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Les Midis de l’écologie sont des webinaires organisés par les JNE. Ils sont l’occasion d’entendre des journalistes, des chercheurs, des spécialistes sur des sujets écologiques. Le 7 septembre 2026, nous avons reçu Nicolas Celnik pour le livre qu’il a fait paraître avec Fabien Benoit, Les Assoiffeurs, Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau, aux éditions Les Liens qui Libèrent (08/04/2026). Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, un déluge de grenades s’abat sur les manifestants. Plusieurs personnes restent à terre. Deux tombent dans le coma. Marqués par cet épisode, Fabien Benoit et Nicolas Celnik se lancent dans une vaste investigation et découvrent que les mégabassines ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Ils livrent dans leur livre les résultats de leur enquête, menée sur plus de deux ans, sur ces entreprises qui ont fait main basse sur l’eau, ces « assoiffeurs » qui ont privatisé ce bien commun et prévoient désormais de tirer profit de la pénurie qui s’annonce, avec le soutien de l’État. Cet ouvrage entend mettre à jour les stratégies et plans pensés par ces entreprises pour accroître encore leur emprise en faisant appel au solutionnisme technologique, qui nous enserre collectivement et nous empêche d’enclencher une véritable discussion politique et démocratique sur le partage de l’eau. Du lobbying en faveur des mégabassines aux efforts des grands acteurs du numérique pour masquer leur consommation d’eau, en passant par les manœuvres des producteurs de PFAS pour vendre des solutions dépolluantes à des prix exorbitants, ce livre-enquête révèle l’ampleur du dévoiement de la « démocratie de l’eau à la française », court-circuitée par des collusions politiques et jeux de pouvoir. L’article La vidéo du Midi de l’écologie JNE du 7 septembre 2026 avec Nicolas Celnik pour le livre « Les Assoiffeurs» est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (419 mots)
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par Isabelle Vauconsant, présidente des JNE Un rapport officiel prédit qu’en 2050, le climat sera la première source de tensions dans la société française. Et pourtant, la désinformation climatique explose et la couverture médiatique suit les canicules comme un thermomètre, montant puis retombant. Il est temps que le journalisme change d’échelle, et qu’il raconte aussi ce qui se construit. Un avertissement qui vient de l’État lui-même Le constat ne vient pas d’une association militante. Il figure dans un rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, organisme chargé d’éclairer les choix publics de long terme. D’ici à 2050, le facteur climatique deviendra le premier facteur de conflictualité interne à la société française. Le document ne parle pas seulement de degrés supplémentaires. Il parle de répartition : qui aura les moyens de se protéger de la chaleur, qui paiera l’adaptation, comment partager une eau plus rare. Les 50 % des Français les plus pauvres émettent en moyenne 3,8 tonnes de CO2 par an. Les 1 % les plus riches en émettent 40,2 tonnes. Mais ce sont les premiers qui disposent de moins de ressources pour isoler leur logement, faire face à une catastrophe ou déménager. Le rapport résume cette injustice par cette formule : une triple peine, subir plus, contribuer moins, payer davantage relativement au revenu. Le climat n’est donc pas un sujet à part. C’est un sujet social, traversé par les mêmes inégalités que le logement, la santé ou le travail. La couverture médiatique suit les canicules, pas l’urgence Or, cette dimension sociale peine à trouver sa place dans les rédactions. L’Observatoire des Médias sur l’Écologie vient de publier son bilan du premier semestre 2026, et il éclaire un mécanisme préoccupant. La couverture environnementale est tombée à 2,8 % du temps d’antenne en mars, en pleine campagne municipale, pour grimper à 19 % la semaine du 22 juin, au plus fort d’une canicule. Entre saturation et silence, aucun juste milieu. La problématique écologique n’existerait donc médiatiquement que si elle peut faire la Une, avant de redescendre d’autant plus bas qu’elle est montée haut. Pire, cette attention ponctuelle se rétrécit sur elle-même. Entre les deux premières vagues de chaleur de 2026, la part des séquences évoquant les causes, énergies fossiles et émissions de gaz à effet de serre, a été divisée par deux, passant de 14 % à 7 %. En revanche, les mentions d’adaptation ont bondi, atteignant près de 50 % des séquences lors du second épisode caniculaire. Cette progression profite surtout aux réponses immédiates et de marché, comme la climatisation, tandis que les solutions structurelles, rénovation thermique ou végétalisation, restent marginales. Ainsi, un sujet aussi concret que la climatisation devient un marqueur d’appartenance politique plutôt qu’une question technique : 13 % des articles qui lui sont consacrés prêtent explicitement aux écologistes une posture idéologique. Aucun autre thème de l’adaptation ne déclenche cet affrontement. La désinformation prospère sur ce vide Cette fatigue informationnelle laisse un boulevard à la désinformation. Selon QuotaClimat, 452 cas de mésinformation climatique ont été détectés en six mois, soit une hausse de 28 % par rapport à la même période en 2025. Quatre médias concentrent l’essentiel de ces cas : Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC. En pleine canicule de mai et juin, des éditorialistes minimisaient encore l’ampleur du phénomène à l’antenne. Sur CNews, le journaliste Raphaël Stainville affirmait ainsi qu’il ne fallait pas « déduire des conclusions climatiques » de fortes chaleurs, qualifiées de simples phénomènes météorologiques. Sur LCI, l’éditorialiste Luc Ferry relativisait de son côté l’ampleur de la canicule en la comparant à celle de 1976. Ces pics de désinformation surviennent précisément à l’orée de la campagne présidentielle. Autrement dit, brouiller le débat climatique, c’est aussi retarder les décisions qui engagent la répartition des efforts et des richesses. C’est pourquoi la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique, co-rédigée par les JNE et signée par près de 1800 journalistes, insiste sur ce point précis. Elle appelle à ne pas renvoyer uniquement les citoyens à leur responsabilité individuelle, car l’essentiel des bouleversements est produit à un niveau systémique et appelle des réponses politiques. Elle invite aussi à enquêter sur les origines des dérèglements, à questionner le modèle de croissance et ses acteurs économiques, plutôt que de se contenter de commenter les thermomètres. Raconter aussi ce qui se construit Cependant, dénoncer ne suffit pas. La charte le rappelle dans son huitième point : informer sur les réponses à la crise, enquêter avec rigueur sur les manières d’agir, quelle que soit leur échelle d’application. Or ces réponses existent déjà, portées par des collectifs qui ne se contentent pas de réclamer un avenir « moins pire ». Ils en dessinent un désirable. Paysans qui s’installent en agroécologie, foncières solidaires comme Terre de Liens, éco-lieux, coopératives agricoles ou low-tech : ces initiatives proposent un récit différent, fondé sur la sobriété choisie et le respect du vivant, plutôt que sur le seul renoncement. Ce récit mérite un traitement aussi rigoureux que celui réservé aux catastrophes. En effet, une majorité de la couverture médiatique reste centrée sur l’alerte, quand la mobilisation citoyenne se nourrit aussi de perspectives concrètes. Donner la parole à ceux qui réinventent leur rapport au monde est une manière de sortir le public du face-à-face entre catastrophisme et déni, dénoncé par la charte elle-même. Par ailleurs, cela répond directement à l’exigence du Haut-Commissariat : construire un contrat social de l’adaptation suppose de montrer qu’il existe des chemins praticables, et pas seulement des menaces à subir. Informer sur les réponses, pas seulement sur les dégâts Le Haut-Commissariat propose des pistes concrètes : renforcer la réassurance publique face aux sinistres climatiques, définir un contrat social de l’adaptation, soumettre chaque réforme fiscale écologique à un test de régressivité sociale. Ces propositions – insuffisantes – restent pourtant largement absentes du débat public, faute de relais suffisants. Ainsi, informer sur les réponses signifie couvrir à la fois les politiques publiques et les initiatives de terrain, sans les opposer. Le climat ne sera pas seulement une affaire de degrés supplémentaires. Ce sera une affaire de qui paie, qui décide et qui subit, mais aussi de qui invente déjà d’autres manières d’habiter le monde. À nous de raconter les deux, avant que la fracture sociale annoncée ne devienne un fait accompli que plus personne ne pourra justifier. Image du haut © Observatoire des Médias sur l’Écologie L’article Le climat n’est pas qu’un sujet météo, c’est un sujet de justice sociale est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. Texte intégral (1470 mots)
Cette exigence engage directement notre pratique. Elle suppose de traiter le climat comme un prisme transversal, et non comme une rubrique isolée entre deux faits divers. Elle suppose également de révéler les stratégies qui sèment le doute, d’assurer la transparence des sources, et de s’opposer aux financements issus des activités les plus polluantes. Rien de tout cela n’est accessoire. À quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement doit d’ailleurs publier son propre plan national pour l’accès à l’information environnementale. Une opportunité que les rédactions ne peuvent laisser filer.
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Le samedi 3 octobre 2026, la Bourse du Travail de Paris accueillera la troisième journée du colloque sur la Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA), organisée par les Journalistes pour la Nature et l’Écologie (JNE). Après deux premières journées consacrées aux fondements scientifiques, aux associations et aux expérimentations de terrain, ce nouveau rendez-vous change de registre : il s’agit désormais de confronter le projet aux réalités budgétaires, institutionnelles et syndicales. Au programme : La SSA propose un principe simple, inspiré de la Sécurité Sociale de 1945 : cotisation selon les moyens, accès selon les besoins appliqué à l’alimentation. Ce colloque est ouvert aux journalistes, et aussi au grand public. Inscrivez-vous à prix libre. Cliquez ici pour découvrir le dossier complet de présentation du colloque. → Les vidéos des 30 et 31 janvier #SécuritéSocialeAlimentation #TransitionAgroécologique #PolitiquePublique #Alimentation L’article Sécurité Sociale de l’Alimentation, de l’expérimentation à la décision politique : un colloque JNE le samedi 3 octobre à Paris est apparu en premier sur Journalistes Écrivains pour la Nature et l'Écologie. (455 mots)
→ Table ronde économique avec Alternatives Économiques (financement, fiscalité, scénarios chiffrés)
→ Échanges avec des parlementaires et élu·es locaux sur les leviers législatifs
→ Table ronde des organisations syndicales
→ Conférence de clôture sur les biens communs et l’écologie humaine
Bourse du Travail de Paris — 3 rue du Château d’Eau, 75010 Paris
3 octobre 2026
Contact : isabelle@colloque-ssa.org
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