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La députée de l’Orne Chantal Jourdan et la Coordination libre évolution y organisent, tout l’après-midi, le colloque « La libre évolution pour repenser notre rapport au vivant ». Face à l’effondrement du vivant, les méthodes habituelles de gestion de la nature ne suffisent plus. La nature reste pensée comme un espace à contrôler, aménager, exploiter ou entretenir. La libre évolution propose l’inverse : laisser des espaces naturels se développer spontanément, sans intervention humaine. Elle représente aujourd’hui moins de 1 % du territoire hexagonal. La CLÉ porte un objectif de 10 % d’ici 2030. L’écart est le sujet même de cette après-midi. Trois ambitions : Un rendez-vous qui concerne les parlementaires, les collectivités, les propriétaires fonciers et forestiers, les juristes, et celles et ceux qui font vivre ces espaces sur le terrain. Le programme détaillé et les modalités d’inscription seront publiés en septembre. The post SAVE THE DATE – Colloque : La libre évolution, pour repenser notre rapport au vivant appeared first on Coordination Libre Evolution. (305 mots)
Le mercredi 30 septembre, la libre évolution entre au Palais Bourbon.
• clarifier le concept de libre évolution
• mettre en lumière ses bénéfices écologiques, climatiques et sociaux
• identifier les leviers juridiques et politiques pour formuler des propositions concrètes
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Pendant des décennies, protéger la nature signifiait intervenir : planter, entretenir, débroussailler, restaurer, contrôler. Mais une idée gagne aujourd’hui du terrain chez les écologues, les gestionnaires d’espaces naturels et même certaines collectivités : et si la meilleure chose à faire pour certains écosystèmes était… de les laisser tranquilles ? Ce courant, appelé libre évolution ou rewilding, ne consiste pas simplement à “abandonner” la nature. Il remet profondément en question notre rapport au vivant, notre obsession du contrôle et même notre définition de ce qu’est une “bonne” gestion écologique. Voici les idées les plus surprenantes — parfois dérangeantes — tirées du mémoire Non-gestion, libre évolution et nature spontanée : état des connaissances et enjeux pour la biodiversité.
C’est probablement l’idée la plus contre-intuitive du rapport : certaines actions de protection peuvent elles-mêmes perturber les dynamiques naturelles. Le philosophe François Terrasson allait jusqu’à écrire : « Protéger, c’est détruire. » Une phrase provocatrice, mais qui résume bien la critique formulée contre une écologie trop interventionniste. Creuser des mares, débroussailler des pelouses calcaires ou installer des nichoirs restent des actes de contrôle humain. La libre évolution propose donc un renversement radical : reconnaître que les écosystèmes possèdent leur propre capacité d’organisation, d’adaptation et de résilience. Ce qui fascine ici, c’est le déplacement philosophique : l’humain cesse d’être le “gestionnaire suprême” du vivant.
Pendant longtemps, la conservation visait à maintenir un “état de référence” : préserver telle forêt, telle prairie ou telle espèce dans un état supposé stable. Mais avec le dérèglement climatique, cette logique devient de plus en plus fragile. Les espèces migrent, les températures changent, les écosystèmes se recomposent. Le rapport souligne qu’il devient parfois « difficile, voire peu pertinent, de chercher à figer les écosystèmes dans un état donné ». Autrement dit : la nature n’est plus un musée. C’est une idée vertigineuse pour les politiques environnementales, car elle oblige à passer d’une logique de conservation fixe à une logique d’accompagnement du changement.
L’un des enseignements les plus étonnants des recherches récentes concerne la restauration passive. Des études citées dans le mémoire montrent que, dans de nombreux territoires abandonnés par l’agriculture, les forêts recolonisent naturellement les espaces avec une efficacité parfois comparable aux projets coûteux de reboisement actif. Les chercheurs notent même que : Cela pose une question inconfortable : combien de projets écologiques existent surtout parce que nous avons du mal à accepter de “ne rien faire” ?
Quand on pense biodiversité, on imagine rarement des terrains vagues, des interstices urbains ou des friches industrielles. Et pourtant. Le mémoire montre que certaines villes — notamment Paris — intègrent déjà discrètement les principes de libre évolution à travers des politiques de “laisser pousser”. Cela peut concerner : Le plus intéressant ici n’est pas seulement écologique : c’est culturel. Nous avons été conditionnés à associer nature “propre” et nature “bien gérée”. Une friche nous semble souvent négligée… alors qu’elle peut être extraordinairement vivante. Le concept de wilderness — au cœur du mouvement de libre évolution — ne vient pas seulement de la science écologique. Il est aussi né de la littérature, de la peinture et de la philosophie romantique. Les auteurs rappellent que des artistes comme Turner ou Coleridge ont contribué à transformer les espaces sauvages : Autrement dit : notre vision du sauvage n’est jamais neutre. Ce que nous appelons “nature” dit souvent davantage sur notre imaginaire collectif que sur les écosystèmes eux-mêmes.
C’est un malentendu fréquent. Même dans les espaces protégés les plus stricts, certaines interventions restent parfois nécessaires : La libre évolution n’est donc pas une “mise sous cloche”. Comme l’écrit Baptiste Morizot : « La libre évolution n’est pas une mise sous cloche, mais la préservation de potentiels évolutifs. » Cette nuance est essentielle. Le débat n’oppose pas “nature” et “humanité”, mais différentes manières d’habiter le vivant.
Le mémoire revient souvent sur une idée fascinante : notre difficulté à accepter le désordre naturel. Une forêt morte, des arbres tombés, une prairie qui se ferme, des ronces envahissantes… beaucoup de dynamiques naturelles nous paraissent inquiétantes ou “mal entretenues”. Pierre Mossant résume ce problème avec une formule frappante : « L’échelle de la nature n’est pas acceptable pour l’humain. » La libre évolution impose en effet : Dans une société obsédée par l’optimisation et l’immédiateté, c’est presque révolutionnaire.
Le plus intéressant dans la libre évolution n’est peut-être pas seulement ce qu’elle dit des écosystèmes… mais ce qu’elle révèle de nous-mêmes. Pourquoi avons-nous tant besoin de contrôler le vivant ? Pourquoi l’idée d’une nature autonome nous met-elle parfois mal à l’aise ? À mesure que les crises écologiques s’aggravent, une question devient de plus en plus difficile à éviter : Et si, dans certains cas, la meilleure manière d’aider la nature était enfin de lui laisser la possibilité d’inventer sa propre trajectoire ? The post “Et si protéger la nature consistait surtout à arrêter de la gérer ?” 7 idées qui bousculent notre vision de l’écologie appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (1777 mots)
La nature n’a peut-être pas besoin d’être “sauvée” en permanence
Le changement climatique rend les anciennes méthodes de conservation obsolètes
Certaines forêts repoussent très bien… sans nous
Même les friches urbaines peuvent devenir des refuges écologiques
La “nature sauvage” est aussi une construction culturelle
La libre évolution n’est pas forcément l’absence totale d’humains
Le plus grand obstacle n’est peut-être pas écologique… mais psychologique
Une nouvelle écologie du lâcher-prise ?
Sources
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The post Le paradoxe des forêts sauvages : pourquoi « ne rien faire » pourrait les sauver des flammes appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (1677 mots)
Le mythe de la forêt « propre »
Le bois mort, une éponge invisible
La canopée fermée : une climatisation naturelle
La force de l’âge : le bouclier des vieux arbres
L’isolement : une protection contre l’erreur humaine
La nuance nécessaire : quand la météo dicte sa loi
Vers un nouvel équilibre forestier
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Dans un article publié le 16 avril 2026, Dernières Nouvelles d’Alsace revient sur une décision forte prise par la commune de Wildenstein, dans le massif des Vosges : placer plus de 320 hectares de forêts communales en libre évolution pendant 99 ans. Cette mesure, officialisée par la signature d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE), interdit toute exploitation forestière, construction ou travaux sur ces parcelles situées notamment autour du Grand Ventron et du Rothenbach. La promenade y restera toutefois autorisée. L’objectif affiché est clair : laisser la forêt retrouver son fonctionnement naturel afin de préserver durablement la biodiversité. Ce choix est particulièrement remarquable dans un contexte où la gestion forestière reste largement dominée par des logiques d’exploitation du bois. À Wildenstein, la commune assume au contraire une vision de long terme. Le maire Ludovic Marinoni souligne d’ailleurs que certaines parcelles, très pentues, sont difficiles à exploiter et qu’il est plus pertinent écologiquement de les laisser évoluer librement. Le projet bénéficie du soutien financier du WWF France, qui versera 252 000 euros sur trente ans afin de compenser la perte des revenus forestiers. En échange, la commune s’engage notamment à préserver des îlots de pleine naturalité, à sensibiliser le public à la libre évolution forestière et à suivre scientifiquement certaines espèces, comme les coléoptères ou le lynx. Cette forêt présente en effet un caractère exceptionnel. Le secteur abrite des espèces emblématiques et menacées comme le lynx boréal ou le grand tétras, et se situe à proximité de la Réserve naturelle nationale du Grand Ventron, intégrée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses hêtraies anciennes. L’article des DNA rappelle également un point essentiel souvent oublié : lorsque l’activité humaine cesse, la biodiversité peut rapidement reprendre ses droits. Comme l’explique Jean-Marie Lettermann, du Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace, les espaces protégés permettent aux milieux rares ou fragiles de subsister et de se développer dans la durée. Cette initiative illustre une évolution profonde de notre rapport à la forêt. Face à l’effondrement de la biodiversité et aux effets du changement climatique, certaines collectivités choisissent désormais de protéger les écosystèmes plutôt que de les rentabiliser à court terme. Wildenstein devient ainsi l’un des exemples les plus ambitieux de libre évolution forestière en Alsace. Source : article de Jean Martini publié dans Dernières Nouvelles d’Alsace le 16 avril 2026. The post Wildenstein choisit la libre évolution : 350 hectares sanctuarisés pour un siècle appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (548 mots)
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