur le fond parce qu'un parti politique c'est présenter des candidats, mais c'est aussi travailler un projet. Il y a des groupes de travail, il y a eu des conventions thématiques, il y a tout un travail de militants, de cadres (...) pour proposer effectivement un projet pour Renaissance ». L'actuel maire de Coulommiers et ancien ministre de la Culture, est catégorique : « il faut changer l'organisation de notre pays en matière politique et administrative, en faisant davantage confiance au terrain, confiance aux élus locaux. Nous sommes beaucoup d'élus locaux à vouloir qu'Attal se présente car c'est clairement ce qu'il souhaite faire : donner davantage de responsabilités et de confiance aux élus locaux. »
500 élus locaux ont lancé un appel en faveur d'une candidature présidentielle de Gabriel Attal. Le numéro deux du parti Renaissance, Franck Riester figure parmi les signataires de cet appel. Sur le plateau de la matinale « Bonjour Chez Vous », il dresse le bilan de l'ancien Premier ministre : « Attal est à la tête de Renaissance et a redynamisé le parti. Il a remis ce parti en ordre de marche et a fait en sorte que ce parti retravaille sur le fond parce qu'un parti politique c'est présenter des candidats, mais c'est aussi travailler un projet. Il y a des groupes de travail, il y a eu des conventions thématiques, il y a tout un travail de militants, de cadres (...) pour proposer effectivement un projet pour Renaissance ». L'actuel maire de Coulommiers et ancien ministre de la Culture, est catégorique : « il faut changer l'organisation de notre pays en matière politique et administrative, en faisant davantage confiance au terrain, confiance aux élus locaux. Nous sommes beaucoup d'élus locaux à vouloir qu'Attal se présente car c'est clairement ce qu'il souhaite faire : donner davantage de responsabilités et de confiance aux élus locaux. »18.05.2026 à 08:10

Chaque mois, l'émission Droit de suite assure l'évaluation d'une loi ou d'une législation quelques années après son entrée en vigueur. Cette loi est-elle appliquée ? Quelles en sont les conséquences ? A-t-elle résolu les problèmes auxquels elle devait répondre ? Avec l'un (ou plusieurs) des parlementaires qui a travaillé sur cette loi, Public Sénat va sur le terrain, à la rencontre des acteurs pour comprendre ce qu'une loi a changé, quelles mesures ont été prises et ce qu'il reste à faire.
Chaque mois, l'émission Droit de suite assure l'évaluation d'une loi ou d'une législation quelques années après son entrée en vigueur. Cette loi est-elle appliquée ? Quelles en sont les conséquences ? A-t-elle résolu les problèmes auxquels elle devait répondre ? Avec l'un (ou plusieurs) des parlementaires qui a travaillé sur cette loi, Public Sénat va sur le terrain, à la rencontre des acteurs pour comprendre ce qu'une loi a changé, quelles mesures ont été prises et ce qu'il reste à faire.18.05.2026 à 08:09

"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarrneaud de Public Sénat.
"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarrneaud de Public Sénat.18.05.2026 à 08:08

On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, associatifs, photographes, ou encore politiques.
Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.
On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, associatifs, photographes, ou encore politiques.
Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.18.05.2026 à 08:08

"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.18.05.2026 à 08:08

"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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Tous les mercredis à 15 h, les sénateurs reçoivent dans l'Hémicycle les membres du gouvernement pour la séance des questions d'actualité, un moment important de la vie démocratique française.
Une heure avant le début des questions, Public Sénat vous propose un décryptage des sujets prévus à l'ordre du jour, en plateau avec des experts et des politiques. S'enchaîne ensuite la diffusion intégrale de la séance des questions-réponses, en direct. Et une heure de débriefing avec nos invités.
Tous les mercredis à 15 h, les sénateurs reçoivent dans l'Hémicycle les membres du gouvernement pour la séance des questions d'actualité, un moment important de la vie démocratique française.
Une heure avant le début des questions, Public Sénat vous propose un décryptage des sujets prévus à l'ordre du jour, en plateau avec des experts et des politiques. S'enchaîne ensuite la diffusion intégrale de la séance des questions-réponses, en direct. Et une heure de débriefing avec nos invités.18.05.2026 à 08:05

Discussions en commissions, examen en séance plénière, bataille autour des amendements, votes... À partir de reportages produits par Public Sénat et LCP-Assemblée Nationale, l'actualité législative est mise en perspective sous l'oeil avisé d'une personnalité politique, invitée à commenter et analyser les temps forts de la semaine du Sénat et de l'Assemblée nationale.
Discussions en commissions, examen en séance plénière, bataille autour des amendements, votes... À partir de reportages produits par Public Sénat et LCP-Assemblée Nationale, l'actualité législative est mise en perspective sous l'oeil avisé d'une personnalité politique, invitée à commenter et analyser les temps forts de la semaine du Sénat et de l'Assemblée nationale.