Le calme qui prévaut au Liban-Sud depuis samedi 16h a semblé tenir dimanche, à l'exception de deux tirs sur la région de Nabatiyé, menés alors que le commandant en chef de l'armée libanaise a effectué une tournée dans cette région en cours de journée. Une accalmie précaire qui a subsisté en parallèle des négociations tenues en Suisse entre les États-Unis et l'Iran, principalement sur la question du front entre le Hezbollah et Israël au Liban, et qui ont été secouées en fin de journée par des menaces de Donald Trump.
Selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, l'armée israélienne a visé dans l'après-midi, avec des bombes larguées par drones, les abords de Nabatiyé el-Faouqa ainsi que le rond-point tout proche de Kfartebnit. Une zone où l'armée israélienne tentait, jusqu'à samedi, d'avancer sur la colline stratégique d'Ali Taher, mais la trêve semblait également s'être étendue à cet axe des combats. Israël veut prendre cette colline, accusant le Hezbollah d'y avoir des infrastructures militaires importantes, un arsenal et des réseaux souterrains. Ces hauteurs surplombent en outre toute la zone. Des tirs de mitrailleuse ont, eux, visé la périphérie de Haddatha et Haris, dans le caza de Bint Jbeil. Outre ces tirs, aucune autre violation notable de la trêve n'a été signalée, à l'exception de survols de drones à haute altitude de plusieurs localités du Sud, notamment dans la région du Zahrani.
Tournée de Haykal dans la région de Nabatiyé
Dans la région de Nabatiyé, le commandant en chef de l’armée s'est rendu auprès des troupes postées dans plusieurs villages, qui ont connu au cours des dernières semaines d’intenses bombardements israéliens, voire des combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne. Selon un communiqué de l’armée, le général Haykal « s’est renseigné sur les opérations menées par les unités, les défis auxquels elles font face et les agressions et violations israéliennes ».
Par ailleurs, une équipe des secouristes al-Rissala, lié au mouvement Amal, a déclaré avoir retiré un corps des décombres d’un bâtiment dans la ville de Nabatiyé el-Faouqa. Le corps de cette personne, tuée lors d’un bombardement israélien, a été transporté à l’hôpital l’hôpital Najdé du Secours populaire libanais, situé à l'entrée de la ville.
Le Hezbollah « dans une position difficile », selon Zamir
De son côté, le chef d'état-major de l'armée israélienne s'est également rendu en visite auprès des troupes déployées dans le sud du Liban, dans la région du Beaufort, selon les médias israélien. Le Hezbollah est dans une « position très difficile », a-t-il affirmé à cette occasion, estimant que le parti chiite a « subi un coup sévère et significatif. » Il a déclaré que l'armée israélienne était prête « à poursuivre (ses) opérations afin d'empêcher sa reconstruction ».
L'armée israélienne a en outre indiqué avoir découvert un « tunnel contenant des centaines d'armes et des plateformes de lancement » de roquettes dans le village de Majdel Zoun, dans le caza de Tyr. Les Israéliens ont pris le contrôle de ce village et l'incluent dans leur « zone tampon » élargie. Selon la porte-parole militaire arabophone Ella Waweya, « plus de 20 combattants, dont 10 membres de l'unité d'élite al-Radwan » du Hezbollah ont été tués dans les combats dans ce village.
Samedi, avant l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités, l'offensive israélienne a fait entre 40 et 45 morts dans le Sud, selon un bilan toujours provisoire. La ville de Nabatiyé et plusieurs villages avaient publié en soirée des communiqués appelant les habitants déplacés à ne pas se précipiter pour rentrer chez eux. Jusqu'à 16h samedi, le Sud a été bombardé à 97 reprises, avec 42 villages ciblés, principalement à Nabatiyé et dans ses environs ainsi que sur les hauteurs de Rihane, dans le caza de Jezzine. Parallèlement, le Hezbollah n’a revendiqué aucune opération militaire contre les forces israéliennes.
Le Liban est au centre des négociations en Suisse, selon le ministère iranien des Affaires étrangères. Son porte-parole Esmaïl Baghaï a affirmé que les États-Unis n’ont pas été en mesure de garantir le respect du cessez-le-feu au Liban et que cette question sera au cœur des pourparlers.