20.06.2026 à 12:49
L’Europe veut libérer le potentiel des données de santé
20.06.2026 à 12:49
L’Europe veut libérer le potentiel des données de santé
La souveraineté numérique est devenue un objectif central de la politique européenne. Au-delà de l’intelligence artificielle, des semi-conducteurs et du cloud computing, ou « informatique dématérialisée », le débat s’étend désormais à l’une des catégories d’information les plus sensibles détenues par les gouvernements : les données de santé, qui sont collectées par les hôpitaux, l’assurance-maladie, les laboratoires d’analyses médicales et les institutions publiques.
Pour mieux anticiper les risques de santé publique, suivre les épidémies, allouer les ressources, l’Union européenne a adopté la création d’un Espace européen des données de santé, qui entrera en application de manière différée à partir de mars 2027 et qui soulève de nombreuses questions de gouvernance, bien au-delà de la protection de la vie privée.
Avec son Espace européen des données de santé (EEDS), l’Union européenne (UE) est confrontée à un défi de taille : comment exploiter la valeur scientifique et économique des données de santé, tout en garantissant la sécurité de l’infrastructure qui les héberge et son alignement sur les intérêts et les valeurs européennes ?
L’expérience française, avec le Health Data Hub (HDH), montre que la gouvernance des données de santé ne se limite plus à la protection de la vie privée ou à la cybersécurité. Elle concerne également l’infrastructure, la souveraineté et le contrôle démocratique.
À mesure que l’EEDS passe de la législation à la mise en œuvre, l’UE devra décider si la souveraineté numérique est simplement une ambition politique ou un principe qui façonne véritablement son avenir numérique.
Les données de santé sont de plus en plus reconnues comme une ressource stratégique pour les systèmes de santé, les institutions de recherche et les décideurs politiques.
Leur analyse à grande échelle permet de dégager des connaissances qui améliorent la prévention des maladies, favorisent des traitements plus efficaces et renforcent la prise de décision en matière de santé publique.
L’accès à de vastes ensembles de données joue également un rôle croissant dans le développement d’applications d’intelligence artificielle, qui s’appuient sur d’importants volumes de données de haute qualité pour identifier des tendances, améliorer les diagnostics et soutenir la médecine personnalisée.
Les avantages potentiels dépassent le cadre de la recherche scientifique. Les données de santé peuvent aider les gouvernements à anticiper les risques pour la santé publique, à évaluer les politiques de santé et à allouer les ressources plus efficacement. La pandémie de Covid-19 a démontré l’importance d’un accès rapide à l’information sanitaire pour surveiller les épidémies et orienter les réponses de santé publique.
Face à la reconnaissance croissante de la valeur des données de santé, les gouvernements cherchent de plus en plus à faciliter leur utilisation tout en préservant la confidentialité et en maintenant la confiance du public. Les informations de santé figurant parmi les catégories de données personnelles les plus sensibles, les questions de gouvernance, de sécurité et de responsabilité sont devenues centrales dans les discussions sur les initiatives de partage de données.
Le défi consiste non seulement à exploiter les avantages des données de santé, mais aussi à garantir que les systèmes qui gèrent ces données restent fiables et conformes à l’intérêt public.
Lancé en 2019 en France, le Health Data Hub a été conçu pour centraliser l’accès aux données de santé à des fins de recherche, d’innovation et de politiques publiques. Cette initiative visait à résoudre un problème persistant : la fragmentation des informations de santé, entre hôpitaux, assurance-maladie, laboratoires, assurances et institutions publiques, limitait la recherche à grande échelle et la prise de décision fondée sur les données.
La plateforme permet aux chercheurs et aux institutions publiques agréés d’accéder aux ensembles de données de santé et de les analyser dans un cadre réglementé. Les données sont pseudonymisées avant utilisation (pour éviter la réidentification des patients) et les demandes d’accès sont soumises à des procédures de contrôle. L’objectif est de faciliter la recherche médicale, la surveillance épidémiologique et l’innovation dans le secteur de la santé, tout en garantissant la protection de la vie privée.
Pour déployer rapidement la plateforme, le gouvernement français a initialement choisi Microsoft Azure comme fournisseur de services cloud. Cette décision a immédiatement suscité la controverse. Les critiques ont fait valoir que l’hébergement de données de santé sensibles chez une entreprise états-unienne pourrait exposer les informations des citoyens européens à des demandes d’accès en vertu de la législation des États-Unis, notamment du Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (dit CLOUD Act) . Les inquiétudes se sont accrues après l’arrêt Schrems II de 2020 portant sur l’encadrement des transferts de données à destination des États-Unis, qui a soulevé des questions quant à la protection des données européennes traitées par des entreprises américaines.
La controverse ne portait pas uniquement sur la localisation des serveurs. Les fournisseurs de services cloud gèrent des infrastructures critiques, notamment le stockage, le chiffrement, les environnements informatiques et les contrôles d’accès. Bien que les données du Health Data Hub soient hébergées en Europe, les critiques ont soutenu que la dépendance à l’égard d’un fournisseur non européen créait des vulnérabilités juridiques et stratégiques que les seules mesures techniques ne pouvaient éliminer.
Le débat est rapidement devenu le symbole d’une préoccupation européenne plus large : les infrastructures numériques stratégiques doivent-elles rester dépendantes de fournisseurs de technologies étrangers ?
Afin de répondre à cette préoccupation, la France a annoncé fin avril 2026, que le Health Data Hub migrait vers le fournisseur de services cloud français Scaleway.
L’Espace européen des données de santé vise (EEDS) à étendre la logique du Health Data Hub (HDH) à l’ensemble de l’Union européenne. Il a pour objectif de faciliter l’utilisation des données de santé pour les soins aux patients ainsi que leur utilisation secondaire à des fins de recherche, d’innovation et d’élaboration de politiques publiques.
Concrètement, ce cadre devrait simplifier l’accès et le partage des dossiers médicaux électroniques entre les États membres, tout en permettant aux chercheurs et aux institutions publiques de travailler avec de vastes ensembles de données transfrontalières sous des règles de gouvernance communes. Les décideurs européens considèrent l’EEDS comme un élément clé de la stratégie numérique de l’UE et un outil pour renforcer la compétitivité dans les domaines de l’intelligence artificielle et des biotechnologies.
À lire aussi : L’AI Act, ou comment encadrer les systèmes d’IA en Europe
À bien des égards, le Health Data Hub peut être considéré comme un précurseur de ce modèle. Les deux initiatives reposent sur le constat que la fragmentation des données limite l’innovation et les capacités de santé publique. Toutes deux s’appuient sur le partage sécurisé d’informations médicales sensibles. Et toutes deux soulèvent des questions de gouvernance, de confiance et de souveraineté.
L’expérience française met en lumière les défis que l’Espace européen des données de santé devra relever à l’échelle européenne.
Premièrement, l’Europe reste fortement dépendante d’un petit nombre de fournisseurs de services cloud non européens. Même lorsque les données sont stockées en Europe, des inquiétudes persistent quant à leur accès extraterritorial dans le cadre de législations étrangères.
Deuxièmement, la confiance du public demeure essentielle. Les données de santé figurent parmi les informations personnelles les plus sensibles, et l’acceptation par le public des initiatives de partage de données dépend de la confiance dans la transparence, la responsabilité et le contrôle.
Enfin, les décideurs politiques doivent concilier innovation et droits fondamentaux. L’Espace européen de données de santé promet des avantages considérables pour la recherche médicale et le développement de l’intelligence artificielle, mais la réutilisation massive des données soulève également des inquiétudes quant au détournement d’usage, aux rapports de force inégaux entre les institutions publiques et les entreprises technologiques et au contrôle démocratique. Des travaux récents ont également souligné l’importance de la gouvernance, de la transparence et de la confiance du public pour la légitimité ou le bien-fondé à long terme des initiatives européennes de partage de données de santé.
Antoine Boutet reçoit des financements du Projet Interdisciplinaire sur la Vie Privée (IPoP) du PEPR Cybersécurité (ANR-22-PECY-0002).
Pankaj Raj reçoit des financements de MIAI @ Grenoble Alpes (ANR-23-IACL-0006) et du Projet Interdisciplinaire sur la Vie Privée (IPoP) du PEPR Cybersécurité (ANR-22-PECY-0002).
19.06.2026 à 14:57
Un cimetière de baleines vieux de 5,3 millions d’années découvert au fond de l’océan Indien
Dans le sud-est de l’océan Indien, une équipe de chercheurs a découvert un vaste cimetière de baleines vieux de plus de 5 millions d’années. Avec près de 500 fossiles recensés, il constitue l’un des plus importants sites de ce type jamais identifiés dans les grands fonds.
Lorsqu’une baleine meurt, un phénomène naturel très particulier peut se mettre en place. Sa carcasse peut flotter quelque temps à la surface, attirant requins et autres prédateurs. Puis, à mesure qu’elle se décompose, elle commence à couler, traversant la colonne d’eau jusqu’à se déposer sur les fonds marins, où les charognards des profondeurs viennent s’en nourrir.
Les observations scientifiques de ces « chutes de baleines » restent rares et fragmentaires. Pourtant, une équipe de chercheurs dirigée par Xiaotong Peng, de l’Académie chinoise des sciences, a découvert une vaste et ancienne nécropole de baleines dans la zone de fracture Diamantina, dans le sud-est de l’océan Indien.
Ce site, décrit dans une nouvelle étude publiée dans Nature, remonte à plus de cinq millions d’années. Il constitue l’un des écosystèmes liés aux « chutes de baleines » les plus profonds jamais découverts dans le monde.
Lors d’une mission de plongée menée en février 2023 à bord du submersible Fendouzhe, les scientifiques ont découvert d’importants amas de squelettes et de fossiles de baleines, partiellement enfouis dans les sédiments des fonds marins.
À la suite de cette première découverte, l’équipe a effectué 32 autres plongées au cours du mois suivant afin de cartographier l’étendue de cette nécropole. Celle-ci s’étendait sur environ 1 200 kilomètres le long du plancher océanique, à des profondeurs comprises entre 4 200 et 7 000 mètres. Les chercheurs y ont recensé 476 fossiles de baleines ainsi que cinq « chutes de baleines » récentes.
Ces « chutes de baleines » grouillaient d’étranges créatures, parmi lesquelles des méduses, des ophiures et des vers foreurs d’os, dont beaucoup pourraient être des espèces encore inconnues de la science, selon les chercheurs.
Parmi les 43 fossiles récupérés, l’équipe a identifié cinq espèces de baleines à bec, dont la baleine à bec d’Andrews (Mesoplodon bowdoini) et la baleine à dents en lanières (Mesoplodon layardii), deux espèces connues pour fréquenter cette région, ainsi qu’une espèce de baleine à fanons : le rorqual de Rudolphi (Balaenoptera borealis).
La découverte la plus importante est celle d’un petit rorqual antarctique mort, long de cinq mètres, que les chercheurs ont identifié grâce à la forme caractéristique de son os de l’oreille ainsi qu’à des analyses génétiques. L’équipe a également identifié une nouvelle espèce de baleine aujourd’hui éteinte, baptisée Pterocetus diamantinae.
La datation isotopique, qui repose sur la désintégration d’isotopes radioactifs, a révélé que les fossiles les plus anciens du site remontent à environ 5,3 millions d’années.
La forte concentration de restes de baleines dans cette région soulève une question : comment un tel cimetière s’est-il formé ? Selon les auteurs de l’étude, l’explication tient probablement à la topographie en forme de V de la zone de fracture Diamantina, qui canalise les carcasses vers le fond marin, ainsi qu’au fait que de nombreuses espèces de baleines à bec plongeant à grande profondeur sont connues pour fréquenter cette partie de l’océan.
Ces travaux approfondissent notre compréhension des chutes de baleines et des écosystèmes extraordinaires qu’elles soutiennent. Ils enrichissent également nos connaissances sur les baleines à bec, des espèces vivant généralement au large des côtes, capables de plonger régulièrement jusqu’à un kilomètre de profondeur et de retenir leur souffle pendant plus d’une heure.
La découverte de fossiles vieux de cinq millions d’années offre une fenêtre évolutive sur l’histoire des baleines à bec, depuis le Pliocène jusqu’à aujourd’hui.
Cette recherche constitue aussi un rappel salutaire de tout ce que nous ignorons encore des profondeurs océaniques : lorsqu’on part à la recherche de quelque chose, on peut le trouver… mais aussi découvrir bien davantage que ce que l’on espérait.
Vanessa Pirotta ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
18.06.2026 à 17:06
Maintenant que la Coupe du monde masculine de football a démarré, vous avez peut-être déjà regardé au moins un match. Si un gardien réalise un arrêt spectaculaire où il arrive à capter la balle alors que l’attaquant est très proche de sa cage, il y a fort à parier que le commentateur qualifie ce geste d’« arrêt réflexe ». Mais s’agit-il vraiment d’un réflexe au sens biologique du terme ?
La notion de réflexe est encore trop souvent utilisée de manière inadaptée. Ce malapropisme, très fréquent dans le domaine sportif (football, handball, sports de combat, etc.), s’illustre notamment chez les entraîneurs ou les formateurs par des expressions telles que « il faut adopter les bons réflexes » ou « il faut améliorer ses réflexes ». Ces exemples montrent qu’aujourd’hui encore beaucoup de personnes n’utilisent pas le bon terme, par manque d’informations, et commettent ainsi très souvent cette erreur lexicale.
Qu’est-ce qu’un réflexe ? De manière générale, l’organisme humain est capable de produire une grande variété de mouvements. Trois grands types de mouvements se différencient selon le niveau d’implication du système nerveux central (encéphale et moelle épinière) qui a pour fonction, notamment, d’organiser les commandes motrices.
Cette organisation hiérarchisée permet ainsi de caractériser et de déterminer ces trois niveaux de mouvements, et cela en fonction de leur complexité.
Un mouvement dit volontaire est un mouvement consciemment programmé, exécuté et contrôlé de manière intentionnelle par des séquences motrices complexes générées par les centres nerveux supérieurs (comme le cerveau).
Sa réalisation relève principalement de quatre étapes : la phase de réception des stimulations sensorielles (sensation), de leur intégration et traitement (perception), la phase de préparation et de planification qui se base sur l’analyse multisensorielle du contexte et la prise de décision, celle de programmation regroupant l’ensemble des stratégies motrices et le choix de l’acte moteur et, enfin, la phase d’exécution comportant l’initiation, le contrôle, l’ajustement et la finalité du mouvement.
Ces différentes étapes illustrent la capacité du sujet à percevoir une information et à agir en conséquence plus ou moins rapidement selon son niveau d’expertise. Concrètement, plus le sujet est expert, plus son temps de réaction (entre la perception et l’action) sera court.
Les mouvements volontaires, tels que saisir un objet, pousser un ballon du pied ou arrêter un pénalty sont acquis et donc très perfectibles, grâce à l’apprentissage et à l’expérience du sujet. L’ensemble de ces mouvements volontaires sont automatisables grâce à la répétition et l’entraînement.
Un mouvement automatique ou automatisé constitue une habileté motrice créée et affinée par la répétition de l’acte moteur (mouvement volontaire) illustrant notamment le contrôle efficient du mouvement et l’expertise du sujet, et cela, de la rapidité de la prise d’information à l’exécution du mouvement (temps de réaction). Ce processus d’automatisation repose sur l’effet de l’apprentissage procédural, fruit de la pratique. Il devient dans ce cas stéréotypé et reproductible.
Sa faible latence fait que, très souvent, les personnes font l’erreur de parler de réflexes alors que ce n’en est pas un. C’est le cas pour « l’arrêt réflexe » du gardien de but, l’esquive en boxe ou lorsque l’on met les mains en avant ou en arrière lors d’une chute.
Claude Bonnet, professeur de psychologie cognitive expérimentale, explicite cette notion pour la première fois en 1986 :
« L’automaticité d’un geste est considérée comme acquise lorsqu’il peut se réaliser à bas niveau de vigilance, sans intention (sans y penser), avec une grande efficacité et qu’il résiste aux modifications. L’attention libérée s’oriente alors vers un niveau hiérarchique plus élevé de l’organisation de l’action, le plus souvent, la planification s’étend plus loin dans le futur. »
La marche constitue un exemple très concret de mouvement automatique. Nous sommes en effet capables, sauf cas particulier, de marcher tout en parlant sans devoir réfléchir aux contractions musculaires nécessaires pour avancer.
Le mouvement dit réflexe représente les mouvements les plus élémentaires de la motricité. Contrairement aux mouvements volontaires et automatiques, qui nécessitent une décision consciente, les réflexes se déclenchent automatiquement afin de protéger l’organisme ou de maintenir son équilibre (par exemple, le retrait de la main si l’on touche une surface trop chaude).
Il est possible de les définir comme des réponses motrices innées, c’est-à-dire non acquises par la pratique et l’apprentissage. Ces réponses motrices innées sont provoquées par des stimuli sensoriels spécifiques alimentant des circuits spinaux courts et non contrôlés par la volonté.
Les mouvements réflexes s’assimilent donc à une réponse motrice involontaire, rapide et prévisible, à savoir stéréotypée en réponse à un stimulus. Il est impossible de les contrôler et encore moins de les maîtriser spécifiquement, et cela, bien que les réflexes fassent partie intégrante de la motricité. Leur fonction principale est de permettre une réaction d’urgence face à un événement qui peut nuire à l’intégrité physique de l’individu. C’est pourquoi la réponse motrice est très rapide. La toux, l’éternuement, le clignement des yeux constituent autant d’exemples d’actions réflexes.
Les réflexes sont généralement inconscients et associés le plus souvent à des fonctions dites « automatiques ». En effet, « certaines actions réflexes prennent progressivement l’allure d’actions nées de l’habitude et ne peuvent guère s’en distinguer » (Charles Darwin, 1872). C’est pourquoi la distinction avec le mouvement automatique s’avère parfois difficile, car celui-ci est souvent assimilé, de manière erronée, à un réflexe.
Le langage d’un certain nombre de formateurs ou d’entraîneurs ne dit pas autre chose lorsqu’il propose à un sujet « d’améliorer » ses réflexes, alors qu’il lui propose en réalité de diminuer son temps de réaction nécessaire à l’apport d’une réponse à un stimulus donné.
Fruit d’un entraînement intensif ou d’une pratique quotidienne, habituelle, le mouvement automatique se révèle généralement plus complexe. Ce que l’on nomme de manière erronée « réflexe » est en réalité la production d’un mouvement très rapide, et le plus souvent efficace, surtout chez l’expert. Ce mouvement est aussi le fruit d’un traitement de l’information. Par exemple, lors d’un pénalty, le gardien de but anticipe la trajectoire supposée du ballon par la prise en compte de l’orientation de la course d’élan du tireur, de la pose du pied d’appui, de l’orientation du buste, etc.
Alors, non, nous ne pouvons pas améliorer nos réflexes. En revanche, grâce à l’entraînement, nous pouvons sans problème travailler sur nos réponses motrices automatisées (Cf. plus haut, mouvement volontaire et mouvement automatique) par l’amélioration de notre temps de réaction, à savoir la vitesse à laquelle notre cerveau détecte une information et décide d’agir, mais également par notre capacité à exécuter rapidement et efficacement un mouvement adapté à la situation.
Dire qu’une personne a de bons réflexes est tout à fait inapproprié. L’action du sujet soi-disant doté de bons réflexes relève en fait de l’anticipation et de la prédiction de trajectoire. Le cerveau est un générateur d’hypothèses, il est en effet capable de prédiction. Cela permet ainsi au sujet la mise en place de gestes préparatoires, d’ajustements posturaux anticipés intégrant dans la production de l’action les conséquences sensorielles attendues de cette action. Le sujet va donc anticiper sur les conséquences de l’action en utilisant la mémoire du passé, et plus particulièrement ici la mémoire dite procédurale. C’est ce qui fait notamment la différence entre un sujet novice et un sujet expert.
Laura Wallard ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.