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En février 2030, les Alpes françaises devraient subir les Jeux Olympiques d’hiver qui leur ont été attribués il y a deux ans. par Pierre Grillet Dès janvier 2024, les JNE publiaient un article intitulé : « refuser les Jeux d’Hiver 2030 : une nécessité » qui se basait sur les précédentes expériences désastreuses des JO en montagne. Deux ans et demi plus tard, en août 2026, la situation d’impréparation sur fonds de querelles d’égos, récupérations et ambitions politiques, gaspillages financiers et atteintes à l’environnement rejoint des sommets tellement ubuesques que seul un arrêt total et rapide du projet pourrait éviter un désastre écologique, humain et financier très probable. Une revue de presse désastreuse pour les JO 2030 Dès 2025 et surtout depuis les JO de Milano-Cortina en février 2026, les articles de presse relatant l’impréparation, les querelles de personnes, les incertitudes financières et les atteintes intolérables à l’environnement assurant une promotion désastreuse pour ce futur événement ont fait florès. Que ce soit dans Mediapart, Reporterre, le Nouvel Obs, le Monde, les Echos, l’Humanité, la Croix, Mediacités, Marianne qui s’interroge sur « un échec à la française ? », le Figaro qui cite l’écrivain et montagnard Guillaume Desmurs : « les Jeux vont perpétuer le modèle qui est en train de vider les territoires de montagne » (1), Challenges pour qui « les dirigeants du comité d’organisation des JO Alpes Françaises 2030, se couvrent de ridicule », l’Essentiel de l’Eco qui titre en février 2026 : « JO 2030 : les coulisses d’un fiasco annoncé » et bien d’autres. Tous ces articles font référence aux avatars de l’organisation et aux démissions qui se multiplient au sein du comité olympique. Comme celle de Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations (2) du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030 (Cojop) et qui, en partant, dénonçait « une dérive importante » dans le fonctionnement du Comité d’organisation des JO 2030 avec un Président, Edgar Grospiron, « hors de tout contrôle » ainsi qu’une « démotivation profonde des équipes ». Un départ précédé début décembre 2025 par ceux de la directrice des opérations du Cojop, Anne Murac, suivi le 23 janvier par celui du directeur de la communication, Arthur Richer. Février 2026 a vu également le départ forcé de Cyril Linette, alors directeur général, sur fond de grosse querelle avec son président qui l’avait pourtant lui-même choisi peu de temps auparavant. Une initiative qui sème la zizanie jusque dans les stations de ski ! Un exemple parmi d’autres avec les élus de la station savoyarde de Méribel (commune des Allues) qui ne sont pas des écolos radicaux, loin de là, mais qui ont vu les épreuves de ski alpin leur échapper au profit de Val d’Isère. Après avoir reçu le président du Cojop qui leur proposait d’organiser des épreuves paralympiques (on a beau se prétendre inclusif, les Jeux pour les personnes handicapées sont nettement moins prestigieux pour les territoires qui les accueillent, ne serait-ce qu’au niveau des répercussions auprès des grands médias), ceux-ci ont délibéré puis publié un communiqué de presse au contenu particulièrement virulent, teinté d’hypocrisie mais révélateur de l’état d’esprit actuel : « La charte olympique bafouée, les engagements pris initialement lors de la candidature, reniés, les paralympiques discriminés (3), d’importants surcoûts financiers de plusieurs dizaines de millions d’euros, une empreinte environnementale considérablement accrue, telles sont les conséquences des décisions envisagées par le COJOP. Dans ces conditions, Méribel ne cautionne pas la position du COJOP et souhaite bonne chance aux athlètes et aux sites organisateurs ». Autre anecdote croustillante, le journal l’Equipe révèle que lorsque le nom de Val-d’Isère a été à nouveau prononcé pour des épreuves (4), Renaud Muselier (président de la région PACA) a aussitôt déclaré que « le retour de Val d’Isère entraînerait celui d’Isola 2000 (Alpes-Maritimes) en raison du « mariage » entre les deux régions ». Renaud Muselier martelait en 2025 dans les médias : « S’il y a Val-d’Isère, il y a Isola 2000 » ou « Il n’y aura pas de Val-d’Isère s’il n’y a pas Isola 2000 ». Manque de chance, ce sont Val-d’Isère et Courchevel qui ont été choisis, a priori, définitivement. De quoi manger son chapeau pour le maître de Paca et s’alarmer de la « belle ambiance » qui règne actuellement dans nos stations de ski industrielles ! Une fois encore, le grand perdant de ces JO : l’ensemble de la communauté biotique ! Le 6 février 2026, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, déclarait : « On se donne les moyens d’agir sur tous les leviers. Sur le transport, qui représente environ 60 % du coût carbone des Jeux, avec une offre de transport décarbonée pour l’ensemble des billets. Sur la question de l’alimentation, du plastique recyclable, de l’artificialisation ». Bref, des JOP verts, respectueux de l’environnement et du climat… Un refrain que l’on entend depuis des années lors de chaque nouvelle édition olympique censée être « la plus verte de l’histoire ». C’est en 1994 que le Comité international olympique (CIO) devait déclarer l’environnement comme troisième pilier de l’Olympisme. Pourtant, les faits sont là et les impacts laissés par les nombreux JO qui se sont succédé ces 30 dernières années sont suffisamment démonstratifs. Et le projet 2030 semble prendre le même chemin selon la Délégation interministérielle aux Jeux olympiques et paralympiques (Dijop) elle-même, pour qui « au‐delà des slogans […], le niveau d’ambition en matière d’environnement n’a pas été défini ». Sous l’intitulé « JO 2030 : l’empreinte environnementale des Jeux olympiques se creuse dans le Briançonnais », le journaliste Nicolas Lepeltier semble répondre à Mathieu Lefèvre en écrivant dans le Monde du 26 juillet 2026 : « C’est un coup dur porté à l’objectif d’excellence environnementale vantée par les promoteurs des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. Selon les informations du Monde, une étude d’ingénierie dans le Briançonnais vient contredire les promesses des organisateurs de faire de l’événement des « Jeux exemplaires et durables » ». La carte des épreuves sportives divulguée très récemment s’étale sur 40 000 km2 selon Reporterre, ce qui induit un extrême éparpillement des sites, d’où « un surcroît de mobilités, d’adaptation des sites, des routes… » pour des Jeux qui ne dureront que deux semaines (un peu plus avec les Jeux paralympiques). L’argumentaire de l’investissement pour le futur ne tient pas vraiment au regard de l’expérience acquise pour l’ensemble des JO déjà réalisés dans le monde. Comme le choix des sites est avant tout politique, certains d’entre eux sont totalement dépourvus des infrastructures de base nécessaires et d’autres doivent réhabiliter pour des coûts importants des sites existants depuis plusieurs années mais largement déficitaires le reste du temps, à l’instar de la piste de bobsleigh de La Plagne (un sport qui compte à peine une centaine de licenciés en France) ou encore les tremplins de saut à ski qui ne perdurent, eux aussi, qu’à grands renforts d’argent public chaque année et que Courchevel veut encore agrandir. Tout ceci entraînera des aménagements conséquents avec un impact environnemental négatif à l’instar des projets dans le Briançonnais ou encore La Clusaz et Aime-la-Plagne. Le coût environnemental des Jeux Olympiques d’hiver 2030 est un « angle mort » de la compétition internationale selon les services du Premier ministre, précise Reporterre. Karl Laske, dans Mediapart, cite le groupe régional d’expertise sur le climat (Grec) Alpes-Auvergne qui alerte sur les effets des JOP 2030 dans le contexte « d’un environnement montagnard déjà fragilisé par le réchauffement climatique auquel les émissions de gaz à effet de serre liées aux JOP contribuent » ainsi que sur la faune et la flore « déjà sous pression » notamment du fait de la fréquentation humaine accrue. France Nature Environnement dénonce les « 800 000 tonnes de CO2 qui aggraveraient la crise climatique dans les Alpes, où les glaciers disparaissent déjà et où le réchauffement climatique va déjà deux fois plus vite qu’ailleurs, des centaines d’hectares de nature détruits par des routes, parkings, terrassements, constructions (provisoires et définitives) et une bétonisation accélérée, au profit de chalets et d’immeubles de luxe financés par nos impôts, un accaparement de l’eau pour enneiger artificiellement tous les sites olympiques, en raison de leur basse altitude, de leur situation méridionale mais aussi des normes olympiques, une loi dérogatoire autorisant à contourner la plupart des lois et règlementations environnementales au nom de l’intérêt supérieur des JO…». Le possible manque de neige en 2030 n’affecte pas outre mesure les initiateurs du projet. La Chine, en 2022, a démontré qu’il était tout à fait possible de se passer de neige naturelle pour organiser des compétitions de… ski alpin, sous réserve d’un équipement suffisant, donc de travaux encore importants et le plus souvent énergivores à réaliser toujours au détriment du vivant (5). Il convient aussi d’évoquer la loi « pour une montagne vivante et souveraine » publiée le 19 août 2026 au Journal officiel. Cette nouvelle législation constitue un « détricotage » de la protection des milieux montagnards, déplore l’association Mountain Wilderness (6). Les grands responsables de ce potentiel gâchis La Dijop elle-même pointe « un défaut de conception initial » en raison des rivalités de départ puis des ralliements de circonstance des régions Auvergne‐Rhône‐Alpes (Aura) de Laurent Wauquiez et Provence‐Alpes‐Côte d’Azur (Paca) de Renaud Muselier. Ces JO sont là avant tout pour servir l’ambition de deux rivaux politiques avec leurs gardes rapprochées, pourtant tous deux très à droite et très remontés contre l’écologie (7). Wauquiez proclamait dès 2021 : « Mon souhait, c’est une candidature des Alpes, du Mont-Blanc au Vercors » (8) et se positionnait en leader de la candidature des Alpes françaises, ignorant totalement son partenaire voisin. De son côté, en 2022, Renaud Muselier déclarait dans la presse : « Nous visons les Jeux Olympiques d’hiver pour les Alpes du Sud, […] pour 2034 ou 2038 » … et répétait sans cesse que c’était lui qui, en janvier 2022, avait dit qu’il voulait les Jeux. Finalement, ces deux personnages ont « fusionné » non par amour, mais contraints par le CIO et Macron, chacun espérant toujours, malgré tout, en tirer les ficelles. Un tandem Laurent Wauquiez-Renaud Muselier qui est, pour le journaliste Denis Lafay, « le premier responsable de ce fiasco prévisible ». Le même journaliste rajoute dans le Nouvel Obs : « la guerre des territoires fait rage entre le Comité et certaines stations de sports d’hiver et collectivités… La collecte des partenariats privés est un désastre – près de 600 millions d’euros sont espérés, mais aucune entreprise ne veut associer sa réputation à une catastrophe écologique inéluctable et à un Cojop moribond. Et à l’aune de ce qui est advenu en Italie – le budget initial de 1,55 milliard d’euros a bondi à 5,7 milliards, le fossé étant comblé par les pouvoirs publics –, personne ne croit que l’enveloppe annoncée de 2,1 milliards d’euros sera tenue ». Sans oublier ce scandale démocratique rappelé par Mediapart sur l’absence totale de consultation citoyenne avant la décision de candidature qui a motivé « le Collectif citoyen JOP 2030 à saisir la Cour européenne des droits de l’homme sur l’absence de consultation de la population dans le processus de préparation des JO d’hiver Alpes 2030 » (9). Un projet lancé « sans concertation par une oligarchie politique », confirme Guillaume Desmurs. Le site Sport et Société n’hésite pas à l’énoncer : « le projet des Alpes françaises 2030 se révèle semaine après semaine comme un véritable fiasco. Absence de vision, carence de sponsors, gouvernance fragilisée » … Si Laurent Wauquiez n’est plus président de la région Aura depuis août 2024, il continue de suivre de très près la politique régionale grâce à son poste créé pour et par lui-même de conseiller spécial auprès du président officiel de cette région, Fabrice Pannekoucke. Pour Rue89Lyon, « Laurent Wauquiez a désigné Fabrice Pannekoucke, maire de Moûtiers (Savoie), comme son successeur à la tête de la région Auvergne-Rhône-Alpes ». Un nouveau président qui considère Laurent Wauquiez comme son « grand frère », tout en précisant dans la presse : « J’ai besoin de son regard ». Face à un projet si mal préparé et tendu politiquement dès le départ, les dissensions au sein de l’exécutif olympique (le COJO) ne sont que la face ouverte au grand jour d’un système à bout de souffle. En 2026, Renaud Muselier est lui-même propriétaire d’une station de ski dans l’Utah, aux États-Unis, concernée par les JO de 2034, alors que l’Utah et les organisateurs des JO 2030 (donc Renaud Muselier) ont signé un accord de coopération… Depuis quelques semaines, à l’âge de la retraite, le président de la région Paca fait part de son intention de postuler pour un poste probablement plus tranquille au Sénat. Un boulet trop lourd à assumer, ces futurs JO ? Une porte de sortie au cas où les choses tourneraient mal ? « De la transition, je n’ai trouvé aucune trace chez les promoteurs des JO 2030 » Le 20 septembre 2023, l’Association nationale des maires des stations de montagne tenait son assemblée générale en présence de Dominique Faure, alors ministre chargée des Collectivités territoriales et de la Ruralité. Dominique Faure, pour l’occasion, devait y délivrer un message révélateur de l’état d’esprit de nos gouvernants sans aucune perspective (10), en précisant devant les élus qu’il fallait « profiter » de la neige tant qu’elle est encore là, même si l’horizon semble à très court terme (cf. l’article publié sur le site des JNE en 2023). Alors que le courage politique et la responsabilité devraient au contraire porter sur la nécessité d’un changement rapide d’orientation pour la montagne, on préfère, tout comme en agriculture, « profiter » du moment et laisser traîner sans modifier les habitudes, sans aucune vision à moyen terme. On évoque bien une « transition » mais dans les faits, on ne change rien et on préfère laisser empirer une situation. « De la transition, je n’ai trouvé aucune trace chez les promoteurs des JO 2030 », déclarait en 2025 Guillaume Desmurs dans l’émission la Tête au Carré sur France Inter. « Les Jeux de la dernière neige », titrait le magazine We Demain en 2025, évoquant à leur sujet une « hérésie climatique et économique ». En 2026, plus que jamais, lutter contre les JO d’hiver 2030 apparaît comme une nécessité, un devoir vis-à-vis des générations à venir et pour l’ensemble de la communauté biotique. Ne rien faire s’apparenterait à un refus de porter secours à un environnement naturel et humain en danger. Photo : la station de ski de Villard-de-Lans, sans neige début janvier 2026. En 2030, à quel coût économique, énergétique et écologique faudra-t-il cultiver la neige ? © Fabien Rabin Grenier d’Images. (1) Guillaume Desmurs est l’auteur du livre Le crépuscule des Jeux, publié en 2025 dans la collection Guérin aux éditions Paulsen. L’article Les Jeux Olympiques d’hiver 2030 en France : vers une impasse politicienne, financière et écologique ? est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (3750 mots)
(2) L’instance chargée de donner son avis sur les rémunérations et avantages en nature des salariés des Alpes 2030, et notamment des cadres dirigeants…
(3) Un accord entre le Comité international paralympique et le CIO stipule que les épreuves pour les Jeux Olympiques et Paralympiques doivent avoir lieu sur les mêmes sites et utiliser les mêmes infrastructures afin d’éviter toute discrimination, mais, a priori, il ne s’agit que d’une recommandation…
(4) Le choix des sites a fait l’objet de multiples tractations et changements. Ainsi, Val-d’Isère et Isola 2000 avaient été proposés et annoncés au départ pour le ski alpin, respectant ainsi un équilibre entre les deux régions, pour être supprimés en cours de route en 2023, puis à nouveau retenu (a priori définitivement) en 2026, cette fois sans Isola 2000 mais avec Courchevel ! D’où le courroux du président de Paca !
(5) Les installateurs de neige artificielle ne cessent de proclamer que les engins utilisés seraient de moins en moins énergivores, ce qui est sans doute vrai. Mais cet aspect positif est largement contrebalancé par l’explosion du nombre d’équipements nécessaires ces dernières années. Le fameux « effet rebond ».
(6) Au nom de la simplification, la loi assouplit les règles d’urbanisme pour faciliter le développement immobilier en montagne, qui devait jusqu’ici se faire « en continuité » des logements déjà bâtis. Le texte amende également les règles liées au littoral, auxquelles sont soumis les grands lacs de montagne, afin de permettre de construire davantage à leur proximité immédiate. Il ouvre aussi un droit à reconstruire ou restaurer les chalets en ruine, pour un usage agricole ou lié à la randonnée. La loi incite également à la construction de réserves d’eaux dédiées à produire de la neige de culture. « Ces offensives sur l’urbanisme s’inscrivent dans une logique de dérégulation et de colonisation de la montagne par les résidences secondaires qui nous inquiète énormément », dénonce Francis Charpentier, vice-président de l’association Mountain Wilderness France.
(7) Selon le Progrès du 25 février 2025, la région Aura a demandé la dissolution de l’OFB (Office français de la biodiversité), dans une lettre envoyée aux agriculteurs de la région et signée par Fabrice Pannekoucke et Laurent Wauquiez, traitant l’OFB de « coalition d’idéologues ».
(8) Pourtant, lors de la campagne pour les élections régionales de 2021, monsieur Wauquiez s’était montré étonnamment silencieux sur les JO en mettant en avant un programme très proche du RN presque entièrement axé sur la sécurité !
(9) Le Conseil d’État a annulé, vendredi 3 avril 2026, une ordonnance du tribunal administratif de Marseille qui exigeait plus de transparence vis-à-vis du grand public, de la part de l’établissement chargé de la livraison des ouvrages olympiques pour les Jeux de 2030.
(10) La citation exacte de Madame Dominique Faure : « vous avez en moi quelqu’un qui vous soutient. J’aime vos stations de montagne et il nous faut continuer. La neige est là, et même si on réfléchit à cinq, dix, vingt ou trente ans, aujourd’hui profitons de cette neige. »
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Le guide propose une introduction au monde fascinant des lichens. Mais, en fait c’est plus qu’une introduction vu sa richesse de données malgré son petit format de poche. C’est déjà une prouesse. Ainsi, 165 espèces de lichens aisément reconnaissables sur le terrain, en plaine comme en montagne sont présentées et richement illustrées. Présentant leur biologie particulière et leurs principales caractéristiques morphologiques, il permet d’identifier, à l’œil nu ou avec une loupe de terrain, 165 espèces offrant un éventail des différentes formes, couleurs et habitats observables en Europe moyenne et dans les Alpes. Passant souvent inaperçus, les lichens sont pourtant partout autour de nous, sur le tronc des arbres, sur les rochers ou parmi les herbes des pelouses alpines. La biologie des lichens n’est pas oubliée, ainsi qu’une clé de détermination et une table des couleurs (importante pour leur détermination). C’est un guide très utile d’initiation dans un monde méconnu, souvent délaissé, mais de grande importance écologique. Du bel ouvrage, dans tous les sens du terme. Un guide vraiment passionnant rédigé par un passionné. . L’article Lichens – Une introduction par Mathias Vust est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (292 mots)
Éditions Rossolis, 256 pages, 21 € – www.rossolis.ch
Contact presse : Thomas Vust. Tél.: +41 21 701 42 35 – rossolis@rossolis.ch
(Gabriel Ullmann)
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Ce petit livre est un vrai régal de fraîcheur, de poésie et riches de multiples connaissances sur les sauvageonnes parmi les plus rebelles qui soient : celles qui piquent, griffent et égratignent volontiers tels les aubépine, prunellier, gaillet grateron, ronce, églantier, genévrier, bardane, houx, fragon et ortie… Autant de modestes végétaux de notre quotidien, pourtant ignorés, évités voire arrachés. Ces mal-aimées des bas-côtés, des prairies et des lisières ont dû développer bien des ruses pour résister et se développer. Ingénieuses, ces « sauvageonnes » sont parvenues à se protéger grâce à de nombreux stratagèmes que l’observation patiente permet de révéler. Elles jouent un rôle de premier plan dans différents écosystèmes, notamment pour toute une cohorte d’animaux qui en dépendant en grande partie. En promeneuse attentive, Héléna Lebret mêle à la botanique, la littérature, l’étymologie et la mythologie pour dresser le portrait inédit et sensible de ces petites intrépides… au point de les rendre tellement attachantes ! Une manière de confirmer l’intuition de Christian Bobin : « Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles. » Petit dans sa taille, son volume et son prix, mais grand dans son don de faire aimer ces rebelles et de nous enchanter. Bravo. . L’article Éloge des sauvageonnes par Héléna Lebret – dessins originaux de François Lebret est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (341 mots)
Éditions du Ruisseau, 128 pages, 13 € – editionsduruisseau.fr
Contact presse : Héléna Lebret – le.helena@hotmail.fr
(Gabriel Ullmann)
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Ce documentaire sorti discrètement dans quelques salles le 15 juillet dernier a l’originalité de nous présenter la « crise » de l’ours dans les Pyrénées du point de vue des éleveurs. par Laurent Samuel Entre Ariégeois de souche (comme l’inénarrable Yves) et jeunes attirés par le métier de berger (telle Lisa, qui va quitter l’aventure après s’être mariée), leur difficile vie quotidienne est montrée dans tous ses détails. Certains d’entre eux ne cachent pas leur désir d’en finir avec le « prédateur » à coups de fusil, sans pour autant passer à l’acte, tandis que d’autres, plus pragmatiques, cherchent plutôt des solutions pour protéger leurs troupeaux des intrusions de l’ours. Avec l’aide des agents de l’Office français pour la biodiversité (OFB), dont on admire l’engagement et le travail opiniâtre. Sur fond d’image sublimes des immensités pyrénéennes quasiment vierges de toute présence humaine (à part les bergers) et de transhumances, ce documentaire s’affirme comme un plaidoyer pour un mode d’élevage et de vie condamné par l’industrialisation de l’agriculture. Et les ours ? Ils brillent par leur absence, sauf dans une très belle scène vers la fin du film, où une éleveuse ayant tenu auparavant des propos « éradicateurs » à l’encontre de l’animal, accompagné par son fils passionné d’ornithologie et de photo animalière, tombent en admiration face à une maman ourse et ses petits. Pour la production de ce film, le réalisateur anglais Max Keegan a déménagé dans les Pyrénées et a appris le français. L’équipe de production a vécu à plein temps sur place pendant plus de deux ans. Le documentaire, daté de 2024, intègre bizarrement des images de manifs anti-ours semblant dater des années 2000-2010. A lire, une interview de Max Keegan (en anglais) publiée sur le site Filmmaker L’article « Le Berger et les Ours » : les éleveurs ariégeois face au « prédateur » est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (406 mots)
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