Zoé Moreau
C’est une détresse mentale face aux enjeux environnementaux qui peut se manifester par la peur, l’isolement social, voire une difficulté à dormir et à vivre sereinement. Au cœur de l’été, l’éco-anxiété a touché la population française à un niveau inédit. C’est ce que vient de conclure l’observatoire de l’éco-anxiété (Obseca). L’organisme avait réalisé en 2024 la première étude française de référence sur le sujet, en partenariat avec l’Agence de la transition écologique (Ademe). Il vient de renouveler l’enquête et en dévoile les premiers résultats, avant une publication définitive fin septembre. Comme pour l’étude précédente, l’Obseca a utilisé «l’échelle d’éco-anxiété de Hogg» pour son analyse. Cette méthode permet de mesurer le niveau d’angoisse des sondé·es, selon l’intensité des symptômes (inquiétude, trouble du sommeil, sentiment de responsabilité personnelle, etc.). En tout, 1 019 personnes ont été soumises à un questionnaire en pleine troisième vague de chaleur de l’été, du 17 au 24 juillet (faire le test pour connaitre son propre niveau d’éco-anxiété). Les résultats, ensuite extrapolés à l’ensemble de la population, permettent d’estimer à 15,1 millions le nombre de personnes qui se reconnaissaient, au cœur de la troisième vague de l’été, dans les symptômes de l’éco-anxiété. Cela correspond à près d’un·e Français·e sur trois âgé·e de 15 à 64 ans. Un nombre en hausse de 20% par rapport à la précédente étude du genre conduite fin août 2024 – hors période de canicule. Ces résultats sont le signe d’une «bascule», explique à Vert Pierre-Eric Sutter, psychologue et psychothérapeute, spécialiste de l’éco-anxiété et co-auteur de ces travaux. Ils montrent «que le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français ; qu’ils ont compris qu’ils n’échapperaient plus à ses effets», poursuit-il. Dans le détail, c’est la proportion de personnes «moyennement éco-anxieuses» et «fortement éco-anxieuses» qui a le plus augmenté (+2,6 millions). Le nombre de personnes «très fortement éco-anxieuses» est resté relativement stable – preuve de l’existence d’une éco-anxiété sévère «structurelle» dans la population, analyse Pierre-Eric Sutter. À l’autre bout de l’échelle, le nombre de personnes «très peu» à «peu» anxieuses a diminué, passant de 70% de la population en 2024 à 64% cet été. Peu de différences selon le genre, le territoire ou la catégorie socio-professionnelle… «Tout le monde est concerné par l’éco-anxiété», atteste Pierre-Eric Sutter. La catégorie des 15-24 ans est toutefois la plus touchée et l’est «significativement plus que celle des 35-64 ans», détaille l’enquête. En tête des préoccupations des sondé·es : les incendies (très inquiétants pour 47% d’entre elles et eux), les canicules (44%) et l’extinction des espèces (41%). De manière générale, «plus vous vous intéressez à l’environnement, plus vous avez des chances de devenir éco-anxieux», analyse le psychothérapeute. L’étude a estimé à 420 000 le nombre de personnes présentant un «risque psychopathologique», soit celui de basculer vers une dépression ou un trouble anxieux. Un chiffre qui n’a pas augmenté sous l’effet des catastrophes de l’été, mais qui reste «alarmant», selon l’étude. Pour faire face au sentiment d’angoisse, le meilleur remède est de «passer à l’action», conseille vivement Pierre-Éric Sutter. Et d’insister : «C’est ainsi qu’on évite de tomber dans une peur maladive qui sidère et empêche d’agir.» Texte intégral (765 mots)

«Le réchauffement climatique n’est plus un phénomène distant pour les Français»
Transformer l’angoisse en action
Théo Mouraby
Les uns lui imputent des propos indignes d’une figure à «la carrure nationale». Les autres voient plutôt «quelqu’un de spontané, qui a en lui une colère tout à fait légitime» et qui est surtout «l’homme à abattre d’un syndicat qui dérange». Lunettes sur la tête, courte barbe blanche grignotant ses joues, Bertrand Venteau s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel d’Auch (Gers), jeudi. Le président national de la Coordination rurale (CR) était jugé pour «provocation publique et directe non suivie d’effets à commettre un crime ou un délit». Le 19 novembre dernier, jour de son élection à la tête du syndicat agricole contestataire, il avait déclaré : «Les écolos, la décroissance veulent nous crever. Nous devons leur faire la peau.» La phrase, réécoutée pendant l’audience, avait fait réagir de nombreuses associations écologistes. France nature environnement (FNE), Générations futures, et FNE Occitanie-Pyrénées se sont constituées parties civiles. «Il y en a ras le bol des menaces et des intimidations. Et la CR est coutumière du fait», dénonce auprès de Vert Jean-François Julliard, directeur général de FNE. Et cela jusqu’aux portes du tribunal. À 13h15, des membres de la CR venu·es en soutien à leur président ont jeté des œufs sur les plaignant·es qui entraient dans la salle d’audience, tout en les insultant. Les projectiles ont touché de manière indiscriminée des membres des associations, pourtant escorté·es par la police, et une avocate qui se rendait au tribunal pour une autre affaire. «Personne ne doit pouvoir se présenter à un tribunal sous les sifflets. La scène qui s’est passée tout à l’heure n’est pas digne d’un combat politique et syndical ; c’est ce type de discours qui peut avoir un effet délétère», a tonné le président de la cour, Philippe Rigault, en faisant référence aux propos incriminés. Face aux juges, Bertrand Venteau a tenté plusieurs défenses. Il a d’abord assuré qu’il croyait être dans un cadre privé au moment de son discours : «Il n’y aurait jamais dû y avoir des journalistes à ce moment-là.» Pourtant, sa prise de parole avait lieu lors du 32ème congrès du syndicat, auquel des reporters étaient accrédité·es. Ensuite, il a expliqué qu’il ne pouvait pas les voir, sur scène, à cause de la lumière des projecteurs au moment de son discours. «Je ne vous crois pas», a répliqué le procureur de la République, Claude Derens. Vient l’explication du sens de son propos. Bertrand Venteau pointe une nébuleuse, un mouvement de pensée – «l’écologie punitive et la décroissance» – à combattre sur le terrain des idées, pas un ennemi à éliminer physiquement. «Beaucoup de gens considèrent que “faire la peau”, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?», a feint de s’interroger le président. «Pour moi, c’est combattre idéologiquement et arrêter d’être en permanence sous le joug, critiqué et stigmatisé par ces gens-là», a répondu le prévenu. «Quand on dit qu’on doit dépecer la partie adverse. Vous savez ce que c’est, dépecer un animal ?», a insisté la cour. «La forme n’est peut-être pas la bonne, mais j’assume mes dires», a maintenu le président de la CR, qui s’est aussi réjoui de l’adoption de la décriée loi d’urgence agricole. «Si mes propos ont permis de revenir sur un débat législatif apaisé qui a permis ces avancés, il le fallait», conclut-il. «Il est drôle que vous ayez utilisé le mot “apaisé”», a remarqué le président du tribunal. Le mot a aussi fait réagir les parties civiles. «Je ne sais pas si c’est ça la définition du mot “apaisé” de Monsieur Venteau, mais je ne me suis jamais aussi peu sentie en sécurité en arrivant à une audience», a soufflé à la barre Nadine Louverjat, pour l’ONG Générations futures, dont le t-shirt noir était encore marqué par des traces d’œufs. Anne Roques, juriste à FNE, a compté quatre attaques de la CR contre des associations membres de son réseau en décembre 2025. Soit le mois suivant le dérapage de Bertrand Venteau. Elle en donne un exemple : en Charente-Maritime, le 10 décembre dernier, des salarié·es ont retrouvé une tête et la peau d’un sanglier devant leurs locaux. «C’est une référence directe aux propos de Monsieur Venteau. La CR n’est pas au-dessus des lois», assène-t-elle. Sur le banc des prévenus, Bertrand Venteau souffle ou lève les yeux au ciel à de rares moments. Le reste du temps, il tourne ses lunettes dans ses mains ou tripote le bas de son jean. Parfois, il scrute les murs de la salle d’audience, comme s’il attendait que tout cela passe. Son conseil, Josyane Andrieu-Filliol, plaide la relaxe pour absence de preuve. Pour elle, le parquet ne peut pas prouver que l’assemblée dans laquelle les propos ont été prononcés était publique. Elle balaye le sens de ceux-ci : «une métaphore». Elle insinue également un traitement défavorable à l’encontre de son client, une «sorte de privilège» pour le faire passer rapidement devant la justice, comme un «deux poids, deux mesures». Un discours entendu devant le palais de justice, de la bouche des adhérent·es de la CR. Cyrille (il n’a pas voulu donner son nom), 56 ans, trouve qu’il y a deux côtés : «Un qui doit fermer sa gueule [les agriculteur·ices, NDLR], et l’autre qui a le droit de tout dire», comme «les représentants de l’écologie», à qui il reproche de gagner leur vie en faisant de la politique. «Être le porte-parole de milliers de gens qui souffrent, ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi», a tranché le procureur, dénonçant une parole qui «voue un groupe à la vindicte populaire de ses électeurs et adhérents». Il a requis une amende de 30 000 euros avec sursis. Le délibéré a été fixé au 15 octobre. À la sortie de la salle d’audience, Bertrand Venteau a retrouvé les 200 à 300 agriculteur·ices toujours présent·es. Il a confié au micro que le lancer d’œufs lui avait causé plus d’ennuis qu’autre chose dans l’enceinte du tribunal : «C’était peut-être une bêtise… Mais, un œuf, ça n’a jamais tué personne.» Il renvoie d’ailleurs la faute sur le préfet, «qui n’a rien fait pour que cela se passe bien». Pour éviter la confrontation, il aurait fallu, selon lui, faire entrer les plaignant·es par la porte de derrière, en catimini. Il reconnait avoir passé un moment pénible devant les juges ; il va devoir s’y habituer : ce vendredi, il est attendu devant la cour d’appel de Limoges (Haute-Vienne) pour une autre affaire. Cette fois pour outrages, menaces et intimidation d’élu·es et de fonctionnaires de l’État, avec deux autres prévenus. Texte intégral (1576 mots)

«Faire la peau, ça veut dire tuer. Vous n’êtes pas au courant ?»
«La CR n’est pas au-dessus des lois»

Un deuxième procès ce vendredi
Mathilde Picard
La première canicule de la saison était déjà inédite par sa précocité, avec des températures jamais relevées pour un mois de mai. Trois vagues de chaleur plus tard, en juin, juillet et août, septembre connaît à son tour des températures très élevées. Dès ce vendredi, cinq départements seront placés en vigilance orange canicule et, localement, le mercure pourrait connaître des valeurs inédites. «L’été météorologique» (du 1er juin au 31 août) est définitivement historique : le plus chaud jamais mesuré, selon Météo-France. En moyenne, il a fait 24 degrés Celsius (°C) chaque jour (nuits comprises) durant la saison. C’est 3,6°C au-dessus des normales mesurées sur les trente dernières années. 2026 détrône donc l’été 2003, qui était 2,7°C au-dessus des moyennes saisonnières, et 2022 (2,3°C au-dessus des normales). «Plus le réchauffement s’accélère, plus les vagues de chaleur augmentent en intensité et s’étalent dans le temps, cette année illustre bien ce phénomène», constate Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo-France. L’été 2026 a été marqué par la vague de chaleur la plus intense jamais mesurée, au mois de juin. Celle du mois d’août, troisième de l’année, a presque égalé la plus longue, qui date de 1983. «Nous avons connu un nombre de jours en vagues de chaleur totalement inédit cet été», rappelle Virginie Schwarz. 53, au total, durant la saison (presque un jour sur deux pendant cette période), loin devant l’été 2022 et ses 33 jours. Cet été, 90% du territoire hexagonal, y compris dans la moitié nord, a connu voire dépassé les 35°C. Les zones qui ont culminé à 40°C et plus représentent 40% de l’Hexagone. «Ce ne sont plus des chaleurs qui ont lieu dans des endroits très spécifiques», souligne Virginie Schwarz. Le mercredi 24 juin a été la journée la plus chaude jamais mesurée sur le territoire hexagonal, avec 30°C en moyenne (nuit comprise). «Cet été aurait été quasiment impossible sans le changement climatique», souligne la PDG de Météo-France. La saison a été en moyenne plus chaude de 5°C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), dont 2,4°C sont directement imputables au changement climatique, selon l’établissement public. Outre les températures extrêmes, l’été 2026 a aussi été le deuxième moins pluvieux derrière 1959. Résultat : la sécheresse s’est généralisée à l’ensemble de la France hexagonale dès le mois de juin. Quant au mois d’août, il a été «la période la plus sèche de tous les temps», indique Virginie Schwarz. La directrice de Météo-France a tenu à rappeler que «cet été serait ordinaire dans une France à +4°C» de réchauffement. Texte intégral (755 mots)



Mathilde Picard
Le phénomène El Niño est désormais «solidement installé» et devrait encore se renforcer dans les prochains mois pour atteindre une intensité «très forte». Il est quasi certain qu’il se prolongera jusqu’en février 2027, souligne l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans une note publiée ce jeudi matin. L’épisode actuel «pourrait être plus puissant que tout ce que nous avons observé depuis le début de nos relevés, au point de littéralement dépasser les limites des graphiques que nous utilisons depuis quatre décennies», précise la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo. El Niño est une anomalie océanique naturelle et cyclique qui revient tous les deux à sept ans. Elle est causée, entre autres, par une augmentation des températures des eaux de surface de l’océan Pacifique équatorial. Le phénomène est connu des scientifiques pour générer un excédent de cyclones sur la zone du Pacifique. Il entraîne également des précipitations importantes (avec un risque d’inondations et de glissements de terrain) sur le continent sud-américain. De l’autre côté de la Terre, il apporte des conditions relativement sèches en Asie du Sud et en Australie. Cette année, l’épisode aura «des répercussions importantes sur les régimes de température et de précipitations, ainsi que sur les risques associés d’inondations, de sécheresses et de chaleurs extrêmes», prévient l’OMM. Et d’ajouter que l’épisode «devrait parvenir à son apogée vers la fin de l’année 2026». Les dernières prévisions saisonnières de l’organisation indiquent «une probabilité exceptionnellement élevée», de près de 100%, qu’El Niño se maintienne jusqu’en février 2027. Actuellement, deux puissants ouragans et une tempête tropicale sont en cours dans l’océan Pacifique, un évènement rare favorisé par les températures des eaux de surface historiquement hautes sous l’effet d’El Niño. Aux Antilles, les canicules se répètent : selon Météo-France, entre le 1er mai et le 1er août, il a plu 30 à 70% moins que d’habitude en Guadeloupe et en Martinique. Des conditions extrêmes qui impactent l’agriculture et l’élevage. La sécheresse touche aussi le Panama. À partir de ce jeudi 3 septembre, le nombre de bateaux qui peuvent emprunter le canal a diminué. Le manque de précipitations a réduit l’alimentation en eau du passage par lequel transite 5% du trafic maritime mondial. De l’autre côté de la planète, les conditions sèches sont favorables aux incendies. En Indonésie, les feux ont déjà ravagé 200 000 hectares. Si chaque épisode d’El Niño est différent, le phénomène a historiquement provoqué ou intensifié des sécheresses et a accru les risques d’incendies dans certaines régions de l’Amazonie, d’Amérique centrale, d’Indonésie et d’Australie, ainsi que des perturbations de la mousson en Inde ou des pluies diluviennes dans l’est de l’Afrique. La France hexagonale et l’ouest de l’Europe sont plutôt épargnés par le phénomène. Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo-France a rappelé lors d’une conférence de presse ce jeudi que sur notre territoire, «les conséquences d’El Niño sont faibles et largement inférieures à celles du changement climatique». «El Niño prend sous nos yeux une ampleur exceptionnelle. La science est sans équivoque : la planète s’engage en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. La température de la mer en surface atteint des niveaux records, le mercure continue de grimper et nous nous trouvons dans une zone à hauts risques où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent la nouvelle norme», s’est alarmé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Sous l’effet de ce phénomène climatique, les eaux de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial se réchauffent à partir du printemps, ce qui entraîne les mois suivants des modifications majeures des régimes des vents et des précipitations à l’échelle mondiale. Les températures de surface de la mer dans cette zone du Pacifique équatorial sont déjà nettement supérieures à la moyenne et continuent d’augmenter. Elles étaient en moyenne supérieures de 1,5 degré Celsius (C°) aux normales entre mai et juillet 2026, puis de 2,0°C en juillet, selon les relevés de l’OMM. L’organisation a également constaté des relevés de 2,2°C à 2,6°C au-dessus de la moyenne entre fin juillet et mi-août. Sous la surface de l’océan, les températures océaniques étaient même dans certaines zones supérieures de plus de 8°C à la moyenne en juillet et au début du mois d’août. «Ces conditions confirment donc la persistance d’El Niño et la possibilité d’un nouveau renforcement au cours des prochains mois», insiste l’OMM. Depuis 1950, sept épisodes seulement ont atteint le niveau «très fort», selon l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA), le plus fort étant apparu entre 1982 et 1983. Ce phénomène s’ajoute au changement climatique causé par les activités humaines, dopant les événements météorologiques extrêmes. Les discussions sont vives dans le champ scientifique pour savoir si le dérèglement climatique renforce l’intensité d’El Niño. Les indices s’accumulent en ce sens, en témoigne une récente étude publiée dans Nature qui montre que les épisodes sont plus puissants ces dernières décennies par rapport à l’ère préindustrielle (vers 1850). Ils restent cependant à être confirmés. Les effets d’El Niño varient selon les régions et les saisons et peuvent être modifiés par d’autres facteurs climatiques, notamment les conditions dans les océans Indien et Atlantique. Pour la période septembre-novembre 2026, les prévisions de l’OMM indiquent une probabilité accrue de températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées, ainsi que des régimes de précipitations perturbés. Selon la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, El Niño «a le potentiel de porter un coup dur aux populations et aux économies du monde entier. Nous constatons déjà les perturbations et les ravages causés par les sécheresses et les inondations, et nous nous attendons à ce que ces effets s’aggravent à mesure qu’El Niño s’intensifie.» De son côté, António Guterres exhorte les gouvernements à agir : «Une course contre la montre se joue désormais entre l’aggravation des risques et notre détermination à agir pour le climat et à protéger les populations. C’est une course que nous devons gagner.» «Cet épisode El Niño exceptionnel exige une préparation et une réaction exceptionnelles ; il n’y a pas de temps à perdre», abonde Celeste Saulo. L’année suivant El Niño, la chaleur emmagasinée dans l’océan se libère dans l’atmosphère, contribuant généralement à augmenter les températures mondiales. L’année la plus chaude à ce jour est 2024, après le dernier El Niño. Elle pourrait bientôt être détrônée par 2027, selon de nombreux climatologues. Texte intégral (1563 mots)

Sécheresses, ouragans et incendies
«La science est sans équivoque : la planète s’engage en eaux inconnues»
«C’est une course contre la montre»
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