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La Région Grand Est a récemment cofinancé la création d’un îlot de sénescence dans la forêt d’une commune du Parc naturel régional des Vosges du Nord. L’occasion pour ceux qui ne sont pas familiers avec le langage forestier de savoir ce qu’est un îlot de sénescence, qui les a mis en place, quand, où et pourquoi l’îlot de sénescence est l’arbre qui cache la forêt commerciale… par Jean-Claude Génot (*) La définition d’un îlot de sénescence (ILS) est apparue dans une note de service de l’ONF datée du 17 décembre 2009 dont l’objet est « Îlots de vieux bois » concernant les forêts domaniales. L’ILS est un « petit peuplement laissé en évolution libre sans intervention culturale et conservé jusqu’à son terme physique, c’est-à-dire jusqu’à l’effondrement des arbres. Les îlots de sénescence sont composés d’arbres de faible valeur économique et qui présentent une valeur biologique particulière (gros bois à cavité, vieux bois sénescents…). Les îlots de sénescence sont donc préférentiellement recrutés dans des peuplements de qualité technologique moyenne à médiocre, des peuplements peu accessibles, des séries boisées d’intérêt écologique… Pour des raisons de sécurité et de responsabilité, ils sont choisis hors des lieux fréquentés par le public. ». Ils sont accompagnés d’îlots de vieillissement qui, contrairement aux ILS, continuent de faire l’objet d’une exploitation du bois : « petit peuplement ayant dépassé les critères optimaux d’exploitabilité économique et qui bénéficie d’un cycle sylvicole prolongé pouvant aller jusqu’au double de ceux-ci. L’îlot de vieillissement peut faire l’objet d’interventions sylvicoles, les arbres du peuplement principal conservant leur fonction de production. » Les îlots de vieillissement (ILV) ne servent donc qu’à garder des arbres d’un diamètre supérieur (sans précision aucune) mais qui seront coupés. Avec les réserves biologiques intégrales et les arbres d’intérêt biologiques (arbres morts et arbres vivants avec des cavités par exemple), les ILS et les ILV constituent une trame de vieux bois en forêt domaniale. Si en milieu agricole une trame verte, composée de haies, de bosquets et d’alignements d’arbres, semble évidente pour tout un chacun, pourquoi une trame de vieux bois en milieu forestier continu ? Tout simplement parce que les forêts domaniales sont sommées de produire plus depuis le Grenelle de l’environnement en 2008, c’est-à-dire couper plus de bois afin de répondre aux besoins croissants de l’industrie. Les forêts domaniales font l’objet d’une sylviculture qualifiée de « dynamique » qui vise à diminuer les âges d’exploitabilité, donc les diamètres en faisant des éclaircies fortes dans les jeunes peuplements et tout au long du cycle pour que les arbres soient récoltables plus rapidement. Signalons que la baisse de la productivité biologique, due aux fortes sécheresses, vient quelque peu contrarier cette stratégie. Cette gestion sylvicole mène donc à un rajeunissement des forêts et à une décapitalisation des gros arbres (diamètre supérieur à 70 cm). En complément de ces coupes dans des parcelles programmées pour cela dans l’aménagement forestier, l’ONF effectue des coupes linéaires le long des chemins et des routes forestières (1 arbre sur 3, voire 1 sur 2 quel que soit le diamètre), officiellement pour protéger les routes et les chemins de l’humidité, mais en réalité pour faire du volume, par exemple du bois énergie, en plus des coupes comptabilisées. Cela avait d’ailleurs fait réagir un syndicat forestier pour qui ces coupes échappent à l’aménagement et ne font pas partie des coupes accidentelles. Ces volumes de bois récoltés le long des chemins ne sont pas négligeables compte tenu du vaste réseau de chemins et de routes dans les massifs forestiers du massif Vosgien (jusqu’à 4 à 5 km par km2 dans les Vosges du Nord). Outre le fait que ce dégagement des routes et chemins les fragilisent lors des pluies torrentielles avec une érosion dans les pentes, ces voies constituent des coupures pour la faune et en augmentant ainsi leur emprise cela créé une fragmentation plus importante dans les canopées. Finalement, si l’ONF a créé une trame de vieux bois, c’est bien parce que ces derniers allaient manquer partout ailleurs du fait de la sylviculture « dynamique ». A l’époque du lancement de cette sylviculture, un ingénieur de l’ONF m’avait prévenu de ses conséquences prévisibles, à savoir la décapitalisation des gros bois dans les forêts. Mais cela n’a jamais été dit au public que l’on rassure en parlant de gestion durable. L’ONF est au carrefour d’injonctions contradictoires (produire plus de bois et protéger mieux la biodiversité) et cet établissement illustre parfaitement le manque de cohérence des politiques publiques entre économie et écologie. L’ONF semble incapable d’adopter une sylviculture compatible avec de très gros arbres et du bois mort partout, préférant les cantonner dans des îlots de faibles dimensions. Mais ces ILS ont-ils été bien choisis pour être à la hauteur des enjeux, à savoir éviter l’extinction des espèces liées aux stades âgés de la forêt ? Tout d’abord, ces ILS doivent posséder des arbres de « faible valeur économique » et « des peuplements de qualité technologique moyenne à médiocre », « peu accessibles », « hors des lieux fréquentés par le public », avec « des limites claires et non ambigües » et évidemment éviter les « peuplements d’essences exotiques » et « les zones à fort risque de chablis » (1) et enfin se concentrer sur des lieux « déjà composés de vieux arbres ». Ces préalables réduisent nettement le champ des possibles, surtout dans des massifs dominés par des peuplements jeunes et d’âge moyen. En éliminant d’emblée les arbres à haute valeur économique sur des stations riches, on se prive de certains individus qui mériteraient amplement de figurer dans ces îlots. La densité du réseau des sentiers de randonnée, comme c’est le cas dans les Vosges, réduit les endroits réellement hors des lieux fréquentés par le public. Quand les parcelles font entre 10 et 20 ha et sont homogènes, l’ILS de 2 à 3 ha ne possède pas forcément des limites claires, ce qui implique un marquage sur le périmètre de l’îlot. Pour la taille des ILS, l’ONF indique une fourchette entre 0,5 et 5 ha, la surface de 3 ha est considérée comme l’optimum. L’instruction ONF du 27 décembre 2018 indique que les ILS ne doivent pas dépasser 1 % des forêts domaniales d’une direction territoriale (2), et encore les réserves biologiques intégrales sont comptabilisées dans ce pourcentage à hauteur de 500 ha par réserve. Signalons que ces ILS peuvent atteindre 3 % dans des sites Natura 2000 mais avec un accompagnement financier… Normalement, l’Union Européenne n’a jamais souhaité que les fonds européens soient destinés aux forêts appartenant à un Etat membre, donc un financement est possible en forêt communale mais pas en forêt domaniale. Les ILV sont fixés à 2 %, mais contrairement aux ILS, il ne s’agit pas d’un sacrifice économique car une coupe aura lieu, mais elle sera différée. Dans les Vosges du Nord, la plupart des ILV sont créés dans des peuplements de chênes qui se bonifient avec l’âge, c’est tout bénéfice pour l’ONF et si un dépérissement survient les arbres sont vite exploités. Ces ILS consacrés aux stades âgés de la forêt qui cumule 25 à 30 % de la diversité biologique, c’est un peu le « 1 % naturel » accordé aux naturalistes comme il existe le « 1 % culturel » pour les artistes. Plus sérieusement, personne n’a jamais démontré que cela suffisait pour empêcher le déclin de la nature en forêt. De plus, 1 % pour l’écologie et 99 % pour l’économie, ce n’est pas vraiment équitable. Dès le départ, des chercheurs en écologie forestière avaient pourtant proposé 3 %. Laurent Larrieu, spécialiste des dendro micro-habitats (cavités de pics, cavités naturelles, fentes, décollement d’écorce, etc.) estime qu’on trouve tous les types de micro-habitats à partir de 20 ha de forêt non exploitée dans le cas de la hêtraie-sapinière (3). D’autres scientifiques proposent pour les hêtraies européennes de mettre 6 à 10 % des forêts hors exploitation pour avoir suffisamment de bois mort avec des zones minimales de 2 ha (4). Pour les coléoptères saproxyliques, la plus grande diversité et abondance des espèces est obtenue avec 12 à 20 % de réserves dans un massif géré (5). Bref, le 1 % d’ILS de l’ONF est clairement insuffisant. Qui plus est pour les forêts de plus de 300 ha, ce chiffre doit être atteint au terme de trois aménagements forestiers (un aménagement forestier a une durée de 20 ans ; les ILS et les ILV y sont comptabilisés et cartographiés) : soit 60 ans ! Venons-en enfin à cet ILS créé dans la forêt communale de Lichtenberg (Bas-Rhin) par le biais d’un programme européen Life Biodiv’Est piloté par la Région Grand Est. La Région s’est fixé un objectif de 200 ha d’ILS d’ici 2030, pour un territoire qui dispose de 1,95 millions d’ha de forêt. Cet objectif est plus que modeste. L’ILS de Lichtenberg a une superficie de 23 ha et représente 10 % de la forêt communale. Il a fait l’objet d’une compensation financière s’élevant à 93 400 €, avec des aides européennes et de la Région auxquels se sont ajoutés des financements par des fondations. Le Parc naturel régional des Vosges du Nord a contracté une Obligation Réelle Environnementale avec la commune pour une période de 99 ans. Cette dernière intégrera cet ILS lors de la révision de l’aménagement forestier de sa forêt. La somme peut paraître importante, mais si on tient compte d’une base moyenne de 151 €/ha/an, évaluée par des experts forestiers pour les Vosges du Nord, sur 99 ans cela représenterait 344 000 €, soit près de 4 fois la somme versée à la commune. Toutefois, la forêt communale de Lichtenberg est une des forêts les plus mitraillées des Vosges du Nord, suite aux combats de la Seconde Guerre mondiale, ce qui réduit la valeur des arbres, mais dans le même temps c’est un argument en faveur de l’abandon de certaines parcelles. De plus, les parcelles retenues n’ont pas une bonne accessibilité. La forêt communale de Lichtenberg est composée de 63 % de résineux et 88 % de jeunes peuplements, elle est donc très artificielle en composition et en structure. A cela s’ajoute une forte pression des cervidés sur la végétation. L’ILS est composé de deux parcelles entières entourées de forêts, sauf la partie sud qui donne sur une vallée en friche plus ou moins boisée. Il est situé sur un versant exposé au nord-ouest qui convient normalement à la hêtraie-chênaie, mais il est dominé par le pin sylvestre, issu de plantations. Les hêtres sont jeunes, branchus et parfois tortueux et semblent avoir poussé de façon spontanée en accompagnement de la plantation de pin. Cet îlot est donc relativement jeune, composé d’arbres de diamètre moyen (entre 30 et 45 cm de diamètre). Le peuplement est relativement dense et s’explique sans doute par le manque de desserte pour exploiter les bois. En dehors du pin et du hêtre, d’autres espèces plus dispersées sont présentes comme l’épicéa, le chêne et le charme. Il y a un peu de bois mort sur pied et au sol : épicéas atteints par les scolytes, bouleaux et pins. Il y a quelques gros hêtres en bas de pente. Cet ILS n’a clairement pas été choisi dans un peuplement mature et ne dispose pas de nombreux micro-habitats compte tenu de l’absence de très gros hêtres, espèce qui en fournit le plus dans les forêts des Vosges du Nord. A ce jour, cet îlot de sénescence est le plus grand en forêt communale et domaniale des Vosges du Nord. Toutefois, il existe deux zones en évolution naturelle (classée hors sylviculture dans l’aménagement forestier) de 36 et 38 ha dans la forêt du Fleckenstein, propriété de la Région, située elle aussi dans les Vosges du Nord. Malgré l’instruction de l’ONF, il y a des freins à la création des ILS, ce que les forestiers nomment des contraintes. La première est la sécurité, souvent invoquée pour reléguer un ILS dans un lieu moins exposé au public, mais moins pertinent quant à sa composition. La sécurité est un mot « épouvantail », agité par tous ceux pour qui une forêt doit être exploitée et entretenue. Si cet argument perdure malgré les initiatives en faveur de la libre évolution des forêts, c’est parce que le droit ne considère pas la forêt comme un milieu naturel vivant qui peut potentiellement être dangereux, rendant ceux qui la fréquentent pleinement responsables en cas de chute de branches ou d’arbres. Pour l’instant, cet argument sur la sécurité milite plutôt pour des ILS moins nombreux mais plus grands, de la taille de parcelles entières, plus faciles à délimiter et à sécuriser qu’une série de petits îlots distribués dans toute la forêt. Ensuite viennent les usagers de la forêt qui peuvent considérer les ILS comme gênants pour leur pratique. L’exploitation des arbres peut poser des problèmes en limite d’un ILS et on retombe là dans la question de la sécurité pour les bûcherons, mais leur métier comporte des risques et ils sont formés pour cela. Néanmoins, plus la limite d’un îlot est claire (chemin, piste ou limite de parcelle), moins il y a de risque. La chasse peut très bien s’exercer dans un ILS, mais il est souhaitable qu’il n’y ait aucun poste d’observation et d’agrainage dans le périmètre (il existe un tel cas dans une forêt communale des Vosges du Nord). Enfin la pratique de la randonnée peut être perturbée si un sentier est détourné (il existe divers cas de suppression ou de détournement de sentier balisé pour un site de nidification d’une espèce protégée ou pour une réserve intégrale). Idéalement le public devrait pouvoir se promener dans des ILS ou des réserves intégrales si ces sites étaient plus nombreux, sous réserve de régler la question de la sécurité, pour se familiariser avec des images de bois mort, de vieux arbres vivants et d’arbres sénescents. La cueillette (myrtilles, mures, champignons, châtaignes) peut très bien s’exercer en dehors des ILS tant ces derniers sont limités en surface et en nombre. Le dernier frein à la mise en place d’ILS, à savoir le changement climatique, peut être facilement débloqué car si un dépérissement survient dans un ILS, ce dernier génèrera alors du bois mort dont les forêts manquent cruellement, mais si l’ILS est bien choisi dans un peuplement mature avec une ambiance forestière suffisante pour préserver le sol de l’évapotranspiration en cas de sécheresse, alors l’ILS résistera mieux et aura une meilleure résilience. De plus, l’Académie des sciences rappelle qu’une forêt en libre évolution permet d’assurer le meilleur stockage de carbone. On ne peut pas terminer ce tour d’horizon des ILS sans évoquer les compensations financières. Dans les Vosges du Nord, avant le cas de la forêt communale de Lichtenberg, il y a eu d’autres exemples d’ILS financés, en compensation de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg qui a détruit une partie de forêt, par un programme européen Life biocorridor entre les Vosges du Nord et la forêt du Palatinat. Dans ces deux cas, les ILS ont été installés dans des forêts communales, mais pour des périodes n’excédant pas celui des aménagements forestiers et avec des montants inférieurs à celui de Lichtenberg. Depuis 2023, le WWF France a lancé un fonds nature impact pour mettre en place diverses actions au profit de la nature en forêt dont des zones en libre évolution ou pleine naturalité que ce soit en forêt communale ou privée. Ces actions ont fait l’objet d’une Obligation Réelle Environnementale de 99 ans. Le financement est assuré par des mécènes (entreprises et donateurs) et ces fonds ne sont pas liés à une compensation du type crédits carbone. On pourrait se réjouir que des financements publics ou du mécénat permettent de protéger des forêts et cela sans verdir des entreprises dont les activités contribuent au changement climatique et/ou à la sixième extinction des espèces. Mais outre que cela restera modeste en termes de surface protégée, la protection contre paiement pose question. Payer un propriétaire de forêt pour qu’il ne l’exploite plus montre la prégnance de l’économie sur toute autre considération. Et si c’est la compensation qui détermine la décision de protéger, alors que se passera-t-il au terme de la durée du contrat ? Par ailleurs, il existe des personnes qui n’exploitent pas leur forêt ou en achètent pour les laisser évoluer librement. Tant qu’un propriétaire forestier (Etat, commune ou privé) ne mettra pas une partie de sa forêt en libre évolution de façon spontanée et réfléchie, c’est que nous continuerons à vivre dans une civilisation anti-nature qui ne voit la forêt que comme une ressource financière, qu’elle soit liée à la coupe de bois ou à une protection contre compensation. L’ILS est un leurre créé par l’ONF pour faire diversion par rapport à l’industrialisation des forêts publiques, vocation clairement affichée dans le programme national de la forêt et du bois 2016-2026 : « Adapter les sylvicultures pour mieux répondre aux besoins des marchés ». L’îlot de sénescence est le vieil arbre qui cache la forêt rajeunie ! Ce rajeunissement passe par la décapitalisation des gros arbres, ce qui est présenté habilement sous l’expression « dynamiser la gestion forestière ». Le rajeunissement et l’artificialisation des forêts françaises est tel que le ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires a lancé la rédaction d’un Plan National d’Action sur les Vieux Bois et les forêts subnaturelles, ou ce qu’il en reste. Enfin, l’ILS est un os à ronger pour les protecteurs de la nature qui, pendant qu’ils discutent de leur taille, de leur nombre et de leur composition, ne se focalisent pas sur la gestion des 99 % de la matrice forestière. Au lieu du 1 % d’ILS dans une forêt rajeunie sur 99 % de la surface, les forêts publiques devraient avoir 10 à 15 % (voire plus selon les cas) d’ILS de taille moyenne (10 à 20 ha) et augmenter le degré de naturalité sur le reste, c’est-à-dire allonger les durées de régénération et de récolte pour favoriser un couvert permanent, l’adoption de diamètres d’exploitabilité pour avoir des gros et très gros bois (plus de 70 cm de diamètre) supports d’une économie à haute valeur ajoutée, augmenter les peuplements en futaie irrégulière mélangée et renoncer aux espèces allochtones. Ces mesures sylvicoles sont une meilleure garantie de résistance et de résilience face au dérèglement climatique que le rajeunissement des forêts. Protéger les stades âgés dans une forêt soumise aux pressions d’une société avide de bois pose deux questions. La première est de savoir s’il est mieux de protéger plusieurs îlots de petite taille qu’un seul site de grande taille, en clair choisir entre l’archipel et le site unique. Il s’agit là d’une question de fond de la biologie de la conservation. La réponse dépend des espèces visées par la protection, mais aussi du contexte forestier dans lequel se trouve la zone protégée. La seconde question est de savoir quelle gestion sylvicole est pratiquée en dehors des zones de sénescence. Si elle va dans le sens de la naturalité, alors à surface égale, l’option de l’archipel peut se défendre face au site unique. Si elle vise à rajeunir et artificialiser la forêt par des coupes rases et des plantations mono-spécifiques, le site unique est la seule option pour éviter les aléas liés à la gestion en périphérie. Mais dans tous les cas, si on vise à protéger les processus dynamiques et tous les stades de la sylvigenèse, seul le site unique de l’ordre de plusieurs milliers d’ha permet d’atteindre cet objectif. * Ecologue (1) Ensemble d’arbres déracinés accidentellement (le plus souvent par des vents violents) et jonchant le sol (source : Wikipedia). Photo du haut : ilot de sénescence en bordure d’un sentier très fréquenté dans les Vosges du Nord © J.C. Génot L’article Un îlot de sénescence : combien ça coûte ? est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (4765 mots)






(2) L’ONF possède 6 directions territoriales : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre Ouest-Aquitaine, Grand-Est, Seine-Nord et Midi-Méditerranée
(3) Laurent Larrieu, Alain Cabanettes, Antoine Brin, Christophe Bouget & Marc Deconchat. 2014. Tree microhabitats at the stand scale in montane beech–fir forests: practical information for taxa conservation in forestry. Eur. J. Forest Res. 133 : 355–367. DOI 10.1007/s10342-013-0767-1
(4) Oliver Jakoby, Christine Rademacher & Volker Grimm. 2010. Modelling dead wood islands in European beech forests : how much and how reliably would they provide dead wood? Eur. J. Forest Res. 129 : 659–668. DOI 10.1007/s10342-010-0366-3
(5) C. Bouget & G. Parmain. 2015. Effects of landscape design of forest reserves on Saproxylic beetle diversity. Conservation Biology 00 : 1-11. DOI: 10.1111/cobi.12572
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Un article de Reporterre fait le point sur les projets de sauvetage de la Bibliothèque de l’Ecologie, constituée avec passion et persévérance depuis plus de 50 ans par Roland de Miller, adhérent de la première heure des JNE. « Faute de lieu pour accueillir ces 50 000 ouvrages, trois siècles de pensée écologiste risquent la dispersion ou la destruction », explique la journaliste Coline David dans cet article. « Quelque 50 000 livres répartis dans 2 000 cartons, entreposés dans un hangar près de Valence (Drôme). Un lieu de stockage qu’il ne peut plus financer. » Un projet de « reprise » par la mairie de Marseille est actuellement en suspens, mais le flambeau pourrait être repris par la maison d’édition marseillaise Wildproject, spécialisée dans l’écologie, et son directeur Baptiste Lanaspeze. Pour en savoir plus, rendez-vous ici sur le site de Reporterre. Photo : les montagnes de livres dans l’appartement de Roland de Miller à Saint-Jean-Saint-Nicolas, dans les Hautes-Alpes. © Coline David / Reporterre L’article Comment sauver la Bibliothèque de l’Ecologie de Roland de Miller est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (241 mots)
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Ce contenu est protégé par un mot de passe. Pour le voir, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous : L’article 🔐 CA 05/03/2026 est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (66 mots)
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En 1990, Philippe J. Dubois identifie sur l’île de N’Gor, au large de Dakar (Sénégal) un site inédit de migration. Des milliers de sternes, de labbes, de petits échassiers, filent plein sud. Trente quatre ans plus tard, l’écologue et ornithologue réalise son rêve : réunir une équipe de « seawatchers » européens et sénégalais pour réaliser un suivi complet de la migration d’automne durant trois mois. Le comptage débute avec le lever du jour et s’achève avec le crépuscule. Les naturalistes se relaient. Philippe, arrivé avec la première vague, restera un mois et demi. Elise qui craint le chaud et n’est pas ornithologue même si elle aime et connaît très bien les oiseaux le rejoindra un mois plus tard. Pendant la séparation, Philippe est à fond dans sa passion tandis qu’Elise reste dans leur campagne bretonne à rêver et imaginer ce qui se passe sur l’île de N’Gor. Il faut dire que Philippe lui écrit dès qu’il le peut. Voilà de la matière pour une construction originale. Les textes d’Elise, plein de sensibilité, parfois pédagogique puisqu’elle explique aux lecteurs néophytes, par petites touches subtiles, ce que l’on sait de la migration mais aussi les ornithos : spotteurs, seawatchers, cocheurs… ce monde qu’elle côtoie depuis vingt ans. Philippe, lui, envoie des lettres où il raconte les journées des ornithologues sur l’île. Elles se terminent toujours par la liste et le nombre d’oiseaux observés dans la journée. Elise finit par le rejoindre pour apprendre la mosaïque avec leur logeuse artiste. Elle est, de fait, une incroyable observatrice, de la faune, de la flore, des gens, des paysages, de l’architecture… On se laisse prendre par ses mots, déambulant avec elle dans ses sensations. Les textes d’Elise et de Philippe s’alternent. Ils apportent chacun leur ressenti et nous entraîne ensemble dans leur belle aventure. Plus de 650 000 oiseaux de 120 espèces ont été compté pendant les 1282 heures d’observation, assis, à scruter l’horizon à la recherche des oiseaux marins. Le site de N’Gor s’est révélé être le site d’observations des oiseaux marins migrateurs le plus important au monde. Le travail scientifique réalisé, notamment avec des étudiants de l’université de Dakar, a permis d’en savoir un peu plus sur ce phénomène à la fois si mystérieux et si fascinant avec bien sûr, le souhait que cette nouvelle connaissance aidera à la protection des oiseaux. Un très beau témoignage. . L’article Les guetteurs – Le merveilleux voyage des oiseaux migrateurs par Elise Rousseau (JNE) et Philippe J. Dubois (JNE) est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (558 mots)
Éditions Albin Michel, 224 pages, 19,90 € – www.albin-michel.fr
Contact presse : Gaëlle Job, agence Avanti. Tél.: 07 61 18 70 41 – gaelle.job@agenceavanti.com
(Danièle Boone)
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Un ours qui refuse d’hiberner et un petit garçon curieux qui part explorer la nature… À force de cheminer entre les arbres, ils finissent par se rencontrer et deviennent amis. Ils dorment ensemble et se tiennent chaud. Après avoir goûter de miel de printemps des abeilles installées dans une grotte, le moment de la séparation arrive. Arsène reste dans la forêt et Rémi rejoint sa famille. Mais chaque printemps, ils se retrouvent pour déguster le bon miel dans la grotte aux abeilles. Ce conte illustré de jolis dessins redonne de la place au monde sauvage dans notre vie. Dans une deuxième partie intitulée Sur les pas de l’ours, Jean-Claude Génot (JNE), écologue, nous parle de l’animal, le vrai : biologie, comportement, lien avec l’humain, en France et en région Grand Est, jusqu’au 18e siècle moment où il a disparu de ces contrées. Le livre se termine avec une recette de bretzels, signe d’amitiés et de chance, un moment de partage dont parle le conte. C’est que Feuilles de menthe est un éditeur ancré en Alsace Lorraine et aime à parler des traditions locales. . L’article Le baiser de l’ours par Raphaële Frier. Illustrations : Julie Faulques. Supplément : Jean-Claude Génot (JNE) est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (295 mots)
Feuilles de menthe éditions, 48 pages, 14,90 € – boutique-feuillesdementhe.com
Contact : anne@feuillesdementhe.fr
Danièle Boone
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Liseron, orties, ronces… Le dernier numéro des 4 saisons consacre son dossier central aux plantes indésirables au jardin. Si le premier réflexe des jardiniers est souvent de les éliminer, ce dossier signé Marie Arnould (JNE) et Justine Herman invite à se poser d’abord la question de la raison de leur présence pour apporter une réponse adaptée. Face à un sol tassé ou riche en matière azotée, certaines plantes trouvent les conditions idéales à leur vie et développent à toute allure. Il faudra alors avant tout décompacter ou apporter moins de fertilisants azotés pour rétablir l’équilibre. Place à l’observation et à la réflexion ! Idem avec le raton-laveur, classé espèce exotique envahissante. Plutôt que de chercher à l’éradiquer, notre consoeur Danièle Boone (JNE) nous apprend comment il vit et se comporte et comment ne pas l’attirer en supprimant les sources de nourriture disponible. À découvrir également dans ce numéro un article sur les céréales au jardin, sur les allergies du jardinier et un reportage consacré à l’hortithérapie. Carine Mayo En kiosque 6,90 € ou sur abonnement – www.terrevivante.org L’article 4 Saisons n° 277 – mars-avril 2026 est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (273 mots)
Contact presse : Christine Corbet. Tél. : 04 76 34 80 87 – christine.corbet@terrevivante.org
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Inventer de nouveaux récits et montrer une écologie désirable, tel est le pari de ce livre, constitué de regards croisés, de reportages et de liens vers des podcasts. Le pouvoir des récits est mis en lumière grâce à l’interview de Laura Julliard, chercheuse en anthropologie de la conservation, tandis que Mélusine Boon Falleur, chercheuse en sciences cognitives, s’intéresse aux ressorts psychologiques du changement et que l’anthropologue et sociologue David Le Breton interroge la place du numérique dans nos vies. Cet ouvrage comporte de nombreuses invitations à prendre le temps de ralentir pour penser nos vies, d’ouvrir les yeux sur le monde, d’écouter la nature, de marcher, de réaliser ses envies. Porté par le laboratoire d’idées Slow Saint-Malo, il accorde également une large place au rôle de l’océan et aux acteurs du monde maritime à travers un entretien avec Anne-Marie Tréguier, co-présidente du Haut conseil breton pour le climat et avec la navigatrice Catherine Chabaud. Des initiatives concrètes sont décrites à travers l’exemple de Grain de Sail, cette entreprise qui développe le fret maritime en voiliers-cargos ou Vent de voyage, qui transforme des voiles usagées en sacs ou objets de décoration, ou encore Poiscaille qui distribue des paniers de poissons issus de la pêche durable, via un système d’abonnement, sur le modèle des paniers de légumes. Cet ancrage territorial se ressent jusque dans la fabrication de ce joli livre, imprimé en Bretagne avec des encres végétales. Une initiative éditoriale porteuse de sens et d’espoir ! . L’article Transition écologique – En quête du bonheur à faibles émissions – Sous la direction de Loïc Hamon est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (385 mots)
Éditions Slow Saint-Malo, 154 pages, 29 € – slowsaintmalo.fr
Contact : Loïc Hamon. Tél. 06 14 75 21 07 – loic@slowsaintmalo.fr
(Carine Mayo)
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Véritable réservoir de biodiversité, les arthropodes terrestres regorgent de molécules prometteuses. Bien que restant méconnus, ils sont utilisés depuis des siècles dans les médecines traditionnelles ; ils inspirent aujourd’hui la recherche scientifique la plus innovante. Dans cet ouvrage exceptionnel de 672 pages et 585 illustrations, sont détaillés plus de 400 espèces thérapeutiques (insectes et autres arthropodes), avec les savoirs ancestraux associés et les pistes pour des soins du futur. Une remarquable bible inédite sur un sujet tout aussi inédit. Un exemple : la punaise de lit (Cimex lectularius). On apprend notamment qu’elle a une reproduction surprenante : le mâle a un pénis perforant qui perfore le paroi du corps de la femelle entre deux segments abdominaux. Puis les spermatozoïdes migrent dans le sang de la femelle jusqu’aux ovarioles ! Non seulement elle n’est pas vectrice de maladies, mais elle est utilisée en Asie et au Proche-Orient (adultes, larves avec leurs crottes) pour combattre les inflammations, les ulcères et même la perte de cheveux ! Une vraie mine d’informations aussi étonnantes qu’intéressantes. . L’article L’insecte médicinal – Savoirs du passé – soins du futur par Roland Lupoli est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (293 mots)
Éditions Le Naturographe, 672 pages, 75 € – www.lenaturographe.fr
Contact presse : Héloïse Vanderpert. Tél.: 06 38 51 95 61 – heloise@lenaturographe.fr
(Gabriel Ullmann)
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Le 11 mars, nous célèbrerons la sortie de l’annuaire 2026 des JNE et l’arrivée imminente du printemps. Nous nous retrouverons d’abord pour une balade naturaliste dans le bois de Vincennes avec Marc Giraud*. Rendez-vous à 9h30 devant la porte du Palais de la Porte Dorée. Nous observerons les oiseaux du lac, puis ceux des bois, ainsi que la flore, les insectes, les traces, tout ce que nous rencontrerons. N’oubliez pas les jumelles ! Puis nous nous retrouverons à 12h15 autour d’un verre au C’sters Café* en face du Palais de la Porte Dorée. Ce sera l’occasion de vous remettre l’annuaire 2026 ainsi que la carte de membre pour ceux qui l’ont demandée. (L’annuaire et la carte de membre seront envoyées un peu plus tard à ceux qui ne seront pas présents). Inscrivez-vous vite auprès de notre association : contact@jne-asso.org * Le C’sters Café se trouve 4 place Edouard Renard 75012 Paris, en face du Palais de la Porte Dorée et du bois de Vincennes. La photo de couverture de l’annuaire est signée Théo Tzélépoglou, nouvel adhérent des JNE, travaillant à La Salamandre. Elle représente une parade nuptiale de phaétons à bec jaune. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Marc Giraud est un naturaliste de terrain et écoguide qui s’est fait une spécialité dans la faune de proximité. Il a toujours une anecdote pour chaque espèce. Son gimmick : « montrer l’extraordinaire dans l’ordinaire ». Illustrateur, chroniqueur radio et télé, il a également publié une cinquantaine de livres. L’article Le 11 mars, balade naturaliste dans le bois de Vincennes avec Marc Giraud et sortie de l’annuaire 2026 des JNE est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (344 mots)
lsamuel
En compagnie du naturaliste Jean-François Noblet (JNE), et des blaireaux, renards, campagnols roussâtres, rouges-gorges, chauves-souris… C’est une cabane aux oiseaux, une cabane aux animaux, ou plutôt une cabane avec une vitre sans tain qui permet aux humains de regarder les animaux sans les déranger, pour se relier, pour enfin abolir les barrières. Jean-François Noblet est un naturaliste engagé, président de l’association le Pic Vert (1150 adhérents à jour de leur cotisation !), un vrai charisme au service d’une passion : celle du vivant sous toutes ses formes. Il a ouvert cette cabane à ceux qui savent fermer un portable, peu utile jusqu’à présent pour se relier aux animaux. Pour écouter cette émission, cliquez ici sur le site de France Inter.
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