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L’actualité de l’écologie dans un format minimaliste - Dir. de publication : Juliette Quef

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23.06.2026 à 18:51

Canicule historique : ce mardi est la journée la plus chaude jamais mesurée en France

Mathilde Picard

Texte intégral (649 mots)
Bordeaux (Gironde), le 22 juin 2026. La France connaît une canicule d’une intensité et d’une précocité exceptionnelles. © Christophe Archambault/AFP

«Cette canicule s’annonce d’ores et déjà historique», lance le climatologue Matthieu Sorel. Ce mardi est la journée la plus chaude jamais mesurée par Météo-France depuis ses premiers relevés en 1947. D’après ses données à 17 heures, la température moyenne nationale était de 29,8 degrés Celsius (°C). Ce record dépasse de 0,4°C celui des journées du 25 juillet 2019 et du 5 août 2003. «C’est un cap, une valeur mythique» qui est franchie, selon le spécialiste.

«Cette canicule va remplacer celle de référence d’août 2003», indique encore l’expert. Elle est marquée par des nuits particulièrement chaudes. Celle de lundi à mardi a été la plus brûlante jamais mesurée en France hexagonale, avec 21,6°C en moyenne. Au plus frais, le mercure a même culminé à 28,7°C à Pouzauges (Vendée). «Ce sont des marqueurs qui nous interpellent, commente Matthieu Sorel. On n’a jamais eu une superficie aussi grande de la France avec des valeurs aussi élevées la nuit, et les valeurs vont être encore battues ces prochains jours.»

Localement, le mercure a atteint des niveaux records, en particulier dans l’ouest du territoire : à 17 heures, on relevait 43,3°C à Cazaux (Gironde), 42,2°C à Niort (Deux-Sèvres), 42,1°C à Bordeaux (Gironde), 41,3°C à Rennes (Ille-et-Vilaine) ou encore 44,3°C à Pissos (Landes) et 43°C à Melle (Deux-Sèvres).

Une chaleur dopée par le changement climatique

Cinquante-huit départements seront placés en vigilance rouge canicule mercredi, quatre de plus que ce mardi. «C’est un triste record, une première depuis l’instauration de ce dispositif en 2003», note Matthieu Sorel. Ce mardi, l’intégralité du pays est concernée par une alerte, que ce soit des niveaux de vigilance rouge, orange ou jaune. Un record en entraînant un autre, 35 départements seront placés mercredi en vigilance orange pour risques de feu de forêt. Une situation inédite provoquée par l’assèchement de la végétation.

La vigilance rouge canicule est déclenchée dans 58 départements ce mercredi. © Météo-France

«La situation météorologique qui provoque ces chaleurs extrêmes est dopée par le changement climatique», analyse l’expert. Selon l’étude de l’équipe scientifique Climameter, il a accru de deux à quatre degrés Celsius les températures enregistrées en Europe lundi.

Celles-ci ont atteint un «plateau haut» qui se maintiendra au moins jusqu’à jeudi. Les nuits prochaines s’annoncent encore torrides, atteignant 23 à 28°C de mardi à mercredi sur les départements concernés par la vigilance rouge.

Il reste des incertitudes sur le jour où les températures diminueront enfin : une petite baisse progressive devrait survenir vendredi par l’ouest du pays. Toutefois, même en fin de semaine, les valeurs resteront bien au-dessus des normales saisonnières.

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23.06.2026 à 17:15

Nucléaire à l’arrêt, boom de la clim et centrales à gaz : les fortes chaleurs perturbent aussi le réseau électrique

Anne-Claire Poirier

Texte intégral (879 mots)
À cause des fortes chaleurs, la centrale nucléaire du Bugey doit réduire sa production pour épargner le Rhône. © Camille Moirenc/AFP

Alors que la France a enduré lundi la troisième journée la plus chaude de son histoire, selon Météo-France (derrière le 25 juillet 2019 et le 5 août 2003), plusieurs sites nucléaires devront fonctionner à bas régime cette semaine pour ne pas aggraver la situation… des fleuves. Le Rhône, la Garonne ou la Gironde sont déjà en surchauffe et le prélèvement puis le rejet – à quelques degrés de plus – d’énormes quantités d’eau destinées à refroidir les réacteurs nucléaires risquerait de nuire à l’écosystème aquatique ou d’empêcher certains usages (l’eau potable ne peut pas être captée au-delà de 25°C, par exemple).

«Chaque centrale doit se conformer à des limites de température fixées fleuve par fleuve, c’est une réglementation environnementale qui n’est pas liée à la sécurité des centrales», précise EDF à Vert. Dès ce mardi, la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) est mise à l’arrêt pour épargner la Garonne, tandis que l’un des réacteurs du Bugey (Ain), au bord du Rhône, voit sa production divisée par cinq, a annoncé l’entreprise. La menace plane désormais sur les sites de Saint-Alban (Isère) et du Blayais (Gironde).

Avec l’aggravation du réchauffement planétaire, ces «indisponibilités climatiques» sont désormais récurrentes l’été. «Depuis 2015, c’est tous les ans», remarque même Thibault Laconde, fondateur de l’entreprise Callendar, spécialisée dans les risques climatiques. Pour l’instant, les aléas de 2026 ne sont ni précoces, ni records : «En 2022, le site du Blayais avait été impacté dès le début du mois de mai ; et c’est l’année 2020 qui détient le record d’arrêts climatiques, avec une perte de production de plus de trois terrawattheures», soit environ deux jours de consommation électrique française, analyse Thibault Laconde.

Boom de la climatisation

Cette baisse de la production nucléaire intervient alors que les climatiseurs tournent à plein régime, faisant décoller la consommation française. Selon le gestionnaire de réseau RTE, ces appareils ont conduit à une surconsommation de 12 gigawatts (GW) «par rapport à une période équivalente avec des températures de saison» – soit environ la puissance de onze réacteurs nucléaires français. Lundi à 19 heures, la consommation a atteint un pic à 57 GW. C’est loin des pics de consommation hivernaux, qui approchent les 100 GW, mais proche du record de consommation estival de 60 GW, atteint le 1er juillet 2025.

La situation n’appelle toutefois «aucune vigilance particulière» car «les moyens de production permettront de couvrir les besoins des Français», assure RTE à Vert. De fait, «on bat des records de production solaire», constate Nicolas Leclerc, cofondateur du cabinet de conseil en énergie Omnegy. Au cours de la journée de lundi, les panneaux photovoltaïques se sont imposés comme la deuxième source de production du pays (derrière le nucléaire), couvrant jusqu’à 30% des besoins de consommation. «On ne peut pas en dire autant de l’éolien, qui pâtit de l’absence de vent et produit deux fois moins que les semaines passées», remarque l’expert en énergie.

Dans ce contexte, ce sont les centrales à gaz qui prennent le relais, le soir venu. «Quand il n’y a pas de production solaire, l’équilibre offre/demande est un peu plus compliqué à tenir», estime Nicolas Leclerc. Depuis le début de la vague de chaleur mi-juin, les centrales à gaz ont ainsi couvert jusqu’à 7% de la consommation électrique le soir, contre 0% début juin. Le bilan carbone de l’électricité française s’en trouve mécaniquement alourdi : lundi, il est passé de 12 grammes de dioxyde de carbone par kilowattheure (gCO2/KWh) produit le midi à près de 45 grammes le soir, selon RTE. En comparaison, ce seuil n’a jamais dépassé 16 gCO2/KWh le 1er juin. De quoi tordre le cou à celles et ceux qui nient l’impact environnemental des climatiseurs, à commencer par le Rassemblement national, qui défend un grand plan de climatisation du pays.

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23.06.2026 à 16:12

«Justice pour le vivant» : les associations vont saisir la justice pour contraindre l’État à respecter ses obligations face aux pesticides

Zoé Moreau

Texte intégral (1080 mots)
Paris, le 4 avril 2026. De nombreuses organisations participent à une marche anti-pesticides. © Mary-Lou Mauricio/Hans Lucas

Que se passe-t-il lorsqu’un État condamné par la justice refuse de mettre en œuvre les mesures qui lui ont été ordonnées ? Les requérant·es retournent devant le ou la juge. Ce mardi, la coalition d’associations «Justice pour le vivant», engagée depuis 2021 dans un contentieux visant à faire reconnaître la responsabilité de l’État dans l’effondrement de la biodiversité lié à l’usage des pesticides, a annoncé le dépôt imminent («avant juillet») d’un recours en exécution contre l’État.

Contraindre l’État à revoir sa copie

Concrètement, les organisations de la coalition – Pollinis, Notre Affaire à tous, Biodiversité sous nos pieds, l’Association nationale de protection des eaux et rivières-Truite-ombre-saumon (Anper-Tos) et l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) – considèrent que le gouvernement ne respecte pas les obligations formulées par la cour administrative d’appel de Paris dans son arrêt du 3 septembre 2025.

Ce jour-là, la cour avait reconnu l’État français responsable de la «contamination généralisée, diffuse, chronique et durable des eaux et des sols» par les pesticides, ainsi que l’existence d’un «préjudice écologique résultant de l’usage des produits phytopharmaceutiques» en France (notre article). À l’origine de cette atteinte : l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), chargée d’évaluer et d’autoriser la mise sur le marché des pesticides. Selon la cour, l’Anses a «commis une faute en ne procédant pas à l’évaluation des produits phytopharmaceutiques au vu du dernier état des connaissances scientifiques».

En guise de réparation, elle avait ordonné «un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées pour lesquelles la méthodologie d’évaluation n’aurait pas été conforme» aux exigences du droit européen, dans un délai de vingt-quatre mois. La justice avait également exigé qu’un plan d’action détaillé, assorti d’un calendrier précis, soit présenté dans les six mois.

L’État ne prévoit de réexaminer que sept pesticides

Le gouvernement a bien transmis son plan d’action à la justice en temps et en heure, et c’est ce document qui fonde aujourd’hui le recours en exécution des associations. «Après analyse approfondie, ce plan ne respecte pas les exigences de la cour», a affirmé Emilien Capdepon, chargé de campagnes chez Notre Affaire à tous.

Son principal défaut réside, selon les associations, dans le périmètre extrêmement restreint des réévaluations prévues. Alors que la justice demandait de réexaminer l’ensemble des pesticides susceptibles d’avoir été autorisés sur la base d’évaluations non conformes au droit européen, le gouvernement a considéré que seuls sept produits devaient être réévalués : le Belanty, le Revyona, le Revyvit, l’Intuity, l’Intuity pro, le Zampro Star et le Gatten. Sept fongicides qui figurent parmi les produits «les moins utilisés», déplorent les ONG. Si ce plan reste inchangé, «l’impact sur le vivant sera nul», prévient Mathis Buis, de l’association Pollinis.

Le gouvernement a donc fait le choix de ne pas réexaminer plusieurs centaines de produits, parmi lesquels tous ceux en cours de réévaluation ou bien qui doivent être réévalués d’ici 2027. Mais aussi ceux utilisés sur des cultures jugées «non attractives pour les abeilles», ou bien qui s’appliquent «hors période de floraison».

Des critères «arbitraires»

Ces critères sont «arbitraires», dénoncent les associations ; ils «ignorent des risques majeurs connus» des pesticides. Par exemple «la contamination chronique [et pas seulement pendant la floraison, NDLR] de notre environnement par les molécules» et le fait que «l’ensemble de la biodiversité – et pas seulement les abeilles – peut être affecté par ces pesticides», déplore Mathis Buis. Contacté sur ces choix par Vert, le gouvernement n’a, pour l’heure, pas donné suite.

Les critiques des ONG portent également sur les méthodes scientifiques retenues pour réévaluer les produits concernés. Les associations saluent l’adoption, pour l’évaluation des effets sur les abeilles, de la méthodologie développée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui prend davantage en compte les effets dits «sublétaux» (qui mènent à une mort indirecte) : impacts sur la croissance, la reproduction, la capacité à se nourrir, à se déplacer…

Mais «cette avancée ne répond toutefois qu’à une partie du problème, estime Alexandre Barraud, écotoxicologue. Car pour évaluer les effets sur d’autres espèces, le gouvernement prévoit de continuer d’utiliser des méthodes qui reposent sur des protocoles parfois vieux de plus de vingt ans.»

Le plan ne contient pas non plus de meilleure prise en compte de l’«effet cocktail» des pesticides lorsqu’ils sont mélangés. Et ce, alors même que «des recherches récentes établissent des effets préoccupants sur la faune, confirmant la nécessité d’intégrer ces interactions dans l’évaluation des risques», notent les ONG.

Interrogé sur l’ensemble des critiques émises par les associations, le ministère de l’agriculture n’a pas répondu à Vert. Si la justice donne raison aux ONG et estime que l’arrêt du 3 septembre 2025 n’a pas été correctement appliqué, elle pourrait enjoindre à l’État de présenter un nouveau calendrier d’action, sous peine d’une astreinte financière, c’est-à-dire d’une pénalité pour chaque jour ou mois de retard.

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23.06.2026 à 11:45

«On a mis des protections nous-mêmes» : face à la canicule, des locataires installent des stores de fortune pour alerter leur bailleur

Lucas Martin-Brodzicki

Texte intégral (1288 mots)
Lyon (Rhône), le 22 juin 2026. Fannie Munoz fait baisser la température de sa loggia grâce à une protection thermique de fortune. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

Au pied de l’imposante résidence du Lac, dans le 3ème arrondissement de Lyon (Rhône), le béton recrache sa chaleur étouffante, ce lundi 22 juin. Depuis leurs fenêtres, des locataires de cette longue barre de logements collectifs recrachent autre chose : leur colère. Alors que la température avoisine les 40 degrés Celsius (°C) en fin d’après-midi, une quarantaine d’entre elles et eux ont installé des protections thermiques de fortune dans leur logement. Un drap blanc tendu par des pinces à linge : c’est la seule solution que ces locataires ont trouvée, alors que leur bailleur, la Compagnie foncière lyonnaise (CFL), filiale du Crédit Agricole Centre-Est, refuse d’installer des stores. Sur les tissus figurent des inscriptions, visibles depuis le parvis du siège de la Métropole de Lyon : «Des stores, urgence» ; «Droit d’renov» ; «Justice climatique».

«On a demandé l’installation de stores à notre bailleur. Sans réponse de sa part, on a mis des protections nous-mêmes», résume Fannie Munoz, installée au 13ème étage de la résidence du Lac depuis 2023. Sur son drap figure un gland, le logo de Locataires Ensemble. Cette association, habituée des coups médiatiques, lutte pour de meilleures conditions de logement. «On râlait chacun dans notre coin, maintenant on râle ensemble, c’est plus structuré», savoure la costumière, séduite par la proposition d’action de Locataires Ensemble. Son drap protège un peu sa loggia des rayons du soleil, évitant au balcon d’emmagasiner la chaleur toute la journée et de la relâcher la nuit. Elle s’estime chanceuse : son appartement est traversant, ce qui lui permet de faire circuler l’air frais quand la température redescend.

Face à l’inaction de leur bailleur, des locataires de la résidence du Lac, à Lyon, ont installé des draps pour se protéger de la chaleur. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

Ce n’est pas le cas du T1 de Daphné Rozet, la locataire à l’origine de la mobilisation dans cette résidence. Son long balcon, exposé à l’ouest, se transforme en piège chaque été. L’aide-soignante a fini par alerter Locataires Ensemble au sujet de sa situation. Ses demandes à la CFL d’installer des protections thermiques ou un brasseur d’air n’ont pas abouti. Plus précisément, elle demandait la mise en conformité de son logement sur le «système de régulation de chaleur fonctionnel et suffisant», en s’appuyant sur un article du Code de la santé publique, en vigueur depuis fin 2023 mais peu appliqué, selon Locataires Ensemble. L’absence de stores l’empêche de se protéger de la chaleur et, comme son appartement n’est pas traversant, celle-ci ne peut pas être évacuée la nuit. Deux conditions indispensables pour avoir un système de régulation de chaleur «fonctionnel et suffisant».

Sur le balcon de Daphné Rozet, la température peut avoisiner les 45°C. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

Ce lundi matin, quelques heures avant que le tifo ne soit déployé, ses demandes sont de nouveau restées lettre morte. Une médiation était pourtant organisée par la Ville de Lyon entre la CFL et Locataires Ensemble, en présence de l’adjoint au logement. Daphné Rozet en est ressortie pleine de rage : «J’ai interpellé le directeur de la CFL, je l’ai invité à venir voir par lui-même. Pour cette barre, ils ont dit qu’ils ne feraient rien», lâche-t-elle, épuisée, avant d’enfiler un t-shirt Locataires Ensemble. «On veut juste vivre décemment dans des logements qu’on paie chaque mois», souffle-t-elle.

Contactée, la CFL indique dans un communiqué qu’elle sera «à l’écoute des cas individuels particulièrement critiques». Elle rappelle aussi que les immeubles de la rue du Lac sont déjà équipés de volets occultants – même s’ils ne protègent pas les balcons et ne laissent pas passer la lumière en journée –, et qu’elle déploiera un plan d’action doté d’un million d’euros d’ici l’été prochain. Ces fonds serviront entre autres à «l’étude» de l’installation de jalousies, de stores ou de brasseurs d’air, en priorisant les appartements non traversants.

Une réponse teintée de mauvaise foi, selon Fabien Hue, porte-parole de Locataires Ensemble. «Nous avons été reçus ce matin par des gens qui méprisent vos quotidiens pour leurs intérêts économiques», a-t-il lancé en fin de journée devant une vingtaine de locataires, d’élu·es et la presse conviée pour l’occasion. Pendant quelques minutes, ses camarades et lui ont déployé une banderole indiquant : «Ici, logement bouilloire». Et de rappeler que cette situation n’est pas une fatalité mais bien le résultat de décisions politiques.

Locataires Ensemble met régulièrement la pression sur la CFL, comme ce lundi 22 juin en bas de la résidence du Lac, à Lyon. © Lucas Martin-Brodzicki/Vert

«Cette barre était équipée de stores lors de sa construction, afin de protéger les balcons», insiste Solène Peyragrosse, ingénieure thermicienne. Il en reste certains, notamment aux trois premiers étages, possédés par un autre bailleur. Plus haut, les stores ont été progressivement désinstallés au fil des rénovations et des changements de locataires. Un moyen pour la CFL d’économiser les coûts d’entretien, devinent les locataires. Des économies qui mettent en danger ces dernier·es, alors que la canicule s’éternise : «En période caniculaire, le balcon se comporte comme un petit radiateur une partie de la nuit», détaille Solène Peyragrosse.

Pour les mobilisé·es du jour, il s’agit désormais d’obtenir mieux que de l’attention médiatique : «Ces stores témoignent de notre colère, mais aussi de notre impuissance à faire respecter la loi», harangue l’un d’eux. Sur l’esplanade, plusieurs options ont été discutées : acheter des brasseurs d’air et envoyer la facture à la CFL, envoyer des devis et se coordonner pour ne pas payer le loyer pendant un mois ou deux, obtenir un «droit d’renov» afin que de petits travaux de protection thermique réalisés par les locataires puissent être déduits des loyers… Des membres de Locataires Ensemble se mettent même à rêver d’une police municipale du logement, afin de verbaliser les bailleurs hors-la-loi.

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