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par Isabelle Vauconsant, présidente des JNE Un rapport officiel prédit qu’en 2050, le climat sera la première source de tensions dans la société française. Et pourtant, la désinformation climatique explose et la couverture médiatique suit les canicules comme un thermomètre, montant puis retombant. Il est temps que le journalisme change d’échelle, et qu’il raconte aussi ce qui se construit. Un avertissement qui vient de l’État lui-même Le constat ne vient pas d’une association militante. Il figure dans un rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, organisme chargé d’éclairer les choix publics de long terme. D’ici à 2050, le facteur climatique deviendra le premier facteur de conflictualité interne à la société française. Le document ne parle pas seulement de degrés supplémentaires. Il parle de répartition : qui aura les moyens de se protéger de la chaleur, qui paiera l’adaptation, comment partager une eau plus rare. Les 50 % des Français les plus pauvres émettent en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Les 1 % les plus riches en émettent 40,2 tonnes. Mais ce sont les premiers qui disposent de moins de ressources pour isoler leur logement, faire face à une catastrophe ou déménager. Le rapport résume cette injustice par cette formule : une triple peine, subir plus, contribuer moins, payer davantage relativement au revenu. Le climat n’est donc pas un sujet à part. C’est un sujet social, traversé par les mêmes inégalités que le logement, la santé ou le travail. La couverture médiatique suit les canicules, pas l’urgence Or, cette dimension sociale peine à trouver sa place dans les rédactions. L’Observatoire des Médias sur l’Écologie vient de publier son bilan du premier semestre 2026, et il éclaire un mécanisme préoccupant. La couverture environnementale est tombée à 2,8 % du temps d’antenne en mars, en pleine campagne municipale, pour grimper à 19 % la semaine du 22 juin, au plus fort d’une canicule. Entre saturation et silence, aucun juste milieu. La problématique écologique n’existerait donc médiatiquement que si elle peut faire la Une, avant de redescendre d’autant plus bas qu’elle est montée haut. Pire, cette attention ponctuelle se rétrécit sur elle-même. Entre les deux premières vagues de chaleur de 2026, la part des séquences évoquant les causes, énergies fossiles et émissions de gaz à effet de serre, a été divisée par deux, passant de 14 % à 7 %. En revanche, les mentions d’adaptation ont bondi, atteignant près de 50 % des séquences lors du second épisode caniculaire. Cette progression profite surtout aux réponses immédiates et de marché, comme la climatisation, tandis que les solutions structurelles, rénovation thermique ou végétalisation, restent marginales. Ainsi, un sujet aussi concret que la climatisation devient un marqueur d’appartenance politique plutôt qu’une question technique : 13 % des articles qui lui sont consacrés prêtent explicitement aux écologistes une posture idéologique. Aucun autre thème de l’adaptation ne déclenche cet affrontement. La désinformation prospère sur ce vide Cette fatigue informationnelle laisse un boulevard à la désinformation. Selon QuotaClimat, 452 cas de mésinformation climatique ont été détectés en six mois, soit une hausse de 28 % par rapport à la même période en 2025. Quatre médias concentrent l’essentiel de ces cas : Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC. En pleine canicule de mai et juin, des éditorialistes minimisaient encore l’ampleur du phénomène à l’antenne. Sur CNews, le journaliste Raphaël Stainville affirmait ainsi qu’il ne fallait pas « déduire des conclusions climatiques » de fortes chaleurs, qualifiées de simples phénomènes météorologiques. Sur LCI, l’éditorialiste Luc Ferry relativisait de son côté l’ampleur de la canicule en la comparant à celle de 1976. Ces pics de désinformation surviennent précisément à l’orée de la campagne présidentielle. Autrement dit, brouiller le débat climatique, c’est aussi retarder les décisions qui engagent la répartition des efforts et des richesses. C’est pourquoi la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, co-rédigée par les JNE et signée par près de 1800 journalistes, insiste sur ce point précis. Elle appelle à ne pas renvoyer uniquement les citoyens à leur responsabilité individuelle, car l’essentiel des bouleversements est produit à un niveau systémique et appelle des réponses politiques. Elle invite aussi à enquêter sur les origines des dérèglements, à questionner le modèle de croissance et ses acteurs économiques, plutôt que de se contenter de commenter les thermomètres. Raconter aussi ce qui se construit Cependant, dénoncer ne suffit pas. La charte le rappelle dans son huitième point : informer sur les réponses à la crise, enquêter avec rigueur sur les manières d’agir, quelle que soit leur échelle d’application. Or ces réponses existent déjà, portées par des collectifs qui ne se contentent pas de réclamer un avenir « moins pire ». Ils en dessinent un désirable. Paysans qui s’installent en agroécologie, foncières solidaires comme Terre de Liens, éco-lieux, coopératives agricoles ou low-tech : ces initiatives proposent un récit différent, fondé sur la sobriété choisie et le respect du vivant, plutôt que sur le seul renoncement. Ce récit mérite un traitement aussi rigoureux que celui réservé aux catastrophes. En effet, une majorité de la couverture médiatique reste centrée sur l’alerte, quand la mobilisation citoyenne se nourrit aussi de perspectives concrètes. Donner la parole à ceux qui réinventent leur rapport au monde est une manière de sortir le public du face-à-face entre catastrophisme et déni, dénoncé par la charte elle-même. Par ailleurs, cela répond directement à l’exigence du Haut-Commissariat : construire un contrat social de l’adaptation suppose de montrer qu’il existe des chemins praticables, et pas seulement des menaces à subir. Informer sur les réponses, pas seulement sur les dégâts Le Haut-Commissariat propose des pistes concrètes : renforcer la réassurance publique face aux sinistres climatiques, définir un contrat social de l’adaptation, soumettre chaque réforme fiscale écologique à un test de régressivité sociale. Ces propositions – insuffisantes – restent pourtant largement absentes du débat public, faute de relais suffisants. Ainsi, informer sur les réponses signifie couvrir à la fois les politiques publiques et les initiatives de terrain, sans les opposer. Le climat ne sera pas seulement une affaire de degrés supplémentaires. Ce sera une affaire de qui paie, qui décide et qui subit, mais aussi de qui invente déjà d’autres manières d’habiter le monde. À nous de raconter les deux, avant que la fracture sociale annoncée ne devienne un fait accompli que plus personne ne pourra justifier. Image du haut © Observatoire des Médias sur l’Écologie L’article Le climat n’est pas qu’un sujet météo, c’est un sujet de justice sociale est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1470 mots)
Cette exigence engage directement notre pratique. Elle suppose de traiter le climat comme un prisme transversal, et non comme une rubrique isolée entre deux faits divers. Elle suppose également de révéler les stratégies qui sèment le doute, d’assurer la transparence des sources, et de s’opposer aux financements issus des activités les plus polluantes. Rien de tout cela n’est accessoire. À quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement doit d’ailleurs publier son propre plan national pour l’accès à l’information environnementale. Une opportunité que les rédactions ne peuvent laisser filer.
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Le samedi 3 octobre 2026, la Bourse du Travail de Paris accueillera la troisième journée du colloque sur la Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA), organisée par les Journalistes pour la Nature et l’Écologie (JNE). Après deux premières journées consacrées aux fondements scientifiques, aux associations et aux expérimentations de terrain, ce nouveau rendez-vous change de registre : il s’agit désormais de confronter le projet aux réalités budgétaires, institutionnelles et syndicales. Au programme : La SSA propose un principe simple, inspiré de la Sécurité Sociale de 1945 : cotisation selon les moyens, accès selon les besoins appliqué à l’alimentation. Ce colloque est ouvert aux journalistes, et aussi au grand public. Inscrivez-vous à prix libre. Cliquez ici pour découvrir le dossier complet de présentation du colloque. → Les vidéos des 30 et 31 janvier #SécuritéSocialeAlimentation #TransitionAgroécologique #PolitiquePublique #Alimentation L’article Sécurité Sociale de l’Alimentation, de l’expérimentation à la décision politique : un colloque JNE le samedi 3 octobre à Paris est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (455 mots)
→ Table ronde économique avec Alternatives Économiques (financement, fiscalité, scénarios chiffrés)
→ Échanges avec des parlementaires et élu·es locaux sur les leviers législatifs
→ Table ronde des organisations syndicales
→ Conférence de clôture sur les biens communs et l’écologie humaine
Bourse du Travail de Paris — 3 rue du Château d’Eau, 75010 Paris
3 octobre 2026
Contact : isabelle@colloque-ssa.org
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Les incendies meurtriers qui ont touché, le 26 août 2026, les forêts dans des wilayas du centre-est et de l’est du pays, et particulièrement la wilaya de Jijel, ont provoqué, à travers les pertes humaines et de biens de subsistance, un choc qui a secoué l’Algérie entière, alimenté par les informations sur les circonstances dans lesquelles un nombre encore indéterminé de personnes a péri brûlées et calcinées par le feu. par M’hamed Rebah Des images insoutenables sur les incendies de la wilaya de Jijel ont circulé sur les réseaux sociaux accompagnées de commentaires concernant les victimes, qui laissent deviner leur surprise et leur panique face aux flammes, et leurs derniers gestes pour tenter d’y échapper et de protéger les êtres chers qui leur sont proches. Les incendies ont de longue date été considérés comme le fléau n°1 de la forêt algérienne et comme la plus grande menace de disparition de ce patrimoine, toujours en état d’équilibre instable et en lutte permanente contre la sécheresse du climat et le défrichement de l’homme. On rapporte que des témoins ont parlé d’un phénomène inédit, jamais vu ni vécu, qui a balayé toutes les mesures de précaution prévues prises ou envisagées par les populations habituées à vivre dans les conditions de la forêt avec les risques qu’elle comporte, dont le plus évident est le feu. La vitesse du vent, plus de 100 km/h, a été le facteur aggravant, sans doute imprévu, dans une atmosphère caniculaire rarement connue. Plus d’une semaine après, le bilan officiel (pertes humaines, dégâts matériels, superficies brûlées) n’était pas encore connu. Le travail de prévention de la Direction générale des forêts La Direction générale des forêts (DGF) avait mis en place, comme les années précédentes, un dispositif, renforcé, dit-on, de prévention et de lutte contre les feux de forêts, dans le cadre de la campagne 2026, s’appuyant notamment sur le déploiement à l’échelle nationale d’importants moyens matériels, logistiques, et technologiques, soutenus par une flotte de Canadairs. « La campagne 2025-2026, lancée le 1er mai et qui se poursuit jusqu’au 30 novembre, se distingue par un recours accru aux moyens technologiques, notamment les drones pour la détection précoce des départs de feu », avait indiqué à l’agence de presse APS, en juin dernier, le directeur de la Protection de la faune et de la flore à la DGF, Essaïd Si Ali. Selon lui, 35 drones étaient alors opérationnels, avec l’acquisition imminente de 80 autres afin de renforcer les capacités de surveillance. Essaïd Si Ali avait parlé de 510 postes de vigie installés en zones forestières, permettant d’assurer une alerte précoce aux feux de forêts et une coordination directe avec les équipes d’intervention relevant de la DGF, et sur le plan opérationnel, d’un dispositif comprenant 40 colonnes mobiles déployées à travers 40 wilayas, chacune composée de camion-citernes, appuyées par 544 brigades de première intervention chargées d’intervenir rapidement en cas de départ de feu. Le dispositif de lutte contre les feux de forêts de la DGF a mobilisé d’importants moyens aériens en coordination avec les interventions terrestres : une vingtaine d’aéronefs, composée d’hélicoptères et d’avions bombardiers d’eau, et des appareils de type Air Tractor, dotés de grandes capacités. Autres actions engagées par la DGF : intensification des travaux d’aménagement forestier en amont de la campagne avec ouverture et entretien de pistes forestières, réalisation de tranchées pare-feu, et mise en place de points d’eau destinés aux opérations de lutte ; désherbage et débroussaillage en amont de la campagne afin de réduire les matières inflammables, notamment à proximité des routes, des lignes électriques et des voies ferrées ; mobilisation de la Sonelgaz pour le nettoyage sous les lignes à haute tension, des travaux publics pour les abords des routes, et de l’entreprise ferroviaire pour les zones proches des voies ; sensibilisation des agriculteurs dont les exploitations sont situées à proximité des forêts et des habitants des zones forestières sur l’importance du nettoyage des terrains et de la création de bandes de protection autour des exploitations agricoles afin de limiter les risques d’incendie. Plus de 2.500 associations écologiques ont été impliquées dans les actions de prévention et de sensibilisation contre les risques des feux de forêts. Les mesures de prévention ont prévu également la fermeture temporaire de tronçons forestiers vulnérables en période de risque élevé, afin de limiter les départs de feu dans ces zones, selon la même source. Que restait-il à faire de plus ? L’affaire de tous Le drame a brutalement projeté dans l’opinion publique algérienne la question de la protection du patrimoine forestier national. Les réseaux sociaux ont été submergés d’écrits portant sur le fait lui-même, le constat et l’analyse des causes des incendies, la détermination des responsabilités ; les critiques n’ont pas manqué. Les réactions immédiates, fortement marquées par le choc émotionnel, et exprimées à travers le mouvement populaire spontané de solidarité, à partir des initiatives locales prises par les jeunes, et dans les interventions sur les réseaux sociaux, indiquent clairement le message qu’elles lancent : la protection du patrimoine forestier national et des populations qui y vivent et en tirent directement leurs revenus est la préoccupation de tous, et ne relève pas seulement de l’action de l’Etat. La contribution qui suit, d’une grande pertinence, prise parmi les très nombreuses qui circulent sur le net, en est une preuve. « Après tant de catastrophes naturelles qui ont mutilé l’environnement forestier et causé des pertes humaines liées aux incendies, il y a lieu aujourd’hui pour l’Etat de tirer les leçons, analyser la situation de façon scientifique et méthodique, évaluer l’état des lieux et identifier les risques environnementaux majeurs, en tenant compte des différents déterminants [implantation humaine, rurale-urbaine, des facteurs climatiques, des espaces montagneux et forestiers, des sources hydriques, des zones d’accès…et des comportements humains]. En second lieu, à partir de cette analyse, prendre les mesures administratives, organisationnelles, réglementaires, budgétaires et techniques, devant être inscrites dans un plan programmatique doté de ressources humaines formées, responsables et compétentes, de moyens réglementaires préventifs et coercitifs, un système de prévention et de protection informatif et éducatif de la population, un réseau de surveillance adapté humainement et technologiquement, des moyens modernes de lutte contre le feu, la mise en place de Plans Orsec spécifiques pour chaque zone ou région à risque potentiel… Bien entendu : une évaluation régulière du plan mis en œuvre et des résultats obtenus afin d’apporter les améliorations et les rectificatifs nécessaires et indispensables. Tout problème à une solution à condition de l’aborder de façon scientifique, technique et méthodique en associant les compétences du domaine et la population concernée. » (Aziz Tiberguent, médecin à la retraite) Sujet principal de discussions dans la rue et dans les réseaux sociaux, même après que les feux aient été maîtrisés dans cette wilaya, le débat informel sur les incendies meurtriers et ravageurs du mois d’août a confirmé l’existence d’un potentiel important, malheureusement « dormant », de capacités d’expertise dans ce domaine. Pour peu que l’on ne voie pas dans ces experts des « empêcheurs de tourner en rond », ils ont montré qu’ils sont immédiatement mobilisables pour contribuer à la protection du patrimoine forestier. La comparaison a été inévitablement établie avec les incendies meurtriers déclenchés en août 2021, dont l’origine criminelle des départs de feux, simultanément en divers points du centre et de l’est du pays, mais particulièrement dans la wilaya de Tizi Ouzou, et qui se sont transformés au fil des jours en centaines de foyers d’incendies sur 35 wilayas, avait été révélée par les experts de la Protection civile, sur la base d’observations directes sur le terrain, et par ceux de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), à partir de l’interprétation des images satellites. Au moment des faits, en été 2021, celle qui était directrice de la Protection de la faune et de la flore à la Direction générale des forêts (DGF), Ilhem Kabouya (décédée en mai 2023), espérait, dans un entretien à la radio algérienne (chaîne 3, jeudi 19 août 2021), qu’il n’y aurait pas d’autre épisode analogue aux incendies du 9 août 2021. Dans le même contexte, en août 2021, un expert du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) se référait au GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour expliquer que les changements climatiques entraînent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies de forêt : « les feux de forêt sont un phénomène naturel. Néanmoins, ces dernières années, nous avons constaté une augmentation de la température moyenne, ce qui a entraîné une augmentation de l’évaporation. Nous observons également des sécheresses prolongées. Le paysage est tellement sec après plusieurs années de changements progressifs que la fréquence et l’intensité des incendies ont soudainement augmenté ». A l’époque, déjà, les spécialistes avaient alerté sur la vulnérabilité très élevée de l’Algérie du nord aux feux de forêts, et averti que sur « le pourtour méditerranéen, les conditions sèches, chaudes et venteuses qui favorisent et renforcent les feux de forêt vont s’accentuer à mesure de l’ampleur du réchauffement ». Le rôle des communes Pour le collectif Echos de la vie ici-bas, dont la contribution circule également sur le net, la récurrence des incendies de forêts « révèle les limites structurelles du fonctionnement des Assemblées populaires communales (APC). Le Code communal leur confère pourtant des prérogatives étendues et des moyens d’action théoriques : gestion des affaires locales, ressources fiscales, planification et coordination avec la société civile. Dans les faits, malgré leur proximité directe avec les populations, ces attributions restent largement lettre morte. » A ce propos, la nomination d’une ministre déléguée aux Collectivités locales indique une volonté forte de redynamisation du fonctionnement des communes rendue propice par le prochain renouvellement des APC. Quand elles avaient été lancées, il y a une soixantaine d’années, par Ahmed Medeghri, qui était ministre de l’Intérieur, sous la direction du président Houari Boumediene, les APC étaient dotées de larges prérogatives. Mais elles avaient surtout des ressources humaines capables de comprendre les enjeux, alors que les ressources financières étaient certes, parfois insuffisantes, mais judicieusement dépensées. La commune était véritablement la « cellule de base ». Par la suite, les préoccupations « économiques » des APC, liées notamment au foncier, ont montré qu’elles avaient peu d’atomes crochus avec l’impératif de préserver le domaine forestier. Un peu d’histoire ll fut un temps où le département ministériel des Forêts faisait partie du gouvernement. Cela a commencé en mars 1979 avec un secrétaire d’État chargé des Forêts confié à Brahim Brahimi, qui sera ministre de l’Hydraulique dans le gouvernement suivant, formé en juillet 1980 et qui maintient le département des Forêts dans un secrétariat d’Etat aux Forêts et à la Mise en valeur des terres tenu par Mohamed Rouighi. Dans le gouvernement suivant, formé en janvier 1982, Mohamed Rouighi est ministre de l’Hydraulique, de l’Environnement et des Forêts avec un vice-Ministre chargé de l’Environnement et des Forêts, Aissa Abdelaoui. Cette formule est conservée dans le gouvernement formé en février 1986, puis dans la réorganisation gouvernementale opérée en mars 1987. En février 1988, il y a un ministère de l’Hydraulique, des Forêts et de la Pêche, mais le poste de vice-ministre de l’Environnement et des Forêts disparaît. En novembre 1988, le terme « forêts » disparaît de la nomenclature du gouvernement et ne réapparaîtra pas. Auparavant, un décret daté du 10 février 1987 avait défini l’organisation et la coordination des actions de prévention et de lutte contre les feux de forêts au niveau des communes et des wilayas. Cet article est paru dans La Nouvelle République (Alger) le samedi 5 septembre 2026 Photo : la forêt de Chréa, épargnée par les récents incendies en Algérie © M’hamed Rebah L’article La protection du patrimoine forestier en Algérie : l’affaire de tous les citoyens ! est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (2329 mots)
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