Stéphane LB
Une tribune collective, parue dans La Tribune et dont négaWatt est signataire, rappelle que la rénovation énergétique du patrimoine bâti est un axe central pour adapter les territoires à des vagues de chaleur appelées à se répéter et s'intensifier, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles. Tribune publiée initialement dans La Tribune, le 29 juillet 2026 ► Crises énergétique et géopolitique, inflation, évènements climatiques extrêmes : le contexte du mandat qui s'ouvre est inédit et incertain. Les marges de manœuvre des collectivités territoriales sont réduites. S'y ajoute une tension sur les finances publiques locales, conséquence de l'effort de diminution du déficit public. En ces premiers jours de mandat, cette situation impose aux élus locaux de prioriser les projets à entreprendre. Répondre aux enjeux de l'époque Écoles, gymnases, établissements sanitaires et médico-sociaux, piscines et mairies incarnent l'engagement du service public. Les rénover, c'est maintenir les établissements ouverts, améliorer les conditions d'accueil des usagers et les conditions de travail des agents. Rénover les écoles, c'est permettre aux enfants d'apprendre dans des bâtiments confortables et durables, y compris lors des épisodes de canicules de plus en plus fréquents. Au sein du parc de bâtiments publics, elles représentent une part considérable de surface et de consommations énergétiques. Un enjeu économique, écologique et de service public Chaque euro investi dans la rénovation soutient les entreprises locales et des emplois non délocalisables. Rénover, c'est stimuler l'économie locale. La rénovation réduit la dépendance aux énergies fossiles. Soumises aux tensions, polluantes et importées, leurs factures pèsent lourd dans la balance commerciale du pays. Dans un contexte d'évolution des prix incertain, leur substituer des sources d'énergie décarbonées protège les finances locales du coût, bien supérieur, associé à l'inaction. Des acteurs structurés pour soutenir les communes Des postes d'agents mutualisés, « Économes de Flux » ou de « Conseillers en énergie partagés » sont mobilisables, financés pour diminuer le reste à charge des collectivités. Les bureaux d'étude et les architectes guident les collectivités pour concilier préservation du patrimoine et fonctionnalité des bâtiments dans des rénovations globales et performantes. Les entreprises et artisans du bâtiment assurent la mise en œuvre concrète des solutions en les adaptant au bâti existant, tandis que les exploitants garantissent la performance énergétique des bâtiments dans la durée et que fournisseurs d'énergies et gestionnaires de réseaux accompagnent les collectivités dans leur gestion énergétique. Des outils juridiques et financiers ont été conçus spécifiquement pour optimiser la performance énergétique. L'écosystème bancaire a développé des offres adaptées valorisant l'intégration d'ambitions énergétiques et environnementales fortes. Tous les acteurs mentionnés sont collectivement prêts à donner aux élus les moyens de leurs ambitions afin de faire de la figure du « maire rénovateur » un véritable catalyseur des politiques publiques locales dans le cadre du mandat à venir. (*) Signataires : Anne Auclair, directrice du Réseau CLER ; Texte intégral (1079 mots)
Alors que les crises géopolitiques et énergétiques s'ajoutent aux contraintes budgétaires et évènements climatiques, la rénovation énergétique, indispensable à l'adaptation aux vagues de chaleurs, doit devenir une priorité des nouveaux élus, plaide l'écosystème d'acteurs qui l'accompagne.
Engager la rénovation énergétique du patrimoine bâti et son adaptation au changement climatique, comme un axe central du mandat, répond pleinement à ces enjeux de notre époque. Les dépenses d'énergie constituent le deuxième poste de dépenses de fonctionnement des collectivités. Les bâtiments concentrent trois-quart de ces coûts. Souvent vieillissants, ils deviennent moins performants et peu fonctionnels.
Dépense d'investissement, la rénovation énergétique constitue aussi une source certaine d'économies de fonctionnement. Isolation thermique, verdissement, pilotage intelligent et solutions de rafraîchissement performantes diminuent durablement les factures énergétiques. Ces actions concourent à mettre les bâtiments aux normes sanitaires et d'accessibilité, à les protéger face à la dégradation, à les adapter aux canicules et au climat futur.
Pour concrétiser ces projets, les élus ne sont pas seuls. Un ensemble d'acteurs, associations, agences d'État et programmes, apportent ingénierie, ressources ou subventions pour accompagner leurs projets.
Jean-Christophe Barbant, délégué permanent du CSF-IPC ;
Jacques Baudrier, président d'Ekopolis ;
François Bergère, délégué général de l'IGD ;
Pierre-Yves Cavé, président de Batylab ;
Gauthier Claramunt, président d'Odéys ;
Benoît Contet, président de Terragilis ;
Frédéric Corset, directeur d'EnvirobatBDM ;
Antoine de Fleurieu, directeur général du Gimelec ;
Véronique Dufour, directrice de Ville & Aménagement Durable ;
Louis Fayolle, directeur commercial de l'Institut négaWatt ;
Gaëlle Bompard, présidente de l'association négaWatt ;
Pascal Guillaume, président de la Fedene ;
Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires ;
Florent Lacarrère et Stéphanie Modde, co-présidents du collectif Effinergie ;
Yves Millardet, président du directoire de l'AFL ;
Matthieu Nedonchelle, président de Novabuild, Association de la construction, de l'immobilier et de l'aménagement durable en Pays de la Loire ;
Stéphane Pardoux, directeur général de l'Anap ;
Guillaume Perrin, directeur d'ACTEE ;
Sylvain Giessner, président d'Envirobat Occitanie ;
Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB ;
Alexandre Sevenet, président de Cinov Ingénierie.
Stéphane LB
Juillet 2026 - article publié initialement sur LinkedIn ► Soyons clairs : le droit à la fraîcheur d'été devient, au même titre que le confort d'hiver, une condition de vie décente, et la climatisation va devenir vitale pour y répondre dans la grande majorité des bâtiments. Il convient toutefois de se garder de raisonnements simplistes, susceptibles de nous conduire dans l'impasse. L'opposition prétendue entre isolation et climatisation repose notamment sur deux idées fausses : 🔸 Idée fausse n°1 : l'isolation ne protégerait que du froid. Un isolant ralentit le flux de chaleur dans les deux sens : il la retient à l'intérieur en hiver, et ralentit son entrée l'été. À l'inverse, une passoire thermique l'hiver devient une bouilloire thermique l'été. Les bâtiments isolés sont non seulement plus confortables en été, mais aussi plus simples à climatiser ensuite. L'isolation ne peut pas tout, mais elle est nécessaire. 🔸 Idée fausse n°2 : on pourrait climatiser n'importe quel logement, même une passoire. En particulier, les PAC, solutions de référence pour le chauffage, pourraient être rendues réversibles en « dimensionnant » bien les émetteurs. Mais sans isolation, cela suppose de multiplier par 5 ou 6 la surface des radiateurs existants, ce qui n'est tout simplement pas réaliste. Quant aux nombreux ménages locataires de logements mal isolés, ils en sont réduits à recourir à des “ climatiseurs » mobiles, très insuffisants dans ces conditions. L'adaptation devient une priorité vitale. Mais un plan climatisation ne peut pas suffire. Nos projections montrent ainsi qu'équiper massivement en climatisation, souvent mobile, les logements mal isolés sans rénovation préalable reste un pansement. C'est une réponse chère, peu efficace, très gourmande en puissance électrique, et surtout insuffisante pour protéger la santé. En attendant un déploiement global, il faut prioriser : climatisation des établissements sensibles (écoles, hôpitaux, EHPAD), solutions de fraîcheur rapides (volets, ombrières, films solaires), et installation sans attendre d'une clim mobile pour les ménages les plus exposés. Le vrai danger n'est pas la climatisation en tant qu'outil, c'est le mirage d'une solution unique, immédiate et indolore, qui dispenserait de rénover, désimperméabiliser, végétaliser, ombrager... alors que ce bouquet de solutions est indispensable pour protéger durablement l'ensemble de la population. Texte intégral (546 mots)
— Face aux canicules, les tribunes fleurissent pour formuler de nouvelles prescriptions. Posant la climatisation comme le seul recours possible, certaines blâment la stratégie de rénovation, qui aurait conduit à en diaboliser l'usage, quand une autre affirme carrément que l'isolation est « impuissante, voire contre-productive », face aux fortes chaleurs.
A l'inverse, associer climatisation et rénovation est une stratégie gagnante. Une PAC réversible dans un logement bien isolé consomme peu, refroidit efficacement et assure le confort des occupants.
Catherine
Yves Marignac, porte parole de l'Association négaWatt, présentera le scénario européen CLEVER adapté au Luxembourg et répondra aux questions du public. (33 mots)
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