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Mouvement international œuvrant à construire un monde où l’énergie renouvelable soutenue par les populations locales est accessible à tou.te.s.

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30.04.2022 à 02:13

Fossil Free News #68

Débora
Texte intégral (1871 mots)

Le mois d’avril a été riche en événements pour le mouvement en faveur du climat. Le 22 avril, la Journée de la Terre nous a permis de nous rappeler de tous·tes ceux et celles qui, tout autour du monde, travaillent sans relâche pour protéger et soigner notre planète.

Cette édition regorge de solutions efficaces et de moment inspirés par tout un chacun qui vous encouragent à vous impliquer dans la protection de notre environnement. En effet, comment pouvons-nous vraiment respecter la Terre qui nous abrite autrement qu’en tenant compte de l’urgence dénoncée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et en nous concentrant sur la protection de nos concitoyen·ne·s ?

À ce sujet, notre toute nouvelle Plateforme populaire internationale pour la justice climatique mérite un détour : elle regorge d’histoires d’activistes courageux·ses qui luttent pour laisser les sources d’énergies fossiles sous terre et pour construire l’avenir que nous voulons.

Toutes mes amitiés,

Christine

Si vous l’aviez manqué

Nous vous présentons le ministère canadien pour une Transition Juste

L’équipe de 350 Canada a l’art et la manière de lancer des campagnes audacieuses et créatives pour s’attaquer à l’urgence climatique dans sa région du monde.

Cette campagne, intitulée « Ministère pour une Transition Juste » , représente ce à quoi ressemblerait une transition juste si les responsables politiques abandonnaient réellement les énergies fossiles pour passer à une économie basée sur les énergies renouvelables tout en protégeant les populations et en travaillant à leur service.

Oui, bien sûr, il s’agit d’une satyre, mais le message qui passe est fort et audacieux, et nous espérons que les responsables politiques y verront le coup de pouce nécessaire à une transition juste.

L’olive, c’est la vie

Répétez après moi : « l’olive, c’est la vie ! »

Le 17 avril, des milliers de gens se sont rassemblés à Milas, en Turquie, pour défendre les oliviers contre les mines de charbon.

Une nouvelle réglementation minière nationale rend les oliveraies vulnérables, pouvant être détruites et remplacées par les plus polluants des projets, y compris par des mines de charbon. Cependant, un nouveau rapport dévoile qu’il est possible d’établir une économie locale basée sur les olives, et non plus limitée au charbon.

La population de Milas veut protéger son environnement et son avenir, et tou·te·s travaillent sur ces objectifs en se basant sur un travail de longue date dans la région. Encore une victoire citoyenne.

VIDÉO À DÉCOUVRIR

Selon Paty Islam-Parsons, aujourd’hui, ce sont les populations sur le terrain qui font face à la réalité du changement climatique et qui disent la vérité. Membre des jeunes activistes téméraires de Fridays for Future International, son message vis-à-vis des derniers rapports du GIEC est clair : les décideur·euse·s doivent écouter. Nous sommes en état d’urgence, et nous devons agir tout de suite.

BOOSTEZ VOTRE MILITANTISME

Formez-vous !

Les gros titres et les rapports publiés le mois dernier sur l’avenir de la planète ont été éprouvants, et il est parfois difficile de savoir par où commencer pour faire une différence. Voici donc quelques idées pour démarrer :

  • Étape 1 : formez-vous sur la science du climat ;
  • Étape 2 : parlez-en à votre famille et à vos amis ;
  • Étape 3 : faites campagne pour le changement!

Ces cours en ligne se présentent sous la forme d’activités multimédia et interactives qui ont toutes pour objectif de vous aider à devenir expert·e en la matière.

Commencez ici :

LE POUVOIR EST ENTRE VOS MAINS

SOUS LES PROJECTEURS À L’OCCASION DE LA JOURNÉE DE LA TERRE

Le mois d’avril est d’autant plus important car on y célèbre la journée de la Terre le 22 avril. Nous savons à quel point il est important d’investir dans cette Terre nourricière en la protégeant et en la gardant bien verte.

Chez 350.org, nous avons démarré le mois en rendant hommage à nos nombreux·ses activistes à travers le monde. Nous avons eu la chance de voir et d’entendre comment ils/elles construisent le mouvement contre le plus polluant des pollueurs : l’industrie des énergies fossiles. Aujourd’hui, nous allons mettre les projecteurs sur l’un de nos militants en Afrique , Christian, qui a pour objectif de bloquer tout développement de projet pétrolier dans le parc national des Virunga (en République Démocratique du Gongo). Les Virunga sont effectivement le plus ancien parc national d’Afrique et il abrite une biodiversité très riche, y compris un quart de la population totale de gorilles des montagnes.

Solidarité à travers les océans

Des activistes du climat ont traversé les océans pour se réunir à l’occasion d’une formation hybride organisée à Suva, aux îles Fidji, pour 350 Pacifique et la Conférence des Églises du Pacifique. Cette formation de trois jours était dispensée en ligne par l’Institut du climat et l’organisme Sustainable Cities in the Philippines.

Cette collaboration s’est accompagnée d’une formation innovante et d’un niveau de compétence élevé qui a permis à la population du Pacifique d’apprendre les bases de l’électricité solaire et d’assembler des systèmes de panneaux solaires de base.

S’il est une chose que le mouvement pour le climat revendique, c’est que les solutions sont efficaces. Avec ces compétences et ces outils, ces guerriers du Pacifique donneront une voix à leurs concitoyen·ne·s et sauront se servir de leurs acquis en cas de catastrophe.

Et c’est ainsi que l’on éclaire la voie vers un avenir durable.

Photo : Membres de l’équipe de 350 Pacifique et de la Conférence des Églises du Pacifique.

Site d’installation de panneaux solaires à Fidji

Citation du mois


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30.03.2022 à 18:47

Tournée européenne #StopEACOP : Total sous pression à travers l’Europe

Julia Krzyszkowska
Texte intégral (4363 mots)

Ces dernières semaines, 350.org et de nombreuses organisations et militant·es ont uni leurs forces pour bien faire monter la pression contre la plus importante bombe climatique et sociale que Total tente de développer en Ouganda et Tanzanie: les méga projets pétroliers Tilenga et EACOP. Pour alerter des dangers et porter leurs voix directement auprès des soutiens de Total et des acteurs qui ont le pouvoir de stopper ces projets, nous avons invité en Europe 4 ougandais·es directement impactés par ces projets fossiles, aux premières lignes de la lutte pour une justice climatique et transition juste qui ne laisse pas l’Afrique de côté.

Regardez la vidéo résumé de la tournée en cliquant ci-dessous :Tilenga c’est 400 puits de forage pétrolier (en bordure d’un des plus grands lacs d’Afrique, le lac Albert, en Ouganda), dont un tiers dans le Parc naturel des Murchison Falls (plus important parc naturel d’Ouganda, habitat d’un écosystème riche et unique). EACOP c’est un projet de méga-oléoduc de Total qui, si il voit le jour, fera plus de 1443 km de long (soit l’équivalent en distance de Bruxelles à Madrid), sera le plus long oléoduc de pétrole chauffé au monde (son pétrole serait chauffé en permanence à 50 °C) et émettra jusqu’à 34,3 millions de tonnes de CO2 par an (7 fois les émissions annuelles d’Ouganda).

Ce qui est en jeu c’est la destruction d’écosystèmes indispensables à des espèces telles que les éléphants d’Afrique et les girafes, la mise en péril de la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau de 40 millions de personnes, l’aggravement de la crise climatique et l’assurance qu’on ne puisse respecter l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement à 1.5C.

C’est donc pour empêcher ce projet destructeur de voir le jour qu’une coalition de plusieurs organisations et activistes français·e·s et internationaux se mobilise afin de porter le combat contre l’EACOP jusqu’aux sphères les plus influentes d’Europe et du monde.

Pour ce faire, nous avons eu l’honneur d’être accompagné·es pendant deux semaines par une délégation ougandaise, directement impactée par les projets et aux premières lignes du combat pour la justice climatique, ayant fait le voyage pour se mobiliser à nos côtés. Maxwell Atuhura, Diana Nabiruma, Hilda Flavia Nakabuye et Vanessa Nakate sont des militant·e·s pour la défense du climat et des droits humains d’Ouganda qui luttent depuis plusieurs années déjà contre les projets Tilenga et EACOP et pour la protection du climat, des écosystèmes et des droits de leurs communautés.

Ils constatent chaque jour les dégâts que provoquent déjà ce projet, avant même le lancement officiel de sa construction à travers l’Ouganda et la Tanzanie. Des centaines de milliers de personnes n’ont aujourd’hui plus la capacité de jouir de leurs terres comme ils l’entendent, et certain·e·s sont déjà en voie d’expropriation et ce, sans avoir reçu de compensation financière juste.

C’est donc pour dénoncer ces injustices causées par Total avec le soutien de l’État français que nous avons uni nos forces. Nous avons en effet commencé fort à la marche climat LookUp à Paris en alertant les dizaines de milliers de participant·es et médias avec notre cortège StopEACOP. Et une puissante prise de parole de la militante Hilda Flavia Nakabuye, fondatrice de Fridays for Future Uganda devant 32 000 personnes.

Avec ses mots justes et la force de ses convictions, Hilda a su expliquer les dangers pour les vies humaines et animales de son pays d’un tel projet, mais également en appeler à la solidarité de toutes et de tous dans cette lutte car EACOP, s’il voit le jour, mettra en péril non-seulement l’Afrique de l’Est, mais également le reste du monde.

Les militant·e·s Hilda Flavia Nakabuye et Maxwell Atuhura lors de la marche LookUp

 

Après une suite de journées chargées en rencontres avec la presse, les membres de la délégation ont rencontré des député·e·s de l’Assemblée Nationale française afin de leur faire part de leurs inquiétudes concernant le projet EACOP, mais également de leur présenter les alternatives vers lesquelles peut se tourner leur pays l’Ouganda afin de se libérer des énergies fossiles et se tourner vers un avenir juste et propre pour tous·tes.

Les membres de la délégation d’activistes ougandais·e·s aux côtés du député Mathieu Orphelin et accompagné·e·s des travailleur·euse·s de 350.org (Isabelle & Soraya); les Amis de la Terre (Juliette) et MakeSense (Christian)

 

Suite à cette rencontre, 18 député·e·s de 7 groupes politiques différents ont publié une tribune conjointe dans Le Monde appelant à enterrer définitivement les projets EACOP/Tilenga afin de préserver les populations et biodiversités locales, mais aussi de préserver le reste du monde. Les député·e·s demandent au président de la République et au gouvernement français de retirer tout soutien diplomatique à ces projets climaticides qui vont à l’encontre de l’ambition climatique prônée par la France sur la scène internationale. Et s’engagent à poursuivre leur soutien pour la campagne StopEACOP.

Les mobilisations pour informer le grand public sur les dangers de l’EACOP et inciter les gens à agir à nos côtés se sont poursuivies avec, le jeudi 17 mars, la tenue d’une conférence sur la bombe climatique et sociale de Total en Ouganda.

Conférence sur EACOP à Le Consulat en présence de Cyril Dion

 

Les principaux aspects liés à l’EACOP ont été abordés lors de cette conférence : violations des droits humains; impacts sociales sur les communautés locales ougandaises et tanzaniennes; impacts sur la biodiversité de l’Ouganda; répercussions sur les jeunesses d’Afrique de l’Est et alternatives aux projets d’énergies fossiles.

A l’issue de cette conférence, de nombreuses personnes ont choisi de rejoindre la lutte contre le projet EACOP et sont venu·e·s grossir nos rangs. N’hésitez pas vous aussi à nous rejoindre en vous inscrivant sur le site stopeacop.net ou en rejoignant notre groupe WhatsApp !

Grâce aux pressions de la coalition internationale Stop EACOP, 15 financeurs (dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole) et 5 assureurs (dont SCOR) approchés par Total ont annoncé qu’ils ne soutiendraient pas ces projets qui vont à l’encontre de leurs engagements climatiques et sociaux. Pour mettre l’emphase sur la nécessité que leurs actions soient cohérentes avec leurs politiques et engagements, la délégation accompagnée de Reclaim Finance, les Amis de la Terre, Survie et 350.org ont rencontré Natixis (qui ne s’est pas positionné sur le financement à EACOP) et BNP Paribas (l’un des principaux soutiens financiers de TotalEnergies) pour leur demander d’arrêter leur soutien financier à TotalEnergies jusqu’à ce que la major pétrolière s’engage à cesser le projet EACOP.

De gauche à droite : Isabelle L’Héritier (350.org), Diana Nabiruma (AFIEGO), Louis-Maxence Delaporte (Reclaim Finance), Lorette Philippot (les Amis de la Terre) & Thomas Bart (chercheur spécialisé sur Total en Ouganda)

 

La tournée politique et médiatique pour lutter contre le projet EACOP s’est ensuite poursuivie pour une seconde semaine de rendez-vous et de mobilisations intenses.

Nous sommes allés porter leurs revendications aux Nations Unies à Genève, Maxwell Atuhura, directeur exécutif à l’Institut de recherche Tasha Research Institute a exposé les nombreuses violations en assemblée plénière sur les droits humains.

Suite à cette intervention, Maxwell Atuhura accompagné de Diana Nabiruma, Isabelle L’Héritier (350.org) et Juliette Renaud (les Amis de la Terre) ont rencontré quatre rapporteurs spéciaux de l’ONU opérant dans les domaines de la protection des défenseurs des droits humains; de la liberté d’expression et d’opinion; des droits humains et de l’environnement; et du droit d’accès à l’alimentation. Malgré les 3 précédentes interpellations des rapporteurs spéciaux sur les violations des droits humains liées à ces projets, la France et l’Ouganda gardent le silence et esquivent.

De droite à gauche : Isabelle L’Héritier (350.org), Juliette Renaud (les Amis de la Terre), Maxwell Atuhura (Tasha Research Institute) & Diana Nabiruma (AFIEGO)

 

Suite à cette rencontre les rapporteurs des Nations unies ont publié une annonce faisant part de leurs inquiétudes quant aux violations des droits et libertés des populations et opposant·es faisant face au projet EACOP.

En parallèle de ces rencontres cruciales, les activistes de Fridays for Future Vanessa Nakate et Hilda Flavia Nakabuye ont poursuivi leur travail de sensibilisation aux luttes pour le climat et contre le projet EACOP.

D’abord en continuant d’enchaîner les rencontres et interviews avec les journalistes afin de pouvoir informer le plus grand nombre sur les dangers de l’EACOP, et ensuite en participant à différents événements d’information et de plaidoyer auprès de décideurs politiques clés de l’Union européenne. C’est ainsi que Vanessa a pris la parole lors d’une conférence diffusée en live et co-organisée par les organisations Penser l’Après et On est Prêt, aux côtés de Lucie Pinson et Stacy Algrain, toutes deux activistes et militantes climat reconnues pour leur travail d’éducation et de mobilisation des personnes au changement climatique.

De gauche à droite : Marie Toussaint (eurodéputée); Stacy Algrain (activiste climat); Vanessa Nakate (activiste climat, membre de la délégation ougandaise stopEACOP); Léa Kulinowski (les Amis de la Terre); Hilda Flavia Nakabuye (activiste climat, membre de la délégation ougandaise stopEACOP)

 

Hilda Flavia Nakabuye est par la suite partie à Bruxelles, au Parlement européen, afin d’interpeller des eurodéputé·e·s sur le combat mené pour mettre fin au projet de méga-oléoduc EACOP aux côtés de jeunes activistes européennes pour le climat.

Cette rencontre fut fructueuse elle aussi, et a permis l’engagement à nos côtés d’eurodéputés parmi lesquels Raphaël Glucksmann, très actif dans la lutte contre les diverses violations des droits humains et de l’environnement perpétré par TotalEnergies.

De gauche à droite : Stacy Algrain; Pierre Larrouturou (Eurodéputé); Hilda Flavia Nakabuye; Raphaël Glucksmann (Eurodéputé)

 

Un des événements de la tournée fut la rencontre de trois des membres de la délégation avec le Pape François, ainsi qu’avec neuf représentant·e·s de leur équivalent du ministère des affaires environnementales et sociales du Vatican.

Place Saint-Pierre, Vatican

 

Cette rencontre d’exception fut l’occasion d’amener le sujet de l’EACOP, de ses dangers et de ses impacts sur les populations locales jusqu’aux sphères les plus influentes du monde. Cela a également permis d’ajouter aux rangs de notre luttes les membres d’une instance politique et religieuse de grande importance, augmentant ainsi la pression sur la multinationale TotalEnergies ainsi que les dirigeant·e·s politique d’Ouganda et Tanzanie, deux pays à majorité chrétienne.

Rencontre entre les membres de la délégation ougandaise et le Pape François

 

Les membres de la délégation ont également pu rencontrer des représentants des instances religieuses chrétiennes françaises lors d’un rendez-vous avec des évêques à Paris.

Mais ce n’était pas encore la fin de ce marathon politique et médiatique pour les membres de la délégation ougandaise et 350.org !

Engaillardi·e·s par ces semaines passées à alerter l’opinion publique et les décideurs politiques sur les conséquences néfastes du projet EACOP, nous avons porté nos revendications directement au siège de TotalEnergies à Paris le jeudi 24 mars afin d’y dénoncer les agissements abusifs et criminels de la multinationale française.

Action de mobilisation artistique organisée par Camille Etienne et la coalition européenne stopEACOP avec la participation du collectif minuit 12 et des super volontaires StopEACOP

 

Nous sommes venus dénoncer le projet EACOP le jour même où TotalEnergies organisait une réunion avec ses investisseurs sur le développement durable et ses plans climatiques. Et exposer leur greenwashing mensonger alors même que Total s’apprête à lancer la construction du plus long oléoduc chauffé au monde, de la distance entre Bruxelles et Madrid, qui nécessitera la création de 400 puits de forage dont 130 dans le plus vieux parc naturel d’Ouganda, et traversera le lac Victoria dont 40 millions de personnes dépendent pour leur accès à l’eau potable.

Rencontre avec le secrétariat affaires globales de la cellule diplomatique de la présidence de la république

 

Et puisque le gouvernement Français soutient diplomatiquement Total en Ouganda, les membres de la délégation et les Amis de la Terre ont rencontré plusieurs membres du Secrétariat Affaires globales de la Cellule diplomatique de la présidence de la République et du Cabinet du Ministre Commerce extérieur, Politique commerciale, Tourisme, Budget. Pour s’assurer que le gouvernement français ne donne pas de crédit garantie export au projet

Quand nous luttons pour le vivant et contre des méga projets destructeurs de la sorte, nous devons porter haut et fort notre combat dans tous les espaces possibles. En l’espace de deux semaines, en coalisant nos forces, nous avons réussi à faire d’EACOP un sujet médiatique important, de mobiliser plus de 100 personnes qui sont désormais membres de notre groupe de volontaires, et d’alerter le plus grand nombre et les décideur·euse·s politiques et institutionnels clés sur la nécessité d’éviter à tout prix l’émergence de ce projet dévastateur pour l’être humain, pour les animaux et pour la nature.

Plusieurs dizaines d’articles relatant leur combat ont été écrits et publiés en France, en Europe et en Afrique, dont de nombreux journaux et magazines de grande ampleur tels que Le Monde, Médiapart, Libération, BBC, Repubblica, Blast et bien d’autres.

La lutte n’est pas terminée, elle s’intensifie et nous avons besoin de vous à nos côtés pour pouvoir stopper la plus importante bombe climatique portée par Total. N’oubliez pas, si vous souhaitez participer à notre lutte contre le projet de méga-pipeline EACOP, inscrivez-vous sur la page stopeacop.net, et/ou rejoignez notre groupe de volontaires sur WhatsApp. Nous vous tiendrons informé·e·s des prochaines étapes de la campagne EACOP.

En solidarité et à très vite,

Soraya Fettih et Isabelle L’Héritier

30.03.2022 à 18:45

Ceci est l’œuvre des énergies fossiles

santiago
Texte intégral (1454 mots)

Cinq marées noires majeures se sont produites à travers le monde entre le 20 décembre 2021 et le 4 février 2022, affectant les moyens de subsistance de milliers de personnes, des zones protégées, des territoires autochtones et menaçant des écosystèmes. L’industrie des énergies fossiles fait des ravages sur la planète depuis assez longtemps ; et comme l’ont montré ces deux derniers mois, elle laisse souvent derrière elle des paysages de destruction absolue dans les pays du Sud, tout en affichant sans vergogne des bénéfices records auprès de ses riches investisseurs dans les pays du Nord. Alors que les populations se demandent quand les écosystèmes qui assurent leur subsistance se rétabliront, et si et quand elles recevront une compensation pour leurs pertes et dommages, il est temps pour nous d’exiger la fin des énergies sales et des profits réalisés sur le dos des plus pauvres.

Argentine, 10 décembre 2021

Un oléoduc éclate dans la province du Rio Negro en Argentine, avec pour résultat l’enlèvement du contenu de trente camions de terre contaminée sur le site. La marée noire a été qualifiée de « pire désastre de ce type depuis les dix dernières années », ce qui a poussé 350.org à déposer une requête auprès du Secrétariat à l’environnement et au climat de la province pour que l’incident fasse l’objet d’une enquête pour crime contre l’environnement. 

L’oléoduc appartient à la société argentine Oleoductos del Valle (Oldelval), et transportait du pétrole venant de la province de Neuquen, où plusieurs autres multinationales de l’industrie des énergies fossiles comme Shell, Equinor, Total et Wintershall poursuivent des opérations minières et de fracturation hydraulique.

Une évaluation récente menée par le secrétariat local à l’environnement a montré que, pour la seule année 2018, au moins 934 «  incidents de pollution » dans la province de Neuquen ont été causés par des activités liées au pétrole et au gaz.

Un grand nombre de sociétés des énergies fossiles basées en Europe, dont Shell et TotalEnergies, pratiquent la fracturation hydraulique dans la région de Vaca Muerta en Argentine. Les champs de Vaca Muerta abritent les peuples autochtones Mapuche, qui s’opposent à l’extraction de pétrole et de gaz sur leurs terres. Alors que la fracturation est pour l’essentiel interdite en Europe, ces entreprises, bénéficiant du soutien financier de banques telles que HSBC, Barclays, Deutsche Bank, le Crédit Suisse et BNP Paribas, continuent d’engranger des bénéfices grâce à l’exploitation des énergies fossiles en Amérique latine.

Pérou, 15 janvier 2022

Le président péruvien Pedro Castillo décrit cette marée noire comme la «  pire catastrophe écologique de l’histoire récente du Pérou ». Les 11 900 barils de pétrole qui se sont déversés dans la raffinerie de Pampilla, gérée par la compagnie pétrolière espagnole Repsol, ont suscité des demandes de dédommagement pour les pertes et dommages causés : les moyens de subsistance de centaines de familles de pêcheurs, et d’‘importants dommages à la flore et à la faune dans deux zones protégées. L’incident s’est produit lors du déchargement d’un pétrolier près de Lima, la capitale péruvienne. Et pourtant, un porte-parole de Repsol a réfuté toute responsabilité de la société.

Une enquête est ouverte afin de déterminer l’implication de Repsol dans l’incident et le ministère de l’Environnement a indiqué que la société pourrait se voir infliger une amende allant jusqu’à 34,5 millions USD. Un juge a interdit à quatre dirigeants de Repsol de quitter le pays pour 18 mois, tant que l’enquête se poursuit.

Plus tard en janvier, huit autres barils de pétrole brut se sont déversés pendant le processus de nettoyage du précédent déversement.

Thaïlande, 25 janvier 2022

Dans la province thaïlandaise de Rayang, une marée noire s’est produite à partir d’un oléoduc sous-marin appartenant à la société thaïlandaise Star Petroleum Refining PLC, détenue majoritairement par la société américaine Chevron. Entre 20 000 et 50 000 litres de pétrole se seraient déversés dans l’océan, les experts signalant que le déversement pourrait avoir des effets désastreux sur les écosystèmes sous-marins fragiles et sur les moyens de subsistance des populations locales dans le parc national voisin de Kaho Laem Ya-Koh Samet, à 25 kilomètres du lieu de la catastrophe.

La quantité exacte de pétrole qui aurait été déversée n’est pas déterminée, les estimations initiales de 400 000 litres ayant été réduites à « entre 20 et 50 000 » dans les communiqués de presse de la compagnie pétrolière. En 2013, 50 000 litres de pétrole brut avaient fui dans la même zone, tuant un quart de la vie marine, les écosystèmes mettant plus de cinq ans à se rétablir.

Équateur, 31 janvier 2022 

6 300 barils de pétrole se sont déversés dans une réserve naturelle de la région amazonienne de Puerto Madero, en Équateur, après que de fortes pluies ont provoqué la chute d’un rocher sur un oléoduc. La compagnie pétrolière OCP a déclaré que plus de 84 % du pétrole brut déversé a été récupéré, mais le pétrole a fait son chemin jusqu’à la rivière Coca qui fait vivre de nombreuses communautés autochtones de la région ainsi que la faune et la flore locales. En 2020, l’oléoduc d’OCP ainsi que l’oléoduc SOTE, propriété de l’État équatorien, se sont rompus en raison de l’érosion, ce qui a également affecté la rivière Coca.

Nigéria, 4 février 2022

Le 4 février, le Trinity Spirit, un navire de production et de stockage de pétrole a explosé au large des côtes nigérianes, laissant sept des dix membres d’équipage à bord portés disparus. Le navire peut stocker deux millions de barils de pétrole brut et produire 22 000 barils par jour.

Le Nigéria est le plus gros producteur de pétrole en Afrique, l’État du Delta représentant la majorité des revenus pétroliers du pays. Le mois dernier, les habitants de l’État de Bayelsa au Nigeria ont exigé que le gouvernement prenne des mesures après qu’une marée noire a affecté les populations et les écosystèmes pendant plus d’un mois. Selon le ministère nigérian de l’environnement, plus de 5 000 déversements de pétrole ont été recensés au cours des six dernières années au Nigeria.