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20:51 Contestation    Six morts dans des manifestations contre la vie chère en Iran

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Des affrontements localisés entre manifestants et forces de l'ordre ont fait six morts jeudi dans l'ouest de l'Iran, selon une agence de presse et un gouverneur, les premiers depuis le début il y a cinq jours d'une mobilisation contre la vie chère. Parmi les victimes figure un membre d'une milice affiliée aux gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Le mouvement est parti dimanche de la capitale Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l'hyperinflation, la dépréciation de la monnaie et le marasme économique. Il a ensuite gagné des universités et le reste du pays. Jeudi, des heurts ont été signalés dans des villes moyennes de dizaines de milliers d'habitants.

À Lordegan (sud-ouest), deux personnes ont été tuées, a écrit l'agence Fars, semblant désigner des civils. Selon Fars, « des manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs, dont le gouvernorat, la mosquée, la mairie et des banques », et la police a fait usage de gaz lacrymogène. L'agence a fait état « d'importants dégâts » et de l'arrestation de plusieurs personnes qualifiées de « meneurs ». Elle a ensuite annoncé qu'à Azna (ouest), trois personnes avaient été tuées et 17 autres blessées « lors d'affrontements », là aussi dans une référence apparente à des civils. Selon elle, « un groupe d'émeutiers a profité d'un rassemblement de protestation (...) pour attaquer un commissariat de police ».

Ces protestations ne sont toutefois pas comparables à ce stade avec le mouvement qui avait secoué l'Iran fin 2022, après la mort de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour un voile prétendument mal ajusté.

« En enfer »

Plus tôt jeudi, un membre des forces de l'ordre avait été tué au cours d'affrontements à Kouhdasht (ouest), a indiqué la télévision d'Etat, citant le gouverneur local. Âgé de 21 ans et membre du Bassidj, « il défendait l'ordre public », selon cet officiel, qui a fait état de « jets de pierres » et de 13 blessés parmi les policiers. Les forces du Bassidj sont des milices de volontaires islamistes, affiliées aux gardiens de la révolution.

Le président Massoud Pezeshkian a sonné jeudi la mobilisation de son gouvernement : « d'un point de vue islamique (...), si nous ne résolvons pas le problème des moyens de subsistance des gens, nous finirons en enfer », a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision, en précisant que ce terme renvoyait à un châtiment religieux.

Mercredi, un bâtiment gouvernemental avait été attaqué dans le sud de l'Iran à Fassa, alors que la quasi-totalité du pays avait été mise en congé, sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d'énergie. Elles n'ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations. L'Iran est au début d'un week-end prolongé qui s'achèvera dimanche.

Le pouvoir a dès le début des protestations tenté de jouer l'apaisement, reconnaissant des « revendications légitimes » liées aux difficultés économiques. Et des médias iraniens parlent cette fois de manifestants alors qu'ils les avaient qualifiés d'émeutiers lors des précédents mouvements. Mais la justice a mis en garde contre toute tentative de déstabiliser le pays.

« Moment Tiananmen »

« Toute tentative » visant à transformer ce mouvement « en un outil d'insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en oeuvre de scénarios conçus à l'étranger sera inévitablement suivie d'une réponse (...) ferme », a prévenu le procureur général, Mohammad Movahedi-Azad.

En début de semaine, une vidéo montrant une personne assise au milieu d'une rue de Téhéran face à des policiers à moto était devenue virale sur les réseaux sociaux, certains y voyant le symbole d'un « moment Tiananmen ». La télévision d'État a dénoncé jeudi une mise en scène visant à « créer un symbole », et diffusé une vidéo censée être prise depuis un autre angle par la caméra embarquée d'un policier. Assis en tailleur, le manifestant reste impassible, tête basse, avant de se recouvrir la tête de son blouson alors que derrière lui une foule court pour s'éloigner de nuages de gaz lacrymogène.

Mercredi soir, l'agence de presse Tasnim a fait état de l'arrestation de sept personnes décrites comme affiliées à des « groupes hostiles à la République islamique basés aux États-Unis et l'Europe ». Tasnim a accusé ces personnes d'avoir pour « mission de transformer en violence les manifestations », sans préciser quand ni où ces interpellations se sont produites.

La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d'un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu'une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d'achat des Iraniens, dans un pays asphyxié par des sanctions internationales liées au programme nucléaire iranien. Le taux d'inflation était en décembre de 52% sur un an, selon le Centre de statistiques d'Iran, un organisme officiel.

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20:46 Suisse   Une quarantaine de morts dans l'incendie d'un bar dans la station de ski de Crans-Montana

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Une quarantaine de personnes ont péri et plus d'une centaine ont été blessées dans l'incendie accidentel d'un bar bondé durant la nuit du nouvel an dans la station de ski huppée suisse de Crans-Montana, « un drame d'une ampleur inédite » selon le chef de l'État helvétique.

Vers 01H30 locales (00H30 GMT), l'incendie s'est déclaré dans le bar Le Constellation à Crans-Montana, fréquenté par des touristes - dont de nombreux jeunes - venus célébrer le nouvel an, ont annoncé les autorités du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. « Nous dénombrons une quarantaine de personnes décédées et environ 115 blessés, la plupart grièvement », a annoncé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler, au cours d'une conférence de presse à Sion (sud-ouest de la Suisse).

Évoquant « un drame d'une ampleur inédite, effroyable », le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a déclaré que « l'incendie qui s'est produit la nuit dernière dans un bar de Crans-Montana constitue l'une des pires tragédies que notre pays ait connues ».

Aide médicale de l'UE

Les autorités cantonales ont indiqué de leur côté qu'une enquête était en cours pour déterminer les causes de l'incendie, mais disent exclure la piste de l'attentat. Le conseiller d'État du Valais en charge de la sécurité Stéphane Ganzer a précisé qu'il y avait eu une déflagration, mais qu'elle avait été consécutive à l'embrasement des lieux.

Des témoins ont décrit des scènes d'horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s'échapper, tandis que d'autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue. Le service des urgences du principal hôpital du Valais étant saturé, des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux comme à Lausanne, Genève ou Zurich. La procureure générale du canton Béatrice Pilloud a déclaré que d'importants moyens étaient mobilisés « pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible », soulignant que ce processus prendrait certainement du temps.

La Commission européenne a affirmé jeudi être « en contact » avec les autorités suisses afin de leur apporter une « aide médicale », après l'incendie meurtrier. « Je suis profondément attristée par l'incendie qui s'est déclaré à Crans-Montana », a écrit la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, adressant ses pensées « aux victimes, à leurs familles et à toutes les personnes touchées ». Elle a indiqué que ses équipes étaient en contact avec la Suisse, qui a activé le mécanisme de protection civile de l'UE. Il s'agit d'un système grâce auquel n'importe quel pays au monde peut demander une assistance de Bruxelles lorsque ses capacités de réaction sont dépassées par une situation d'urgence.

« Ça a pris feu d'un coup »

Le Constellation peut accueillir 300 personnes à l'intérieur et 40 en terrasse, selon son site internet. Situé au rez-de-chaussée d'un immeuble, il dispose d'un sous-sol où sont organisés des soirées et événements.

Des sources concordantes ont indiqué jeudi à l'AFP que les propriétaires du bar sont de nationalité française : il s'agit d'un couple originaire de Corse.

Les autorités redoutent que des étrangers fassent partie des victimes, la renommée internationale de la station de Crans-Montana y attirant des touristes du monde entier. Mais elles n'ont encore donné aucun élément sur l'identité des victimes. Au moins deux Français figurent parmi les blessés, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères. De son côté, le président français Emmanuel Macron a fait part de sa « profonde émotion » après le drame, et indiqué que « la France accueille des blessés dans ses hôpitaux et se tient disponible pour toute aide ».

Les autorités du Valais, qui ont annoncé avoir ouvert une instruction pour « incendie », ne s'avancent pas dans l'immédiat sur les causes du drame, mais plusieurs témoignages concordent sur l'éventuelle cause du sinistre. Ces témoignages diffusés par différents médias suisses, français et italiens ont indiqué que des bougies étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne juchée sur les épaules d'une autre avaient provoqué l'incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu'il s'agissait d'un « show » habituel dans l'établissement. « Il me semble qu'il y avait des dames, des serveuses, avec des bouteilles de champagne avec des petites fusées. Elles ont été trop, trop près du plafond, et ben ça a pris feu d'un coup », a notamment raconté Axel, présent au moment du drame, au média italien Local Team.

« Mon fils est introuvable »

« Je suis sous le choc », a déclaré de son côté à la chaîne de télévision publique suisse RTS Alexis Laguerre, jeune homme qui marchait avec des amis devant le bar lorsqu'ils ont aperçu de la fumée puis des flammes s'échappant de l'établissement. « Les gens couraient au milieu des flammes… Certains essayaient de briser les vitres avec des chaises ».

Alex, 21 ans, a déclaré à la RTS qu'il était arrivé sur les lieux peu après avoir entendu une forte explosion. Dans une forte odeur de gaz mêlée à celle de plastique fondu, il a décrit avoir vu des gens fuir le bar, brûlés, et des personnes crier à l'aide. « J'en ai encore des frissons », a-t-il confié.

Les gens à la recherche de proches sont dirigés vers un centre des congrès où un dispositif d'accueil a été mis en place. « Mon fils est introuvable », se lamente une mère en larmes, citée par 24 Heures, « personne ne sait où il est ».

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19:00 Peine de mort   L'Arabie saoudite a exécuté 356 personnes en 2025, un nouveau record

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L’Arabie saoudite a exécuté 356 personnes en 2025, selon un bilan établi jeudi par l’AFP, soit un nouveau record dans le royaume, l’un des pays au monde qui recourt le plus à la peine de mort.

La monarchie conservatrice du Golfe applique la peine de mort à un rythme effréné, alimenté par sa campagne de lutte contre la drogue lancée en 2023, selon des experts.

D’après ce bilan, basé sur les chiffres officiels publiés par le gouvernement, 243 condamnés ont été exécutés en 2025 pour des affaires liées à la drogue.

En 2024, l’Arabie saoudite avait déjà établi un record avec un total de 338 exécutions.

Les défenseurs des droits humains dénoncent une application excessive de la peine de mort, en décalage avec les efforts du pays pour présenter une image moderne et réformiste, voulus par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les nouveaux chiffres sont « la preuve que les promesses de réformes en matière de droits humains en Arabie saoudite n’ont aucune valeur », a estimé Duaa Dhainy, chercheuse pour l’Organisation euro-saoudienne pour les droits humains (ESOHR).

Ces exécutions servent de message « d’intimidation et de peur à l’égard de tout le monde », y compris « les travailleurs migrants, les mineurs et les opposants politiques », a-t-elle ajouté.

L’ONG, basée à Berlin, a confirmé le bilan de 356 exécutions en 2025, soulignant qu’il s’agissait de la première fois que le royaume exécutait davantage d’étrangers que de Saoudiens au cours d’une année civile.

Selon Ryad, la peine capitale est nécessaire pour « maintenir l’ordre public » et elle n’est appliquée que si « les accusés ont épuisé tous les recours ».

Après avoir observé un moratoire d’environ trois ans pour les affaires de drogue, les autorités saoudiennes ont repris ces exécutions, visant en particulier des étrangers, et lancé dans la foulée une campagne de lutte contre le narcotrafic.

Elles ont multiplié les contrôles de police sur les routes et aux frontières, arrêté des dizaines de personnes et saisi des millions de pilules.

L’Arabie saoudite est un marché important pour le captagon, une drogue de la famille des amphétamines très populaire au Moyen-Orient. Elle constituait notamment un important marché pour la Syrie à l’époque de l’ex-président Bachar al-Assad, déchu fin 2024, selon l’ONU.

D’après Amnesty International, qui comptabilise depuis 1990 les exécutions, le royaume, qui suit une application rigoriste de la loi islamique, était en 2024 le pays au monde ayant exécuté le plus de prisonniers après la Chine et l’Iran.

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