12.06.2026 à 17:49

12.06.2026 à 16:00

Au Ghana, aux États-Unis ou en Turquie, les droits des personnes LGBTQI+ sont attaqués. Ces offensives sont d'autant plus visibles en ce mois où les marches des fiertés, ou prides, ont lieu aux quatre coins du monde.
Juin est le mois des fiertés, une période symbolique où « les communautés LGBTQI+ défilent pour dénoncer la discrimination et célébrer leur identité au cours du mois qui a vu naître le mouvement moderne de libération gay aux États-Unis, à la suite des émeutes de 1969 au (…)
Au Ghana, aux États-Unis ou en Turquie, les droits des personnes LGBTQI+ sont attaqués. Ces offensives sont d'autant plus visibles en ce mois où les marches des fiertés, ou prides, ont lieu aux quatre coins du monde.
Juin est le mois des fiertés, une période symbolique où « les communautés LGBTQI+ défilent pour dénoncer la discrimination et célébrer leur identité au cours du mois qui a vu naître le mouvement moderne de libération gay aux États-Unis, à la suite des émeutes de 1969 au Stonewall Inn de New York », rappelle The Guardian.
Ce mois de juin 2026 a commencé par une sombre nouvelle, venue du Ghana : le Parlement du pays a voté une loi qui, derrière une façade de « défense des valeurs familiales », vise à criminaliser l'existence même des personnes LGBTQI+. « Selon ses détracteurs, cette loi pourrait aggraver les discriminations, menacer la liberté d'expression et d'association, et exposer les personnes soupçonnées d'appartenir à la communauté LGBTQI+ ainsi que les militants à des abus et au harcèlement », décrit The Fourth Estate.
La communauté, elle, craint des conséquences terribles si le président ghanéen John Dramani Mahama promulgue cette loi. La peur « de perdre leur logement, leur emploi et leur accès aux soins de santé », décrite par The Guardian, s'ajoute à de possibles peines de prison de trois à dix ans pour toute personne considérée homosexuelle, bisexuelle, trans ou queer. Le tout, dans un contexte où « les lois anti-LGBTQ+ se multiplient en Afrique de l'Ouest », rappelle le journal britannique. Des lois similaires ont été votées au Sénégal ou au Burkina Faso.
En Turquie aussi : « Au cours de ce mois de la Fierté, une série de projets de loi visant à criminaliser les manifestations LGBT et à restreindre les transitions de genre devrait être présentée au Parlement turc », relate Turkey Recap. Les prides organisées à travers la Turquie, cette année comme les précédentes, « devraient être marquées par une présence policière importante et de nombreux blocages policiers ». Car les marches des fiertés sont officiellement bannies du pays depuis 2015.
La répression contre les personnes LGBTQI+ s'accentue aussi au quotidien en Turquie. En témoigne l'histoire d'Arjin, militante trans, emmenée au poste de police en pleine nuit, « bien qu'aucun mandat n'ait été émis à son encontre », précise Bianet. La raison ? « Avoir accroché un drapeau » arc-en-ciel, explique le média turc.
Aux États-Unis, certaines villes ont annulé les marches des fiertés. « Les organisateurs de plusieurs villes à travers le pays affirment avoir été contraints d'annuler les célébrations historiques de la pride ce mois-ci, rapporte TruthOut. Des associations, notamment de Tampa (en Floride), Arlington (au Texas) et Tucson (en Arizona), ont invoqué un climat politique qui rendait le soutien aux événements LGBTQ+ pratiquement impossible, tant sur le plan politique que financier, et la participation à ces marches potentiellement dangereuse. »
Même lorsque les prides ont lieu, cela ne signifie pas que tout est gagné. La ville de Chiang Mai, en Thaïlande, a accueilli l'une des premières marches des fiertés de l'année. « Si cet événement a célébré l'adoption historique de la loi thaïlandaise sur le mariage entre personnes de même sexe, les organisateurs ont souligné que la lutte pour une véritable égalité était loin d'être terminée », souligne DVB.
Au-delà des revendications nécessaires et urgentes, un tel rassemblement permet aussi aux personnes de se sentir entourées, d'être visibilisées et soutenues. Cette marche a « servi de refuge et de tribune aux groupes de la diaspora de la région, les membres de la communauté LGBTQ+ du Myanmar ayant participé activement au défilé », ajoute le média.
Le choix de la fierté comme émotion représentant ce mois n'est pas un hasard. Il est hautement symbolique. « La fierté est avant tout une émotion sociale. Elle est liée au statut, à la confiance en soi et au pouvoir. C'est pourquoi, pour la communauté LGBTQIA+, la fierté collective est considérée comme l'émotion principale qui alimente l'unité et le sentiment d'appartenance, explique la chercheuse Melissa Black dans The Conversation. La fierté, tout comme la honte qui lui est diamétralement opposée, ne peut être réprimée. »
12.06.2026 à 13:28
