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SÉANCES EN DIRECTPUBLIC-SENAT le direct

▸ les 60 dernières parutions

07.09.2026 à 17:39

François Vignal
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Face à la multiplication des affaires de violences sexuelles dans le périscolaire, à Paris, la procureure de la République du tribunal de Paris, Laure Beccuau, reconnaît qu’« il faut restaurer la confiance ». Avec « 2.900 enquêtes en cours » sur les violences sexuelles subies par les mineurs, « les violences périscolaires, c’est à peu près 10 % des dossiers », souligne-t-elle. Soit « 235 enquêtes pénales ouvertes par le parquet de Paris pour violences en milieu scolaire et périscolaire », précise la sénatrice LR, Agnès Evren.

07.09.2026 à 17:10

Rédaction Public Sénat
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Vendredi, le gouvernement a, finalement, décidé de ne pas imposer la consigne pour le recyclage des bouteilles en plastique. Une décision qui « répond aux inquiétudes légitimes exprimées de manière constante par le Sénat et les collectivités territoriales », a réagi, dans un communiqué, la commission de l'aménagement du territoire de la chambre haute.

07.09.2026 à 16:52

Guillaume Jacquot
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La commission des finances du Sénat a entrepris un travail de contrôle auprès du ministère des Comptes publics et de la Direction générale des finances publiques, à la suite de la double intrusion dans des systèmes d’exploitation des impôts. Les sénateurs indiquent qu’ils suivront avec attention la mise en œuvre des réponses en matière de sécurité informatique.

07.09.2026 à 15:43

Emma Bador-Fritche
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Auditionnés par la commission d’enquête du Sénat consacrée aux violences dans le périscolaire, Vincent Kozierow, chef de la Brigade de protection des mineurs (BPM) de Paris, et Denis Collas, directeur adjoint de la police judiciaire chargé des brigades centrales à la préfecture de police de Paris, ont défendu les méthodes de leurs enquêteurs. Ils ont toutefois reconnu les difficultés auxquelles leurs services sont confrontés, notamment face à l’afflux de dossiers, qui peut ralentir l’ensemble de la chaîne judiciaire.

07.09.2026 à 15:34

Simon Barbarit
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Lors d'une conférence de presse organisée à l'hôpital Necker à Paris, la première présidente de la Cour des comptes, Amélie de Montchalin, a présenté un rapport sur la politique de vaccination en France depuis 2018. Elle recommande une plus grande mobilisation de l'ensemble des professionnels de santé et le déploiement d'un carnet numérique vaccinal complet.

07.09.2026 à 12:48

Alexandre Poussart
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Le parti d’extrême droite allemand AFD a remporté une victoire historique lors des élections régionales en Saxe-Anhalt, avec 44% des voix. S’il n’est plus l’allié de Marine Le Pen, ce parti s’est tissé un réseau de formations politiques européennes, aux positions toujours plus radicales.

07.09.2026 à 12:22

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Texte intégral (1037 mots)

07.09.2026 à 12:22

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07.09.2026 à 11:34

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07.09.2026 à 11:34

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Il aurait récemment confié craindre que son peuple le pende en cas d’échec face à l’Ukraine : le dirigeant russe Vladimir Poutine, malgré une façade impassible, sent la contestation monter. Alors que le pays est engagé dans une guerre qui n’en finit plus, et que les sanctions économiques pèsent sur la population russe, Poutine est souvent décrit comme un homme de plus en plus paranoïaque. Dans cette nouvelle émission, Sens Public s’interroge sur la figure de l’ancien agent du KGB devenu président. Comment la population le perçoit-il aujourd’hui ? Son pouvoir est-il plus fragile qu’il n’y paraît ? On en débat avec Lukas AUBIN, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), docteur en études slaves et auteur de "Le Sexe de Poutine. Genre, pouvoir et contre-culture en Russie" chez Textuel, Françoise THOM, historienne spécialiste de l’URSS et de la Russie postcommuniste et autrice de "Poutine ou l’obsession de la puissance" paru aux éditions Litos et de "La Guerre totale de Vladimir Poutine" aux éditions À l’est de Brest-Litovsk, ainsi que Marie JEGO, journaliste spécialiste de la Russie au Monde et ancienne correspondante à Moscou.
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Il aurait récemment confié craindre que son peuple le pende en cas d’échec face à l’Ukraine : le dirigeant russe Vladimir Poutine, malgré une façade impassible, sent la contestation monter. Alors que le pays est engagé dans une guerre qui n’en finit plus, et que les sanctions économiques pèsent sur la population russe, Poutine est souvent décrit comme un homme de plus en plus paranoïaque. Dans cette nouvelle émission, Sens Public s’interroge sur la figure de l’ancien agent du KGB devenu président. Comment la population le perçoit-il aujourd’hui ? Son pouvoir est-il plus fragile qu’il n’y paraît ? On en débat avec Lukas AUBIN, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), docteur en études slaves et auteur de "Le Sexe de Poutine. Genre, pouvoir et contre-culture en Russie" chez Textuel, Françoise THOM, historienne spécialiste de l’URSS et de la Russie postcommuniste et autrice de "Poutine ou l’obsession de la puissance" paru aux éditions Litos et de "La Guerre totale de Vladimir Poutine" aux éditions À l’est de Brest-Litovsk, ainsi que Marie JEGO, journaliste spécialiste de la Russie au Monde et ancienne correspondante à Moscou.

07.09.2026 à 11:20

Rédaction Public Sénat
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La candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, défend dans un courrier aux buralistes le « gel des taxes sur le tabac ». Elle déclare vouloir « protéger » une activité « vitale pour la vie sociale » des communes.
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Alors que la Confédération des buralistes a appelé à une « mobilisation nationale » à partir de lundi pour « défendre les commerces de proximité et nos territoires » face à une hausse des prix du tabac et à l’essor du marché parallèle de cigarettes, la candidate à l’Elysée s’est adressée à ce secteur dans une « lettre ouverte » publiée par le RN dimanche soir.

Cette mobilisation « est totalement légitime », a-t-elle écrit, assurant vouloir « protéger ceux qui travaillent légalement, combattre réellement ceux qui organisent les trafics, redonner de la visibilité à votre profession », une activité « vitale », selon elle, « pour la vie sociale et économique de nos villes et villages ».

La patronne des députés RN propose notamment deux mesures phares sur le volet économique pour « stopper l’escalade fiscale » : « le gel des taxes sur le tabac et la désindexation du prix sur l’inflation », affirme-t-elle.

« L’augmentation permanente du prix du tabac ne peut tenir lieu, à elle seule, de politique publique », a poursuivi Marine Le Pen, qui entend aussi « alourdir fortement les sanctions contre les trafiquants et la vente à la sauvette » et un renforcement des prérogatives des policiers municipaux pour qu’ils puissent notamment « participer aux saisies de produits illicites ».

 

La part du tabac consommé en France métropolitaine qui échappe à la fiscalité nationale (TAFE) représentait un manque à gagner fiscal de 4,3 milliards d’euros en moyenne en 2023, selon une étude des douanes publiée en octobre 2025.

Selon un rapport du Sénat de mai 2024, un paquet de 20 cigarettes « premium » vendu 12,50 euros rapportait 10,50 euros à l’Etat (8,5 euros d’« accise » sur les tabacs et 2 euros de TVA), contre 1 euro au buraliste et 1 euro de marge au fabricant.

(Avec AFP)

07.09.2026 à 11:01

Rédaction Public Sénat
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Le parlementaire de l’Isère a prévenu par courrier les élus locaux de son département qu’il mettrait un terme prématurément à son mandat à la Haute assemblée.
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Même un département qui n’est pas concerné par les élections sénatoriales du 27 septembre peut réserver son lot de surprises. C’est le cas en Isère, seul département alpin à ne pas faire partie de la série de circonscriptions où se jouera la moitié du renouvellement du Sénat. Le sénateur Michel Savin, membre du groupe LR, a annoncé ce 5 septembre qu’il démissionnerait de son mandat parlementaire. Il a informé les élus locaux de son département par courrier, rapporte Le Dauphiné Libéré.

Réélu pour un troisième mandat en 2023, le sénateur devait siéger théoriquement encore trois années. Il poursuivra ses responsabilités au palais du Luxembourg jusqu’au 27 septembre. Il sera remplacé par Annick Merle, quatrième sur sa liste, derrière Frédérique Puissat et Damien Michallet.

Michel Savin précise que sa décision a été mûrement réfléchie, qu’elle n’a « pas été prise à la légère ». « Je pense qu’il est temps pour moi de passer le relais au Sénat après quinze années de mandat. Je vais avoir 68 ans, et même si je reste passionné par la politique, il faut parfois savoir s’arrêter. Il faut éviter de faire le mandat de trop », a-t-il expliqué à nos confrères du Dauphiné Libéré. Il poursuivra néanmoins son mandat de conseiller municipal à Domène, ville de la métropole de Grenoble.

Sénateur depuis 2011, il s’est très vite imposé comme l’un des parlementaires spécialisés sur les questions liées au sport et aux événements sportifs.

06.09.2026 à 14:11

Simon Nicolle
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Que reste-t-il de la promesse initiale d’un monde connecté où la connaissance serait partagée par tous ? Les GAFAM sont-elles des entreprises à trop forte capacité de nous nuire ? De l’espoir originel d’un monde plus égalitaire à l’inquiétude actuelle de notre possible obsolescence, Bruno Patino pense notre époque et nous alerte. Mais la responsabilité de ces évolutions n’incombe-t-elle qu’aux entreprises de la tech ? Ne sommes-nous pas nous-mêmes responsables de notre asservissement progressif ? L’essayiste et patron d’Arte répond à toutes ces questions de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.
Texte intégral (644 mots)

Depuis 25 ans, Bruno Patino observe le monde numérique, les évolutions technologiques et leurs effets sur nos vies, nos usages et notre pensée. Aujourd’hui, dans un essai passionnant Le temps de l’obsolescence humaine, il nous alerte sur le rôle des IA qui s’interposent dans nos relations sociales. Si elles peuvent être un allié puissant, pour le PDG d’Arte, elles peuvent aussi asservir l’homme. Une réactivation de la relation « maître-esclave » qui se ferait à nos dépens.

Selon lui, il est temps d’imposer un cadre à ces usages, une limite, en tous cas de penser l’irruption massive de ces technologies, au risque sinon de rendre l’humanité obsolète.

Le numérique, l’illusion d’un monde meilleur ?

Pour le PDG d’Arte, les débuts de l’internet étaient prometteurs, ainsi « les grands groupes qui menaient la révolution numérique avaient décidé d’embrasser cette utopie multiséculaire du réseau » et défendaient l’utopie de la mise à disposition des connaissances du monde, à tous, pareil à la Bibliothèque d’Alexandrie.

Mais force est de constater, avec le recul, que la révolution numérique a aussi eu des effets négatifs puissants : isolement, baisse de l’attention, surveillance, profilage.

De l’économie de l’attention à l’économie de la relation

Pour l’essayiste, c’est le modèle économique des GAFAM qui ont détricoté la philosophie libertaire : « Le modèle qu’elles ont trouvé tout naturellement à cette époque est celui des médias : la pub, l’économie de l’attention, ce que Patrick Le Lay (ex-PDG de TF1) appellera le temps de cerveau disponible (…) Dans ce modèle, les GAFAM se rendent compte qu’elles ont un double avantage par rapport aux télévisions et radios classiques », estime Bruno Patino, « l’iPhone permet d’être connecté 24h/24 et, grâce aux données, les GAFAM ont des instruments bien plus pertinents pour nous vendre la publicité la plus personnalisée ».

Bruno Patino rappelle qu’« il est logique qu’un acteur économique privé veuille maximiser son chiffre d’affaires et ses bénéfices ». À la différence près que cette fois-ci, « nous sommes la ressource » et que son exploitation n’est que très peu limitée. « Au début, c’étaient les données identitaires, qui êtes-vous ? Avec les réseaux sociaux, c’étaient nos données comportementales, ce que vous faites, ce que vous aimez, les gens avec qui vous êtes en relation… Et maintenant avec les IA, ce sont nos données cognitives, la façon dont on pense, les questions que l’on se pose et même parfois pour un certain nombre de personnes nos vies intimes. Toutes ces données-là rentrent dans le marché ».

Face à ces inquiétudes suscitées par la technologie, Bruno Patino estime que nous devons réguler. Pas réguler au sens de freiner l’innovation ou « suradministrer » comme il est courant de l’entendre dans le débat public, mais au sens noble du rôle du politique et du législateur, pour définir de grands principes philosophiques dans lesquels ce progrès technologique se déploierait au service de l’humain ; comme nous l’avons fait à partir du Moyen Âge pour le corps en considérant la torture et les violences comme absolument illégitimes : « Il va falloir que l’on rentre dans la sacralisation du cerveau », conclut-il.

L’émission est à retrouver en intégralité ici.

05.09.2026 à 16:30

Rédaction Public Sénat
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Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.
Texte intégral (1616 mots)

La Russie est accusée par l’Allemagne d’avoir piloté des drones pour organiser un attentat sur un aéroport à Leipzig. Néanmoins, elle était cette semaine présente au G20 et les Européens n’en sont pas très contents puisqu’ils considèrent que c’est très prématuré. Qu’est-ce que vous pensez ? 

Il y a aujourd’hui la confirmation à travers ce qui s’est passé à Leipzig de ce que nous savons, que nous voyons sur d’autres terrains, de ce que nous avons vu dans d’autres pays européens : la Russie cherche à tester l’Europe. Elle cherche à tester l’OTAN. Et c’est une situation qu’il faut prendre très au sérieux, parce que je crois qu’il y a là le signal de l’urgence pour l’Europe d’être plus forte. Non pas pour aller à la guerre bien sûr, mais pour empêcher la guerre. Parce qu’on n’empêche pas la guerre, la menace et le conflit dans la faiblesse et la vulnérabilité. C’est la raison pour laquelle nous avons le devoir de renforcer nos armées nationales et de le faire ensemble au plan européen. C’est pour cette raison que j’ai porté par exemple le projet européen pour l’industrie de défense, EDIP, qui est rentré maintenant en application, qui permet que notre industrie de défense soit consolidée un peu partout en Europe, et en France en particulier. C’est un des grands atouts, et c’est aussi l’une des grandes responsabilités de la France, de faire en sorte que demain l’Europe soit mieux défendue, mieux protégée, et qu’ainsi elle dissuade de manière beaucoup plus forte toute perspective d’agression.

Mais faut-il reparler aux Russes, et en particulier quand les Américains les invitent à un G20, à la surprise de tous ?

Je pense qu’on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé, comme si rien ne se passait. La Russie aujourd’hui encore, avec la décision de Vladimir Poutine d’attaquer l’Ukraine de manière unilatérale, est en train de mener une guerre contre le peuple ukrainien, contre les civils ukrainiens. Et je voudrais dire que, dans les moments dramatiques que nous aurons vécus cet été, il y a ces nouvelles atroces qui nous parviennent d’Ukraine, de manière répétée, ces nouvelles de bombardements contre des populations civiles, contre des enfants, des familles, dans des lieux où il n’y a pas d’infrastructures militaires, pas d’objectifs militaires. Cette situation-là, elle est intolérable. Et d’une certaine manière, rétablir la Russie – bien sûr qu’à moyen et long terme nous ne pouvons qu’espérer renouer avec le peuple russe et retrouver des relations d’amitié avec le peuple russe – mais aujourd’hui, remettre le régime de Vladimir Poutine au rang des pays avec lesquels nous aurions des relations normales, ce serait en fait une forme de trahison de ce qui constitue je crois l’âme, l’esprit, l’intérêt, la sécurité de l’Europe. Et aussi les engagements qu’elle doit tenir pour pouvoir se faire respecter.

La Commission européenne a décidé de suspendre temporairement les importations de viande bovine en provenance du Brésil, et ce quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de l’accord contesté de libre-échange avec les pays du MercosurLa Commission européenne estime que le Brésil n’a pas donné de garanties suffisantes sur l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. Est-ce qu’on fait bien ?

La Commission européenne, d’une certaine manière, finit par reconnaitre la légitimité du combat que nous avons mené pendant des années contre cet accord avec le Mercosur. Non pas que nous soyons contre le commerce international, mais nous avons la certitude que n’avons pas le droit – après avoir imposé des règles toujours plus contraignantes aux agriculteurs qui produisent chez nous – d’accepter d’importer ensuite des produits du monde entier qui ne respectent aucune de nos règles et de supprimer les droits de douanes pour que ces pays puissent inonder nos marchés. C’est de la santé des Européens que l’on parle, c’est de la vie de nos concitoyens, mais c’est aussi, bien sûr, de la possibilité pour notre agriculture de continuer de produire sur notre sol. Nous avons besoin de cette sécurité alimentaire et, d’une certaine manière, en montrant si rapidement après la mise en œuvre provisoire du Mercosur, que le Brésil n’est pas conforme – l’un des plus grands pays du Mercosur, le plus grand pays agricole de ce bloc n’est pas capable de simplement garantie la fiabilité de ses productions sur le plan sanitaire- et bien la commission européenne, même si cette mesure est probablement temporaire, montre que nous avions raisons de tirer la sonnette d’alarme.

Autre crise : Ceuta, l’enclave espagnole en Afrique du Nord a plongé l’Espagne dans la crise avec 80 000 migrants en situation irrégulière fin juillet, dont 10 000 qui sont toujours sur place, bloqués. Les Européens, au lieu de faire preuve de solidarité comme ils l’avaient fait par le passé dans de grandes crises migratoires, ont pointé du doigt cette Espagne. Est-ce parce qu’elle est dirigée par le social-démocrate Pedro Sanchez ? Est-il responsable et coupable plus que les autres ? 

Il est parfaitement responsable. Ce n’est pas Ceuta qui a plongé dans la crise, c’est le gouvernement socialiste espagnol. Quand Pédro Sanchez dit, il y a quelques mois, qu’il va régulariser un million d’étrangers en situation irrégulière sur son sol, quand il dit publiquement qu’il veut faire en sorte que ceux qui sont rentrés ou restés illégalement en Espagne, donc en Europe, puissent recevoir des papiers, qu’est-ce qu’il fait en réalité ? Il envoie un message au monde entier. Et moi je comprends que ce message soit reçu. Et je comprends tous ceux qui, sur le continent africain, se disent je veux arriver en Europe, je veux pouvoir tenter ma chance, je vais utiliser cette voie d’accès qui m’est offerte par un gouvernement qui décide de récompenser l’illégalité, et donc de se faire le complice de tous les réseaux de passeurs qui bénéficient de cette illégalité.

Vous avez justement porté au Parlement européen le règlement « Retours », et à cette occasion, mis en place une alliance alternative entre le Parti populaire européen – donc votre parti, les Républicains – et les groupes plus à l’extrême droite, les Patriotes – donc le Rassemblement national. Jusqu’où cette alliance est-elle souhaitable ? 

Vous savez, la question, il faut la poser à nos collègues macronistes, il faut la poser à nos collègues socialistes. Moi, j’aurais rêvé que le règlement retour soit voté par tout le Parlement européen. Parce que je pense que le sujet de la lutte contre l’immigration illégale, c’est un sujet qui devrait nous réunir. Parce que je pense qu’on peut débattre autant qu’on voudra de : est-ce qu’il faut plus ou moins d’immigrations illégales ? Moi, je pense qu’il en faut beaucoup moins, mais je comprends que cette question puisse animer la discussion dans le pluralisme démocratique. En revanche, tous les gens qui défendent en permanence l’État de droit, je pense à nos collègues macronistes ou à la gauche, qui s’indignent dès qu’ils détectent une atteinte à l’État de droit – et à raison – : mais comment se peut-il alors qu’ils aient choisi de protéger l’État de non-droit que nous connaissons aujourd’hui en matière d’immigration ?

Est-ce qu’au niveau national vous pensez que les Républicains doivent faire alliance avec le Rassemblement National ?

Je défends la candidature de Bruno Rotailleau en France. Je continue de me battre pour son élection. Aujourd’hui, Marine Le Pen est candidate. Je ne me reconnais pas dans sa candidature pour de nombreuses raisons. Quand elle lance sa campagne en disant qu’elle renouvelle sa promesse de garantir la retraite à 60 ou 62 ans pour les Français, c’est une folie. On a appris au moment, où je vous parle, que la France emprunte à des taux d’intérêt qui sont records depuis la crise financière de 2008. Dans cette situation-là, promettre que nous allons continuer d’endetter le pays pour payer les retraites – ce qui est surtout le sujet sur lequel nous devrions éviter de piller nos petits enfants – et bien cette promesse-là, elle me paraît être incroyablement dangereuse pour l’avenir de la France, mais aussi pour la stabilité de l’Europe dans son ensemble.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de François-Xavier Bellamy, suivie d’un débat au Parlement de Bruxelles consacré la réforme de la diplomatie européenne ici

04.09.2026 à 17:12

Mathilde Nutarelli
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Ce vendredi, plusieurs familles du collectif MeTooEcole ont annoncé porter plainte contre Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. Elles dénoncent une « omerta systémique » de la ville sur les violences dans le périscolaire. L’entourage d’Emmanuel Grégoire assure « se [tenir] à la disposition pour apporter toute sa coopération à la justice ».
Texte intégral (1075 mots)

Le scandale des violences dans le périscolaire a pesé sur cette rentrée scolaire. Ce vendredi, plus d’une quinzaine de familles ont annoncé porter plainte contre Anne Hidalgo, maire de Paris de 2014 à 2026, contre Patrick Bloche, son ancien adjoint en charge des affaires sociales, et contre Emmanuel Grégoire, actuel maire de la ville. Fin août, trois plaintes avaient déjà été déposées contre l’ancienne édile et son adjoint par des parents de l’école Saint Dominique.

Les familles dénoncent une « omerta systémique »

Les familles, membres du collectif MeTooEcole, accusent les mis en cause d’avoir eu connaissance « du caractère systémique du péril ». La plainte mentionne la mise en danger délibérée d’autrui, la non-assistance à personne en danger et la non-dénonciation d’infraction sur les enfants. D’après la porte-parole du collectif, Barka Zerouali, « ces faits révèlent l’omerta systémique qui s’est installée au sein de la Ville de Paris ».

132 animateurs suspendus depuis le début 2026

Depuis le début de l’année 2026, la ville de Paris a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes. Mais ces faits ne se limitent pas à la capitale. Ce matin, la cellule investigation de Radio France révèle que les vingt plus grandes villes de France sont confrontées à des signalements pour violences dans le périscolaire. Angers, Lyon, Toulon, Le Havre ou encore Lille sont concernées, par exemple.

« Qui peut imaginer la maire de Paris vouloir protéger des prédateurs sexuels ? »

« Il n’y a jamais eu de la part d’Anne Hidalgo ni défaillance, ni faiblesse, ni inaction. Qui peut imaginer la maire de Paris vouloir protéger des prédateurs sexuels ? », réagit son avocat, Patrick Klugman. Du côté de l’actuel maire de Paris, on assure « prendre acte » et « se [tenir] naturellement à disposition pour apporter toute sa coopération à la justice ». Son entourage l’affirme, depuis le début de son mandat en mars 2026, il est « pleinement mobilisé en faveur de la protection des enfants et la sécurité dans le périscolaire, tant pour accompagner les victimes et leurs familles que pour renforcer les dispositifs de prévention, de signalement et de contrôle ». Le sujet est politiquement explosif : il est venu percuter de plein fouet la campagne municipale d’Emmanuel Grégoire, sommé de se prononcer sur le dossier. Le nouveau maire a fait du périscolaire une « priorité absolue » de son mandat, avec un plan de 20 millions d’euros. Il a rencontré les familles après sa prise de poste, lancé une convention citoyenne sur le périscolaire et ouvert une école de formation des animateurs.

« C’est un sujet qui dévaste tout le monde »

« On aurait tort collectivement d’imaginer une seconde que le sujet est seulement parisien », avertit Colombe Brossel, sénatrice PS de Paris, « aujourd’hui dans les villes grandes et petites, la parole est écoutée, pas encore parfaitement. C’est ce grand mouvement qu’il faut accompagner ». « C’est un sujet qui dévaste tout le monde », reconnaît-elle, « il y a certainement des dysfonctionnements dans les remontées d’information aux familles. Il y a une forme de prise de conscience globale des élus et des administrations, et on doit arriver à le traduire en mesures législatives ».

« Il y a une attente très forte que la responsabilité de la ville de Paris soit examinée »

La droite parisienne a pris la main sur ce dossier. Sa représentante au Sénat, Agnès Evren, a lancé à l’été 2026 une commission d’enquête sur les violences dans le périscolaire. La conseillère LR de Paris Inès de Raguenel est la présidente de la mission d’information et d’évaluation transpartisane de la ville de Paris dédiée au dossier. « Il y a une attente très forte que la responsabilité de la ville de Paris soit examinée. C’est pour cela qu’on a demandé une mission d’information et d’évaluation de la ville et qu’Agnès Evren a demandé une commission d’enquête. La multiplication des cas pose la question du recrutement et du contrôle », affirme Nelly Garnier, conseillère LR de Paris et membre de la mission. « Les familles restent très en attente de réponses. En cette rentrée, des parents retirent leurs enfants du périscolaire. Cela témoigne d’une rupture de confiance envers l’école publique », s’inquiète-t-elle.

« Je considère que c’est un problème de ressources humaines sur une réforme inadaptée »

Dans ce scandale, c’est la réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon qui est pointée du doigt par la droite. Mise en place en 2013, elle fait passer la semaine de quatre à quatre jours et demi pour les élèves de primaire, en allongeant la pause de midi à 1h30, augmentant significativement les besoins d’animateurs périscolaires. Cette réforme a été décriée par certaines communes, qui l’ont abandonnée, et par un rapport du Sénat de 2017, qui juge la méthode « inefficace » et regrette une « impréparation coupable ». « Je considère que c’est un problème de ressources humaines sur une réforme inadaptée. Elle a amené à faire des recrutements sans contrôle », dénonce Nelly Garnier, « à Paris, il y a eu un choix politique de soutenir la réforme coûte que coûte, de la mettre en place très rapidement et de la maintenir, alors que beaucoup de villes sont revenues dessus ».

Des accusations contre lesquelles Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire pourront se défendre. Les deux premiers seront entendus par la commission d’enquête du Sénat le 15 septembre prochain. L’actuel maire de Paris y est attendu le 16. En attendant, il sera auditionné par la mission d’information et d’évaluation de la ville mardi prochain.

04.09.2026 à 17:12

Guillaume Jacquot
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Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.
Texte intégral (1329 mots)

Les étés budgétaires se suivent et ne ressemblent pas. Troisième budget en préparation depuis la dissolution de 2024, il s’annonce plus délicat que jamais. La conjoncture se dégrade, les taux d’emprunt s’envolent, et l’élection présidentielle à venir devrait perturber les négociations et les débats.

En cette rentrée encore, le gouvernement consulte au Parlement pour élaborer au mieux les textes budgétaires qu’il déposera début octobre. En clair, il s’agit pour Matignon de garantir la meilleure voie de passage possible en fin d’année, pour éviter un rejet à l’Assemblée nationale, voire une censure. Le Sénat, à majorité de droite et du centre, veut peser lui aussi sur la rédaction. À la différence de l’an dernier, les partis du « socle commun » n’ont pas élaboré à ce stade de propositions chiffrées.

Le « club des cinq » comme il est souvent surnommé – réunion de la majorité LR-centristes, à laquelle se joignent les groupes RDPI (Renaissance), Les Indépendants (à majorité Horizons) et les sénateurs du Parti radical siégeant dans le RDSE – a cependant bien pris la plume dans cette dernière ligne droite de la construction du projet de loi de finances et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

Gérard Larcher demande un « redressement des finances publiques »

Dans cette missive commune, la droite sénatoriale et les groupes de l’arc central, les sénateurs donnent quelques grands principes directeurs. « Nous lui avons donné des orientations : Le futur budget doit amorcer le redressement des finances publiques », a résumé le président du Sénat Gérard Larcher, dans un entretien au Parisien cette semaine. Cette condition préalable a été doublée d’un avertissement : « Le Sénat ne peut accepter pour le prochain budget une hausse de la fiscalité. »

La contribution sénatoriale pose donc le cadre, mais a surtout interrogé Matignon sur la méthode qui sera celle du gouvernement. « Cette année, on a plutôt été sur le cap, des questionnements », indique Élisabeth Doineau (Union centriste), rapporteure générale de la commission des affaires sociales.

L’heure n’est donc pas aux propositions précises, chiffrées. Il faut dire que le précédent budget a laissé des traces douloureuses au sein de la majorité sénatoriale. « Globalement, le gouvernement a poursuivi la recherche d’un accord politique, quel qu’en soit le prix à l’Assemblée, notamment avec les socialistes, et notre copie a été peu productive en termes de suites et d’intégration dans la loi de finances définitive », relate Jean-François Husson (LR), le rapporteur général de la commission des finances.

Pas de mesures chiffrées dans l’immédiat au Sénat, qui préfère que le gouvernement ouvre le bal

Il y a aussi une autre raison, liée au calendrier. Les élections sénatoriales du 27 septembre perturbent aussi l’exercice. « C’est un peu délicat de s’engager sur un texte qui sera déposé après le renouvellement de la moitié du Sénat, sans laisser une part de discussion avec nos prochains collègues. C’est pour cela qu’on n’a pas voulu aller sur un tableau de mesures », précise Elisabeth Doineau.

Dans l’immédiat, la majorité sénatoriale attend que le Premier ministre dévoile sa vision, ses arbitrages, ses orientations. « Le Premier ministre a mis un certain temps à répondre, il fait un retour à l’expéditeur en demandant au Sénat de lui faire connaître dans le détail ses arbitrages. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. C’est à l’exécutif de proposer un projet de loi de finances avec des pré-arbitrages, ce n’est pas nous. À chacun ses responsabilités », rappelle à l’ordre Jean-François Husson. « Ce n’est pas la peine de perdre notre temps chaque année, on veut savoir sur quoi discuter », ajoute Elisabeth Doineau.

Le rapporteur général du budget, tout comme Gérard Larcher, ont demandé à être reçus par Sébastien Lecornu, avant le dépôt des textes budgétaires devant le Haut conseil des finances publiques.

Un autre indice sur la position qui irriguera la philosophie de l’examen au Sénat se dessine aussi. La droite sénatoriale se montre peu attirée par la perspective d’un effort minimal, pour assurer l’adoption du budget. D’autant que la dégradation de la conjoncture risque de compliquer toute amélioration du déficit l’an prochain. En comptant l’augmentation tendancielle de certaines dépenses, et l’essoufflement de la croissance cette année, il est probable que la cible d’un déficit à 5 % s’éloigne pour 2026, rendant la réduction du déficit potentiellement moins ambitieuse pour 2027.

« Il y a une espèce de sauve-qui-peut, on fait le dos rond, c’est insuffisant », s’inquiète Jean-François Husson. « 5 % ce n’est pas une victoire, mais c’est peut-être un moindre mal », se projette Elisabeth Doineau. « Si on pouvait faire mieux, ce serait préférable. On est quand même les derniers de la classe en Europe, je ne sais pas si on se rend compte ! »

« Ma crainte, c’est qu’on ait une crise sociale et politique avant Noël »

Pour Jean-François Husson, l’heure n’est plus aux choix, mais à l’action. « On va essayer de faire mieux [que 5 % de déficit, ndlr], et de réduire la dépense ». « Depuis deux ans, on disait attention, ça va se reporter sur nous, les marchés vont nous envoyer un signal. On y est. Ma crainte, c’est qu’on ait une crise sociale et politique avant Noël, s’il n’y a pas une direction, un cap de redressement. »

Une partie importante de l’équation budgétaire se jouera sur la Sécurité sociale, qui concentre la moitié de la dépense publique. La commission des affaires sociales du Sénat évalue à 12 milliards d’euros l’ajustement annuel nécessaire pour progressivement résorber le trou de la Sécu. « On a besoin de mesures qui rapportent de façon importante. Ca ne fait pas simplement en bougeant sur les indemnités journalières, les transports sanitaires ou la pertinence des prescriptions. Il faut le faire sur les grands comptes, il n’y a pas 36 façons de réduire un déficit », prévient Elisabeth Doineau. « Est-ce que le Premier ministre envisage un gel des prestations sociales ? Il n’y répond pas. Ce n’est pas la peine que le Sénat porte à lui seul les mauvaises nouvelles. »

Si elle reconnaît que le gouvernement n’a « pas été inactif » sur le front du freinage des dépenses, elle constate aussi la prudence de ce dernier. « Ils parlaient de doubler le montant des franchises médicales, ils sont revenus en arrière. Je comprends aussi qu’ils essayent de tempérer, et de trouver des soutiens. » Un signe de mauvais augure pour l’épilogue des discussions budgétaires ? « On est foncièrement dans une crise budgétaire qui va nous plonger, si on n’y fait pas attention, dans le chaos. On est déjà dans le vide, sans parachute. »

04.09.2026 à 16:55

Rédaction Public Sénat
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Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.
Lire plus (303 mots)

Dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale ouverte en 2022 à l’encontre du cabinet de conseil McKinsey, le parquet national financier vient d’annoncer une saisie de 65 millions d’euros. Cette somme correspond « à 96 % du préjudice fiscal selon l’évaluation du parquet national financier », ont précisé le PNF et le procureur du Roi de Bruxelles dans un communiqué commun.

L’enquête préliminaire a été ouverte en mars 2022 dans le prolongement d’une commission d’enquête sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017, menée par le Sénat.

Pour rappel, La commission d’enquête sénatoriale sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques avait mis en évidence un recours « croissant » aux consultants privés et épinglé une « influence avérée », à travers des interventions sur des « réformes majeures » notamment lors de la crise sanitaire. Concernant McKinsey, le rapport avait relevé que certaines prestations ne connaissaient « aucune suite tangible ». L’exemple le plus médiatisé, révélé durant les auditions, portait sur la préparation d’un colloque sur l’avenir du métier d’enseignant, réalisé par le cabinet à la demande du ministère de l’Education nationale, pour un montant de 496 800 euros. (Sur le sujet, lire notre dossier)

L’enquête préliminaire du parquet avait conduit à des auditions de témoins et de suspects en 2025 et 2026 et va se poursuivre, a précisé le PNF.

04.09.2026 à 16:35

Public Sénat
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Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.
Texte intégral (1230 mots)

Il en avait fait l’une des priorités de son premier quinquennat. Emmanuel Macron a présidé ce vendredi, à Bobigny, la 7e Conférence nationale du handicap (CNH). Organisée tous les 3 ans, l’événement a pour objectif de fixer le cap des politiques publiques dans le domaine du handicap.

Le chef de l’Etat a appelé à « construire une société pleinement accessible », espérant que « l’inclusivité » soit « au cœur de cette campagne présidentielle » (lire notre article pour en savoir plus).

Mais après deux quinquennats, quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ? Des progrès ont été réalisés, mais il reste du travail pour arriver à une société pleinement inclusive. « En dix ans, certains sujets ont progressé, mais la vie des personnes handicapées n’est pas fondamentalement meilleure », estime auprès de l’AFP Arnaud de Broca, président du collectif Handicaps, qui regroupe une cinquantaine d’associations.

Combien de personnes ?

La France compte plusieurs millions de personnes en situation de handicap. Les chiffres varient beaucoup, selon les critères pris en compte. « Au total, en France, le nombre d’enfants et d’adultes handicapés (de 5 ans ou plus), qu’ils vivent à domicile ou en établissement, varie de 5,7 millions à 18,2 millions de personnes selon la définition utilisée », explique sur son site la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). « En 2022 en France métropolitaine, 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus (28 %) vivant à domicile déclarent avoir au moins une limitation fonctionnelle sévère (des problèmes de vue ou d’audition malgré une correction, des difficultés pour monter un escalier, des trous de mémoire fréquents, etc.) et 5,4 millions (10 %) déclarent être fortement restreintes dans des activités essentielles du quotidien », précise encore la Drees.

Selon la Fondation de France, « 12 millions de personnes sont en situation de handicap(s). Au-delà du handicap moteur, le plus visible, 80 % sont des handicaps « invisibles » : difficultés sensorielles, psychiques, mentales et/ou cognitives. En outre, on compte plus de 8 millions d’aidants, des proches qui soutiennent une personne de leur entourage », souligne la fondation.

Remboursement intégral des fauteuils roulants

En matière de handicap, l’une des mesures phares d’Emmanuel Macron est le remboursement intégral des fauteuils roulants, en décembre 2025. Une mesure réclamée de longue date par les associations et dont ont déjà bénéficié plus de 280.000 personnes, selon des données officielles.

Réforme des prestations sociales pour renforcer l’autonomie

Côté prestations sociales, elles ont été réformées pour renforcer l’indépendance des personnes handicapées. Le mode de calcul de l’Allocation adulte handicapé (AAH) a ainsi été revu. Depuis octobre 2023, les revenus du conjoint ne sont plus comptabilisés pour fixer l’AAH. C’est la déconjugalisation de l’AAH.

Le gouvernement a aussi élargi les critères d’obtention de la Prestation de compensation du handicap (PCH) et mis en place l’octroi de droits à vie pour ceux dont le handicap est irréversible.

Depuis janvier 2023, la PCH a ainsi évolué avec des nouveaux forfaits surdicécité, un nouveau domaine d’activités qui facilite l’accès à l’aide humaine aux personnes atteintes d’un handicap mental, cognitif, psychique ou d’un trouble du neurodéveloppement (TND). Par ailleurs, l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), l’AJPA (allocation journalière du proche aidant) ou encore la pension d’invalidité ont été revalorisées.

Une école plus inclusive, mais un manque d’AESH

L’école inclusive a progressé ces dernières années. Sous Emmanuel Macron, le nombre d’enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire a fortement augmenté, de 320.000 en 2017 à plus de 550.000. En 2024, ils représentent 4,15 % des élèves en milieu ordinaire, soit plus de 1 sur 25. Une progression qui avait commencé auparavant. En 2006, on ne comptait que 155.000 enfants en situation de handicap à l’école.

Pour faciliter, voire permettre dans certains cas, cette scolarisation, le nombre d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), qui aident les élèves, a progressé, pour atteindre le chiffre de 140.000. Mais le sujet reste en réalité un point noir. Chaque année, il en manque beaucoup. À la rentrée 2025, 48.000 élèves n’avaient pas d’AESH, sur 352.000 enfants qui y avaient droit. Un chiffre qui avait ensuite été réduit en début d’année. Par ailleurs, c’est une profession mal payée, généralement occupée par des femmes et marquée par une forte précarité.

Malgré les avancées, des associations dénoncent des accompagnements incomplets, des scolarisations à temps partiel, ce qui peut mettre en difficulté les parents, dont certains doivent arrêter de travailler, ou encore des enseignants non formés…

Emploi : des progrès lents

Côté emploi, des mesures d’aide à l’apprentissage et à l’embauche des personnes handicapées ont contribué à soutenir leur emploi. Le taux de chômage des personnes handicapées atteint environ 12 % en 2024 contre 19 % en 2017, ce qui reste toutefois cinq points de plus que pour l’ensemble de la population, selon l’association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph).

Dans un rapport publié début 2026, la Cour des comptes jugeait la politique en faveur de l’emploi des personnes handicapées insuffisante, pointant notamment des « mesures disparates » et une « absence de vision ». Selon l’Elysée, un des engagements attendu vendredi est de permettre de choisir son emploi et de développer ses compétences professionnelles.

Manque de places dans les établissements du secteur médico-social

Les manques en la matière sont importants. Des enfants se retrouvent sur liste d’attente pour intégrer des établissements du secteur sanitaire et médico-social car les majeurs ne les quittent pas, faute de place ailleurs. En l’absence de solution, certaines familles se rendent en Belgique pour trouver une place en établissement.

Pour pallier ce déficit de places, le gouvernement avait annoncé, lors de la dernière CNH, la création de 50.000 solutions d’ici 2030 pour des enfants et des adultes sans réponse adaptée à leurs besoins (nouvelles places, soutien à domicile, etc.). En janvier 2026, environ 18.300 solutions étaient déjà opérationnelles, selon le gouvernement. « 50.000 solutions c’est très loin de l’ensemble des besoins et on avance lentement », regrette cependant Luc Gateau, président de l’Unapei.

Accessibilité : encore beaucoup de progrès à faire

Là encore, beaucoup reste à faire, que ce soit dans les transports, le logement, les loisirs. Le gouvernement a lancé en 2023 un fonds doté d’1,5 milliard d’euros pour rénover les lieux publics. Selon les derniers chiffres officiels, 900.000 établissements recevant du public (mairies, préfectures…) étaient conformes, sur près de deux millions.

(avec AFP)

04.09.2026 à 16:33

Alexandre Poussart
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Le parti d’extrême droite allemand AFD caracole en tête des sondages avant l’élection régionale de Saxe-Anhalt, organisée ce dimanche. Une victoire aurait des conséquences politiques et serait un symbole historique pour l’Allemagne, selon Ronan Le Gleut, sénateur (LR) et président du groupe d’amitié France-Allemagne au Sénat. 
Texte intégral (947 mots)

Au XXIe siècle, l’extrême droite allemande n’a jamais été aussi proche de gouverner une région. En vue des élections régionales organisées à l’est de l’Allemagne, le 6 septembre en Saxe-Anhalt et le 20 septembre à Berlin et au Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti AFD (Alternative für Deutschland ce qui signifie “Alternative pour l’Allemagne”) caracole en tête des sondages. Dans le Lander de Saxe-Anhalt, à deux jours du scrutin, l’AFD créditée de 41% d’intentions de vote, loin devant la CDU du chancelier de centre-droit Friedrich Merz (23%), a de fortes chances d’obtenir la majorité absolue des sièges (car les listes en-dessous de 5% des voix n’ont pas d’élus).

« Certains membres de l’AFD ont une admiration pour le IIIe Reich »

“Une victoire de l’AFD dimanche serait une rupture dans l’histoire de l’Allemagne moderne”, estime Daniel Freund, eurodéputé allemand écologiste. “L’extrême droite arriverait au pouvoir dans une région pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. “Ce serait un séisme politique, avec une charge symbolique très forte”, analyse Ronan le Gleut, sénateur LR des Français établis hors de France, vivant à Berlin et président du groupe d’amitié France-Allemagne au Sénat. “Une victoire de l’AFD en Saxe-Anhalt inquiète beaucoup de monde en Allemagne car certains membres de ce parti ont une admiration pour le IIIe Reich et ont tenu des propos inacceptables par le passé. Par exemple, ils veulent en finir avec la transparence sur l’histoire de l’Allemagne nazie.”

L’eurodéputé allemand rappelle que “l’AFD est un parti classé comme extrémiste. Ses membres souhaitent abolir l’ordre démocratique et restreindre les libertés fondamentales. Ils s’opposent à toute sorte d’immigration. Pour Ronan Le Gleut, “l’AFD se donne une image moderne, mais parle de remigration”, c’est-à-dire d’expulser des Allemands d’origine étrangère.

Un membre de l’AFD pourrait devenir le 3e personnage de l’Etat

Les Lander allemands ayant davantage de pouvoir que les régions françaises, la conquête d’un Lander par l’AFD aurait des conséquences politiques. Le parti d’extrême droite gagnerait des sièges au Bundesrat, la Chambre haute du Parlement qui représente les régions (l’équivalent du Sénat) dont l’accord est nécessaire pour faire passer la moitié des lois fédérales. L’AFD tenterait alors de ralentir les réformes du gouvernement Merz. “Le hasard fait que c’est que la Saxe-Anhalt qui détient actuellement la présidence du Bundesrat. Un membre d’extrême droite pourrait donc prendre bientôt la tête de l’une des chambres du Parlement et devenir le 3e personnage de l’Etat”, explique Daniel Freund.

Dans ce scénario, ce poste prestigieux serait occupé par Ulrich Siegmund, 35 ans, tête de liste de l’AFD pour l’élection de Saxe-Anhalt, très populaire sur les réseaux sociaux. Les Lander détenant les compétences de l’éducation et de la culture, Ulrich Siegmund a promis s’il remporte ce scrutin d’ »interdire l’affichage officiel du drapeau arc-en-ciel (symbole des personnes LGBT+) dans les écoles ». 

Il pense également modifier les programmes d’histoire dans les écoles, trop centrés à son goût sur la culpabilité de l’Allemagne du IIIe Reich. Selon le journal der Spiegel, certains de ses collaborateurs ont d’ailleurs été très proches de la mouvance d’extrême droite radicale et néonazie. 

“Les subventions publiques pour financer des lieux de mémoire de la région comme les camps de concentration pourraient être remises en question”, estime Ronan Le Gleut. “Sur le plan de la sécurité, si l’AFD gouverne une région, ce parti pro russe aurait accès à un grand nombre d’informations sensibles délivrées par les services de renseignement allemands et certains secrets d’Etat”, s’inquiète Daniel Freund.

Les raisons de cette montée de l’AFD

Comment expliquer cette montée de l’AFD depuis des années dans l’opinion publique allemande ? Dans sa campagne électorale en Saxe-Anahlt, Ulrich Siegmund surfe sur une nostalgie de l’Allemagne de l’Est (RDA), qu’on appelle Ostalgie, et souhaite capitaliser sur le sentiment d’injustice de ses électeurs qui s’estiment traités en citoyens de seconde zone par leurs compatriotes de l’ouest, considérés comme étant privilégiés, et face aux immigrés prétendument favorisés.

“Selon les experts, ce succès de l’AFD s’explique par une frustration issue de la réunification de l’Allemagne qui ne s’est pas bien passée pour tout le monde. En Allemagne de l’Est, les jeunes qualifiés quittent la région”, déplore l’élu allemand. Dans son programme, “ce parti s’est radicalisé ces dix dernières années en prônant une sortie de l’euro et de l’Union européenne, alors même que les autres partis eurosceptiques au sein de l’UE ont fait le chemin inverse et ont abandonné ce type de proposition depuis le Brexit.”

Le Rassemblement national de Marine Le Pen a d’ailleurs rompu son alliance avec l’AFD en 2024.

04.09.2026 à 16:04

Simon Barbarit
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Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse exceptionnels, le gouvernement a annoncé vendredi plus d'1 milliard d'euros d'aides d'urgence pour soutenir une agriculture française durement éprouvée. Insuffisant pour les syndicats qui réclament au moins le double. Le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, demande au gouvernement une réponse structurelle à une crise systémique qui passe par une réduction des émissions et l'adaptation au climat.
Texte intégral (1197 mots)

Vendredi matin, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a amorcé la première réponse de l’exécutif aux inquiétudes des agriculteurs, lourdement touchés par la sécheresse et la canicule de cet été. Lors d’une conférence de presse, initialement prévue jeudi, la ministre a annoncé un plan d’urgence de plus d’1 milliard à destination de l’ensemble des filières.

« Le pays a un double impératif devant lui : indemniser les pertes pour éviter des faillites et relancer la production agricole. (…) Car si nous perdons structurellement en potentiel productif, nous perdrons des paysages, des parts de marché, de la souveraineté, des produits de qualité » a dit la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors d’une conférence de presse.

« Dossier numéro un de la rentrée »

Au terme d’un été inédit, le secteur agricole exprime sa détresse, avec des pertes de rendement pouvant atteindre 50 %, 70 % ou 80 % dans les productions végétales, et un élevage très fragilisé par des pertes de fourrage voire d’animaux pour ce qui concerne la volaille.

« Dossier numéro un de la rentrée », avait assuré le Premier ministre, Sébastien Lecornu. L’agriculture bénéficiera donc d’un milliard d’euros d’« argent nouveau », a tenu à préciser Annie Genevard avant d’ajouter : « C’est une réponse forte, un effort conséquent de solidarité de la part de tous les Français dans une situation budgétaire difficile ».

Ces financements passeront notamment par l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), principal dispositif de l’État pour compenser les pertes de récolte liées aux aléas climatiques exceptionnels, une mesure qui intervient au-delà d’un certain seuil de pertes. À partir de 2027, le mode de calcul d’indemnisation des pertes sera, de plus, modifié pour être plus protecteur. « Les pertes d’une année seront comparées au rendement des huit dernières années et non pas des cinq dernières années », a-t-elle annoncé.

Le gouvernement estime le montant nécessaire à 520 millions d’euros et promet d’accélérer « avances et paiements », a dit la ministre. En complément, le régime des calamités agricoles devra indemniser les pertes de fonds non assurables, comme les plantations pérennes ou les vignes, pour 30 millions. Également prévu dans ce plan, baptisé CASI (Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendie), un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) au bénéfice « des exploitations agricoles les plus durement touchées », pour 330 millions d’euros. Au total, les financements nouveaux s’élèvent à quelque 1,1 milliard d’euros, dont certains crédits en provenance du ministère de l’agriculture, « dégelés ».

« Pas à la hauteur », pour les syndicats

Ces annonces ont reçu un accueil plus que mitigé de la part des organisations syndicales. « Ce n’est pas à la hauteur de l’ambition », a réagi le secrétaire général de la FNSEA, Hervé Lapie. « On a toujours dit que l’État n’était pas là pour compenser les 10 milliards d’euros (de pertes estimées, NDLR), mais il nous faut au moins 2 milliards. En 2021, on a eu un gel sur la viticulture, il y a eu 1 milliard d’euros de mis sur la table. Là, vous avez les arboriculteurs, les maraîchers, les grandes cultures, les éleveurs… », a-t-il listé. La FNSEA entend chercher « des enveloppes supplémentaires » après une rencontre avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, prévue le 8 septembre.

Pour Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, c’est aussi « loin d’être suffisant ». « On avait appelé à au moins 2 à 3 milliards, c’est-à-dire 5 000 euros par actif dans les fermes pour faire face à l’urgence (…) on a estimé qu’il y a 82 % des paysans et des paysannes qui sont laissés sur le bord de la route », a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

« Une première étape significative en attendant le budget 2027 »

Le sénateur centriste, Franck Menonville, qui fut l’un des rapporteurs du projet de loi d’urgence agricole, voit, pour sa part, dans ces annonces, « une première étape significative en attendant le budget 2027 ». « La crise n’est pas terminée et ces mesures vont permettre de voir venir en attendant une analyse plus fine de la situation département par département. Il est clair qu’il y a la nécessité absolue d’accompagner les agriculteurs pour maintenir l’ensemble de nos capacités de production pour les années à venir ».

À ce sujet, la ministre a mis l’accent sur la nécessité de préserver « notre souveraineté agricole et de la pérennité de toute la chaîne économique » avant de présenter « le deuxième objet de ce plan » : la création d’un « fonds de réarmement agricole ». Abondé de 235 millions, il a pour objectif de permettre une poursuite de l’activité agricole. « Nous assurer que nous ne perdrons pas d’animaux, que les semis seront bien réalisés pour l’an prochain », a précisé la ministre.

Ce fonds sera disponible « dès la semaine prochaine », réparti par département. « Chaque préfet va désormais très rapidement consulter les organisations agricoles dès la semaine prochaine, pour définir les publics cibles et le montant d’aides individuelles », a expliqué Annie Genevard.

Le gouvernement veut aussi « renforcer » la prise en charge des cotisations sociales MSA (20 millions d’euros « dès l’automne ») et prévoit un renforcement de l’accompagnement social et psychologique.

« Ce qui me frappe, c’est qu’on sort à peine de l’examen d’un projet de loi d’urgence agricole et qu’on nous présente un plan d’urgence. Le gouvernement doit sortir de la perpétuelle urgence car ce n’est pas une crise ponctuelle, on sait bien que c’est une crise systémique », note le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard.

Le sénateur de l’Isère dénonce aussi la « paresse et le manque d’imagination » du gouvernement qui « propose toujours les mêmes orientations qui favorisent les banques, les assureurs et les grandes exploitations au détriment des plus petites. Ça pose des questions de souveraineté car les grandes exploitations sont dépendantes, par exemple, des engrais russes. L’exécutif doit aussi avancer dans ses objectifs de réduction des émissions et d’adaptation au climat. J’espère que ce plan ne se fera pas au détriment de la transition écologique dans le prochain budget ».

Rien n’est moins sûr, car jeudi, Sébastien Lecornu a demandé des « économies nouvelles » dans le budget 2027 par des gels et des annulations de dépenses, afin de financer ces aides.

04.09.2026 à 14:41

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100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.
Texte intégral (1197 mots)
100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.

04.09.2026 à 14:41

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100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.
Texte intégral (1197 mots)
100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.

04.09.2026 à 14:08

François Vignal
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A l’occasion de la 7e Conférence national du handicap, Emmanuel Macron a dressé le bilan de son action en la matière, avec une école plus inclusive et un meilleur taux d’emploi des personnes en situation de handicap. Mais beaucoup reste à faire en matière d’accessibilité. Une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement » sera présentée d’ici la fin de l’année.
Texte intégral (855 mots)

La dernière était il y a trois ans. Emmanuel Macron a présidé ce vendredi, à Bobigny, la 7e Conférence nationale du handicap (CNH). L’occasion pour le chef de l’Etat de faire le bilan de près de 10 ans d’action sur le handicap, sujet dont il avait fait une priorité de son premier quinquennat.

« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé »

Le président de la République s’est d’abord félicité des progrès de l’école inclusive, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire passant de 321.000 en 2017 à 550.000, avec le triplement du nombre de AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), pour atteindre plus de 130.000, même s’il en manque plusieurs milliers, à chaque rentrée. Quant aux Pôles d’appui à la scolarité (PAS), ils sont aujourd’hui au nombre de 1.500, avec un objectif de 3.000.

« Durant les 9 dernières années, les moyens pour l’école inclusive ont plus que doublé », souligne Emmanuel Macron, passant de 2,1 à 4,8 milliards d’euros par an, soit « 40 milliards d’euros en 8 ans pour l’école inclusive ».

Sur l’emploi, « le chômage (des personnes en situation de handicap) est passé de 17,6 % en 2017 à 11,5 % en 2025. C’est son plus bas niveau historique », s’est félicité le chef de l’Etat. Il entend renforcer l’emploi accompagné, avec un objectif de 20.000 bénéficiaires d’ici 2028.

« Mettre l’innovation au service de l’autonomie »

Il a aussi rappelé la réforme de la déconjugalisation de l’Allocation adulte handicapé, avec un montant qui est passé depuis 2017 de « 810 euros par mois à plus de 1.040 euros par mois en 2026, soit une hausse de 29 % », la prise en charge intégrale des fauteuils roulants, qui a bénéficié à 280.000 personnes, la simplification des démarches administratives ou les droits à vie, depuis 2019, pour les handicaps irréversibles. Autre mesure : le rétablissement du droit de vote pour les majeurs sous tutelle.

La technologie doit aussi venir en aide aux personnes en situation de handicap. « L’avenir du handicap se jouera en partie dans notre capacité de mettre l’innovation au service de l’autonomie », souligne le Président, avec les « technologies d’assistance, le numérique, l’IA », évoquant des lunettes spéciales, les « bras robotiques » ou les « exosquelettes », que des entreprises françaises développent.

« Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie »

Reste des difficultés. « Trop de personnes se heurtent encore à des obstacles qui limitent leur autonomie. […] Si les droits ont progressé, l’accessibilité reste un frein majeur à l’autonomie », reconnaît-il. C’est pourquoi la stratégie nationale pour l’accessibilité sera élaborée « d’ici l’automne avec tous les acteurs, pour la période 2026-2029 ». Il insiste sur « l’esprit de concret », pour pouvoir « payer seul, traverser la rue en sécurité, les démarches en ligne sans assistance » ou « vivre chez soi dans des conditions adaptées ». Sans oublier la « vie sociale, culturelle, sportive, citoyenne ».

Il espère bien que cette ambition, portée depuis près de 10 ans, continuera, alors qu’il quittera l’Elysée l’année prochaine. « Je pense essentiel que tout ce qu’on a fait ces dernières années et la philosophie du travail que vous avez conduit […] perdurent. Et quels que soit les débats démocratiques essentiels que nous aurons dans les prochains mois, j’espère que la question du handicap, l’inclusivité universelle… L’inclusivité doit être au cœur de cette campagne », lance Emmanuel Macron, qui « fera tout pour que nous ne puissions pas reculer, et qu’au contraire, nous puissions accélérer sur ces axes d’effort ».

« Répondre aux besoins des personnes autistes »

Le président de la République a aussi insisté sur la nécessité de « répondre aux besoins des personnes autistes et plus largement des troubles du neurodéveloppement » (TND). « Beaucoup a été fait ces dernières années, mais les besoins restent immenses, notamment pour les adultes et les situations les plus complexe ».

D’ici la « fin de l’année », une « nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les TND » sera annoncée pour « la période 2027-2032 ». Il entend continuer l’effort, déjà bien amorcé, sur la nécessité de « mieux repérer et accompagner au plus jeune âge », en renforçant « la prise en charge ».

Emmanuel Macron n’oublie pas les proches aidants, « parents, conjoints, frères, sœurs, amis ». Il faudra « mieux les reconnaître, les soutenir et les accompagner ». Pour le chef de l’Etat, l’objectif global est de « construire une société pleinement accessible », car « l’accessibilité et une condition de l’égalité ».

04.09.2026 à 10:20

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Le 3 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur le traitement des violences dans le périscolaire auditionnait Hermine Le Clech, journaliste. En juin 2026, la Chambre haute a ouvert une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. Cette mission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles. Hermine Le Clech est l'autrice d'un reportage pour RTL, dans lequel elle se fait recruter, sur la base d'un CV retouché, par la mairie de Créteil pour devenir animatrice périscolaire sur le temps méridien. L'enquête met à jour un recrutement extrêmement rapide, sans contrôle a priori du profil de la candidate, ni vérification de son casier judiciaire. A suivre, l'audition, en juillet, d'associations de parents d'enfants victimes d'agression dans le périscolaire. Revivez les échanges.
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Le 3 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur le traitement des violences dans le périscolaire auditionnait Hermine Le Clech, journaliste. En juin 2026, la Chambre haute a ouvert une commission d’enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. Cette mission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles. Hermine Le Clech est l'autrice d'un reportage pour RTL, dans lequel elle se fait recruter, sur la base d'un CV retouché, par la mairie de Créteil pour devenir animatrice périscolaire sur le temps méridien. L'enquête met à jour un recrutement extrêmement rapide, sans contrôle a priori du profil de la candidate, ni vérification de son casier judiciaire. A suivre, l'audition, en juillet, d'associations de parents d'enfants victimes d'agression dans le périscolaire. Revivez les échanges.

04.09.2026 à 10:20

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100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.
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100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat.

04.09.2026 à 10:03

Rédaction Public Sénat
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Après la sécheresse et la canicule de cet été, le gouvernement débloque un fonds d’urgence de plus d’1 milliard pour accompagner l’ensemble des filières agricoles, toutes affectées par ces aléas climatiques. C’est ce qu’a annoncé vendredi la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors d’une conférence de presse.
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Vendredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a répondu aux inquiétudes des agriculteurs, lourdement touchées par la sécheresse et la canicule de cet été. Lors d’une conférence de presse, initialement prévue jeudi, la ministre a annoncé un plan d’urgence de plus d’1 milliard à destination de l’ensemble des filières.

« Le pays a un double impératif devant lui : indemniser les pertes pour éviter les faillites et relancer la production agricole pour ne pas perdre de la souveraineté », a-t-elle expliqué.

Ces financements doivent donc permettre de « soutenir les trésoreries » éviter les faillites, et « relancer la production », a-t-elle expliqué soulignant qu’il s’agissait d’ « argent nouveau », « un effort très conséquent ».

Ils passeront notamment par l’indemnisation de solidarité nationale (ISN), principal dispositif de l’État pour compenser les pertes de récolte liées aux aléas climatiques exceptionnels, une mesure qui intervient au-delà d’un certain seuil de pertes.

Le gouvernement estime le montant nécessaire à 520 millions d’euros, et promet d’accélérer « avances et paiements », a dit la ministre.

En complément de l’ISN, le régime des calamités agricoles permettra d’indemniser les pertes de fonds non assurables provoquées par un aléa climatique exceptionnel, comme les plantations pérennes ou les vignes, selon le plan, baptisé CASI (Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendie).

A partir de 2027, le mode de calcul d’indemnisation des pertes sera modifié pour être plus protecteur. « Les pertes d’une année seront comparées au rendement des huit dernières années et non pas des 5 dernières années », a-t-elle annoncé.

S’y ajoute un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) au bénéfice « des exploitations agricoles les plus durement touchées ».

Pour permettre une poursuite de l’activité agricole, un « fonds de réarmement agricole » sous le pilotage des préfets est créé (notamment pour l’achat de fourrages, semis, indemniser les pertes incendies, etc.). Le gouvernement veut aussi « renforcer » la prise en charge des cotisations sociales MSA.

Le plan prévoit enfin un renforcement de l’accompagnement social et psychologique, des dérogations ciblées aux règles de la PAC « lorsque les conditions climatiques l’imposent », la prolongation des aides à l’achat d’engrais et gazole (GNR).

 

 

 

03.09.2026 à 18:19

Simon Barbarit
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Dans les colonnes du Figaro, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau fait de la révision de la Constitution une condition sine qua non pour « rendre la parole » au peuple français, en élargissant le champ du référendum « à toute question législative ». des juristes relèvent une volonté de la part du candidat d’encadrer les thèmes des référendums qu’il compte développer, mais également « un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains ».
Texte intégral (1709 mots)

Bruno Retailleau considère qu’il est le seul candidat à la présidentielle « à porter un vrai projet de droite ». Mais pour pouvoir l’appliquer, le sénateur de Vendée estime avoir les mains liées par la loi suprême : la Constitution. C’est pourquoi, dans les colonnes du Figaro mercredi, il dévoile son plan pour en finir avec ce qu’il présente comme une « confiscation démocratique ». « Le peuple français est dépossédé et sent qu’il n’a plus la capacité d’agir sur son destin. Moi, je veux lui rendre la parole », promet-il.

« Je soumettrai ce pacte constitutionnel à un référendum dès la rentrée 2027 »

Ce n’est certes pas la première fois que Bruno Retailleau défend des textes visant à réviser la Constitution et force est de constater que ses propositions en la matière n’ont pas eu d’impact dans l’opinion jusqu’ici. Alors, à huit mois du scrutin, Bruno Retailleau entend « renverser la table ».

Son plan se déroule en plusieurs étapes. D’abord, il préconise d’élargir le périmètre de l’article 11 de la Constitution, qui définit le champ du référendum. On le rappelle ici. Le référendum de l’article 11, décidé par le chef de l’État, sur proposition du gouvernement, ne peut porter que sur l’organisation des pouvoirs publics, les réformes relatives à la politique économique, sociale et environnementale et aux services publics qui y concourent, et sur la ratification des traités internationaux. Sous la plume de Bruno Retailleau, le référendum pourra porter sur « toute question législative ». « Aujourd’hui, il y a des questions interdites aux Français : la politique pénale, la politique migratoire et, plus largement, les questions de société », estime-t-il.

Dans sa volonté réformatrice, Bruno Retailleau enjambe un premier obstacle. « Dès mon arrivée à l’Élysée, j’en saisirai le Parlement (de son projet de loi constitutionnel NDLR), et les Français auront un choix à faire : je soumettrai ce pacte constitutionnel à un référendum dès la rentrée 2027. J’irai très vite ». On rappelle ici que la révision de la Constitution par référendum est prévue à l’article 89 de la Constitution. Le texte doit, avant cela, être adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées.

Si Bruno Retailleau obtenait une majorité à l’Assemblée à l’issue des législatives, se poserait ici la question du veto sénatorial. Même si Bruno Retailleau, membre de la majorité à la chambre haute, pourrait, s’il était élu, à la différence de Marine Le Pen, s’appuyer sur cette chambre. Néanmoins, en 2023, faute de soutien de ses alliés centristes sur un texte qui prévoyait lui aussi d’élargir les conditions du recours au référendum de l’article 11 aux questions d’immigration, Bruno Retailleau avait dû retirer sa proposition de loi de l’ordre du jour au dernier moment.

« Même la révision constitutionnelle de 2008, qui n’était pas aussi considérable que celle-ci, n’est passée qu’à une voix près. Là, Bruno Retailleau propose une révolution copernicienne, un changement de paradigme dans la manière dont on conçoit la Constitution qui ne serait plus un bouclier contre les foucades de majorités ponctuelles », résume Nicolas Hervieu, juriste en droit public et enseignant à Sciences Po.

Le deuxième pilier de son plan visant à redonner leur voix aux Français consiste à créer une « nouvelle procédure » pour que le peuple français ait « le dernier mot ». « À l’avenir, lorsque le Conseil constitutionnel censurera une loi votée par le Parlement, le président de la République pourra donner la parole au peuple français pour censurer la censure. Soit par référendum, soit en réunissant le Parlement en congrès », développe-t-il en fustigeant « le gouvernement des juges ». L’ancien chef de la majorité sénatoriale n’a visiblement pas oublié la censure de 35 articles du dernier projet de loi immigration.

« Cet appel à la souveraineté populaire est totalement fantasmé », note, pour sa part, Mathieu Carpentier, professeur de droit public à l’université Toulouse Capitole. « On imagine que cette carte joker ne serait pas utilisée après la censure d’un texte qui porterait, par exemple, sur l’imposition des filiales des grandes entreprises mais plutôt sur des questions politiquement sensibles. L’idée, c’est de soumettre encore plus le Conseil constitutionnel au législateur », note-t-il.

Inspiration du droit canadien

Cette proposition a été sévèrement rejetée par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, en déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne, ce jeudi. « Depuis des mois et des mois, certains hommes ou femmes politiques attaquent le Conseil constitutionnel et notre Constitution », mais celle-ci est « notre bien le plus précieux », a-t-elle déclaré à des journalistes.

Comme le relève Mathieu Carpentier, cette idée s’inspire de la clause « nonobstant » inscrite à l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés. Le Parlement fédéral ou les provinces peuvent ainsi voter des lois même si elles sont contraires à certains droits inscrits dans la Constitution canadienne. « C’est un recours un peu biaisé au droit comparé car les droits concernés sont limitativement énumérés et certains sont exclus de ce dispositif comme le droit de vote et les libertés fondamentales. Mais surtout, le parlement fédéral canadien n’a jamais utilisé cette clause ».

« C’est une posture plébiscitaire qui est au cœur de la démarche de Bruno Retailleau »

Plus consensuel, Bruno Retailleau souhaite aussi « alléger les contraintes nécessaires à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée (RIP) » avec 2,5 millions de signatures nécessaires contre 5 millions aujourd’hui. « C’est un gadget. Quand les acteurs politiques parlent du RIP ils font semblant d’oublier que si le seuil de signatures nécessaires est atteint, cela ne veut pas dire recours à un référendum. Il y a une étape entre les deux. L’examen du texte dans un délai de six mois par chacune des deux assemblées. Si ce n’est pas le cas, alors le président de la République soumet la proposition de loi à un référendum. C’est donc une posture plébiscitaire qui est au cœur de la démarche de Bruno Retailleau. Ce n’est pas un projet de démocratie référendaire sur le modèle suisse qui peut donner des résultats étonnants. C’est propre à la droite française qui est très favorable aux référendums qu’elle organise mais l’est moins à ceux demandés par un peuple qui pourrait s’autosaisir. Dans son interview, il fait référence aux gilets jaunes. Mais les gilets jaunes ne demandaient pas l’application du RIP mais la mise en place d’un RIC (Référendum d’initiative citoyenne). »

Enfin, Bruno Retailleau accompagne son projet de loi de révision de la Constitution d’un deuxième texte : une « charte de l’ordre républicain sur le modèle de la charte de l’environnement » et veut ainsi créer « un bouclier constitutionnel afin de protéger nos lois contre les interprétations abusives des juridictions européennes et internationales ». La France pourrait ainsi déroger « dans certains cas » à la primauté du droit européen, « La CEDH nous a interdit d’expulser des individus dangereux au motif qu’ils avaient une vie privée et familiale en France. Ou encore parce que leur pays d’origine ne leur offrirait pas de procès équitable. Dans ces cas-là, je propose qu’une loi organique puisse revenir sur une jurisprudence européenne si elle est contraire à nos intérêts fondamentaux », justifie-t-il.

« C’est un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection de nos droits fondamentaux »

Cette possibilité de déroger au droit européen, prévue également dans la proposition de loi constitutionnelle de Bruno Retailleau en 2023, s’était, elle, aussi heurtée à une fin de non-recevoir des centristes du Sénat.

Avec cette charte, le candidat LR entend aussi « combattre toute forme de séparatisme et d’entrisme religieux ». « Cette charte reconnaîtra les racines judéo-chrétiennes de la France. Un peuple qui oublie d’où il vient est un peuple qui s’efface », expose-t-il. Les peines minimales pour certaines infractions seront « rendues obligatoires » sans dépendre de leur application par les juges. Elle permettra en outre « d’expulser tous ceux qui n’ont rien à faire en France, supprimer le droit au mariage pour les OQTF, abolir le droit du sol et revenir à l’assimilation pour qu’il n’y ait plus de naturalisations automatiques ».

« C’est un projet qui vise à dégrader l’impératif de protection des droits fondamentaux et des principes républicains. La laïcité est, par exemple, remise en cause avec l’affirmation des racines judéo-chrétiennes, comme le droit au recours, le droit à l’individualisation des peines, les conditions d’accès à la citoyenneté… C’est un changement des valeurs traditionnelles françaises d’inspiration libérale. Se poserait la question de ce que ce projet entraînerait au niveau européen. La France pourrait être condamnée, quitter l’Union ou alors être suffisamment puissante pour changer le droit de l’Union de l’intérieur. C’est d’ailleurs parce que les valeurs constitutionnelles françaises sont déployées dans le droit de l’Union et dans la Convention européenne des droits de l’Homme que le projet de Bruno Retailleau entrerait en confrontation avec les valeurs européennes », conclut Nicolas Hervieu.

 

 

03.09.2026 à 18:18

François Vignal
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Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.
Texte intégral (1872 mots)

« Elle est pas belle cette équipe franchement ? » Céline Géraud, nouvelle responsable des porte-parole et de la communication de la campagne de Gabriel Attal, a l’enthousiasme des débuts. L’ancienne judokate de haut niveau, ex-journaliste et présentatrice télé de l’Ile de la tentation et de Stade 2, fait partie de ces « nouveaux visages » que Gabriel Attal entend mettre en avant. En présentant ce jeudi son équipe de campagne au siège de son parti Renaissance, dans le 7e arrondissent de Paris, le candidat à la présidentielle a enfoncé le clou sur cette nécessité. L’occasion de marquer à nouveau sa différence avec Edouard Philippe – sujet sur lequel il insiste en cette rentrée – soit de manière allusive, si ce n’est très directement.

Vantant « une équipe de campagne qui ne ressemble à aucune autre », qui « ne rassemble pas à un casting de personnalités réunies pour la photo », le candidat, accusé par ses adversaires de parisianisme, souligne combien cette équipe renouvelée vient du « Périgord, du Nord de la France, de la Corse, du Sud, de l’Isère ». « Certains ont grandi très loin de Paris », ajoute-t-il pour ceux qui n’auraient pas capté le message.

« Il paraît que la politique est un sport de combat, ça tombe bien, j’adore ça »

Pour incarner ces « nouveaux visages et l’optimisme », thème fort de sa campagne, Céline Géraud va donc chapoter des porte-parole qui ne viennent pas forcément de la politique. A commencer par celle qui était habituée des tatamis. Elle se lance aujourd’hui dans le grand bain. Même pas peur. « Il paraît que la politique est un sport de combat. Ça tombe bien, j’adore ça », lance l’ex-journaliste, visiblement déjà habituée aux formules : « Je ne m’engage pas pour un camp, pour un cap ».

A ses côtés, on trouve dans les porte-parole Rachel Flore Pardo, avocate spécialisée dans la défense des victimes de violence numérique, conjugale, sexistes et sexuelles ; Jab Zahab, essayiste. « Binational et fier de l’être », ce franco-libanais se penchera sur les questions de laïcité et d’« intégration républicaine » ; Abdoulaye Kante, ancien membre de la marine nationale puis policier, qui était intervenu lors des attentats de 2015 au Stade de France, qui sera davantage sur les sujets régaliens. « J’avais dit non (à Gabriel Attal), mais je me suis laissé convaincre », explique ce membre des forces de l’ordre, qui a reçu des propositions d’autres candidats.

« Quand Gabriel Attal dit qu’il faut renverser la table, c’est bien le rapport aux collectivités locales »

La brochette de porte-parole est aussi complétée par deux politiques, avec la députée Renaissance du Nord, Violette Spillebout, déjà rodée aux plateaux télés, ainsi que le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, « autonomiste corse » revendiqué, qui vient « de la gauche » et monte, pour le coup, « en Ligue 1 », sourit cet amateur de ballon rond. Il suivra notamment les questions de décentralisation.

« Quand Gabriel Attal dit qu’il faut renverser la table, c’est bien le rapport aux collectivités locales. […] L’idée, c’est de faire du maire l’élu le plus puissant de France », avance celui de Bonifacio, qui soutient quelques minutes après qu’« il faut aller vers une simplification des échelons ». « Je suis originaire d’un département où on a supprimé l’échelon départemental », lâche Jean-Charles Orsucci… Mais l’idée est avant tout que les volontés « partent des territoires », dans une logique de différenciation.

« Trio de directeurs de campagne »

Aux côtés de ces nouvelles figures, on trouve quelques têtes connues, avec des proches du candidat. A commencer par Maxime Cordier, directeur de campagne, chargé d’« animer, coordonner » cette « grosse machine », explique celui qui est aussi directeur général de Renaissance. Mais pour aborder cette « nouvelle phase de la campagne », ce sera en réalité « un « trio de directeurs de campagne », avec Franck Riester, secrétaire général délégué du parti. Celui qui représente le candidat dans le comité de liaison, avec Horizons notamment, entend « travailler au rassemblement » et « travailler à la majorité, qui ne doit pas être le fruit d’un seul parti, mais d’un rassemblement de partis politiques ».

Ce trio est complété par Fanny Anor, ex-préfète de l’Aisne, pendant près de 2 ans, qui a accompagné Gabriel Attal dans plusieurs ministères, comme directrice de cabinet. Son rôle : « Travailler au projet » et « préparer les premiers jours d’une présidence de la République. Il faut être tout de suite prêt ». Sans surprise, on retrouve d’autres figures connues de la galaxie Attal : la députée Prisca Thévenot. Cette fidèle est directrice de la mobilisation des territoires, avec « l’opération 1.000 bistrots » pour « parler à bâtons rompus » – plutôt que des meetings politiques, l’idée est de faire 1.000 événements qui réunissent plusieurs dizaines de personnes, de quoi accroître la couverture par la presse régionale. Enfin, le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, est président du comité des maires.

« Celui qui s’enferme dans une logique d’un camp court tout droit vers la défaite »

Voilà pour l’équipe, qui devra aider le candidat à faire la différence. A commencer par devancer son concurrent dans son camp : un certain Edouard Philippe. Et Gabriel Attal ne se fait pas prier pour glisser des piques contre le candidat Horizons. Il entend ainsi « se battre pour empêcher le retour des vieux clivages, car les Français les rejettent, ne les reconnaissent pas et je suis convaincu qu’il nous conduirait à la défaite », lance-t-il, alors qu’Edouard Philippe revendique le retour du clivage gauche/droite et d’une forme d’UMP 2.0. « Celui qui s’enferme dans une logique d’un camp, court tout droit vers la défaite, il faut au contraire élargir », insiste le député des Hauts-de-Seine, qui regrette que « beaucoup veulent gommer les différences, endormir la campagne ».

Une différence qui s’exprime aussi sur le fond. « Je n’ai pas le même projet qu’Edouard Philippe, sinon je serais au premier rang de son meeting. Je n’ai pas le même projet que Bruno Retailleau, sinon je le soutiendrai. Je n’ai pas le même projet que les candidats socialistes déclarés », lance le candidat Renaissance.

« Les jeux sont extraordinairement ouverts »

Reste qu’en mettant l’accent sur des nouveaux visages et la proximité avec le terrain, Gabriel Attal donne l’impression de vouloir relancer une campagne où, jusqu’à présent, il n’a pas réussi à tuer le match, restant derrière son principal concurrent dans les sondages. Lui répond qu’il n’est candidat que depuis « trois mois », quand « d’autres candidats du bloc central le sont parfois depuis 3 ans ». Gabriel Attal souligne au passage qu’ils sont aujourd’hui « très proches dans les sondages, voire dans la marge d’erreur ». « Dans tous les sondages, je suis au-dessus du niveau testé avant ma déclaration », remarque le candidat, « c’est certain, il y a une dynamique ». « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient-il encore. « Les jeux sont extraordinairement ouverts », conclut Gabriel Attal, qui ajoute :

 Il n’y a plus de favori dans cette élection face aux extrêmes. 

Gabriel Attal, candidat Renaissance à l’élection présidentielle.

Et « si le RN et LFI ont réussi à construire cette dynamique, c’est qu’ils ont réussi à construire un récit, une vision, qui marque une partie des Français ». A lui aujourd’hui de dessiner son propre récit.

« Je garde le dépassement politique, qui ne veut pas dire le en même temps »

Alors qu’Edouard Philippe est désormais soutenu par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, il n’entend pas jouer au concours de celui qui aura le plus de ralliements. Non pas parce qu’il en aurait moins, diraient ses opposants, mais car « il ne veut pas perdre (son) temps et (son) énergie à chercher à collectionner des ralliements politiques de ceux qui ont été au pouvoir ces 10 ou 20 dernières années ».

Autre écueil : l’héritage macroniste, pour celui qui n’en serait pas là sans Emmanuel Macron. L’ancien premier ministre assume de reprendre à son compte « l’esprit » originel et « la dynamique engagée en 2017 », qui « s’est un peu perdu ». Lui veut continuer « le dépassement des clivages ». « Je garde le dépassement politique, qui ne veut pas dire le en même temps, qui a été une erreur sur certains sujets », précise Gabriel Attal, qui y va de sa formule : il ne veut « ni être une forme de saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP avec ceux d’il y a 20 ans. Je veux quelque chose de nouveau. […] Ça doit s’incarner par ces nouvelles personnalités et le renouvellement ».

« On est toujours challenger »

L’équipe d’Attal va maintenant « battre le pavé ». Outre l’opération des 1.000 bistrots dès lundi, un meeting plus traditionnel est quand même prévu le 10 octobre, à Lyon. Une vingtaine d’ambassadeurs thématiques de la société civile, sur chaque grande profession, seront aussi dévoilés. Gabriel Attal réunira de son côté à nouveau son conseil des chefs d’entreprise. Sans oublier le projet, qui s’affinera. Bref, la campagne va se déployer.

Les semaines et mois à venir vont maintenant être décisifs pour Gabriel Attal, qui doit rattraper son retard et paraître comme une solution crédible. Un député le sait bien : « Je ne vais pas vous dire qu’on va gagner. On est toujours challenger. Mais la cristallisation ne se fera pas avant janvier ». Soit quatre ou cinq mois pour faire mentir les sondages.

03.09.2026 à 17:57

Emma Bador-Fritche
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Auditionnée ce jeudi 3 septembre par la commission de la culture du Sénat, la journaliste de RTL Hermine Le Clech est revenue sur une enquête menée en novembre 2025. Pour tester les conditions de recrutement des animateurs périscolaires, elle s’était présentée dans une mairie avec un CV en partie falsifié. En huit minutes, sans diplôme dans l’animation, sans contrat de travail et alors que son casier judiciaire n’avait pas été vérifié, elle avait été envoyée au contact d’enfants dans une école de Créteil.
Texte intégral (1273 mots)

Le sujet est devenu encore plus sensible avec la rentrée scolaire. À Paris, 203 enquêtes pénales sont actuellement ouvertes pour des soupçons de violences dans des établissements scolaires. Dans ce contexte, la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat poursuit ses travaux dans le cadre d’une mission d’information consacrée à la prévention et au traitement des violences dans le périscolaire, dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête.

Le périscolaire constitue pourtant un service quotidien pour une immense majorité des familles. « Neuf sur dix » des enfants fréquenteraient un accueil périscolaire, selon le cinquième baromètre de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), a rappelé en introduction Max Brisson, vice-président de la commission. « C’est un service essentiel pour les enfants et leurs familles », a-t-il souligné. Mais cette confiance est fortement fragilisée depuis l’automne 2025, avec la médiatisation de nombreuses affaires de violences commises sur des enfants par des animateurs.

La mission sénatoriale entend ainsi dresser une cartographie aussi exhaustive que possible des violences périscolaires en France, évaluer les procédures de recrutement et de formation des personnels, vérifier la manière dont leurs antécédents sont contrôlés et identifier les failles dans le recueil de la parole des enfants et la coordination entre les différents acteurs. « Si Paris est un cas exceptionnel par le nombre d’affaires et l’ampleur de l’omerta qui a régné depuis des années, Paris n’est malheureusement pas une exception », a estimé Agnès Evren, rapporteure de la mission et sénatrice Les Républicains. Selon l’association SOS Périscolaire, 70 départements seraient aujourd’hui concernés par des signalements.

« Huit minutes » pour être recrutée

C’est dans ce contexte qu’Hermine Le Clech a été auditionnée. En novembre 2025, la journaliste de RTL avait cherché à tester concrètement les « barrières à l’entrée » du métier d’animateur périscolaire. « Nous avons voulu tester le recrutement des animateurs périscolaires. Savoir comment est-ce qu’on devient animateur périscolaire aujourd’hui, quelles sont les vérifications qui sont faites », a-t-elle expliqué devant les sénateurs.

Pour mener son enquête, elle a candidaté à plusieurs dizaines d’offres d’emploi en ligne. La mairie de Paris a immédiatement identifié sa profession de journaliste. À Créteil, en revanche, elle a pu poursuivre son expérimentation. La journaliste se présente avec un « faux » CV, sous sa véritable identité. Elle y supprime ses expériences de journaliste, tout en mettant en avant certaines expériences réelles, notamment dans la médiation culturelle et l’éducation aux médias, qu’elle dit avoir légèrement amplifiées. « Je n’avais ajouté aucun diplôme », précise-t-elle. Elle affirme ne disposer d’aucune qualification spécifique dans l’éducation ou l’animation périscolaire.

« Entre le moment où je suis entrée dans le bureau et le moment où je suis sortie du bureau, il s’est déroulé huit minutes », raconte-t-elle. Ses papiers d’identité sont demandés. On l’interroge sur son expérience avec les enfants, sur ses éventuels diplômes et sur sa disponibilité. Puis vient la question des antécédents judiciaires.  Selon Hermine Le Clech, la personne chargée de son recrutement lui explique qu’elle est normalement tenue de vérifier ses antécédents judiciaires avant de la mettre en contact avec des enfants. Mais ce jour-là, le contrôle n’a pas lieu. « Elle m’a dit : “Je devrais vérifier votre casier judiciaire mais je ne peux pas, j’ai trop de besoins” », rapporte la journaliste.  Trente minutes après avoir quitté le bureau de recrutement, Hermine Le Clech se retrouve dans une école élémentaire de Créteil pour assurer la pause méridienne. « Je ne connaissais pas mon salaire et je n’ai pas signé de contrat de travail », explique-t-elle.

« C’était une urgence, un manque de personnel qui a poussé une personne à la faute »

Interrogée par sénateur Les Républicains, Max Brisson sur le caractère potentiellement structurel de ce qu’elle a observé à Créteil, la journaliste se montre prudente. « Je ne peux pas constater, sur la base de cette enquête et d’un seul cas, une généralisation », répond-elle. Son témoignage ne vise donc pas, selon elle, à dresser un constat définitif sur l’ensemble du secteur périscolaire. Il met plutôt en lumière une situation concrète dans laquelle la pénurie de personnel semble avoir pris le dessus sur les procédures de contrôle. « J’ai eu l’impression d’être face à des personnes qui tentent de faire face à un manque, une pénurie », affirme-t-elle, tout en soulignant que cette situation peut conduire « à commettre une faute très grave ».

Pour la journaliste, le problème tient notamment à l’urgence permanente dans laquelle peuvent se retrouver certains services. À Créteil, son recrutement répondait manifestement à un besoin immédiat, sans elle, il aurait manqué un animateur pour encadrer les enfants. « C’était une urgence, un manque de personnel qui a poussé une personne à la faute », estime-t-elle.

Relancée par la sénatrice Agnès Evren sur les leviers pour éliminer ces « zones grises » qui risquent d’exposer les enfants à des individus dangereux, Hermine Le Clech refuse à nouveau de livrer une solution clé en main à partir de son unique expérience. Elle isole néanmoins un impératif : « Le contrôle du casier judiciaire me semble primordial. » Une exigence qui suppose, rappelle-t-elle, que les collectivités « disposent des moyens humains suffisants pour effectuer ces vérifications avant toute prise de fonction ».

« Ce n’est pas l’information qui crée la panique, c’est le silence »

Pour Agnès Evren, l’enjeu dépasse largement les seules conditions de recrutement. « La confiance dans l’institution périscolaire, mais aussi scolaire, et la confiance placée dans la parole des élus est aujourd’hui ébranlée », a-t-elle déclaré. La rapporteure insiste également sur l’impact de cette crise sur les familles. À Paris, les inscriptions au périscolaire auraient diminué de 16 % en juillet et août, soit environ 2 000 enfants de moins, selon les chiffres avancés lors de l’audition. « Ce n’est pas l’information qui crée la panique, c’est le silence qui crée la panique », a résumé Agnès Evren.

La mission sénatoriale doit désormais poursuivre ses auditions. Plusieurs collectifs de parents, d’enfants et de victimes doivent notamment être entendus ainsi que des élus locaux et notamment le maire de Créteil. Les auditions d’Anne Hidalgo sont prévues le 15 septembre, puis celle d’Emmanuel Grégoire le 16 septembre.

03.09.2026 à 17:45

Guillaume Jacquot
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Une mission d’information au Sénat s’est penchée sur les prélèvements obligatoires sur les entreprises ces derniers mois. Dans son rapport rendu public ce 3 septembre, elle recommande une série de réformes, dont la mise en place d’une programmation contraignante en début de législature pour éviter les volte-faces fiscales, et toute instabilité préjudiciable à l’activité et aux investissements.
Texte intégral (1662 mots)

Avis à celui ou celle qui sortira des urnes en mai prochain. Les entreprises plaident avant tout pour une forme de stabilité fiscale et de prévisibilité. C’est en somme le principal message qui ressort des travaux conduits par une mission d’information sénatoriale sur « le poids des prélèvements obligatoires en France et ses conséquences sur la compétitivité des entreprises, l’investissement et les salaires ». « L’instabilité et la complexité fiscale constituent, plus encore que le niveau de prélèvements, le principal frein à l’investissement », peut-on lire dans le rapport adopté hier.

Installée en avril sur demande du groupe Les Indépendants – République et territoire, elle a adopté ce 2 septembre ses conclusions et ses recommandations. Pour le rapporteur Emmanuel Capus (Horizons), soutien d’Édouard Philippe, ce travail est « assez inédit », parce qu’il dresse un état des lieux large des impôts et cotisations qui pèsent sur les entreprises, et leurs conséquences.

La proposition phare du rapport consiste à préciser dans une loi de programmation des finances publiques, en début de chaque législature, les évolutions attendues sur les prélèvements obligatoires sur les entreprises, et la nécessité d’en concentrer l’essentiel en début de mandat. Pour s’assurer de ces engagements pluriannuels, les sénateurs plaident pour une primauté des lois de programmation sur les lois de finances annuelles. Ce point nécessite une réforme de la Constitution, qui doit embarquer aussi selon leur recommandation un impératif d’équilibre des comptes publics, autrement dit une règle d’or. « Il faut cesser en particulier de remettre en cause les mesures de baisse de fiscalité annoncées et mises en œuvre. Ce que demandent les entreprises, c’est que la parole de l’État soit respectée. Aujourd’hui, elles commencent à douter de la parole de l’État », insiste le sénateur Emmanuel Capus.

« La plupart des dirigeants déclarent préférer des règles stables sur plusieurs années à des baisses d’impôts ponctuelles »

La reconduction lors du dernier budget de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui était censée ne pas être prorogée au-delà de l’année 2025, est un cas d’école en la matière. « Nos entreprises peuvent s’adapter à un prélèvement relativement élevé si elles le connaissent, si elles peuvent l’anticiper », insiste le sénateur du Maine-et-Loire. L’instauration de cette surtaxe a fait progresser l’imposition sur les bénéfices de 25 % à 36,1 % pour les plus grandes entreprises, propulsant la France à la première place dans l’OCDE au classement de l’imposition des bénéfices. Le rapport recommande de ne pas la prolonger. « Le constat des personnes auditionnées corrobore les études existantes : la plupart des dirigeants déclarent préférer des règles stables sur plusieurs années à des baisses d’impôts ponctuelles », affirme sans détour le rapport.

Un chiffre saisissant est ainsi cité : près de 20 % du Code général des impôts est réécrit chaque année et la loi de finances initiale comporte plus de 100 articles fiscaux chaque année, contre 30 à 40 avant 2019.

La mission d’information se montre encore plus critique avec les impôts de production, ces prélèvements qui s’appliquent avant même que l’entreprise réalise des bénéfices, et dont on ne retrouve pas d’équivalent aussi lourd chez nos voisins. C’est le cas de la CVAE, un impôt calculé sur la valeur ajoutée, et dont la disparition progressive a subi plusieurs contretemps ces dernières années. Elle doit s’éteindre en 2030. La mission recommande de maintenir le calendrier d’extinction. Le rapport encourage aussi à la disparition en 2028 de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés), une taxe sur le chiffre d’affaires affectée au financement de la Sécurité sociale. « Ces impôts nuisent à nos entreprises. Ce sont des nuisibles, il convient de les supprimer », a appelé ce jeudi Emmanuel Capus. « L’enjeu est de construire un système plus cohérent, moins pénalisant pour la production et l’investissement », ajoute-t-il.

« Nous ne négligeons pas le coût de ces mesures »

Au total, la suppression combinée de ces deux prélèvements constituerait un manque à gagner pour les finances publiques de 8,4 milliards d’euros. « Nous ne négligeons pas le coût de ces mesures », précise toutefois le rapporteur. Le rapport souligne que la suppression des impôts de production serait en réalité moins lourde, puisqu’elle entraînerait des effets favorables aux entreprises, et une amélioration du solde commercial, donc des rentrées fiscales atténuant la disparition de rendement de la CVAE ou de la C3S. Les recommandations sénatoriales intègrent également une diminution de la dépense publique comme compensation à cette baisse de la fiscalité sur les entreprises.

Un an après la retentissante commission d’enquête sur les aides publiques, lancée par le groupe communiste, ce rapport sur les prélèvements obligatoires sur les entreprises continue d’explorer la question. Dans une logique de simplification, Emmanuel Capus suggère de réduire les aides accordées, en contrepartie d’un allègement de la fiscalité, et en concentrant les aides maintenues sur les enjeux liés à la compétitivité ou la souveraineté. Il pousse également pour une simplification des démarches liées au crédit impôt recherche, afin d’intégrer davantage de PME et de très petites entreprises.

L’instabilité fiscale n’est pas le seul défaut épinglé dans le rapport. La mission s’inquiète également du niveau de « complexité administrative ». Études à l’appui, elle rappelle que le coût sur les entreprises est évalué à 3 % de PIB, soit environ 60 milliards d’euros par an, une charge qui pèse en proportion davantage sur les petites et moyennes entreprises.

Des propositions pour « favoriser la progression salariale et la montée en gamme des emplois »

Un chapitre a également été consacré aux prélèvements sur les salaires, dus par les employeurs. Voici deux ans que le sujet a pris de l’importance, avec la montée en charge de la problématique des « trappes à bas salaire » ou encore de la smicardisation de l’économie. A l’automne 2024, un célèbre rapport de deux économistes, Antoine Bozio et Antoine Wasmer, avait passé à la loupe la mécanique complexe des allègements généraux de cotisations, fruit d’une sédimentation de plusieurs réformes qui se sont empilées depuis les années 90.

Là encore, la mission sénatoriale formule quelques principes, pour « favoriser la progression salariale et la montée en gamme des emplois ». Elle recommande de rendre plus dégressive la diminution des allègements de cotisation, en les renforçant sur les salaires intermédiaires, et de mettre fin aux exonérations à partir d’un salaire équivalent à 3,5 Smic. Elle plaide en parallèle pour un maintien des exonérations sur les rémunérations proches du salaire minimum. Pour favoriser le recrutement de « profils de haut niveau », les sénateurs demandent à réintroduire un plafonnement des cotisations sociales. Là aussi, comme pour la fiscalité, le rapport propose de gager ces mesures par des réformes, de type TVA sociale, ou refonte des taux de CSG (contribution sociale généralisée).

Il est aussi fait mention de l’option d’une diminution des dépenses de la Sécurité sociale, en particulier au niveau d’une réforme des retraites, « pouvant inclure l’introduction progressive d’une part de capitalisation et l’allongement de la durée globale du travail au cours de la vie ».

Controverse entre le rapporteur et le groupe socialiste

Interrogé sur l’introduction des recommandations dans le débat parlementaire, le rapporteur n’a pas donné rendez-vous au prochain budget, qui s’annonce difficile. « Il s’agit d’une boîte à idées, pour l’ensemble des candidats et des débats que nous allons avoir dans l’année qui vient », a-t-il simplement indiqué.

Le rapport n’a toutefois pas fait l’unanimité au sein de la mission transpartisane. Le groupe socialiste a refusé de voter en faveur de la publication du rapport, ont annoncé Rémi Féraud et Viviane Artigalas dans un communiqué publié à la veille de la conférence de presse. « Il est impossible d’accepter l’instrumentalisation de ce rapport qui n’a en réalité qu’une finalité très idéologique à quelques mois de l’élection présidentielle », dénoncent les sénateurs du parti à la rose, regrettant « les lacunes et les biais du rapport ».

Ce jeudi, Emmanuel Capus a fait part de son incompréhension. « Je suis extrêmement étonné de ce communiqué de presse, paru avant la publication de ce rapport. Cela ne correspond du tout à nos travaux et à l’intervention de M. Féraud pendant notre réunion, hier ». Une position que partage le sénateur Martin Lévrier (Renaissance), qui présidait les débats. « Les propos de M. Féraud étaient beaucoup plus équilibrés et ne correspondaient pas au discours sur X. Il y a une recherche d’équilibre dans ce rapport, qui n’est pas un rapport politicien. »

 

03.09.2026 à 17:34

Romain David
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L’Organisation des Nations Unies alerte sur l’intensité du phénomène El Niño dans l’océan Pacifique. Cette perturbation climatique bien connue des météorologues s’annonce d’une ampleur record, et pourrait bousculer pendant plusieurs mois les niveaux de précipitations sur une large partie du globe. Comment se manifeste El Niño ? L’Europe est-elle menacée ? etc. Décryptage en cinq questions.
Texte intégral (1389 mots)

Un dérèglement hors-norme. Le phénomène météorologique El Niño, qui impacte la circulation des vents au niveau mondial et la distribution des pluies, devrait être d’une ampleur inédite cette année, alerte l’ONU ce jeudi 3 septembre. Il « pourrait être plus puissant que tout ce que nous avons observé depuis le début de nos relevés, au point de littéralement dépasser les limites des graphiques que nous utilisons depuis quatre décennies », a déclaré devant la presse à Genève Celeste Saulo, la secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). L’épisode, déjà installé, devrait connaître « son apogée » en fin d’année et se prolonger jusqu’en février de l’année prochaine. Son impact sur le climat européen reste toutefois plus limité par rapport à d’autres territoires.

Comment se forme El Niño ?

El Niño se produit de manière irrégulière, tous les deux à sept ans, et dure plusieurs mois. Sa dernière occurrence remonte aux années 2023-2024. Le phénomène se forme lorsque les alizés, des vents intertropicaux qui soufflent d’est en ouest, faiblissent, voire s’inversent. Dès lors, les eaux chaudes qui sont à la surface de l’océan Pacifique, d’ordinaire transportées vers l’Asie du Sud-Est et le nord de l’Australie, vont avoir tendance à se concentrer sur la partie ouest du bassin océanique, c’est-à-dire au large du Pérou.

Pourquoi appelle-t-on ce phénomène El Niño ?

D’après le site de Météo-France, ce bouleversement océanique et climatique doit son nom aux pêcheurs péruviens. Dès la fin du XIXe siècle, ils avaient remarqué que les eaux trop chaudes du Pacifique, certaines années, nuisaient à leur activité puisque les poissons ne trouvaient plus le plancton, prolifique dans les eaux froides, nécessaire à leur alimentation.

Le phénomène étant plus prégnant au mois de décembre, ils l’ont baptisé « le petit garçon », – « El Niño » en espagnol -, en référence à la période de Noël et à la naissance du Christ. Il faudra attendre les années 1960, et notamment les travaux du météorologue norvégien Jacob Bjerknes, pour comprendre que ce qui était perçu comme un phénomène local avait en réalité des répercussions bien plus larges.

À noter que le mécanisme inverse existe aussi, associé cette fois à un renforcement des alizés provoquant un refroidissement anormal des eaux du Pacifique. Il a été baptisé La Niña, « la petite fille ».

Quelles sont les conséquences climatiques d’El Niño ?

Les températures élevées du Pacifique provoquent des chutes de pluie importantes. Si bien que les années où El Niño sévit, les précipitations sont davantage concentrées sur le centre et l’ouest de l’océan Pacifique, plutôt que sur l’Asie du Sud-Est. Pour la côte ouest de l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et le sud des Etats-Unis, ce sont des années plus humides, parfois marquées par des inondations. Inversement, le nord de l’Australie et l’Indonésie peuvent connaître des épisodes de sécheresse.

Les territoires ultramarins de ces différentes régions sont en première ligne. La Guadeloupe, les Îles du Nord, la Guyane, la Réunion et la Martinique connaissent généralement des températures plus chaudes et des précipitations excédentaires. En revanche, la Nouvelle-Calédonie est plutôt menacée par un risque de sécheresse. En Polynésie, l’impact d’El Nino varie selon les archipels, parfois combiné à d’autres phénomènes locaux. Par exemple, il aurait tendance à favoriser la formation de cyclones dans la région des Marquises.

À quoi faut-il s’attendre pour la fin d’année et 2027 ?

L’intensité de El Niño se mesure en fonction de l’écart des températures mesurées en surface, dans les régions marines concernées, par rapport aux normales saisonnières. Ces températures étaient en augmentation de 1,5 °C entre mai et juillet 2026, et de 2,0 °C en juillet. Les relevés réalisés entre fin juillet et mi-août font désormais état d’un écart de 2,2 à 2,6 °C par rapport aux normales saisonnières, relève l’OMM. « Cet El Niño s’est solidement installé et va conserver une très forte intensité, quasi exceptionnelle. S’il maintient sa trajectoire, ce sera le phénomène El Niño le plus puissant depuis le début de nos relevés, il y a quarante ans », relève Celeste Saulo.

Effondrement des productions agricoles, mégafeux, perturbations de la mousson, inondations… Le panel des situations de crise qui peuvent être liées à El Niño est d’autant plus large dans un contexte de dérèglement climatique, déjà marqué par des phénomènes extrêmes. Toutefois, il est impossible d’anticiper leur manifestation sur une échelle de temps couvrant plusieurs mois. « Le mercure continue de grimper et nous nous trouvons dans une zone à hauts risques où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme », a commenté le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un communiqué.

Une étude publiée en août 2011 dans la revue Nature évoque une augmentation du risque de conflits armés dans les pays tropicaux déstabilisés par les événements climatiques liés à El Niño.

L’Europe et la France seront-elles impactées ?

El Niño « augmente les probabilités » d’observer des températures moyennes plus élevées à l’échelle mondiale, et donc d’avoir des années 2026 et 2027 globalement plus chaudes, souligne Météo-France. « Rappelons qu’en 2024, c’est l’influence d’El Niño, mais également de l’ensemble des bassins océaniques, qui avait contribué, en plus du réchauffement climatique, à atteindre des niveaux inédits de température depuis le début des mesures, dépassant le seuil symbolique de + 1,5 °C depuis la période pré-industrielle 1850-1900 », souligne le centre de prévision.

Une partie de la France est entrée mercredi dans un nouvel épisode caniculaire, après un été dantesque, déjà marqué par cinq vagues de chaleur dont au moins une d’une intensité inédite. Toutefois, cette séquence est davantage imputable au seul réchauffement climatique plutôt qu’à El Niño, dont les effets directs, au-delà des zones équatoriales et Pacifique, se font sentir en toute fin d’année chez nous, et de manière moins marquée.

Le phénomène ne permet pas non plus de présumer d’un hiver particulièrement rigoureux dans l’hémisphère nord, comme le prétendent les contenus alarmistes qui ont fleuri sur les réseaux sociaux ces derniers mois, arguant d’une déstabilisation du vortex polaire. « On ne va pas parler d’épisode glacial à ces horizons-là […] C’est parfaitement illusoire de vouloir anticiper sur ce type d’événements aussi longtemps à l’avance », rappelle auprès de TF1 Lauriane Batté, climatologue chez Météo-France.

En revanche, les effets qu’aura El Niño dans les territoires les plus exposés, notamment sur la pêche, les récoltes et l’industrie, sont susceptibles d’avoir des conséquences indirectes sur nos chaînes d’approvisionnement et nos économies.

03.09.2026 à 17:03

Steve Jourdin
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Ce jeudi, devant les députés espagnols, à l’occasion d’un discours consacré à la crise migratoire, Pedro Sanchez a tenté de désamorcer la crise politique qui guette son gouvernement. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mercredi à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles en solidarité avec Ceuta, le Premier ministre a défendu la gestion de son exécutif et tenté de reprendre la main sur un dossier devenu explosif à quelques mois des élections législatives.
Texte intégral (832 mots)

Il y avait urgence. Un mois après l’arrivée spectaculaire de plus de 70 000 migrants en deux jours dans l’enclave espagnole, la crise est loin d’être refermée. Si l’immense majorité d’entre eux sont depuis repartis au Maroc, plusieurs milliers se trouvent toujours à Ceuta. Madrid en dénombre environ 5 000 ; les autorités locales avancent un chiffre deux fois supérieur. Faute de capacités d’accueil suffisantes, certains dorment encore dans les rues ou sur les plages.

« Le contexte national espagnol est très compliqué. Pedro Sanchez a déjà traversé toute une série de crises », rappelle Carole Vinals, maîtresse de conférences en civilisation espagnole à l’Université de Lille. Mais cette fois, l’affaire dépasse largement les 18,5 km² de Ceuta.

 

Le Maroc, responsable mais pas coupable ?

Au cœur de la polémique, une question sensible : comment 70 000 personnes ont-elles pu franchir en quarante-huit heures l’une des frontières les plus surveillées entre l’Afrique et l’Europe ?

« Il n’y a pas de preuves » permettant d’affirmer que cette arrivée massive a été « conçue ou exécutée » par les autorités marocaines, a assuré ce jeudi Pedro Sanchez devant les parlementaires. S’il disposait de preuves « solides », son gouvernement agirait « avec toute la fermeté » nécessaire, a-t-il ajouté.

Une position déjà exprimée quelques jours plus tôt et qui suscite toujours autant d’interrogations. Un document attribué à la police espagnole et évoqué dans la presse fait en effet état du rôle d’agents marocains en civil et d’une « tolérance presque active » des autorités marocaines. La direction de la police espagnole a depuis démenti l’existence de ce rapport. Sans convaincre pour autant.

« Tout le monde est un peu sceptique, parce que ce sont quand même 70 000 personnes qui sont passées », observe Carole Vinals. Selon elle, l’attitude du chef du gouvernement répond d’abord à un impératif diplomatique : « Sanchez maintient sa ligne et veut éviter de partir dans une attaque frontale contre le Maroc. » Une prudence qui s’explique aussi par l’histoire récente des relations entre les deux pays. En 2021, l’accueil en Espagne, pour raisons médicales, de Brahim Ghali, le chef du Front Polisario qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, avait provoqué une grave crise avec Rabat. Quelques semaines plus tard, 8 000 personnes étaient entrées à Ceuta en 48 heures, profitant d’un relâchement des contrôles côté marocain.

 

309 millions d’euros pour Ceuta

Sur le terrain, la situation reste très tendue. Le gouvernement a adopté un plan d’urgence de 309 millions d’euros, soit l’équivalent de 16 % du PIB annuel de Ceuta. Plus de 3 400 places d’accueil supplémentaires ont également été ouvertes depuis le début de la crise.

Mais ces annonces ne suffisent pas à calmer la colère. Mercredi, des manifestations ont été organisées à Ceuta, Madrid et de nombreuses villes espagnoles. Dans l’enclave, des milliers de personnes ont défilé derrière des slogans réclamant l’expulsion des migrants encore présents.

Pour Carole Vinals, l’ampleur de la réaction est d’autant plus notable que Ceuta possède une longue tradition de coexistence entre communautés. « À Ceuta comme à Melilla, environ un tiers de la population est musulmane », rappelle la chercheuse, qui insiste sur l’ancienneté de cette cohabitation. L’arrivée de dizaines de milliers de personnes en quarante-huit heures a bouleversé cet équilibre et nourri un sentiment de perte de contrôle.

 

« Pour Vox, c’est du pain bénit »

La crise offre surtout à l’extrême droite un sujet particulièrement mobilisateur. « Pour Vox, cette affaire, c’est du pain bénit », résume Carole Vinals. Le calendrier électoral est dans toutes les têtes : les prochaines élections législatives doivent se tenir en 2027.

L’affaire est d’autant plus dangereuse pour le Premier ministre qu’elle commence à provoquer des remous jusque dans son propre camp, certains élus socialistes ayant décidé de soutenir les manifestations de mercredi. « Les gens veulent qu’on agisse », observe Carole Vinals. Et pour une partie de l’opinion, poursuit-elle, soutenir que « le Maroc n’a rien à faire là-dedans » devient difficilement audible au regard des circonstances dans lesquelles la frontière a été franchie.

Pedro Sanchez se retrouve donc face à une équation délicate : reconnaître les zones d’ombre entourant le comportement des forces marocaines, sans accuser directement Rabat, répondre à la colère des habitants de Ceuta, sans reprendre le discours de Vox. En Espagne, la campagne électorale a bel et bien débuté.

03.09.2026 à 14:45

Rédaction Public Sénat
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L'été 2026, marqué par des canicules, sécheresses et incendies géants, a été « le plus chaud » jamais enregistré en France, a annoncé ce jeudi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. « L'été 2026 restera dans l'histoire mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir de quelle manière il le restera », a souligné la ministre
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« Nous avons vécu l’été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900 », a-t-elle déclaré lors de la présentation du bilan climatique de l’été, qui pour les météorologues court de juin à août, au siège de Météo-France près de Paris.

Cette chaleur n’a pas épargné les voisins de la France : l’été 2026 a aussi été le plus chaud jamais enregistré au Royaume-Uni ainsi qu’en Belgique, selon les agences météorologiques locales.

La France a connu trois vagues de chaleur dont l’une, fin juin, a atteint un record d’intensité et une autre, de fin juillet au mois d’août, a égalé avec 23 jours le record de la plus longue vague jamais enregistrée en France, qui datait de 1983.

Le pays a subi pendant cette période des incendies extrêmes, comme celui qui a dévasté une partie de la Gironde. « Fin août, les feux de forêt avaient déjà brûlé six fois plus de surfaces par rapport à la moyenne des vingt dernières années », a souligné Monique Barbut.

« L’été 2026 restera dans l’histoire mais la question que nous devons nous poser à présent est de savoir de quelle manière il le restera », a souligné la ministre.

« Comme le premier d’une longue série qui continuera à battre des records. Ou comme un moment qui nous aura permis d’être à la hauteur des enjeux d’adaptation et d’atténuation », c’est-à-dire de baisse des émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle commenté.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu l’avait chargée fin juillet de lui présenter de nouvelles mesures pour « accélérer » la mise en œuvre du Plan national d’adaptation au changement climatique. Elle a promis jeudi des conclusions « d’ici la fin du mois de septembre », avec un plan de financement sur 5 ans.

« Nous n’aurons pas rénové toutes les écoles d’ici l’été prochain » mais « nous pouvons a minima y faire installer des volets et des brasseurs d’air », a indiqué Monique Barbut, reconnaissant « un certain nombre de situations auxquelles nous devrons porter plus d’attention ».

« De même, nous n’aurons pas diversifié les essences de toutes nos forêts d’ici à la prochaine canicule. Mais nous pouvons, d’ici là, imaginer des solutions rapides pour faciliter l’accès des pompiers », a ajouté la ministre, promettant des annonces sur ce sujet à la mi-septembre.

(Avec AFP)

03.09.2026 à 14:20

Emma Bador-Fritche
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S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.
Texte intégral (1263 mots)

Une réforme présentée comme le préalable à tout le reste. Bruno Retailleau ne veut pas attendre pour engager son projet. S’il accède à l’Élysée en 2027, il entend lancer immédiatement une révision de la Constitution, qu’il présente comme la « mère de toutes les batailles ». Dans un entretien accordé au Figaro, le président des Républicains affirme vouloir « renverser la table » et engager une « refondation profonde » des institutions. Son objectif est de restaurer, selon lui, l’esprit du régime instauré par le général de Gaulle, qu’il estime avoir été progressivement dénaturé. Le candidat LR veut ainsi faire de la réforme constitutionnelle le préalable aux autres transformations qu’il entend mener, notamment en matière d’immigration, de sécurité et de justice. Son calendrier est également précis, le projet serait présenté au Parlement dès le début de son éventuel mandat, avant d’être soumis directement aux Français par référendum à la rentrée 2027.

Un « pacte constitutionnel » en deux textes

Le projet de Bruno Retailleau repose sur deux textes complémentaires. Le premier serait une loi de révision constitutionnelle destinée à modifier le fonctionnement des institutions et à renforcer la souveraineté populaire. Le second serait une « Charte de l’ordre républicain », élaborée sur le modèle de la Charte de l’environnement, qui fait partie du bloc de constitutionnalité. Elle inscrirait directement dans la Constitution plusieurs orientations concernant notamment la sécurité, la laïcité, la nationalité et l’immigration. Cette architecture doit permettre, selon le candidat LR, de fixer dans la Constitution de nouveaux principes tout en donnant au législateur davantage de latitude pour appliquer les politiques correspondantes.

Élargir le recours au référendum

Le renforcement du référendum constitue l’un des principaux axes de la réforme. Bruno Retailleau veut modifier l’article 11 de la Constitution afin d’élargir les sujets pouvant être soumis directement au vote des Français. Il souhaite notamment que le référendum législatif puisse porter sur l’ensemble du domaine de la loi. Les électeurs pourraient ainsi être consultés sur des questions aujourd’hui au cœur des débats politiques, comme l’immigration, la sécurité, la justice, l’éducation ou certaines questions de société.

Le candidat veut également faciliter le recours au référendum d’initiative partagée (RIP). Le nombre de signatures nécessaires pour engager la procédure serait ramené à environ 2,5 millions, contre près de 5 millions actuellement. Pour Bruno Retailleau, cette évolution permettrait de lutter contre ce qu’il qualifie de « confiscation démocratique » et de redonner aux citoyens un rôle plus direct dans la décision politique.

Le peuple pourrait-il revenir sur une censure du Conseil constitutionnel ?

La proposition la plus sensible concerne le Conseil constitutionnel. Bruno Retailleau souhaite instaurer une nouvelle procédure permettant de répondre à la censure d’une loi votée par le Parlement. Lorsqu’une disposition serait déclarée contraire à la Constitution, le président de la République pourrait, selon son projet, redonner la parole aux Français. Le mécanisme pourrait prendre deux formes, un référendum ou la réunion du Parlement en Congrès. Le candidat résume cette idée par la formule : permettre au peuple de « censurer la censure ».

Une telle réforme modifierait profondément l’équilibre actuel entre le pouvoir politique et le juge constitutionnel. Elle permettrait, dans certaines circonstances, de remettre en discussion une disposition censurée par le Conseil constitutionnel en faisant intervenir directement les électeurs ou les parlementaires réunis en Congrès. Bruno Retailleau cite notamment comme exemple certaines dispositions de la loi immigration adoptée par le Parlement puis censurées par le Conseil constitutionnel. Selon lui, un tel mécanisme aurait permis de soumettre ces dispositions à une nouvelle décision politique.

Un « bouclier constitutionnel » face au droit européen

Bruno Retailleau veut aussi instaurer un « bouclier constitutionnel » afin de permettre, dans certaines situations, au droit français de primer sur le droit européen. Il souhaite ainsi protéger les lois françaises contre ce qu’il considère comme des interprétations excessives des juridictions européennes et internationales. Cette proposition vise notamment les domaines de l’immigration et de la sécurité, dans lesquels le candidat estime que les décisions des juridictions européennes ou internationales peuvent limiter la capacité du Parlement à légiférer.

Une telle évolution ouvrirait toutefois un débat juridique et politique majeur sur les rapports entre la Constitution française, le droit de l’Union européenne et les engagements internationaux de la France.

Une Charte consacrée à la sécurité et à l’immigration

Le deuxième texte du « pacte constitutionnel » porterait plus directement sur les politiques défendues par Bruno Retailleau. La future Charte de l’ordre républicain pourrait inscrire dans la Constitution des dispositions relatives aux peines minimales pour certains crimes et délits graves, au renforcement de la sécurité dans les établissements pénitentiaires ou encore à la rétention de sûreté pour certaines personnes considérées comme dangereuses après l’exécution de leur peine. Le texte renforcerait également les règles concernant la laïcité, la nationalité et l’immigration.

Le chef des Républicains souhaite principalement renforcer la condition d’assimilation pour l’accès à la nationalité, instaurer des plafonds migratoires et faciliter l’éloignement de certains étrangers condamnés ou considérés comme représentant une menace grave.

Une refonte profonde de l’équilibre institutionnel

Au-delà des mesures annoncées, le projet de Bruno Retailleau vise à modifier en profondeur les rapports entre les citoyens, le Parlement, le président de la République et les juridictions. Sa philosophie repose sur une idée centrale, les grandes orientations politiques doivent pouvoir être tranchées par les Français ou par leurs représentants élus, y compris lorsqu’elles se heurtent à une décision du Conseil constitutionnel ou à certaines interprétations du droit européen et international.

Le projet soulève donc des questions institutionnelles et juridiques importantes. Sa mise en œuvre nécessiterait de respecter les procédures prévues par la Constitution pour modifier celle-ci et pourrait donner lieu à d’importants débats sur la séparation des pouvoirs, l’État de droit et les engagements européens et internationaux de la France.

Pour Bruno Retailleau, cette bataille institutionnelle constitue néanmoins le préalable à tout le reste de son programme. S’il accède à l’Élysée, il entend faire de cette réforme la première étape de son quinquennat, avec une ambition affichée, redonner à l’État les moyens d’agir et permettre aux Français d’avoir, selon sa formule, « le dernier mot ».

02.09.2026 à 18:41

François Vignal
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Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…
Texte intégral (1932 mots)

Il y a débat. Ceux qui suivent un peu les socialistes le savent : ils adorent débattre. Même sur le nombre de débats entre candidats pour la primaire PS/Place Publique/GRS (Gauche républicaine et socialiste). Ce débat sur le débat, qui pourrait ressembler au début d’une blague, occupe très sérieusement les écuries des prétendants. Mais l’enjeu est autant politique que stratégique.

L’équation est la suivante : du côté de Raphaël Glucksmann, qui a accepté de se fondre dans le processus de primaire, moyennant un droit de participation de 15 euros pour les électeurs, on ne veut qu’un seul débat. Celui qui serait organisé en exclusivité par le service public (France Télévisions et France Inter). Mais de l’autre côté, c’est-à-dire tous les autres candidats, le premier secrétaire du PS Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Philippe Brun, on veut profiter du maximum d’exposition possible, en répondant favorablement aux propositions de TF1 et de BFM. Soit un total de trois débats.

« Quand on est de gauche, on débat sur le service public » défendent les soutiens du candidat Place Publique

Pour l’équipe de campagne de Raphaël Glucksmann, entouré maintenant de socialistes qui connaissent bien l’appareil, la justification est la nécessité de défendre le service public. « Le service public demande l’exclusivité des débats de notre primaire. Quand on est de gauche, on débat sur le service public. Surtout par les temps qui courent, où il est menacé de toutes parts », avance auprès de L’Opinion le sénateur PS Alexandre Ouizille, chargé maintenant de la communication du candidat de Place Publique. « Nous répondons donc favorablement à l’invitation de France 2, début octobre », ajoute ce proche du patron des députés PS, Boris Vallaud. Le débat pourrait s’organiser le 6 octobre, soit trois jours avant le vote.

Apprenant le « refus » de Raphaël Glucksmann, le député Philippe Brun, prêt à participer aux autres débats sans lui, n’a pas apprécié la nouvelle. « Et je sais que mes camarades Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj n’auront, eux, pas peur d’un débat apaisé et respectueux ! » lance-t-il sur X. « Mentir, c’est pas bien quand on est candidat » lui a rétorqué l’ex-sénateur PS David Assouline, conseiller spécial du candidat pour la campagne.

Rémi Cardon « choqué qu’on arrive à faire un débat sur le fait qu’il faille, ou non, faire plusieurs débats »

Du côté des soutiens d’Olivier Faure, ce blocage passe tout aussi mal. « On ne peut pas dire qu’il faut que cette primaire soit attractive, qu’il faut une dynamique et en même temps, refuser les débats. Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement. Certains prônent la gauche démocratique, faudrait juste qu’ils assument les débats sur les chaînes télé… » lance le sénateur PS de la Somme, Rémi Cardon, « choqué qu’on arrive aujourd’hui à faire un débat sur le fait qu’il faille, ou non, faire plusieurs débats ». Il s’étonne aussi que le débat, prévu le 6 octobre, arrive au lendemain de la date limite pour s’inscrire à la primaire en tant qu’électeur.

Pour ce soutien d’Olivier Faure, l’argument de la défense du service public ne tient pas. « C’est pour ça que Raphaël Glucksmann a fait sa déclaration de candidature sur TF1… » ironise Rémi Cardon, qui ajoute : « Ça veut dire que tous ceux qui soutiennent Glucksmann, même les porte-parole, vont maintenant arrêter de débattre hors du service public ». Pour Rémi Cardon, « on cherche les fausses excuses ».

Mais lesquelles ? « Certains, qui ne l’aiment pas, pensent que Raphaël Glucksmann veut éviter les débats, car il ne se sent peut-être pas à l’aise. Mais ça m’étonnerait. Ceux qui l’aiment diront qu’il veut solenniser les débats », avance un bon connaisseur du PS, qui préfère prendre de la hauteur sur la primaire.

« Cette attitude démontre une très grande fébrilité de la part de Raphaël Glucksmann et de son équipe »

Reste que ne faire qu’un seul débat pourrait être une stratégie qui fait sens pour le candidat Place publique. En évitant de trop s’exposer, il empêcherait des challengers de prendre la lumière et éviterait aussi de prendre trop de coups et de perdre des points, alors qu’il reste favori des sondages de cette gauche sociale-démocrate. « Il ne gagnera ni la présidentielle, ni la primaire sur tapis vert. Il ne peut pas avoir peur des débats et des gens, sinon ça ne marchera pas pour lui », prévient, sous couvert d’anonymat, un soutien d’Olivier Faure. Il continue : « En réalité, cette attitude démontre une très grande fébrilité de sa part et de son équipe. Ce qui est peu surprenant puisqu’il a choisi la même équipe proche que celle d’Anne Hidalgo », dégomme ce fidèle d’Olivier Faure, qui lance un carton jaune pour antijeu.

« Il pensait enjamber la primaire. Il voit qu’il va devoir jouer le match. Mais si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur de jouer les barrages. Sinon, c’est qu’il n’est pas prêt pour la finale », lance encore ce membre du Parti socialiste, qui compte quelques amateurs de ballon rond. Le même de filer la métaphore : « Tu vois France – Espagne ? C’est pareil. Quand tu ne joues pas le match, tu perds 2-0 ». A bon entendeur…

« Ces sous-débats-là, sur le prix pour participer ou sur le nombre de débats, brouillent l’image de Raphaël Glucksmann », met en garde le sénateur Place Publique Bernard Jomier

Du côté de Place Publique, l’un de ses membres ne cache pas être fatigué de ce genre de psychodrame. C’est le sénateur Bernard Jomier. Celui qui n’a pas sa langue dans sa proche – en mai dernier, il défendait sur publicsenat.fr la nécessité d’une primaire contre l’avis de son parti – met aujourd’hui en garde et vise les membres du PS, y compris, de manière à peine voilée, les nouveaux amis socialistes de Raphaël Glucksmann.

« Il faut faire attention à ne pas se faire marquer comme un candidat qui a peur des débats et de l’ouverture. Alors que Raphaël Glucksmann est sur une ligne politique très ouverte. Ces sous-débats-là, sur le prix pour participer ou sur le nombre de débats, brouillent son image. Il faut faire attention à ça », affirme Bernard Jomier, qui soutient que Raphaël Glucksmann « n’a pas peur du débat et de la confrontation. Ce sont les calculs des uns et des autres qui amènent à porter ces débats au premier plan. Ce n’est juste pas à la hauteur ».

« Tout ça témoigne d’un défaitisme du côté des socialistes, donc étripons-nous en public joyeusement ! »

Le sénateur Place Publique de Paris a son explication à ces tensions. « Les socialistes jouent la présidentielle perdante. Dans ce cas, peu importent les débats de la primaire. Ce qui compte, c’est prendre des parts de marché politique. Quand on joue gagnant, on ne s’épuise pas dans ce genre de débat. Tout ça témoigne d’un défaitisme du côté des socialistes, donc étripons-nous en public joyeusement ! Il faut qu’ils se calment et reviennent à la raison et cessent d’instrumentaliser ces débats, en pensant que Raphaël a peur du débat. Tout ça est faux », lance Bernard Jomier. Sa crainte : « Ça va dégoûter encore plus tout le monde », alors que « c’est la cuisine interne d’un parti politique ». « J’appelle à cesser cette instrumentalisation de ces questions légitimes », demande l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo.

Plutôt que fermer, il faudrait donc ouvrir. Un cacique socialiste pense aussi que l’intérêt de la primaire est d’attirer le plus de monde. « L’objectif n’est pas de parler à nous-même. C’est de parler aux Français. Je n’oublie pas qu’il y a 100.000 socialistes qui ont quitté le PS en 10 ans. Il faut parler déjà à ceux-là », avance ce socialiste.

« Au final, je pense que Raphaël Glucksmann n’aura pas d’autre choix que de venir »

Reste à voir comment les choses vont atterrir. Pour l’heure, chaque équipe a fait entendre à l’autre son point de vue. « Les candidats ont leurs représentants. Que tout le monde se mette d’accord sur ce qui semblera acceptable pour tout le monde. Je souhaite une synthèse. Entre ceux qui veulent trois débats et ceux qui n’en veulent qu’un, est-ce que ça finira à deux ? » s’interroge un parlementaire PS. « Au final, je pense que Raphaël Glucksmann n’aura pas d’autre choix que de venir », avance un sénateur PS.

Bernard Jomier pense, lui, qu’« il n’y aura pas un seul débat à l’arrivée. Mais ça doit se discuter. On va arriver à un accord », croit le sénateur Place Publique, « sûr que ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats ».

« Ce n’est pas un congrès du PS, avec les TO, c’est une primaire qui associe trois partis et des candidats »

Mais attention, un débat peut en cacher un autre dans cette primaire. Car si les différentes écuries arrivent à s’entendre sur les débats télé, la question de la personnalité devant présider la commission d’organisation de la dite primaire ne fait pas non plus consensus.

La direction du PS a proposé le nom de Rachid Temal, sénateur PS du Val-d’Oise, qui avait occupé le poste de premier secrétaire par intérim et qui avait coprésidé l’organisation de la primaire de 2017. Mais le nom de celui qui apprécie par ailleurs François Hollande passerait mal du côté du camp Glucksmann, qui proposerait celui de Patrick Mennucci, figure connue du PS. Un nouveau couac, qui hérisse un parlementaire socialiste : « Ce n’est pas un congrès du PS, avec les TO, les textes d’orientation. C’est une primaire qui associe trois partis et des candidats, qui doivent décider de ces questions-là. C’est aux candidats de trancher », s’agace ce socialiste. Raphaël Glucksmann ne va pas regretter d’être venu…

01.09.2026 à 01:07

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Texte intégral (1932 mots)

01.09.2026 à 01:07

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01.09.2026 à 01:07

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01.09.2026 à 01:07

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C’est un tournant historique pour l’Allemagne : depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais un parti d’extrême-droite n’avait eu un si bon résultat dans les urnes. L’AfD est sorti victorieuse des élections régionales de Saxe - Anhalt ce dimanche 6 septembre et a infligé une défaite importante aux partis traditionnels allemands. Dans cette nouvelle émission, Sens Public revient sur ce séisme politique. Quel avenir attend la région de Saxe - Anhalt ? L’AfD a-t-elle la capacité de remporter d’autres élections régionales ? Quelles sont ses relations avec l’extrême-droite française ? On en débat avec Elisa GOUDIN, professeure d’études germaniques à la Sorbonne-Nouvelle et autrice de “La RDA après la RDA” (Nouveau monde), Nicolas OFFENSTADT, Historien, professeur des universités à Paris I-Panthéon-Sorbonne et auteur de “Histoire globale de la RDA” (Tallandier), ainsi que Matthias KRUPA, correspondant pour Die Zeit à Paris.
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C’est un tournant historique pour l’Allemagne : depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais un parti d’extrême-droite n’avait eu un si bon résultat dans les urnes. L’AfD est sorti victorieuse des élections régionales de Saxe - Anhalt ce dimanche 6 septembre et a infligé une défaite importante aux partis traditionnels allemands. Dans cette nouvelle émission, Sens Public revient sur ce séisme politique. Quel avenir attend la région de Saxe - Anhalt ? L’AfD a-t-elle la capacité de remporter d’autres élections régionales ? Quelles sont ses relations avec l’extrême-droite française ? On en débat avec Elisa GOUDIN, professeure d’études germaniques à la Sorbonne-Nouvelle et autrice de “La RDA après la RDA” (Nouveau monde), Nicolas OFFENSTADT, Historien, professeur des universités à Paris I-Panthéon-Sorbonne et auteur de “Histoire globale de la RDA” (Tallandier), ainsi que Matthias KRUPA, correspondant pour Die Zeit à Paris.

31.08.2026 à 19:57

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31.08.2026 à 19:55

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31.08.2026 à 19:55

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31.08.2026 à 13:55

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Revenus en 2021 après 20 ans d’absence, les Talibans sont toujours au pouvoir en Afghanistan en 2026. Durant ces cinq années, ce sont surement les femmes du pays qui ont subi le plus d’attaques sur leurs droits, au point de voir leur liberté d’action quasiment disparaitre. Cet été, la journaliste du Monde Annick Cojean s’est rendue en Afghanistan pour recueillir le témoignage de ces femmes qu’on n’écoute plus. Après avoir publié six articles pour raconter leurs histoires, elle est aujourd’hui sur le plateau de l’émission pour en parler. Sens Public en profite pour s’interroger sur une situation qui semble être peu à peu oubliée par la scène internationale. Quels droits reste-t-il aux femmes afghanes ? Y-a-t-il une résistance organisée au sein même du pays ? Comment continuer à donner aux jeunes filles un accès à l’éducation ? On en débat avec : Mathilde PHILIP, Professeure de droit public, Experte sur les crimes internationaux, Hamida AMAN, Fondatrice et directrice de Begum Organization for Women et Annick COJEAN, Grand reporter au Monde
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Revenus en 2021 après 20 ans d’absence, les Talibans sont toujours au pouvoir en Afghanistan en 2026. Durant ces cinq années, ce sont surement les femmes du pays qui ont subi le plus d’attaques sur leurs droits, au point de voir leur liberté d’action quasiment disparaitre. Cet été, la journaliste du Monde Annick Cojean s’est rendue en Afghanistan pour recueillir le témoignage de ces femmes qu’on n’écoute plus. Après avoir publié six articles pour raconter leurs histoires, elle est aujourd’hui sur le plateau de l’émission pour en parler. Sens Public en profite pour s’interroger sur une situation qui semble être peu à peu oubliée par la scène internationale. Quels droits reste-t-il aux femmes afghanes ? Y-a-t-il une résistance organisée au sein même du pays ? Comment continuer à donner aux jeunes filles un accès à l’éducation ? On en débat avec : Mathilde PHILIP, Professeure de droit public, Experte sur les crimes internationaux, Hamida AMAN, Fondatrice et directrice de Begum Organization for Women et Annick COJEAN, Grand reporter au Monde

31.08.2026 à 13:55

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C’est l’un des sujets qui nourrit le plus de débats, particulièrement à l’approche de l’élection présidentielle : que faire de la dette française ? Jean-Luc Mélenchon a remis la question au cœur de la campagne en proposant tour à tour de la mettre au feu ou au frigo, mais qu’en est-il vraiment ? Dans cette nouvelle émission, Sens Public s’interroge : la proposition du leader insoumis est-elle vraiment réalisable ? Comment réagiraient nos voisins européens ? Les alternatives des autres candidats sont-elles plus crédibles ? On en débat avec : Alexandre OUIZILLE, Sénateur PS de l'Oise et enseignant en économie, Anne-Sophie ALSIF, cheffe économiste de BDO France et enseignante en économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, et Benjamin LEMOINE, directeur de recherches en sciences politiques au CNRS et membre du conseil scientifique de l’Institut La Boétie.
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C’est l’un des sujets qui nourrit le plus de débats, particulièrement à l’approche de l’élection présidentielle : que faire de la dette française ? Jean-Luc Mélenchon a remis la question au cœur de la campagne en proposant tour à tour de la mettre au feu ou au frigo, mais qu’en est-il vraiment ? Dans cette nouvelle émission, Sens Public s’interroge : la proposition du leader insoumis est-elle vraiment réalisable ? Comment réagiraient nos voisins européens ? Les alternatives des autres candidats sont-elles plus crédibles ? On en débat avec : Alexandre OUIZILLE, Sénateur PS de l'Oise et enseignant en économie, Anne-Sophie ALSIF, cheffe économiste de BDO France et enseignante en économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, et Benjamin LEMOINE, directeur de recherches en sciences politiques au CNRS et membre du conseil scientifique de l’Institut La Boétie.

31.08.2026 à 13:55

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L’été 2026 a été marqué par plusieurs attaques sur les services de l’Etat. Après l’éducation nationale et les finances publiques, c’est le ministère du logement qui a été ciblé ce lundi 31 août pour un résultat final de plusieurs millions de données volées. Plusieurs questions se posent d’elles-mêmes : pourquoi l’administration française est-elle aussi vulnérable ? A quoi pourraient servir ces données volées ? Quelles sont les solutions à prendre pour mieux les protéger ? On en débat avec Nicolas ARPAGIAN, Directeur de la stratégie de Jizô AI et spécialiste de l’observabilité des réseaux, Jérôme CLECH, Chercheur associé au Technology and Global Affairs Innovation Hub de Sciences Po et Nathalie GOULET, Sénatrice centriste de l'Orne et Membre de la commission des finances.
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L’été 2026 a été marqué par plusieurs attaques sur les services de l’Etat. Après l’éducation nationale et les finances publiques, c’est le ministère du logement qui a été ciblé ce lundi 31 août pour un résultat final de plusieurs millions de données volées. Plusieurs questions se posent d’elles-mêmes : pourquoi l’administration française est-elle aussi vulnérable ? A quoi pourraient servir ces données volées ? Quelles sont les solutions à prendre pour mieux les protéger ? On en débat avec Nicolas ARPAGIAN, Directeur de la stratégie de Jizô AI et spécialiste de l’observabilité des réseaux, Jérôme CLECH, Chercheur associé au Technology and Global Affairs Innovation Hub de Sciences Po et Nathalie GOULET, Sénatrice centriste de l'Orne et Membre de la commission des finances.

31.08.2026 à 09:55

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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.
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"Le Grand jury RTL - Public Sénat" est une émission politique majeure proposée en direct sur Public Sénat, et en simultané sur RTL. Ce grand rendez-vous politique du dimanche est présenté par Olivier Bost, chef du service politique de RTL et Perrine Tarneaud de Public Sénat.

31.08.2026 à 09:50

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On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques. Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.
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On connait leur visage, leur analyse, leur voix, mais les connait-on vraiment ? Quel a été leur parcours, leur formation, quelles épreuves ont-ils du dépasser pour exercer leur magistère ? Quelles sont leurs sources d'inspiration, leur jardin secret ? Une fois par semaine, Rebecca Fitoussi reçoit sur son plateau des personnalités pour un échange approfondi, explorer leur monde et mieux apprécier le regard qu'ils et qu'elles portent sur notre société. Ils, elles, sont artistes, scientifiques, historiens, universitaires, chefs de restaurants, photographes, ou encore politiques. Une collection de grands entretiens inspirante dans un monde en manque de repères et de modèles.

31.08.2026 à 09:35

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Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde. Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.
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Interroger nos sociétés, ses fractures, ses espoirs... Chaque samedi après la diffusion d'un documentaire, Rebecca Fitoussi, entourée de spécialistes, grands témoins et politiques, ouvre le débat dans l'émission "un monde en doc". Une demi-heure d'approfondissement et d'échanges utiles pour décrypter le monde. Nouveauté cette saison, en amont de la diffusion de l'émission, Rebecca Fitoussi invitera sur les réseaux sociaux, les téléspectateurs à poser leur question et participer au débat.

31.08.2026 à 09:05

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"Sens Public", l'actualité politique, en France ou à l'international, en débat. Nos invités - experts, observateurs et acteurs du monde politique - décryptent, échangent et confrontent leurs idées sur les sujets d'actualité et les grandes questions qui animent notre société. En direct durant l'émission, sur notre site et/ou via votre écran, scannez le QR-code indiqué pour participer à l'émission. Vous pouvez poser toutes vos questions en vidéo, en audio, ou par écrit. Présentée par Thomas Hugues, "Sens Public" est l'émission qui donne du sens et permet de comprendre les grands enjeux de l'actualité.
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31.08.2026 à 09:04

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