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<p>Cet article Juin 2026 : nouvelles parutions a été publié par desk russie.</p>


















<p>Cet article Juin 2026 : nouvelles parutions a été publié par desk russie.</p>
31.05.2026 à 21:35
Le réalisateur russe a appelé Poutine à mettre fin à la guerre. Un journaliste ukrainien explique pourquoi cet appel lui paraît profondément problématique.
<p>Cet article Sur le discours d’Andreï Zviaguintsev à Cannes a été publié par desk russie.</p>
Desk Russie publie le billet de Mustafa Nayyem, journaliste et homme politique ukrainien, en réaction au discours du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev à Cannes. Depuis, Dmitri Peskov a déclaré qu’il ne transmettrait pas à Poutine les paroles de Zviaguintsev, puisque ce dernier n’étant pas intervenu en faveur des habitants du Donbass, il n’aurait pas le droit de parler de la guerre russo-ukrainienne. De son côté, le réalisateur a répliqué qu’en effet, il n’avait pas le droit de parler, tout comme cent millions de Russes. Cependant, il continue à appeler Poutine à mettre fin à « une guerre impitoyable et insensée » – l’immense cinéaste avait sûrement de bonnes raisons d’être prudemment évasif, mais son propos illustre hélas la conscience impériale qui « infecte » tant de Russes.
Le jury du Festival de Cannes a décerné le Grand Prix au réalisateur russe Andreï Zviaguintsev pour son film Le Minotaure, au moment même où la Russie lançait l’une de ses attaques les plus massives contre l’Ukraine, dans la soirée du 24 mai 2026.
Je ne vais pas m’étendre ici sur la décision du jury. Les festivals européens, en général, ne commencent à comprendre la guerre que lorsqu’elle cesse d’être pour eux un décor lointain.
Mais il y a un détail qui m’a, pour le moins, choqué. En recevant son prix, Andreï Zviaguintsev a prononcé un bref discours anti-guerre, qu’il a conclu par ces mots : « Des millions de personnes des deux côtés de la ligne de front ne rêvent plus que d’une chose : que ces innombrables meurtres cessent enfin. Et la seule personne qui puisse arrêter ce carnage, c’est vous, Monsieur le Président de la Fédération de Russie. Mettez fin à ce massacre. »
Une personne enthousiaste, extérieure à la situation ou extrêmement naïve aurait sans doute pu percevoir ce discours comme un geste humaniste fort.
Pour ma part, je considère qu’il ne s’agit pas d’humanisme, mais d’une démonstration publique de la déformation impériale qui infecte même ces Russes qui ne vivent pas en Russie et ne dépendent plus ni du Kremlin, ni de la réalité russe. Même leur protestation contre la guerre se métamorphose à nouveau en une supplique adressée au tsar.
Ce qui m’a surtout choqué, c’est cette formule cynique sur les « deux côtés de la ligne de front », qui transforme en fait la guerre de la Russie contre l’Ukraine en une tragédie humaine symétrique, sans agresseur clairement désigné.
Mes amis, chers Russes, vous avez toute votre tête ? Quels deux camps ? Si cela reste incompréhensible à travers l’exemple d’une guerre étrangère, imaginez-le à travers celui de votre propre famille. Sous vos yeux, on tue vos enfants, on viole vos épouses et vos mères, et une personnalité morale monte sur scène à Cannes et déclare que vous et le violeur, comme les deux facettes d’une même tragédie, rêvez tous deux que tout cela cesse enfin. Comment vous sentez-vous ? Assez humaniste ?
Non, il ne s’agit pas d’une innocente phrase humaniste, ni d’une métaphore, ni d’une erreur. Andreï Zviaguintsev connaît le poids et la signification des mots.
Il s’agit d’une forme extrêmement commode de dilution des responsabilités, où l’Ukraine est remplacée par une ligne géographique, l’attaque russe par un hachoir à viande abstrait, et le crime politique par une douleur commune dans laquelle tout le monde serait soi-disant également victime.
Dans une telle construction, on peut compatir avec tout le monde, mais c’est précisément pour cette raison qu’il est impossible d’y désigner précisément qui est venu tuer, qui se défend, qui occupe, qui détruit et qui porte la responsabilité.
Andreï Zviaguintsev tenait absolument à condamner la guerre, mais il a construit son discours de telle sorte que, là encore, tout le monde y a disparu, sauf Poutine.
Il n’a pas nommé la victime, mais a laissé le nom de celui qui tue.
L’Ukraine a disparu, la société russe a disparu, l’armée a disparu, les exécutants ont disparu, les propagandistes ont disparu, ceux qui se taisent, soutiennent, s’adaptent et continuent à vivre aux côtés du crime ont disparu.
Mais le plus important dans son discours, c’est que Poutine n’est pas l’accusé, mais l’instance suprême de la clémence. C’est précisément pour cela que ce discours ne détruit pas la hiérarchie, mais la transpose sur la scène du Festival de Cannes. Dans cette formule, c’est précisément « Monsieur le Président de la Fédération de Russie » qui est au centre de la guerre, de la mort, de l’espoir, de la paix et de l’avenir.
Imaginez que Chaplin, en 1940, ne se soit pas adressé au peuple et aux soldats, mais ait lancé un appel au « Monsieur le Reichskanzler Hitler » pour qu’il mette fin au carnage. Imaginez qu’il n’ait pas nommé le nazisme, qu’il n’ait pas nommé les victimes, qu’il n’ait pas nommé les pays occupés, mais qu’il ait dit que des millions de personnes des deux côtés du front voulaient simplement la paix. Ce n’aurait pas été l’art contre la tyrannie, mais une capitulation culturelle devant elle.
Les paroles de Zviaguintsev n’étaient pas le discours d’un homme libre contre la guerre, un discours qui rend leur responsabilité aux gens.
Ce n’était même pas un acte de grand courage civique, mais une prière très commode, très russe, d’un sujet éclairé adressée au dirigeant pour lui demander d’être moins cruel.
Le véritable discours du réalisateur russe sur la guerre contre l’Ukraine n’aurait pas dû commencer par une requête adressée au souverain, mais par la reconnaissance de sa responsabilité envers l’Ukraine et un appel à la société russe.
Il aurait dû dire que c’est la Russie qui mène la guerre contre l’Ukraine, que les Ukrainiens ne sont pas un côté abstrait de la ligne de front, que la culture russe n’a pas le droit de se cacher derrière de subtiles métaphores pendant que l’armée russe tue et que les gens en Russie apprennent à vivre aux côtés du crime comme s’il s’agissait d’une toile de fond.
La protestation contre la violence ne peut pas ressembler à un appel servile adressé à celui qui a organisé cette violence. Au moment d’un crime historique, l’art ne doit pas implorer le tyran et meurtrier de faire preuve d’humanité, mais rendre son nom à la victime, la responsabilité à la société et la vérité sur le crime.
Traduit de l’ukrainien par Desk Russie
Lire l’original ici
<p>Cet article Sur le discours d’Andreï Zviaguintsev à Cannes a été publié par desk russie.</p>
31.05.2026 à 21:35
Se taire n'est pas neutre : c'est acquiescer au geôlier. L'association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre (PLU) lance un appel aux citoyens français.
<p>Cet article Otages ukrainiens : ce que peut votre ville a été publié par desk russie.</p>
Avec plusieurs autres associations, dont À l’Est de Brest-Litovsk, l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre (PLU) lance un appel aux citoyens français et européens. Pierre Raiman, son vice-président, le présente à nos lecteurs.
Donnons un visage et un nom à chaque otage ukrainien détenu dans les geôles russes !
Mobilisons les mairies pour parrainer ces innocents !
Empêchons la Russie de sévir impunément au sein des populations civiles ukrainiennes !
Il faut faire tenir ensemble deux échelles que tout sépare. D’un côté, les nombres : plus de seize mille, peut-être vingt mille civils ukrainiens enlevés, détenus, réduits au silence dans les prisons de Russie. Et de l’autre, les visages : ceux d’un homme ou d’une femme dont la famille, quelque part, prie pour qu’il ou elle respire encore. Entre les deux se tient l’arithmétique d’un crime – car c’en est un, au sens strict du droit : la prise d’otages est qualifiée comme telle par la Convention internationale de 1979, la Quatrième Convention de Genève, le Statut de Rome.
Ces gens n’ont rien commis. On les a pris pour ce qu’ils sont : enseignants refusant les manuels de l’occupant, journalistes coupables d’informer, prêtres, maires élus, parents qui ne voulaient pas qu’on russifie leurs enfants. On ne les enlève pas malgré leur valeur pour la communauté ; on les enlève à cause d’elle. C’est la part vive d’un peuple que l’on retranche : ses passeurs de mémoire, ses animateurs, ses voix, ses témoins. Le siècle ukrainien l’a déjà éprouvé avec la Renaissance des années 1920 fusillée en 1937, la paysannerie anéantie au temps du Holodomor, les dissidents jetés au Goulag. Effacer un peuple commence souvent par effacer ceux qui l’incarnent. Les disparitions d’aujourd’hui ne sont pas un dommage de la guerre : elles en sont le dessein.
Devant cela se dressent trois murs. L’indifférence d’une opinion saturée de malheurs lointains. Le sentiment d’impuissance : que peut un citoyen contre un empire ? Et le silence des chancelleries, qui rangent ces vies au chapitre des « questions humanitaires » à régler plus tard, après l’essentiel, c’est-à-dire jamais. Or c’est exactement ce que veut Moscou : que l’on se lasse de prononcer ces noms. La détention au secret a cette logique, faire qu’une personne cesse d’exister parce qu’on a cessé d’en parler. Se taire, ici, n’est pas neutre : c’est acquiescer au geôlier.
À ceux qui demandent où agir, nous répondons : dans votre ville. Non par défaut, mais par évidence. La ville est le premier cercle où la parole publique a encore un visage, où une délibération engage des voisins que l’on croise, où un nom inscrit au fronton d’une mairie devient un fait obstiné, impossible à congédier, où un visage affiché allume une clarté. C’est là que l’abstraction du chiffre redevient une présence.
Et ce geste est non seulement possible, mais légitime et encadré. Le droit reconnaît aux conseils municipaux la faculté d’émettre des vœux sur les questions qui touchent à l’intérêt local et la défense des droits humains en est une, comme l’ont établi de longue date la tradition des villes-refuges pour écrivains persécutés et les parrainages de journalistes emprisonnés. Parrainer un otage n’est pas un coup d’éclat sans lendemain : c’est une délibération votée, transmise, suivie dans la durée, à laquelle un maire – souvent le plus proche des vies de ses administrés – est rarement sourd. Cent villes, deux cents otages parrainés d’ici la fin de 2026 : l’objectif est tenable parce qu’il est concret, soyons tenace.
Deux noms incarnent cette campagne. Anastasia Hloukhovska, journaliste arrêtée à l’été 2023, disparue dans les geôles russes, son cas, rendu public dans Le Monde, dit toute la répression d’une presse libre. Oleg Chevandine, champion de kung-fu enlevé dans le Donbass dès 2015, détenu depuis plus de dix ans au secret. Deux visages parmi des milliers, peut-être vingt mille, tous d’égale importance. Ils ne sont pas des symboles choisis pour leur éclat mais les premiers d’une foule innombrable qu’on voudrait nous faire oublier.
Qu’on ne se méprenne pas sur la nature de cette campagne : elle est humanitaire avant tout. Elle naît d’une question simple – que peut une ville face à une guerre impérialiste qui prend les civils pour cibles ? Elle peut donner un nom, un visage et une voix à un détenu enfermé dans le silence à deux mille kilomètres de là. Elle peut refuser l’oubli. Cent municipalités parrainant deux cents otages, c’est le commencement d’un bouclier civique européen, un réseau de consciences citoyennes qui veillent.
Et pourtant, oui, c’est aussi un acte politique. Pas pour prendre parti dans une querelle de camps, mais au sens le plus ancien et le plus haut du terme. Politique vient de polis, la cité : tout ce qu’une ville décide ensemble, en son nom, dans et hors ses murs, relève par définition du politique. Refuser que des innocents servent de monnaie d’échange, exiger qu’aucun cessez-le-feu ne se signe sur leur dos, c’est affirmer qu’une communauté humaine a le droit et le devoir de dire le juste. La cité antique tenait ce refus de l’injustice pour le cœur même de la vie civique. Nos villes en sont les héritières.
Alors voici l’appel. Si vous connaissez un élu, parlez-lui demain. Si vous êtes simple citoyen, réunissez quelques voisins, sollicitez votre mairie, faites entrer un nom dans votre commune. Partout, en France, en Belgique francophone, en Suisse romande, la campagne peut s’enraciner. Il suffit d’un premier geste, et il tient en une adresse : appelpourlukraine@gmail.com. Écrivez-nous, depuis votre ville, nous vous accompagnerons tout le long du chemin.
<p>Cet article Otages ukrainiens : ce que peut votre ville a été publié par desk russie.</p>