27.06.2026 à 08:39
Anderson Saldanha Bueno, Professor, Instituto Federal Farroupilha (IFFar)
Carlos A. Peres, Professor of Tropical Conservation Ecology, University of East Anglia
Chase Mendenhall, Conservation Scientist

Une étude menée dans 17 pays montre que de petits fragments forestiers peuvent abriter bien plus d’espèces d’oiseaux que leur taille ne le laisse penser lorsque leur environnement est favorable.
« Les grandes surfaces abritent davantage d’espèces. » Il s’agit de l’une des lois les plus solidement établies de l’écologie, qui explique pourquoi les grands espaces naturels bénéficient généralement d’une plus forte attention dans les stratégies de conservation. Dans les paysages fragmentés, cette logique a également conduit à considérer les petits fragments forestiers comme des milieux de moindre valeur pour la biodiversité.
Mais est-il possible d’augmenter le nombre d’espèces présentes dans un fragment forestier sans en accroître la superficie ? C’est ce qu’établit notre étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Lorsque l’environnement qui les entoure est favorable, de petits fragments forestiers peuvent abriter bien davantage d’espèces d’oiseaux que ce que leur seule superficie laisserait prévoir.
Les paysages forestiers transformés par les activités humaines sont composés de fragments forestiers de tailles variées, entourés d’autres types de milieux, regroupés sous le terme de matrice. Cette matrice peut être terrestre, comme les pâturages, les cultures agricoles ou les zones urbaines, ou aquatique, comme les réservoirs des barrages hydroélectriques.
Outre cette matrice, l’environnement des fragments peut également comprendre de la végétation arborée, notamment des arbres dispersés, des forêts riveraines ou d’autres fragments forestiers situés à proximité. Ensemble, la matrice et cette végétation arborée constituent l’environnement des fragments forestiers.
Pour comprendre le rôle de cet environnement, nous avons rassemblé des données portant sur près de 2 000 espèces d’oiseaux recensées dans plus d’un millier de vestiges forestiers tropicaux et subtropicaux, répartis dans 50 paysages de 17 pays d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. L’étude a comparé des fragments forestiers entourés de matrices terrestres modifiées par l’élevage, l’agriculture ou l’urbanisation à des îles forestières créées par des réservoirs hydroélectriques.
Les îles de réservoirs constituent un cas extrême de fragmentation en raison de l’hostilité écologique de la matrice qui les entoure. En les comparant à des fragments forestiers entourés de matrices terrestres, nous avons pu mesurer dans quelle mesure le remplacement d’une matrice aquatique par une matrice terrestre peut accroître le nombre d’espèces d’oiseaux dans des forêts de même superficie.
À l’aide d’images satellitaires, nous avons également mesuré la quantité de végétation arborée présente autour des vestiges forestiers à différentes distances, allant de 50 à 2 000 mètres. Cette approche nous a permis de déterminer jusqu’à quelle distance de la forêt l’augmentation de la couverture arborée exerce l’effet le plus important sur la richesse en espèces d’oiseaux.
Les fragments forestiers entourés de matrices terrestres abritaient davantage d’espèces que les îles de réservoirs. Cet écart augmente à mesure que la superficie du fragment diminue. Ainsi, un fragment forestier d’un hectare peut accueillir plus de deux fois plus d’espèces qu’une île de même taille.
La quantité de végétation arborée entourant les vestiges forestiers est également déterminante. Dans les fragments comme sur les îles, une plus grande présence d’arbres dans le paysage environnant – en particulier dans un rayon de 300 mètres – se traduit par un nombre moindre d’extinctions locales. Cet effet est encore plus marqué chez les oiseaux dépendant des milieux forestiers, qui sont les plus sensibles à la fragmentation des forêts.
Les oiseaux qui vivent dans des fragments forestiers ne sont pas nécessairement confinés à l’intérieur de ceux-ci. Plus la matrice est accueillante et plus la végétation arborée est abondante dans les environs, plus les espèces sont susceptibles de se déplacer entre les fragments et d’exploiter les ressources disponibles dans la matrice, comme les insectes ou le nectar des fleurs.
La capacité de voler ne garantit pas aux oiseaux une libre circulation à travers la matrice ou entre les zones forestières. Certaines espèces adaptées aux sous-bois ombragés de la forêt ont tendance à éviter les milieux ouverts. De plus, de nombreuses espèces se déplacent principalement à l’intérieur de la forêt, sans avoir besoin d’effectuer de longs vols. C’est pourquoi même de simples pistes en terre peuvent limiter les déplacements des oiseaux entre des fragments voisins.
Cette mobilité est pourtant essentielle à l’échelle du paysage. Des fragments forestiers où certaines espèces ont disparu localement peuvent être recolonisés par des individus provenant d’autres fragments. Pour que ce processus de recolonisation soit possible, deux conditions doivent être réunies : les espèces doivent pouvoir traverser la matrice et disposer de fragments forestiers proches ou d’éléments arborés servant de relais le long de leur trajet, comme des arbres isolés ou des forêts riveraines, qui facilitent les déplacements entre des fragments plus éloignés.
Dans les grands fragments forestiers, les espèces trouvent généralement suffisamment de nourriture, d’abris et d’espace pour se maintenir. Dans les petits fragments, en revanche, l’espace et les ressources disponibles peuvent être insuffisants pour soutenir de nombreuses populations d’oiseaux. Mais lorsque les oiseaux parviennent à exploiter des ressources situées en dehors du fragment et à rejoindre d’autres zones forestières, ils utilisent en réalité un territoire plus vaste que celui délimité par le fragment lui-même. C’est pourquoi les petits fragments bénéficiant d’un environnement favorable peuvent accueillir davantage d’espèces.
Or, la plupart des fragments forestiers sont de petite taille. Dans les régions tropicales et subtropicales, les paysages forestiers fragmentés sont constitués, dans leur immense majorité, de petits fragments. Dans la forêt atlantique d’Amérique du Sud, 80 % des fragments forestiers couvrent moins de cinq hectares. Autrement dit, la survie de la biodiversité dans les forêts résiduelles dépend largement de la qualité de leur environnement immédiat.
De modestes augmentations de la couverture arborée dans un rayon de 300 mètres autour des fragments forestiers peuvent réduire de manière significative la perte d’espèces. Cela signifie que des actions locales peuvent produire des bénéfices réels pour la biodiversité : planter des arbres, restaurer les forêts riveraines, réhabiliter les zones dégradées ou développer les systèmes agroforestiers – comme les plantations de café et de cacao – peut rendre les paysages productifs plus favorables à la faune sauvage.
Dans un monde où les habitats naturels continuent de se réduire, ce constat porte un message d’espoir.
La protection des forêts et des autres habitats naturels reste, et restera, la stratégie centrale de conservation de la biodiversité. Mais notre étude montre que les efforts de conservation ne doivent pas s’arrêter aux limites de la forêt. En combinant la protection des milieux forestiers avec l’amélioration de leur environnement immédiat, il est possible d’accroître la valeur de conservation des fragments forestiers, en particulier des plus petits, qui sont les plus fréquents dans les paysages transformés par les activités humaines.
La taille est un facteur crucial, mais elle ne fait pas tout : ce qui se trouve à l’extérieur du fragment forestier contribue aussi à déterminer le nombre d’espèces qu’il peut abriter.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
25.06.2026 à 15:27
Júlia de Freitas Sampaio, Postdoctoral researcher, University of Luxembourg
Alors que les populations d’une large partie de l’Europe suffoquent sous une vague chaleur sans précédent, l’urgence est d’adopter enfin des mesures coordonnées au plus haut niveau pour faire face à ces températures extrêmes.
Nous ne sommes qu’en juin, mais l’Europe subit déjà sa deuxième vague de chaleur extrême en deux mois. Les températures ont dépassé les 44 °C dans plusieurs régions du continent. Des alertes canicule sont désormais en vigueur dans plusieurs pays, dont six au niveau rouge, le plus extrême.
La France a placé 72 de ses 96 départements en alerte rouge. Au moins 40 personnes se sont noyées en tentant d’échapper à la chaleur.
En Espagne, les températures ont atteint un pic de 45,1 °C, avec 101 décès liés à la chaleur recensés rien qu’au mois de mai, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré pour ce mois.
Le Royaume-Uni a battu son record historique de température pour le mois de juin. Les villes ferment les écoles, les réseaux électriques sont mis à rude épreuve et les hôpitaux signalent une forte augmentation des urgences liées à la chaleur.
Mais rien de tout cela n’aurait dû être une surprise.
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre, à un rythme environ deux fois supérieur à la moyenne mondiale, et les scientifiques alertent depuis des décennies sur le fait que le changement climatique d’origine humaine allait rendre les vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses. Les projections actuelles prévoient que les cinq prochaines années battront encore davantage de records, faisant de ce phénomène une « nouvelle norme ».
Les étés que les Européens ont connus dans leur enfance n’existent plus. Les vagues de chaleur extrême ne constituent plus une anomalie, mais la nouvelle référence. Autrement dit, la question n’est plus de savoir si ces vagues de chaleur reviendront, mais si les villes européennes seront capables d’y résister.
Les vagues de chaleur extrêmes font plus de victimes en Europe que tout autre phénomène climatique.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 175 000 personnes meurent chaque année à cause de la chaleur sur l’ensemble du continent européen.
Malgré ces chiffres, les températures extrêmes n’ont pas été traitées avec la même urgence que d’autres catastrophes, telles que les tempêtes, les feux de forêt ou les inondations. La plupart des gouvernements continuent d’improviser sans réponse coordonnée face aux vagues de chaleur extrême, celles-ci étant encore trop souvent considérées comme un simple désagrément météorologique plutôt que comme un danger mortel.
Ce cadrage commence toutefois à évoluer. Lors de la COP30, le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (NDRR) a lancé un nouveau cadre de gouvernance des risques liés aux vagues de chaleur extrême. Il a officiellement reconnu la canicule comme l’une des menaces climatiques les plus meurtrières et les moins bien gérées à l’heure actuelle.
Bien que ce cadre constitue un pas en avant, des décennies de politiques fragmentées, une réflexion axée sur les crises à court terme et un sous-investissement chronique dans les services publics ont laissé l’Europe dangereusement exposée.
En conséquence, chaque été qui s’écoule sans progrès significatifs est un été de plus qui coûtera des vies humaines.
Un rapport récent de la Commission britannique sur le changement climatique a fait valoir que le pays a été conçu pour un climat qui n’existe plus, avertissant que les températures dépassant les 40 °C deviennent de plus en plus courantes. On pourrait en dire autant de pratiquement tous les pays européens.
Les villes ont été conçues pour une autre époque, avec des routes, des trottoirs et des bâtiments en béton qui absorbent et retiennent la chaleur plutôt que de la réfléchir, transformant les zones urbaines en véritables fournaises dont la température est supérieure de quatre à six degrés par rapport à leur environnement.
Plusieurs villes européennes ont déjà pris des mesures. Par exemple, Paris s’est engagée à planter 170 000 arbres dans les espaces publics, et Marseille procède au débitumage de places historiques et cartographie les itinéraires piétonniers ombragés.
Certains pays prennent des mesures en remplaçant les revêtements routiers classiques par des surfaces rafraîchissantes et de la peinture routière réfléchissante, en repensant les codes de construction et les espaces publics dans une optique de refroidissement passif.
Mais aucune de ces mesures ne s’attaque au problème sous-jacent. L’Europe continue d’être largement alimentée par les énergies fossiles, et ses systèmes alimentaires, son parc immobilier et ses réseaux de transport ont tous un lourd bilan carbone.
L’empreinte carbone de l’Union européenne (UE) s’élève à environ 9 tonnes équivalent CO₂ par personne et par an, ce qui est bien supérieur à la moyenne mondiale, qui est d’environ 5 tonnes.
Des progrès sont certes en cours, mais leur rythme n’est pas assez rapide.
Voyager en train reste plus cher que l’avion sur de nombreux itinéraires. Les normes de construction autorisent encore celle de bâtiments qui deviendront bientôt inhabitables. Les « îlots de fraîcheur » urbains, les cheminements ombragés dans l’espace public et les actions de proximité proactives auprès des personnes âgées vivant seules restent l’exception plutôt que la règle.
À lire aussi : « Refuges climatiques » : pourquoi l’Espagne est déjà une référence mondiale en matière de lutte contre les chaleurs extrêmes
Des plans d’action en cas de canicule existent dans certaines villes, mais peu d’entre eux sont juridiquement contraignants. Encore moins de localités disposent des budgets nécessaires pour concrétiser leurs ambitions.
Les actions individuelles ont leur importance – manger moins de viande ou prendre moins l’avion font certes une différence à grande échelle, mais le compte à rebours continuera tant que les émissions ne seront pas réduites à la source.
Les actions individuelles ne peuvent se substituer à des changements systémiques que seuls les gouvernements et les institutions sont en mesure de mettre en œuvre.
En matière de changement climatique, l’adaptation et l’atténuation doivent aller de pair. Aucun de ces deux volets ne saurait attendre.
L’UE prépare une stratégie de résilience climatique qui devrait être présentée fin 2026 et introduire des règles juridiquement contraignantes et des outils de suivi afin de coordonner les actions entre les États membres. C’est un pas dans la bonne direction.
Mais, comme le montre clairement la vague de chaleur de cette semaine, le fossé entre ce qui est prévu et ce qui se passe déjà sur le terrain ne cesse de se creuser rapidement.
La question n’est pas seulement de savoir comment faire face à la prochaine vague de chaleur, mais surtout de savoir comment gouverner, financer et reconstruire un continent qui vit déjà dans un futur différent.
Júlia de Freitas Sampaio ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
25.06.2026 à 14:28
Marcos Rodrigues Mimbrero, Profesor Titular en Análisis Geográfico Regional, Universidad de Zaragoza; AXA Research Fund
Jorge Félez Bernal, Assistant researcher, Universidad de Concepción

L’ampleur des dégâts causés par les feux de forêt ne cesse de s’aggraver à l’échelle mondiale. Les incendies dangereux sont plus intenses et plus fréquents, alimentés à la fois par le changement climatique et par l’empreinte humaine sur les paysages – dont on parle moins, mais qui est également très importante.
Pour prévenir les dégâts, il faut pouvoir évaluer précisément les risques, notamment les trajectoires et l’évolution des mégafeux.
Les données mettent en évidence une tendance claire : nous sommes confrontés à des feux de forêt de plus en plus dévastateurs qui provoquent des catastrophes d’une ampleur jusqu’alors inconnue. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, 3 770 kilomètres carrés de terres brûlent en moyenne en Europe, chaque année, et 45 000 personnes ont été déplacées à cause des feux de forêt entre 2008 et 2023. Ceci entraîne des pertes annuelles estimées à 2,5 milliards d’euros dans l’Union européenne.
Au cours de l’été 2025, l’Europe a connu les incendies de forêt les plus violents de ces deux dernières décennies en termes de superficie brûlée. Des incendies violents sur la péninsule ibérique ont ravagé 6 720 kilomètres carrés de terres, faisant le triste bilan de huit victimes.
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À l’autre bout du globe, le Chili a également connu des incendies stupéfiants, qui ont entraîné des catastrophes particulièrement douloureuses. En février 2024, l’incendie de Valparaíso-Viña del Mar a coûté la vie à 136 personnes et détruit près de 7 000 habitations. De même, en janvier dernier, à Concepción–Penco, un autre incendie a tué 21 personnes et rasé plus de 2 000 habitations.
Il est essentiel de comprendre le potentiel de ces incendies à dévaster les communautés et les écosystèmes. Par conséquent, les recherches récentes en pyrogéographie se concentrent sur l’analyse du comportement du feu à différentes échelles spatiales et temporelles.
Dans ce contexte, deux approches technologiques sont particulièrement efficaces pour évaluer les impacts des incendies. En premier lieu, la télédétection (imagerie satellite, capteurs thermiques, plateformes aériennes), qui est essentielle pour reconstituer les impacts passés, pour la détection précoce et la surveillance en temps réel des feux en cours. Ensuite, les outils de simulation et de prévision, qui nous permettent d’identifier les configurations du paysage favorisant l’embrasement et la propagation du feu, et de comprendre la complexité des feux de forêt.
L’idée est d’utiliser ces connaissances pour participer à l’aménagement du territoire, afin de faire face aux risques croissants de feux de forêt et de mégafeux qui menacent nos communautés.
Pour quantifier l’ampleur de ces événements, nous exploitons l’imagerie satellite et des outils analytiques avancés afin d’évaluer deux variables principales : l’intensité et la sévérité des mégafeux.
L’intensité mesure la puissance du feu, c’est-à-dire le taux de libération d’énergie pendant la combustion, et aide à localiser les points chauds thermiques.
La sévérité évalue les conséquences : les dégâts matériels laissés dans le sillage de l’incendie.
En analysant des bandes spectrales spécifiques, nous pouvons par exemple quantifier la chute drastique de la productivité végétale, mesurant ainsi efficacement les difficultés de l’écosystème à se régénérer.
Les récents incendies de Barroca Grande (Portugal, août 2025) et des Trinitarias (Chili, janvier 2026) sont de bons exemples.
En combinant les données thermiques FIRMS de la Nasa et les images Copernicus Sentinel-3 de l’Agence spatiale européenne (ESA), nous pouvons visualiser la crise des incendies à la fois dans l’espace et dans le temps. Ces images révèlent une réalité stupéfiante : des panaches de fumée s’étendant sur des centaines de kilomètres dans l’atmosphère.
Les données d’intensité révèlent que plus de 95 % de la superficie totale finalement touchée a brûlé en une seule journée au Chili, le 18 janvier. C’est la définition même d’un « comportement explosif du feu » : des événements si rapides qu’ils dépassent les capacités des efforts traditionnels de lutte contre les incendies.
Au-delà de la chaleur immédiate, notre analyse de la sévérité fournit des indicateurs essentiels aux efforts de reconstruction. Au Portugal, 57 782 hectares ont été calcinés.
En recoupant ces niveaux de dégâts avec les types de combustibles, les conditions météorologiques locales et la topographie, nous pouvons concevoir des plans de restauration écologique précis et aider le secteur agricole à se reconstruire d’une manière qui, espérons-le, sera plus résiliente face aux futurs incendies.
Dans le domaine de l’évaluation et de la gestion des risques d’incendie, deux stratégies prédominent.
La plus courante repose sur des évaluations à court terme : les indices quotidiens de risque d’incendie que l’on voit aux informations combinent les dangers météorologiques actuels et la vulnérabilité locale. C’est, par exemple, le principe de base du Système européen d’information sur les incendies de forêt (EFFIS).
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À l’autre extrémité du spectre se trouve un outil plus stratégique appelé « simulation quantitative ». Plutôt que de se concentrer sur ce qui pourrait se passer demain (ou ce qui se passe actuellement), cette approche utilise des techniques de modélisation avancées pour orienter la planification à long terme et l’atténuation des risques.
Pour anticiper les effets possibles de saisons plus chaudes et plus sèches, ainsi que ceux de la transformation des paysages (par exemple, l’abandon des terres), nous évaluons l’exposition aux mégafeux en combinant la modélisation empirique (qui tire les leçons des feux qui se sont réellement produits dans l’histoire et de leur comportement) et la modélisation stochastique (qui utilise des algorithmes complexes pour simuler des milliers de scénarios hypothétiques).
Concrètement, nous étudions les incendies passés pour évaluer dans quelle mesure un paysage est susceptible de favoriser ou de freiner de futurs incendies, et déterminer dans quelle mesure nous y sommes potentiellement exposés, ou à quel point nous sommes menacés par ceux-ci. Pour quantifier cette exposition, nous identifions d’abord les facteurs spécifiques à l’origine des départs de feu : d’origine humaine ou naturelle. Ensuite, nous déclenchons des milliers d’incendies théoriques sur un « jumeau numérique » du paysage.
Nous exécutons ces simulations sous divers scénarios climatiques afin de générer des schémas réalistes d’exposition aux incendies. Il en résulte un ensemble d’indicateurs clairs et exploitables, qui nous indiquent non seulement où un incendie est susceptible de se déclarer, mais aussi quelle sera sa virulence.
Cette transition d’une approche réactive à une approche proactive nous permet de mettre en œuvre des stratégies plus efficaces. Qu’il s’agisse de réorganiser les combustibles forestiers, de mettre à jour les codes de construction urbains ou de concevoir des quartiers résistants au feu, ces décisions s’appuient sur des données.
Le véritable test de ces technologies a lieu lors d’une situation d’urgence. Dans un contexte opérationnel, la modélisation de la propagation des incendies passe d’une planification stratégique à une course contre la montre.
Le programme WIFIRE de l’Université de Californie à San Diego, par exemple, fournit des informations en temps réel aux équipes d’intervention en cas d’incendie de forêt.
En intégrant des données satellitaires en temps quasi réel à des prévisions météorologiques de haute résolution, les chercheurs peuvent générer des projections qui prédisent la trajectoire d’un incendie dans les heures à venir.
L’un des outils les plus efficaces dans le cadre d’une évacuation opérationnelle est l’utilisation d’« isochrones » – des courbes de niveau sur une carte qui représentent l’heure d’arrivée prévue du feu (par exemple, 30, 60 ou 90 minutes à partir de la position actuelle).
La superposition de ces courbes de niveau sur des points de déclenchement (crêtes, routes ou repères spécifiques) permet aux responsables des services d’urgence d’automatiser le processus décisionnel.
Le mécénat scientifique d’AXA fait désormais partie du Fonds Axa pour le progrès humain, qui regroupe les engagements philanthropiques du Groupe et des mutuelles d’assurance Axa dans les domaines de la science, de la nature, de la solidarité et de la culture. Avant 2025, ce mécénat scientifique global était assuré par le Fonds Axa pour la recherche, qui a soutenu plus de 750 projets à travers le monde depuis sa création en 2007. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Fonds Axa pour le progrès humain.
Marcos Rodrigues Mimbrero a reçu des financements du Ministerio de Ciencia, Innovación y Univesidades, de l'Agencia Estatal de Investigación et du Fonds Axa pour le progrès humain.
Jorge Félez Bernal a reçu des financements du Fonds Axa pour le progrès humain.