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26.06.2026 à 18:41

Edgar Morin, écologiste depuis 1969

lsamuel

Texte intégral (1695 mots)

Si les hommages à Edgar Morin (mort le 29 mai dernier à l’âge vénérable de 104 ans) n’ont pas manqué de souligner son engagement durable pour l’écologie, peu d’articles ont rappelé que ce sociologue/philosophe fut parmi tous les premiers dès la fin des années 1960 à tirer la sonnette d’alarme sur la crise planétaire globale.

par Laurent Samuel

Invité fin 1969 au Salk Institute for Biological Studies à San Diego, en Californie, créé par l’inventeur du vaccin contre la polio, Edgar Morin y découvre la prise de conscience écologique. L’écologie scientifique, portée par des grands noms comme Rachel Carson (morte en 1964 peu après la sortie de son livre fondateur Printemps silencieux), Paul Ehrlich ou Barry Commoner, y converge avec les mouvements citoyens contre les dégradations du milieu naturel dans le contexte d’une « nouvelle culture » en plein essor portée par le mouvement hippie, l’expérience des drogues « psychédéliques » et l’essor des communautés.. Dans son livre Journal de Californie publié en 1970 au Seuil à son retour en France, le sociologue s’enthousiasme pour cette « terre en transes », « tête chercheuse du vaisseau spatial Terre ».

Voici quelques extraits du Journal de Californie qui résonnent avec de nombreuses préoccupations de 2026…

 

 

Ci-dessous, l’image iconique de la BD Pogo de Walt Kelly, à laquelle Edgar Morin fait référence.

En juin 1972, peu après la publication du rapport Meadows sur les limites à la croissance, Edgar Morin participe à un colloque à la Mutualité sur le thème « écologie et révolution », organisé par le journaliste du Nouvel Observateur Michel Bosquet (alias André Gorz), en compagnie du philosophe Herbert Marcuse et du leader de la CFDT Edmond Maire. « L’homme doit cesser d’agir comme un Gengis Khan de la banlieue solaire et se considérer, non pas comme le berger de la vie, mais comme le copilote de la Nature », s’exclame-t-il à la tribune.

En septembre 1972, lors d’un colloque international sur l’unité de l’homme au Centre international d’études bioanthropologiques et d’anthropologie fondamentale (CIEBAF), devenu le Centre Royaumont pour une science de l’homme, Edgar Morin délivre une communication sur le thème « Le Paradigme perdu : la nature humaine ». Revu et enrichi, ce texte sera publié l’année suivante sous le même titre aux éditions du Seuil. Il y affirme que nature et culture sont indissociables. Edgar Morin développe sa quête d’une analyse globale, intégrant sciences sociales et « exactes », dans L’unité de l’homme (1974) et surtout dans la Méthode, publié entre 1977 et 2004 en six volumes. Des extraits du premier tome, la Nature de la Nature, sont publiés en bonnes feuilles dans le magazine écologiste le Sauvage.

Dans Terre-Patrie, écrit en 1993 avec Anne-Brigitte Kern, Edgar Morin en appelle à une « prise de conscience de la communauté du destin terrestre ». En 2007, il publie aux éditions Eyrolles un dialogue avec Nicolas Hulot sous le titre L’An 1 de l’ère écologique. « C’est en Californie, en 1969-1970, que des amis scientifiques de l’université de Berkeley m’ont éveillé à la conscience écologique, écrit Edgar Morin à cette occasion. Trois décennies plus tard, après l’assèchement de la mer d’Aral, la pollution du lac Baïkal, les pluies acides, la catastrophe de Tchernobyl, la contamination des nappes phréatiques, le trou d’ozone dans l’Antarctique, l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, l’urgence est plus grande que jamais.» En 2013, c’est avec le philosophe allemand Peter Sloterdijk qu’il écrit Rendre la Terre habitable (éditions Pluriel).

En 2017, Edgar Morin participe avec (entre autres) l’auteur de ces lignes à un colloque organisé à la Maison des sciences de l’homme en hommage à son ami Serge Moscovici, autre grand précurseur de l’écologir, mort en 2014. « Malheureusement, les écologistes politiques officiels n’ont jamais voulu ou pu se fonder sur la pensée de Moscovici et se sont trouvés pratiquement dépourvus de pensée », glisse-t-il avec sa malice habituelle, ajoutant dans la version prononcée :  « ce sont des ignares ! » (lire ici le texte de son intervention).

Son dernier ouvrage consacré à l’écologie paraît en 2021 aux éditions de l’Aube : l’Entrée dans l’ère écologique. Edgar Morin le présente ainsi : « Un demi-siècle s’est écoulé depuis que le ­tocsin a sonné. La pollution ravage les mégapoles, la stérili­sation ravage les terres arables. La cupidité économique incendie les forêts d’Amazonie, tandis que celles d’Australie brûlent faute des précautions que connaît la culture millénaire des Aborigènes. […] C’est alors qu’une jeune Scandinave de l’âge de Jeanne d’Arc brandit au monde un drapeau vert et commence à être suivie par des cohortes d’adolescents. Elle est moquée et discréditée par les Cauchon d’aujourd’hui, évêques de la sainte économie libérale. Federico García Lorca, dans un des poèmes de l’admi­rable « Romancero gitano », disait : “Pero quién ­vendrá ? Y por dónde ?”  » (Mais qui viendra ? Et d’où ?)

L’auteur de ces lignes avait eu la chance d’interviewer longuement Edgar Morin à la fin des années 1970 pour un magazine dirigé par Jean-Paul Ribes. Un souvenir inoubliable !

A lire :
– pour une nouvelle conscience planétaire (un texte d’Edgar Morin écrit en 1989)
le numéro hors-série de la revue le 1 consacré à Edgar Morin, avec un excellent article de l’historienne Anne Trespeuch-Berthelot titré Vers une écologie radicale.

 

 

Photo du haut : Edgar Morin en 2011 © Wikipedia

 

 

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26.06.2026 à 09:28

🔐 [Sommet Mondial des Bassins] Une mobilisation renforcée pour l’eau et le climat

cleca

(80 mots)

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23.06.2026 à 16:55

[SNJ France TV] Traitement du climat à France TV : la France surchauffe… et la croisière s’amuse !

cleca

Texte intégral (743 mots)

De: snj@snj.fr

Traitement du climat à France TV :

La France surchauffe…
et la croisière s’amuse !

 
Depuis 10 jours, la canicule est partout dans nos JT. Le 13H et le 20H alignent des records de température, décrivent les souffrances des usagers, des seniors aux écoliers, en passant par les couvreurs sur les toits. Mais qu’en est-il des solutions ? Qu’en est-il des explications du phénomène ? Du rappel de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique ? Rien, ou presque, sur nos antennes.
 
En 2022, l’audiovisuel public se dotait pourtant d’une belle mission : accompagner les Français vers une meilleure compréhension de la crise climatique. Aujourd’hui, qu’est devenue cette ambition ? Quand on sait que près d’un tiers des Français reste climatosceptique, comment ne pas avoir honte de notre traitement journalistique ?
 
Pire encore, alors que nous ne traitons pas des enjeux vitaux pour l’humanité, nous amusons les Français avec ces chanceux qui profitent d’une jolie croisière MSC. Un sujet de 5mn32 dans le 20H du 16 juin 2026, rythmé par des : “il est incroyable le bateau”, “on va s’éclater”, “c’est royal”. Toujours plus d’emphase pour cette “immersion” souhaitée par l’édition. Une “immersion” aux allures de publireportage, bien pratique pour s’exonérer des questions de fond sur ces “immeubles flottants”. 22 étages, 6000 passagers, 7 piscines… un modèle de tourisme de masse au coût climatique important, qui ne sera jamais évoqué ! Il aurait pourtant été judicieux de préciser qu’une semaine de croisière, c’est l’équivalent de ce qu’un Français devrait consommer en un an pour son budget carbone, pour contenir le réchauffement de notre planète. Les énergies fossiles de ces paquebots “XXL” contribuent au changement climatique, qui se traduit par des températures de 35 à 40 degrés cette semaine en France.
 
Mais faire le lien, c’est sans doute quitter “l’immersion”. Alors au diable le journalisme ! Nos téléspectateurs, eux aussi, ont été choqués par ce choix éditorial. Ils soulignent un manque de cohérence dans nos JT, demandent “quel est le sens de ce reportage promotionnel”, estiment que ce reportage est “dégradant pour le public” (cf. la lettre 98 du médiateur). Face à ce qui frôle la désinformation, le SNJ s’interroge : quel est le but de la direction ? Des équipes d’encadrement des JT ? Nous n’osons croire qu’ils sont si ignorants du changement climatique. Alors s’agit-il d’éviter de “faire peur” aux téléspectateurs en décrivant le réel et en le décryptant ? Curieux alors que la guerre en Ukraine ou au Proche-Orient ne soient pas frappées du même tabou.
 
À quelques mois de l’élection présidentielle, poserons-nous des questions aux candidats sur le changement climatique qui menace la survie de l’humanité ? Le service public a dramatiquement déserté ce terrain lors des précédents rendez-vous politiques sur nos antennes. Il y a urgence ! Le SNJ attend un changement de cap. Cette stratégie de l’autruche n’est pas digne de l’audiovisuel public, ni des salariés qui l’ont choisi pour informer les Français. Juste informer, sur des bases scientifiques, bien loin de la course à l’audience, qui semble hélas devenir la seule boussole de nos éditions.
 
Paris, le 23 juin 2026

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22.06.2026 à 16:43

Dessalement : l’eau qu’on fabrique tue la mer qu’on pompe

lsamuel

Texte intégral (2075 mots)

Une usine de dessalement produit de l’eau potable. Elle produit aussi, à volume égal, de la saumure ultra-concentrée, des rejets thermiques et un cocktail de produits chimiques. Tout repart à la mer. En France, personne ne mesure vraiment ce que ça y fait. Les JNE se sont penchés sur la question lors d’un récent Jeudi de l’écologie à l’Académie du Climat (Paris).

par Isabelle Vauconsant

Une usine de dessalement, c’est deux tuyaux. Un qui entre, un qui sort. Le premier pompe de l’eau de mer. Le second rejette de la saumure, c’est-à-dire une eau saturée en sel, à des concentrations deux fois supérieures à celles du milieu naturel. Pour chaque mètre cube d’eau potable produit, environ un mètre cube de saumure repart dans l’océan. À l’échelle des grandes installations, cela représente des millions de mètres cubes de rejet par jour. Frédéric Ducarme, écologue enseignant-chercheur à Sciences Po Paris et à l’université de Mayotte, pose le cadre sans détour : « On ne se rend pas compte que le sel, c’est un des pires poisons pour les animaux aquatiques. »

Ce n’est pourtant pas ce qu’on entend le plus souvent quand on parle de dessalement.

Le sel, poison naturel

L’argument industriel est connu : le sel est un produit naturel, il vient de la mer, il y retourne. Frédéric Ducarme le réfute point par point. « C’est la concentration qui fait le poison. » Un kilo de gros sel dans une mare suffit à stériliser l’ensemble en quelques heures : plantes, animaux, bactéries. Il reste parfois quelques algues très tolérantes. C’est tout. En mer, le même mécanisme s’applique, à une autre échelle.

La posidonie méditerranéenne en est l’exemple le plus documenté. Cet herbier sous-marin structure l’ensemble de l’écosystème côtier. Il produit de l’oxygène, abrite des centaines d’espèces, fixe les sédiments, atténue les vagues. Or, sa niche écologique en termes de salinité est extrêmement étroite. Quelques dixièmes de point au-dessus du seuil habituel suffisent à empêcher son développement. « Donc ça suffit à ce que la posidonie ne puisse pas pousser », précise Frédéric Ducarme, « imaginez si vous avez une grosse usine de dessalement qui produit de la saumure en permanence par millions de mètres cubes. »

En Méditerranée, la menace est amplifiée par la morphologie de la mer. Les courants y sont faibles. Les marées, quasi inexistantes. Le plateau continental est parfois très long et peu profond, notamment en Italie. Résultat : la saumure ne se dissout pas, elle stagne. Elle s’accumule. La salinité du milieu augmente progressivement, sans retour possible à court terme.

Dans le golfe Persique, où se concentrent certaines des plus grandes usines du monde dans une mer quasi fermée, le phénomène est déjà massif. « C’est en train de vraiment vitrifier toute la vie marine », observe Frédéric Ducarme. Les pays concernés ne facilitent pas les études de terrain indépendantes. Les plongeurs sont peu les bienvenus.

Une vingtaine de produits chimiques, zéro étude d’impact sérieuse

La saumure n’est pas le seul problème. Une usine de dessalement mobilise en permanence une vingtaine de réactifs chimiques : antitartres pour éviter le colmatage des membranes, biocides pour tuer les organismes marins qui colonisent les tuyaux d’entrée, agents de nettoyage des circuits. Ces produits se retrouvent dans les effluents rejetés. Comme le résume Frédéric Ducarme : « Le but étant de tuer la vie marine qui colonise les tuyaux, forcément, en bout de chaîne, vous avez des produits qui sont pas super bons pour l’environnement. »

Le problème, c’est que l’eau de mer n’est pas une ressource inerte. C’est un milieu vivant. Un litre d’eau de mer contient des millions d’organismes : plancton, bactéries, larves. Dès que le tuyau de prélèvement pompe en continu, les espèces sessiles colonisent l’intérieur. Éponges, huîtres, gorgones s’y installent avec enthousiasme. Pour éviter le colmatage, il faut donc chlorer en permanence, nettoyer régulièrement, remplacer les pièces détériorées. Chaque étape génère des résidus chimiques supplémentaires dans les effluents.

Or, selon Damien Devault, enseignant-chercheur en écotoxicologie à l’université de Bordeaux et de Mayotte, il n’existe quasiment pas d’études scientifiques rigoureuses sur les impacts à long terme de ces rejets cumulés sur les milieux récepteurs. « On a été surpris de ne pas trouver d’études scientifiques avec des exemples, avec des faits étayés », confirme Patrick Roux, coauteur du rapport commandé par le ministère de la Transition écologique. En cause : personne ne semble motivé pour financer de telles études. Ni les industriels, qui n’y ont pas intérêt. Ni les États, qui préfèrent souvent ne pas savoir.

Mayotte : un lagon comme cobaye

Le cas mahorais illustre ce que donne l’absence de précaution écologique dans un contexte d’urgence. Mayotte est entourée d’un lagon fermé par une barrière de corail continue. C’est ce qui fait sa beauté. C’est aussi ce qui rend le dessalement particulièrement risqué : l’eau y circule peu, les courants sont faibles, la saumure s’y accumule.

L’usine de la Petite Terre produit environ 3 000 mètres cubes par jour. Elle pompe et rejette dans ce même bassin semi-fermé. Des plongées de contrôle, effectuées environ une fois par an, documentent une zone désertifiée de 10 à 20 mètres carrés autour du tuyau de rejet. Quelques petits poissons. Rien d’autre. Au-delà, le milieu redevient à peu près normal, mais l’usine est de petite taille. La grande installation en cours de construction, elle, produira des volumes sans commune mesure.

Le choix du site fait également débat. Damien Devault indique que l’implantation retenue jouxte une zone de mangrove, secteur particulièrement sensible et vaseux. Pomper une eau boueuse soumet les membranes à une usure accélérée et multiplie les besoins en produits chimiques de prétraitement. « Les filtres derrière, ils aiment pas », résume-t-il.

La procédure d’urgence civile, mandatée par la préfecture, a permis de s’affranchir des études d’impact environnemental. C’est légal. C’est aussi, selon Frédéric Ducarme, un précédent dangereux : « Comme c’est la première fois, les premières fois vont servir de modèle. Et le risque, c’est que si c’est mal fait, les autres pourront continuer à mal faire. »

La solution alternative, pourtant évoquée : installer l’usine offshore, à cinq ou six kilomètres au large, hors du lagon, alimentée par l’énergie thermique des mers. La saumure serait rejetée en plein océan, dans des courants capables de la dissoudre. Les espèces fixes, coraux et herbiers, ne seraient pas exposées. Damien Devaux a porté ce projet. Il n’a pas été retenu. La facture des canalisations sous-marines, estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros pour passer sous la barrière de corail, a été jugée prohibitive.

Ce qu’on ne mesure pas ne dérange personne

L’absence de données n’est pas un oubli. C’est une structure. Les pays qui dessalent le plus, Arabie Saoudite, Émirats, Koweït, ne sont pas ceux qui produisent le plus d’écologie marine indépendante. Israël, grand pays du dessalement et nation universitaire, ne finance pas davantage ce type de recherche. Les industriels opèrent dans un vide scientifique qui leur est confortable. « Ce qui manque, c’est ce monitoring, cette surveillance en continu de l’impact des rejets sur le milieu », relève Patrick Roux.

En France, ce vide prend une forme réglementaire précise. Il n’existe aucun cadre national fixant les obligations de suivi environnemental pour les usines de dessalement. Les autorisations relèvent de la police de l’eau locale, avec des niveaux d’exigence hétérogènes. Sur l’ancienne usine mahoraise, les opérateurs étaient contractuellement tenus de remettre des rapports de monitoring. Ils ne l’ont jamais fait. Le résultat : un procès-verbal. La surveillance, elle, n’a pas eu lieu.

Damien Devault résume le paradoxe : « Il y a des endroits où vous pouvez faire d’énormes usines, tout balancer, ça posera pas de problème, et des endroits où une toute petite usine suffira à flinguer complètement une baie entière. » C’est précisément ce qu’il faudrait savoir avant de construire. C’est précisément ce qu’on ne sait pas.

Les journalistes indépendantes Pauline Guibert et Sarah Younan, animatrices du Jeudi de l’écologie JNE sur le dessalement à l’Académie du Climat (Paris) © Carine Mayo

La mer ne se dessale pas deux fois

La question de fond n’est donc pas seulement technique ou économique. Elle est écologique et politique. Peut-on extraire de l’eau de mer à grande échelle, concentrer les résidus et les renvoyer dans le même milieu, sans en cartographier sérieusement les conséquences ? Peut-on multiplier les installations sur un littoral méditerranéen déjà fragilisé par le réchauffement, l’acidification et la surpêche, sans études d’impact sérieuses ?

Éric Tardieu, directeur général de l’Office international de l’eau, plaide pour une intégration du dessalement dans une vision plus large du mix hydrique. « La meilleure ressource en eau, c’est l’eau dont on n’a pas besoin », rappelle-t-il. Sobriété, réparation des réseaux, réutilisation des eaux usées traitées : autant de leviers moins coûteux et moins risqués que de forcer la mer à donner ce qu’on a cessé d’économiser.

En 2050, 90 % du territoire français sera en stress hydrique. La mer, elle, sera là. Mais ce qu’elle contiendra encore dépend des choix qu’on fait maintenant.

Cet article est issu d’une table ronde organisée dans le cadre des Jeudis de l’écologie, par l’Association des journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie (JNE), tenue à l’Académie du Climat. La table ronde a été animée par Pauline Guibert et Sarah Younan, journalistes indépendantes, avec la participation d’Éric Tardieu (Office international de l’eau), Maxime Therrillion (société Watera), Damien Devault (université de Bordeaux et de Mayotte), Patrick Roux (rapport IGEDD 2025), Frédéric Ducarme (Sciences Po Paris, Muséum national d’Histoire naturelle) et Alain Meyssonnier (Institut méditerranéen de l’eau).

Pour voir ou revoir la table ronde, cliquez ici sur la chaîne YouTube des JNE.

Photo du haut : le Jeudi de l’écologie JNE sur le dessalement. De gauche à droite, Frédéric Ducarme, Patrick Roux, Damien Devault, Maxime Therrillion et Eric Tardieu © Carine Mayo

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