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La fortune des milliardaires a atteint un record en 2025, « sapant la liberté politique » et alimentant les inégalités, dénonce lundi l'ONG Oxfam, pointant la politique de Donald Trump avant le coup d'envoi à Davos de la réunion annuelle des riches et puissants.
Le président américain est attendu mercredi à la réunion organisée cette semaine dans la station des Alpes suisses par le Forum économique mondial (WEF).
Les 12 milliardaires les plus riches « possèdent plus de richesses que la moitié la plus pauvre de l'humanité », environ quatre milliards de personnes, dénonce Oxfam dans son rapport sur les inégalités, qui dresse d'année en année le constat d'une hausse de la fortune des super-riches.
L'an dernier, le monde comptait pour la première fois plus de 3.000 milliardaires, qui cumulaient une fortune de 18.300 milliards de dollars, a calculé l'ONG. La valeur de leur patrimoine s'est accrue de 16,2%, trois fois plus vite que durant les cinq années précédentes, alors que la réduction de la pauvreté ralentit depuis la pandémie en 2020.
Politique fiscale arrangeante, étouffement des voix dissidentes... Cette accumulation des richesses permet aux ultra-riches de s'assurer un accès aux institutions et de racheter des médias, « sapant la liberté politique et érodant les droits du plus grand nombre », déplore Oxfam.
L'ONG estime que les ultra-riches « ont plus de 4.000 fois plus de chances d'occuper un poste politique » que les citoyens ordinaires. Elle cite notamment les Etats-Unis, première puissance mondiale où le gouvernement de Donald Trump compte plusieurs milliardaires.
A Davos dimanche, le président américain apparaissait sur de nombreuses pancartes lors d'un rassemblement organisé par la Jeunesse socialiste suisse sous la devise « No WEF - Stop Trump », mais aussi par exemple sur une banderole accrochée au balcon d'une maison : « Trump Nazi. Va te faire foutre ! »
Certains des 300 manifestants portaient des masques dont ceux du milliardaire Elon Musk, du chancelier allemand Friedrich Merz ou du vice-président américain JD Vance, tenant à la main de grands billets d'euros découpés dans du carton.
Le WEF « est l’endroit où les personnes les plus puissantes et les plus riches du monde se retrouvent pour discuter de notre avenir, prendre des décisions à son sujet, par exemple sur l'économie ou le climat qui affecte tout le monde, et elles le font sans aucune légitimité démocratique », a dénoncé Nathalie Ruoss, vice-présidente de la Jeunesse socialiste, présente au rassemblement.
Elle a jugé auprès de l'AFP « inacceptable (...) d’accueillir des fascistes comme Donald Trump, car cela contribue aussi à légitimer leurs actions ».
Samedi, plusieurs centaines de manifestants s'étaient déjà élancés sur les routes pour rejoindre à pied Davos depuis une autre commune de la région. Seulement une partie des marcheurs ont été autorisés par les autorités à rejoindre le rassemblement de dimanche. Ils ont auparavant bloqué le trafic en direction de la station de ski pendant environ une heure et demie en milieu de journée, a constaté une journaliste de l'AFP.
« Les inégalités économiques et politiques peuvent accélérer l'érosion des droits et de la sécurité des personnes à une rapidité effrayante », dénonce dans le rapport d'Oxfam son directeur général Amitabh Behar, parlant de cercle vicieux.
A l'approche des élections américaines de mi-mandat en novembre, des réductions massives d'impôts sont prévues pour les entreprises et les ménages, tandis que les multinationales américaines ont obtenu d'être exemptées du taux minimal de taxation de 15% prévu par un accord international.
« Les mesures prises sous la présidence Trump (...) ont profité aux plus riches à travers le monde », souligne Oxfam, qui appelle à limiter le pouvoir des ultra-riches en les taxant « véritablement » et en leur interdisant de financer des campagnes politiques.
Dénonçant la « pression » à la dérégulation technologique par l'administration Trump et sa politique douanière « irrationnelle », Christy Hoffman, secrétaire générale de la fédération syndicale internationale UNI Global Union, plaide également auprès de l'AFP pour une taxation plus redistributive, de meilleurs programmes sociaux et services publics.
Mais elle appelle aussi à « renforcer la structure du marché du travail, pour permettre aux travailleurs d'avoir voix au chapitre ».
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLes autorités chiliennes ont relevé dimanche le bilan des incendies qui ravagent le sud du pays, à 19 morts, et ont décrété un couvre-feu nocturne dans les localités les plus touchées.
Les feux, attisés par de fortes températures et des vents violents, se sont déclarés samedi dans les régions de Ñuble et du Biobio, à environ 500 km au sud de la capitale, Santiago.
« Le nombre total des personnes décédées à ce jour est de 19 », a déclaré le ministre de la Sécurité Luis Cordero, expliquant que 18 d'entre elles provenaient de la région de Biobio et la victime restante de la région de Ñuble.
Plus tôt, en réévaluant le bilan à 18 morts, le président Gabriel Boric avait dit avoir « la certitude que ce chiffre (allait) augmenter », depuis la ville de Concepcion où il s'est rendu pour diriger les opérations.
Selon les autorités, quelque 300 habitations ont pour l'heure été détruites. « Mais ce chiffre est largement sous-estimé, il y en aura à coup sûr plus de 1.000 », a affirmé le chef de l'Etat.
Gabriel Boric a décrété un couvre-feu nocturne dans les localités les plus touchées de la région du Biobio, notamment Lirquén et Penco, où « les conditions sont très défavorables ».
Dans les deux localités, de nombreuses maisons étaient ravagées par les flammes, ont constaté des journalistes de l'AFP.
« A deux heures et demie du matin, le feu était hors de contrôle. Il y avait un tourbillon qui a englouti les maisons du quartier en contrebas », a raconté Matias Cid, un étudiant de Penco de 25 ans.
La progression des flammes a été si rapide que « nous avons dû fuir avec seulement les vêtements que nous portions. Je pense que si nous étions restés 20 minutes de plus, nous serions morts brûlés », a-t-il ajouté.
Le maire de Penco, Rodrigo Vera, a déclaré à la presse que 14 personnes étaient mortes dans cette seule localité.
Dans la localité voisine de Lirquén, petite ville portuaire de 20.000 habitants, le paysage était tout aussi désolé.
L'incendie a progressé « en quelques secondes et a brûlé plusieurs quartiers », a raconté à l'AFP Alejandro Arredondo, un habitant de 57 ans. De nombreuses personnes « ont échappé aux flammes en fuyant vers la plage », a-t-il ajouté devant des tôles, des poutres et des vestiges de béton encore fumants.
Les conditions météorologiques sont « très difficiles » et l'incendie est « totalement hors de contrôle », a déclaré Esteban Krause, directeur de la Corporation nationale forestière (Conaf) du Biobio.
Dans les deux régions, des températures supérieures à 30°C et des vents violents étaient attendus.
« Pour les prochaines heures, les conditions climatiques ne sont pas favorables et annoncent des températures extrêmes », a indiqué le ministre de l'Intérieur Alvaro Elizalde, qualifiant la situation de « complexe ».
Environ 4.000 pompiers sont mobilisés.
Le ministre Luis Cordera a annoncé l'évacuation de plus de 50.000 personnes.
Le président Boric avait décrété tôt dimanche l'état de catastrophe naturelle, une mesure permettant notamment le déploiement de l'armée.
Le chef de l'Etat est retourné à Santiago dimanche soir. Il s'est engagé à rencontrer le président élu d'extrême droite José Antonio Kast pour l'informer de la situation. « Dans les moments difficiles, le Chili est uni. Notre gouvernement et le président élu vont travailler ensemble », a dit M. Boric.
Ces dernières années, les incendies de forêt ont durement touché le Chili, en particulier dans le centre-sud du pays.
Le 2 février 2024, plusieurs incendies s'étaient déclenchés simultanément aux abords de la ville de Viña del Mar, à 110 km au nord-ouest de Santiago, faisant 138 morts, selon les données actualisées du parquet. Par ailleurs, 16.000 personnes avaient été sinistrées, d'après les chiffres officiels.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsMunis de pancartes dénonçant un « nouvel Holocauste », un « génocide en cours » ou la « terreur » imposée par Téhéran, les Iraniens des Etats-Unis ont largement manifesté dimanche, pour protester contre la répression meurtrière de la République islamique face à la contestation dans leur pays d'origine.
Quelques milliers de personnes sont descendus dans la rue à Los Angeles, qui compte la plus importante diaspora iranienne du monde, et plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés à New York, ont constaté des journalistes de l'AFP.
« Mon cœur est lourd et mon âme est brisée, les mots me manquent pour exprimer à quel point je suis en colère », lâche Perry Faraz dans la manifestation en Californie.
Cette gestionnaire de paie de 62 ans, qui a fui l'Iran en 2006, a appris cette semaine qu'un de ses petits cousins a été tué lors des récents rassemblements populaires dans son pays natal.
« Il n'avait même pas 10 ans, c'est horrible », pleure-t-elle.
Lancé le 28 décembre par des commerçants pour protester contre l'inflation galopante en Iran, le mouvement a été réprimé dans le sang par le régime au pouvoir, qui ont coupé l'accès à internet.
Les autorités iraniennes évoquent elles-mêmes des « milliers de personnes tuées », et beaucoup d'ONG craignent une véritable hécatombe. Les bilans tenus par différentes organisations d'opposition oscillent entre 3.000 et 20.000 morts.
« Ce massacre massif de la population est absolument bouleversant », dénonce Ali Parvaneh.
Comme de nombreux manifestants, l'avocat porte une pancarte « Make Iran Great Again » et souhaite que le président américain Donald Trump intervienne.
« La localisation des centres des Gardiens de la révolution est bien connue », estime cet Irano-Américain de 65 ans, qui faisait ses études aux Etats-Unis lors de la révolution de 1979 et n'est jamais rentré dans son pays.
« Trump pourrait frapper ces sites à six heures du matin et se débarrasser d'eux », ajoute-t-il.
Dans la foule, certains vont jusqu'à souhaiter un assassinat ciblé du guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir depuis plus de 25 ans en Iran.
Après avoir ordonné des frappes sur des sites nucléaires en juin dernier, Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires cette semaine.
Le milliardaire républicain a d'abord menacé d'intervenir si des manifestants iraniens étaient tués, avant d'afficher sa satisfaction en assurant que Téhéran renoncerait à exécuter les protestataires qui doivent être jugés.
« J'espère vraiment que Trump fera plus qu'exprimer son soutien », reprend M. Parvaneh.
Comme la foule, il scande des slogans en faveur du président américain et de Reza Pahlavi, le fils de l'ex-chah d'Iran - qui a modernisé le pays dans les années 60 et 70.
« Si la monarchie était en place aujourd'hui, elle serait très différente et l'Iran serait dans une bien meilleure situation », juge-t-il, en souhaitant la création d'une « république laïque » supervisée par un roi, comme au Royaume-Uni.
Exilé près de Washington, M. Pahlavi s'est dit cette semaine prêt à retourner en Iran pour y mener une transition démocratique. Mais l'opposition iranienne reste divisée, car le souvenir de la répression menée par son père envers ses opposants de gauche reste vivace.
La semaine dernière, un homme a fait quelques blessés légers en précipitant un camion dans une manifestation d'Iraniens à Los Angeles, affublé d'une pancarte qui ne souhaitait « ni chah, (...) ni mollah ».
Dans le quartier de Westwood, surnommé « Tehrangeles », Roozbeh Farahanipour estime que la diaspora doit soutenir les Iraniens sans empiéter sur « leur droit à décider de leur propre futur ».
« Ils n'ont pas besoin d'une marionnette implantée par l'Occident », insiste ce restaurateur.
Des réserves partagées ailleurs en Californie.
« Trump manipule le peuple iranien », regrette la poétesse Karim Farsis, habitante de la baie de San Francisco.
L'universitaire n'oublie pas que le président américain a instauré des sanctions contribuant à leur souffrance économique, après s'être retiré des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.
Elle dénonce aussi l'interdiction d'entrée quasi totale visant les Iraniens depuis juin.
« Nous vivons une période complètement tordue », dénonce-t-elle. « Trump dit aux manifestants: +protestez, prenez le contrôle de vos institutions+. Mais s'ils se retrouvent en danger, ils ne peuvent même pas se réfugier aux Etats-Unis. »
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