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Institut de Relations Internationales et Stratégiques - Think tank français spécialisé sur les questions géopolitiques et stratégiques

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22.01.2026 à 13:04

Quelles réponses de l’Union européenne face aux agressions commerciales de Donald Trump ?

Coline Laroche              

Même s’il a déclaré à Davos y avoir (temporairement) renoncé, les annonces de Donald Trump menaçant certains pays européens d’un relèvement de 10 % des tarifs douaniers, s’ajoutant à ceux découlant de l’accord-cadre supposé « réciproque, équitable et équilibré » conclu avec l’Union européenne en juillet 2025, placent cette dernière devant le dilemme de se soumettre ou de réagir avec fermeté. De quels moyens  de rétorsion dispose-t-elle ? Cet accord est-il devenu obsolète depuis la suspension par le Parlement européen de son processus de ratification ? Quelle serait l’incidence de nouveaux tarifs sur les échanges commerciaux et la croissance européenne ? Le risque économique associé à une réaction ferme est réel mais ne doit pas être surestimé, alors que le risque politique de la soumission ne peut être sous-estimé. Le point avec Pierre Jaillet, chercheur associé à l’IRIS et conseiller à l’Institut Jacques Delors.      Face à la politique commerciale agressive de l’administration Trump, de quels moyens de rétorsion dispose l’Union européenne ? On évoque en particulier l’instrument communautaire « anti-coercition ». Comment et à quelles conditions peut-il être mobilisé ? D’autres actions sont-elles envisageables, y compris au niveau national ? Face à la politique tarifaire agressive de l’administration de Donald Trump, l’Union européenne n’est pas démunie et dispose d’un éventail de leviers juridiques, commerciaux et diplomatiques. Adopté en 2023 (mais non utilisé à ce jour), l’instrument anti-coercition (IAC), en particulier, vise à dissuader et contrer les pressions économiques exercées par un État tiers interférant avec les choix politiques européens (ou d’un État membre de l’UE). Il ouvre la possibilité d’appliquer à des pays tiers convaincus d’actes de « coercion » des tarifs douaniers ciblés, de restreindre leur accès à certains marchés publics ou aux services financiers, de bloquer leurs investissements dans l’Union ou même de suspendre leurs droits de propriété intellectuelle. Cet instrument, parfois qualifié de « bazooka », pourrait en réalité être appliqué de […]

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Texte intégral (1498 mots)

Face à la politique commerciale agressive de l’administration Trump, de quels moyens de rétorsion dispose l’Union européenne ? On évoque en particulier l’instrument communautaire « anti-coercition ». Comment et à quelles conditions peut-il être mobilisé ? D’autres actions sont-elles envisageables, y compris au niveau national ?

Face à la politique tarifaire agressive de l’administration de Donald Trump, l’Union européenne n’est pas démunie et dispose d’un éventail de leviers juridiques, commerciaux et diplomatiques. Adopté en 2023 (mais non utilisé à ce jour), l’instrument anti-coercition (IAC), en particulier, vise à dissuader et contrer les pressions économiques exercées par un État tiers interférant avec les choix politiques européens (ou d’un État membre de l’UE). Il ouvre la possibilité d’appliquer à des pays tiers convaincus d’actes de « coercion » des tarifs douaniers ciblés, de restreindre leur accès à certains marchés publics ou aux services financiers, de bloquer leurs investissements dans l’Union ou même de suspendre leurs droits de propriété intellectuelle. Cet instrument, parfois qualifié de « bazooka », pourrait en réalité être appliqué de façon partielle et graduée. Notons toutefois qu’il ne peut être déclenché qu’au terme d’un processus relativement long et complexe impliquant l’obtention d’une majorité qualifiée (55 % des États membres représentant  65 % de la population de l’UE) ce qui rend sa mobilisation assez aléatoire. Il constitue cependant une option crédible, même s’il faut plutôt la considérer comme une arme de dissuasion de nature à rééquilibrer le rapport de force de l’UE face au chantage commercial de Donald Trump.

L’UE dispose de quelques autres leviers. Certes, le recours aux procédures contentieuses de l’OMC (dont les règles fondamentales, comme la clause non discriminatoire de la nation la plus favorisée – sont allègrement piétinées par Donald Trump) est aujourd’hui inopérant du fait de la paralysie de son organe d’appel. L’UE peut toutefois en théorie prendre des mesures de sauvegarde sectorielles (notamment dans le domaine numérique), mobiliser des instruments anti-dumping ou des aides ciblées et les États membres conservent des moyens de contrôle des investissements étrangers. En pratique, la mobilisation de ces moyens de rétorsion reste contrainte du fait des règles de concurrence du marché intérieur européen et des difficultés à forger un consensus entre des pays européens dont les structures productives et donc les intérêts économiques et commerciaux peuvent diverger.

Donald Trump a menacé (avant de se rétracter) six États membres de l’UE (soutenus par le Royaume-Uni et la Norvège), opposés à sa volonté d’absorber le Groenland, d’une hausse de 10% des tarifs douaniers (s’ajoutant aux 15 % en vigueur). Le Parlement européen vient par ailleurs d’annoncer qu’il suspendait le processus de ratification de l’accord-cadre passé entre Donald Trump et l’UE en juillet 2025. Cet accord est-il désormais obsolète et peut-on anticiper une position plus ferme de l’UE face au chantage commercial ?

L’accord-cadre conclu en juillet 2025 à Turnberry entre Ursula von der Leyen et Donald Trump visait une désescalade tarifaire et une coopération renforcée sur les normes industrielles. Bien qu’appliqué à titre provisoire, il nécessitait une ratification parlementaire. Or l’annonce le 20 janvier 2026 par le Parlement européen de la suspension du processus de ratification, après l’annonce d’une hausse tarifaire américaine cumulative de 25 % (15 % + 10 %), fragilise juridiquement un accord devenu de facto politiquement obsolète du fait de cette nouvelle mesure unilatérale. Observons que l’accord de Turnberry, contrairement au libellé de la déclaration commune (« … An agreement on reciprocal, fair and balance trade »), n’était en fait ni réciproque, ni équitable et encore moins équilibré, dès lors qu’il validait l’acceptation par l’UE de tarifs douaniers de 15 % (avec quelques exceptions sectorielles) sur les exportations européennes vers les États-Unis en « contrepartie » de la suppression de tout tarif visant les exportations des États-Unis vers l’UE et qu’il comportait d’autres clauses contraignantes et dérogatoires pour cette dernière (achats d’énergie, de matériel militaire, investissements aux États-Unis, etc.).

Dans l’hypothèse (encore incertaine) d’une renégociation de cet accord, plusieurs signaux suggèrent une attitude plus ferme de la part de l’UE. Ainsi, les six États membres (soutenus par le Royaume-Uni et la Norvège) plus spécifiquement visés, ont explicitement refusé tout « chantage commercial » lié aux ambitions américaines sur le Groenland.

Gardons à l’esprit que l’UE représente près de 20 % du PIB mondial et un marché de près de 500 millions de consommateurs, le plus important du monde. Son accès revêt un intérêt vital pour les États-Unis. Encore faut-il que les Européens expriment collectivement une attitude de fermeté face à l’agresseur et confortent leur crédibilité dans un rapport de force assumé. Le risque d’escalade existe, naturellement, et une guerre commerciale est toujours un jeu à somme négative (plus encore dans un contexte de chaînes de valeur transatlantiques très intégrées). Mais le risque encore pire est celui d’un jeu à somme nulle où l’Europe serait seule perdante.

Quelle a été jusqu’à présent l’incidence de la hausse des tarifs douaniers sur le commerce UE-États-Unis et sur la croissance européenne ? Quel impact pourrait-avoir une hausse supplémentaire de 10 % de ces tarifs sur les principales économies européennes compte tenu de leurs spécialisations spécifiques et de leurs dépendances respectives vis-à-vis du marché américain ?      

Depuis les premières hausses tarifaires états-uniennes, le commerce UE-États-Unis (environ 1100 Mds € par an) a ralenti. Les exportations européennes vers les États-Unis ont reculé d’environ 5 % en volume sur douze mois, amputant la croissance européenne d’environ 0,2 point de PIB en 2025, selon les estimations de la Commission et de la BCE. Certains secteurs (automobile, machines-outils, produits chimiques…) ont été plus touchés. Il faut tenir compte du fait que les importateurs des États-Unis ont fortement accru leurs achats au premier trimestre en anticipation de l’application des droits de douane. Au total, l’impact est significatif, mais pas si dramatique, sachant que les exportations brutes de l’UE vers les États-Unis ne représentent que 3 % de son PIB. Une hausse supplémentaire de 10 % pourrait selon certaines estimations retrancher à moyen terme entre 0,2 % et 0,5 % d’une croissance européenne déjà faible (1,3 % en 2026 selon le FMI), avec des effets asymétriques (probablement deux fois supérieurs en Allemagne qu’en France, par exemple), liés aux spécialisations des économies des États membres et à leur degré d’exposition au marché des États-Unis. Dans un univers aussi incertain où les annonces parfois extravagantes se multiplient (comme la dernière menace par Donald Trump d’un relèvement à 200 % appliqués aux vins et champagne français si la France n’adhère pas au « Conseil de la Paix »), on peut être tentés de rappeler l’aphorisme de l’humoriste Pierre Dac : « Les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir ». Faisons le pari raisonnable qu’une réponse ferme et articulée de l’Europe face à son agresseur, si elle comporte des risques à court terme, peut réduire l’incertitude à long terme, pour son propre bénéfice et pour celui d’une économie mondiale menacée de fragmentation.

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21.01.2026 à 17:50

Proche-Orient : à la recherche de la paix, désespérément. Avec Ofer Bronchtein

Déborah Yapi

Pascal Boniface · Proche-Orient : à la recherche de la paix, désespérément. Avec Ofer Bronchtein | Entretiens géopo Aujourd’hui, l’évocation d’une « paix » à Gaza soulève de profondes interrogations. Dans un contexte où le cessez-le-feu annoncé par Israël demeure largement contesté sur le terrain, où la colonisation progressive de la Cisjordanie se poursuit, et où l’initiative de Donald Trump autour d’un « forum pour la paix » contribue à fragiliser davantage un équilibre diplomatique déjà précaire, la perspective d’une paix, bien qu’elle soit au cœur des préoccupations, semblent s’éloigner davantage. Ce paradoxe résonne également dans le cadre français. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron marque un geste politique fort, mais qui reste pour l’heure peu suivi d’effets concrets, reflet d’un contexte international où les marges de manœuvre des puissances extérieures se réduisent, et où la polarisation des sociétés gagne du terrain. Pour comprendre cette impasse, il faut revenir aux racines du conflit : comment et pourquoi en est-on arrivé à une telle situation politique ? Comment ce conflit est-il exporté et instrumentalisé ailleurs, notamment dans les tensions entre communautés juives et musulmanes ? Quelles sont les perspectives de paix envisageables ? Pascal Boniface reçoit Ofer Bronchtein, envoyé spécial d’Emmanuel Macron pour le Proche-Orient et militant pour la paix, dans ce podcast.

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Aujourd’hui, l’évocation d’une « paix » à Gaza soulève de profondes interrogations. Dans un contexte où le cessez-le-feu annoncé par Israël demeure largement contesté sur le terrain, où la colonisation progressive de la Cisjordanie se poursuit, et où l’initiative de Donald Trump autour d’un « forum pour la paix » contribue à fragiliser davantage un équilibre diplomatique déjà précaire, la perspective d’une paix, bien qu’elle soit au cœur des préoccupations, semblent s’éloigner davantage. Ce paradoxe résonne également dans le cadre français. La reconnaissance de l’État de Palestine par Emmanuel Macron marque un geste politique fort, mais qui reste pour l’heure peu suivi d’effets concrets, reflet d’un contexte international où les marges de manœuvre des puissances extérieures se réduisent, et où la polarisation des sociétés gagne du terrain.

Pour comprendre cette impasse, il faut revenir aux racines du conflit : comment et pourquoi en est-on arrivé à une telle situation politique ? Comment ce conflit est-il exporté et instrumentalisé ailleurs, notamment dans les tensions entre communautés juives et musulmanes ? Quelles sont les perspectives de paix envisageables ?

Pascal Boniface reçoit Ofer Bronchtein, envoyé spécial d’Emmanuel Macron pour le Proche-Orient et militant pour la paix, dans ce podcast.

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21.01.2026 à 11:51

Pourquoi les Européens doivent maintenir une présence militaire stable au Groenland 

Coline Laroche              

Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis avec les bonnes ou les mauvaises manières, les Européens se retrouvent une fois de plus au pied du mur. Comme en Ukraine, ils sont de nouveau confrontés aux effets délétères de leur impuissance et de leur dépendance stratégique à l’égard de Washington. Certes, ce n’est pas la première fois qu’ils doivent composer avec les conséquences géopolitiques de décisions qui ne sont pas les leurs : au fond, l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité depuis plus de sept décennies. Mais, cette fois, la donne a changé. Cette dépendance ne se décline plus par rapport à un allié. Elle s’exerce à l’égard d’une puissance hostile, prédatrice, qui ne jure que par les rapports de force et s’affranchit des principes les plus élémentaires du droit international. Face à cette nouvelle réalité, le cœur du « problème groenlandais » ne tient plus seulement au tropisme néocolonial de la puissance américaine. Il tient aussi à la faiblesse européenne. Car si les prétentions de Donald Trump sur le Groenland sont inacceptables – et ne sauraient donc être entérinées – le président des États-Unis met néanmoins le doigt sur une question réelle : celle de l’exercice concret de la souveraineté sur la plus grande île non continentale du monde dans le long terme. Avec l’ouverture progressive de l’Arctique, les progrès technologiques et la montée inexorable des rivalités entre puissances, il est peu probable que, dans les décennies à venir, les quelque 56 000 habitants locaux et les cinq millions de Danois – installés à plus de 2 000 kilomètres – puissent, à eux seuls, garantir la maîtrise du Groenland. Or, le pouvoir a horreur du vide : qu’on le veuille ou non, tôt ou tard cette question était appelée à se poser. La sécurité […]

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Texte intégral (855 mots)

Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir annexer le Groenland aux États-Unis avec les bonnes ou les mauvaises manières, les Européens se retrouvent une fois de plus au pied du mur. Comme en Ukraine, ils sont de nouveau confrontés aux effets délétères de leur impuissance et de leur dépendance stratégique à l’égard de Washington.

Certes, ce n’est pas la première fois qu’ils doivent composer avec les conséquences géopolitiques de décisions qui ne sont pas les leurs : au fond, l’Europe dépend des États-Unis pour sa sécurité depuis plus de sept décennies. Mais, cette fois, la donne a changé. Cette dépendance ne se décline plus par rapport à un allié. Elle s’exerce à l’égard d’une puissance hostile, prédatrice, qui ne jure que par les rapports de force et s’affranchit des principes les plus élémentaires du droit international.

Face à cette nouvelle réalité, le cœur du « problème groenlandais » ne tient plus seulement au tropisme néocolonial de la puissance américaine. Il tient aussi à la faiblesse européenne. Car si les prétentions de Donald Trump sur le Groenland sont inacceptables – et ne sauraient donc être entérinées – le président des États-Unis met néanmoins le doigt sur une question réelle : celle de l’exercice concret de la souveraineté sur la plus grande île non continentale du monde dans le long terme.

Avec l’ouverture progressive de l’Arctique, les progrès technologiques et la montée inexorable des rivalités entre puissances, il est peu probable que, dans les décennies à venir, les quelque 56 000 habitants locaux et les cinq millions de Danois – installés à plus de 2 000 kilomètres – puissent, à eux seuls, garantir la maîtrise du Groenland. Or, le pouvoir a horreur du vide : qu’on le veuille ou non, tôt ou tard cette question était appelée à se poser.

La sécurité de l’île pourrait bien entendu être assurée par l’OTAN, comme le clament apeurés les Danois et les Européens. Ces derniers ont rappelé à plusieurs reprises au locataire de la Maison-Blanche que les États-Unis disposent déjà de bases militaires au Groenland et que la porte leur est grande ouverte dans le cas où ils voulaient en bâtir de nouvelles. Rien n’empêcherait les Américains de mettre l’île à l’abri de toute hypothétique ambition future de la Chine ou de la Russie, sans pour autant l’annexer.

C’est précisément là que se situe le problème. Certains Européens ne l’ont peut-être pas encore compris, mais les États-Unis ne sont plus disposés à assumer leur sécurité, et évoquent même une « européanisation » de l’OTAN. Dans ces conditions, il est difficile d’imaginer qu’une solution strictement otanienne puisse leur convenir. Pourquoi, en effet, Washington sécuriserait-il un territoire destiné à rester danois, et qu’il perçoit en outre comme quasi dépeuplé – puisque l’opinion des Groenlandais ne semble pas entrer dans l’équation ?

Le raisonnement de Trump sur ce point est simple, brutal, et – à ses yeux – imparable : si ce sont les États-Unis qui doivent protéger le Groenland des ambitions chinoises ou russes, alors ce sont eux qui doivent le gouverner.

Que peuvent faire les Européens pour s’opposer à leur prétendu allié ? Sur le Vieux Continent, l’idée de déployer des soldats sur le terrain – à la demande des Groenlandais et des Danois – a suscité de vives critiques. Pour certains, cette option serait inutile. Pourtant, elle pourrait malgré tout présenter un intérêt.

Une présence européenne ne dissuaderait probablement pas Donald Trump de s’emparer de l’île s’il décidait d’aller au bout de son ambition, coûte que coûte. Elle ne l’empêcherait pas non plus de déployer ses propres troupes, en proclamant haut et fort que le Groenland lui appartient désormais. On peut toutefois espérer que des soldats américains n’attaqueraient pas des soldats européens présents sur place – et réciproquement.

Les Occidentaux se retrouveraient alors dans une situation ubuesque : deux forces militaires, venues de part et d’autre de l’Atlantique, coexisteraient sur le sol groenlandais, chacune revendiquant la souveraineté sur l’île. Ce scénario serait plus qu’absurde ; il aurait même quelque chose de grotesque. Mais il aurait au moins un mérite : il permettrait aux Européens de montrer au monde et, surtout, à eux-mêmes, que pour une fois – peut-être pour la première fois – ils ont été capables de rejeter les diktats de Trump, et ont su lui dire non.

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