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Dans un communiqué publié mercredi, la Banque du Liban (BDL) a annoncé que son gouverneur, Karim Souhaid, accompagné de l’équipe juridique de la Banque centrale a tenu le 13 janvier « une série de réunions avec la juge d’instruction française Clémence Olivier à Paris », cette dernière ayant « salué » cette démarche ainsi que « la transmission d’informations essentielles qui faisaient défaut au dossier ».
Ce déplacement avait déjà été annoncé lors d’une conférence de presse tenue le 8 janvier, le gouverneur indiquant alors prévoir se rendre « volontairement » en France d’ici à fin janvier pour « échanger des informations extrêmement sensibles » liées aux poursuites judiciaires concernant la BDL. Celles-ci traitent de plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds survenues ces dernières années, dont celles impliquant la société Forry Associates, dans laquelle l’ex-gouverneur Riad Salamé et certains membres de sa famille sont poursuivis au Liban et à l’étranger. Karim Souhaid y annonçait également que la BDL s’était constituée partie civile au Liban dans la procédure lancée contre Forry Associates, enregistrée aux îles Vierges britanniques et qui aurait été utilisée – selon les enquêteurs libanais et européens – comme un véhicule de détournement de fonds publics grâce à un système de commissions.
« À la suite de cette coordination, il est apparu à la BDL l’existence de nouveaux agissements délibérés et concertés ayant conduit à la spoliation de fonds lui appartenant, dans le but d’un enrichissement personnel illicite », poursuit le communiqué. Elle y indique également que les « entités impliquées comprennent des individus et des sociétés écrans, dont un grand nombre est implanté à travers l’Europe et dans d’autres paradis fiscaux ».
La coopération « étroite » avec la justice française constitue un « élément central dans l’établissement des responsabilités pénales », et a d’ores et déjà permis à la BDL « d’affiner sa stratégie juridique et d’élargir le champ de ses investigations en vue de récupérer les fonds détournés », précise le texte. Et d’ajouter : « Une série supplémentaire de réunions de travail entre le gouverneur, l’équipe juridique de la BDL et les autorités judiciaires françaises a également été programmée, confirmant que ce processus se poursuit, s’accélère et connaît une évolution positive et constructive ».
Hasard du calendrier, alors que Karim Souhaid tenait ses réunions à Paris le 13 janvier, la Chambre d’accusation de Beyrouth a rendu un arrêt ordonnant l'arrestation différée de l’ex-gouverneur Riad Salamé et de deux avocats, Micky Tuéni et Marwan Issa el-Khoury, dans le cadre de l’affaire du compte de consultations de la BDL, dans l’affaire dite d’Optimum Invest.
Une source judiciaire interrogée par L'Orient-Le jour expliquait que la décision n'est susceptible d'exécution que par la cour criminelle de Beyrouth, à laquelle la Chambre d'accusation a transmis le dossier, en imputant à M. Salamé le détournement présumé d’un montant de 44,8 millions de dollars du compte de consultations vers des comptes privés. Le compte de la BDL comporte entre autres des fonds provenant de commissions recueillies à travers notamment des opérations effectuées entre la banque centrale et une société de courtage, Optimum Invest, entre 2015 et 2018, pour lesquelles aussi bien la société que Riad Salamé avaient nié toute malversation. Certains de ces fonds auraient été transférés vers des comptes privés à travers des banques commerciales.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLa conférence internationale de soutien à l'armée libanaise sera organisée le 5 mars à Paris, a annoncé la présidence, à l'issue d'une réunion à Baabda avec des ambassadeurs et émissaires du Quintette, dont l'envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane.
Sur X, le palais présidentiel a annoncé que les participants conviés à Baabda et représentant les cinq pays du Quintette (France, Arabie saoudite, Egypte, Qatar, États-Unis) « ont discuté des préparatifs en cours pour la tenue d'une conférence en soutien à l'armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure ». « Il a été décidé que cette conférence se tiendrait à Paris le 5 mars prochain et qu'elle serait inaugurée par le président français Emmanuel Macron », est-il ajouté.
À l'issue d'une réunion à Paris, mi-décembre, il avait été initialement évoqué que cette levée de fonds aurait lieu en février.
Outre MM. Le Drian et ben Farhane, ont assisté à la réunion de Baabda : l'ambassadeur américain Michel Issa, l'assistant du ministre des Affaires étrangères du Qatar Mohammed ben Abdelaziz Al Thani et les ambassadeurs d'Arabie saoudite, Walid Boukhari, de France, Hervé Magro, du Qatar, Saoud ben Abdelrahmane Al Thani, et d'Égypte, Alaa Moussa.
Beyrouth réclame plus d'aides financières et matérielles pour l'armée libanaise, afin de lui permettre de finaliser son déploiement dans le Sud, où elle a commencé à se mobiliser depuis l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 et a démantelé l'arsenal du Hezbollah, qui y était prépondérant. Le parti chiite pro-iranien, qui rejette de désarmer au-delà de la zone au sud du Litani, estime que l'institution militaire n'est pas à même de lutter, en l'état, contre Israël. La troupe doit également renforcer ses positions le long de la frontière, très poreuse, avec la Syrie. Lors de l'annonce de la fin de la première phase de désarmement des groupes armés au sud du fleuve, Joseph Aoun, le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Nawaf Salam, avaient tous réclamé plus d'aides de la part de la communauté internationale.
Cette levée de fonds en faveur de l’armée libanaise et des Forces de sécurité intérieure (FSI) sera la première depuis la conférence organisée à Paris en octobre 2024, en pleine guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, au cours de laquelle près d’un milliard d’euros avaient été mobilisés. La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron avait assuré son engagement à organiser des conférences pour les forces armées libanaises et pour la reprise économique au Liban.
Après la réunion de Baabda, l'émissaire français a effectuée une tournée auprès des responsables libanais. Il s'est notamment entretenu avec le président de la Chambre, Nabih Berry, qui a réaffirmé que « le Liban a respecté et continue de respecter la résolution 1701 (du Conseil de sécurité de l'ONU, ndlr) ainsi que l’accord de novembre 2024 », soulignant qu’« il n’est pas acceptable qu’Israël poursuive ses attaques contre le Liban, ses violations quotidiennes de la souveraineté libanaise et continue d'occuper des parties du territoire libanais ».
Au Sérail, l'émissaire français a évoqué avec Nawaf Salam, outre la conférence de soutien à l'armée, le bilan de l'action du gouvernement près d'un an après sa formation. « Les Français sont satisfaits de l'action de l'équipe ministérielle, notamment après la fin de la première phase du plan du désarmement. Ils sont donc en train de pousser pour plus d'aide en faveur du Liban », confie une source du Sérail à L'Orient-Le Jour. « La communauté internationale salue également l'adoption de la loi sur le trou financier et se félicite du travail sérieux du gouvernement sur ce plan », ajoute la source, affirmant que les discussions avec M. Le Drian ont également abordé la question des législatives. « Nous avons assuré que le scrutin se tiendra dans les délais », affirme cette source, reconnaissant toutefois que « personne ne s'oppose à un report technique de quelques mois ». L'OLJ a également appris que le diplomate français devrait s'entretenir mercredi avec le commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, avant de clôturer son séjour à Beyrouth.
Commentant l'annonce de la conférence à l'issue d'une réunion avec le chef de l'Etat, le chef du parti Kataëb et député Samy Gemayel, notoirement opposé au Hezbollah, a estimé que des aides à l'armée « l'aideront à renforcer ses capacités », alors que le désarmement au nord du Litani doit selon lui constituer un « test important ». Ce test sera posé à l'Etat et au Hezbollah, en terme de coopération avec les autorités, mais également pour la troupe « afin d'évaluer la rapidité avec laquelle elle peut récupérer les armes », selon un message de la présidence sur X.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a affirmé mardi que les Etats-Unis allaient faire avancer leur projet de corridor de transit traversant l'Arménie pour relier l'Azerbaïdjan, lors d'une rencontre avec le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoïan.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en août un accord à Washington sous l'égide du président américain, Donald Trump, afin de mettre fin au conflit territorial les opposant depuis des décennies. Il prévoit la création d'une zone de transit passant par l'Arménie et reliant l'Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan plus à l'ouest. Ce corridor, qui répond à une revendication de longue date de Bakou, sera nommé « Voie Trump pour la paix et la prospérité internationale », ou TRIPP, son acronyme en anglais.
Une entreprise, détenue à 74% par les États-Unis, sera créée et chargée de construire des infrastructures ferroviaires et routières sur cette bande de terre, a précisé le département d'Etat. Le projet doit permettre des investissements américains et un accès de « minéraux critiques et des terres rares » au marché américain, précise le texte-cadre du département d'État.
« L'accord TRIPP va vraiment devenir un modèle pour le monde entier, montrant comment on peut s'ouvrir à l'activité économique et à la prospérité sans remettre en cause ni compromettre en aucune façon sa souveraineté et son intégrité territoriale », a déclaré Marco Rubio lors de cette rencontre. « Cela va être bon pour l'Arménie, bon pour les États-Unis, bon pour tous ceux impliqués », a ajouté le secrétaire d'État, affirmant que l'administration Trump allait maintenant « travailler à la mise en oeuvre de l'accord ».
L'Iran s'oppose depuis longtemps à ce corridor, craignant qu'il ne le coupe du Caucase et n'amène une présence étrangère à sa frontière. Pour sa part, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a affirmé que la sécurité du corridor reliant l'Azerbaïdjan au Nakhitchevan serait assurée « par l'Arménie et non pas par un pays tiers ». Le conflit territorial entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan concernait notamment le Karabakh, une enclave montagneuse qui a été au centre de deux guerres, l'une à la chute de l'URSS et l'autre en 2020. L'Azerbaïdjan l'a finalement repris aux séparatistes arméniens à l'issue d'une offensive éclair en 2023.
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