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INSTITUT DE RELATIONS INTERNATIONALES ET STRATÉGIQUES
Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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22.07.2026 à 18:07

Coline Laroche              
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La progression de la Chine dans l’intelligence artificielle met à l’épreuve la domination américaine et le récit de son « exceptionnalisme financier », qui alimente la bulle spéculative. Elle montre ce qu’il est possible de réaliser en combinant collaboration open source, expertise technique et stratégie industrielle. Plutôt qu’un coup de génie, cette avancée s’appuie sur les compétences d’ingénieur, des investissements raisonnés et une organisation industrielle efficace. La faiblesse de la demande intérieure chinoise signifie également qu’elle intégrera de plus en plus ses modèles et les semi-conducteurs dans sa stratégie d’exportation massive. Dans le même temps, la Chine poursuit une ambition géopolitique. En se posant en championne de l’IA open source, le pays utilise la technologie comme levier d’influence mondiale, proposant une alternative aux systèmes propriétaires fondés sur des financements insoutenables. Ce positionnement est d’autant plus notable que l’open source est en fait omniprésent dans les technologies numériques occidentales, au point d’en constituer le socle. Pourtant, de nombreux fournisseurs américains, comme le mal-nommé OpenAI, s’en sont éloignés, emportés par l’euphorie et les excès financiers. Les progrès actuels s’appuient sur des compétences en ingénierie partagées à l’échelle mondiale. La voie vers la compétitivité technologique reste ouverte à tout pays, y compris en Europe, à condition de soutenir une éducation scientifique ambitieuse, de donner les moyens nécessaires à ses jeunes générations et de récompenser l’innovation plutôt que l’inertie bureaucratique. Avec de la détermination, des ressources et un réalisme industriel, le rattrapage reste à portée de main. Analyse de Rémi Bourgeot, économiste et ingénieur, chercheur associé à l’IRIS. Course à l’innovation et stratégie open source Depuis le « moment DeepSeek »de l’an dernier, le paysage mondial de l’IA a connu un bouleversement bien au-delà des entreprises surcotées de la Silicon Valley. Les États-Unis conservent une avance dans les modèles d’IA de pointe, qui établissent […]

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Texte intégral (2312 mots)

La progression de la Chine dans l’intelligence artificielle met à l’épreuve la domination américaine et le récit de son « exceptionnalisme financier », qui alimente la bulle spéculative. Elle montre ce qu’il est possible de réaliser en combinant collaboration open source, expertise technique et stratégie industrielle. Plutôt qu’un coup de génie, cette avancée s’appuie sur les compétences d’ingénieur, des investissements raisonnés et une organisation industrielle efficace. La faiblesse de la demande intérieure chinoise signifie également qu’elle intégrera de plus en plus ses modèles et les semi-conducteurs dans sa stratégie d’exportation massive.

Dans le même temps, la Chine poursuit une ambition géopolitique. En se posant en championne de l’IA open source, le pays utilise la technologie comme levier d’influence mondiale, proposant une alternative aux systèmes propriétaires fondés sur des financements insoutenables. Ce positionnement est d’autant plus notable que l’open source est en fait omniprésent dans les technologies numériques occidentales, au point d’en constituer le socle. Pourtant, de nombreux fournisseurs américains, comme le mal-nommé OpenAI, s’en sont éloignés, emportés par l’euphorie et les excès financiers.

Les progrès actuels s’appuient sur des compétences en ingénierie partagées à l’échelle mondiale. La voie vers la compétitivité technologique reste ouverte à tout pays, y compris en Europe, à condition de soutenir une éducation scientifique ambitieuse, de donner les moyens nécessaires à ses jeunes générations et de récompenser l’innovation plutôt que l’inertie bureaucratique. Avec de la détermination, des ressources et un réalisme industriel, le rattrapage reste à portée de main.

Analyse de Rémi Bourgeot, économiste et ingénieur, chercheur associé à l’IRIS.

Course à l’innovation et stratégie open source

Depuis le « moment DeepSeek »de l’an dernier, le paysage mondial de l’IA a connu un bouleversement bien au-delà des entreprises surcotées de la Silicon Valley. Les États-Unis conservent une avance dans les modèles d’IA de pointe, qui établissent leurs standards en matière de raisonnement, de programmation et de tâches multimodales. Pourtant, l’émergence de modèles chinois comme Kimi K3 de Moonshot AI ou DeepSeek V4 a introduit une nouvelle donne, avec des performances comparables à celles des modèles américains, mais à un coût bien inférieur.

La façon dont la Chine conteste désormais la domination américaine apparaissait inattendue il y a encore quelques années, si l’on se fiait au récit de l’exceptionnalisme américain. Pourtant, cette progression devient bien plus compréhensible en se basant sur les compétences traditionnelles en mathématiques et en ingénierie. Bien que ne disposant pas des budgets colossaux des géants mondiaux, la startup française Mistral avait d’ailleurs démontré, avant même DeepSeek, qu’il était possible de développer un modèle compétitif avec une équipe alors réduite à quelques dizaines de chercheurs de haut niveau.

La concurrence chinoise bouleverse les équilibres économiques et financiers, au point de remettre en cause les valorisations stratosphériques des géants américains. Par ricochet, elle commence aussi à ébranler les fabricants de semi-conducteurs, notamment en Asie, qui bénéficient des flux financiers massifs en provenance des GAFAM, dépensant sans compter en puissance de calcul et en infrastructures.

L’avantage coût prend une dimension particulièrement convaincante à l’ère des agents IA, où les actions itératives entraînent une consommation exponentielle. Les entreprises orientent de plus en plus leurs tâches vers les modèles chinois pour réduire leurs coûts. Dans la course à l’échelle de l’IA, l’accessibilité financière devient presque aussi cruciale que la performance.

Au-delà des questions de prix, la philosophie et la stratégie politique derrière le développement de l’IA sont déterminantes. Lors de la Conférence mondiale sur l’IA à Shanghai ce mois de juillet, les dirigeants et les responsables technologiques chinois ont présenté leur pays comme le champion mondial de l’IA open source. Contrairement aux États-Unis, où les modèles propriétaires dominent désormais, la Chine présente ses avancées en IA comme ouvertes, accessibles et collaboratives, en opposition aux systèmes fermés et contrôlés par les géants de la Silicon Valley.

En proposant des outils d’IA accessibles et peu coûteux, la Chine conquiert le Sud global et bien au-delà, suivant l’idée que l’IA doit être considérée comme un bien public plutôt que comme un actif privé. Bien sûr, le diable se cache dans les détails, et il sera intéressant d’observer dans quelle mesure les entreprises et les décideurs chinois honoreront cet engagement dans le temps. Il reste frappant de constater que la Chine s’approprie officiellement une approche qui a longtemps été un pilier discret de la scène technologique occidentale, autour de Linux et au-delà. OpenAI avait d’ailleurs été lancé sur cette promesse à l’origine.

La stratégie open source de la Chine sert trois objectifs clés. Elle ébranle la domination technologique américaine en offrant une alternative viable aux systèmes propriétaires. Elle construit une nouvelle alliance technologique, en particulier parmi les pays en développement qui manquent de ressources pour des modèles coûteux. Enfin, elle pose les bases d’un écosystème technologique parallèle, réduisant la dépendance vis-à-vis des États-Unis, avec du matériel national, des plateformes de cloud alternatives, et une influence sur les normes.

Alors que les États-Unis misent sur des systèmes propriétaires et des contrôles à l’exportation pour maintenir leur avance, la Chine parie sur l’ouverture et l’accessibilité pour gagner en influence mondiale. La tentation pour les États-Unis de répondre par une interdiction de ces modèles risque de se retourner contre eux, en coupant leurs propres entreprises des avancées réalisées dans l’IA open source, y compris au niveau national dans une certaine mesure, et en laissant les utilisateurs nationaux à la merci de tarifications dépendant des fluctuations de la bulle.

Les semi-conducteurs et la bataille pour la souveraineté technologique

La révolution de l’IA ne se limite pas aux algorithmes. Elle est indissociable du matériel. Depuis 2022, les États-Unis ont progressivement interdit l’exportation vers la Chine des puces les plus avancées de NVIDIA, invoquant des raisons de sécurité nationale. Ces restrictions ont atteint leur paroxysme lorsque le département du Commerce a bloqué l’accès des ressortissants étrangers aux modèles comme Claude Fable 5 et Mythos 5, forçant leur suspension mondiale et illustrant l’impact étendu des contrôles américains à l’exportation.

La réponse chinoise a suivi une logique stratégique. Bien que la carte graphique Ascend 910B de Huawei reste en retrait par rapport aux H200 ou même H100 de NVIDIA, elle alimente désormais des avancées notables des modèles chinois. Le principal fabricant chinois de semi-conducteurs progresse, même s’il n’a pas encore accès aux techniques de lithographie de pointe (EUV) dominées par l’entreprise néerlandaise ASML. Pour accélérer son autonomie, la Chine a investi des sommes quasi illimitées et consenti des efforts massifs au profit de son industrie des semi-conducteurs, avec pour objectif que la majorité des charges de calcul en IA fonctionnent sur des puces locales d’ici quelques années.

Les restrictions américaines, destinées à contrer les ambitions chinoises, ont en réalité accéléré sa quête d’autosuffisance. Pendant ce temps, des entreprises américaines comme NVIDIA et AMD voient progressivement leur accès au lucratif marché chinois se réduire, comme l’a récemment reconnu Jensen Huang.

Cette course dans les semi-conducteurs ne concerne pas seulement la compétitivité économique, mais aussi la souveraineté technologique. Les États-Unis ont compté sur leur capacité à contrôler les flux de puces avancées pour maintenir leur avance. Mais en construisant son propre écosystème, des puces aux plateformes cloud, la Chine crée un marché parallèle où son industrie technologique peut prospérer avec de moins en moins de composants américains. Cette évolution tend vers un ordre technologique mondial de plus en plus divisé, avec des implications sur les normes, les chaînes d’approvisionnement et les alliances.

Ces stratégies rappellent celles employées par des pays européens, comme la France à l’ère gaullienne, pour rattraper les technologies américaines, jusqu’à ce qu’un changement culturel profond permette aux dépendances critiques de proliférer, aboutissant à l’impasse industrielle actuelle.

De l’IA au nouveau paysage militaro-industriel

La compétition dans les domaines de l’IA et des semi-conducteurs concerne de plus en plus la sphère militaire. Cela se manifeste dans l’essor de la guerre asymétrique, où des pays comme l’Iran ont montré comment des systèmes bon marché et produits en masse peuvent efficacement défier la supériorité militaire américaine et israélienne.

La Chine, elle aussi, tire parti de ses avancées technologiques à des fins militaires. Sa stratégie veille à ce que les percées en IA et en semi-conducteurs profitent à ses capacités de défense. Les missiles hypersoniques, les drones autonomes et les outils de cyberguerre pilotés par l’IA en sont des exemples, illustrant comment la Chine combine technologies commerciales et militaires. Cela constitue un avantage clé dans la nouvelle confrontation par blocs, où la capacité à déployer et à étendre rapidement des systèmes avancés peut déterminer l’équilibre des puissances.

Des décennies de désindustrialisation ont laissé les États-Unis et l’Europe dépendants des chaînes d’approvisionnement mondiales pour les technologies critiques, des terres rares aux semi-conducteurs avancés. Aux États-Unis, et dans une moindre mesure en Europe, les « Chips Acts » tentent de reconstruire une capacité de production nationale. Pourtant, pour l’instant, TSMC à Taïwan reste le maillon central de la chaîne d’approvisionnement mondiale en puces, rendant les clients vulnérables aux perturbations. Pendant ce temps, la capacité croissante de la Chine à produire son propre matériel, même si elle accuse encore un retard sur certains modèles américains les plus récents, lui confère un degré de résilience que les États-Unis ne possèdent pas actuellement.

La démocratisation des technologies militaires, portée par les progrès en IA, drones et missiles, signifie qu’un nombre croissant de pays peuvent défier les superpuissances militaires traditionnelles.

L’avenir de la diplomatie technologique

Alors que la compétition en matière d’IA et de semi-conducteurs s’intensifie, le Sud global émerge comme un front politique crucial. La Conférence mondiale sur l’IA à Shanghai n’a pas seulement servi de vitrine à la puissance technologique chinoise, mais aussi de scène pour sa diplomatie technologique. En se positionnant comme leader de l’IA open source, la Chine séduit les pays en développement, avides d’alternatives accessibles et abordables aux systèmes occidentaux.

Pour beaucoup, le choix entre des modèles américains coûteux et propriétaires et des alternatives chinoises open source et moins chères ne se pose pas. Les startups africaines et sud-asiatiques, par exemple, adoptent de plus en plus les modèles chinois d’IA pour des applications dans l’agriculture, la santé et la finance, où le coût et l’accessibilité sont essentiels. En offrant formation, financement et soutien infrastructurel, la Chine cultive un réseau de partenaires qui redessine progressivement le paysage technologique mondial.

La puissance internationale se jouera en grande partie sur la maîtrise de l’IA, des semi-conducteurs, de la robotique et de la production industrielle. L’Europe, en particulier, doit retrouver la culture d’ingénieur qui a porté son succès industriel d’après-guerre, avant que la bureaucratisation, les politiques industrielles manquant d’intuition scientifique, et l’importation de la crise culturelle américaine (sans ses programmes scientifiques d’excellence ni ses financements) ne l’en éloignent.

La puissance se construit aussi par la capacité des pays à proposer le récit le plus convaincant pour l’ordre technologique mondial, en dehors des tendances financières insoutenables. Le pari chinois sur l’open source en est un signal clair. Dans un ordre multipolaire, la capacité à offrir des solutions technologiques accessibles, innovantes et inclusives sera essentielle.

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22.07.2026 à 16:50

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L’Arabie saoudite est aujourd’hui l’un des États les plus influents du Moyen-Orient. Plus grand pays de la région, puissance énergétique majeure et gardien des deux principaux lieux saints de l’islam, le royaume exerce une influence qui dépasse les frontières de la péninsule Arabique. Son poids économique, religieux et diplomatique en fait un acteur incontournable des grands dynamiques régionales et internationales. Depuis l’arrivée au pouvoir de Mohammed ben Salmane (MBS), le pays connaît une transformation sans précédent. Vision 2030, mégaprojets futuristes, réformes économiques et sociales visent à dessiner les contours d’une nouvelle Arabie saoudite. Mais cette modernisation affichée se heurte à une réalité plus complexe. Système politique autoritaire, répression des opposants, recours massif à la peine de mort et assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 rappellent que les réformes ne s’accompagnent pas d’une libéralisation politique. Par ailleurs, des fragilités structurelles demeurent : dépendance à la rente pétrolière, défi de l’emploi pour la jeunesse, mégaprojets aux coûts exorbitants et tensions régionales persistantes. Sur la scène internationale, l’Arabie saoudite redéfinit ses alliances. Longtemps fidèle à son partenaire américain, Riyad diversifie désormais ses partenariats vers la Chine, le Pakistan et la Turquie, tout en jouant la prudence vis-à-vis des BRICS. La guerre à Gaza et la confrontation avec l’Iran ont par ailleurs compliqué ses calculs diplomatiques, entravant la perspective d’une normalisation avec Israël. Comment s’est construit cet État au cœur de la péninsule Arabique ? Quels sont les fondements de son système politique ? Comment Riyad prépare-t-il l’après-pétrole tout en affirmant ses ambitions géopolitiques ? Retour en cartes, photos et infographies sur un géant du Golfe dont les choix façonnent aujourd’hui l’équilibre du Moyen-Orient et au-delà.

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L’Arabie saoudite est aujourd’hui l’un des États les plus influents du Moyen-Orient. Plus grand pays de la région, puissance énergétique majeure et gardien des deux principaux lieux saints de l’islam, le royaume exerce une influence qui dépasse les frontières de la péninsule Arabique. Son poids économique, religieux et diplomatique en fait un acteur incontournable des grands dynamiques régionales et internationales.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Mohammed ben Salmane (MBS), le pays connaît une transformation sans précédent. Vision 2030, mégaprojets futuristes, réformes économiques et sociales visent à dessiner les contours d’une nouvelle Arabie saoudite.

Mais cette modernisation affichée se heurte à une réalité plus complexe. Système politique autoritaire, répression des opposants, recours massif à la peine de mort et assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 rappellent que les réformes ne s’accompagnent pas d’une libéralisation politique. Par ailleurs, des fragilités structurelles demeurent : dépendance à la rente pétrolière, défi de l’emploi pour la jeunesse, mégaprojets aux coûts exorbitants et tensions régionales persistantes.

Sur la scène internationale, l’Arabie saoudite redéfinit ses alliances. Longtemps fidèle à son partenaire américain, Riyad diversifie désormais ses partenariats vers la Chine, le Pakistan et la Turquie, tout en jouant la prudence vis-à-vis des BRICS. La guerre à Gaza et la confrontation avec l’Iran ont par ailleurs compliqué ses calculs diplomatiques, entravant la perspective d’une normalisation avec Israël.

Comment s’est construit cet État au cœur de la péninsule Arabique ? Quels sont les fondements de son système politique ? Comment Riyad prépare-t-il l’après-pétrole tout en affirmant ses ambitions géopolitiques ? Retour en cartes, photos et infographies sur un géant du Golfe dont les choix façonnent aujourd’hui l’équilibre du Moyen-Orient et au-delà.

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21.07.2026 à 16:51

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Les États ont progressivement pris conscience des conséquences du changement climatique et ont intégré la sécurité climatique dans leurs stratégies de défense. Cette approche consiste à prendre en compte l’impact du dérèglement climatique comme facteur d’aggravation des crises, à protéger les populations face à ses conséquences et à préserver les écosystèmes. Chaque État aborde la sécurité climatique de manière différente. La France adapte sa stratégie pour préparer ses armées aux nouveaux défis climatiques, tout en cherchant à réduire leur empreinte carbone. À l’inverse, aux États-Unis, la sécurité climatique est un sujet fortement politisé, notamment sous l’administration Trump, ce qui influence les priorités des politiques publiques. Tour d’horizon des enjeux de la sécurité climatique et de son intégration étatique et institutionnelle, avec Adrien Estève, maître de conférences en science politique à l’Université Clermont Auvergne.

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Les États ont progressivement pris conscience des conséquences du changement climatique et ont intégré la sécurité climatique dans leurs stratégies de défense. Cette approche consiste à prendre en compte l’impact du dérèglement climatique comme facteur d’aggravation des crises, à protéger les populations face à ses conséquences et à préserver les écosystèmes. Chaque État aborde la sécurité climatique de manière différente. La France adapte sa stratégie pour préparer ses armées aux nouveaux défis climatiques, tout en cherchant à réduire leur empreinte carbone. À l’inverse, aux États-Unis, la sécurité climatique est un sujet fortement politisé, notamment sous l’administration Trump, ce qui influence les priorités des politiques publiques.

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21.07.2026 à 13:41

Coline Laroche              
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Souvent évoqués de manière vague, les conflits d’intérêts qui peuvent caractériser les proches de Donald Trump sont rarement décrits dans leur logique d’ensemble et leur profondeur. Ce défaut d’investigations contribue à minimiser ce phénomène et le banalise. Cette note a pour objet de cartographier les éléments les plus saillants de cette confusion entre intérêts privés et politique étrangère étatsunienne au Moyen-Orient, en contextualisant leur dynamique et leur chronologie.

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20.07.2026 à 17:16

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L’Amérique latine connaît une recomposition politique marquée par le recul des gouvernements progressistes au profit de droites conservatrices et radicales. Les élections présidentielles organisées en juin 2026 en Colombie et au Pérou ne font pas exception et s’inscrivent pleinement dans cette dynamique. En Colombie, l’outsider d’extrême droite Bernardo Della Espriella s’est imposé face au candidat de gauche Iván Cepeda. Au Pérou, Keiko Fujimori, figure de la droite conservatrice péruvienne, a remporté l’élection face à Roberto Sánchez. Dans les deux pays, les nouveaux dirigeants ont été élus avec une très faible avance sur leur adversaire, donnant lieu à des contestations des résultats de la part des candidats battus. Ces deux nouveaux gouvernements de droite radicale ont des orientations politiques proches, notamment sur les plans économique, sécuritaire, sociétal et diplomatique. Comment expliquer l’ascension des droites radicales en Amérique latine ? Dans quelle mesure l’absence de majorité parlementaire pourrait-elle limiter leur capacité à gouverner ? Comment ces nouvelles présidences pourraient-elles redéfinir les orientations économiques, sécuritaires, diplomatiques et sociétales de la Colombie et du Pérou ? Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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L’Amérique latine connaît une recomposition politique marquée par le recul des gouvernements progressistes au profit de droites conservatrices et radicales. Les élections présidentielles organisées en juin 2026 en Colombie et au Pérou ne font pas exception et s’inscrivent pleinement dans cette dynamique. En Colombie, l’outsider d’extrême droite Bernardo Della Espriella s’est imposé face au candidat de gauche Iván Cepeda. Au Pérou, Keiko Fujimori, figure de la droite conservatrice péruvienne, a remporté l’élection face à Roberto Sánchez. Dans les deux pays, les nouveaux dirigeants ont été élus avec une très faible avance sur leur adversaire, donnant lieu à des contestations des résultats de la part des candidats battus. Ces deux nouveaux gouvernements de droite radicale ont des orientations politiques proches, notamment sur les plans économique, sécuritaire, sociétal et diplomatique.

Comment expliquer l’ascension des droites radicales en Amérique latine ? Dans quelle mesure l’absence de majorité parlementaire pourrait-elle limiter leur capacité à gouverner ? Comment ces nouvelles présidences pourraient-elles redéfinir les orientations économiques, sécuritaires, diplomatiques et sociétales de la Colombie et du Pérou ?

Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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20.07.2026 à 15:53

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Retrouvez l’ensemble des cartes et infographies dans un format interactif. Démographie et frontières : des populations sous contrôle En Asie-Pacifique, la variable démographique est un révélateur des logiques de pouvoir qui structurent la région. Pour la quatrième année consécutive, la Chine perd des habitants, le pays enregistrant moins de naissances que de décès. Les mesures natalistes adoptées depuis 2021, loin d’inverser la tendance, dessinent surtout un retour aux pressions exercées sur les femmes, nouvelles pourvoyeuses désignées d’une démographie que le Parti communiste ne parvient plus à ordonner, menaçant le contrat social sur lequel repose sa légitimité : la prospérité économique contre le monopole politique (Isabelle Attané). Désormais pays le plus peuplé de la planète, l’Inde achève sa transition démographique plus tôt que prévu, avec un taux de fécondité déjà sous le seuil de remplacement dans vingt-trois États sur vingt-huit. Le dividende démographique dont Narendra Modi fait un argument de puissance globale – le « Viksit Bharat » pour 2047 – commence à se réduire, laissant entrevoir la fin de décennies de progrès économiques. Avec un système de santé incapable d’absorber le vieillissement, ce sont encore les femmes et les jeunes qui supportent d’abord le poids des arbitrages gouvernementaux (Olivier Da Lage). En Asie du Sud-Est, la démographie n’est pas seulement une affaire de natalité : elle est aussi un outil d’aménagement territorial stratégique. La réactivation des contentieux frontaliers – illustrée par le conflit armé de 2025 entre le Cambodge et la Thaïlande – révèle combien les marges restent des espaces où les États font peser sur les minorités ethniques le poids de leurs ambitions nationales. Les Rohingyas au Myanmar, les populations montagnardes et autochtones de Thaïlande et du Viêtnam sont autant de populations « périphériques » dont les logiques étatiques usent comme variables d’ajustement (Christine Cabasset). Agendas autoritaires et nouveaux instruments de contrôle Si les régimes autoritaires ont toujours gouverné les corps […]

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Retrouvez l’ensemble des cartes et infographies dans un format interactif.

En Asie-Pacifique, la variable démographique est un révélateur des logiques de pouvoir qui structurent la région. Pour la quatrième année consécutive, la Chine perd des habitants, le pays enregistrant moins de naissances que de décès. Les mesures natalistes adoptées depuis 2021, loin d’inverser la tendance, dessinent surtout un retour aux pressions exercées sur les femmes, nouvelles pourvoyeuses désignées d’une démographie que le Parti communiste ne parvient plus à ordonner, menaçant le contrat social sur lequel repose sa légitimité : la prospérité économique contre le monopole politique (Isabelle Attané).

Désormais pays le plus peuplé de la planète, l’Inde achève sa transition démographique plus tôt que prévu, avec un taux de fécondité déjà sous le seuil de remplacement dans vingt-trois États sur vingt-huit. Le dividende démographique dont Narendra Modi fait un argument de puissance globale – le « Viksit Bharat » pour 2047 – commence à se réduire, laissant entrevoir la fin de décennies de progrès économiques. Avec un système de santé incapable d’absorber le vieillissement, ce sont encore les femmes et les jeunes qui supportent d’abord le poids des arbitrages gouvernementaux (Olivier Da Lage).

En Asie du Sud-Est, la démographie n’est pas seulement une affaire de natalité : elle est aussi un outil d’aménagement territorial stratégique. La réactivation des contentieux frontaliers – illustrée par le conflit armé de 2025 entre le Cambodge et la Thaïlande – révèle combien les marges restent des espaces où les États font peser sur les minorités ethniques le poids de leurs ambitions nationales. Les Rohingyas au Myanmar, les populations montagnardes et autochtones de Thaïlande et du Viêtnam sont autant de populations « périphériques » dont les logiques étatiques usent comme variables d’ajustement (Christine Cabasset).

Si les régimes autoritaires ont toujours gouverné les corps et les espaces, la technologie a démultiplié leur capacité à le faire. Entre présence militaire, camps de rééducation, sinisation forcée et pratiques culturelles, l’arsenal déployé par Pékin dans ses marges septentrionales – Tibet, Xinjiang, Mongolie intérieure, Ningxia – relève d’une stratégie de transformation de la société, qui associe des logiques de contrôle territorial à des dispositifs de surveillance déployés à une échelle sans précédent (Emmanuel Lincot).

Plus subtil, le redécoupage électoral que prépare New Delhi en vue des élections législatives de 2029, théoriquement justifié par la nécessité démocratique d’ajuster la représentation à l’évolution de la population, risque, en pratique, de bénéficier aux bastions du Bharatiya Janata Party (BJP) dans l’Hindi Belt du nord, au détriment des États du sud, plus riches, plus développés et plus réfractaires au parti au pouvoir. Derrière l’arithmétique électorale se profile une opération de consolidation du régime nationaliste, qui menace l’équilibre fédéral autant que l’indépendance de la commission électorale (Guillaume Delacroix).

Singapour explore quant à elle une voie délibérément présentée comme alternative : la Smart Nation. La cité-État a construit une gouvernance numérique intégrée qui lui vaut des classements élogieux en matière de compétitivité digitale et d’e-gouvernement. Si ce modèle constitue une réponse réelle aux contraintes du surpeuplement, du vieillissement de la population et la vulnérabilité climatique, il soulève aussi des questions profondes sur le déficit démocratique, la concentration des données et l’érosion des droits civiques dans un régime qui gouverne depuis 1959 (Éric Frécon).

Pyongyang, enfin, présente une tout autre échelle. L’architecture monumentale y fait corps avec la propagande dynastique : des larges avenues aux procédures d’attribution des logements, chaque élément de l’espace urbain participe d’un dispositif de contrôle social où l’individu doit s’adapter à la ville, et non l’inverse (Marianne Peron-Doise).

En réponse aux logiques d’extraction et de contrôle, des formes de contestation organisées parviennent à émerger. La génération Z (Gen Z) a infirmé le présupposé d’une jeunesse apolitique. Du mouvement « Aragalaya » au Sri Lanka aux mobilisations au Bangladesh, en Indonésie, au Népal et à Madagascar, se dessine une dynamique régionale de contestation dont la force tient à l’horizontalité, à la digitalisation et à la capacité à inventer de nouveaux répertoires d’action.

Dans le cas du Népal, les réseaux sociaux ont transformé une révolte en véritable exercice démocratique, reconfigurant depuis l’intérieur les structures du pouvoir (Cynthia Petrigh et Pramod Jaiswal). À Madagascar, l’intelligence territoriale citoyenne – soit la production et le partage de savoirs locaux mobilisés à des fins d’action collective – a permis à une jeunesse organisée de révéler les limites des cadres étatiques de souveraineté et d’inventer une forme d’utopie concrète transnationale (Jérôme Vellayoudom).

Ainsi s’observe une forme de continuum : permanence – et sophistication croissante – des stratégies étatiques de contrôle des populations et des territoires ; irruption de contestations citoyennes inédites ; défis de résilience que posent, conjointement, les dérèglements climatiques et l’épuisement des modèles de développement extractiviste.

Face aux ravages de l’extractivisme, les communautés indonésiennes ne demeurent pas passives. Leurs contestations, même lorsqu’elles peinent à infléchir structurellement le modèle dominant, interrogent les conditions politiques, sociales et écologiques de la durabilité (Coline Laroche). Pour autant, ces mobilisations ne sont pas sans risques. Les réponses étatiques peuvent se durcir, le nationalisme progresser, la violence politique resurgir.

Elles attestent néanmoins qu’une autre relation entre citoyens et pouvoirs politiques peut s’écrire en Asie-Pacifique, et de l’idée que gouverner n’est pas dominer un espace, mais en assumer la charge avec celles et ceux qui l’habitent. Proclamant que « le Pacifique n’est pas un théâtre mais un sujet politique », le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, pose quant à lui une exigence de souveraineté écologique.

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20.07.2026 à 15:05

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La Coupe du monde 2026 s’est achevée par une victoire de l’Espagne sur l’Argentine. Cette édition aura surtout été marquée par l’omniprésence du pouvoir politique, de la puissance et de l’argent. Jamais la FIFA n’avait semblé aussi docile face au pouvoir. Donald Trump, descendu sur la pelouse pour remettre le trophée, a symbolisé cette mainmise : un spectacle plus proche du Super Bowl que du football, avec des pauses publicitaires déguisées en pauses « fraîcheur » et une mi-temps allongée à 30 minutes. Les décisions arbitraires se sont multipliées : exclusion d’un arbitre somalien, interdiction de certaines délégations de supporters, ou encore l’obligation pour l’équipe d’Iran de jouer aux États-Unis sans y dormir, ajoutant une fatigue inutile aux joueurs. Donald Trump, qui n’aime pas le football mais adore les caméras, a utilisé l’événement pour afficher son pouvoir, au mépris de la crédibilité de la compétition. De plus, il est également intervenu pour éviter la suspension de l’attaquant américain, Folarin Balogun, rappelant les pires précédents du football, comme en 1934 sous Mussolini ou en 1982 avec le frère de l’émir du Koweït. Cette Coupe du monde a aussi marqué une avancée avec l’ouverture à 48 équipes, offrant une visibilité à des petites sélections et confirmant l’universalité du football. Mais cette expansion, si elle a permis plus de matchs et plus de revenus, n’a pas suffi à masquer les dérives : une FIFA aux ordres, un Infantino prêt à tout pour plaire à Trump, et des fédérations pauvres séduites par une redistribution inégale des richesses. Face à cette dérive, l’UEFA commence à s’agiter, tandis que le Conseil de l’Europe met en garde contre l’emprise croissante de l’argent et du pouvoir sur le sport. La prochaine édition, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, devra-t-elle subir les mêmes ingérences ? Ou saura-t-elle […]

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La Coupe du monde 2026 s’est achevée par une victoire de l’Espagne sur l’Argentine. Cette édition aura surtout été marquée par l’omniprésence du pouvoir politique, de la puissance et de l’argent. Jamais la FIFA n’avait semblé aussi docile face au pouvoir. Donald Trump, descendu sur la pelouse pour remettre le trophée, a symbolisé cette mainmise : un spectacle plus proche du Super Bowl que du football, avec des pauses publicitaires déguisées en pauses « fraîcheur » et une mi-temps allongée à 30 minutes.

Les décisions arbitraires se sont multipliées : exclusion d’un arbitre somalien, interdiction de certaines délégations de supporters, ou encore l’obligation pour l’équipe d’Iran de jouer aux États-Unis sans y dormir, ajoutant une fatigue inutile aux joueurs. Donald Trump, qui n’aime pas le football mais adore les caméras, a utilisé l’événement pour afficher son pouvoir, au mépris de la crédibilité de la compétition. De plus, il est également intervenu pour éviter la suspension de l’attaquant américain, Folarin Balogun, rappelant les pires précédents du football, comme en 1934 sous Mussolini ou en 1982 avec le frère de l’émir du Koweït.

Cette Coupe du monde a aussi marqué une avancée avec l’ouverture à 48 équipes, offrant une visibilité à des petites sélections et confirmant l’universalité du football. Mais cette expansion, si elle a permis plus de matchs et plus de revenus, n’a pas suffi à masquer les dérives : une FIFA aux ordres, un Infantino prêt à tout pour plaire à Trump, et des fédérations pauvres séduites par une redistribution inégale des richesses.

Face à cette dérive, l’UEFA commence à s’agiter, tandis que le Conseil de l’Europe met en garde contre l’emprise croissante de l’argent et du pouvoir sur le sport. La prochaine édition, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, devra-t-elle subir les mêmes ingérences ? Ou saura-t-elle préserver l’intégrité du football, loin des calculs politiques et financiers ?

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17.07.2026 à 14:25

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Depuis le déclenchement de la guerre le 15 avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (Sudanese Armed Forces, SAF) du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (Rapid Support Forces, RSF) dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », le Soudan est devenu l’épicentre de l’une des crises sécuritaires et humanitaires les plus graves du XXIe siècle. En un peu plus de trois ans, le conflit a provoqué l’effondrement de larges pans de l’appareil étatique, déplacé plus de quatorze millions de personnes, dont près de quatre millions de réfugiés dans les pays voisins, et placé plus de trente millions d’habitants en situation de dépendance à l’aide humanitaire, soit près des deux tiers de la population soudanaise. Pourtant, réduire cette guerre à une catastrophe humanitaire ou à une lutte de pouvoir entre deux appareils militaires constituerait une lecture incomplète. En raison de sa position géographique, à la jonction de la vallée du Nil, de la Corne de l’Afrique, de la mer Rouge et de l’espace sahélo-saharien, le Soudan occupe une fonction stratégique dont les effets dépassent largement son territoire national. La guerre accélère ainsi des recompositions régionales qui concernent directement la Libye, le Tchad, l’Égypte ainsi que l’ensemble du Sahara central. Cette note défend l’hypothèse selon laquelle le conflit soudanais agit moins comme une rupture que comme un accélérateur de dynamiques géopolitiques préexistantes. En s’appuyant sur une approche comparative entre les trajectoires soudanaise et libyenne, elle montre comment les espaces reliant le Darfour, Kufra et le Fezzan deviennent progressivement un continuum stratégique marqué par la circulation des groupes armés, l’intensification des économies de guerre, la recomposition des routes migratoires et l’affaiblissement des souverainetés étatiques. L’analyse met également en évidence que les crises soudanaise et libyenne ne doivent plus être étudiées séparément. Elles participent désormais d’un même système […]

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Texte intégral (547 mots)

Depuis le déclenchement de la guerre le 15 avril 2023 entre les Forces armées soudanaises (Sudanese Armed Forces, SAF) du général Abdel Fattah al-Burhan et les Forces de soutien rapide (Rapid Support Forces, RSF) dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », le Soudan est devenu l’épicentre de l’une des crises sécuritaires et humanitaires les plus graves du XXIe siècle. En un peu plus de trois ans, le conflit a provoqué l’effondrement de larges pans de l’appareil étatique, déplacé plus de quatorze millions de personnes, dont près de quatre millions de réfugiés dans les pays voisins, et placé plus de trente millions d’habitants en situation de dépendance à l’aide humanitaire, soit près des deux tiers de la population soudanaise.

Pourtant, réduire cette guerre à une catastrophe humanitaire ou à une lutte de pouvoir entre deux appareils militaires constituerait une lecture incomplète. En raison de sa position géographique, à la jonction de la vallée du Nil, de la Corne de l’Afrique, de la mer Rouge et de l’espace sahélo-saharien, le Soudan occupe une fonction stratégique dont les effets dépassent largement son territoire national. La guerre accélère ainsi des recompositions régionales qui concernent directement la Libye, le Tchad, l’Égypte ainsi que l’ensemble du Sahara central.

Cette note défend l’hypothèse selon laquelle le conflit soudanais agit moins comme une rupture que comme un accélérateur de dynamiques géopolitiques préexistantes. En s’appuyant sur une approche comparative entre les trajectoires soudanaise et libyenne, elle montre comment les espaces reliant le Darfour, Kufra et le Fezzan deviennent progressivement un continuum stratégique marqué par la circulation des groupes armés, l’intensification des économies de guerre, la recomposition des routes migratoires et l’affaiblissement des souverainetés étatiques.

L’analyse met également en évidence que les crises soudanaise et libyenne ne doivent plus être étudiées séparément. Elles participent désormais d’un même système régional où les conflits, les trafics, les ressources naturelles et les acteurs politico-militaires interagissent à l’échelle sahélo-saharienne. Cette évolution conduit à repenser les approches classiques de la sécurité régionale, encore largement centrées sur les frontières nationales, au profit d’une lecture davantage fondée sur les circulations transfrontalières, les économies politiques de la violence et les formes hybrides de gouvernance des périphéries.

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16.07.2026 à 16:36

stagiairedecomm@iris-france.org
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Depuis plus de quatre ans, la guerre en Ukraine s’est installée dans la durée. Malgré la promesse de Donald Trump d’y mettre fin en 24 heures, les combats se poursuivent et aucun des deux camps ne semble aujourd’hui prêt à accepter les concessions nécessaires à un cessez-le-feu. Pour comprendre cette impasse, il est nécessaire de revenir sur les principales étapes qui ont conduit à la guerre : les tensions nées du sommet de l’OTAN en 2008, où l’adhésion potentielle de l’Ukraine a été à la fois reconnue et bloquée ; la révolution de 2014 et l’annexion de la Crimée, qui ont cristallisé l’opposition entre une Ukraine tournée vers l’Europe et une Russie déterminée à maintenir son influence. Les accords de Minsk ont scellé l’échec des tentatives de paix, tandis que le texte de Poutine en 2021, niant l’existence même d’une nation ukrainienne, a sonné comme le prélude à l’invasion. Depuis le début de l’invasion russe, le débat public s’est souvent enfermé dans une logique binaire. Reconnaître les fautes commises par les puissances occidentales ne revient pas à justifier une guerre qui constitue une violation du droit international. De la même manière, soutenir l’Ukraine n’implique pas nécessairement d’approuver des objectifs politiques ou militaires qui apparaissent difficilement réalisables. L’évolution du conflit montre également les limites des stratégies poursuivies par Moscou comme par Kiev. La Russie n’a pas atteint les objectifs qu’elle s’était fixés au début de l’invasion, tandis que l’Ukraine, confrontée à l’usure démographique et militaire, peine à entrevoir une victoire. Dans le même temps, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche bouleverse la relation transatlantique, contraignant ces derniers à assumer une part croissante du soutien à l’Ukraine. Face à cette situation, plusieurs questions se posent : comment mettre fin à une guerre qu’aucun des deux camps ne paraît en mesure […]

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Depuis plus de quatre ans, la guerre en Ukraine s’est installée dans la durée. Malgré la promesse de Donald Trump d’y mettre fin en 24 heures, les combats se poursuivent et aucun des deux camps ne semble aujourd’hui prêt à accepter les concessions nécessaires à un cessez-le-feu.

Pour comprendre cette impasse, il est nécessaire de revenir sur les principales étapes qui ont conduit à la guerre : les tensions nées du sommet de l’OTAN en 2008, où l’adhésion potentielle de l’Ukraine a été à la fois reconnue et bloquée ; la révolution de 2014 et l’annexion de la Crimée, qui ont cristallisé l’opposition entre une Ukraine tournée vers l’Europe et une Russie déterminée à maintenir son influence. Les accords de Minsk ont scellé l’échec des tentatives de paix, tandis que le texte de Poutine en 2021, niant l’existence même d’une nation ukrainienne, a sonné comme le prélude à l’invasion.

Depuis le début de l’invasion russe, le débat public s’est souvent enfermé dans une logique binaire. Reconnaître les fautes commises par les puissances occidentales ne revient pas à justifier une guerre qui constitue une violation du droit international. De la même manière, soutenir l’Ukraine n’implique pas nécessairement d’approuver des objectifs politiques ou militaires qui apparaissent difficilement réalisables.

L’évolution du conflit montre également les limites des stratégies poursuivies par Moscou comme par Kiev. La Russie n’a pas atteint les objectifs qu’elle s’était fixés au début de l’invasion, tandis que l’Ukraine, confrontée à l’usure démographique et militaire, peine à entrevoir une victoire. Dans le même temps, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche bouleverse la relation transatlantique, contraignant ces derniers à assumer une part croissante du soutien à l’Ukraine.

Face à cette situation, plusieurs questions se posent : comment mettre fin à une guerre qu’aucun des deux camps ne paraît en mesure de gagner ? Des compromis territoriaux peuvent-ils constituer une solution sans remettre en cause le principe du respect du droit international ? Quel rôle l’Union européenne doit-elle désormais jouer face à la Russie, à l’Ukraine et aux États-Unis ?

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16.07.2026 à 15:12

Coline Laroche              
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This paper examines the extent to which Greece has integrated European Union capability development instruments into its national defence policy and administration. Focusing on five core instruments (i.e., the Capability Development Plan, the Coordinated Annual Review on Defence, the Overarching Strategic Research Agenda, the Permanent Structured Cooperation on Defence and the European Defence Fund), the authors argue that Greece has achieved substantial integration, particularly where EU frameworks align with national strategic priorities and offer tangible industrial benefits. The analysis draws on national defence planning documents, legislative acts, and stakeholder engagement to assess the depth of integration across both intergovernmental and supranational instruments. The authors find that geostrategic imperatives, economic recovery goals, and political aspirations collectively drive Greece’s active and structured engagement with EU defence capability processes.

L’article Aligning Shields: Greece’s Integration Into the EU Capability Development Process est apparu en premier sur IRIS.

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This paper examines the extent to which Greece has integrated European Union capability development instruments into its national defence policy and administration. Focusing on five core instruments (i.e., the Capability Development Plan, the Coordinated Annual Review on Defence, the Overarching Strategic Research Agenda, the Permanent Structured Cooperation on Defence and the European Defence Fund), the authors argue that Greece has achieved substantial integration, particularly where EU frameworks align with national strategic priorities and offer tangible industrial benefits. The analysis draws on national defence planning documents, legislative acts, and stakeholder engagement to assess the depth of integration across both intergovernmental and supranational instruments. The authors find that geostrategic imperatives, economic recovery goals, and political aspirations collectively drive Greece’s active and structured engagement with EU defence capability processes.

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