Médianes
«Bétonner un parc, c’est non !» Sous cette banderole au slogan explicite, enseignant·es-chercheur·ses, étudiant·es, syndicalistes, associations écologistes et collectifs de riverain·es sont réuni·es ce jeudi sur l’esplanade minérale de la cour des Humanités du campus Condorcet, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Malgré la chaleur aussi écrasante qu’inhabituelle de cette fin de mois de mai, une quarantaine de personnes ont participé à cet «apéro mobilisé». Leur combat : préserver l’«îlot 4», une prairie arborée de plus d’un hectare, propriété de l’État, parmi les rares espaces verts du campus et même de toute la ville. Cet espace est aujourd’hui menacé par la construction du futur bâtiment de l’École des hautes études en sciences sociales et de la Fondation maison des sciences de l’Homme (EHESS-FMSH). En fond sonore, les chansons de lutte de l’album des 130 ans de la CGT résonnent dans de puissantes enceintes. Les militant·es interpellent étudiant·es et passant·es, profitant aussi d’un événement musical organisé à quelques mètres de là pour distribuer des tracts et faire connaître leur combat. Nicole Picard, membre du MNLE 93 (Mouvement national de lutte pour l’environnement) et «présente depuis les débuts de la lutte», juge la construction de ce nouveau bâtiment «absurde. À Aubervilliers, c’est le tout-béton. On n’en peut plus, et ça va à l’encontre des besoins écologiques», souffle-t-elle. Jean-Jacques, retraité engagé dans un collectif d’habitant·es, vit à quelques rues du campus, «côté Saint-Denis». Il se souvient de l’époque où le site universitaire est sorti de terre, en 2019 : «Les élus étaient contents parce que ça apportait du neuf. Aujourd’hui, on voudrait nous retirer un endroit qui constitue une rare respiration au milieu de tous ces bâtiments. Surtout avec la canicule qu’on connaît en ce moment…» Doctorantes en histoire, Louise et Lara estiment que la réduction de cet espace vert représenterait une perte dépassant le cadre des usager·es du campus, comme en témoigne la pétition contre le projet, qui a recueilli plus de 1 600 signatures. «On nous vend un campus ouvert et écologique, mais le campus Condorcet reste très aseptisé, avec peu d’espaces verts et de lieux de sociabilité, regrettent-elles. C’est ici qu’on mange le midi, qu’on prend un peu l’air, qu’on se retrouve. Mais c’est aussi un lieu fréquenté par les riverains qui viennent promener leur chien.» Ce nouveau bâtiment carré, organisé autour d’un «jardin des Humanités» central – que les opposant·es souhaitent voir ouvert à toutes et tous, contrairement à ce qui est actuellement prévu – doit permettre de regrouper l’ensemble des équipes et étudiant·es de l’EHESS, aujourd’hui dispersés sur plusieurs sites en Île-de-France, tout en accueillant la Fondation maison des sciences de l’Homme (FMSH). Alors que la maîtrise d’œuvre du futur bâtiment a récemment été attribuée à l’agence Encore Heureux architectes, la communication du campus met en avant un projet «exemplaire» sur le plan environnemental. En avril, l’administration conviait les opposant·es à deux réunions dites de concertation, tout en mettant en avant quelques ajustements : réduction de 300 m2 de l’emprise au sol, aménagement de l’«îlot 5» pour étendre le parc, sanctuarisation de 6 000 m2 de jardin… Autant de gestes que le collectif juge insuffisants. «Avant ces réunions, ils nous avaient ignorés pendant des années. Et elles se sont tenues sans qu’aucun document préparatoire ne nous soit transmis», déplore Julie Pagis, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et coordinatrice de l’intersyndicale. «Même si on se félicite de certaines avancées, ce ne sont que des paroles. Et on compte bien continuer à leur mettre la pression», appuie-t-elle. Pour les opposant·es, ces évolutions relèvent surtout de maigres concessions. Elles et ils défendent d’autres pistes, notamment la réhabilitation de bâtiments vacants à proximité comme l’ancien site du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris-2024, finalement attribué depuis au conseil départemental ; ou le Boost, un imposant édifice de 17 750 m2 –«exactement les besoins du nouveau bâtiment» –, toujours inoccupé. «On a demandé des études sur le coût de la réhabilitation, mais rien n’a été fait», regrette Julie Pagis. De son côté, l’administration du campus défend auprès de Vert une autre logique : «L’État a considéré que la transformation de ce type de bâtiment tertiaire en bâtiment d’enseignement recevant du public, notamment des étudiants, ne répond pas aux besoins spécifiques d’un établissement universitaire.» Selon une étude de l’Institut Paris région, le taux de vacance des bureaux à l’échelle de Plaine Commune (l’intercommunalité dont fait partie Aubervilliers) atteint près de 30%. Un record en Île-de-France. À l’échelle du Grand Paris, 6,5 millions de m2 de bureaux restent vacants. «Ils construisent plutôt que de requalifier l’existant», défend un directeur de laboratoire mobilisé (qui a souhaité rester anonyme), estimant que «la pleine terre mérite d’être défendue face à la crise environnementale». Un enjeu d’autant plus sensible qu’à Aubervilliers, les espaces verts ne représentent qu’1,42 m2 par habitant·e. L’un des plus faibles taux du pays, quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise 10 m2 de parcs et jardins par personne. Paul Sorrentino, syndiqué à la CGT-EHESS, rappelle que l’EHESS a besoin d’un espace plus grand «qui permettrait notamment à toute l’administration centrale de ne pas travailler dans des conditions délétères», à des kilomètres de là. Mais il se dit opposé au projet actuel : «Nous avons un réel besoin, mais leur solution ne convient pas. Il y a besoin d’espaces verts, et des bâtiments alentour pourraient être requalifiés.» En filigrane, la bataille du campus pour la «construction à tout prix» semble cacher des ambitions plus grandes : faire du campus Condorcet une sorte de Paris-Saclay (une université au sud de Paris) des sciences humaines, un grand pôle universitaire rassemblant les plus prestigieuses institutions (EHESS, École nationale des chartes…). De quoi expliquer, sans doute, l’implication de l’État, pourtant peu enclin à investir dans la recherche, dans le financement du projet. Déjà propriétaire du terrain, le ministère de l’Éducation nationale en payera la construction, à hauteur de 125 millions d’euros. «On voit ce que ça a donné à Saclay, ironisent Louise et Lara. On bétonne tout.» Si la livraison du chantier est prévue pour 2030, avec des travaux qui commenceraient dès 2028, la volonté de concertation du campus apparaît tardive. Le permis de construire devrait être déposé durant l’été et, une fois cette étape franchie, le projet deviendrait difficilement réversible. Les opposant·es gardent néanmoins espoir, notamment grâce à l’appui de plusieurs élu·es. «Tous ceux qui nous ont soutenus sont aujourd’hui aux manettes. Et la municipalité a la volonté de faire du vert», souligne Julie Pagis. En mars 2026, Sofienne Karroumi, issu d’une coalition de la gauche, a pris la suite de l’ancienne maire Union des démocrates et indépendants (UDI), Karine Franclet. Thomas Vigot, élu socialiste, et Lucas Golon, élu Les Écologistes, tous deux membres de la majorité municipale, assurent que le sujet reste «une des priorités du conseil» et se disent favorables à la préservation de la parcelle. Mais ils reconnaissent une marge de manœuvre limitée, héritée des choix de la précédente majorité, favorable au projet : «Malheureusement, la question du permis de construire est entre les mains de la préfecture.» Du côté de Plaine Commune, Bally Bagayoko (maire La France insoumise de la ville voisine de Saint-Denis) a été élu à la présidence en avril. Il avait déjà exprimé son soutien à la mobilisation pour un «campus vert et ouvert» par le passé. Des leviers pourraient donc encore être activés, notamment autour du PLUi (le Plan local d’urbanisme intercommunal). Bastien Lachaud, député insoumis et élu au bureau de Plaine Commune, décrypte la situation : «J’ai saisi Bally Bagayoko afin qu’on voie comment agir sur le PLUi avant le dépôt du permis de construire. Cela pourrait le défaire, même si le gouvernement pourrait toujours passer outre en déclarant le projet d’utilité publique.» Le dernier PLUi a déjà été révisé en décembre dernier et le changement pourrait prendre des mois. Texte intégral (1949 mots)


Un projet à contre-courant des besoins de son époque ?

L’urgence et les minces espoirs

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Depuis le 21 mai, la France traverse «un épisode de chaleur inédit, historique, exceptionnel», selon les termes employés jeudi par Météo-France. Alors que les records de températures s’enchaînent depuis plus d’une semaine, la plupart des Français·es endurent cette épreuve comme elles et ils peuvent, sans protocole ni consignes claires (voir plus bas). «Le gouvernement est aux abonnés absents», constate Yamina Saheb, chercheuse et co-autrice des rapports du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a attendu, en vain, «des annonces à la hauteur de l’enjeu». «Alors que la population attend des réponses, le premier ministre annonce une réunion interministérielle… au bout de sept jours !», s’agace Robin Ehl, spécialiste du changement climatique et de l’adaptation chez Oxfam France. Organisée jeudi en fin d’après-midi, cette réunion fermée à la presse visait à faire «le point sur la préparation des services de l’État aux épisodes de forte chaleur», a simplement indiqué Matignon. Un plan de gestion des vagues de chaleur pourrait en ressortir, sans officialisation à ce stade. Alors que l’entourage de Sébastien Lecornu se félicite d’anticiper les prochaines crises, l’opposition hurle à l’attentisme : «Je suis effarée par le degré d’impréparation du gouvernement, déplore auprès de Vert la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier. La France meurt de chaud en mai, mais c’est comme s’il n’y avait pas de sujet. Et le peu de prises de parole sont déconnectées du réel.» En guise de communication, le gouvernement a envoyé quelques émissaires assurer que «tout est sous contrôle» et «qu’il n’y a pas de conséquences négatives», à l’instar de la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, qui a rencontré la presse mercredi. Mardi, la ministre de la santé, Stéphanie Rist, se voulait encore plus optimiste, assurant en être «au stade de la prévention, de l’adaptation. On n’est pas dans l’urgence puisque, les vagues de chaleur, on les connaît.» «Les parents d’élèves et tous les travailleurs exposés voient bien l’urgence, eux…, rétorque Marine Tondelier. À ce niveau de déni, c’est presque du climatonégationnisme !» «On comptera le nombre de morts à la fin», abonde la chercheuse Yamina Saheb, qui rappelle que l’impréparation aux vagues de chaleur fait plusieurs milliers de mort·es chaque année en France. Dès mardi, France info rapportait que, «dans les zones classées vigilance orange canicule, les appels au Samu sont en très forte hausse et les hôpitaux commencent à être en tension». Pour Robin Ehl, «le système de santé est en état d’urgence climatique et la ministre de la santé devrait être au courant». Il se dit «choqué par sa méconnaissance totale des alertes des médecins et des scientifiques et son indifférence à l’égard des personnes en danger». Tandis que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, en appelait mardi «à la vigilance individuelle de chacun, qui est extrêmement importante dans ce genre de moment», les syndicats de l’agence Santé publique France alertaient jeudi sur le fait qu’«une partie du dispositif de prévention canicule n’a pas pu être déployée […] La raison : le gouvernement verrouille depuis plusieurs mois les actions de communication de Santé publique France.» Fin janvier, l’exécutif a annoncé vouloir confier la gestion des «grandes campagnes de communication» au ministère de la santé. Une décision perçue par certain·es comme une tentative de démantèlement. Depuis, «la diffusion des campagnes de prévention de Santé publique France est bloquée par le service d’information du gouvernement», regrettent les syndicats. Sans dispositif de prévention, professeur·es et élèves ont en revanche été exposé·es à des consignes dangereuses, émanant du ministère de l’éducation nationale, alertait le collectif Demain 50°C, mardi. «Parmi les règles transmises : “faire en sorte qu’ils [les enfants] puissent aller dans la cour quand leur classe est trop chaude” [Or], en pleine canicule, le bitume peut dépasser les 50°C. Et parce qu’ils sont plus petits, plus proches du sol, les enfants de maternelle respirent un air 10 à 15°C plus chaud que celui d’un adulte», a averti le collectif dans un post sur Linkedin. Pour Robin Ehl, d’Oxfam France, cet énième faux pas du gouvernement illustre «son complet décalage par rapport à ce qu’endurent actuellement les enfants», prisonnier·es d’infrastructures scolaires inadaptées. Il regrette également que les personnes précaires, qui occupent davantage de logements mal isolés – passoires en hiver, bouilloires en été – et sont plus sujettes aux maladies chroniques, soient les grandes oubliées du discours gouvernemental. À ce propos, une anecdote révélatrice a estomaqué plusieurs journalistes mercredi. Alors que Monique Barbut était interrogée sur les bouilloires thermiques lors d’une rencontre avec la presse sur le thème de la canicule, un conseiller a coupé court à la conversation, indiquant que «ce n’était pas le sujet de la conférence de presse». «Parler des bouilloires thermiques aujourd’hui, vous trouvez que ce n’est pas le sujet ?», ont rétorqué plusieurs journalistes éberlué·es. Le gouvernement a annoncé, le 23 avril dernier, qu’il réautorisait la location des logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique-DPE (interdite depuis 2025 pour les logements classés G) à condition que les propriétaires s’engagent à réaliser des travaux sous trois ans pour les maisons individuelles, et sous cinq ans pour les copropriétés. «On a pas reculé pour reculer. On a reculé en disant que si on acceptait de les remettre sur le marché, c’était à condition», s’est défendue la ministre Monique Barbut. Pour Robin Ehl, c’est une «nouvelle fragilisation de la réponse à la démultiplication des risques climatiques». Il rappelle qu’en 2022, une étude du ministère de la transition écologique estimait que «la rénovation de l’ensemble des passoires énergétiques permettrait d’éviter des coûts de santé de près de 10 milliards d’euros par an». Texte intégral (1421 mots)

Sept jours… pour une réunion
«Il n’y a pas d’urgence…»
Consignes dangereuses et campagne de prévention bloquée
«Les bouilloires thermiques, ce n’est pas le sujet»
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Entre les hauts immeubles de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la ligne du RER et le chantier du futur métro, les tours à vent de l’école maternelle Bois-Perrier détonnent. Ces hautes cheminées en bois inspirées de l’architecture persane sont issues de la réhabilitation de l’établissement scolaire terminée en 2024. Elles permettent une circulation de l’air efficace entre l’intérieur et l’extérieur et évacuent l’air chaud lorsque le mercure monte. Brise-soleil, murs épais, végétation, brasseurs d’air… De nombreux autres dispositifs ont été intégrés au bâtiment pour protéger les enfants des intenses chaleurs, comme en ce mois de mai. Depuis une semaine, la France connaît une canicule sans précédent pour un printemps, dopée par le réchauffement climatique. C’est le service recherche et innovation de la ville de Rosny-sous-Bois qui a mené cette rénovation thermique. Il s’agit de l’une des rares mairies à disposer d’une équipe dédiée à l’adaptation au changement climatique. Ce bureau d’une dizaine d’architectes et ingénieur·es a construit et adapté sept établissements scolaires de la commune depuis 2014. «Nous imaginons les écoles comme des refuges», raconte Charlotte Picard, directrice adjointe du service. Alors que le soleil est au zénith ce jeudi, ses paroles prennent tout leur sens. Dans le groupe scolaire Bois-Perrier, l’école maternelle et le centre de loisirs Jacques-Chirac ont un système d’isolation thermique adapté aux projections climatiques les plus pessimistes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Une ambition qui va bien au-delà de la réglementation actuelle. Le bâtiment de l’école maternelle date des années 1960 : «Le béton était fin, les cadres des fenêtres simple vitrage étaient en métal… c’était une bouilloire thermique», déplore l’experte. Alors pour isoler, son équipe «a mis une doudoune de paille au mur en béton», s’amuse l’architecte. Soit 80 centimètres d’épaisseur ajoutés autour de l’édifice. Cette réhabilitation empêche le chaud comme le froid de s’accumuler dans l’enceinte. La paille utilisée est issue de l’agriculture biologique locale, et tous les éléments en bois viennent d’entreprises de sylviculture en Île-de-France qui ne pratiquent pas les coupes rases, nocives pour les écosystèmes. Les arbres qui ont dû être abattus sur le site de construction du centre de loisirs ont d’ailleurs été réutilisés pour le local vélo. Outre l’épaisseur des murs, le double vitrage de chaque porte et fenêtre ou encore la vigne qui grimpe jusqu’au toit, des installations en bois sont utilisées comme brise-soleil sur les façades sud des deux bâtiments. Résultat : pas besoin de climatisation, la ventilation naturelle suffit. Des barreaux en bois massif installés devant les portes et fenêtres permettent d’aérer toutes les nuits sans risque d’intrusion, tandis que des stores limitent l’entrée de lumière. Des brasseurs d’air ont également été fixés au plafond dans chaque salle d’animation. «Il fait moins chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur», apprécie une institutrice, même si «les températures sont plus élevées à l’étage», remarque l’un de ses collègues. Dans la salle de pause, les instituteur·ices déjeunent au frais. «On se disait qu’on était tellement bien ici», apprécie Marion, la directrice de l’établissement. «Dans les salles d’animation, c’est quand même compliqué de comprendre comment ouvrir la trappe de ventilation» reliée à la tour à vent, note une enseignante. «Quand l’air chaud s’accumule, il faut laisser la manivelle de la salle d’animation sur la position ouverte pour qu’il puisse sortir», explique Charlotte Picard. Malgré les prouesses techniques du bâtiment, son efficacité thermique (sa capacité à isoler des écarts de températures) repose sur les personnes à l’intérieur et sur la façon dont elles l’utilisent. «Le changement technique, on sait faire, note l’architecte, le changement culturel est plus progressif et dur à mettre en place.» «Avec le changement de personnel, il faudrait qu’on revienne plus régulièrement, mais on a manqué de temps à la rentrée dernière», précise-t-elle. Pour que les élèves et l’équipe enseignante connaissent mieux leur bâtiment, le service recherche et innovation de la mairie organise souvent des chantiers participatifs et des visites des espaces rénovés ou en cours de rénovation. La petite maison en terre cuite qui abrite les jeux dans la cour de récréation a par exemple été construite avec les enfants et des bénévoles. Dans d’autres établissements, les instituteur·ices se saisissent des différents dispositifs pour organiser des activités pédagogiques alternatives comme un atelier de découverte des arbres et la construction d’un hôtel à insectes. «Beaucoup d’enfants passent toutes les vacances d’été au centre de loisirs, donc c’était hyper important pour nous qu’il possède de nombreuses protections contre le soleil», rappelle Charlotte Picard. Devant elle, les élèves des trois classes de maternelle se poursuivent dans la cour de récréation, casquettes vissées sur la tête. L’espace est entouré de grands arbres et de végétation en friche. Dans un jardin en pagaille qui longe l’arrière de l’école, on peut voir des noues, ces creux profonds qui se transforment en mares à l’arrivée des pluies. Plus loin, des arbres fruitiers ont été plantés lors d’un atelier avec les enfants. Un pommier et un cerisier côtoient des herbes aromatiques, des framboisiers et des groseilliers. «La végétation sert à nourrir et à rafraîchir en même temps», explique Charlotte Picard. Elle permet d’éviter les effets d’îlots de chaleur, ces zones où les températures sont bien plus élevées en ville qu’en campagne. Si Rosny-sous-Bois s’est lancée dans la construction de nouveaux établissements scolaires ou dans leur rénovation à partir de 2014, c’est pour absorber la croissance démographique de l’époque. Au début des années 2010, la construction de nouveaux logements a entraîné l’arrivée de nombre d’enfants. La population est passée de 41 000 habitant·es en 2007 à 46 000 en 2026. «Porter ce genre de projets peut se faire peu importe le bord politique de la mairie, assure Charlotte Picard, dans notre commune, c’est le service technique qui en a fait la proposition.» Aux élections municipales de 2026, l’édile (Parti socialiste) Magali Thibault a détrôné le maire sortant Jean-Paul Fauconnet (Les Républicains). Côté finances, la rénovation de l’école maternelle a coûté environ six millions d’euros à la ville, dont 3,25 financés par des subventions. L’Agence de la transition écologique (Ademe), l’Agence de l’eau ou encore la métropole du Grand Paris ont mis la main à la poche. «Le montant n’est pas significatif en soi, ni comparable, car il varie beaucoup selon l’état du bâtiment existant», précise Charlotte Picard. Les matériaux ont également été choisis pour durer de cinquante à cent ans et être facilement entretenus. «Sans compter que la très bonne isolation diminue aussi la consommation d’électricité», ajoute l’architecte. Elle espère que les expérimentations de Rosny-sous-Bois inspireront d’autres communes : «Ce n’est pas très compliqué techniquement d’installer tout ça, pourtant des écoles neuves sont construites sans tout ça, comme si on pouvait nier le réchauffement climatique !» Texte intégral (1988 mots)






Médianes
«La désinformation s’organise. Nous aussi.» Le slogan de la plateforme Droit à l’info est on ne peut plus clair. Ce site vise à épingler rapidement les déclarations fallacieuses et a été lancé en vue de l’élection présidentielle de 2027, ont annoncé jeudi le média de vérification Les Surligneurs et l’association anti-désinformation climatique Quota climat. Par des outils d’analyse automatisée à grande échelle, il s’agit de détecter «au plus tôt les récits émergents susceptibles de relever de la désinformation», précisent Eva Morel, secrétaire générale de Quota climat, et Vincent Couronne, directeur général des Surligneurs. La désinformation «se construit, se répète, se diffuse par des acteurs qui ont intérêt à fragiliser les conditions mêmes du débat démocratique», soulignent les deux organisations. Après analyse et vérification par des équipes de fact-checking, des alertes seront diffusées en moins de 48 heures en cas de risque important de propagation d’une fausse information dans le débat public. Ces alertes, via le site droitalinfo.org et la chaîne WhatsApp Droit à l’info, porteront durant trois mois (jusqu’à juillet) sur la désinformation climatique – une phase de «validation opérationnelle» avec ce sujet sur lequel l’ONG Quota climat «dispose d’une expertise et d’un historique documenté». Passée cette étape test, les alertes doivent être élargies à l’international, l’économie, la démocratie, le social et la société. Le projet est financé par le fonds de dotation La Concorde, animé par des entrepreneur·ses et qui se présente comme «apartisan». Eva Morel d’appuyer : «Nous cherchons des cofinancements pour la suite.» (396 mots)

Des alertes sur la désinformation climatique pendant trois mois
🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds
🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène