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la Maison commune de la décroissance

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20.12.2025 à 19:23

Quand l’invisibilisation du capitalisme invisibilise la décroissance

Rédaction

Texte intégral (617 mots)

En 1988, Dans ses Commentaires sur la société du spectacle, Guy Debord écrivait : « La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle. Au moment du spectaculaire intégré, elle règne en fait comme le modèle  de toutes les entreprises commerciales avancées ». Il concluait par ce jugement les quelques paragraphes qu’il venait de consacrer à la Mafia pour repérer « les points de ressemblance avec le capitalisme ».

Rien d’étonnant alors à ce que, dans un journal télévisé, un reportage sur la DZ Mafia s’enchaîne avec un sujet sur la dernière provocation de l’actuel roi autoproclamé du deal : un dealer, c’est un entrepreneur, et vice-versa.

Et ce qu’ils ont en commun, c’est l’adhésion à la règle d’or du capitalisme : la mutualisation des pertes, la privatisation des profits.

Il n’y a donc aucune coïncidence quand on s’aperçoit que rien ne ressemble plus à un « point de deal » que ce que les ultralibéraux actuels nomment des « zones économiques spéciales » (lire à ce sujet de Quinn Slobodian, Le capitalisme de l’apocalypse, 2025, Seuil) : une zone hors du droit commun (« là où la police ne va pas »), sans démocratie (mais à la justice expéditive), totalement hiérarchisée, organisée en vue d’un seul but, l’argent.

Mais dans la société du spectacle où le spectaculaire doit fabriquer une image renversée de la réalité (dans laquelle « le vrai est un moment du faux »), cette connivence entre « le monde des affaires » et « les affaires » semble invisibilisée par tous les commentateurs en continu.

Rien de plus remarquable en effet que de constater comment leur rhétorique peut enchaîner une diatribe contre le narcotrafic, un reportage sur le Mercosur, un plaidoyer pour la réduction des recettes budgétaires, une visite à Dubaï, une interview d’un « grand patron », une polémique contre la taxe Zucman, une inquiétude sur l’omniprésence de l’IA… mais sans jamais prononcer le terme qui en est la substance commune : le capitalisme.

Toutes ces acrobaties pour éviter d’avoir à se confronter à une évidence : c’est que le tour qu’est en train de prendre le monde n’est que le dernier épisode de ce que le capitalisme a toujours fait subir au monde : la domination des puissants.

Alors, si en tant que décroissant radical, on en vient à rappeler que, politiquement, la critique du capitalisme ne s’attaque au mieux qu’à la partie émergée de l’iceberg de la croissance, on mesure à quel point aujourd’hui l’enjeu de la décroissance n’existe pas dans le débat public.

Toutes ces acrobaties pour invisibiliser (et donc naturaliser) le capitalisme dressent le barrage le plus efficace pour ne jamais poser ce qu’Harmut Rosa nomme la « question sérieuse : la société moderne est-elle donc équivalente à la société capitaliste ? Est-ce que j’entends simplement « capitalisme » lorsque je me réfère à la structure de base de la société moderne ? La réponse est : le capitalisme est un moteur central, mais la stabilisation dynamique s’étend bien au-delà de la sphère économique ».

Et c’est ainsi que même la critique la plus radicale du capitalisme ne sera encore qu’une critique tronquée de la croissance, de son économie, de son monde et de son régime politique.

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11.12.2025 à 12:45

La MCD, Saison 2 : notre feuille de route (2026-2030)

Rédaction

Texte intégral (3267 mots)

L’essentiel de notre financement est constitué par un don de la Fondation pour le Progrès de l’Homme (FPH) : cette feuille de route est une version à peine modifiée de la « note d’intention » demandée par la FPH pour la période 2026-2030. Ça a été l’occasion pour nous de penser le passage d’une saison 1 à une saison 2, passage sans rupture mais accentuation d’une approche résolument politique de notre opposition à la croissance (à son économie, à son monde, à son régime politique).

Depuis sa création en 2017, la Maison commune de la décroissance s’est attelée aux racines (concepts et méthodes) de la décroissance, face à l’abandon de la construction idéologique au sein du mouvement décroissant, sous l’injonction saine mais insuffisante du faire dans l’ici et maintenant. Nous la qualifions dorénavant de “saison 1” de la MCD. Forte de ces racines, une saison 2 s’ouvre, celle de l’édification du tronc politique de la décroissance, à même de contribuer à une repolitisation et une coordination des déçus, critiques et opposants à la croissance, son monde et son régime. L’affirmation de la dimension politique de la décroissance est un outil d’intérêt général au service du commun. Elle est indispensable pour que la décroissance puis la post-croissance puissent apparaître, respectivement, comme un trajet et une alternative sociétale crédibles, désirables, plus encore acceptables.

En route vers une saison 2 de la MCD

* Un constat initial

L’objectif de la “saison 1” de la MCD, a été de repérer, définir et discuter ce qu’il peut y avoir de « commun » dans le mouvement de la décroissance. Ce travail a été animé par notre diagnostic initial d’éparpillement du mouvement, qui reposait sur 2 intuitions :

  • Précipitation à privilégier l’action au détriment de la construction idéologique : ce diagnostic est justifié par nos expériences dans les alternatives concrètes dans lesquelles l’injonction à agir au nom d’une urgence écologique (climat, biodiversité) s’imposait au détriment d’une robustesse conceptuelle et méthodologique. Pis encore, cet éparpillement était souvent auto-présenté comme richesse au nom d’une hétérogénéité sans critique. Le résultat de cette précipitation, c’est le jugement sévère qui conclut la cartographie systématique de Fitzpatrick et al.1 : profusion de propositions « imprécises », peu « pertinentes », « négligentes », diverses plus par « agglutination » que par vue d’ensemble. Le constat est sévère : « le programme actuel de décroissance est plus proche d’une liste disparate d’ingrédients que d’une recette bien organisée ».
  • Faible politisation du mouvement décroissant : cette précipitation se manifestait particulièrement par la faiblesse de la politisation du mouvement décroissant :
    • soit par une politisation simplifiée en action « citoyenne » au « local » ;
    • soit par une politisation réduite à une participation électorale, sinon électoraliste, dans laquelle la décroissance était réduite, sous forme de slogans, à sa dimension physicaliste (limites démographiques, énergétiques et matérielles), au détriment de sa dimension volontariste ;
    • soit par une politisation limitée au champ des valeurs, prétendant à une hégémonie des “bonnes valeurs”, caricaturant ainsi ses opposants, faisant accroire que la seule transvaluation des valeurs saurait suffire, et indifférente au régime politique, pourtant central.

** Une première saison riche

L’iceberg de la croissance : une économie, un monde, un régime politique

Les travaux réalisés par la Maison commune de la décroissance depuis sa création en 2017 ont principalement consisté en un travail conceptuel de définition de la “décroissance”, comme trajet vers d’autres sociétés, celles de la post-croissance, issue d’une critique radicale du monde de la croissance et plaidant pour une opposition systémique à la croissance : décrue (économique), décolonisation (de nos imaginaires) et repolitisation (de nos vies). Ce travail n’aurait pu avoir lieu sans un travail de méthodes sur des distinctions conceptuelles, issues de situations rencontrées dans les pratiques mêmes des alternatives concrètes (e.g. faire sens / faire nombre, faisable / désirable / acceptable, radicalité comme intransigeance / cohérence, limite-plancher / limite-plafond…). Un travail de cristallisation de ces avancées a également été réalisé, au moyen d’images (non développées ici) : celle du noyau et des rayons (pour penser le commun), celle d’un iceberg (pour penser l’extension du domaine de la croissance), et celle d’une analogie entre politique et permaculture (pourpenser des degrés de politisation). Et enfin, celle d’un arbre (pour penser l’unité et la diversité de la mouvance décroissante :

  • les racines seraient les fondements conceptuels et méthodologiques de toutes ces initiatives ;
  • le tronc serait le commun politique de toutes ces initiatives ; et
  • les branches seraient toutes ces initiatives qui se revendiquent, de près ou de loin, de la décroissance, qu’elles soient militantes ou universitaires.

*** Quelle ambition pour la saison 2 ?

Après le préalable absolument nécessaire que fut l’attention toute particulière accordée aux racines (concepts et méthodes), que nous qualifions dorénavant de “saison 1” de la MCD, voici venu le temps d’une “saison 2”. Elle ne s’appuie pas sur un nouveau constat, mais sur celui de la faible politisation, déjà présent à l’aube de la MCD. Manquement du mouvement décroissant qui peut dorénavant être approché avec confiance. Le temps est venu de l’essor du tronc politique, le développement racinaire l’a rendu possible.

La MCD souhaite redonner à la politique sa noblesse, dévoyée par l’exercice purement gestionnaire dominant de nos jours, la petite politique des intérêts particuliers. Oeuvrer pour l’intérêt général, la constitution et l’animation collective d’une société, comme condition de la vie sociale, voilà ce que défend la MCD.  La MCD souhaite rétablir la grande politique, celle pleine de vitalité et qui ne saurait se soumettre à aucun prisme réducteur, en particulier celui de la critique fonctionnaliste. Quand bien même un régime politique fonctionnerait, ici le capitalisme, la MCD voudrait tout autant que puisse être questionnée et arbitrée collectivement la société que nous souhaitons, en réinvestissant notamment la critique morale, et plus encore la critique éthique.

La MCD assume par la présente le criant besoin d’un combat idéologique à mener, à l’extérieur du monde décroissant, notamment face aux tendances autoritaires qui se multiplient, mais aussi à l’intérieur, face à une forme de renoncement qui ne peut préfigurer qu’une seule chose, un échec à venir. Un renoncement à la conflictualité comme énergie politique indépassable, fruit d’un rejet entendable, celui du système actuel, qui divise et nivelle, mais qui obère également le projet, qui unirait et élèverait, au nom d’une hétérogénéité sans critique, et ce faisant se condamne à l’impuissance. La repolitisation, à laquelle la MCD veut œuvrer, est ce processus conscientisant la nécessité d’une coordination des acteurs, présupposant l’explicitation d’un tronc politique commun, que la MCD ambitionne de fournir.

Nulle efficacité sans structure, nulle liberté sans redevabilité

Les membres bénévoles de la MCD constituent sa principale richesse, avec le corpus idéologique construit au fil des années. Le soutien financier de la FPH permet une démultiplication de nos efforts, en contribuant aux possibilités matérielles de nos ambitions, en premier lieu la possibilité d’un soutien salarial aux actions bénévoles. Après une première expérience d’association employeuse, non sans écueils, une réflexion d’ampleur sur la structuration et le fonctionnement de l’association a été poursuivie, conduisant à des évolutions conséquentes, en premier lieu :

  • de nouveaux statuts et un nouveau règlement intérieur, basés sur l’attention accordée à la coordination (plutôt que la subordination), à l’interdépendance (plutôt que l’indépendance) et à la responsabilité comme confiance ;
  • la constitution d’un bureau au sein de la Coopérative, qui assurera la fonction employeur (et non plus le président seul) ;
  • et le déplacement du centre de gravité de notre association de la Coopérative (classiquement, le conseil d’administration) vers la Mutuelle (classiquement, un conseil de contributeurs à nos projets, tant théoriques que pratiques, via des « commission ad hoc », soutenues par la Coopérative).

Une même optique anime ces trois évolutions, celle de la centralité de la collégialité et de l’aventure collective. Au même titre, il est apparu souhaitable, pour toutes les parties, de favoriser la présence de plusieurs salarié.es, plutôt qu’un.e seul.e par qui tout transiterait. A date, au vu des profils volontaires et des moyens financiers, il a été décidé de procéder à l’embauche, à temps partiel (12 heures/semaine) de deux personnes, l’un.e pour les tâches administratives et logistiques, l’autre pour le partenariat et le pilotage de l’action de plaidoyer, sa réalisation par les bénévoles étant privilégiée. Il est important de souligner que le renouveau partiel de la Coopérative, avec trois nouveaux membres, vient insuffler un dynamisme nouveau, qui accompagnera l’activité salariée, qu’il pourrait être souhaitable de renforcer à moyen terme au vu des ambitions affichées par la MCD. En outre, dans cette logique de renforcement de l’activité de la MCD, l’approche comptable a été “professionnalisée” : i) les fonctions de trésorerie et de comptabilité-gestion sont dissociées ; et ii) les dépenses et recettes font l’objet d’une budgétisation, suivie mensuellement et revue trimestriellement, et non plus d’un seul contrôle au fil de l’eau. Un exercice de projection triennale est également réalisé.

Une “saison 2” voulue ambitieuse et enthousiasmante

Notre perspective : oeuvrer à la dimension politique de la décroissance. Chacune de nos récentes interventions la renforce, un fort besoin de repolitisation est attendu et exprimé par le public. Notamment pour ne plus subir, mais agir, pour ne plus être seul, mais former un collectif. Comme préalable, à juste titre, de toute espérance. Bien que possiblement anecdotique, lorsque l’angle d’attaque est d’emblée politique, les critiques usuelles du terme de “décroissance”, à cause de son préfixe privatif, font long feu. La décroissance, comme décrue économique, décolonisation de nos imaginaires et repolitisation de nos vies, est bel et bien désirable, acceptable, et faisable. Fruits d’engagements anciens et d’élans nouveaux, les projets portés par la MCD sont autant de briques pour l’édification de la repolitisation défendue et de la possibilité d’une société décroissante puis post-croissante.

* Des racines, un tronc

Depuis sa fondation, la MCD a constitué un corpus conséquent de productions écrites. Cette ressource, dans sa forme actuelle, souffre de limitations, notamment d’accessibilité et d’intelligibilité, dûes à une absence d’articulation, pouvant ainsi conduire à une impression d’agglutination et de vertige. Un travail d’articulation, qui conduira sans nul doute à une consolidation au fur et à mesure de l’avancée des travaux, de par la clarification qu’il demandera, sera réalisé. Ce travail apparaît indispensable pour atteindre les objectifs ambitieux que la MCD s’est fixés. En image, il s’agira de constituer un fil rouge, guide au travers de la pensée complexe développée par la MCD, pour les personnes béotiennes, initiées, expertes, et pour nous-mêmes. A date, les projets suivants s’inscrivent dans cette optique :

  1. Inventaire des productions écrites de la MCD, et leur enregistrement ISBN pour les visibiliser ;
  2. Refonte du site internet, avec la constitution d’un fil rouge ou parcours de découverte ;
  3. Assurer une formation interne ;
  4. Écriture et auto-édition de livrets pour aborder simplement des concepts centraux à l’aune du projet politique de la MCD, qui seront des “Conversations décroissantes sur …”, telles que la liberté et la vie sociale ;
  5. Ouverture à l’international, notamment par la traduction des productions écrites, en premier lieu du livre de la MCD, La décroissance et ses déclinaisons (projets en cours en espagnol et en anglais) ;
  6. Coordination d’un livre de contributions sur le thème : « Sortir de l’économie ? » (formule de Serge Latouche, non explicitée à ce jour) ;
  7. Ecriture et publication d’un nouveau livre de la MCD (à moyen terme)

** Moments de vie et d’engagement

L’activité intellectuelle ne saurait se résumer aux productions écrites, souvent plus individuelles, et l’activité de la MCD ne saurait se résumer à l’activité dite “intellectuelle”, nous n’oublions pas le “sensible”, sans l’opposer du reste. “Nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce que nous sommes” (Albert Camus, L’Homme révolté), se rencontrer pour se lier, réfléchir ensemble, pour renouveler son engagement et en susciter de nouveaux. La MCD accorde donc une attention toute particulière à l’organisation régulière de rencontres, d’événements, au sein de la MCD, ainsi qu’à la participation et co-organisation d’événements extérieurs, avec l’exigence de la radicalité, comme cohérence. Il y a ici un point de vigilance important, celui de ne pas oublier l’objectif principal, à savoir la repolitisation, et la radicalité qu’elle commande. A date, les projets suivants s’inscrivent dans cette optique :

  1. Organisation annuelle des (f)estives, une semaine estivale de réflexion. Il s’agit de l’événement principal permettant de découvrir et rencontrer la MCD ;
  2. Organisation biannuelle de la Caravane contre-croissance, avec une prochaine édition prévue en fin d’année 2026. Cet événement permet notamment de découvrir et tisser des partenariats avec des associations locales ;
  3. Organisation biannuelle d’un concours de nouvelles. Il s’agit de notre contribution à la décolonisation des imaginaires par les récits ;
  4. Participation à des événements d’associations-amies (e.g. Alter Kapitae, IDN…) ;
  5. Co-organisation de l’International Degrowth Conference de 2028, pressentie en France.

*** Des liens et du grand large

La MCD fait de son objectif principal le travail de repolitisation et de définition du projet politique commun que se doit d’être la décroissance, aussi bien en direction des autres associations et initiatives – en particulier de celles se revendiquant de la décroissance, mais également celles faisant de la décroissance sans le savoir – que du grand public. Il serait naïf de penser que le nombre viendra à nous, nous devons aller à eux, dans un travail conséquent de partenariat et de communication, investir de nouveaux terrains et publics. A date, les projets suivants s’inscrivent dans cette optique :

  1. Développer une cartographie systémique de la décroissance : projet à la fois théorique et politique, qui constitue à la fois un outil de rencontre (comme support pour des « ateliers décroissance ») et de réflexion stratégique ;
  2. Renforcer les partenariats existants, en France (e.g. Alter Kapitae, Collectif des associations citoyennes (CAC)) et à l’étranger (e.g. Polémos au Canada, Moins! en Suisse), en particulier assurer l’animation et le déploiement du cercle politique créé à notre demande au sein de l’IDN ;
  3. Développer de nouveaux partenariats, en particulier avec des think tanks pour challenger leurs idées et leur rapport à la politique (e.g. Institut Veblen), et avec des acteurs, en particulier associatifs, écologiques et sociaux, notamment pour contribuer à la politisation du mouvement social et comme intermédiaire pour l’accès à un public plus large (e.g. Emmaüs, Banlieue Climat, Confédération paysanne…) ;
  4. Renforcer la présence sur les réseaux sociaux, en particulier LinkedIn ;
  5. Développer les contacts et l’exposition médiatique, en particulier les médias indépendants (e.g. Fracas, Sciences critiques). La MCD envisage d’ailleurs de souscrire des parts sociales dans certains de ces médias, afin de soutenir symboliquement ce pilier de la démocratie qu’est l’accès à une information de qualité ;
  6. Création et déploiement d’une Fresque de la décroissance, avec pour cible une première mouture pour l’été 2026 ;
  7. Production d’un documentaire à destination du grand public : « Une histoire politisée de la décroissance politique en France », réalisé par Sofian Achabe, documentariste professionnel, en deux volets de 26’, à partir d’archives internes et de l’INA, et d’entretiens avec des figures historiques ;
  8. Copilotage d’un projet de Jury Citoyen sur une définition démocratique des besoins, un pré-projet a été co-rédigé, et sera communiqué à d’autres organismes susceptibles d’être intéressés par une participation au copilotage (e.g. Emmaüs, La Fabrique Ecologique, Alter Kapitae, ATD Quart monde, Les Amis de la Terre…).

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Notes et références
  1. Fitzpatrick N., Parrique T., Cosme I., « Exploring degrowth policy proposals: A systematic mapping with thematic synthesis », Journal of Cleaner Production, vol. 365, [En ligne] DOI : https://doi.org/10.1016/j.jclepro.2022.132764.

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25.11.2025 à 23:11

L’accord final de la COP 30 : sens ou non-sens ?

Rédaction

Texte intégral (726 mots)

A l’issue de la COP30, faut-il se réjouir de l’accord obtenu entre les délégations de 194 pays – en l’absence des USA de Trump – ou bien faut-il déplorer l’absurdité dans laquelle semble s’enfoncer, COP après COP, un agenda mondial censé affronter prioritairement l’urgence climatique ?

Avec cet accord, on ne cesse t’entendre que « le pire a été évité ». Super, mais de quel « pire » est-il ici question ? Là, on croit rêver quand on s’aperçoit que ce pire aurait été la validation de la ligne trumpienne d’une remise en cause de la réalité du changement climatique.

A partir d’un tel effondrement des exigences, on comprend mieux pourquoi la COP30 a été un gigantesque recul sur la question cruciale d’une sortie des énergies fossiles. Et là on peut être précis : les combustibles fossiles ne sont évoqués qu’implicitement par le biais d’une « référence au consensus des Emirats arabes unis » : lors de la COP28 de Dubaï, en 2023, les parties s’étaient engagées à « une transition hors des énergies fossiles ».

Autrement dit, à la COP30, c’est retour en deçà de la COP28 !

Se pose alors la question politique : comment un tel « accord » est-il possible ? Parce que la règle de la décision se fait au consensus et que, dans ce cas, il n’y a plus que 2 options possibles : l’absence d’accord ou bien un accord sous le joug de la partie prenante la plus égoïste, la plus intransigeante. Et dans le cas de la COP30, il s’agissait des pays pétroliers, menés par l’Arabie saoudite, mais aussi de l’Inde ou de la Russie.

Les Européens ont plusieurs fois menacé de quitter Belém sans accord. Mais au final, ils ont signé l’accord.

Ils ont fait le choix de « rester ensemble en désaccord » plutôt que celui de « rester en accord avec soi-même ». Ils ont donné la priorité au « faire nombre » sur le « faire sens ».

Quiconque s’est déjà un peu engagé dans l’organisation collective d’une alternative concrète, même au niveau le plus local, s’est déjà retrouvé devant ce hiatus entre le sens et le nombre. L’enjeu n’est pas de renoncer à l’un au profit de l’autre. L’enjeu est de se demander auquel donner priorité. Au nom d’un critère simple : des 2 façons de prioriser, laquelle a le plus de risque d’aboutir au sacrifice de l’une des 2 exigences ?

  • L’argumentaire du « faire nombre » repose sur l’efficacité et l’urgence du présent.
  • L’argumentaire du « faire sens » repose sur la cohérence et l’urgence du futur.

Car tel est le hiatus porté par toute urgence : c’est que la catastrophe annoncée pour le futur ne peut être affrontée qu’ici et maintenant.

Alors comment trancher ? D’expérience :

  • La priorité accordée au « faire sens » sur le « faire nombre » ne peut pas garantir le succès ; car une stratégie n’est pas une prophétie. Mais si succès il y a, il sera sensé.
  • La priorité accordée au « faire nombre » est d’emblée un renoncement au « faire sens » et comme seul le « sens » peut faire « lien » alors l’alternative finit toujours, à terme, par retourner dans le as usual, c’est-à-dire l’éparpillement et le repli sur ses positions.

Et en attendant ?

Comme de toutes les façons, nos alternatives n’en sont pas encore à prétendre « faire nombre », prenons le temps de « faire sens ».

C’est ce genre de pari qui nous anime quand nous portons un projet tel celui de la Fresque de la décroissance (Prochaine visiodiscussion : le samedi 6 décembre à 10h ). C’est ce que Serge Latouche appelait le pari de la décroissance.

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10.11.2025 à 21:23

Statuts 2025 de l’association Maison commune de la décroissance

Rédaction

Texte intégral (1216 mots)
Statuts 2025 de l’association MCD

Article 1 – Dénomination

Est fondée entre les adhérent.e.s aux présents statuts une association à but non lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, ayant pour titre : « La Maison commune de la décroissance ».

Article 2 – Objet

Association d’éducation populaire, la Maison commune de la décroissance (la MCD) a pour objet de diffuser la philosophie de la décroissance définie comme un trajet vers des sociétés écologiquement soutenables, socialement décentes et démocratiquement organisées, qui passe par la baisse de l’extraction, de la production, de la consommation, et des pollutions. 

La philosophie politique qu’elle élabore vise la défense d’un environnement naturel préservé, condition sine qua non de la vie sociale.

La décroissance est à la fois une décrue économique, une décolonisation des imaginaires et elle promeut la repolitisation de la conception commune de la vie bonne (par un plaidoyer en faveur des autolimitations, de la vie sociale, et de la dépense commune).

Grâce à son site, ses rencontres, des conférences, des arpentages, des podcasts, des vidéos et des films présents sur les réseaux sociaux, l’accès aux connaissances est libre et ouvert à tou-te-s

Article 3 – Siège social

Son siège social est fixé au : 13 rue de l’espérance, 75013 Paris.

Celui-ci peut être modifié par la Coopérative selon les modalités définies dans le Règlement Intérieur (R.I.)

Article 4 – Adhésion

L’association se compose de l’ensemble de ses membres physiques et personnes morales adhérentes.

Pour adhérer l’association, en tant que membre physique ou personne morale, il faut :

  • Avoir versé la cotisation annuelle définie à l’art.2 du R.I.
  • Avoir souscrit à la Charte de la MCD.

Article 4bis – Groupe territorial local

Les membres de l’association peuvent s’organiser en groupe local, tel que défini à l’art.10 du R.I.

Article 5 – Ressources

Les ressources de l’association sont constituées par :

  • les cotisations de ses membres ;
  • les donations de Fondations ;
  • les actions de terrain engagées ;
  • les dons et legs ;
  • et toute autre ressource autorisée par la loi.

Article 6 – La Coopérative

La Coopérative est l’organe de gestion et d’organisation de la MCD. Elle coordonne les validations administratives, logistiques, financières et idéologiques de l’association.

En son sein, au consensus, elle choisit un bureau composé au minimum d’un.e président.e d’un.e trésorier.e et d’un.e secrétaire ; dont la fonction principale est celle d’être employeur.

Son fonctionnement interne est défini à l’art.3 du R.I.

Article 7 – La Mutuelle

L’A.G.O. confie à la Mutuelle la discussion du projet idéologique de la MCD.

Elle est composée d’adhérents, regroupés ou non en commissions ad hoc thématiques, qui participent à la discussion ou à des projets portés par la MCD, en partenariat ou pas avec d’autres associations : les (f)estives, la Caravane contre-croissance, La Fresque, les livrets autoédités, le concours de nouvelles, des vidéos et des podcasts…

Son fonctionnement interne est défini à l’art.4 du R.I.

Article 8 – L’assemblée Générale Ordinaire (A.G.O.)

L’A.G.O. est ouverte à tous les adhérents de l’association. Elle se réunit chaque année, dans les conditions définies à l’art.11 du R.I. Elle valide les grandes orientations de l’association.

Article 9 – Assemblée générale Extraordinaire (A.G.E.)

Celle-ci peut être convoquée par la Coopérative, par l’A.G.O. ou par le quart des membres adhérents, suivant les modalités définies à l’article 12 du R.I.

Article 10 – Modification des Statuts

La validation de la modification des Statuts se fait en convoquant une A.G.E qui statue à la majorité des deux tiers des présents selon les modalités précisées à l’article 13 du R.I.

Article 11 – Règlement intérieur

Le R.I. est établi par le Coopérative, qui le fait approuver par l’A.G.O. à la majorité des deux tiers des présents.

Le règlement est destiné à fixer les différents points non précisés par les Statuts, notamment ceux qui ont trait à l’organisation interne de l’association, et prévoit les règles de conduite des adhérents en général, des membres de la Coopérative et de la Mutuelle en particulier.

Article 11 bis – Charte

La Charte est établie par le Coopérative, qui le fait approuver par l’A.G.O. à la majorité des deux tiers des présents.

La Charte vise à présenter sur une page l’objet de l’association, tel que défini à l’article 2 de ces Statuts.

Article 12 – Modification du Règlement intérieur et de la Charte

Le R.I. et la Charte peuvent être modifiés sur proposition de la coopérative, de l’A.G.O. ou à la demande d’un dixième des adhérents de l’association. Les modifications doivent être validées par une A.G.O. à la majorité des deux tiers des présents selon les modalités précisées au R.I. Toute modification du R.I. ou de la Charte fait l’objet d’une communication aux adhérents de l’association dans un délai de quinze jours.

Article 13 – Dissolution de l’association

La durée de l’association est illimitée. Cependant, une dissolution peut être prononcée par les deux tiers au moins des membres présents à l’A.G.E. Un ou plusieurs liquidateurs sont nommés par celle-ci et l’actif, s’il y a lieu, est dévolu conformément à l’art.9 de la loi du 1/7/1901 et au décret du 16/8/1901.

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