Stéphane LB
Février 2026 — En montrant que les pompes à chaleur (PAC) peuvent atteindre un bon niveau d'efficacité même dans des maisons mal isolées, les résultats d'une campagne de mesure inédite ont soulevé de nombreuses questions sur l'enjeu de la rénovation performante des logements. Leur analyse conforte au contraire l'idée qu'une décarbonation efficace du chauffage des logements ne sera atteinte qu'en combinant de façon optimisée installation de PAC et rénovation performante. La France est aux prises avec un paradoxe : alors que la production électrique est excédentaire, l'électrification des usages peine à s'accélérer. Pour répondre à cet enjeu, le gouvernement a lancé mi-mars des groupes de travail sur l'électrification, dont l'un est dédié au secteur du bâtiment. Dans ce contexte, nous publions une note décryptant une étude de l'Ademe sur les performances réelles – environnementales et économiques – des pompes à chaleur, sortie l'automne 2025 ►. L'essentiel à retenir : En résumé, si les PAC sont un outil particulièrement efficace, leur déploiement doit s'inscrire dans une stratégie de rénovation performante du parc bâti, que ce soit pour des raisons techniques ou économiques. (488 mots)
Une attention importante est accordée aux pompes à chaleur (PAC) : le gouvernement a proposé plusieurs pistes fortes visant à accélérer leur déploiement, comme l'installation de 850 000 PAC par an d'ici 2030, ou le conditionnement des aides à l'installation de PAC.
Dans les logements les mieux isolés et rénovés, l'installation d'une PAC seule peut être pertinente ; l'efficacité des PAC dépasse souvent les attentes, comme en témoignent les récents retours de terrain.
Concernant les passoires thermiques et les logements mal isolés, il est ainsi impératif d'associer la pose d'une PAC à une rénovation complète et performante : sans cela, des dysfonctionnements techniques majeurs et une explosion de la facture des ménages seront inévitables.
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Article initialement paru dans Enerpresse, mardi 10 mars 2026 L'association négaWatt a appelé, mi-janvier lors d'un webinaire, à redéfinir les trajectoires d'électrification de la France. Plutôt qu'une hausse « aveugle » des volumes de consommation, elle plaide pour privilégier un pourcentage d'électricité dans le mix énergétique. La position de négaWatt vient questionner le dernier bilan prévisionnel de RTE, tablant sur une augmentation de 12 à 15 TWh par an de la demande électrique. Alors que l'électricité représentait en 2024 26 % de la consommation d'énergie finale en France et reste « décarbonée à 95 % », Yves Marignac, porte-parole de négaWatt, pointe un « paradoxe majeur ». La consommation électrique stagne depuis 2010, avec même deux décrochages marqués lors du Covid et de la crise énergétique. L'expert dénonce « un glissement » qui fait qu'aujourd'hui « il y a une forme d'indexation totale de la réussite de l'électrification au volume de demande électrique », plutôt qu'à la part de l'électricité dans le mix énergétique. Pour négaWatt, quand on parle d'électrification, l'objectif doit être « en pourcentage » et non « en volume absolu ». Les scénarios de neutralité carbone démontrent d'ailleurs qu'il n'existe « aucune corrélation simple entre niveau d'électrification et niveau de demande ». Certaines trajectoires - scénario S2 de l'Ademe - atteignent des taux d'électrification élevés tout en maîtrisant les quantités grâce à l'efficacité énergétique et la sobriété. Secteur par secteur, l'association a décortiqué les ambitions du GRT dans son scénario « décarbonation rapide ». Sur l'industrie, l'hypothèse d'une concrétisation de 60 % des projets de gigafactories et d'électrification de grands sites « paraît très ambitieuse et peu réaliste », celle pour l'hydrogène « plus encore ». Le cas des data centers cristallise particulièrement les interrogations. négaWatt estime que cette projection à l'augmentation de la consommation des data centers est aujourd'hui « posée sans véritable réflexion sur le niveau de besoin d'usage numérique » et sans prioriser « la décarbonation d'usages existants ». Les données statistiques montrent que la France dispose déjà d'une électricité compétitive pour les entreprises. Le principal frein à l'électrification réside dans « la capacité d'investissement », rendue incertaine par « les aléas, les allers-retours et les suspensions » des dispositifs de soutien publics. L'experte ajoute qu'une électrification maîtrisée permettrait de réduire le coût du système. Pour 100 TWh de consommation supplémentaire, le surcoût s'élève à « plus ou moins 10 milliards d'euros par an ». négaWatt considère qu'il faut « faire la place pour les énergies renouvelables dans une trajectoire de moindre hausse de la consommation électrique ». Cela implique de repenser l'articulation entre le nucléaire et les ENR dans sa « globalité », y compris en réfléchissant à la modulation du parc nucléaire ou à la mise sous cocon de certains réacteurs. Interrogé par Enerpresse à la suite du webinaire, Yves Marignac a tenu à rappeler le rôle majeur de la sobriété pour la transition énergétique et plus largement. L'association négaWatt, qui travaille depuis 25 ans sur le sujet, défend une vision stratégique de ce levier face aux limites planétaires. Yves Marignac rappelle que la sobriété permet de « réduire l'empreinte économique, matérielle et environnementale de nos activités » en éliminant les surconsommations évitables. Loin d'une décroissance subie, la sobriété choisie - sans quoi il s'agirait en réalité de « précarité », « crée de la valeur en préservant des ressources ». Dans le contexte géopolitique international actuel, marqué par une « lutte féroce pour la prédation de ressources », le porte parole de négaWatt estime que l'Europe, peu dotée en ressources fossiles et minérales, devrait « prendre le leadership d'une économie fondée sur la sobriété et la circularité ». Le principal obstacle réside dans « la nécessité de renoncer au mythe de l'abondance », cette croyance que la technologie permettra toujours de dépasser les limites planétaires. La stratégie d'électrification massive, incarnée par le discours de Belfort de février 2022 d'Emmanuel Macron, s'inscrit selon lui dans cette logique obsolète de croissance illimitée. Les Français sont « prêts à adhérer » aux mesures de sobriété, révèlent les enquêtes, à condition qu'elles soient déployées « dans un souci d'accompagnement et de justice sociale ». L'exemple de la mobilité électrique illustre cette exigence : privilégier des petits véhicules accessibles plutôt que des SUV haut de gamme. Finalement, la sobriété peut devenir « désirable » en tout point avec de nombreux cobénéfices : pouvoir d'achat, égalité, environnement, justice sociale. La sobriété doit se déployer dans un cadre national de façon concertée et organisée, mais les changements « se feront bien à l'échelle locale » assure Yves Marignac. négaWatt présentera son nouveau scénario prospectif à l'automne, recentré sur des enjeux tels que la compétitivité, la solidarité et la sécurité. Ewen Jaffré ● Enerpresse ● N°14027 ● Mardi 10 mars 2026 Texte intégral (1008 mots)
Industrie et data centers : des projections jugées irréalistes
La sobriété, pilier central de la transition énergétique
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