Rédaction
Dans l’exercice généralisé du commentaire permanent, il y a un dispositif particulièrement irritant pour faire passer le journaliste en service pour un observateur neutre. Après avoir visionné des images, ou avoir évoqué une situation, le journaliste se tourne vers son invité et lui demande : « qu’est-ce que ça nous dit de… ?« . Comme si des images pouvaient parler toutes seules et délivrer une factualité indiscutable ! En réalité, il n’y a là qu’une ruse de… ventriloque. Cette manipulation repose sur la confusion entre « neutralité » et « impartialité ». Alors que la neutralité est une chimère rhétorique et manipulatrice, l’impartialité est une exigence éthique. C’est Jean Jaurès qui affirmait : « Il n’y a que le néant qui soit neutre ». L’impartialité – dont la déclinaison scientifique s’appelle l’objectivité » – ne consiste pas à prétendre abstraitement être détaché de tout parti pris ou de tout intérêt ; mais elle est une exigence concrète d’honnêteté : ne pas cacher ses engagements, remettre en perspective toute analyse factuelle à la lumière de ses valeurs. Dans tout énoncé factuel, il y a une part d’évaluation : parce tout énoncé est un jugement (de valeur). Donnons 2 exemples d’actualité : Dans ces 2 exemples, le dispositif est le même : faire passer la partialité pour de la neutralité en la dissimulant sous la factualité de faits dont la présentation médiatique n’est que facticité, mise en scène. Ce spectacle « technique » est en réalité un dispositif politique dont l’objectif mystificatoire est assez bien décrit par ce qu’Onofrio Romano nomme « régime de croissance » : le discours politique de la neutralité est un dispositif de neutralisation. Sous couvert de présenter des faits sans jugement (de valeur), la neutralité permet de placer sur un pied d’équivalence les énoncés éclairés honnêtement (et donc discutables au sens de « soumis à la discussion et à la controverse ») et les « vérités alternatives » (qui sont indiscutables, au sens où, dénuées d’argumentation, elles ne sont que des opinions). C’est ce monde de la neutralité qui nous met la tête à l’envers. C’est lui qu’il faut renverser. Texte intégral (699 mots)
Rédaction
Rédaction
L’arrivée commence le samedi 11 juillet dans l’après-midi : pour une tranquille mise en place logistique de la rencontre. Mais la soirée sera déjà festive ♪♫. Puis la semaine se divise en 2 moments → la rencontre (2 jours : le dimanche 12 et le lundi 13) et le focus (3 jours : mardi 14, mercredi 15 et jeudi 16). Le vendredi 17 est consacré au rangement, au nettoyage, à un moment d’échanges sur les (f)estives et à envisager celles des années suivantes. Les inscriptions ne sont pas encore ouvertes, mais dès qu’elles le seront, n’hésitez pas à vous inscrire pour que nous puissions prévoir au mieux la « logistique » de l’événement. Ces (f)estives 2026 de la décroissance, continuent de creuser le sillon idéologique dans lequel nous plaçons la MCD : Il s’agit donc toujours de poursuivre notre critique systémique de l’individualisme : non, au commencement, il n’y a pas des individus isolés et indépendants qu’il s’agirait de relier ; au commencement, il y a des relations et des interdépendances. Tableau des covoiturages proposés : cliquer sur ce lien Paiement : sur place, dès votre arrivée (espèces ou chèque) ou en amont par chèque : à l’ordre de Maison commune de la décroissance, envoyé à Festives/c/ Thierry Brulavoine, 13 rue de l’espérance, 75 013, Paris. Tarif pour 1 journée : 15 € (inscription + 1 repas), ou 20 € (inscription + 2 repas) (si plus d’1 journée) → Pour toute demande d’information supplémentaire, contactez : 06 72 99 66 04 (Arthur) ou contact@ladecroissance.xyz Texte intégral (1548 mots)

Les 3 jours de focus sont précédés de 2 jours de rencontre
Informations pratiques
Covoiturage
Comment y aller
La contribution financière
Michel Lepesant
Voici le livre qu’il faut lire en ce début d’année 2026. D’une part, il fournit une contribution claire et précise qui sera utile à tous ceux qui s’interdisent de critiquer tout en restant dans l’ignorance des théories adverses. En ce sens, ce livre prolonge celui de Serge Audier (Néo-libéralismes, une archéologie intellectuelle, 2012, Grasset) et ceux plus récents de Quinn Slobodian (Les globalistes, Une histoire intellectuelle du néolibéralisme, 2018, trad. fr. 2022, Seuil ; Le capitalisme de l’apocalypse, ou le rêve d’un monde sans démocratie, 2023, trad. fr. 2025, Seuil). D’autre part, il devrait intéresser tout particulièrement les décroissants qui discutent de la cohérence théorique et donc stratégique du mouvement de la décroissance. Rien que le titre nous interpelle : car si les « lumières sombres » caractérisent la pensée néoréactionnaire, alors toute critique de celle-ci reviendra de facto à une défense des Lumières. Ce qui est le cas pour la pensée décroissante : conservatrice peut-être, réactionnaire, certainement pas 1. Ce qui implique de ne pas pouvoir enfermer la décroissance dans une critique monolithique des Lumières, et donc de la modernité 2. Gros chantier idéologique à affronter. De façon très claire, Arnaud Miranda nous introduit à la pensée néoréactionnaire par une suite de portraits des principaux protagonistes : Curtis Yarvin (chap.3), Nick Land (chap.4), la galaxie NRx (chap.5), Peter Thiel et Marc Andreesen (chap.6). Ces portraits sont encadrés par une cartographie des droites américaines (chap.1), par une brève histoire de la néoraction (chap.2) et le livre se conclut par une évocation de la situation actuelle (chap.7). 0:00 Présentation de l’ouvrage et d’Arnaud Miranda 1:16 L’importance de prendre les idées politiques au sérieux 4:45 Typologie des penseurs : de l’académie à la tech 7:35 Conservateurs, réactionnaires et libéraux : les distinctions 16:00 Les racines du libertarianisme américain 21:10 Néoconservateurs vs Paléoconservateurs : le point de rupture 26:00 Alt-right, néoréaction et post-libéralisme 33:50 Curtis Yarvin et le concept de formalisme 44:50 La « Cathédrale » et la stratégie du passivisme 56:50 Nick Land et l’accélérationnisme technocapitaliste 1:05:50 Peter Thiel : promoteur et financeur du mouvement 1:15:00 Quelles réponses pour les démocraties ? * Il me semble qu’au-delà du panorama dressé par l’auteur de cette constellation néoréactionnaire, on peut faire ressortir quelques points, en résonance inversée, en dissonance donc, avec la nébuleuse décroissante. * * On pourra trouver dans le livre d’autres listes des composants de la pensée néoréactionnaire ; et à chaque fois, il sera pertinent que la décroissance prenne le contrepied de ces listes. Je ferais juste remarquer une absence dans ces listes : la composante religieuse. Pour Marcel Gaucher, les USA vivraient en ce moment leur « sortie de la religion » ; pourquoi pas. Mais, en tout état de cause, cette absence signifie peut-être que cette pensée néoréactionnaire a totalement intégré la victoire d’un individualisme qui peut aller jusqu’à se débarrasser de tout ce qu’une religion peut apporter de socialisant : c’est à cette aune qu’il faudrait relire le court essai d’Hartmut Rosa, Pourquoi la démocratie a besoin de religion, 2022, trad.fr. 2023, La Découverte. D’autant qu’Arnaud Miranda a raison d’insister tout au long de son livre sur la dimension contre-culturelle de l’utilisation d’internet (p.154) pour assurer la diffusion de cette pensée néoréactionnaire : comme si, dans une société rêvée comme n’étant plus qu’une collection d’individus séparés, le véritable succès des réseaux sociaux consistaient à rendre obsolètes les liens sociaux en général, et donc à ringardiser la religion dont la fonction sociale d’intégration serait has been. Texte intégral (1603 mots)

Notes et références
🌱 Bon Pote
Actu-Environnement
Amis de la Terre
Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds
🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
🌱 Printemps des Luttes Locales
F.N.E (AURA)
Greenpeace Fr
JNE
La Relève et la Peste
La Terre
Le Lierre
Le Sauvage
Low-Tech Mag.
Motus & Langue pendue
Mountain Wilderness
Negawatt
🌱 Observatoire de l'Anthropocène