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Une adhérente des JNE, qui l’a bien connu, rend hommage à Arnaud Apoteker, longtemps pilier de Greenpeace France et initiateur de la campagne de ce mouvement contre les OGM, qui vient de nous quitter le 9 janvier dernier. par Katia Kanas Moins de 6 mois après la disparition soudaine de Rémi Parmentier, voilà qu’un autre géant de Greenpeace, compagnon de route et vieil ami nous fausse soudainement compagnie. Arnaud, je le connaissais depuis 35 ans. Je l’ai côtoyé de près pendant 5 ans, et ensuite nous nous sommes vus quelquefois au hasard de réunions Greenpeace, et quelquefois simplement par amitié. Quand Rémi est mort, nous nous sommes longuement parlé au téléphone. Il était bouleversé par la disparition de ce « nasty little agitator » avec lequel il avait collaboré, notamment dans le cadre de conventions internationales sur la biodiversité. Les deux hommes partageaient des qualités et des compétences rares, obstination, diplomatie, expertise, extraordinaire force de travail, et bien sur humour et joie de vivre. Les deux hommes s’appréciaient mutuellement beaucoup. Arnaud et moi nous sommes retrouvés à Amsterdam le 18 septembre dernier pour un hommage à Rémi, et c’est seulement là qu’il m’a appris avoir été victime d’un lymphome, avoir failli mourir et être en rémission. Nous nous sommes alors promis de nous revoir sans tarder, malgré les centaines de kilomètres qui nous séparaient. Raté. Une rechute l’a emporté le 9 janvier dernier. J’ai rencontré Arnaud en 1991, quand il a rejoint Greenpeace France pour prendre en charge une campagne contre les pesticides, en même temps que je réintégrais cette association que j’avais quittée 5 ans avant. Dans sa besace, une maîtrise des sciences et techniques (MST) de l’environnement, un doctorat en biologie physico-chimique appliquée à ‘université Paris XII (Créteil), un post-doctorat de deux années au département de chimie de l’université d’Arizona à Tucson (Etats-Unis). « Les Etats-Unis, qui restaient fortement marqués par le phénomène hippie, étaient alors très agréables. Et j’y ai découvert la nature en marchant dans le désert, en allant dans les réserves indiennes ou au Mexique. » Il a bourlingué pendant 8 mois en Amérique Centrale puis vécut pendant deux ans en Bolivie, avant de rentrer en France retrouver Josyane, sa compagne, qui attendait un enfant de lui. C’est ce profil de « scientifique, mûri, et sans plan de carrière », dit-il de lui, qui séduit Greenpeace. Mais aussi son engagement de la première heure dans le mouvement écologique ! Comme le raconte David Eloy dans le livre sur les 40 ans de Greenpeace France, « Rémi Parmentier aurait pu croiser Arnaud Apoteker sur la péniche amarrée Pont de l’Alma, QG de la campagne de René Dumont pour les élections présidentielles de 1974. Arnaud a 18 ans, il a déjà lu le rapport du club de Rome sur les limites à la croissance, il est convaincu qu’un monde écologique est forcément plus juste. Il n’a pas l’âge requis pour voter, alors avec ses copains de fac, il colle des affiches dans les Yvelines la « ville de bourgeois » où il habite avec ses parents. » Pendant plus de 5 ans, lui et moi avons travaillé côte à côte, partageant une petite pièce dans nos bureaux de la rue des Petites Ecuries, dans le 10e arrondissement de Paris. Je me souviens de quelqu’un de discret et lent, des qualités dont je ne voyais pas l’utilité chez Greenpeace, alors ça m’énervait. Mais aussi spécialement gentil, drôle, fiable, et comme tout le monde je ne pouvais que l’aimer. Les centaines de témoignages depuis sa mort disent tous cette gentillesse, cette attention à l’autre, cette patience, ce sens de la pédagogie, cet humour, ce soutien de tous les instants. En 1993, Arnaud est chargé de campagne sur l’écologie marine et contribue à ce que le moratoire sur la chasse baleinière commerciale, adopté en 1982, soit maintenu et consolidé par la sanctuarisation de l’Antarctique. Il travaille aussi sur le problème des filets dérivants maillants, une technique de pêche non sélective qui décime notamment les dauphins, et qui sera interdite par l’Union européenne en 1994. A l’été 1995, toute l’équipe de Greenpeace est mobilisée alors que Jacques Chirac, fraîchement élu président de la République, déclare vouloir reprendre les essais nucléaires à Moruroa dans le Pacifique. Arnaud est alors chargé d’ouvrir et d’animer un bureau provisoire à Papeete (Tahiti). C’est là qu’il rencontre un certain José Bové, paysan du Larzac et encore loin de la figure militante qu’il deviendra, venu participer à une action à bord du Rainbow Warrior II, avec qui il évoque le sujet émergent des OGM. Arnaud est l’une des toutes premières personnes en France à comprendre et à s’inquiéter des OGM. Avec deux ou trois collègues dans d’autres pays, « nous avancions trois arguments pour convaincre Greenpeace de l’importance de lancer une campagne : les OGM présentent des risques avérés pour l’environnement et la biodiversité, c’est une pollution vivante, qui se multiplie par elle-même ; ils représentent des dangers potentiels pour la santé humaine ; ils ouvrent la voie au brevetage du vivant et à l’accaparement des semences ». Greenpeace demeure longtemps sceptique « C’est invisible, on ne peut pas lancer des Zodiacs à l’assaut, il n’y a pas de victimes, et puis les OGM étaient-ils réellement nocifs ? », résume une ancienne collègue. C’est finalement fin 1996 que la campagne internationale est lancée. Au bout de 6 mois, elle devient une campagne prioritaire, et extrêmement populaire, réconciliant Greenpeace avec le public français, 12 ans après l’attentat contre le Rainbow Warrior. Arnaud concentre dès lors toute son énergie sur cette campagne jusqu’en 2011 avec Greenpeace, puis avec le Groupe parlementaire Les Verts/ALE au Parlement européen, dont il devient le responsable de la campagne OGM jusqu’en mars 2015. En 1999, il écrit un des premiers livres de vulgarisation scientifique sur les OGM : Du poisson dans les fraises, notre alimentation manipulée (éditions La Découverte). Il est administrateur d’Inf’OGM depuis sa création en 1999 jusqu’en 2011. En 2000, il est fait chevalier de l’Ordre National du Mérite. En avril 2006, il s’introduit, avec des Faucheurs volontaires et des militants de la Confédération paysanne, dans l’un des sites de production et de stockage de semences de Monsanto à Trèbes (Aude). Lors du Grenelle de l’environnement, il fait partie du groupe sur l’agriculture et de l’inter-groupe sur les OGM. De 2009 à 2011, il représente Greenpeace au Comité économique, éthique et social du Haut Conseil des biotechnologies. Depuis 2012, il fait aussi partie de l’ENSSER (European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility), une organisation de scientifiques européens militant contre les OGM. Il en devient administrateur en octobre 2018. En juillet 2015, il rejoint le conseil d’administration du CRIIGEN. Avec son expertise et sa rigueur scientifique, son audace et sa ténacité militante, son humilité et son sens de la pédagogie, son calme et son humour, il deviendra l’expert incontournable, respecté jusque dans les rangs de ses adversaires. « Son engagement a permis des avancées majeures, tels que l’adoption du Protocole de Carthagène, la mise en place de la loi sur les OGM, l’instauration de leur étiquetage ou l’interdiction de la culture du maïs MON810 en France. Il a joué un rôle déterminant dans le recul des OGM dans nos champs et dans nos assiettes », se souvient Rachel Dujardin, ancienne collègue d’Arnaud au sein de Greenpeace France. En décembre 2015, il devient le coordinateur général du Tribunal International Monsanto qui a eu lieu en octobre 2016 à La Haye (Pays-Bas). Sous l’impulsion de Corinne Lepage, il participe en septembre 2017 à la création de l’association Justice Pesticides, dont il est le délégué général jusqu’en 2022, qui a «pour objet de mettre à la disposition de tous, et en particulier des victimes des pesticides, quelles qu’elles soient (…) l’ensemble des affaires juridiques qui ont trait aux pesticides dans le monde sur un site internet collaboratif ». Arnaud a également représenté Générations Futures dans les instances officielles, notamment à l’ANSES, sur les dossiers OGM, apportant sa rigueur et son expertise scientifique dans ce cadre. « Depuis qu’il s’était retiré, sa présence et son expérience nous manquaient déjà. Aujourd’hui, il laisse un sacré vide dans nos rangs et pour la cause. Nous sommes nombreux à avoir appris à ses côtés », conclut justement l’hommage de Générations Futures. Les JNE adressent leurs condoléances à sa compagne Josyane et à leurs fils Nicolas et Adrien. Sources Photo : Arnaud Apotheker @DR L’article Hommage à Arnaud Apoteker, pionnier de la lutte contre les OGM est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1753 mots)
Greenpeace, une histoire d’engagement, David Eloy/Greenpeace, Les liens qui libèrent, 2019 ;
Ecolopedia, le who’s who de l’écologie militante;
Communiqué de presse de Greenpeace France du 15 janvier 2026 ;
Messages pour un monde meilleur, Sylvia Tostain, Mamm éditions, 2011 ;
Hommage de Générations Futures à Arnaud Apotheker, le 12 janvier 2026.
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En période électorale, alors que les questions de pouvoir d’achat, de santé publique et d’urgence climatique dominent les débats, les Journalistes pour la Nature et l’Écologie (JNE) organisent un colloque : « Ensemble, cultivons l’avenir de notre alimentation ! » les 30 et 31 janvier 2026 à la Bourse du Travail (3 rue du Château d’Eau, 75010 Paris). Pendant deux jours, citoyens, chercheurs, paysans, élus et professionnels se réuniront pour explorer une solution concrète et systémique : la Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA). Inspirée du modèle de la Sécurité Sociale de la Santé de 1945, la SSA propose de garantir à chacun·e un accès à une alimentation saine, locale et durable, financée collectivement selon le principe « chacun·e selon ses moyens, chacun·e selon ses besoins ». Ce colloque vise à mettre la SSA au cœur du débat public et à inspirer les politiques publiques, en période de renouvellement électoral. Programmation du vendredi 30 janvier DANS LA SALLE AMBROISE CROIZAT 9 h 00 : Accueil 9 h 15 : La Sécurité Sociale de l’Alimentation : origine et évolutions 10 h 00 : Comment mettre notre alimentation en sécurité sociale ? 12 h 00 : Déjeuner 13 h 30 : Droit à l’alimentation et démocratie alimentaire 15 h 30 : Agir dans la complexité 16 h 30 : Quels espoirs pour la transformation de la filière de la graine à l’assiette Surprise 19 h : Conférence gesticulée de Mathieu Dalmais DANS LA SALLE LOUISE MICHEL : les discussions 10 h 00 : Syndicats et SSA : quels sont les termes du débat ? 10 h 45 : Diversité et complémentarité des expérimentations SSA 11 h 30 : SSA et santé globale 12 h 15 : Déjeuner 13 h 30 : Tester les conventionnements, les cotisations et autres contributions localement 15 h 00 : Pourquoi manger est politique? 16 h 00 : Transformations sociales dans le système alimentaire Programmation du samedi 31 janvier DANS LA SALLE AMBROISE CROIZAT 9 h 00 : Accueil 9 h 15 : Une logique de mise en Sécurité sociale 10 h 00 : Qu’est-ce que la sécurité sociale de l’alimentation ? 11 h 30 : SSA : leçons de la Sécurité Sociale des soins 12 h 00 : Déjeuner 13 h 15 : La SSA, acteur de santé 15 h 30 : Démocratie alimentaire, parlons-en ! 18 h 00 : Conférence de clôture : Transformation collective et sécurité globale des territoires face aux risques systémiques inédits de notre époque DANS LA SALLE LOUISE MICHEL : les discussions 10 h 00 : Comment faire démocratie sans l’État ? 12 h 00 : Déjeuner 13 h 30 : Comment financer la SSA à l’échelle nationale 14 h 45 : Contribuer aux renforcement et développement d’une agroécologie paysanne (respectueuse du vivant) 16 h 00 : Filière de transformation et transformation de la filière agroalimentaire 17 h 00 : Éducation populaire : quels enjeux ? ILS NOUS RELAIENT LA RELÈVE ET LA PESTE • MÉDIAPART • IDEALCO • FRACAS • BASTA • LE ZÉPHYR Inscrivez-vous vite en cliquant ici. Nous avons besoin de soutien pour l’organisation L’article Les 30 et 31 janvier 2026, un colloque JNE pour penser l’alimentation face à l’instabilité actuelle est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1427 mots)
Conférence : Dominique Paturel, Democralim et Fondation Copernic et Jean-Claude Balbot, paysan et membre fondateur du collectif SSA.
Le conventionnement pour aller vers une alimentation choisie en connaissance de cause
Benjamin Sèze, journaliste et auteur • Avec Juline Lamarque, adhérente à la Caissalim de Toulouse • Manu Sevilla, Caisse Alimentaire Commune de Montpellier • Gabin Guillemaud, membre du Comité citoyen de Montpellier • Dora Thilly, Clac de Cadenet
Comment exercer un droit à l’alimentation ?
Sarah Younan, journaliste • Avec Somhack Limphakdy, SSA-Alsace • Marie Walser, LaBoca • Magali Ramel, docteure en droit public et chercheuse à l’Institut de Recherche Juridique Interdisciplinaire de l’Université de Tours.
Conférence : Miguel Benassayag, philosophe, psychanalyste, chercheur en épistémologie
Organiser l’agriculture, la transformation et la distribution de façon respectueuse de la planète et des humain.e.s
Cécile Massin, journaliste • Avec Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne éleveuse et bergère • Sébastien Levionnois, chercheur en sciences sociales •
DE LA FOURCHE À LA FOURCHETTE… NON ! L’INVERSE !!
Avec Bruno Fialho, CGT, Gisèle Riqueau, Sud-Recherche-Solidaire
Avec Géraldine Gabillet, CPIE Pays de Morlaix • Charlotte Tisserand : citoyenne membre active du collectif SSA Pays de Morlaix et maraichère bio sur le territoire • Marie Boyelle : citoyenne membre active du collectif SSA Pays de Morlaix. Edwige Dorbon, Solicagnole • Lila Djelalli, Paris XX • Sabine Ragues, Cadenet
Les expérimentations SSA sont-elles un levier vers une meilleure santé des humains et des écosystèmes ?
Avec Marie Océane Fekaïri, CREFT • Thierry Kopernik, SSA-Alsace • Marie Guirguis, médecin généraliste.
Avec Fabienne, Clac de Cadenet • Angèle Dransart, mouvement Sol • Lorana Vincent, Vrac • Marco Locuratolo, Fédération Régionale des CIVAM d’Occitanie • Sébastien Levionnois, chercheur en sciences sociales • Edwige Dorbon, Solicagnole • Thomas Benoit, SSA Saint-Étienne
Avec Nathalie Barthe, paysanne, administratrice du Réseau Civam • Gaëlle Chardon Lucet, Co-fondatrice de l’Université Populaire du Saumurois & l’esperluette, Tiers Lieu de mutation écologique et sociétale • Charlotte Labauge et Camille Rioux, La Marmite Rouge • Thomas Benoit, SSA Saint-Étienne • Lila Djelalli, SSA Paris XXème
Avec Biocoop • Simon Bridonneau, Triticum • Éric Gauthier, Au Maquis
Conférence : Ilian Moundib, ingénieur spécialiste des questions de résilience climatique
Avec Bénédicte Bonzi, anthropologue • Sarah Cohen, agronome, Caissalim Toulouse • Éric Gauthier, association Au Maquis • Nicolas Verzotti, Président du Civam et maraîcher
Conférence : Bernard Friot, Professeur émérite à l’Université Paris Nanterre, membre du Réseau Salariat
Isabelle Vauconsant, journaliste • Avec Karine Jacquemart, DG chez Foodwatch France • Dr Michel Campano, association « Alerte des médecins sur les pesticides » • Martin Rieussec-Fournier, Mutuelles Santé Planétaire • Franck Rinchet-Girollet, porte parole de Avenir Santé Environnement • Jean-François Thébaut, vice-président de la Fédération Française des Diabétiques en charge du plaidoyer •
Marie Hegly, journaliste • Avec Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne éleveuse et bergère • Pauline Scherer, sociologue • Fiona Steffan, La Marmite Rouge • Florent Sebban, porte-parole du Miramap, maraîcher en Essonne • David Cormand, député européen
Arthur Keller, spécialiste des risques systémiques et des stratégies de résilience.
Avec Tanguy Martin, agronome – représentant d’Ingénieur sans Frontière Agrista, Axel Molina, doctorant ENS Lyon, PEPS • Patrick Heidmann, Régime local Alsace-Moselle • Laurent Vève, Au Maquis
Avec Lou Collin, économiste • Alex Roubinowitz, Réseau Salariat • Benjamin Koria, économiste
Avec Nicolas Mirouze, vigneron – L’Atelier Paysan • Nicolas Verzotti, paysan fondateur de la ferme du Colibri • Edwige Dorbon, Solicagnole, Merle Shore, Co-fondatrice de l’AMAP du Gatinais (45).
Avec Frédéric Faure, VP Biocoop • Sylvie Mayer, ex-députée européenne, spécialiste ESS • Fabienne, Au Maquis
Avec Dominique Paturel, Democralim et Fondation Copernic • Éric Gauthier, association Au Maquis • Sophie Rousseau et Rémi Carrère, La Bifurcation • Aline Dannappe et Mélisa Bronchart, FCSF et vous pouvez faire un don (défiscalisable) en achetant votre place à prix libre ou bien contribuer à notre collecte sur Helloasso.
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