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La députée de l’Orne Chantal Jourdan et la Coordination libre évolution y organisent, tout l’après-midi, le colloque « La libre évolution pour repenser notre rapport au vivant ». Face à l’effondrement du vivant, les méthodes habituelles de gestion de la nature ne suffisent plus. La nature reste pensée comme un espace à contrôler, aménager, exploiter ou entretenir. La libre évolution propose l’inverse : laisser des espaces naturels se développer spontanément, sans intervention humaine. Elle représente aujourd’hui moins de 1 % du territoire hexagonal. La CLÉ porte un objectif de 10 % d’ici 2030. L’écart est le sujet même de cette après-midi. Trois ambitions : Un rendez-vous qui concerne les parlementaires, les collectivités, les propriétaires fonciers et forestiers, les juristes, et celles et ceux qui font vivre ces espaces sur le terrain. Le programme détaillé et les modalités d’inscription seront publiés en septembre. The post SAVE THE DATE – Colloque : La libre évolution, pour repenser notre rapport au vivant appeared first on Coordination Libre Evolution. (305 mots)
Le mercredi 30 septembre, la libre évolution entre au Palais Bourbon.
• clarifier le concept de libre évolution
• mettre en lumière ses bénéfices écologiques, climatiques et sociaux
• identifier les leviers juridiques et politiques pour formuler des propositions concrètes
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Pendant des décennies, protéger la nature signifiait intervenir : planter, entretenir, débroussailler, restaurer, contrôler. Mais une idée gagne aujourd’hui du terrain chez les écologues, les gestionnaires d’espaces naturels et même certaines collectivités : et si la meilleure chose à faire pour certains écosystèmes était… de les laisser tranquilles ? Ce courant, appelé libre évolution ou rewilding, ne consiste pas simplement à “abandonner” la nature. Il remet profondément en question notre rapport au vivant, notre obsession du contrôle et même notre définition de ce qu’est une “bonne” gestion écologique. Voici les idées les plus surprenantes — parfois dérangeantes — tirées du mémoire Non-gestion, libre évolution et nature spontanée : état des connaissances et enjeux pour la biodiversité.
C’est probablement l’idée la plus contre-intuitive du rapport : certaines actions de protection peuvent elles-mêmes perturber les dynamiques naturelles. Le philosophe François Terrasson allait jusqu’à écrire : « Protéger, c’est détruire. » Une phrase provocatrice, mais qui résume bien la critique formulée contre une écologie trop interventionniste. Creuser des mares, débroussailler des pelouses calcaires ou installer des nichoirs restent des actes de contrôle humain. La libre évolution propose donc un renversement radical : reconnaître que les écosystèmes possèdent leur propre capacité d’organisation, d’adaptation et de résilience. Ce qui fascine ici, c’est le déplacement philosophique : l’humain cesse d’être le “gestionnaire suprême” du vivant.
Pendant longtemps, la conservation visait à maintenir un “état de référence” : préserver telle forêt, telle prairie ou telle espèce dans un état supposé stable. Mais avec le dérèglement climatique, cette logique devient de plus en plus fragile. Les espèces migrent, les températures changent, les écosystèmes se recomposent. Le rapport souligne qu’il devient parfois « difficile, voire peu pertinent, de chercher à figer les écosystèmes dans un état donné ». Autrement dit : la nature n’est plus un musée. C’est une idée vertigineuse pour les politiques environnementales, car elle oblige à passer d’une logique de conservation fixe à une logique d’accompagnement du changement.
L’un des enseignements les plus étonnants des recherches récentes concerne la restauration passive. Des études citées dans le mémoire montrent que, dans de nombreux territoires abandonnés par l’agriculture, les forêts recolonisent naturellement les espaces avec une efficacité parfois comparable aux projets coûteux de reboisement actif. Les chercheurs notent même que : Cela pose une question inconfortable : combien de projets écologiques existent surtout parce que nous avons du mal à accepter de “ne rien faire” ?
Quand on pense biodiversité, on imagine rarement des terrains vagues, des interstices urbains ou des friches industrielles. Et pourtant. Le mémoire montre que certaines villes — notamment Paris — intègrent déjà discrètement les principes de libre évolution à travers des politiques de “laisser pousser”. Cela peut concerner : Le plus intéressant ici n’est pas seulement écologique : c’est culturel. Nous avons été conditionnés à associer nature “propre” et nature “bien gérée”. Une friche nous semble souvent négligée… alors qu’elle peut être extraordinairement vivante. Le concept de wilderness — au cœur du mouvement de libre évolution — ne vient pas seulement de la science écologique. Il est aussi né de la littérature, de la peinture et de la philosophie romantique. Les auteurs rappellent que des artistes comme Turner ou Coleridge ont contribué à transformer les espaces sauvages : Autrement dit : notre vision du sauvage n’est jamais neutre. Ce que nous appelons “nature” dit souvent davantage sur notre imaginaire collectif que sur les écosystèmes eux-mêmes.
C’est un malentendu fréquent. Même dans les espaces protégés les plus stricts, certaines interventions restent parfois nécessaires : La libre évolution n’est donc pas une “mise sous cloche”. Comme l’écrit Baptiste Morizot : « La libre évolution n’est pas une mise sous cloche, mais la préservation de potentiels évolutifs. » Cette nuance est essentielle. Le débat n’oppose pas “nature” et “humanité”, mais différentes manières d’habiter le vivant.
Le mémoire revient souvent sur une idée fascinante : notre difficulté à accepter le désordre naturel. Une forêt morte, des arbres tombés, une prairie qui se ferme, des ronces envahissantes… beaucoup de dynamiques naturelles nous paraissent inquiétantes ou “mal entretenues”. Pierre Mossant résume ce problème avec une formule frappante : « L’échelle de la nature n’est pas acceptable pour l’humain. » La libre évolution impose en effet : Dans une société obsédée par l’optimisation et l’immédiateté, c’est presque révolutionnaire.
Le plus intéressant dans la libre évolution n’est peut-être pas seulement ce qu’elle dit des écosystèmes… mais ce qu’elle révèle de nous-mêmes. Pourquoi avons-nous tant besoin de contrôler le vivant ? Pourquoi l’idée d’une nature autonome nous met-elle parfois mal à l’aise ? À mesure que les crises écologiques s’aggravent, une question devient de plus en plus difficile à éviter : Et si, dans certains cas, la meilleure manière d’aider la nature était enfin de lui laisser la possibilité d’inventer sa propre trajectoire ? The post “Et si protéger la nature consistait surtout à arrêter de la gérer ?” 7 idées qui bousculent notre vision de l’écologie appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (1777 mots)
La nature n’a peut-être pas besoin d’être “sauvée” en permanence
Le changement climatique rend les anciennes méthodes de conservation obsolètes
Certaines forêts repoussent très bien… sans nous
Même les friches urbaines peuvent devenir des refuges écologiques
La “nature sauvage” est aussi une construction culturelle
La libre évolution n’est pas forcément l’absence totale d’humains
Le plus grand obstacle n’est peut-être pas écologique… mais psychologique
Une nouvelle écologie du lâcher-prise ?
Sources
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The post Le paradoxe des forêts sauvages : pourquoi « ne rien faire » pourrait les sauver des flammes appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (1677 mots)
Le mythe de la forêt « propre »
Le bois mort, une éponge invisible
La canopée fermée : une climatisation naturelle
La force de l’âge : le bouclier des vieux arbres
L’isolement : une protection contre l’erreur humaine
La nuance nécessaire : quand la météo dicte sa loi
Vers un nouvel équilibre forestier
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Dans un article publié le 16 avril 2026, Dernières Nouvelles d’Alsace revient sur une décision forte prise par la commune de Wildenstein, dans le massif des Vosges : placer plus de 320 hectares de forêts communales en libre évolution pendant 99 ans. Cette mesure, officialisée par la signature d’une Obligation Réelle Environnementale (ORE), interdit toute exploitation forestière, construction ou travaux sur ces parcelles situées notamment autour du Grand Ventron et du Rothenbach. La promenade y restera toutefois autorisée. L’objectif affiché est clair : laisser la forêt retrouver son fonctionnement naturel afin de préserver durablement la biodiversité. Ce choix est particulièrement remarquable dans un contexte où la gestion forestière reste largement dominée par des logiques d’exploitation du bois. À Wildenstein, la commune assume au contraire une vision de long terme. Le maire Ludovic Marinoni souligne d’ailleurs que certaines parcelles, très pentues, sont difficiles à exploiter et qu’il est plus pertinent écologiquement de les laisser évoluer librement. Le projet bénéficie du soutien financier du WWF France, qui versera 252 000 euros sur trente ans afin de compenser la perte des revenus forestiers. En échange, la commune s’engage notamment à préserver des îlots de pleine naturalité, à sensibiliser le public à la libre évolution forestière et à suivre scientifiquement certaines espèces, comme les coléoptères ou le lynx. Cette forêt présente en effet un caractère exceptionnel. Le secteur abrite des espèces emblématiques et menacées comme le lynx boréal ou le grand tétras, et se situe à proximité de la Réserve naturelle nationale du Grand Ventron, intégrée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses hêtraies anciennes. L’article des DNA rappelle également un point essentiel souvent oublié : lorsque l’activité humaine cesse, la biodiversité peut rapidement reprendre ses droits. Comme l’explique Jean-Marie Lettermann, du Conservatoire d’espaces naturels d’Alsace, les espaces protégés permettent aux milieux rares ou fragiles de subsister et de se développer dans la durée. Cette initiative illustre une évolution profonde de notre rapport à la forêt. Face à l’effondrement de la biodiversité et aux effets du changement climatique, certaines collectivités choisissent désormais de protéger les écosystèmes plutôt que de les rentabiliser à court terme. Wildenstein devient ainsi l’un des exemples les plus ambitieux de libre évolution forestière en Alsace. Source : article de Jean Martini publié dans Dernières Nouvelles d’Alsace le 16 avril 2026. The post Wildenstein choisit la libre évolution : 350 hectares sanctuarisés pour un siècle appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (548 mots)
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The post Naturalité n°31 est disponible ! appeared first on Coordination Libre Evolution. (469 mots)
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Le 17 octobre, la Coordination Libre Évolution (CLÉ) organisait à l’Académie du Climat, à Paris, une grande journée d’échanges et de sensibilisation dédiée à une idée simple et révolutionnaire : laisser la nature évoluer librement. Intitulé « Foutons la paix à la nature ! – La libre évolution comme clé pour protéger le vivant », l’événement a réuni scientifiques, associations, acteurs institutionnels et citoyens engagés autour d’un objectif commun : faire de la libre évolution un pilier majeur de la protection du vivant. La libre évolution consiste à laisser les écosystèmes suivre leurs processus naturels – croissance, vieillissement, prédation, cycles forestiers, dynamique de l’eau, dispersion des espèces… – sans gestion ou intervention humaine intrusive. Ce n’est ni « l’abandon » d’un espace, ni une absence d’attention : c’est une stratégie active de préservation, fondée sur le constat que la nature sait très souvent mieux faire seule que les interventions humaines répétées. À l’heure du réchauffement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et de l’artificialisation accélérée, la libre évolution apparaît comme une voie indispensable pour : La CLÉ porte un objectif clair : atteindre 10 % du territoire métropolitain en libre évolution d’ici 2030. La rencontre du 17 octobre s’articulait autour d’un village associatif, de temps conviviaux et de quatre mini-conférences ouvertes à tous. Elle a permis de mettre en dialogue expertise scientifique, initiatives de terrain et mobilisation citoyenne. Le spécialiste a rappelé que protéger un espace, ce n’est pas toujours y intervenir : « Laisser vieillir les arbres, accepter les dynamiques naturelles, laisser les cycles se dérouler, c’est permettre à la forêt et à la biodiversité de retrouver puissance et résilience. » Il a également souligné le rôle majeur des forêts en libre évolution face au changement climatique. Une conférence consacrée à déconstruire les idées reçues : risques d’incendie, prolifération d’espèces, “désordre”, sécurité des usagers… Les intervenantes ont montré que la libre évolution est souvent plus sûre et plus stable que les milieux artificialisés. Les auteurs ont présenté des exemples concrets d’espaces réensauvagés, en France et ailleurs, montrant l’extraordinaire capacité de la nature à se régénérer lorsqu’on lui en laisse la possibilité. Un panel inspirant, tourné vers l’action : mobilisation citoyenne, plaidoyer local, participation associative, don ou protection de terrains, collaboration avec les élus… Toute l’après-midi, le « Village des solutions » a permis aux associations membres de la CLÉ de présenter leurs projets, outils et actions concrètes. Le public a pu découvrir : Ce village a incarné l’esprit même de la CLÉ : mutualiser, relier, amplifier, fédérer. Le slogan « Foutons la paix à la nature ! » traduit une prise de position forte : la nature n’a pas toujours besoin de nous – c’est nous qui avons besoin d’elle. La libre évolution ne s’oppose pas aux autres formes de protection, mais elle rappelle que certains espaces doivent pouvoir fonctionner hors de l’intervention humaine, pour retrouver équilibre, complexité et puissance écologique. La journée s’est conclue sur un appel à renforcer la dynamique collective : Chacun peut contribuer à élargir la place laissée au vivant. La libre évolution n’est pas un concept abstrait : c’est un outil concret, réaliste, mesurable et profondément nécessaire. …tous les intervenants, les associations présentes, les bénévoles, les équipes de l’Académie du Climat et le fonds Demain sur terre et les nombreux participants venus échanger, apprendre et faire grandir le mouvement. La journée du 17 octobre restera une étape importante pour renforcer la reconnaissance officielle, politique et citoyenne de la libre évolution en France. The post « Foutons la paix à la nature ! » – Retour sur la journée de la libre évolution du 17 octobre à l’Académie du Climat appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (1272 mots)
Conférence de Jean-Claude Génot à l’Académie du Climat – 17 octobre 2025[/caption]Comprendre la libre évolution : un changement de paradigme
Une journée riche d’échanges et de perspectives
Temps forts de la journée
1. Jean-Claude Génot – « La libre évolution, à quoi ça sert ? »
2. Coline Drapier & Laura Maebe – « Faut-il avoir peur de la libre évolution ? »3. Béatrice Kremer-Cochet & Gilbert Cochet – « Redonner de la place à la nature en libre évolution : réussites et perspectives »

4. Julie de Saint Blanquat, Jean-Luc Maillard & Dominique Souchier – « Comment devenir acteur de la libre évolution ? »
Un village des solutions dynamique et fédérateur
Laisser la nature respirer : un acte écologique et politique
Et maintenant ? Comment agir pour la libre évolution
La CLÉ remercie…
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Nous sommes très heureuses et heureux de vous inviter au premier événement organisé par la 🌿 Coordination Libre Évolution, collectif dont notre association fait partie ! 📅 Nous vous donnons rendez-vous le 17 octobre 2025 à l’Académie du climat de Paris pour échanger autour du concept de Libre Évolution. 🤔 La libre… quoi ? Un espace en libre évolution est une zone gouvernée par des processus naturels. Il est non ou peu modifié et sans activité humaine intrusive ou extractive, habitat permanent, infrastructure ou perturbation visuelle. Les associations membres de la CLÉ seront présentes pour vous 💬 présenter leurs actions sur leurs stands et des conférences seront animées tout l’après-midi. Programme complet ci-dessous : Événement gratuit, ouvert à toutes et tous, à destination du grand public : on vous y attend nombreuses et nombreux ! 4 mini-conférences rythmeront la seconde partie de journée. Elles seront chacune suivies de 15 minutes de débat avec le public. Vous pouvez dès à présent vous y inscrire Billetterie : https://www.helloasso.com/ N’oubliez pas de vous inscrire aussi au Village des solutions : Avec le soutien de : The post Foutons la paix à la nature ! – 17 octobre 2025 à Paris appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (904 mots)
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Billeterie : https://www.helloasso.com/associations/animal-cross/evenements/village-des-soutions
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Le projet « DeadWood4Forests », fruit d’une collaboration entre l’ULiège, le Centre National de la Propriété Forestière, TER-consult, Forêt.Nature et la Société Royale Forestière de Belgique, met en lumière l’importance capitale du bois mort pour des forêts vivantes et plus résilientes. Longtemps perçu comme un simple déchet, le bois mort est aujourd’hui reconnu comme un composant indispensable des écosystèmes forestiers, jouant un rôle crucial dans le maintien de la biodiversité et des processus écologiques essentiels. Le bois mort, qu’il soit sur pied (chandelle) ou au sol, intervient à de multiples niveaux dans le fonctionnement de la forêt. Sa décomposition, qui commence dès la mort de l’arbre ou de ses parties, est un processus complexe influencé par la température, l’humidité, la taille de la pièce de bois et sa composition chimique. Les feuillus se décomposent généralement plus rapidement que les conifères. Malgré ces avantages, la Wallonie accuse un retard important en matière de quantités de bois mort par rapport à ses voisins européens. En 2015-2023, les forêts wallonnes contenaient en moyenne 12,3 m³/ha de bois mort (avec un seuil de mesure de 7 cm de diamètre), soit seulement 4,4% du bois vivant. En comparaison, les pays et régions limitrophes atteignent des volumes nettement supérieurs : près de 20 m³/ha au Luxembourg (il y a 20 ans), plus de 20 m³/ha en France, et entre 33 et 38 m³/ha en Allemagne en 2022. Le nombre d’arbres morts par hectare en forêt publique wallonne n’est que de 0,65 arbre/ha. Les normes wallonnes actuelles concernant le bois mort et les arbres d’intérêt biologique (AIB) sont jugées trop limitées et insuffisamment mises en œuvre. Par exemple, la norme wallonne est de 0,5 AIB/ha, contre 2 à 10 AIB/ha chez les voisins. L’analyse des martelages effectués par le DNF depuis 30 ans révèle qu’une quantité non négligeable de bois de faible valeur économique (bois cassés, secs, gélivés, porteurs de champignons, etc.) est actuellement exploitée et pourrait potentiellement être laissée en forêt pour augmenter le stock de bois mort. De même, les houppiers et autres reliquats (qui représentent près d’un quart des volumes martelés en feuillus) constituent une large réserve potentielle de bois mort s’ils étaient tous réservés à la nature. Les crises sanitaires, comme celle du hêtre à la fin des années 1990, sont identifiées comme des opportunités majeures pour augmenter le volume de bois mort. L’exploitation systématique des arbres malades, bien que visant à sauver un capital économique, a eu des impacts négatifs sur la durée de la crise, les prix du marché et la santé des sols, alors qu’une non-intervention aurait pu restaurer des niveaux intéressants de nécromasse et de biodiversité. L’enquête sociologique du projet a révélé plusieurs freins au maintien du bois mort. Les gestionnaires forestiers publics, bien que reconnaissant son importance pour la biodiversité, manquent souvent de connaissances précises sur les espèces dépendantes. Les préoccupations économiques, notamment pour le chêne, restent un frein majeur. Des jugements esthétiques (« forêt propre ») persistent, et la crainte des risques sanitaires (scolytes notamment) conduit à des coupes préventives, même si les agents savent que cela n’est pas toujours justifié. Les propriétaires privés, tout en ayant une perception globalement positive du bois mort, le considèrent souvent comme une question « non-prioritaire » et sont réticents à laisser des arbres valorisables économiquement. L’influence des gestionnaires forestiers, perçus comme des « experts », est significative. La sécurité (risque de chute) est une préoccupation majeure, poussant à l’abattage d’arbres proches des chemins. L’analyse économique du rapport montre que le « manque à gagner » lié au maintien du bois mort est souvent marginal, voire nul, dans des conditions d’exploitation complexes (pentes fortes, sols humides) ou sur des terrains peu productifs. Pour un arbre-habitat de grande taille, la perte financière maximale est estimée à environ 7€/an dans des conditions très favorables (chêne en productivité élevée, exploitation aisée). Le bois mort et les arbres-habitats génèrent de nombreux services écosystémiques (appelés « contributions de la nature aux sociétés et au bien-être humain » ou NCP par l’IPBES), dont la valeur économique dépasse souvent la perte de revenus liée à l’exploitation. Par exemple, la production de bois ne représente que 32% de la valeur économique totale d’une forêt étudiée en Bavière, les autres services (protection de l’eau, régulation climatique, biodiversité) constituant 68%. Le projet propose une stratégie ambitieuse pour la Wallonie, articulée autour de trois objectifs biologiques : La stratégie suggère d’adopter une approche combinant « land sparing » (zones protégées strictes) et « land sharing » (intégration du bois mort en forêt de production). Des itinéraires techniques sont proposés pour désigner les zones en libre évolution et les arbres-habitats, en tenant compte des risques pour la sécurité publique (avec une collaboration avec le secteur des assurances pour une approche plus cohérente de la responsabilité). Pour concrétiser cette stratégie, plusieurs chantiers sont identifiés : Ce rapport conclut qu’une approche collective et transdisciplinaire est indispensable pour l’avenir des écosystèmes forestiers wallons, permettant de développer des diagnostics partagés et des consensus sur les objectifs à atteindre. Le bois mort n’est pas une perte, mais un investissement dans la fertilité, la productivité et la résilience de nos forêts, garantissant qu’elles continuent de nous fournir leurs multiples contributions essentielles pour les générations futures. The post Le bois mort : un trésor essentiel pour la résilience de nos forêts wallonnes appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (2383 mots)
Les rôles vitaux du bois mort dans l’écosystème forestier
Environ 25% des espèces forestières dépendent du bois en décomposition pour au moins une partie de leur cycle de vie, incluant des milliers d’espèces d’insectes, de champignons, d’oiseaux (comme les pics), de chauves-souris, de petits mammifères et d’amphibiens. La diversité des types de bois mort (tailles, essences, stades de décomposition, exposition) est primordiale pour maintenir des communautés saproxyliques fonctionnelles. Les très gros bois, morts ou vivants, sont particulièrement favorables à l’accueil de cette biodiversité.
Le bois mort est un réservoir important de carbone et d’éléments nutritifs. Au fur et à mesure de sa décomposition, les organismes décomposeurs (principalement champignons et bactéries) libèrent progressivement ces nutriments (azote, phosphore, calcium, etc.) dans le sol, les rendant assimilables par les plantes. Les bois de feuillus ont généralement un effet plus favorable sur le sol que ceux des conifères. Maintenir du bois mort en forêt contribue significativement à maintenir et restaurer la fertilité de la station forestière et, par conséquent, la production de bois. Les récoltes intensives de rémanents peuvent entraîner de très fortes exportations d’éléments minéraux, impactant négativement la fertilité des sols.
Le bois mort, surtout au sol et en décomposition avancée, peut accumuler une importante proportion d’eau, jouant un rôle clé dans un contexte de sécheresses croissantes. Cette humidité stimule l’activité mycorhizienne du sol et améliore sa porosité, ce qui lui permet de retenir davantage d’eau. Il sert également de substrat efficace pour la régénération naturelle de certaines essences comme l’épicéa commun et le sapin pectiné, en particulier les bois de grand diamètre.
Le bois mort agit comme une barrière naturelle contre le broutage des jeunes plants par les ongulés sauvages (chevreuils, cerfs). Il peut également limiter l’érosion des sols en terrain pentu. Contrairement à une idée reçue, la conservation disséminée d’arbres-habitats ou de bois morts n’a pas d’influence sur le risque d’épidémie de ravageurs. Au contraire, la présence de vieux arbres et de bois en décomposition peut accueillir les prédateurs et parasitoïdes des organismes ravageurs, contribuant ainsi au contrôle biologique.
Concernant les incendies, la principale cause est humaine. Les gros bois morts très décomposés ont une faible inflammabilité en raison de leur forte teneur en eau. Après un incendie, le maintien du bois mort sur site est recommandé pour favoriser la régénération, fournir de l’ombrage et protéger le sol de l’érosion.
Dans les cours d’eau, les accumulations de bois mort (embâcles) jouent de nombreux rôles écologiques : ils créent des habitats pour de nombreuses espèces, augmentent l’hétérogénéité morphologique du cours d’eau, freinent l’écoulement (limitant la violence des crues) et participent à la formation de mouilles, utiles en période de sécheresse. Le bois mort dans l’eau contribue également à la dénitrification.Un retard wallon à combler
Perceptions et freins au changement
Analyse coûts/bénéfices : un investissement rentable à long terme
Propositions pour une stratégie wallonne intégrative
Vers l’avenir : sensibilisation, recherche et gouvernance
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La Bretagne va accueillir bientôt une nouvelle Réserve Biologique Intégrale (RBI) : la forêt de la Corbière. Située dans un cadre naturel exceptionnel, cette forêt devient un symbole de la volonté départementale et nationale de favoriser la libre évolution des écosystèmes forestiers. Qu’est-ce qu’une RBI ? Une Réserve Biologique Intégrale est une zone forestière où les interventions humaines, notamment l’exploitation forestière, sont proscrites ou strictement limitées. L’objectif est de laisser la nature suivre son cours, permettant aux écosystèmes de se régénérer et d’évoluer librement. Ce modèle de gestion contribue à la préservation de la biodiversité, à l’étude scientifique des dynamiques naturelles et à la sensibilisation à l’importance des forêts sauvages. La Forêt de la Corbière, un joyau breton Située dans le département de l’Ille-et-Vilaine, la forêt de la Corbière s’étend sur plus de 600 hectares. Riche en biodiversité, elle abrite des espèces emblématiques telles que le pic noir, la salamandre tachetée, de nombreuse chauves-souris arboricoles et des lichens rares. Ses sols variés, allant des landes humides aux zones boisées profondes, offrent un habitat idéal pour de nombreuses espèces animales et végétales. Les objectifs de la RBI de la Corbière Un projet porteur d’espoir La création de la RBI de la Corbière s’inscrit dans une stratégie plus large visant à augmenter les espaces laissés à la nature en France. Elle témoigne d’un engagement fort en faveur de la transition écologique et de la lutte contre l’érosion de la biodiversité. Un partenariat avec le département d’Ille-et-Vilaine Le département d’Ille-et-Vilaine s’est engagé pleinement dans la création de cette RBI. Après l’acquisition du massif en 2002, dans le cadre de sa politique sur les Espaces Naturels Sensibles, le Département a engagé des inventaires, études et suivis de la faune et de la flore, établit un premier aménagement forestier assez conservateur avec l’ONF, puis finalement engagé le processus de classement en RBI en 2024. L’ensemble des associations naturalistes, scientifiques, usagers, forestiers… ont été consultés et associés à cette décision ambitieuse, et participent désormais aux orientations de suivi et d’étude de la forêt de la Corbière. Une forêt pour tous, mais pas à tout prix Bien que la RBI ne soit pas accessible aux activités humaines classiques, elle reste un lieu d’inspiration et de sensibilisation. Des zones bien définies pourront être aménagées pour accueillir des visiteurs dans un cadre pédagogique, sans compromettre l’intégrité écologique du cœur de la réserve. Perspectives d’avenir La forêt de la Corbière est un exemple inspirant pour les territoires souhaitant s’engager dans la protection de la nature par la libre évolution. Elle contribue à renforcer le réseau des Réserves Biologiques Intégrales en France et à montrer que des initiatives locales peuvent avoir un impact global sur la conservation des écosystèmes. The post Nouvelle Réserve Biologique Intégrale en Bretagne : la Forêt de la Corbière appeared first on Coordination Libre Evolution. Texte intégral (810 mots)
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