La rédac
PAR CHARLOTTE GIORGI Difficile de ne pas parler d’elle. Non pas parce qu’elle est sur toutes les lèvres, non pas qu’elle illustre les défis politiques que nous documentons depuis 6 ans désormais sur ce média. Mais simplement parce qu’un corps humain ne lui résiste pas. On a beau lui opposer nos pitoyables petites techniques humaines, vouloir la décrire, la prendre de surplomb pour en faire notre rat de laboratoire, se retrancher du monde en s’espérant suffisamment privilégié·e pour lui échapper, une canicule de cette ampleur et de cette durée rattrape le moindre de nos pas, l’alourdit, le poinçonne. Le plus petit bout d’espace resté au frais est aujourd’hui, lui aussi, colonisé par ce souffle brûlant qui ne laisse aucun organisme se reposer. Je l’ai fait tant de fois, vous connaissez mes colères : tant pis, je vais encore écrire de cet espace étouffant dans lequel je suis si féroce que je me fais peur. De toute façon je ne suis capable de rien, je me traîne avec cet édito. Mon cerveau, comme nos corps en surchauffe, est passé en mode survie. C’est particulièrement cruel, lorsqu’on vient comme moi d’une banlieue bétonnée et bouillante dont on ne peut jamais vraiment s’extraire, et qu’on a fait ses armes politiques dans ce qu’on appelle “le mouvement climat”. Depuis une semaine, je sens la colère m’envahir et me paralyser. Apparemment la chaleur met à rude épreuve notre système nerveux et nous rend, de toute façon, plus irritable. C’est marrant. Comme si la rationalisation de cette colère par de la biologie la neutralisait un peu. Nous sommes si peu énervés, au contraire. Mes mécanismes de défense et de mise à distance cela dit, et peut-être les vôtres aussi, ont cessé de fonctionner, c’est vrai. Je pleure plusieurs fois par jour, je dors n’importe quand et suis hors de moi la plupart du temps. Le mix avec une maladie psychiatrique et ses médocs déshydratants ne fait sans doute pas bon ménage, mais vous savez quoi, je crois qu’on peut s’autoriser à être un peu monstrueux à notre tour, les choquer un peu. Vous me pardonnerez cette monstruosité-là que j’essaye tant bien que mal de transbahuter depuis des années, et qui m’enjoint régulièrement de tout faire péter (remarquez comme je me contiens admirablement, avec ma tête d’enfant sage). Elle me vient du fond des tripes et emmerde pas mal de choses et de gens. Vous la connaissez sans doute, c’est celle des militants écolos qui ont arrêté d’être mignons depuis un paquet d’années et à qui on continue de tapoter sur la tête. Qui tressaillent et ne savent plus si c’est de honte ou de colère. Qui montent en pression, continuellement, avec des à-coups. À qui on a toujours dit, au fond, qu’ils avaient raison, et qui attendent d’en faire l’expérience matérielle. Avec un changement. Un virage. Une sortie de route. Et au bout peut-être, la vie. La chaleur ne s’évacue pas juste avec de la clim’. Car alors là, elle aurait peut-être été supportable. Ce qui ne s’évacue pas, ce sont ces choses pour lesquelles on se bat chaque jour que Dieu fait, et que l’on doit regarder s’effondrer les unes après les autres comme des dominos, pendant que les plus privilégiés (tel Yann Barthès apparemment) ne les remarquent peut-être même pas. Ce sentiment d’être le dindon de la farce, le bouffon du roi et le clown du village, alors qu’en nous tout est consumé par la colère. La conscience qu’il n’y a rien à sauver souvent, chez ceux qui s’en foutent et qui en profitent. Que la discussion est illusoire sans doute, qu’elle masque un rapport de classe plus déterminant que les bons sentiments. La conscience qu’il va falloir faire quand même, engager une grande conflictualité, cesser d’avoir ce réflexe enfantin qui consisterait à tout demander au gouvernement, et surtout se débrouiller pour contourner l’immense mur qui s’étale devant nous. À la colère s’ajoute aujourd’hui une tristesse sans nom mais peuplée de visages : chaque pas en dehors de chez moi me rappelle ainsi que les gens meurent. Littéralement, ils meurent. Je veux dire, les gens meurent chaque jour, je le sais bien. Mais vous comprenez, je les vois mourir : près de chez moi sur le périph’ parisien, ils titubent pieds nus et hagards, sans nulle part où aller. Je passe devant eux avec des bouteilles d’eau, et la certitude affreuse qu’ils ne tiendront jamais. Je regarde des gens qui meurent. Je les vois mourir le soir, lorsque je rentre d’une tentative infructueuse de prendre la clim avec les copines dans petit restaurant de République, et que je lève la tête silencieusement vers les appartements sous les toits des barres d’immeubles, dans lesquels les études montrent que le risque de mourir de chaud est 4 fois plus grand qu’ailleurs. Je vois ces gens, piégés, étouffés, à ouvrir les fenêtres en grand car quitte à ce qu’il fasse 40 degrés, autant voir le ciel. Dans ces appartements jamais rénovés, s’entassent des vieux, des enfants, des animaux, et toutes sortes de populations vulnérables, qui au moment de choisir un logement, sont tellement prises à la gorge qu’elles n’ont pas le moyen de penser à l’isolation thermique. Ici en Seine Saint Denis, la surmortalité pendant la canicule de 2003 avait été la plus élevée à l’échelle nationale, avec +117% de décès. Le 93 est aussi le département le plus pauvre de France métropolitaine : les logements y sont peu climatisés, les moyens pour se rafraîchir presque inexistants malgré les efforts, et les travailleurs souvent plus exposés à des métiers pénibles. Le travail d’ailleurs, contrairement aux Solidays ou à la Pride, n’a pas été annulé. Il faut croire que lorsqu’on produit de la valeur pour le PIB rien ne peut nous atteindre (et pourtant, les morts au travail se multiplient). Sur les fermes du réseau paysan pour lequel je travaille également, les animaux sont en souffrance, les rendements en chute libres, quand ce ne sont pas tout simplement des champs entiers qui sont ravagés par les incendies, comme sur la ferme du Mont d’Or. Dans mes stories Instagram, plusieurs femmes expliquent chercher des chambres d’hôtel climatisés pour leurs enfants, quitte à casser la tirelire pour une ou deux nuits à pouvoir dormir. Évidemment, les prix de ces enfoirés d’hôtels explosent. Mais les gens payent : ils n’ont pas le choix. C’est bien simple, lorsqu’on laisse les hôpitaux se surcharger ou qu’on ferme des écoles inadaptées, lorsqu’on refuse de taxer les riches et leur mode de vie climaticide, lorsqu’on efface progressivement la capacité des individus à tisser de la solidarité, lorsqu’on criminalise les “éco-terroristes”, lorsqu’on retire les subventions aux associations de protection des personnes sans-abri ou que l’on veut dissoudre les Soulèvements de la Terre qui s’opposent à des mal-adaptations qui nous font croire que la solution est trouvée lorsqu’elle empire le problème, lorsque l’on fait tout ça en sachant que des canicules de masse ou des méga feux nous attendent chaque été, alors on décide sciemment de trier ceux qui auront la possibilité de vivre et ceux dont la mort nous est indifférente. Nous décidons que les plus chanceux auront la possibilité de climatiser, de déléguer le travail pénible, de se réfugier dans leurs maisons de vacances etc, ou ceux qui plongeront dans l’enfer de l’étuve. C’est cela, plus qu’un phénomène climatique, qui est en train de se passer. Et cette petite musique s’entend déjà tout au long de l’année. C’est celle qui justifie le fascisme : le tri des êtres humains. Prendre certains pour des meubles, ou des ressources humaines. Ou juste, des gens dispensables. C’est ce contre quoi, au fond, nous nous battons tout le temps. Et s’il est extrêmement douloureux pour tous les militants que nous sommes, de voir l’état de détresse dans lequel nous sommes plongés, l’urgence climatique et sociale sur laquelle nous avions pourtant alerté, il faut aussi se rappeler que c’est notre solidité qui fera la différence. Nous qui avons la force du collectif et la profondeur des idées, mais aussi et souvent le relatif privilège de s’organiser politiquement, nous nous devons d’être particulièrement robustes. De tout miser sur notre solidarité, nos organisations consciencieusement et lentement constituées, notre intelligence politique. C’est maintenant, et c’est avec les moyens du bord. Pas le choix. Il y a quelques années, en pleine canicule, j’écrivais une lettre à Gérald Darmanin qui venait de demander la dissolution des Soulèvements de la Terre depuis un studio d’à peine 9m2 sous les toits, écrabouillée par la chaleur. Aujourd’hui, trois ans après, la canicule est déjà significativement plus longue, plus étouffante. J’ai quitté mon 9m2, pour vous parler de moi, mais je dois bouger à nouveau, jamais tranquille dans ce marché du logement francilien impitoyable, à qui j’offrirai désormais la moitié de ce que je gagne dans mon nouveau loyer, le tout pour espérer pouvoir vivre là où j’ai toujours vécu, où j’ai grandi, appris, aimé et désiré qu’il en soit autrement. Depuis toujours, ce média a été le seul endroit où j’ai ressenti une certaine puissance, le pouvoir de ma grande gueule et d’Internet, des liens avec les gens et de l’expérimentation d’une organisation collective. Le seul endroit où j’ai pu me dire parfois, avec un peu d’orgueil j’avoue, que nous pouvions peser dans la transformation de notre société. Et malgré tout ce qui nous accable particulièrement aujourd’hui, nous avons pesé, c’est sur ça, plus que jamais, que je voudrais clôturer cette saison sur le média. En quelques années, beaucoup de choses ont changé. L’étau s’est resserré. Rien n’a sauvé l’école ou l’hôpital, et c’est l’idée même de Sécurité Sociale qui est désormais remise en question. Non seulement l’extrême-droite dispose de plus de 80 députés, mais elle a réussi le tour de force de faire renier à une grande partie des représentants politiques leur attachement à l’antifascisme, y compris ceux qui se présentent aujourd’hui devant nous en se revendiquant de gauche, ou qui assistent sans grincer des dents à la panthéonisation de Marc Bloch. Les habitudes coloniales et génocidaires d’Israël et de l’Occident en Palestine ne se sont bien sûr pas arrêtées. Elles ont continué en Iran (où paraît-il on bombarde au nom de la liberté des femmes) et au Liban (où l’on rase tout pour nous protéger du Hezbollah paraît-il). Quant aux canicules, ce sont toujours les mêmes qui s’époumonent sans grand impact, bloqués dans le paradigme de la sensibilisation et de la dénonciation impuissante que l’on se raconte être déjà de l’action. On dirait donc que rien n’a changé, mais je vous dis que l’on a pesé. Regardez : les rapports de force politiques se reconfigurent. Les loups sortent des bois et l’on peut choisir de laisser ces loups-là derrière. On dirait que même si les effets sont déjà là à nous prendre en étau, que la catastrophe écologique et sociale nous écrase bien de tout son poids, on dirait que malgré ça, les discours de gauche radicale sont montés en puissance. Sur Internet, si libre et contestataire malgré ce que l’on peut en dire, les gens se connectent, se répondent, s’insultent aussi, mais que la pensée est encore possible. Internet nous offre tellement d’échappatoires et de défis. Espérons qu’il soit longtemps le refuge qui nous a permis d’éclore. Pour nous. Nous, la jeunesse fatiguée des discours des plus vieux (avec tout le respect pour les vieux cool qui nous suivent ici), hors sol avec ce que nous vivons. Fatiguée de leurs médias insipides et bêtes, fatiguée de la valeur travail et sa foutue productivité, fatiguée des effarouchés qui ne savent plus où se foutre face aux racines coloniales qui sous-tendent notre univers entier, fatiguée de lutter pour mettre à la page ceux qui ont encore l’argent et la respectabilité pour eux. Fatiguée d’une époque, peut-être même de ce qu’on appelle “le monde d’avant” et auquel on est en train de mettre une petite vitesse. Et c’est logique : nous avions 18-19 ans quand nous avons commencé à militer. Plus de voix et de naïveté peut-être, des slogans un peu fades que nous avions récupéré d’années de gauches molles et de tracts indigestes. Mais si les années ont passé, alors notre impact aussi. Mine de rien, personne par personne, combat par combat, moment politique par moment politique, nous avons commencé à faire masse. Nos discours se sont solidifiés, nos modes d’actions se sont rendus plus efficaces. La puissance de feu de ce que certains appellent “la gauche internet” n’est pas négligeable. Elle arrive juste à retardement. Et à retardement, c’est parfaitement à l’heure maintenant. Je suis fière de regarder le chemin parcouru sur le média tous ensemble : à n’en pas douter ce chemin a compté, même de manière minime, dans la recomposition d’une gauche solide et qui n’entend pas faire de compromis sur les rares combats que nous avons encore l’espace de mener. Nous ne sommes pas des “wokes fragiles” comme ils l’ont cru à un moment : non, nous sommes inusables, ancrés dans notre époque, cyniques et acharnés, et le sol que nous avons construit ne se dérobe pas sous nos pieds à chaque montée de polémique ou d’expérience difficile – c’est d’ailleurs ce qui les énerve. Nous avons fait feu de tout bois et nous sommes des rocs. La canicule nous met en rogne, elle n’effrite rien. Elle ne fait que renforcer notre conscience du moment historique, notre lucidité sur le courage qu’il faudra pour repousser les murs d’une société étuve, bien au-delà de la canicule. Nous sommes passés à une nouvelle ère dans ce monde en feu : celle des reprises, après les dénonciations, les constats et les colères argumentées. L’année prochaine, nous sortirons aussi d’Internet pour reprendre des espaces nouveaux. Reprises : reprises des communs que nous avions délégués, reprises en main politique à nos échelles, tout de suite et avec les moyens du bord, reprises des moyens de communication sous le nez des GAFAM dont nous nous foutons pas mal car nous maîtrisons mieux que personne les dédales du numérique. Reprendre les choses en main veut dire cesser d’attendre et mettre en pratique, dès maintenant, des tactiques de survie à l’étouffement politique. Organiser la solidarité entre nous, en se lançant dans des initiatives qui feront peut-être pschit, avoir le courage d’être à l’initiative, de récupérer un peu d’agentivité. À partir de toutes les ressources produites collectivement depuis des années, refuser la passivité et la normalisation d’un mode de vie lunaire sur la planète catastrophe. Tester la solidité de nos réseaux. Et affûter nos stratégies. Le média se prépare activement à l’année présidentielle. Cette année ne nous fait pas plus peur que ce que nous sommes en train de vivre. Nous ferons campagne. Pour porter nos idées, celles qui nous rassemblent mais aussi pour revendiquer des espaces où l’on se fritte et où ça gratte. Pour élever collectivement le niveau de l’argumentaire politique, fruit de nos discussions communes, de nos apprentissages en réseau, de nos moments de choc et de colère. Pour passer à l’offensive, enfin. Attaquer ceux qui nous rongent et nous abandonnent. Attaquer ceux qui prétendent nous défendre en utilisant nos colères et nos deuils sans nous connaître. Attaquer ceux qui écrivent l’histoire à notre place. Les mordre avec les dents, de toutes nos forces. Cher·es ami·es d’ici là, on prend les dernières forces dont nous avons besoin. Le média sera, comme vous en avez l’habitude, silencieux en juillet et en août. Mais je vous en fais la promesse : dans le noir, vous pourrez voir briller nos canines. L’article [ÉDITO DE CLÔTURE] Canicule record : passer à l’offensive est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (3122 mots)
PASSER À L’OFFENSIVE
La rédac
Pour le dernier épisode sérieux de l’année sur VDJ, avant la saison (et les #elections ) 2026/2027 qui promet d’être riche en #politique , on s’est dit qu’on allait parler des primaires. Parce que la petite musique de l’union, tube de l’été l’année dernière, commence un peu à saouler tout le monde : ça patine, ça n’avance pas, on ne comprend rien à qui est pour ou contre… Et surtout, même dans un monde où ça marchait, on n’est pas sûr du tout que ce soit le plus efficace politiquement. On vous explique en vidéo! L’article [VIDÉO] 2027 : la primaire, pourquoi ça ne marche pas ? est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (203 mots)
La rédac
Cette semaine dans notre émission d’actu, on parle de l’annonce du « bébé miracle » de Marine Tondelier. Parce que nous l’intime, le politique, les deux ensemble, tout ça, ça nous parle. On l’a même fait avant que ça soit hype, par ici. Bref, cette semaine on juge, on commente, on bitch, on DECRYPTE mais surtout on POLITISE la grossesse de la Marine à veste verte. #elections #ecologie #maternité L’article [VIDÉO] Marine Tondelier : la grossesse la moins politique de l’année ? est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (183 mots)
La rédac
Ces dernières semaines on a pas mal entendu parler de la pétition contre la loi Yadan. L’année dernière on avait pas mal entendu parler de la pétition contre la loi Duplomb. Et là on entend pas mal parler de la pétition pour suspendre l’accord commercial entre l’Union Européenne et Israël. Alors, est-ce qu’il se passe concrètement des trucs où est-ce qu’on est condamnés à juste en entendre parler ? On a enquêté dans le dernier épisode de notre émission Vacarme des Jours sur YouTube. L’article [VIDÉO] Les pétitions servent-elles à quelque chose ? est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (136 mots)
La rédac
Ça y est, notre podcast Oïkos reprend du service ! Et en ce mois de mai sur Oïkos, désormais l’émission de grands entretiens du média, nous recevons la coalition antimilitariste Guerre à la Guerre pour une grande conversation autour de ce mot que tout le monde redoute de prononcer et qui fait pourtant partie, sans que nous en ayons forcément conscience, de notre quotidien : la guerre. Dans la rue, lors des traditionnelles manifestations du 1er mai, beaucoup de slogans anti-guerre ont rejailli, dans le contexte que l’on connaît : les puissances historiques aux abois, le colonialisme qui s’entête, le f@scisme qui avance. L’antimilitarisme n’est plus une notion désuète, nos luttes intègrent de plus en plus les argumentaires anti-guerres à leurs revendications. Les guerres sont violentes, coûtent cher, détruisent vies et habitats, perpétuent des narratifs dangereux. Mais les gens qui refusent la guerre sont-ils des idéalistes déconnectés ? Peut-on se battre contre l’industrie de l’armement ? À quoi servent vraiment es guerres et sommes-nous jamais vraiment en paix ? Ce sont de toutes ces questions, adossées à la situation en Iran, à la vente d’armes par la France, au contexte militant de nos territoires, aux inégalités face aux armes de la répression, que nous avons discuté avec Camille et Loïc, représentants de la Coalition Guerre à la Guerre. Une longue conversation, ancrée dans le présent, sans tabou et nécessaire, à retrouver sur YouTube ET sur toutes les plateformes d’écoute. L’article [ÉMISSION] Faire la guerre à la guerre en 2026 est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (350 mots)
La rédac
Le 22 avril prochain à Paris, le média vous convie à une discussion publique avec le Front de Mères, organisation de parents fondée par Fatima Ouassak. Depuis plusieurs années déjà mais particulièrement ces dernières semaines, les narratifs de l’extrême-droite sont à l’oeuvre dans la société. Petit à petit, ils configurent notre monde et celui dans lequel doivent se construire des millions d’enfants. Comment lutter au mieux pour qu’ils aient tous la possibilité de vivre une vie digne ? Comment s’organiser pour échapper aux récits de l’extrême-droite et montrer la voie ? Comment protéger les petits des dangers que ce monde politique fait naître et renaître ? Motus et Langue Pendue, média indépendant et antifasciste, invite le front de Mères, qui lutte contre les discriminations et les violences que subissent les enfants, pour en discuter. La discussion aura lieu à la superbe librairie La Régulière, dans le 18e. Ce moment d’échange est ouvert à tous et entièrement gratuit, on espère qu’il sera une ressource en plus pour la riposte populaire contre l’avancée de l’extrême-droite dans notre pays. L’article [ÉVÈNEMENT] Comment protéger nos enfants de l’extrême-droite ? est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (419 mots)
ATTENTION : suite à un problème de santé, cette discussion publique est reportée à une date ultérieure. Nous vous tiendrons informés. 
« Comment protéger nos enfants du monde que construit l’extrême-droite ? »
Librairie La Régulière, 43 rue Myrha, Paris 18
Mercredi 22 avril 2026, 19h
La rédac
Motus est un média associatif composé d’une trentaine de bénévoles, qui ne font pas ça pour l’argent… mais qui ont besoin d’argent pour mener ce projet associatif et médiatique qui requiert un professionnalisme coûteux en temps et en sous. Le don sur Motus est à partir de 1 euro. Si vous êtes du genre relation sérieuse, vous pouvez vous engager sur un don régulier, soit à partir de 12 euros par an. C’est un peu comme si vous nous offriez un café tous les mois, et pour nous c’est beaucoup. Et puis, si vous êtes plutôt team coeur d’artichaut, que vous fonctionnez au coup de coeur, à l’envie, qu’un article vous touche, qu’un évènement vous marque et que voilà, ce jour-là vous avez envie d’être un grand donateur, vous pouvez aussi faire un don ponctuel plus conséquent Plus vous êtes nombreux.ses et fidèles au projet Motus, plus le média sera sécurisé et plus nous pourrons continuer à creuser notre sillon, porter notre voix, publier nos articles et relancer les projets qui ont dû être mis de côté, faute d’énergie et de moyens. Un média sans actionnaires ni pub oui, mais sans moyens ni thunes, et puis quoi encore ? Faites un don ! L’article Municipales, présidentielle : préparer la suite est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (2156 mots)
Alors que la campagne des élections municipales vient de se clôturer, l’équipe du média réfléchit déjà, à partir de ces résultats et des nombreux débats qu’ils suscitent, aux manières de vous outiller le mieux possible dans l’année qui va venir, et qui sera politiquement charnière avec l’élection présidentielle et les narratifs qu’elle va faire appaître. Pour cela, nous avons besoin de renforcer notre trésorerie pour nous lancer dans la bataille.UNE MISSION À MENER À BIEN : OUTILLER LES GENS EN CE MOMENT POLITIQUE CHARNIÈRE
Notre média se donne pour mission d’outiller le pouvoir populaire et d’éclairer de la manière la plus juste possible les défis que nos génération ont à affronter. Durant les prochains mois, nous voulons être à la fois un collectif refuge pour celles et ceux qui veulent continuer à penser l’actualité avec exigence et éthique, et un média qui vous outille pour mener vos propres combats.
POURQUOI UNE CAMPAGNE DE DONS ?
Faire un don à Motus c’est nous permettre de créer des contenus plus qualitatifs et plus ambitieux, nous donner la possibilité d’investir dans du matériel qui soit à la hauteur des enjeux que nous traitons, et surtout valoriser notre travail pour qu’on puisse le rendre accessible et visible auprès de plus de monde.
Et si l’échelle change, Motus voudrait se doter d’un dispositif conséquent pour continuer à outiller le vote populaire, avec des contenus toujours plus approfondis et utiles, avec irrévérence et pertinence, toujours. Ces derniers mois ont été une période charnière politiquement, et ils nous ont poussé à solidifier nos contenus et notre équipe.
On ne peut rien prédire de l’avenir (comme dirait l’autre), mais ce qui s’annonce promet de secouer.
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L’article LFI, gentrification, ruralité… Les enjeux des élections municipales 2026 est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. (186 mots)
Les élections municipales, dont le premier tour a lieu ce dimanche, sont loin d’être un scrutin anecdotique. Mais pourquoi, en fait ? Concrètement qu’est-ce que ces élections vont changer dans nos vies et pourquoi? On en discute dans cette vidéo, dans laquelle on parle aussi de St Ouen, de rupture entre les gauches, de politique sans étiquette ou de gentrification.
Et si vous voulez, sur le média on a aussi recensé 6 initiatives pour vous outiller dans le vote ce dimanche : >> PAR ICI <<
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Communiqué · 17.02.2026 Le 14 février dernier, Quentin D., militant néo-nazi, est décédé après les coups qui lui ont été portés, probablement par un groupe de militants antifascistes. À l’heure où nous écrivons ce communiqué, la vérité du déroulé des faits reste encore à établir. Depuis sa mort, le monde politico-médiatique tente d’imposer un narratif mensonger, qui repose sur un événement dramatique survenu au milieu d’une marée de violences fascistes systématiquement invisibilisées, et qui signifierait que le danger de notre démocratie n’est pas le fascisme, mais bien celles et ceux qui le combattent. Nous ne pouvons pas accepter de laisser ce narratif dérouler et infecter nos amis, nos parents, celles et ceux qui subissent notre époque. Notre média pouvant être considéré comme un média de gauche radicale et se revendiquant pleinement de l’antifascisme, nous considérons qu’il est important de prendre la parole en solidarité avec les mouvements de résistance déjà largement calomniés, et aujourd’hui plus que jamais traînés dans la boue. Jeter sous le bus des militants solides partout dans l’Hexagone, se revendiquant d’un antifascisme historique, duquel était issu notre mouvement de résistance le plus connu, le tout pour préserver une soi-disant “respectabilité”, est l’un des visages reconnaissables de la fascisation de la société, alimentée par un climat hallucinant de délation calomnieuse et de raccourcis mettant en danger nombre de nos camarades. Contrairement à ce que nous avons entendu, y compris sur le plateau de grandes chaînes nationales à heure de grande écoute (ici l’interview de Sandrine Rousseau sur France Info par exemple), la raison d’être de l’antifascisme est de combattre le fascime. Comme son nom, simplissime, l’indique. L’antifascisme n’a pas pour raison d’être la violence, même si, historiquement, la violence a pu être employée dans la défense contre le fascisme. La violence a pu être un moyen, elle ne sera jamais une fin. L’antifascisme n’a pas non plus pour raison d’être le lynchage ou le trouble à l’ordre public. Tout ce que l’antifascisme cherche à faire, c’est de protéger nos territoires, nos villes et nos universités, du danger réel du fascisme. Danger sur lequel nous avons un peu trop tendance à nous endormir. Si des groupes antifascistes étaient bel et bien présents à Lyon dans ce qui allait mener à cet affrontement fatal, c’est pour faire ce que la Jeune Garde, groupe antifasciste français, a toujours fait : défendre la ville des attaques fascistes. En l’occurrence, empêcher des militants fascistes de menacer la conférence donnée par Rima Hassan à Sciences Po Lyon. En ce sens, le narratif du “jeune homme sans histoire lynché gratuitement” est un récit mensonger. Si cela ne justifie pas sa mort, redonner le contexte dans lequel elle est survenue est primordial : Quentin D. était un militant néo-nazi, membre actif de l’Action Française, mouvement royaliste, antisémite et raciste. Quentin était aussi membre du collectif “Audace” Lyon, groupe dissous suite à des actes racistes et reprenant des slogans nazis sur Internet. Quentin avait participé en mai 2025 au défilé néonazi du Comité du 9 Mai à Paris. La ville de Lyon est quant à elle régulièrement le théâtre d’affrontements entre des antifas et les mouvements d’ultra-droite (Gud, Bastion Social, etc) qu’ils refusent de laisser courir et qui assoient, année après année, leur pouvoir dans la ville. Après deux ans de négation d’un génocide, de montée du racisme, de dégradations de librairies ou tiers-lieux marqués à gauche, de menaces de dissolution des pouvoirs publics alors que ces mêmes défilés néo-nazis sont protégés par la police, un homme est mort. On peut le regretter, mais pas s’en étonner. L’étonnement aurait dû arriver bien avant. Au moment de la mort de toutes les personnes qui ont précédé Quentin et sont mortes assassinées, mais n’avaient pas la chance… d’être nazies. D’après Isabelle Sommier, dans son livre Violences politiques en France, entre 1986 et 2021, 53 personnes sont mortes tuées à cause de leur idéologie. 90% de ces meurtres ont été commis par l’extrême-droite. Le climat de violence est instauré par les mouvements fascistes que tant refusent de combattre maintenant, en capitulant face aux pressions médiatiques. La violence est du côté de l’idéologie raciste et fasciste face à laquelle les antifas nous défendent. Nous avons également été sidérés d’entendre, de la bouche même de responsables politiques, que la France Insoumise aurait une responsabilité dans la mort de Quentin D, alors que l’eurodéputée qui donnait sa conférence était à plusieurs kilomètres du lieu où Quentin est décédé, et a immédiatement condamné les violences ayant conduit à son hospitalisation puis à son décès. À tous ces gens plus effrayés par les éléments de langage de Jean-Luc Mélenchon que par le retour du nazisme dans nos rues, nous demandons : où donc la France Insoumise a-t-elle jamais appelé à la violence ? Est-ce que vous avez en vous tant de haine envers ce mouvement citoyen, l’un des seuls politiquement solide à gauche, tant de haine prémâchée par la cabale médiatique que vous en venez à insinuer que Mélenchon, parce qu’il parle trop fort, aurait tué ce jeune homme ? Jean-Luc Mélenchon a-t-il appelé à “nettoyer les banlieues au karcher” ? À faire de grandes “rafles” d’étrangers ? à “attraper les femmes par la chatte” ? À envahir le Groenland ? À anéantir les Palestiniens ? À militariser la France ? Les antifas sont-ils ceux qui posent dans des stands de tirs, avec des armes, sur de nombreuses photos ? Non. La rhétorique guerrière est du côté des fascistes et l’a toujours été, historiquement. Nous ne sommes pas pour la violence comme stratégie politique, nous l’avons dit à de nombreuses reprises (voir émission sur Luigi Mangione sur notre chaîne YouTube.) Nous sommes, cependant, pour le droit de nous défendre (celui-là même!) face à une force politique qui désire notre mort. Tel Jean Messiha, figure d’extrême-droite qui écrivait il y a quelques jours : “Il faut exterminer les antifas. Un par un. Les antifas sont les seuls et uniques nazis aujourd’hui. Il faut les éradiquer.” Mais tout est permis, alors que le corps de leur “camarade” est encore chaud. D’ailleurs, au lieu de le pleurer et de parler de lui, leurs discours sont tout entier concentrés sur leur obsession de toujours, maladive : la France Insoumise et l’extrême-gauche (qui, par le mécanisme bien connu de la fenêtre d’Overton, englobe désormais grossièrement la gauche, LFI étant loin d’être un mouvement révolutionnaire désireux de prendre le pouvoir par les armes). Plus d’étiquette qui tienne en ce moment : on mélange tout dans un gloubi-boulga débilitant, un fourre-tout servant de support à tous les éditorialistes pour alimenter le grand feu de joie censé cramer les dernières digues qui subsistent face au fascisme. Aujourd’hui, Quentin, militant fasciste, aura droit à une minute de silence à l’Assemblée nationale. Il y a deux ans, Nahel, tué par la police à 17 ans, n’avait le droit qu’à des injures qui insinuaient qu’il l’avait bien cherché. Sans parler des dizaines d’autres assassinés, eux, par l’extrême-droite tout simplement passés sous les radars du cirque médiatique. L’ampleur du gouffre qui sépare les différentes réactions politico-médiatiques aux décès est un signe dangereux de la fascisation de la société. Les fascistes vont en profiter pour tirer le fil jusqu’à détruire la pelote, et si nous ne disons rien, bientôt l’on prendra Messiha au mot : les antinazis seront magiquement devenus des nazis, et ils seront tués pour l’avoir bien cherché. À nos camarades de gauche nous disons : soyez solides, et ne cédez pas une miette de terrain aux torrents de boue que nous recevons. Nous sommes antifascistes, fiers de l’être, maintenant comme hier. Et à nos “camarades” qui jettent les Insoumis ou les antifas sous le bus, nous disons : vous êtes le problème que nous devons combattre pied à pied, sans compromission. Motus & Langue Pendue est un média apartisan, mais dans ce moment gravissime, se tient aux côtés des Insoumis et des mouvements antifascistes, plus que jamais nécessaire à nos résistances. L’équipe du média L’article [Communiqué] Nous sommes toujours antifascistes est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (1757 mots)
MORT DE QUENTIN D. : NOUS SOMMES TOUJOURS ANTIFASCISTES
Parce que nous combattrons toujours le fascisme et que la séquence en cours nous prouve, une nouvelle fois, que c’est nécessaire.
La rédac
PAR MEHDI EL AFANI // Pour la Saint-Valentin, Motus explore la « Sans Valentin ». Ici, alors que le progrès nous pousse à célébrer nos individualismes, le capitalisme comblant les trous, Mehdi s’interroge sur ce que l’amour, au contraire, rend possible.Retrouvez les autres articles #SansValentin sur le site! // Il nous faut réapprendre à aimer. Aimer d’abord, contre l’infamie du progrès. Si j’ai longtemps cru qu’il était nécessaire, que le progrès nous sortirait des crises qui nous guettent, j’ai aussi tardé à voir ses effets délétères. Le progrès (technique, à fortiori) n’est, bien souvent, pas une solution mais une fuite en avant individualiste : qui a besoin des autres quand la technologie peut sauver tout le monde ? C’est de cela dont il s’agit : une bataille culturelle qui dissimule une crise spirituelle derrière laquelle se trouve l’homo economico-solitus, l’individu rationnel capitaliste et solitaire qui n’aurait besoin de personne. Mais même le plus gros des mascus a parfois besoin d’une épaule sur laquelle pleurer. Je parle d’amour car c’est un moteur. C’est le mien même. Célibataire sans enfants, j’ai au moins cette chance-là : pouvoir en parler d’une manière désintéressée et donc, universelle. Je suis un amoureux du futur, des gens que je n’ai pas rencontrés, des plats que je n’ai pas goûtés, de tout ce qui risque de passer. Ça n’est pas naturel car l’amour s’apprend. D’abord par mimétisme, on cherche à reproduire les schémas d’inconditionnalité qui constituent l’amour filial puis on finit par déconstruire les carences de l’amour parental pour pardonner à ces gens qui nous ont élevés et qui sont juste des gens. Pour réapprendre à aimer, regardez ceux qui l’ont perdu, leur amour. Les gens, ça se trouve et se perd tout le temps. Mais perdre des gens qu’on aime, c’est différent. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts » c’est une illusion en fait. La perte nous donne une résilience dont on se passerait bien, des questionnements sans fin, des angoisses ou des traumas et pour tous un relativisme nouveau qui se voit dans les yeux. La prochaine fois que vous plongerez dans un regard, peut-être que vous reconnaîtrez cet éclat si particulier : douceur, naïveté, un soupçon de doute et une émulsion d’amour. Celles et ceux qui savent que le progrès tue, de plus en plus tôt, avant la retraite comme les jouets usés d’un système en déliquescence construit par ceux qui s’aiment qui font souffrir ceux qui aiment. L’article [SANS-VALENTIN] Il nous faut réapprendre à aimer. est apparu en premier sur Motus & Langue Pendue. Texte intégral (779 mots)
Quand chacun peut se sauver seul, la dépendance aux autres disparaît et avec elle, le besoin de faire société.
Notre foi en notre toute-puissance guidée par le progrès a parachevé notre transformation en outil d’un système économique que nous avons nous-mêmes créé. Dans un système où le capital financera un travail automatisé, même les prolétaires ne redeviendront que de simples consommateurs. Le progrès, entité insaisissable, malléable et pleine de promesses, est devenu une nouvelle religion dotée, comme le Divin en son temps, de la maîtrise du futur tout-puissant.
Deux mille années d’une révolution socio-politico-économique pour se retrouver au point de départ : si vous voulez faire société, vous avez besoin d’amour. C’est donc Jésus qui avait raison – et le descendant de Mahométan qui vous le dit vous rappelle qu’Issa est pour nous aussi un messager. Peut-être, finalement, que ce sont les droitards capitalistes et jésuites qui ont raison lorsqu’ils s’opposent à la laïcisation de la société française. Mais là encore, il s’agit de cohérence : qui peut raisonnablement croire ceux qui prônent à la fois le progrès technique et le recul moral ?
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