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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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29.07.2026 à 12:04

«Tout ça a au moins créé du lien» : à Bordeaux, le tiers-lieu Darwin accueille les sinistrés des mégafeux en Gironde

Ivan Logvenoff

Texte intégral (1763 mots)
Nicolas et sa mère Anne dorment à Darwin depuis deux nuits. © Ivan Logvenoff/Vert

Assis sous les hautes voûtes de pierre blonde de la caserne Niel, au sein du tiers-lieu Darwin, à Bordeaux (Gironde), Tani* semble fatigué. Il dort depuis deux nuits dans cette grande salle aménagée pour les évacué·es des incendies en Gironde, qui ont brûlé plus de 42 000 hectares depuis le 22 juillet. Le jeune homme de 23 ans a été séparé de ses grands-parents, avec lesquels il vit, dont l’état de santé a nécessité l’évacuation au parc des expositions de la ville (un autre lieu d’accueil aux dimensions XXL), puis dans un Ehpad. «Ils n’ont jamais été en Ehpad, jamais», s’énerve Tani. Les policier·es, raconte-t-il, ont dû insister, vendredi dernier, pour les évacuer tous les trois de leur appartement de Saint-Jean-d’Illac (Gironde), petite commune forestière de 10 000 habitant·es.

La fatigue de Tani s’explique surtout par la nuit qu’il a passée, entre lundi et mardi, au parc des expositions. Décharger des cartons de couches, de nourriture et de boissons : «Je n’ai rien d’autre à faire», souffle celui qui a abandonné l’école après le brevet.

À Darwin, le jeune homme dort depuis samedi sur un lit picot, dans la grande salle. Éco-lieu, écosystème, tiers-lieu : difficile de trouver le terme exact pour décrire cette galaxie d’entreprises, d’associations et de foncières qui occupe 5 000 m2 d’un ancien site militaire de la rive droite de Bordeaux depuis 2015. Philippe Barre, l’un des créateurs, en a fait un espace capable d’accueillir les initiatives écologiques et solidaires en tout genre, qu’elles soient commerciales ou non. En plus du café, des magasins, de la librairie, de la conciergerie solidaire, Darwin s’ouvre aussi aux séminaires d’entreprises, dans des salles qui jouxtent celles qui hébergent des sans-abris durant l’hiver, juste à côté des chalets réservés aux familles de réfugié·es.

Anne s’installe pour la sieste. © Ivan Logvenoff/Vert

Philippe Barre, qui a grandi au bord du bassin d’Arcachon, où les feux font rage, s’est rapidement mobilisé pour proposer des solutions à quelques-unes des 220 000 personnes déplacées en Gironde. Depuis vendredi, entre dix et cinquante d’entre elles et eux dorment chaque soir à Darwin. À côté de Tani se rassemble une communauté d’une dizaine d’habitant·es de Saint-Jean-d’Illac. «On ne se connaissait pas, mais on habite juste à côté», confie Anne*, éducatrice à la retraite âgée de 65 ans. Malade des poumons, elle a été évacuée dans une camionnette municipale. Tous les passager·es de ce véhicule ont refusé d’aller au parc des expositions, par peur de se retrouver noyé·es au milieu de milliers d’autres sinistré·es. Les Illacais·es ont passé une première nuit dans une salle communale de Cestas (Gironde), avant d’être de nouveau évacué·es à cause de la progression de l’incendie.

«On est bien ici ; le retour m’angoisse. J’avais choisi Saint-Jean-d’Illac pour la nature, justement parce que c’est au milieu de la forêt, et on va retrouver un décor de ville fantôme», s’inquiète Anne. À côté, son fils Nicolas, 16 ans, reste plongé dans son téléphone. Des ami·es, dans le centre de Bordeaux, lui ont proposé un canapé, mais il préfère tenir compagnie à sa mère.

C’est Bernie Calatayud, intermittente du spectacle de 55 ans, qui a emmené les Illacais·es à Darwin. Cette fille d’immigré·es espagnol·es se mobilise de longue date pour soutenir les précaires et les isolé·es, de France ou d’ailleurs. «J’aurais pu aller ailleurs, chez des amis à la campagne, mais je préfère être ici, ça fait du bien de ressentir la solidarité», explique-t-elle.

Amélie, 40 ans, infirmière et ostéopathe, est animatrice de la communauté de bénévoles à Darwin. © Ivan Logvenoff/Vert

Pour Amélie*, infirmière et ostéopathe de 40 ans, l’incendie a été l’occasion de devenir volontaire pour la première fois. Fréquentant le tiers-lieu régulièrement, elle a écrit dès vendredi aux fondateur·ices de Darwin pour devenir la principale référente pour la gestion des bénévoles. Une évidence pour celle qui est née au Cap Ferret et dont beaucoup d’ami·es ont été affectés par le feu.

Au tiers-lieu, après un appel sur les réseaux sociaux, plus d’une centaine de personnes ont répondu présent·es pour du bénévolat. «Certains sont venus, ont demandé de quoi on avait besoin et sont aussitôt repartis faire les courses nécessaires», rapporte Amélie. Les bonnes volontés, détaille-t-elle, se sont exprimées à tous les âges et dans toutes les professions. Alors que la logistique est désormais bien en place et que le flux des évacué·es a ralenti, la quarantenaire a proposé ses services au parc des expositions. «J’aurais bien aimé aller près du feu, mais les mairies ne répondent pas», souffle-t-elle.

Les dons de particuliers affluent à Darwin. © Ivan Logvenoff/Vert

Philippe Barré nous salue devant le café pour prévenir qu’il part pour le bassin d’Arcachon. En 2019, il a racheté une vingtaine d’hectares de sable et de pins à Camicas, pour expérimenter un nouveau modèle de plantation et de gestion forestière.

L’endroit était utilisé au 19ème siècle comme espace de démonstration pour lutter contre la progression de la dune. La végétation semée et plantée s’est ensuite hybridée aux plantes locales, offrant une diversité rare – alors que le reste de la zone a été planté de monoculture de pin ou urbanisé. Après guerre, les Postes, télégraphes et téléphones (PTT) ont installé un poste de radio sur plus de 1 500 m2 de bâtiments, qui sont progressivement tombés à l’abandon.

Le site a failli être racheté pour construire un hôtel, un golf et des villas de luxe, mais c’est Philippe Barre qui a remporté la mise. Ainsi, Camicas est devenu un conservatoire de graines de chêne vert, d’arbousiers et autres figuiers, qui doivent permettre de végétaliser d’autres espaces forestiers en Gironde. «La forêt est une industrie ici. Il faut montrer qu’on peut diversifier, arrêter de faire des coupes rases plantées d’une seule espèce», insiste le co-fondateur de Darwin.

Pour aider à endiguer le feu temporairement «stabilisé», qui continue malgré tout de dévorer la forêt girondine, le bâtiment devrait bientôt recevoir des pompier·es ou des volontaires de la DFCI, le service d’entretien des forêts contre les incendies. L’équipe de Darwin espère aussi leur trouver plusieurs pick-up. «On va essayer de mobiliser les personnes qui ont beaucoup d’argent dans le coin, à Arcachon, au Pyla-sur-Mer : un genre d’impôt qui permettra aussi de protéger les piscines et les villas», espère Philippe Barre.

Retour à Darwin, où Tani abandonne les claquettes qu’il porte toute l’année pour enfiler des bottes. Après les incendies, quand son grand-père ira mieux, il compte s’inscrire dans la légion : «J’ai toujours aimé me battre.» Anne, Bernie et les autres prévoient, dès qu’elles et ils seront rentré·es à Saint-Jean-d’Illac, de créer «une sorte d’auberge espagnole», où tout le monde apportera à manger pour se souvenir de ces quelques jours hors du commun. Anne soupire : «Tout ça a au moins créé du lien.»

*Ces personnes n’ont pas souhaité donner leur nom.

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28.07.2026 à 17:14

«J’avais le sentiment d’étouffer» : un épisode de pollution «sans précédent» autour des incendies historiques en Gironde

Zoé Moreau

Texte intégral (1166 mots)
Bordeaux (Gironde), le 26 juillet. Un épais nuage de pollution recouvre la ville. © Ed Jones/AFP

Depuis plusieurs jours, les incendies qui ont ravagé 42 000 hectares en Gironde et 3 600 dans les Landes dégagent d’importantes quantités de fumées toxiques. Poussés par les vents, ces panaches s’étendent bien au-delà de la zone des flammes, touchant une large partie de la Nouvelle-Aquitaine. Ce mardi, sur France inter, la ministre de la santé Stéphanie Rist a appelé les habitant·es à «rester à domicile». De son côté, le réseau de surveillance Atmo Nouvelle-Aquitaine qualifie dans son bulletin du jour la qualité de l’air de «dégradée» à «extrêmement mauvaise» en Gironde et dans les Landes, en raison d’un épisode de pollution aux particules en suspension (PM10, inférieures à 10 micromètres).

Les concentrations ont diminué lundi et mardi, mais la situation reste très incertaine. «On est complètement dépendants des vents», explique à Vert Camille Arnaud, d’Atmo Nouvelle-Aquitaine. Les dernières prévisions montrent un déplacement du panache «vers le sud puis vers le littoral, donc il devrait y avoir beaucoup moins d’impact pour les populations dans les prochains jours», précise-t-elle. Avant de nuancer : «Tout peut encore changer.» La ministre a, de son côté, assuré que les autorités restaient «très vigilantes sur la pollution de l’air».

«J’ai eu des migraines toute la journée»

À ce jour, les données disponibles sur le site d’Atmo Nouvelle-Aquitaine montrent que le pic de pollution a été atteint ce week-end en Gironde. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, la station de mesure située dans le quartier du Grand Parc, à Bordeaux, a enregistré en moyenne horaire une concentration de près de 600 microgrammes de PM10 par mètre cube (µg/m3) vers 23 heures. À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une limite journalière à ne pas dépasser de 45 µg/m3 – plus de 13 fois moins.

«C’est simple, j’ai eu des migraines toute la journée samedi et dimanche, et des maux de gorge le soir. J’avais le sentiment d’étouffer, raconte à Vert Alexis Gonzalez, habitant de Bègles, en périphérie de Bordeaux. J’avais pourtant laissé toutes les fenêtres de mon appartement fermées et je les avais calfeutrées avec du scotch. Mon balcon était recouvert de cendres, le ciel était noir. Je n’avais jamais vu ça.»

«C’est un événement sans précédent», confirme Camille Arnaud. L’épisode semble même dépasser celui provoqué par l’incendie de Landiras en 2022. À l’époque, seul le «seuil d’information» – fixé à 50 µg/m3 en moyenne journalière – avait été franchi. Cette fois, le «seuil d’alerte», établi à 80 µg/m3, est dépassé depuis plusieurs jours. «En 2022, la météo n’était pas la même. Les vents étaient moins changeants et les populations moins exposées aux fumées qu’aujourd’hui», explique-t-elle encore. Un pic de pollution à 300 µg/m3 a été constaté jusqu’en Haute-Vienne samedi.

Outre les PM10, les fumées des incendies contiennent «d’autres polluants particulièrement dangereux : des composés organiques volatils (COV), comme le benzène ou le formaldéhyde, ainsi que des particules encore plus fines, les PM2,5», souligne auprès de Vert Jean-Baptiste Renard, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et membre du conseil scientifique de l’association Respire. Ces dernières sont notamment capables de passer la barrière de la peau et de pénétrer en profondeur dans tous les organes (notre article).

Les PM2,5 ont été mesurées par les quelques stations girondines qui suivent ce polluant. Dans la nuit du 24 au 25 juillet, toujours vers 23 heures, leur concentration horaire a dépassé les 300 µg/m3 à Bordeaux. C’est plus de 20 fois la valeur guide journalière recommandée par l’OMS, fixée à 15 µg/m3.

2,5 millions de masques acheminés en urgence

Ces niveaux de pollution «sont très élevés», alerte Jean-Baptiste Renard. À court terme, une exposition à ces fumées peut provoquer maux de tête, irritations des voies respiratoires et violentes quintes de toux. «Vu les niveaux atteints, les hospitalisations vont aussi augmenter pour les personnes les plus fragiles», prévient le chercheur.

Les effets sur la santé de ce type de fumées varient selon le niveau d’exposition, la durée, la composition des particules ou la vulnérabilité individuelle. Ils vont de la crise d’asthme à l’infarctus, en passant par l’exacerbation de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie respiratoire grave, responsable de la mort de 18 000 personnes en moyenne chaque année en France. En cas d’exposition longue – le feu pourrait mettre plusieurs mois avant d’être complètement éteint –, le risque de contracter un cancer du poumon, un diabète de type 2 ou de subir un accident vasculaire cérébral (AVC) augmente aussi.

«Ce n’est vraiment pas le moment de faire du sport», résume Jean-Baptiste Renard. Pour se protéger, Santé publique France recommande de réduire les déplacements et le temps passé à l’extérieur, de garder portes et fenêtres fermées jusqu’à la fin de l’épisode, d’obstruer les aérations avec des linges humides et, si possible, d’arrêter la ventilation mécanique contrôlée (VMC). «Si on doit sortir et qu’on a des fragilités respiratoires ou cardiaques», il faut impérativement «mettre un masque FFP2», a insisté de son côté Stéphanie Rist. Et d’indiquer que quelque 2,5 millions de ces masques ont été acheminés vers les pharmacies de la région.

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28.07.2026 à 12:23

«La nouvelle canicule va encore accentuer la sécheresse déjà historique» : 80% de la France connaît des restrictions d’eau

Mathilde Picard

Texte intégral (1164 mots)
À gauche, une image satellite de l’Hexagone le 26 mai 2026, avant la canicule. À droite, la même vue aérienne le 23 juillet 2026, après les vagues de chaleur de juin et juillet. © Nasa/Modis 2026/Météociel/Montage Vert

«L’été 2026 se démarque des précédents par une sécheresse généralisée particulièrement précoce et intense», a constaté la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, dans un point presse lundi. Pour répondre au manque d’eau, «plus de 80% du territoire est visé par des mesures de restriction de la ressource», a-t-elle exposé. Celles-ci concernent la réduction, voire l’interdiction, de l’irrigation agricole, de l’arrosage des jardins ou de certains usages industriels.

62 départements sont considérés comme en «crise». Le taux d’humidité des sols a atteint un seuil exceptionnellement bas et la quasi-totalité des nappes phréatiques est en baisse. «Aujourd’hui plusieurs indicateurs montrent des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 1976 ou à celle de 2022», a encore expliqué la ministre. Et d’insister sur le fait que la nouvelle canicule de cette semaine «va encore accentuer cette sécheresse déjà historique». Depuis ce mardi, une nouvelle vague de chaleur s’installe sur l’Hexagone. C’est la troisième de l’année après celles de juin et de juillet et après la canicule précoce du mois de mai.

30 000 personnes face à des coupures d’eau

«L’alimentation en eau potable est sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément sur 47 départements français», a souligné Monique Barbut, précisant que des «coupures d’eau au robinet» touchaient déjà «plus de 30 000 personnes sur 80 communes». En tout, l’approvisionnement de 324 000 habitant·es est sous tension.

Ces dernier·es sont ravitaillé·es par des camions-citernes ou grâce à des bouteilles d’eau. La situation dans l’est de la France est particulièrement préoccupante. «Il y a quelques situations dans le Doubs, le Jura et le centre du Massif central (Allier, Puy-de-Dôme, Limousin) où il n’y a pas d’eau à mettre dans les tuyaux», selon Régis Taisne, chef du département cycle de l’eau à la FNCCR, une fédération de collectivités représentant, pour la gestion de l’eau, plus de 51 millions d’habitant·es en France. Le phénomène touche pour l’instant essentiellement «des secteurs plus ruraux et plus isolés», a-t-il précisé.

Un coût économique bien supérieur à celui de la sécheresse de 2022

Cet épisode «historique» auquel est confrontée la France se traduira par des coûts supérieurs à ceux estimés pour celui de 2022, a estimé la ministre. «Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 milliards d’euros, dont 3,5 milliards pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d’argile, 1,1 milliard de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20%», a-t-elle rappelé.

Ce à quoi il faudra ajouter les coûts liés aux feux de forêts en cours. La sécheresse des sols et de la végétation alimente et renforce les incendies intenses de ces dernières semaines, transformant les broussailles, champs et bois en combustibles hautement inflammables.

«Alimenter des guerres de l’eau»

Malgré le risque d’assèchement, la Coordination rurale (CR), syndicat agricole dont certains cadres sont proches de l’extrême droite, a appelé les exploitant·es à ne pas respecter les interdictions et restrictions d’irrigation prises face à la sécheresse, la semaine dernière.

L’association France nature environnement a déploré lundi «la lenteur des préfets à appliquer la règlementation prévue et l’absence de réactions formelles aux provocations de la Coordination rurale». Selon l’ONG, c’est «la conséquence manifeste de plusieurs mois d’acceptation sans nuance d’un discours sur la primauté d’accès à l’eau qu’il faudrait donner aux irrigants». La semaine dernière, le Sénat a adopté la loi d’urgence agricole, qui fixe l’objectif de doublement des volumes de stockage d’eau à des fins agricoles d’ici 2035 – un blanc-seing pour construire de nouvelles «mégabassines», selon les associations de protection de l’environnement.

«Respecter les mesures de restriction n’est pas un choix, c’est un devoir. Si j’ai conscience des difficultés auxquelles les agriculteurs font face, il n’est pas acceptable que les règles soient enfreintes, a rappelé la ministre. Les enfreindre, c’est prendre le risque d’alimenter des guerres de l’eau.» Les expert·es du Haut Conseil pour le climat (HCC) ont alerté au début du mois sur la maladaptation de certains secteurs, dont la filière agricole, face aux effets du réchauffement climatique tels que les sécheresses plus intenses et fréquentes.

Pour FNE, cet assèchement est aussi «une catastrophe écologique» pour les écosystèmes, faune et flore comprises. Nombre de cours d’eau connaissent des ruptures d’écoulement et des assecs, entraînant une mortalité des poissons et autres organismes. Une situation loin d’être isolée : la ministre a rappelé qu’en raison du réchauffement climatique, «d’ici 2050, la France pourrait connaître quatre fois plus de sécheresses qu’en 1960».

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28.07.2026 à 11:10

«Se compter pour peser» : l’opération citoyenne lancée par l’Affaire du siècle franchit la barre des 100 000 sinistrés climatiques

Anne-Claire Poirier

Texte intégral (529 mots)
Bordeaux (Gironde), dimanche 26 juillet 2026. Des milliers de personnes ont été évacuées au Parc des expositions à cause de l’incendie qui fait rage à quelques kilomètres de là. © Albert Llop/NurPhoto via AFP

Alors que les catastrophes climatiques de 2026 battent de macabres records, il n’existe toujours aucun recensement des sinistré·es climatiques en France, déplorent les ONG membres de l’Affaire du siècle (Notre Affaire à tous, Greenpeace et Oxfam). «Les personnes qui font des malaises dans des logements bouilloires, perdent un proche lors d’une inondation ou dont la maison se fissure après une sécheresse ne sont, par exemple, jamais comptabilisées dans un décompte global des sinistré·es climatiques». Résultat : «Ces personnes restent largement invisibles dans le débat public et peu écoutées par l’État», écrivaient-elles le 9 juillet dernier.

Ce jour-là, les trois ONG lançaient secompterpourpeser.org, première plateforme citoyenne destinée à recenser et à visibiliser les victimes directes du changement climatique en France. Deux semaines plus tard, près de 105 000 personnes ont déjà répondu au questionnaire. Celui-ci comporte une seule question : «Ces dernières années, avez-vous déjà vécu l’une de ces situations ?». Avec plusieurs réponses possibles : «Mon logement a été touché», «Ma santé a été touchée» ou encore «J’ai perdu un proche ou un animal».

«Je n’ai désormais plus envie d’avoir d’enfant»

La mobilisation a également permis de recueillir plus de 30 000 témoignages décrivant les impacts concrets endurés ces dernières semaines : «Il y a des restrictions d’eau chez moi. L’impact du changement climatique me crée des angoisses» ; «Les enfants ont des coups de chaud les laissant épuisés et malades» ; «J’ai le cerveau en bouillie, et le physique aussi» ; ou encore : «Je n’ai désormais plus envie d’avoir d’enfant».

Pour les ONG qui ont lancé la plateforme, «cette mobilisation illustre le besoin urgent de protection exprimé par les Français·es». Elles comptent bien s’en saisir pour «rappeler à l’État sa mission de protection de sa population» et réclament la mise en œuvre de 30 actions concrètes. Parmi elles, une cessation immédiate d’activité pour les travailleur·ses exposé·es aux fortes chaleurs, l’instauration d’un droit effectif à l’eau potable ou encore la prise en charge systématique par les assurances des maisons fissurées par le phénomène de retrait-gonflement des argiles.

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