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L'opposante vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix Maria Corina Machado est arrivée jeudi à la Maison Blanche pour un déjeuner avec Donald Trump, qui l'a écartée de sa stratégie au Venezuela et qui ne digère pas de ne pas avoir été distingué l'an dernier par le comité Nobel. Elle a été aperçue peu après 12h00 locale (17h00 GMT) par un photographe de l'AFP. Son déjeuner avec le président américain doit se dérouler à l'écart de la presse, selon l'agenda officiel de ce dernier.
Sa venue à la Maison Blanche intervient au lendemain d'une « longue conversation » du président américain avec la présidente par intérim du pays d'Amérique latine, Delcy Rodriguez, confirmant l'intention américaine de traiter jusqu'à nouvel ordre avec l'équipe dirigeante restée en place à Caracas après la capture du président Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines.
Il n'a eu que des éloges pour l'ancienne vice-présidente du dirigeant déchu, une « personne formidable », assurant pendant un échange avec la presse qu'il « travaillait très bien » avec les autorités vénézuéliennes. Delcy Rodriguez a parlé d'un entretien « productif et courtois ».
Tout cela n'empêche pas Washington de maintenir la pression sur Caracas: les forces américaines ont saisi jeudi matin un nouveau pétrolier sous sanctions dans les Caraïbes, le sixième en quelques semaines.
Les États-Unis ont par ailleurs finalisé une vente de pétrole vénézuélien, la première depuis leur reprise en main du secteur, pour un montant de 500 millions de dollars. S'il ne montre pour l'instant aucune velléité de soutenir l'opposition vénézuélienne ni d'organiser des élections dans ce pays, Donald Trump avait assuré à la chaîne Fox News être « impatient » de voir Maria Corina Machado.
Interrogé lors de cet entretien sur la possibilité que l'opposante vénézuélienne lui cède son prix Nobel, il avait répondu: « J'ai entendu qu'elle voulait faire ça. Ce serait un grand honneur ».
L'Institut Nobel a indiqué qu'il était absolument impossible de transférer, partager ou révoquer un prix Nobel une fois qu'il a été attribué. Si cela s'applique à la distinction elle-même dans sa dimension immatérielle, dont le ou les lauréats ne peuvent pas être modifiés a posteriori, Maria Corina Machado peut en théorie disposer comme elle l'entend notamment du diplôme et de la médaille qu'elle a reçus.
Peu après la capture de Nicolas Maduro, désormais détenu aux Etats-Unis, Donald Trump avait estimé que Mme Machado, qui avait quitté clandestinement le Venezuela en décembre pour recevoir le Nobel, n'était pas qualifiée pour diriger le pays. Le président américain entend dicter toute décision prise par Caracas, notamment en matière pétrolière, jusqu'à nouvel ordre.
« Ce partenariat entre les États-Unis et le Vénézuela sera spectaculaire pour tous », a encore assuré Donald Trump mercredi sur son réseau Truth Social.
Pour arriver à ses fins, il lui faudra toutefois convaincre les multinationales pétrolières, dont certaines sont prudentes voire franchement réticentes, d'investir massivement dans les infrastructures au Venezuela.
La Maison Blanche assure par ailleurs que la pression américaine a été déterminante pour les libérations de prisonniers décidées par Caracas, même si Mme Rodriguez souligne qu'il s'agissait d'un processus entamé par le président déchu Nicolas Maduro avant sa capture. Nuançant depuis le début du processus les chiffres officiels bien plus élevés, l'ONG Foro Penal a recensé 72 libérations, alors que proches et ONG parlent de libérations au compte-gouttes. Des ONG considèrent que plus de 800 prisonniers politiques croupissent dans les geôles du pays.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe chef du pouvoir judiciaire iranien a mené lui-même, et devant les caméras de la télévision d'Etat, l'interrogatoire de manifestants arrêtés, faisant craindre aux défenseurs des droits humains des « aveux forcés » mis en scène pour instiller la peur dans le pays.
Sur la séquence diffusée jeudi, Gholamhossein Mohseni Ejeï apparaît assis, entouré d'autres responsables, sous des portraits du guide suprême Ali Khamenei et du fondateur de la République islamique Rouhollah Khomeiny. Sur une chaise, une femme, dont le visage est flouté, leur fait face, voile noir et blouson rouge. Elle est accusée d'avoir jeté des blocs de béton sur les forces de sécurité depuis le toit d'un immeuble à Téhéran. « Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, pourquoi j'ai fait quelque chose d'aussi stupide », dit-elle la voix brisée de sanglots.
Ces derniers jours, la télévision d'Etat a diffusé selon les ONG des dizaines de vidéos similaires d'interrogatoires d' « émeutiers », menés par le chef du pouvoir judiciaire en personne. Tous semblent reconnaître sans opposition les faits reprochés.
La télévision d'Etat « a commencé à diffuser des aveux forcés de manifestants quelques jours après le début de la contestation », le 28 décembre, affirme Iran Human Rights (IRH), basée en Norvège. « La diffusion d'aveux obtenus sous la contrainte et la torture, avant toute procédure judiciaire, est contraire à la présomption d'innocence », ajoute l'ONG.
Selon IRH, au moins 3.428 personnes ont été tuées au cours du mouvement de contestation qui a défié ouvertement le pouvoir d'Ali Khamenei, et environ 10.000 autres ont été arrêtées. À l'international, les condamnations dénonçant une répression « sanglante » ont afflué de toutes parts.
Mercredi, lors d'une visite de cinq heures dans une prison de Téhéran, Gholamhossein Mohseni Ejeï avait promis des procès « rapides » et « publics » pour les manifestants interpellés.
Là aussi, dans une salle ornée de tapis, on le voyait interroger placidement un homme en tenue grise de prisonnier, qui répondait tête baissée d'accusations de détention de cocktails Molotov. Sur une autre de ces vidéos, on voit selon l'organisation Human Rights Activists News Agency deux adolescentes, arrêtées dans la ville d'Isfahan (centre), « avouer » avoir été payées pour manifester.
Autre séquence encore: une femme vêtue d'un tchador blanc à fleurs reconnaît avoir envoyé un message au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« J'ai fait quelque chose que je ne peux même pas me pardonner. J'ai envoyé un message... » « À qui? », insiste plusieurs fois M. Ejeï. « Je ne peux même pas prononcer son nom. Le pire individu d'Israël », répond la mise en cause. « Elle a envoyé des messages à Netanyahu », intervient un autre responsable. Dans ces vidéos, aucun responsable ne mentionne de preuve corroborant les faits reprochés.
Gholamhossein Mohseni Ejeï, sous le coup de sanctions des Etats-Unis et de l'Union européenne, ancien ministre des Renseignements, est un religieux ultraconservateur ayant fait carrière au coeur du pouvoir.
Il est « un exécutant impitoyable de la République islamique, sans considération aucun pour les droits humains », disait de lui l'ONG américaine United Against Nuclear Iran en 2024. Des groupes d'opposition l'ont aussi accusé d'avoir joué un rôle dans des exécutions de masse de prisonniers politiques en 1988.
Et selon Reporters sans frontières, qui rappelle par ailleurs qu'en 2024 il avait mordu un journaliste à l'épaule pendant un débat, l'homme a « du sang sur les mains ». « Si quelqu'un a mis le feu à une personne, l'a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement », avait-il déclaré mercredi lors de sa visite à la prison détenant des manifestants. En retardant l'échéance, « ça n'aurait pas le même effet », avait-il ajouté.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'aviation de guerre israélienne a conduit consécutivement deux séries de frappes jeudi après-midi dans la Békaa-Ouest, à Sohmor puis Machghara, sur quatre secteurs qu'elle avait appelés à évacuer au préalable. Aucun blessé n'a été signalé. Il s'agit de la troisième fois ce mois-ci que l'armée israélienne appelle à évacuer une zone avant de la bombarder, à l'heure où l'État hébreu insiste pour un désarmement rapide du Hezbollah dans tout le Liban.
Un peu plus tard, une série de frappes israéliennes a visé les hauteurs de Hermel, et plus précisément la région de Ras el-Assi, rapporte notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah. Contrairement aux frappes précédentes sur la Békaa, aucun avis d’évacuation n'a été émis.
L'aviation israélienne a d'abord bombardé et complètement détruit deux bâtiments à Sohmor séparés par plus d'un kilomètre de distance, plus d'une heure après avoir lancé des avis d'évacuation les concernant. L'un d'eux abritait plusieurs logements, précise notre correspondante dans la région Sarah Abdallah, tandis qu'une école publique située à proximité de l’autre bâtiment a subi d’importants dégâts.
Dans un message publié sur son compte X, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne Avichay Adraee a affirmé que ces bâtiments abritaient des « infrastructures militaires du Hezbollah ». Il a accompagné son message de deux cartes localisant en rouge les immeubles et appelé les habitants à s’en éloigner d’au moins 300 mètres. Peu avant les frappes, les habitants ont lancé un appel à l’armée libanaise pour qu’elle intervienne afin d’éviter le bombardement. En décembre, trois cas de fouilles de la troupe au Liban-Sud dans des lieux menacés par Israël avaient permis d’éviter des bombardements. Elles avaient eu lieu dans le cadre du comité de surveillance du cessez-le-feu, appelé « Mécanisme », dans lequel figurent notamment des représentants militaires et civils, israéliens et libanais.
L’armée israélienne a précisé que les frappes à Sohmor visaient le Hezbollah, qu’elle accuse de « violations répétées » de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur en novembre 2024. Peu après, des avis d’évacuation ont été émis pour deux bâtiments à Machghara, également bombardés plus d’une heure après.
La ministre de l’Éducation Rima Karamé a condamné « le bombardement israélien d’un bâtiment proche de l’école publique de Sohmor, qui accueille des centaines d’élèves, ainsi que d’un autre immeuble près d’une école à Machghara ». Elle a appelé « la communauté internationale et les pays influents à mettre fin à ces attaques qui ne ménagent ni les écoles ni les bâtiments résidentiels », en demandant « d’exercer une pression forte pour arrêter l’agression et la menace, et de protéger les bâtiments scolaires des opérations militaires ».
Dans la même journée, un hélicoptère israélien a largué une bombe sonore sur le quartier d’el-Massareb, dans la localité de Adaïssé (caza de Marjeyoun), pendant que des soldats de l’armée et de la Finul inspectaient deux habitations. Selon notre correspondant dans le Sud Mountasser Abdallah, une unité israélienne s’y était infiltrée à l’aube pour les faire exploser.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des soldats israéliens sont également entrés à Kfar Kila (Marjeyoun) pour dynamiter un immeuble endommagé pendant la dernière guerre avec le Hezbollah. Un hélicoptère israélien a en outre largué une grenade assourdissante à la périphérie du vieux quartier de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil).
Mercredi soir, un drone israélien a frappé une maison dans la zone de Hamoussié, à la périphérie de Blida et à quelques pas du village de Aïtaroun (Bint Jbeil). Cette attaque a détruit un relais internet installé sur le toit, entraînant une coupure des connexions dans le village.
Malgré la trêve normalement en vigueur depuis le 27 novembre 2024, l'armée israélienne continue de bombarder le Liban-Sud et la Békaa, affirmant cibler les mouvements et tentatives de reconstitution du potentiel militaire du Hezbollah. Ce dernier, qui a accepté de désarmer au sud du Litani, refuse de remettre son arsenal dans le reste du pays, comme cela est normalement prévu dans l'accord de trêve et la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU (2006). L'armée israélienne continue en outre d'occuper des positions en territoire libanais et mène régulièrement des incursions au nord de la Ligne bleue.
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