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Le président des Emirats arabes unis va rejoindre le « Conseil de paix » que veut créer Donald Trump pour oeuvrer au règlement des conflits dans le monde en concurrence avec l'ONU, a annoncé mardi le ministère des affaires étrangères émirati.
Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane « a accepté l'invitation des Etats-Unis à rejoindre le Conseil de paix », écrit le ministère, au sujet de cet organe fixant un ticket d'entrée d'un milliard de dollars pour un siège permanent, selon une « charte » dont l'AFP a obtenu une copie lundi.
Une prestation capitale pour son destin politique : la cour d'appel de Paris a entamé mardi après-midi l'interrogatoire de Marine Le Pen au procès des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.
Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d'extrême droite, veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré, est montée à la barre quelques instants après la reprise de l'audience à 13H30. Son interrogatoire est prévu pour durer jusqu'à mercredi soir.
L'échange avec la présidente Michèle Agi a débuté sur le point très technique de la mutualisation des assistants parlementaires d'eurodéputés.
« Je note que sur toute cette période de dix ans, le Parlement européen ne nous a jamais ni conseillé ni reproché d'avoir eu des assistants qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés et cette connaissance était portée, à mon avis, à l'information du Parlement européen », a déclaré la présidente des députés RN de 57 ans.
La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres le paiement entre 2004 et 2016 de salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l'argent du Parlement européen.
Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.
Les faits constituent « une succession de cas en réalité très différents les uns des autres, qui durent, ce qui me concerne, sur douze ans, puisque j'ai été douze ans eurodéputée », a soutenu Mme Le Pen au début de son interrogatoire.
Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.
En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.
Au moment où l'extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l'Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l'élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.
Mardi, la cour d'appel a commencé la journée par l'interrogatoire du député de l'Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d'assistant parlementaire d'une eurodéputée frontiste en 2014-2015.
Ayant rejoint le parti d'extrême droite en 2014, le prévenu disposait d'un contrat de travail comme assistant parlementaire de l'eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ce, alors que l'organigramme du Front national publié à l'hiver 2015, qui éveillera l'attention du Parlement européen, le présentait comme « conseiller spécial » au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.
Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l'eurodéputée, sur les premiers mois, « je n'ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail », a affirmé à la barre Julien Odoul, 40 ans.
Sur une période d'un an et demi, il n'aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d'une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. « Rétrospectivement, elle n'avait pas besoin de mes services », a-t-il dit regretter.
Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul a soutenu s'être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car « Mylène Troszczynski m'avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national ».
Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen était à la barre sur l'île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, dans le nord-est de la capitale, l'a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.
Une ancienne étudiante de l'Institut d'études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l'avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l' « islam radical » en commentaire d'une photographie où elle était voilée.
Vous avez déjà un compte? Connectez-vous ici
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Kremlin, accusé par Washington d'être une menace pour le Groenland, est resté pour l'heure évasif sur les ambitions de Donald Trump, qui réitère bruyamment depuis trois semaines sa volonté de s'emparer de ce territoire autonome danois.
Mardi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré que le Groenland n'était pas « une partie naturelle » du Danemark mais une « conquête coloniale ». A l'inverse, quatre jours plus tôt, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, avait lui affirmé que Moscou partait du principe que le Groenland était une « partie du Royaume du Danemark ». « La situation est inhabituelle et je dirais même extraordinaire du point du vue du droit international », avait ajouté M. Peskov, alors que le président Vladimir Poutine n'a lui pas réagi publiquement sur le sujet à ce stade.
Donald Trump a justifié sa volonté de prendre le contrôle du Groenland pour des raisons de « sécurité nationale » face la menace posée, selon lui, par les ambitions de la Russie et la Chine dans l'Arctique. « Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine », a assuré M. Trump dans une lettre adressée au Premier ministre norvégien.
Lundi, Dmitri Peskov a déclaré « ne pas commenter » les « projets » de la Russie concernant le Groenland, tandis que Sergueï Lavrov a démenti toute ambition russe de « conquérir » ce territoire. « A Washington, ils savent parfaitement que la Russie et la Chine n'ont pas de tel projet », a souligné mardi M. Lavrov.
Jeudi, la diplomatie russe s'était pour sa part dite sérieusement inquiète de l'annonce de l'envoi de troupes supplémentaires de l'OTAN au Groenland, dénonçant une « militarisation accélérée du Nord » sous « le prétexte imaginaire d'une menace croissante de Moscou et de Pékin ».
Si le Kremlin, attentiste, ne semble pas avoir encore défini clairement sa position officielle à l'égard des velléités de Trump au Groenland, la division entre les Européens et les Etats-Unis, avec l'avenir de l'OTAN en arrière-plan, semble jouer en sa faveur. « La rupture de l'unité entre l'Europe et les États-Unis est bien sûr positive du point de vue des intérêts russes, car elle rend difficile la mise en œuvre d'une politique anti-russe unifiée », souligne auprès de l'AFP l'expert Vassili Kachine, de l'École supérieure d'économie (HSE) de Moscou.
Selon lui, le fait que Washington envisage « d'annexer » un territoire d'un membre de l'UE et de l'OTAN, le Danemark, et d'imposer des sanctions économiques contre plusieurs pays européens s'y opposant, alimente l'idée d'une reprise d'un dialogue entre les Européens et Moscou pour faire contre-poids. Néanmoins, il n'est selon lui pas certain que cette divergence aura « des conséquences positives immédiates pour la politique russe, par exemple en Ukraine », mais c'est un « mouvement dans la bonne direction » pour Moscou, qui souhaite l'affaiblissement, voire « l'effondrement » de l'OTAN selon M. Kachine.
Pour sa part, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré lundi que Trump « entrerait dans l'Histoire » s'il prenait le contrôle du Groenland, tout en refusant de dire si ce serait « bien ou mal ». Les médias pro-Kremlin se sont entre-temps délectés du différend. Le tabloïd Moskovski Komsomolets s'est réjoui dimanche de voir l'Europe plongée dans un « désarroi complet » face à cette crise.
En mars 2025, Vladimir Poutine avait déclaré que les « projets sérieux » de Trump concernant le Groenland avaient « des racines historiques anciennes ». S'il avait assuré que la question du Groenland ne concernait pas la Russie, il s'était dit « préoccupé par le fait que les pays de l'OTAN considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d'éventuels conflits ».
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