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Alors que le gouvernement a échoué à protéger les Français·es du cadmium – ce métal lourd qui contamine la population française, fait courir des risques graves sur les reins, les os, la reproduction et augmente la probabilité de certains cancers – les député·es ont choisi d’agir. Mercredi soir, peu avant la suspension de séance à minuit, elles et ils ont adopté en première lecture, par 144 voix contre 22, la proposition de loi visant à «protéger l’alimentation des Français et des Françaises des contaminations au cadmium». Portée par le député écologiste de Charente-Maritime, Benoît Biteau et Clémentine Autain (Seine-Saint-Denis, L’Après), cette proposition de loi prévoit de réduire le taux maximal de cadmium dans les engrais phosphatés. Naturellement présent dans l’environnement, ce métal est aussi – et surtout – contenu dans les fertilisants fabriqués à partir de roches contenant du phosphore que les agriculteur·ices (en conventionnel principalement) utilisent pour augmenter les rendements. Après avoir été épandu dans les champs, le métal est absorbé par les végétaux et contamine les aliments puis les corps. La trajectoire prévue par le texte vise une réduction du seuil autorisé à 40 milligrammes maximum par kilogramme (mg/kg) de phosphate (P2O5) dès 2027. Puis à 20 mg/kg pour 2030, comme le préconise l’Anses dans son dernier rapport. La réglementation française est l’une des plus laxistes d’Europe : elle autorise encore aujourd’hui l’usage d’engrais très chargés en cadmium, jusqu’à 90 mg/kg de P2O5. Dans le détail, la proposition de loi a été soutenue par l’ensemble de la gauche, ainsi que les groupes Horizons, MoDem et Renaissance. Ces derniers avaient déposé des amendements avec des trajectoires moins-disantes, qui ont été retirés au tout dernier moment. L’extrême droite (19 député·es), ainsi qu’une députée du groupe Les Républicains et deux député·es de la droite républicaine ont voté contre le texte. «Nous avons pris nos responsabilités face au cadmium, et nous avons gagné. Cette victoire est politique, mais c’est d’abord une victoire de la société», a salué Clémentine Autain à l’issue du vote. Benoît Biteau, rapporteur de la proposition de loi, a abondé auprès de Vert : «C’est extrêmement satisfaisant que de réussir à porter un texte de loi depuis presque six mois maintenant et de le voir aboutir aussi vite, malgré l’adversité». La proposition de loi a été adoptée contre l’avis du gouvernement. Le ministre délégué à la transition écologique Mathieu Lefèvre et la ministre de l’agriculture Annie Genevard ont participé aux débats dans l’hémicycle. «Le gouvernement partage pleinement l’objectif d’une baisse des teneurs en cadmium dans nos sols», a assuré Mathieu Lefèvre à l’issue du vote. Mais «le rythme de la baisse, tel que voté aujourd’hui par la représentation nationale, n’est pas réaliste» sans «alternatives immédiates pour nos agriculteurs». Après avoir enterré le sujet pendant sept ans, comme Vert vous l’a révélé dans son enquête, le gouvernement promet désormais que «les textes réglementaires sont en cours de parution», a assuré le ministre délégué dans l’hémicycle. Fin mai, il a mis un projet d’arrêté en consultation publique, à la trajectoire bien moins ambitieuse : 60 mg de cadmium par kilogarmme de P2O5 dans les engrais en 2027, 40 mg/kg de P2O5 en 2030 et 20mg/kg de P2O5 d’ici… 2038. Soit près de vingt ans après l’alerte de l’Anses de 2019. L’urgence de légiférer n’était plus à démontrer. Le 25 mars dernier, l’Anses a confirmé dans une vaste étude qu’une «part significative» de la population française est imprégnée à des niveaux «préoccupants» à ce métal lourd (avec des seuils jusqu’à trois à quatre fois supérieurs à ceux observés dans d’autres pays nord-américains et européens). «L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition», concluait l’agence. Le texte doit maintenant trouver une place dans l’agenda surchargé du Sénat. Pour accélérer la procédure, Clémentine Autain a appelé le gouvernement à «passer aux actes» en publiant lui-même un texte «correspondant aux objectifs votés par la représentation nationale. Le pouvoir législatif doit être respecté», a exhorté la députée. Texte intégral (1248 mots)

Une victoire «malgré l’adversité»
Les Français·es quatre fois plus contaminé·es
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Chose promise, chose due – ou presque. En juin 2025, l’ancien ministre de la santé, Yannick Neuder, avait fait la promesse du remboursement, dès l’automne de la même année, du dépistage de la contamination au cadmium pour les Français·es. Ce métal lourd contamine la population via l’alimentation et fait courir des risques graves pour les reins, les os, la reproduction, augmentant même la probabilité, sur le long terme, de développer certains cancers. Près d’un an après l’annonce du ministre, le dispositif arrive enfin. Mardi, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie a publié au Journal officiel sa décision d’ajouter à la liste des actes et prestations pris en charge le dépistage du cadmium, ouvrant la voie à un remboursement à partir du 16 juin. Début avril, les syndicats de laboratoires d’analyses avaient confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) qu’un accord tarifaire avait été trouvé avec l’Assurance maladie et que le test – dont le prix a été fixé à 27,50 euros – serait prochainement pris en charge à 60% par la sécurité sociale, et à 40% par les complémentaires santé. Un remboursement du dépistage, très bien, mais pour qui ? Seules les «personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence» seront éligibles à ce remboursement, détaille la décision, confirmant des informations de Vert en avril. Sont visées les zones «dont le sol a été préalablement reconnu par les autorités compétentes comme étant pollué[es] par le cadmium». Pour les autres, il faudra débourser 27,50 euros – un montant plus faible qu’actuellement (le test coûte environ 45 euros), mais qui reste toutefois peu accessible sans remboursement. C’est une «ineptie», réagissait il y a quelques jours le cardiologue Pierre Souvet, auprès de Vert. «Ce n’est pas parce que vous habitez dans le Jura que vous consommez des produits du Jura. Ça ne tient pas debout ! À moins que ces tests ne s’adressent qu’aux personnes qui mangent des légumes de leur potager…», tonnait-il. Pour rappel, le cadmium est naturellement présent dans l’environnement, mais il est surtout contenu dans les engrais phosphatés, des fertilisants fabriqués à partir de roches contenant du phosphore, que les agriculteur·ices (surtout en conventionnel) utilisent pour augmenter les rendements. Certaines zones, en France, sont davantage contaminées que d’autres – la Charente, le Jura et le bassin parisien, par exemple – pour des raisons géologiques et à cause de pratiques agricoles qui reposent sur l’utilisation de ces engrais. Une limite majeure subsiste : l’absence de cartographie récente. La seule carte nationale disponible remonte à 2011. Elle a été établie à partir de prélèvements réalisés entre 2000 et 2009 par le Groupement d’intérêt scientifique Sol (Gis Sol) – rattaché à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Ces données sont vieilles, pour certaines, de plus de vingt-cinq ans. Or la situation a très probablement évolué. Selon l’étude Esteban de Santé publique France de 2021, l’imprégnation des Français·es au cadmium a doublé en une décennie. «Nous envisagions de relancer une analyse des sols pour détecter une éventuelle hausse dans les zones de grandes cultures», expliquait il y a quelques semaines à Vert Claudy Jolivet, chef de projet du réseau de mesures de la qualité des sols au Gis Sol. Mais le projet est resté lettre morte : «Nous avons évalué le coût pour Santé publique France et indiqué que nous étions prêts à mener ces analyses. Il n’y a jamais eu de suite.» Interrogé en avril sur la restriction du dépistage à certains territoires, le cabinet de la ministre de la santé, Stéphanie Rist, avait assuré qu’il ne s’agirait pas «d’un zonage national prédéfini (type liste de régions ou de départements) ouvrant automatiquement droit au dépistage», mais d’un dispositif fondé sur «l’identification de situations individuelles d’exposition», sans en préciser les critères. La décision publiée mardi au Journal officiel est tout aussi floue : aucun critère permettant d’identifier ces «situations individuelles» à risque n’est précisé, ni aucun élément concret permettant aux médecins de savoir si le lieu de résidence de leurs patient·es les rend ou non éligibles au remboursement du test. «C’est aussi un problème pour les laboratoires, réagit auprès de Vert Jean-Claude Azoulay, président du Syndicat national des médecins biologistes. Si un médecin prescrit un test et qu’un laboratoire accepte sa prise en charge en estimant que le patient remplit les critères, puis que la Cnam [Caisse nationale d’assurance maladie, NDLR] considère par la suite que ce n’était pas le cas, nous nous retrouverons dans une situation compliquée.» Pour Pierre Souvet, la solution la plus simple serait un remboursement généralisé, «pour tout le monde». Selon le cardiologue, les réticences du gouvernement tiennent surtout à des considérations budgétaires : «Il craint un afflux trop important de demandes et un coût trop élevé.» D’autres acteurs évoquent un risque politique. Auprès de Vert, Boris Loquet, directeur des laboratoires d’analyses médicales Inovie, mettait en garde début avril : «Le gouvernement pourrait se retrouver confronté à un scandale sanitaire. S’il freine le déploiement du dispositif, c’est peut-être aussi qu’il redoute les résultats de ces tests.» Texte intégral (1431 mots)

«Ce n’est pas parce que vous habitez dans le Jura que vous consommez des produits du Jura»

Qui aura droit au remboursement du dépistage ?
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L’air de Stayin’ Alive des Bee Gees résonne depuis une enceinte installée devant les bureaux de Greenpeace France, dans le 10ème arrondissement de Paris. «Rester en vie», c’est précisément le message porté par la trentaine de salarié·es et militant·es bénévoles rassemblée devant l’entrée ce mardi matin. Elles et ils protestent contre le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé le 26 mars. Une décision justifiée par les difficultés économiques de l’ONG, touchée par un ralentissement de la croissance de ses dons, sa seule source de financement. Initialement fixé à 33 licenciements, soit un quart des salarié·es, le nombre de suppressions de postes envisagé d’ici octobre a depuis été ramené à 23. Pour exprimer leur mécontentement, les membres de Greenpeace France mobilisé·es ont troqué leurs habituels t-shirts verts contre des tenues rouges. Rouge, c’est aussi la couleur des cartons qu’elles et ils distribuent à la direction en interrompant une réunion avec le comité social et économique (CSE), l’instance de représentation du personnel. «On veut rappeler la direction à l’ordre car on assiste à un vrai décalage entre les valeurs que défend l’association et ce qui se passe en interne en termes de justice sociale, de transparence et de gouvernance partagée», se désole Anne-Sophie*, salariée syndiquée à Asso-Solidaires. Le collectif de salarié·es et bénévoles conteste «une absence de consultation» et «un manque de dialogue social» pour trouver une alternative au plan de licenciement. «D’autant que c’est en totale contradiction avec les principes de Nouvelle Équation», estime Anne-Sophie. Ce processus de restructuration et de changement de mode de gouvernance, voté en mars 2025, vise à ramener davantage de démocratie et de lien entre bénévoles et salarié·es au sein de l’organisation. «Il y a un réel manque de considération de ceux qui représentent Greenpeace face au public», souffle Mathis*, l’air désabusé. Ancien salarié, il a souhaité rejoindre la lutte dans l’espoir que l’ONG «ne perde pas son rapport à l’humain». Il déplore que les postes menacés concernent principalement des fonctions opérationnelles, notamment au sein des équipes d’investigation et de campagne, sans que des postes d’encadrement soient touchés. «75% des emplois occupés par des élus au CSE et des personnes actives des sections syndicales sont en sursis. J’y vois aussi une manœuvre politique pour faire partir ceux qui dérangent», juge-t-il. Interrogée par Vert, Laurence Veyne, codirectrice adjointe de Greenpeace France, assure : «Ce ne sont pas les personnes que l’on vise, mais des postes.» Elle affirme «avoir écouté les revendications» du collectif et indique que la direction «apportera des réponses à leurs demandes dans les meilleurs délais». D’après les révélations de Mediapart, la trésorerie de Greenpeace s’élève à près de onze millions d’euros, mais l’association prévoit un déficit de quatre millions d’euros d’ici 2027. Pour Laurence Veyne, le PSE reste nécessaire «pour éviter qu’à l’horizon 2029 nos réserves aient fondu et que l’on soit en cessation de paiements». De son côté, le CSE a demandé une contre-expertise sur les difficultés financières de l’ONG, dont les résultats sont attendus pour le 12 juin. Les salarié·es ont également élaboré des pistes d’alternatives au PSE : réduction des écarts de salaire, passage à 32 heures, plan de départs volontaires. «La direction envisage nos propositions, mais en tant qu’ajustements à la marge, en plus des licenciements», regrette le collectif. Depuis le début du mouvement social, la lutte a pris de l’ampleur. Sur un site en ligne depuis le 5 mai, les personnes mobilisées ont lancé un «appel à la grève des communautés» de Greenpeace France. Une pétition a notamment été créée et une lettre ouverte a été signée par 103 employé·es (sur un effectif total de 138). Les militant·es sont aussi invité·es à cesser leurs activités sur le terrain et les adhérent·es à suspendre leurs dons. Quant aux groupes locaux, 20 sur 35 ont annoncé être en grève et 34 soutiennent la mobilisation. Christiane* est coordinatrice au bureau de Poitiers (Vienne). Elle a fait la route jusqu’à Paris, inquiète des répercussions du PSE sur les groupes locaux. «On est en lien direct avec les chargés de campagne, s’ils ne sont plus là, qui visibilisera au niveau national les luttes sur nos territoires ?», s’interroge-t-elle. Elle a peur de voir apparaître «un Greenpeace mou qui ne fait plus que des plaidoyers». Un avis partagé par le reste du collectif, ce mardi. Assis·es en cercle dans une grande salle attenante à la réunion du CSE, salarié·es et militant·es se questionnent sur la suite de la mobilisation. «On a l’impression qu’avec ou sans vote, le PSE sera tout de même acté», lance une militante. «Ils refusent de nous écouter», renchérit un deuxième. Certain·es parlent de «radicaliser» la lutte, d’autres de «demander la démission de la direction». De prochains groupes de travail éclairciront la situation, avant le vote du budget, prévu pour le 9 juin. *Ces personnes n’ont pas souhaité donner leur nom de famille. Texte intégral (1180 mots)

«Un manque de considération»

Les groupes locaux inquiets

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C’est la fin d’un long parcours parlementaire. Ce mardi, un dernier vote unanime de l’Assemblée nationale (236 voix pour) a approuvé définitivement la proposition de loi reconnaissant la «part de responsabilité» de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. «Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée», a lancé le député (Parti socialiste) de Guadeloupe Élie Califer, à l’origine du texte, estimant cependant qu’il «faut aller plus loin sur le chemin des réparations». Aux Antilles, plus de 90% de la population adulte est contaminée au chlordécone, une substance qui entre dans la composition d’insecticides. Ces derniers ont été épandus officiellement de 1972 à 1993 dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur leur dangerosité. Les sols et les eaux ont été pollués, entrainant une perturbation du système reproducteur des humains. Le taux d’incidence du cancer de la prostate y est parmi les plus élevés au monde. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), une relation causale probable a été établie entre le chlordécone et ce risque de cancer. «Si un tel empoisonnement avait touché 90% de la population de la Creuse, de la Bretagne, de l’Île-de-France, la responsabilité de l’État aurait été reconnue depuis longtemps», a lancé Élie Califer à ses collègues. Le texte n’instaure pas une indemnisation future pour les victimes, le dédommagement n’est érigé qu’en «objectif» par les pouvoirs publics. «Cette reconnaissance symbolique est une première étape, le combat devra se poursuivre pour les modalités d’indemnisation», a souligné mardi le député et porte-parole du PS Arthur Delaporte. «On n’est pas tout à fait satisfait mais on partait de loin, du fait que l’État ne voulait même pas reconnaître sa responsabilité partielle, c’est une avancée», a noté de son côté Olivier Serva (Guadeloupe, groupe Liot). Sur les bancs du gouvernement, la ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, a réaffirmé que «l’État a sa part de responsabilités». «Reconnaître la part de responsabilité de l’État est une exigence de vérité. Construire un dispositif de réparation juste, équitable, juridiquement solide, est une autre exigence», a tempéré la ministre. Une mission d’inspection interministérielle a été mise sur pied pour se pencher sur cette question. Elle se rendra dans quelques semaines en Guadeloupe et en Martinique, avec un «rapport attendu dans les tout prochains mois», a précisé Naïma Moutchou. La proposition de loi prévoyait initialement la reconnaissance par l’État de «sa responsabilité» dans «les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par les territoires» et «leurs populations». En cours d’examen, les sénateur·ices ont amoindri la portée de ce passage, prévoyant que l’État reconnaisse uniquement sa «part» de responsabilité. Ils et elles avaient en revanche tenté d’ajouter la notion de «préjudices moraux d’anxiété» en commission, avant de rétropédaler à la demande du gouvernement, lors d’une séance tendue dans l’hémicycle. «Je le regrette, parce que cette notion parlait concrètement de ce que vivent nos compatriotes en Guadeloupe et en Martinique : une inquiétude permanente face aux conséquences sanitaires du chlordécone», a déploré Élie Califer. Toutefois, «ce point ne remet pas en cause l’équilibre général du texte», assure-t-il. En Martinique, le président du conseil exécutif (l’organe décisionnaire de la collectivité territoriale), Serge Letchimy, a salué le vote. Président en 2019 d’une commission d’enquête parlementaire sur les responsabilités publiques dans l’autorisation du pesticide, il estime que cette loi «vient fragmenter un système qui piétine la vérité, absout les coupables et méprise les victimes». L’État devra notamment œuvrer à la «dépollution des terres et des eaux contaminées», en «érigeant comme priorité nationale la recherche scientifique», et «s’assigne» pour objectif «l’indemnisation de toutes les victimes». Il devra aussi se pencher sur «l’apparition de pathologies développées par les femmes». À Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le maire Harry Durimel, avocat engagé de longue date contre le chlordécone, a salué une «avancée» tout en prévenant que «le combat est loin d’être achevé». Il note que la loi «invite déjà à aller devant les tribunaux pour faire reconnaître quelle est la part de responsabilité de l’État». «Un champ s’est ouvert, mais le combat continue», assure-t-il. La cour d’appel de Paris dira le 22 juin s’il y a lieu de rouvrir ou non l’enquête sur le chlordécone, à la suite de l’appel des parties civiles qui contestent le non-lieu prononcé en janvier 2023 par le tribunal judiciaire de Paris. L’avocat des plaignant·es, Christophe Lèguevaques, pointe que «les victimes du chlordécone» attendent «du concret et de l’efficace : la reconnaissance était le premier mot. Il ne faudrait pas qu’il soit le dernier». Texte intégral (1332 mots)

«On partait de loin»
Le préjudice d’anxiété n’est pas pris en compte
La suite devant les tribunaux
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