Julie Lelievre
Rendez-vous le mercredi 10 juin à partir de 18h45 au Ground Control (81, rue du Charolais, Paris 12ème) ! Au menu : Une soirée conviviale et engagée, comme on les aime chez Vert ! (184 mots)

Rémy Calland
Vous avez chaud, et votre logement aussi. En 2024, la France comptait quelque 5,8 millions de passoires énergétiques – ces appartements ou maisons dotés d’une piètre isolation thermique (généralement classés F ou G dans le diagnostic de performance énergétique, le fameux «DPE»). On parle plus souvent de cet enjeu-là l’hiver, quand les factures de chauffage des habitant·es explosent. Mais il devient de plus en plus important l’été, et même dès le printemps : les logements se transforment vite en de véritables bouilloires. Dans ces habitations, les gens n’ont pas toujours les moyens (financiers ou logistiques) de mener une rénovation thermique – d’autant que le gouvernement a récemment suspendu, puis annoncé la relance, du dispositif MaPrimeRénov’. Mais «il y a quelques grands principes qui s’adaptent à peu près à tous les logements», amorce auprès de Vert Guénolé Conrad, coordinateur de l’association Low-tech lab, qui vise à valoriser des techniques sobres, accessibles et à faible impact environnemental (le low tech, ou «technologies douces»). Parmi ces grands principes : bloquer les apports solaires dans l’habitat. Idéalement, cela doit être fait à l’extérieur des fenêtres, pour éviter que le rayonnement infrarouge du soleil pénètre les vitres et réchauffe le logement. Il s’agit de fermer ses volets ou ses brises-soleil, de déplier son auvent pour ombrager ses fenêtres, ou de poser un film anti-chaleur sur ses vitres (facilement trouvable en magasin de bricolage, entre 15 et 50 euros, selon la taille à couvrir). Si vous êtes plutôt amateur·ices du système D, plusieurs options s’offrent à vous. Vous pouvez fixer du carton sur votre fenêtre pour limiter l’entrée du soleil. Pour éviter de vous retrouver dans le noir, privilégiez plutôt la couverture de survie (entre cinq et dix euros environ) scotchée à l’extérieur de la fenêtre (avec la face argentée exposée au soleil pour réfléchir les rayons) pour un effet pare-soleil efficace. Un tuto explicatif est disponible sur le site du Low-tech lab. Vous pouvez aussi installer des rideaux thermiques (idéalement aux couleurs claires, pour refléter les rayons), qui fonctionnent aussi bien l’hiver que l’été. Ils sont posés à l’intérieur du logement et n’interceptent pas tous les rayons, mais sont une solution facile à mettre en œuvre. «L’essentiel est d’éviter que le soleil charge son énergie dans la masse de la maison, c’est-à-dire les planchers et les murs, car c’est ça qui va maintenir la température élevée le soir», souligne Guénolé Conrad. Pour faire retomber le mercure, une solution : l’aération. «Il n’y a pas de secret, explique Guénolé Conrad, du Low-tech lab. Il faut évacuer la chaleur en créant une circulation d’air.» Dès que la température extérieure redescend (le soir ou tôt le matin), toutes les fenêtres doivent être ouvertes pour renouveler l’air intérieur – c’est encore mieux si le logement est traversant. Plusieurs solutions sont envisageables pour favoriser la circulation, dont l’utilisation de linge mouillé. On peut le mettre devant la fenêtre ou face à un ventilateur – une bassine d’eau ou un pain de glace fonctionnent également. C’est le principe de l’évaporation : la chaleur environnante servira à évaporer l’eau qui s’évacuera et rafraîchira l’air ambiant. «Ça peut faire gagner quelques degrés», estime Guénolé Conrad. Dans les régions envahies de moustiques, l’achat d’une moustiquaire peut être bénéfique pour ne jamais renoncer à ouvrir la nuit par crainte d’être piqué·e. Les ventilateurs fixés au plafond sont également efficaces. «Un brasseur d’air ne refroidit pas la pièce, mais il améliore fortement le ressenti thermique selon les situations, un ventilateur de plafond peut faire ressentir 2 à 5 degrés de moins», indique Pierre Deroubaix, ingénieur en charge de l’adaptation au changement climatique à l’Agence de la transition écologique (Ademe). Pour qu’il soit le plus efficace possible, il vaut mieux l’installer au centre de la pièce, relativement loin des murs, et pas trop près du plafond. L’Ademe a testé en laboratoire une cinquantaine de ces plafonniers à pales pour en déterminer l’efficacité. Vous pouvez consulter la liste ainsi que des conseils d’installation dans leur récapitulatif. «Les plafonniers consomment 20 à 50 fois moins d’électricité que la climatisation», précise l’expert. Et si jamais vous ne pouvez pas vous passer de climatisation, combiner les deux permet de diminuer la température de consigne de votre clim. Les brasseurs d’air sur pied, eux, sont moins coûteux mais plus bruyants. Leur rayon d’action est moins grand que celui des plafonniers mais il peut servir d’appoint. Sur son site Vivre avec la chaleur, l’organisme Santé publique France recense des techniques pour sensibiliser le public aux températures élevées. Il conseille d’orienter son ventilateur vers l’extérieur devant une fenêtre ouverte, au petit matin, pour faire sortir l’air chaud et le renouveler. Une astuce «utile dans un logement qui n’est pas traversant, et lorsqu’il est impossible de faire des courants d’air». Les plantes, c’est joli, et ça peut être un allié pour lutter contre la chaleur. Concrètement, le phénomène d’évapotranspiration (qui combine l’évaporation de l’eau dans les sols et la transpiration des feuilles des plantes) peut participer au rafraîchissement de l’air ambiant – dans des proportions limitées. Un arbre mature évapore quelque 450 litres d’eau par jour, soit l’équivalent de cinq climatiseurs en marche pendant 20 heures, évoque Santé publique France. Attention, ce n’est pas une technique miracle pour autant : «Il faudrait une grande surface de terre bien humidifiée pour que ça puisse vraiment rafraîchir l’air», nuance Guénolé Conrad, pour qui cette technique reste «anecdotique» sur le plan des températures. L’intérêt de la végétalisation repose surtout dans la couverture qu’elle permet, puisque tout ce qui peut faire de l’ombre sur la façade, et principalement sur les fenêtres, est bon à prendre. Vous pouvez ainsi planter des végétaux dans votre jardin, sur votre balcon ou même sur vos rebords de fenêtres. Les façades végétalisées peuvent améliorer le confort des habitant·es en protégeant le bâtiment du rayonnement solaire, détaille l’Agence de la transition écologique (Ademe) dans un guide pratique à destination du public. Attention toutefois à choisir des espèces résistantes à la sécheresse, pour limiter les besoins en eau. Dans certaines villes (Lille, Paris, Toulouse, etc.), il existe des «permis de végétaliser» que les habitant·es peuvent demander pour pouvoir jardiner dans leur rue et leur quartier, et ainsi contribuer à la création d’îlots de fraîcheur urbains. Une autre technique, celle de la peinture blanche, est moins accessible que les autres selon le type de logement, mais permet de rafraîchir l’habitat. Quand une surface est claire, elle réfléchit le rayonnement du soleil et absorbe donc moins de chaleur – c’est ce qu’on appelle l’effet d’albédo. Depuis plusieurs années, des entreprises se spécialisent dans la peinture des toits de bâtiments en blanc pour améliorer le confort thermique. Vous pouvez aussi le faire vous-même grâce à ce tutoriel disponible sur le Low-tech lab, inspiré par l’entreprise Cool roof France. Attention, «peindre les toits en blanc n’aura qu’un effet limité si la toiture est bien isolée», prévient l’Ademe. Cette technique est plutôt indiquée pour les passoires thermiques. Les règles d’urbanisme empêchent parfois de repeindre sa toiture. Sachez que le principe fonctionne également sur d’autres surfaces qui accumulent la chaleur. «Si on a une cour en bitume noir chez soi, ne serait-ce que peindre en blanc, ça peut être une option intéressante», suggère Guénolé Conrad, du Low-tech lab. Au-delà de ces astuces, il faut adapter au maximum son quotidien pour limiter tout apport de chaleur supplémentaire, c’est-à-dire éviter d’allumer ses plaques de cuisson et son four, ou d’utiliser son aspirateur trop longtemps. L’impact de ces appareils semble anecdotique, pourtant ils peuvent ajouter quelques dixièmes de degrés. «Ces conseils sont basiques, estime le coordinateur de l’association, mais la démarche low tech est avant tout une démarche de bon sens, et elle peut faire la différence quand l’isolation thermique n’est pas une solution accessible.» Texte intégral (1907 mots)

Empêcher le soleil de rentrer

Aérer son logement dès que possible

Végétaliser son environnement

Repeindre les surfaces extérieures en blanc
Une question «de bon sens»
Médianes
«Imbécile, il pleut chez moi», «Ta gueule on va pas mourir bordel avec ta carte ultra-violette bande de dégénérés», «Achète-toi une clim et ferme ta gueule»… Depuis le début de la canicule, qualifiée par les scientifiques «d’événement sans précédent» à cette période de l’année, des journalistes reçoivent insultes et menaces sur les réseaux sociaux pour avoir rendu compte de l’envolée des températures. Les cartes météo sont jugées trop rouges et trop alarmistes par certain·es. «Le coup des cartes en rouge, ça nous a un peu fait tomber de notre chaise, raconte François Pitrel, journaliste environnement à BFM TV. C’est un vieux truc. Je ne pensais pas qu’on allait nous refaire le coup une énième fois.» Il raconte les messages, parfois homophobes, reçus par des collègues à la rédaction. À tel point que la société des journalistes (SDJ) de BFM TV a publié un communiqué, mardi, pour dénoncer «une vague d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, venant d’internautes climatosceptiques». «Quand les gens se font viser nominativement, quand ils se font menacer, on passe dans une autre dimension», pointe François Pitrel. La raison du choix de cette couleur est pourtant simple : «Plus les températures sont supérieures aux normales de saison, plus la carte est rouge. Avec des températures de 15 à 17°C supérieures aux normales de saison actuellement, les cartes diffusées dans les bulletins météo de BFM TV affichent logiquement un rouge vif», a expliqué la chaîne dans un article dédié. Elle précise se baser sur les valeurs fixées par Météo-France, et qu’aucune intervention humaine n’a lieu «pour accentuer artificiellement un phénomène climatique». «On a fait notre boulot comme d’habitude. On a traité la canicule de façon hyper factuelle. Même si la météo, qui est basée sur des infos scientifiques, donne des boutons à ces gens», souffle François Pitrel. Sa consœur de TF1, la présentatrice météo Evelyne Dhéliat, abonde : «On était fin mai à une moyenne de saison de 21°C au nord et de 23°C dans le sud. Donc il est tout à fait normal que, quand on est à des températures de 30°C ou 35°C, les cartes soient de couleur extrêmement vive.» Elle précise qu’elle n’a pas reçu d’attaques ; ce qui est loin d’être le cas d’autres journalistes qui couvrent la canicule. Pour Sébastien Thomas, journaliste au service météo-climat de France télévisions, ces attaques sont «systématiques» en période de fortes chaleurs et «très intenses dès lors qu’on pointe l’anormalité ou la responsabilité humaine dans les émissions de gaz à effet de serre ; dès qu’on fait de la science, en fait». «C’est totalement débile de s’en prendre aux messagers quand on n’aime pas le message», assène-t-il. Lors du journal météo-climat diffusé samedi dernier, le présentateur a été l’un des premiers à mettre les mots sur l’épisode de chaleur à venir : «Nous basculons dans l’inconnu, météorologiquement parlant», avait-il déclaré. «C’est le narratif qui m’est venu, car c’est exactement la situation que m’avait décrite mon prévisionniste. Il n’y avait pas d’autres expressions qui caractérisaient la situation qu’on allait vivre», souligne-t-il. Si la séquence a entraîné des commentaires plutôt positifs sur LinkedIn, elle a aussi été repostée sur X et a entraîné beaucoup d’attaques. Un réseau social que le journaliste a quitté après dix ans d’utilisation, fin 2023, justement pour «se prémunir de ça». «Je préférerais annoncer des températures classiques et dire aux gens : “Profitez de votre week-end de la Pentecôte”, mais on a des températures qui sont 10 à 15 degrés au-dessus de la normale de saison. On ne peut pas faire comme si de rien n’était», appuie-t-il. Au-delà des réseaux sociaux, les déclarations climatosceptiques débordent aussi des plateaux télés. Malgré l’évidence scientifique, des voix assurent que tout cela est «normal». Lundi, le présentateur de CNews Pascal Praud a déclaré que «non, ce n’est pas une chaleur exceptionnelle». Le lendemain, l’éditorialiste Daniel Riolo a dénoncé sur le plateau de RMC «tout ce blabla pour deux semaines de chaleur dans l’année». «Tu mets un t-shirt et puis t’arrêtes de chouiner», a-t-il tranché. Présentatrice phare à TF1 depuis 1991, Evelyne Dhéliat note pourtant «une situation inédite». «On s’aperçoit qu’on n’a jamais vécu cela. Il y a des gens qui pensent que la Terre est plate, ou que l’Homme n’a pas été sur la Lune… Qu’est-ce que vous voulez faire ? Moi, je suis ma ligne, ma direction», confie-t-elle. François Pitrel, de BFM TV, craint que ces attaques et ces propos ne «freinent le débat». «Ils font perdre du temps parce que le sujet, aujourd’hui, ce n’est plus de savoir quelles sont les causes du changement climatique ou les couleurs des cartes de l’été. C’est autant de temps qu’on perd pour parler d’adaptation ou de bonnes pratiques», pointe-t-il. Sébastien Thomas constate qu’en dehors de cette «frange» climatosceptique, beaucoup de téléspectateur·ices s’intéressent aux questions liées au réchauffement climatique : «Je pense que les gens de bonne foi savent qu’il y a quelque chose de grave qui est en train de se passer à l’échelle du monde. Les gens ont envie d’avoir des solutions, des perspectives, des explications.» Texte intégral (1230 mots)

«À un moment, on ne peut pas faire comme si de rien n’était»
La majorité des gens veulent «des solutions, des perspectives, des explications»
Médianes
N’en déplaise aux rassuristes de plateaux TV, nos enfants sont bel et bien mis·es en danger par la vague de chaleur exceptionnellement longue et précoce de ce mois de mai. D’une part parce qu’elles et ils sont plus vulnérables que les adultes face à la chaleur : «Il est plus difficile pour un enfant de se rafraîchir par sudation pour des raisons physiologiques», rappelle le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). D’autre part parce que le bâti scolaire est particulièrement mal adapté au climat qui se réchauffe. Le bitume dans les cours d’école peut facilement grimper jusqu’à 50 degrés Celsius (°C), avec un rayonnement affectant particulièrement les enfants de petite taille, souligne le Cerema. Quant aux bâtiments eux-mêmes, «les deux tiers ont été construits avant 1970», concède le ministère de l’éducation nationale, et au moins 80% d’entre eux mériteraient d’être rénovés, selon Le Monde. «Les communes [qui ont la charge des bâtiments scolaires, NDLR] n’ont ni le temps ni les moyens pour rénover en urgence toutes les écoles du pays», explique Amaury Fievez, doctorant à l’École des mines et à la tête d’un projet de recherche-action (recherche menée directement sur le terrain) baptisé Racine (pour Recherche sur l’adaptation aux canicules à l’intérieur de nos écoles). La mission qu’il s’est donnée, avec le soutien de l’État, tient en une seule phrase : «Trouver comment adapter nos 50 000 écoles maintenant et à bas coût.» Depuis juin 2025, il expérimente dans une trentaine de sites scolaires de l’Hexagone des solutions low-tech (ou «technologies douces», en français), ces techniques abordables, rapides et simples à utiliser ou réparer. «Des mesures de bon sens surtout, mais qui se sont perdues ou qui ont été éclipsées par les nouvelles technologies, résume Amaury Fievez. L’idée est d’avoir une méthode duplicable partout sans avoir besoin d’ingénieurs surqualifiés.» La mise en œuvre rapide de ces mesures permettrait, selon lui, à la plupart des écoles de «traverser une canicule comme celle-là sans perdre en confort de vie». Le tout pour un budget inférieur à 100 000 euros, sans commune mesure avec le coût d’installation et de fonctionnement d’un système de climatisation ou la réalisation de travaux de rénovation thermique. «Première règle : le soleil ne doit pas rentrer !», avertit Amaury Fievez, qui invite à protéger les surfaces vitrées du puissant rayonnement solaire : «Une fenêtre au soleil, c’est comme un radiateur allumé.» Laisser des espaces vitrés mal protégés dans une pièce non isolée peut facilement faire grimper le thermomètre de 10°C. Le chercheur recommande l’utilisation de volets extérieurs – idéalement en bois – pour absorber et bloquer jusqu’à 80% du flux solaire. Quand c’est impossible, l’installation de films réfléchissants sur les vitres peut permettre de réduire de 50 à 65% le flux, «mais cela devient contre-productif l’hiver lorsqu’on a besoin du pouvoir réchauffant du soleil», précise-t-il. Les protections intérieures, telles que les stores ou les rideaux, sont «mieux que rien mais largement insuffisantes». Inversement, tout ce qui peut faire de l’ombre depuis l’extérieur, aux fenêtres et aux murs de façade – toile d’ombrage, parasols, arbres –, est «doublement intéressant car cela évite aussi que les murs emmagasinent de la chaleur», précise-t-il. Fermer les fenêtres dès qu’il fait chaud dehors empêche la chaleur de s’immiscer à l’intérieur ; les ouvrir dès que les températures extérieures retombent permet de «stocker de la fraîcheur à l’intérieur, explique Amaury Fievez. Les murs, les meubles et les objets emmagasinent de l’énergie, donc en ouvrant longtemps lorsqu’il fait frais, on fait tomber la température plusieurs degrés plus bas et ça dure plus longtemps.» Il prend l’exemple d’une salle de classe à Paulhac (Haute-Garonne), étudiée depuis le début de la vague de chaleur : «Sans ouverture nocturne, la température descendait seulement de 3,5°C la nuit, alors qu’il faisait 15°C de moins dehors. Ouvrir la nuit permet de gagner jusqu’à 5°C le matin, et ça se réchauffe moins vite ensuite.» Il conseille de commencer l’aération nocturne plusieurs jours avant la vague de chaleur, «pour emmagasiner de la fraîcheur», et de la poursuivre plusieurs jours après : «À cause des murs qui stockent l’énergie, des pièces peuvent rester très chaudes plusieurs jours après le pic de chaleur si on n’ouvre pas.» Le principal frein à la mise en place de cette mesure simple réside dans les risques d’intrusion. «La mise en place de barreaux aux fenêtres ou d’un système de gardiennage est un réel frein pour les communes», concède-t-il. L’installation de plafonniers (ou brasseurs d’air) ne diminue pas la température mais améliore le ressenti des occupant·es grâce au mouvement de l’air. «On parle de 2 à 3°C ressentis en moins, toutes choses égales par ailleurs», explique le chercheur. En moyenne dix fois moins cher qu’un climatiseur (hors coût d’installation), un plafonnier a également une consommation d’énergie dérisoire, presque 100 fois inférieure à celle d’un climatiseur. Quand les plafonniers fonctionnent, se vaporiser le corps ou appliquer un linge mouillé sur les épaules peut aussi changer le ressenti des occupant·es. «On simule la transpiration en plein vent, ça peut même donner froid !», observe Amaury Fievez. En période de fortes chaleurs, les repas chauds et copieux augmentent la température corporelle et l’inconfort. Sans compter que cuisiner chaud fait grimper la température de plusieurs degrés dans les bâtiments concernés. Si certaines collectivités revoient leurs pratiques pour servir des repas froids, «il y a encore trop d’écoles où on continue de servir des repas chauds en pleine canicule», regrette Amaury Fievez. Pratiquée de longue date dans des pays comme l’Espagne, l’adaptation des horaires de cours pour commencer et terminer plus tôt est une solution qui devrait être examinée en France, selon Amaury Fievez. «Mais cela devrait être un sujet national, car c’est trop difficile à mettre en place au niveau communal», pense-t-il. À Paulhac (Haute-Garonne), l’accord du rectorat a été sollicité pour envisager la démarche, mais il faut aussi que les parents et le corps professoral s’organisent, ce qui peut prendre du temps. Texte intégral (1583 mots)

Des solutions low-tech, duplicables partout

Ne pas laisser entrer le soleil
Fermer la journée, aérer la nuit 
Installer des brasseurs d’air
Recourir à la brumisation ou au linge mouillé
Adapter les repas
Changer les horaires ?
🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds
🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène