l'Observatoire National de l’Extrême Droite (ONDE), observe, décrypte et déconstruit ce courant de pensée.
15.06.2026 à 14:24
Par Nicolas Cadène, membre du Conseil scientifique de l’ONED* Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue
L’article La croix comme arme : quand le RN instrumentalise la laïcité… et le catholicisme est apparu en premier sur Observatoire national de l’extrême-droite.
Par Nicolas Cadène, membre du Conseil scientifique de l’ONED*
Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue Marie », en réponse au rejet de son amendement visant à interdire le port du voile à d’autres élues.
L’absurdité et l’incohérence n’appellent aucun commentaire. La manipulation, elle, mérite d’être nommée.
Commençons par les principes, parce que la confusion est entretenue volontairement. Un élu local n’est pas un agent public. Il n’est pas soumis à l’obligation de neutralité religieuse dans l’exercice général de son mandat. Il est le représentant du peuple, élu sur la base de convictions politiques, avec également parfois des convictions philosophiques ou religieuses assumées. Une religieuse peut être conseillère municipale. Un pasteur, un imam, un rabbin, un moine le peuvent aussi. Pour ce dernier cas, c’est d’ailleurs encore une réalité dans certains villages. La laïcité française n’a jamais exigé qu’ils se dépouillent de ce qu’ils sont pour siéger dans une assemblée délibérante.
Il existe une exception à la liberté de l’élu·e : lorsqu’un·e élu·e exerce une fonction administrative déterminée. Un·e maire qui célèbre un mariage est officier d’état civil : il ou elle est alors soumis·e au principe de neutralité. Un·e adjoint·e qui représente officiellement la commune et ses fonctionnaires lors d’une cérémonie religieuse doit s’abstenir de manifester une adhésion personnelle au culte. Ces nuances sont précises, bornées, et fondées sur une jurisprudence constante, rappelée notamment par le Conseil d’État et par la Cour de cassation. Cette dernière a d’ailleurs jugé qu’un maire qui prive de parole une conseillère municipale au motif qu’elle porte un signe religieux commet une discrimination, dès lors que ce port ne constitue pas un trouble à l’ordre public.
L’Observatoire de la laïcité avait rappelé ces règles en 2015, dans un avis adopté à l’unanimité par une instance composée de membres du Conseil d’État, du Conseil supérieur de la magistrature, de dirigeants d’administrations centrales et de parlementaires de tout bord. Ce n’est pas une opinion : c’est le droit.
Si, pour un élu, porter un signe de conviction lors d’un conseil municipal est un droit, perturber délibérément sa séance par une mise en scène visant à placer une assemblée délibérante sous une autorité religieuse est une tout autre affaire.
Un conseil municipal est un acte de souveraineté républicaine. Y proclamer que l’on siège « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », c’est tenter de soumettre une institution politique à une tutelle religieuse. C’est précisément ce que la loi du 9 décembre 1905 a entendu interdire comme logique : non pas la présence de croyants dans les institutions, mais la confusion entre pouvoir civil ou politique et pouvoir religieux.
La laïcité protège la liberté de conscience de chacun·e, y compris la liberté de croire, de pratiquer, de le manifester. Elle n’autorise personne à imposer sa religion à une institution publique ou politique, à prétendre qu’une assemblée délibérante relève d’une autorité transcendante, à subordonner les décisions collectives à un « Je vous salue Marie ».
Il y a là un glissement que l’on ne peut pas laisser passer sans le nommer : l’élu RN ne revendiquait pas sa liberté religieuse personnelle. Il tentait de soumettre l’institution à sa religion qu’il retournait contre elle-même, dans le but de cibler des croyantes d’une autre religion. C’est exactement l’inverse de ce que la laïcité garantit.
Ce qui rend la manœuvre particulièrement lisible, c’est son contexte. Le même parti qui brandit la croix pour « placer » le conseil sous l’autorité divine est celui qui réclame, par amendement, l’interdiction d’un signe religieux à d’autres élues. Ce n’est pas de la laïcité ; c’est de la discrimination confessionnelle revendiquée avec une impudeur remarquable.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle consiste à retourner le principe républicain contre lui-même : invoquer la laïcité pour exclure les convictions des autres — d’une religion particulière, aujourd’hui l’islam — tout en revendiquant pour soi une exception catholique tacite. On ne défend ni la République ni la liberté en procédant ainsi : on alimente les fractures.
Dans un autre contexte, le rapport récent de l’Observatoire des libertés associatives sur la neutralisation des associations mettait le doigt sur une dérive analogue : une « neutralité de slogan » utilisée comme outil de rappel à l’ordre politique, sans fondement juridique, ciblant des acteurs précis. La même logique est à l’œuvre ici. Ce n’est pas la neutralité que l’on défend : c’est une police des opinions et des appartenances.
À Nîmes, nous avons nous-mêmes eu à répondre à des attaques similaires, à l’occasion d’une messe lors de la feria et de la commémoration de Jeanne d’Arc. La confusion entre tradition, religion et République y était délibérée, et la pression politique réelle.
La réponse que nous avons apportée, et que nous continuerons d’apporter, est simple : nous appliquons la loi, nous l’expliquons, et nous ne cédons pas à l’amalgame.
La laïcité n’est pas un slogan identitaire. Elle n’est pas au service d’une supposée « identité judéo-chrétienne » avancée par ceux qui, hier encore, dénonçaient la « France judéo-protestante ». Elle est une méthode pour faire société dans la pluralité. Elle suppose l’impartialité de l’État — pas la neutralisation des personnes, pas le silence des consciences dans l’espace public.
La laïcité assure la liberté de conscience et son expression à tous les citoyens, y compris les élu·es. Faut-il rappeler que plus de 400 parlementaires, sous régime laïque, étaient par ailleurs des religieux (essentiellement des membres du clergé catholique) ?
Celles et ceux qui invoquent la laïcité uniquement pour exclure les convictions des autres — et non pour protéger la liberté de toutes et tous — ne défendent pas la République. Ils en bafouent les fondements, pour imposer une police de la pensée qui relève d’un autoritarisme débridé.
Nicolas Cadène est consultant et formateur sur la laïcité et la gestion des faits religieux, cofondateur de la Vigie de la laïcité, et ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité. Il est par ailleurs élus nîmois et vice-président de Nîmes Métropole, et membre du conseil scientifique de l’Observatoire national contre l’extrême droite.
La croix comme arme :
quand le RN instrumentalise la laïcité… et le catholicisme
Nicolas Cadène
Contestant la présence d’une femme voilée au conseil municipal, Un élu du Rassemblement national (RN) a sorti une croix catholique en conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, déclaré placer l’assemblée « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », puis récité un « Je vous salue Marie », en réponse au rejet de son amendement visant à interdire le port du voile à d’autres élues.
L’absurdité et l’incohérence n’appellent aucun commentaire. La manipulation, elle, mérite d’être nommée.
Commençons par les principes, parce que la confusion est entretenue volontairement. Un élu local n’est pas un agent public. Il n’est pas soumis à l’obligation de neutralité religieuse dans l’exercice général de son mandat. Il est le représentant du peuple, élu sur la base de convictions politiques, avec également parfois des convictions philosophiques ou religieuses assumées. Une religieuse peut être conseillère municipale. Un pasteur, un imam, un rabbin, un moine le peuvent aussi. Pour ce dernier cas, c’est d’ailleurs encore une réalité dans certains villages. La laïcité française n’a jamais exigé qu’ils se dépouillent de ce qu’ils sont pour siéger dans une assemblée délibérante.
Il existe une exception à la liberté de l’élu·e : lorsqu’un·e élu·e exerce une fonction administrative déterminée. Un·e maire qui célèbre un mariage est officier d’état civil : il ou elle est alors soumis·e au principe de neutralité. Un·e adjoint·e qui représente officiellement la commune et ses fonctionnaires lors d’une cérémonie religieuse doit s’abstenir de manifester une adhésion personnelle au culte. Ces nuances sont précises, bornées, et fondées sur une jurisprudence constante, rappelée notamment par le Conseil d’État et par la Cour de cassation. Cette dernière a d’ailleurs jugé qu’un maire qui prive de parole une conseillère municipale au motif qu’elle porte un signe religieux commet une discrimination, dès lors que ce port ne constitue pas un trouble à l’ordre public.
L’Observatoire de la laïcité avait rappelé ces règles en 2015, dans un avis adopté à l’unanimité par une instance composée de membres du Conseil d’État, du Conseil supérieur de la magistrature, de dirigeants d’administrations centrales et de parlementaires de tout bord. Ce n’est pas une opinion : c’est le droit.
Si, pour un élu, porter un signe de conviction lors d’un conseil municipal est un droit, perturber délibérément sa séance par une mise en scène visant à placer une assemblée délibérante sous une autorité religieuse est une tout autre affaire.
Un conseil municipal est un acte de souveraineté républicaine. Y proclamer que l’on siège « sous la croix » et « sous l’autorité de Dieu », c’est tenter de soumettre une institution politique à une tutelle religieuse. C’est précisément ce que la loi du 9 décembre 1905 a entendu interdire comme logique : non pas la présence de croyants dans les institutions, mais la confusion entre pouvoir civil ou politique et pouvoir religieux.
La laïcité protège la liberté de conscience de chacun·e, y compris la liberté de croire, de pratiquer, de le manifester. Elle n’autorise personne à imposer sa religion à une institution publique ou politique, à prétendre qu’une assemblée délibérante relève d’une autorité transcendante, à subordonner les décisions collectives à un « Je vous salue Marie ».
Il y a là un glissement que l’on ne peut pas laisser passer sans le nommer : l’élu RN ne revendiquait pas sa liberté religieuse personnelle. Il tentait de soumettre l’institution à sa religion qu’il retournait contre elle-même, dans le but de cibler des croyantes d’une autre religion. C’est exactement l’inverse de ce que la laïcité garantit.
Ce qui rend la manœuvre particulièrement lisible, c’est son contexte. Le même parti qui brandit la croix pour « placer » le conseil sous l’autorité divine est celui qui réclame, par amendement, l’interdiction d’un signe religieux à d’autres élues. Ce n’est pas de la laïcité ; c’est de la discrimination confessionnelle revendiquée avec une impudeur remarquable.
Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle consiste à retourner le principe républicain contre lui-même : invoquer la laïcité pour exclure les convictions des autres — d’une religion particulière, aujourd’hui l’islam — tout en revendiquant pour soi une exception catholique tacite. On ne défend ni la République ni la liberté en procédant ainsi : on alimente les fractures.
Dans un autre contexte, le rapport récent de l’Observatoire des libertés associatives sur la neutralisation des associations mettait le doigt sur une dérive analogue : une « neutralité de slogan » utilisée comme outil de rappel à l’ordre politique, sans fondement juridique, ciblant des acteurs précis. La même logique est à l’œuvre ici. Ce n’est pas la neutralité que l’on défend : c’est une police des opinions et des appartenances.
À Nîmes, nous avons nous-mêmes eu à répondre à des attaques similaires, à l’occasion d’une messe lors de la feria et de la commémoration de Jeanne d’Arc. La confusion entre tradition, religion et République y était délibérée, et la pression politique réelle.
La réponse que nous avons apportée, et que nous continuerons d’apporter, est simple : nous appliquons la loi, nous l’expliquons, et nous ne cédons pas à l’amalgame.
La laïcité n’est pas un slogan identitaire. Elle n’est pas au service d’une supposée « identité judéo-chrétienne » avancée par ceux qui, hier encore, dénonçaient la « France judéo-protestante ». Elle est une méthode pour faire société dans la pluralité. Elle suppose l’impartialité de l’État — pas la neutralisation des personnes, pas le silence des consciences dans l’espace public.
La laïcité assure la liberté de conscience et son expression à tous les citoyens, y compris les élu·es. Faut-il rappeler que plus de 400 parlementaires, sous régime laïque, étaient par ailleurs des religieux (essentiellement des membres du clergé catholique) ?
Celles et ceux qui invoquent la laïcité uniquement pour exclure les convictions des autres — et non pour protéger la liberté de toutes et tous — ne défendent pas la République. Ils en bafouent les fondements, pour imposer une police de la pensée qui relève d’un autoritarisme débridé.

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11.06.2026 à 18:49
C’est l’époque des kermesses de fin d’année et le Ministre de l’Education nationale a trouvé une drôle de manière de souhaiter de bonnes vacances aux enfants. Dans toutes les écoles, les élèves montrent le spectacle qu’ils ont préparé pendant un an. Ils sont excités, heureux ; c’’est joyeux, léger, l’école comme on l’aime. Mais cette année
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C’est l’époque des kermesses de fin d’année et le Ministre de l’Education nationale a trouvé une drôle de manière de souhaiter de bonnes vacances aux enfants. Dans toutes les écoles, les élèves montrent le spectacle qu’ils ont préparé pendant un an. Ils sont excités, heureux ; c’’est joyeux, léger, l’école comme on l’aime. Mais cette année l’extrême droite est venue troubler la fête. Comme si les enfants n’étaient pas suffisamment maltraités dans cette société, un compte anonyme Twitter s’est emparé d’une photographie décontextualisé d’un spectacle à Montreuil où figurent des petits en tenue militaire. La mécanique est désormais bien connue : la fachosphère toujours soucieuse d’expertise pédagogique quand il s’agit de taper sur les enseignants se réveille. L’affaire atteint un seuil délirant : voilà des petits transformés ni plus ni moins en agents du Hamas. On aurait pu en rester là et vérifier consciencieusement les faits, mais Edouard Geffray en a décidé autrement et a jugé l’alerte suffisamment pertinente pour exprimer lui-même son inquiétude sur les réseaux. Un beau lâchage en règle des enseignantes, enseignants et élèves de l’école ; un blanc seing donné aux menaces qui n’ont pas manqué d’affluer et une belle démonstration de l’inféodation gouvernementale à l’agenda militant de l’extrême droite. Entre temps pourtant, toutes les enquêtes ont montré qu’il s’agissait d’un spectacle centré sur le pacifisme, la tenue militaire étant destinée à laisser ostensiblement place à des petits tee-shirt prônant la paix. Cela n’a pas empêché l’institution de convoquer les dix enseignantes de l’école pour une enquête administrative. L’ONED demande que cesse cet alignement aux paniques morales lancées par l’extrême droite et que l’Éducation nationale protège les personnels et les enfants.
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03.06.2026 à 22:28
Par Juliette Prados, secrétaire générale de l’ONED Le Rassemblement national a beau fanfaronner et se réjouir de sa banalisation acquise à grands coups de députés cravatés et de complaisance gouvernementale, reste qu’une large part de la population n’est pas dupe. Les scandales quotidiens révélés sur leurs candidats, qui multiplient les sorties racistes, le révisionnisme éhonté
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Par Juliette Prados, secrétaire générale de l’ONED

Le Rassemblement national a beau fanfaronner et se réjouir de sa banalisation acquise à grands coups de députés cravatés et de complaisance gouvernementale, reste qu’une large part de la population n’est pas dupe. Les scandales quotidiens révélés sur leurs candidats, qui multiplient les sorties racistes, le révisionnisme éhonté auxquels ils s’adonnent lorsqu’ils arrivent aux responsabilités, ainsi que nous l’avons maintes fois signalé grâce à notre observatoire des mairies RN, ou encore leurs attaques répétées contre la création, les syndicats, les libertés associatives… La vitrine a beau être lustrée, on sait les risques auxquels expose une arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
Pour y pallier, le parti de la haine a développé lors des dernières municipales une stratégie souterraine qui vise à s’implanter localement par le truchement de listes sans étiquettes qu’ils soutiennent discrètement, mais fermement. L’objectif ? Se constituer un réseau de grands électeurs afin de gagner des sénateurs lors du prochain renouvellement de la moitié du sénat, le 27 septembre 2026.
Les Côtes d’Armor font partie de ces départements « renouvelables », trois postes étant remis en jeu à l’automne. Et force est de constater qu’elle est une cible pour le Rassemblement national, qui aimerait s’implanter ailleurs que dans ses fiefs historiques.
Ainsi, la commune de Pont-Melvez, qui n’avait pas eu droit à des élections municipales en mars dernier faute de candidats, est l’objet de ses convoitises. Le scrutin municipal, reprogrammé aux 7 et 14 juin, voit s’affronter trois listes. Or, l’ONED a été destinataire d’un signalement sérieux concernant l’une d’entre elles, « Pont-Melvez vivant », menée par Bruno Maitre. En effet, le Rassemblement national à fait savoir à ses militants qu’il avait choisi de soutenir cette liste, et les a encouragés à y figurer.
Avec l’aval de la tête de liste ? Nous ne sommes pas en mesure de le démontrer. Dans tous les cas, chaque voix qui sera portée sur cette liste contribuera à permettre à l’extrême droite de grignoter un peu de terrain.
Et c’est peu de dire qu’ils déploient les grands moyens pour investir les Côtes-d’Armor. Depuis le début de l’année, l’extrême droite a multiplié les événements dans le département et plus précisément sur la circonscription de Guingamp, dont fait partie Pont-Melvez :
Réunion publique sur l’agriculture à Callac fin février (https://www.ici.fr/bretagne/cotes-d-armor-22/callac/de-nouvelles-tensions-a-callac-en-raison-d-un-meeting-du-rassemblement-national-samedi-28-fevrier-2026-3596948)
Inauguration de la brasserie d’Erik Tegnèr, patron de Frontières, à Pléguien le 14 mai
Cochon grillé du RN à Bourbriac le 30 mai en présence de Jean-Philippe Tanguy et de journalistes de frontières, qui ont ainsi pu être aux premières loges pour recueillir l’annonce de la candidature de Camille Favre aux… Sénatoriales.
Une agitation tous azimuts qui, fort heureusement, rencontre une résistance forte d’une population qui refuse l’arrivée de l’extrême droite sur leur territoire. En juillet 2024, lors des législatives qui ont suivi la dissolution, la députée sortante Murielle Lepvraud (LFI), présentée par le NFP, avait distancé son adversaire RN de 10 points et de 5000 voix.
Mais pour que cette résistance opère, il nous appartient de rester vigilants, et de ne pas se laisser abuser par des candidats cachés sous l’appellation générique « sans étiquette »
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01.06.2026 à 19:29
Par Léo Walter, trésorier de l’ONED Comme l’indique sa charte, l’ONED « se donne également pour but la création d’observatoires régionaux ou départementaux de l’extrême droite, un maillage nécessaire au suivi des actions et discours des militant·es et élu·es d’extrême droite sur l’ensemble du territoire national. » Dès l’année dernière, 2 observatoires locaux se sont créés dans
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Par Léo Walter, trésorier de l’ONED
Comme l’indique sa charte, l’ONED « se donne également pour but la création d’observatoires régionaux ou départementaux de l’extrême droite, un maillage nécessaire au suivi des actions et discours des militant·es et élu·es d’extrême droite sur l’ensemble du territoire national. »
Dès l’année dernière, 2 observatoires locaux se sont créés dans l’Hérault (34) et au Pays-Basque (66). Cette année, le bureau de l’ONED a été contacté par de nombreux·euses militant·es souhaitant à leur tour créer des observatoires locaux. Le 26 mai, Thomas Portes (président), Éléonore Schmitt (secrétaire) et Léo Walter (trésorier) les réunissaient en visio pour organiser leur déploiement.
Outre les observatoires basques et héraultais, neuf nouveaux observatoires locaux devraient ainsi voir le jour d’ici l’été dans les Alpes-de-Haute-Provence (04), les Bouches-du-Rhône (13), le Gard (30), le Jura (39), le Loiret (45), la Mayenne (53), le Tarn (81), le Tarn-et-Garonne (82) et dans le Haut-Var (83).
Au fur et à mesure de leur développement, vous pourrez retrouver leur actualité et toutes les informations pour rejoindre celui de votre département en suivant ce lien : https://oned-fr.org/observatoires-locaux/
… Et si vous souhaitez créer le vôtre, n’hésitez pas à nous contacter : contact@oned-fr.org
Ensemble, partout en France, documentons et analysons l’extrême droite pour mieux la combattre !
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30.05.2026 à 20:07
Par Laurence De Cock, Vice-Présidente de l’ONED Le 18 mai dernier, dans la foulée de la fronde contre Vincent Bolloré dans le monde de la culture, une tribune désormais signée par plus de 1300 signataires, des intellectuel.le.s, artistes, et représentant.e.s du monde culturel affirmait l’urgence de se coaliser pour répondre à l’extrême droite. Ainsi naissait
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Par Laurence De Cock, Vice-Présidente de l’ONED
Le 18 mai dernier, dans la foulée de la fronde contre Vincent Bolloré dans le monde de la culture, une tribune désormais signée par plus de 1300 signataires, des intellectuel.le.s, artistes, et représentant.e.s du monde culturel affirmait l’urgence de se coaliser pour répondre à l’extrême droite. Ainsi naissait le CRACS : coalition des résistances artistiques, culturelles et scientifiques.
Présente parmi les premiers signataires, je me suis exprimée pour l’ONED lors de la journée de lancement le 30 mai dernier à la Mairie de Montreuil.
Il a été rappelé l’importance de déconstruire les mensonges et fausses promesses de l’Extrême droite mais aussi celle de donner à voir concrètement comment s’incarne la pratique du pouvoir d’une extrême droite désormais aux manettes de plusieurs communes. Il a surtout été évoqué l’urgence de faire vivre un projet désirable susceptible de servir de contre-poison.
La matinée a réuni près de 200 personnes, beaucoup moins l’après-midi sous la chaleur écrasante. C’est pourtant là que se sont organisés trois ateliers destinés à aboutir à des propositions concrètes de fonctionnement du CRACS.
Les questions qui tournent sont les mêmes que celles qui traversent toutes les autres organisations : Comment se préparer à la catastrophe tout en mettant tout en place pour qu’elle n’arrive pas ? Quels sont déjà les signaux d’une extrême droitisation du champ politique et culturel ? Comment fédérer l’existant afin de constituer un vaste réseau ? Quels outils inventer pour parler au plus grand nombre ?
À titre personnel je plaide pour l’urgence de bâtir un archipel afin de constituer un front concret, dans le respect des identités propres aux organisations qui en seraient membres ; un archipel fondé sur une problématique antifasciste et prêt à mutualiser toutes les idées et bras disponibles dans le cadre du combat contre la prise de pouvoir de l’extrême droite.
La CRACS doit encore se doter d’une organisation officielle mais, d’ores et déjà, comptons-la comme allié nécessaire et maillon nécessaire de ce futur archipel.
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28.05.2026 à 20:11
Par Thomas Portes, Président de l’ONED « Culpabiliser la France éternelle » : En plein débat sur l’abrogation du Code Noir, document de 600 pages qui viser à codifier l’esclavage, le député du Rassemblement National Cyril Tribuiani n’a pu s’empêcher de citer le Maréchal Pétain. Un moment de sidération s’est alors emparé de l’Assemblée nationale. Une intervention qui
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Par Thomas Portes, Président de l’ONED
« Culpabiliser la France éternelle » : En plein débat sur l’abrogation du Code Noir, document de 600 pages qui viser à codifier l’esclavage, le député du Rassemblement National Cyril Tribuiani n’a pu s’empêcher de citer le Maréchal Pétain. Un moment de sidération s’est alors emparé de l’Assemblée nationale. Une intervention qui faisait suite à celles de Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement National, qui rendait hommage à Napoléon Bonaparte expliquant que celui-ci avait « aboli l’esclavage » ou d’une autre député hurlant « racisme anti blanc ».
Réécrire l’histoire est une habitude tenace de l’extrême droite. De Pétain à Bonaparte en passant par la colonisation de l’Algérie, le Rassemblement National, mais aussi une partie de la droite, multiplient les propos négationnistes. Nous n’oublions pas que l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau parle des « belles heures de la colonisation » ou encore que Sébastien Chenu parle « d’aspects positifs de la colonisation ».
Une fois de plus un débat parlementaire a mis en lumière une évidence : l’extrême droite n’est pas une idéologie comme les autres. Face au vertige de l’histoire que représente le Code noir, à savoir un texte qui a impacté plus de 15 millions de personnes, légitimé la torture, les meurtres, l’effacement des noms des personnes, l’extrême droite a une fois de plus souillé l’Assemblée nationale.
Comment ne pas être en colère quand nous voyons d’un côté l’émotion, et aussi les larmes, de nos collègues députés ultra-marins, pour qui le Code noir représente une blessure qui ne se refermera jamais, et ces députés du Rassemblement National qui ironisent sur la colonisation ?
Si nous avons abrogé collectivement ce texte, une étape nécessaire mais largement insuffisante, le débat a aussi permis de mesurer que les préjugés racistes et négrophobes demeurent dans notre pays.
Plus que jamais le combat contre l’extrême droite doit être une priorité. Nous mettons l’observatoire à disposition de toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette bataille.
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26.05.2026 à 20:14
Le 30 janvier 2026, une vidéo du délégué national du syndicat UNI, effectuant ce qui ressemble à un salut nazi, est rendue publique. Aucun émoi de la part du gouvernement, qui ne prend même pas la peine de condamner. Cet événement n’est pas un fait divers.À Besançon, la Cocarde repeint une statue de Victor Hugo
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Le 30 janvier 2026, une vidéo du délégué national du syndicat UNI, effectuant ce qui ressemble à un salut nazi, est rendue publique. Aucun émoi de la part du gouvernement, qui ne prend même pas la peine de condamner.
Cet événement n’est pas un fait divers.
À Besançon, la Cocarde repeint une statue de Victor Hugo avec l’inscription « White Power ». À Grenoble, en février 2026, un membre de l’UNI a été filmé, bousculant et menaçant un étudiant lors des élections étudiantes aux Conseils d’Administration des CROUS. En mars 2024, le président de l’UNEF Toulouse a été la cible d’un harcèlement en ligne massif qu’il estime orchestré par des militants de l’UNI et de la Cocarde, avec des insultes antisémites comme « sale youpin ». À Paris-Panthéon-Assas, une agression a causé neuf jours d’ITT à un étudiant décrochant des affiches de la Cocarde. Des croix gammées et des slogans racistes fleurissent sur des dizaines de campus à travers le pays. L’extrême droite s’implante dans nos universités, par la violence, par l’intimidation, et par les institutions.
Ce que nous observons dans les facs s’inscrit dans une stratégie d’entrisme méthodique dans toutes les sphères où se fabrique la culture : l’université, mais aussi les médias, où les acquisitions de Bolloré ont durablement reconfiguré le paysage. À ses côtés, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin finance influenceurs, médias et formations politiques d’extrême droite dans le cadre d’un plan assumé pour porter l’extrême droite au pouvoir. L’objectif est d’imposer une hégémonie idéologique en occupant tous les espaces et les cercles de pouvoir.
L’État, lui, a choisi le silence.
Probablement inspiré par Donald Trump aux Etat-Unis, il préfère censurer des colloques et envoyer la police évacuer des étudiants mobilisés contre le génocide du peuple Palestinien, plutôt que de s’attaquer à ceux qui font des saluts nazis dans les amphis.
Ne nous résignons pas.
L’université a toujours été un terrain de résistance et de refus de l’obscurantisme. Chaque graffiti raciste, chaque intimidation, chaque geste nazi sur un campus doit être documenté et signalé. C’est précisément pour cela qu’existe l’ONED : utilisez-le. Mais la vigilance ne suffit pas, l’impunité qui s’est installée dans nos facs est le produit d’un choix politique du gouvernement qui regarde ailleurs. Pour en finir, il faudra s’en donner les moyens et porter au pouvoir la France Insoumise, seul mouvement politique imperméable aux idées d’extrême droite.
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25.05.2026 à 18:36
Lundi 25 mai à 18H30 l’Observatoire national de l’extrême droite organise une table ronde inédite pour décrypter les ressorts et les enseignements des dernières élections municipales concernant l’implantation de l’extrême droite en France. Nous aurons le plaisir d’échanger avec Marion Forato, conseillère municipale à Carcassonne, Ugo Palheta, sociologue, Thibault Lhonneur, militant à Vierzon et Vincent
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Lundi 25 mai à 18H30 l’Observatoire national de l’extrême droite organise une table ronde inédite pour décrypter les ressorts et les enseignements des dernières élections municipales concernant l’implantation de l’extrême droite en France.
Nous aurons le plaisir d’échanger avec Marion Forato, conseillère municipale à Carcassonne, Ugo Palheta, sociologue, Thibault Lhonneur, militant à Vierzon et Vincent Jarousseau, documentariste.
Une table ronde à suivre en direct sur notre chaîne youtube :
https://www.youtube.com/@ONED2025
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22.05.2026 à 17:48
Par Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires, et membre de l’ONED.
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22.05.2026 à 17:45
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