Mathilde Picard + AFP
C’est «une usine qui va menacer la ressource en eau alors que le territoire subit déjà un stress hydrique», dénonce la porte-parole de l’ONG Seastemik, Esther Dufaure, auprès de France 3. L’implantation d’une mégaferme à saumons en Gironde, d’une ampleur inédite en France avec jusqu’à 10 000 tonnes produites par an, a été autorisée le 3 août par l’État «dans un cadre environnemental strict» alors que des habitant·es, des ONG et des parlementaires s’opposent à son installation. Ce projet de 280 millions d’euros porté par la filiale française de la société Pure Salmon, financée par un fonds d’investissement singapourien, «présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire», a justifié mardi la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. Cette usine terrestre d’élevage de saumons, en circuit fermé, doit être construite sur 14 hectares au Verdon-sur-Mer, au bout de l’estuaire de la Gironde, à partir de 2027. Une décision qui provoque la colère des associations. La ferme à saumons aurait besoin de prélèvements d’eau très importants, jusqu’à 6 500 m3 par jour pour ce projet. Un chiffre qui interloque, d’autant plus dans le contexte actuel de sécheresse qui a participé à alimenter les incendies historiques subis par le département. Dès 2025, 27 ONG ont dénoncé, dans un Appel pour l’océan, un projet «complètement démesuré» qui menacerait l’écosystème du «plus grand et plus sauvage estuaire» d’Europe, avec des rejets de boues au détriment de la pêche et de la culture de coquillages. Les professionnel·les s’inquiètent des risques pour leurs ressources. «Il y aura forcément un déséquilibre environnemental», s’indigne Philippe Morandeau, éleveur d’huîtres sur l’île d’Oléron au micro de France 3. Alors que la pisciculture marine française ne représentait en 2024 que 5 807 tonnes de poissons, toutes espèces confondues, d’après les chiffres officiels, le projet girondin et ses 10 000 tonnes de saumons par an deviendra le plus important de toute l’Union européenne, selon Pure Salmon. Toutefois, des productions atteignent 12 000 t/an en Norvège, précise l’entreprise. Pour la préfète, l’installation de la mégaferme «répond à plusieurs enjeux d’intérêt général : la reconversion d’une friche industrialo-portuaire à la pointe du Médoc, la création de 250 emplois directs et la production sur le territoire national du poisson le plus consommé par les Français, et actuellement importé à 99%.» L’autorisation environnementale «est assortie de prescriptions environnementales particulièrement exigeantes qui encadreront aussi bien la phase de travaux que l’exploitation de l’installation» et feront l’objet d’un «contrôle permanent», tente de rassurer la représentante de l’État. Elle cite notamment «la protection des ressources en eau et des milieux aquatiques», «la qualité des rejets aqueux dans le milieu naturel», «la préservation de la biodiversité et des espèces protégées» ou encore «la gestion des odeurs et limitation des émissions lumineuses». Jugeant les risques environnementaux trop importants, plusieurs centaines d’opposant·es ont manifesté en janvier dernier et en décembre 2025 sur le lieu d’implantation. Et l’enquête publique a enregistré plus de 20 000 contributions, défavorables dans leur quasi-totalité. Durant celle-ci, la commission locale de l’eau, le Bureau des ressources géogologiques et minières (BRGM) et le conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, également opposés au projet, avaient pointé un déficit d’information derrière les «affirmations rassurantes». Alors que le projet est situé dans un espace naturel protégé, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) a déploré le manque de quantification précise des rejets d’azote et de phosphore dans les eaux. Malgré cette importante mobilisation, la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable en mars, comme le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) il y a un mois. Une proposition de loi soutenue par une centaine de député·es allant de La France insoumise (LFI) aux Républicains réclame un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons. Déposée en mars 2025, elle n’a pas encore été examinée à l’Assemblée nationale. La société Pure Salmon assure que sa «technologie éprouvée» garantit «un impact maîtrisé sur la biodiversité». La méthode utilisée est fondée sur un système de recirculation d’eau, «RAS» (pour recirculating aquaculture systems). Cela signifie que l’eau est toujours en mouvement, filtrée, traitée et réutilisée. Elle est «adoptée par de plus en plus de pays producteurs de poissons et reconnue comme étant la plus vertueuse quant aux volumes d’eaux nécessaires au fonctionnement de ce type d’installation», assure la préfecture. «De l’enfumage», balaient les opposant·es, qui annoncent qu’une dizaine d’ONG dont Seastemik et L214 vont déposer prochainement un recours contentieux devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux. Si les principes de l’aquaculture en recirculation «sont aujourd’hui bien établis», des projets de cette taille constituent «un changement d’échelle» avec encore peu de «références opérationnelles» dans le monde, pointait l’Ifremer dans une note publiée en mars. «Pure Salmon reconnaît les capacités sensorielles des poissons dans son dossier technique mais prévoit des densités très élevées (60 à 70 kg/m3) incompatibles avec les besoins du saumon atlantique, une espèce migratrice vivant en milieu ouvert», souligne l’association de lutte pour le bien-être animal L214. Selon celle-ci, «chaque individu aura seulement l’équivalent d’une demi baignoire». Pure Salmon, de son côté défend ses bonnes intentions, affirmant que «le bien-être animal est au cœur du projet» et que l’approvisionnement de la ferme obéit à des «normes strictes», assurant aux saumons une alimentation «responsable et traçable». Le projet divise également au sein du gouvernement. La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, s’y était opposée «à titre personnel» lors d’une audition au Sénat en avril. «Il n’y a aucune raison qu’il ne se fasse pas», avait répondu son collègue de l’industrie, Sébastien Martin, lors d’un déplacement en juin en Gironde. Texte intégral (1475 mots)

Emplois, encadrements des rejets : la préfète tente de se justifier
Experts et associations soulignent les risques environnementaux
La technologie ne résout pas tout
Esteban Grépinet
Chevreuils fuyant les flammes, oisillons asphyxiés, tortues brûlées… La faune sauvage souffre face aux incendies qui ravagent la France cet été. Les feux de forêt, comme ceux de Gironde, ont probablement causé la mort de dizaines de milliers d’animaux, même si un bilan exhaustif reste difficile à estimer. Devant ce désastre écologique, les appels à interdire la chasse dans les zones sinistrées se multiplient. La pétition «Pas de fusil sur les cendres» lancée sur la plateforme Change.org par Bruno Valentin, un gérant de refuge pour animaux dans le Cantal, a recueilli à ce jour plus de 380 000 signatures. Le texte appelle notamment à un «moratoire immédiat de la chasse dans nos forêts incendiées» ainsi qu’à la mise en place d’un «périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués». Des pétitions similaires ont été déposées sur le site de l’Assemblée nationale, mais sont moins suivies pour le moment. Dans leur sillage, cinq associations de défense des animaux ont envoyé ce mardi une lettre à la ministre de la transition écologique, Monique Barbut, lui demandant de suspendre les activités de chasse dans les territoires marqués par des incendies, mais aussi plus largement par la sécheresse ou la canicule. «Il est de votre responsabilité, Madame la Ministre, de faire primer l’intérêt de la nature sur celui d’un loisir, et de décréter sans délai ce moratoire», implore le texte, que Vert a pu consulter. «On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques» Les associations ciblent notamment la chasse d’été, autorisée sous conditions pour quelques animaux (chevreuil, sanglier, renard), et appellent à reporter l’ouverture générale de la chasse (qui commence généralement début septembre) «tant que les conditions écologiques restent critiques». «On fait comme si le changement climatique n’existait pas, alors qu’il faudrait adapter les dates de chasse en fonction des conditions climatiques», précise auprès de Vert Richard Holding, de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). Face aux critiques, le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, a dénoncé fin juillet dans La Dépêche du Midi une proposition «ridicule» et «idéologique d’écolos qui n’y connaissent rien». «On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies, on sait juger par nous-mêmes», argue-t-il. La FNC prône une discussion «au cas par cas avec les préfets concernés […] au sein de chaque territoire communal». Juridiquement, ces derniers peuvent suspendre la chasse sur dix jours renouvelables «en cas de calamité» qui serait «susceptible de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier». Plusieurs fédérations départementales se sont déjà prononcées pour des interruptions de chasse dans les zones incendiées, comme dans les Pyrénées-Orientales ou dans le massif du Bois Noir (Hautes-Alpes). «Ce ne sont pas aux chasseurs de décider, nous demandons à ce que l’État se responsabilise et reprenne le pouvoir pour protéger la faune sauvage», tance Richard Holding. Interrogés par l’AFP, les services du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ont évoqué des adaptations des calendriers de chasse «au cas par cas, territoire par territoire», et «en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs». Texte intégral (859 mots)

Des adaptations «au cas par cas»
Amélie David
«Malheureusement, la majorité des légumes d’été que nous avons plantés n’ont pas réussi à pousser. Peut-être à cause de la pollution laissée dans l’air par toutes les armes utilisées…», s’inquiète Laurita Jarjour. Son message vocal arrive sur notre téléphone alors qu’une visioconférence avec plusieurs habitant·es du sud du Liban se déroule, ce lundi 20 juillet, dans les bureaux de l’Œuvre d’Orient, une organisation caritative chrétienne, à Beyrouth, la capitale. Cette habitante de Rmeich, village frontalier d’Israël, devait accueillir une dizaine de journalistes quelques heures plus tôt, lors d’un convoi humanitaire organisé par cette ONG française. Celui-ci devait rejoindre son village ainsi que ceux de Debel et Aïn Ebel, trois localités chrétiennes enclavées où vivent environ 7 000 personnes. Ces communes se trouvent dans la zone tampon instaurée par Israël le long de la frontière. Il s’agit d’une bande de territoire qui couvre plus de 600 kilomètres carrés dans le sud du Liban et où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires. «C’est important de venir les voir, de leur apporter de l’aide humanitaire et d’être à leurs côtés pour qu’ils puissent tenir», explique Vincent Gelot, directeur de l’Œuvre d’Orient au Liban. Les combats ont diminué d’intensité depuis le cessez-le-feu du 17 avril puis la signature, le 19 juin, d’un accord-cadre entre Beyrouth et Tel Aviv, que le Hezbollah (parti chiite libanais doté d’une puissante milice) refuse. Malgré tout, les frappes israéliennes et les destructions systématiques d’habitations, de terres agricoles et d’infrastructures qui se poursuivent rendent la vie quotidienne difficile et compromettent le retour de centaines de milliers de déplacé·es. Pour l’heure, la milice chiite n’a pas riposté. Dans son dernier bilan publié, le ministère libanais de la santé recensait au moins 4 332 mort·es et 16 568 blessé·es depuis la reprise de la guerre, le 2 mars. Pour prendre part au convoi, les autorisations nécessaires avaient été obtenues auprès du mécanisme de coordination, un dispositif de contrôle de la cessation des hostilités dirigé par les États-Unis, la France et la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Mis en place pour superviser la sécurité au Sud-Liban, il associe les parties libanaises et israéliennes à travers un comité international. Les déplacements dans cette zone nécessitent une organisation au préalable entre toutes les parties et il faut transmettre quarante-huit heures à l’avance l’identité des passager·es, les plaques d’immatriculation et l’itinéraire. Toutes les autorisations avaient été obtenues par les organisateur·ices du convoi. Mais, après plus de deux heures de route depuis Beyrouth, les voitures ont été stoppées à un barrage de l’armée israélienne en zone occupée. Là-bas, les drapeaux bleu et blanc flanqués de l’étoile de David remplacent ceux, rouge et blanc ornés d’un cèdre, du Liban. «Faites demi-tour, vous n’avez pas l’autorisation de passer !», ordonne un soldat posté dans une maison éventrée par les bombardements, aujourd’hui transformée en position militaire. Autour de nous, les stigmates de la guerre sont omniprésents. Les bâtiments sont endommagés, les vergers brûlés, les oliviers abandonnés. Les fruits, que personne n’a pu récolter, pourrissent sous un soleil de plomb. Les équipes de l’Œuvre d’Orient organisent régulièrement des convois depuis le début de la guerre en octobre 2023 pour rejoindre les villages enclavés. Si plusieurs ont pu arriver sans encombre, d’autres ont été bloqués pendant plusieurs heures et même pris dans les combats entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Après quelques minutes, notre convoi fait demi-tour. «Heureusement, ils ne nous ont pas tiré dessus !», souffle notre chauffeur. Les organisateur·ices tentent durant plusieurs heures d’obtenir le feu vert de l’armée israélienne pour continuer la route. En vain. Près de cinq heures d’attente plus tard, c’est un non définitif. «La présence de la presse [Libération, Le Monde, La Croix, The National, RFI…, NDLR] aurait été l’une des raisons principales du refus de pouvoir accéder à ces villages», avance Vincent Gelot, qui a pourtant réussi à mener des convois accompagnés de journalistes par le passé. De retour à Beyrouth, les organisateur·ices improvisent une visioconférence avec les habitant·es d’Ain Ebel, où 340 familles vivent toujours et dépendent grandement des convois humanitaires. À travers leurs témoignages se dessine le quotidien d’une population qui vit depuis des mois pratiquement coupée du reste du Liban. «Ici, la ressource agricole principale est la culture des olives mais, depuis 2023, il n’y a aucune récolte. Les agriculteurs ont perdu trois saisons car ils ne peuvent plus accéder à leur terrain et entretenir leurs oliveraies», déplore le maire d’Ain Ebel, Ayoub Kheirch, face à la caméra. Comme Laurita Jarjour à Rmeich, l’édile s’inquiète de la pollution de l’air, du sol et de l’eau. «Le risque est là. Nous n’avons pas pu effectuer de tests, malheureusement», ajoute-t-il. «Nous sommes très attachés à notre terre. Nous ne voulons pas la quitter.» Cette crainte est étayée par un récent rapport du ministère libanais de l’environnement et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS-Liban), qui met en évidence une contamination importante des sols dans le sud du pays et dans la Békaa, région à l’est du pays. Les scientifiques y relèvent notamment des concentrations élevées de phosphore ainsi que la présence de métaux lourds dans les particules en suspension, conséquences directes des bombardements et de la destruction des infrastructures. Alors que la visioconférence se poursuit, d’autres messages font vibrer notre téléphone. Ce sont ceux d’un autre habitant de Rmeich : Amin Haddad. L’apiculteur décrit un quotidien morose où les résident·es se sentent enfermé·es dans «une grande prison à ciel ouvert» et où travailler est devenu difficile. «Nous attendons toute l’année pour la récolte du miel, mais maintenant nous ne pouvons plus la vendre… Et tout le matériel est devenu au moins deux fois plus cher pour arriver jusqu’ici, dépeint-il. Nous comptons donc sur nos abeilles, mais nous en avons perdu la moitié.» La visioconférence touche à sa fin. Malgré la difficulté de la situation, Sandy Diab, membre du conseil municipal d’Ain Ebel, rappelle : «Nous sommes très attachés à notre terre. Nous ne voulons pas la quitter.» Depuis Rmeich, grâce à une connexion internet sommaire, Laurita Jarjour continue de témoigner de son quotidien. Sur place, pris·es en étau entre les combats, les habitant·es ont dû réapprendre à s’organiser pour maintenir la vie dans leur village, malgré la mort tout autour. «Ce qui nous a un peu sauvés, ce sont les légumes et les fruits de base : les concombres, les tomates, la menthe, ainsi que quelques arbres fruitiers plantés auparavant. Mais les cultures d’été se sont fanées et ont jauni chez beaucoup de gens», détaille Laurita Jarjour, dont la fatigue s’entend dans la voix. Au fil des messages vocaux, elle avoue que sa volonté de rester s’est fissurée au fil des mois. L’isolement, les difficultés à se nourrir et la peur permanente ont fini par ébranler ses certitudes : «Si je pouvais partir, je partirais, même si j’aime vivre sur ma terre. Mais aujourd’hui, ce n’est plus une simple guerre, c’est une guerre psychologique, c’est une guerre contre notre existence.» Texte intégral (1818 mots)

«Faites demi-tour !»
Privés de terrain et inquiets de la pollution
Collectif
Note aux lecteur·ices Monsieur le président de la République, Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : «Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ?» La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher. Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ? Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ? Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15% et un tiers de leurs récoltes selon les productions ? Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ? Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ? Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ? Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102% de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ? Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit : Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute. Le Giec avait prédit, depuis 1990. À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétition et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es. Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat. Nous nous sommes mobilisé·es sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et travailleuses pauvres de notre pays. Nous nous sommes mobilisé·es aux côtés des exilé·es et déplacé·es notamment à cause des dérèglements climatiques, des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine. Nous nous sommes mobilisé·es contre les mégabassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations. Nous nous sommes mobilisé·es à deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement. Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous nous avez traité·es d’exagéré·es, puis de radicaux, puis d’écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau. Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. Nous exigeons un plan d’urgence, parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales. Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des Ehpad où l’on ne meurt pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et paysans sinistré·es, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe. Nous exigeons un plan d’adaptation, parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser. Nous exigeons un plan d’atténuation, parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance. Pour payer ces trois plans, nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit. Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027. Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins. Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an. Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame. Le samedi 26 septembre 2026, partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitant·es, dans les centres-villes et dans les quartiers, nous serons dans la rue. Marchons pour le climat, pour la paix, pour les solidarités. Marchons pour la justice écologique et pour la justice sociale. Marchons pour les vivantes et les vivants, humains et non-humains. Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus. Cliquez ici pour accéder à l’appel à mobilisation. Robert Abauzit Catherine Abélard La vie est un bien précieux, ne la gâchons pas Thierry Abel ERCVM Isabelle Abraham Mireille Adenis Foyer rural Savignies Alain-Bernard Outrebon ALAIN ALAIN PIROT Terre de liens – Alternatiba MIREILLE ALBENQUE Valérie Albert Elisabeth Allain Vincent Allain Conseiller municipal les Écologistes Vannes Alain Amalric Maxime Amblard Université de Lorraine Monique Amiaud Pouria Amirshahi Député de Paris (Groupe écologiste et social) Maxime Ancette Linnea Andersson Janine Andresen Guillaume ANDRE-WALLUT Vertuose, accompagnement à la transition des PME industrielles Anne-Marie Anne-Marie Viguié CCFD Terre Solidaire 31 Fabienne ANTIGNAC joel antignac Patricia Antoine Antoine Antoine Reyes François Anton Les Verts populaires Annie Arteil Citoyenne Annie PATRICIA ATTARD Esther Audo Apicultrice Henri AUGUSTE Clémentine Autain Députée de l’APRES Philippe Autissier J.C AUVRAY Alice Avenel Les Écologistes (Mantois-Vexin) Jacqueline Ayasse Attac Violène Baarsch Marie-Antoinette BACHÈNE-VICAIRE Liliane Bac Marie-Frédérique BACQUÉ Université de Strasbourg Marie Hélène Bacqué Annie Bailly Carole Balavoine Benjamin Ball Organisateurice de communautés Tiphaine Baloge Sabrina Banon sandrine barascud Barbaray Elisabeth Barbay AVE : Association des Verts Espérantistes (Espéranto, langue de la paix et de la solidarité mondiales) FRANCOISE BARBILLON Nicolas Bardey Les Ecologistes Sébastien Barles Vaï Marseille / avocat Jacques Barnier brigitte baroux Nature et Progrès, Bloom, Terre de Liens, NEF, Habitat et Humanisme, Coopérative Oasis Alix Barrielle Guillaume Barthélemy LFI Nathalie Bartholomé Christine Bartolo Bio Consom’acteurs Lila Basri Élue d’arrondissement Lyon 69008 Catherine Bassani AVEC Association de Veille Écologiste et Citoyenne Jean-François BATAILLE Simone Batisse Andy Battentier Sociologue, chargé de campagne claudine baudoin Emmanuelle Baudry Paula Bazerque Sandrine BEACQ COBIONAT BIOCOOP Victor BEAUDOIN Poitiers Collectif Anne Beaufumé Adhérente LPO Stéphanie Beaulieu CEDRIC BEAUMIN Hubert Bécart adjoint au maire du 8e arrondissement de Lyon christine BEC Pascall Beck EELV yvette beck Thérèse BEDUE Gilbert Belgrano David Belliard Maire du 11ème arrondissement de Paris Lisa Belluco Députée de la Vienne Michel Benais Marco Bénard Guy BENARROCHE Sénateur Écologiste des Bouches du Rhône Robin Bénévent Mieux Vivre Poissy Samia Benguetaïb Directrice de Radio Parleur rali benkhedda Kamel Benmakhlouf Citoyen Georges BENNAVAIL Réseau des Initiatives de la Haute Vallée de l’Aude Jill Bennett Morgan Bennett Caroline Benoit Particulier François Benoit-Marquié Verts populaires Laurence Benotmane Yassine Benyettou Militant antiraciste, RED Jeunes Rivka Bercovici LDH Paris Monika Bérenger Martine BERGÉ Françoise Bergère Citoyenne Axelle Bergeret Sylvette Béringuier Célia Berlizot Giraud Les Petits Grains Bernard Bernard Heude écologie Olivier-Jacques BERNARD Bernard Bernard PIPON Association Prévention Environnement Santé Drôme des Collines Irene Bernaud Christian BERNEZET Génération.s Claudie Bernicot Simone Bernillon Attac Laurence Berset Chrystel Bertrand Adjointe 8ème arrondissement de Lyon Pierre BESNARD Citoyen conscient et motivé ! betty betty vaissiere Jacqueline BEX Syndicaliste Léna BIENVENU Collectif Pour le Triangle de Gonesse Annah Bikouloulou Adjointe au maire de Paris Aurélie Billon Leyla Binici Militante ecologiste Gilles Blanchon Bernadette BLIN LERY Denis Bochu Les écologistes Nantes Stéphanie BOCQUET Co-secrétaire régionale des Écologistes Nord – Pas-de-Calais Emmanuèle Body Infirmière retraitée Audrey Boehly Journaliste scientifique, spécialiste des limites planétaires Sylvie Boissin Particulier Michel Boitard Militant dans de nombreuses associations béa bollea Pierre Bona Militant contre le capitalisme, le patriarcat, le fascisme, le racisme, l’injustice sociale, l’inaction climatique Élodie Bonnafous forum poitevin Jean-Francois BONNE claire bonneton Dylan Boquet Sonja Bordessoules Patrick BORG Citoyen du Monde Marie BORIN Myriam Bossy Yasmine Bouagga Les Écologistes Loubna Boualam Arthur boucher Anne-Marie BOUDET Christopher Boudet Les Ecologistes Laetitia Boulle Béatrice BOUQUET Abdelkrim BOURAKBA Lés écologistes Jean François Bourcier Brigitte Bourgin Jean-Jacques BOURGOIS Eglise Verte Pierre Bourguet Alain BOURIEZ Mpaule Bouriez Habitante de la Planete Patrick Bourmond Génération.s conseiller municipal Brigitte Bourseaux Martine Bousquet Vianney Boussard Alternatibat Aurélien Bousseaud Militant pour le vivant Jacques Boutault Écologiste, ex-maire du 2e arrt de Paris Clarisse Boutin Duquesnoy Patrice boutin Les verts populaires, Conseiller municipal ville de Nantes Jean Robert BOUTREUXVIE PAYS ENVIRONNEMENT Anne Boutron Michael Bouysset Agnès Bouzereau David Boyer SAS la vague bio Céline BREBION Valerie Brebion Collectif climat Gwen Bregegere Isabelle Bretaudeau Personnel Dominique BRIAND Bioconsom’acteurs Jacques Brie Charente Nature – Que Choisir Ensemble Nicole BRIEND ATTAC Francis Briens Laurent BRIET Avenir climatique Bertrand BRION INDIGNONS NOUS 10S25 Peggy BRISET Responsable communication jean bru Jean Claude Brunebarbe Les Ecologistes FNE Hauts de France Jean Marc Bruneel Adhérent Les Écologistes Soazic B Jacques Buisson Respirons Mieux dans la Ville, Ecologiste Céline Bulteau Hélène Bureau Marie Cabot les écologistes DENIS CACHON Marie-Claire CAILLETAUD Syndicaliste conseillére honoraire CESE Céline CALARD Alain Calderon ERB Marie CANARD Valentine Capillon Fresque du climat Joëlle Capin Claude CAPLAN Chrysis Caporal Ancienne élue locale jacky caquet Giammari Carlufelice Le guen Caroline Aymeric Caron Député de Paris, président-fondateur de la Révolution Écologique pour le Vivant isabelle caron les Achillées de loos en gohelle Jean-michel Carret Linden Castel Odile Castel Lucie Castets Maire du 12 ème arrondissement de Paris victor cat Annie CAUSSEL francis cauvy Emmanuelle Celier arlette cerf Leila Chaibi Députée européenne LFI 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accueil paysan René Cottyn Thierry Couderc Alain Coulombel Économiste membre du bureau national d’utopia Christiane Courant Muriel Courtay Secrétaire Pays de la Loire les Écologistes Pascale Cousin Laura Coussy florence coustier Thierry Crepel Citoyen inquiet Martine Crouzillat Benoît Crozat Martine Cubizolles Bio consom’acteurs Fatima Cuny Les Écologistes veronique curchod Claire Cuyaubère Hugo Daillan Coordinateur des Verts Populaires Jean-Paul Dalibard agir pour l’environnement Daniela Damiani J.Michel Damiens eau…secours 62 Cédric Damoiseau GUICHARD DANIEL Danielle Da pont Ecolos Marianne Daquet Les Ecologistes Marie-Françoise Darras Militante écologiste Baptiste Darricarrère Marie David Sylvie David-Rousseau les Ecologistes et associations environnementalistes et protection animale Hendrik DaviDéputé, L’APRES Jean-Luc DEBARD Claude DEBONSAncien responsable syndical Annick Debrosse Pauline DeburghgraeveConseillère municipale, Vitry sur Seine Benoît De Cornulier Hermine Decours Pascal DECOURSAmnesty International Bertrand DECROIXDécroissant Emma de Dietrich Cyril De GraeveCyril De Graeve PATRICK DE LAAGEPersonnel Charlie DelamareTravaille sur la gestion des déchets verts, la protection de la biodiversité et des espaces naturels sur l’île de Bréhat Thierry DELATTRE Véronique DELATTRE Karima DelliEx Deputee européenne Rémi Deloire Anne Marie Delort Aude Delpit Béatrice DelporteGeneration.s et Utopia 56 Delphine DE LUCAArtiste Ecologiste Syndicaliste Lucien De lucaCitoyen elisabeth demeesterCitoyenne engagée, bénévole associative,membre de peps LAURENCE Demians Jean-Luc Dené Denis Denis Ducom Mary DenoizéMilitante à l’Apres Yannig DERRIENcitoyen Michèle Derus DERUS camille De Saint Jean Henri Descalzo chantal descours GERARD descrambe Catherine DESERAUD Julie Desiry Ghislaine Desquines Jean Dessort benedicte de Valicourt Reynald Devanlay Manuel DevillersEurope Ecologie-Les Verts Sonia Devillers Marguerite Deygassecours catholique Michel DEYGAS Roger Didotaucune Agnès DIMA Agnès DionePoitiers Mémoires et Partages Murielle Dionisi Naïma Di PieroFcpe Dominique Dominique Kling Maxime DorfferÉcologistes Maxime DorgueilhINSA Toulouse Christine Dorion Chantal DOUAUD Bruno Doumaiselle Coline Dournes Caroline Doutreleau Jeanine Doutreleau isabelle Dragon Bourdis Xavier Dubat CECILE DUBOIS-CARRIERCitoyenne inquiète et révoltée de la situation Sylvia Dubost François DubreuilUnis pour le climat et la biodiversité (administrateur) Jacky Dubreuil Joël Ducassesimple citoyen Colette DU CHEYRONL’HERBIER DE COLETTE Emilie DucourantEelv les ecologistes Beatrice DUFAU SAPHORES Chantal Dugne Benoit DULIEGE Christophe DumontConseiller Régional écologiste Grand Est FRANCOISE DUPARAY Marie Dupont Anne-Marie Durandécologiste sans étiquette maryse Durandcitoyenne Denise Durantet cyril DURDUX Chantal Duret Sarah DurieuxMilitante Féministe Françoise Duriez Guillaume DurinCollectif Breakfree Suisse Geve Dutaut Simon DuteilSyndicaliste Stéphane DutrieuxLes Écologistes Claire Duval Martine DuvalPrise de conscience, participation Maxime EcheneMouvement plan A Sylvie EGRETEAU ELISABETH ELISABETH SCHULTHESS Adil EL OUARDIConseiller Municipal d’opposition Écologiste à Arras, Membre du bureau régional des écologistes Nord-Pas-de-Calais NADINE ERMINEsociétaire biocoop André Escallier VERONIQUE ESCHAmnesty International Nicolas Eslinger Laurent Esposito Martine Etienne PHILIPPE FADEL Patrick FarbiazCoanimateur de PEPS Aurelien FarocheRéseau biocoop Laurent Fauconélu écolo Leffrinckoucke louise FAURE patricia Favreau Brice Favre Jean-Yves Fay Laure FELLONI Lénaïg Féret DENISE FERNANDESMadame GHISLAINE FERNANDES Pedro Fernàndez-Claveras Lucie FerrandonLes ecologistes Jean-Marc FERTAuteur, Éducateur Soraya Fettih350.org, activiste pour la protection de l’environnement et la dignité humaine nathalie Fiala Régine Filliard Aude Fillion olivier folacci Nathalie Foray Frederic Fort Dominique Fourniercitoyenne – Unis pour le Climat & la biodiversité Mireille FOURNIER HERVIANT Franck Franck BERNARD Mathis François BallMilitant Jean FRANVILLEAnticapitalise et altermondialiste, plutôt partisan de la décroissance Frédérique Frédérique MARY Eliane Frémineau Irénée FrérotConseiller de Paris Mariette FreudentheilCampagnarde Beatrice Frossard Emilie Gaime Patricia Galfré Thierry GALLOOCitoyen Sylvain GARELLes Écologistrs Marie-Pierre Garnier-ViarougeLPO, épicerie solidaire Didier Garrigues Ghislaine Gauthier Virgile GAUTHROT Merlin GautierPour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS Marietta GauvardBénévolat : Accueil sans abris et Ma Petite Planète. Engagement individuel pour la protection du vivant Bruno GavarriLes Ecologistes Christophe Gayral Bertrand GeayConseiller municipal à Poitiers – La France insoumise – Poitiers en Commun Teil Geneviève Patricia GEOFFROYNaturopathe Georges Georges BIRAULT Jean-Yves Georges Christophe GerardEELV Gérard Gérard JOUFFROY Yannick Germain Laura Ghattas Farid GhehiouechePorte parole de Cannabis sans frontières , président de l’ENCOD Ghislène Ghislène Lagravère Fabrizio GiacaloneÉconomiste, militant François Gibaux Michel Gibeaux Gaëlle GIFFARDMairie de Romainville (conseillère municipale) – Est Ensemble (vice-présidente) philippe gigout Christine GILLES gilliane gilliane le gallicalofa Tuvalu Jean-Marie GIMBERT Damien GirardDéputé écologiste du Morbihan Michel Girardeau Liliane Girard GIRAUD Catherine Giraud Marc GiraudÉcrivain animalier JACQUES GIRIER Jérôme GleizesLes Verts populaires Henriette Gloriès emmanuelle godbert Lorraine Goldenstein Patrick GOMES-LEALACTION JUSTICE CLIMAT-PARIS, militant Therese goncalvesNaturellement Nanterre Nathalie GonzalezPersonnelle Michèle GoossensCitoyenne Dominique Gouhenantmilitant aux Ami-e-s de la Conf’ Patrick GounandCitoyen engagée pour un monde plus coopératif Gabrielle GRAMMONTSolidarité personnes exilées carine Granara-Bourasseau Philippe GrandLes Écologistes Isabelle GRANGE anny granger Fabienne GrebertConseillère régionale FJ Grimautl Maxime Grimonet Mizzi GrognoAucune Christine Grondin Benoist Grosjean Lucie Grosjean Lauriane GrospellierCitoyenne Samuel GrzybowskiEngagé pour l’économie sociale et solidaire MONIQUE GUEGUENcomité de défense de l’environnement du sud ouest de l’Ille et Vilaine Alain Guibotla belle verte Yona Guibotla belle verte Jean-Claude Guigot Alain GuillaumeVienne Nature Hervé Guillemain jacqueline guillemet Odile GUILLET Alexis Guillot Gildas Guillou-Keredan Hélène GUIOTN/A Véronique Guitton Dominique GuyetENA Jean Luc HaasAssociation Awawani Abderrazak HalloumiAncien élu ville de Poitiers de 2008 2026 Sandrine HamezCitoyenne engagée et qui veut un changement de cap dès maintenant Hélène HARDYLes Ecologistes Annick HARLIN Roméo HEBERT Christine HENRYCitoyenne Julien Henry Francis Herbreteau Stéphane HerbSecrétaire GL Mosson Les Écologistes Annette HERVE Gerald HeulluyMontgeron en Commun Jean-Claude HEYRAUDLes écologistes anne-sophie HocquetLes écologistes Isabelle HuberdeauÉlue municipale Francoise HUBERT Catherine Huet Laurent HugéEcofurieux Charlotte Hugron HUGUETTE HUGUETTE HAUDRY Sylvie Huon jean-marie HupelMilitant écologiste, Conseiller fédéral Les Écologistes Philippe HUSENAU Thomas HUTINélu écologiste Josiane Hy Delphine Ingigliardi François Jacquet Philippe Jacquot Josy Jager SArah JAME Cédric Jamet Isabelle janin Jannick Jannick JUGLARET Adnan Jaoui Françoise Jaud Yannick Jaumouillé Chantal JEAN Jean-François Jean-François VINCENT Isabelle Jean nicole jeannelMamie effarée Philippe JEANNEparticulier Jean-Pierre Jean-Pierre PIERDONRetraité Fonction Publique Territoriale Denis Jelsch Gaël Jobard Olivier JOLLY Cécile Jolycitoyenne Marc Joseph Corinne Jost Bruno Jouët-Pastré Sylvaine Joulin Anne-Sophie Jourdain Florence Jouve Benjamin JoyeuxConseiller régional écologiste d’Auvergne-Rhône-Alpes Bernard joyeux Nabila KÉRAMANEConseillère Fédérale IDF René Kermagoret ESTELLE KESSLER Marjorie Keterséco- syndicaliste Pierre KhalfaÉconomiste Fondation Copernic, Économiste Maxime KhouryActiviste chez Action Justice Climat Salima KidaniAssociation des Musulmans Végétariens de France Jean-Marie Kieffer Mireille Kieffer Julien KienPrésident de Bioconsom’acteurs Dany Klingemann Marie France Kohler Marie Kojimafcpe Cécile LabaronneAdjointe au maire du 8e arrondissement de Lyon Joël LabbéAncien Sénateur Lydia LABERTRANDIEÉlue municipale Les Ecologistes-EELV Pascal Labrise Delphine Labrousse Alain Lacombe Vaya LacombeCollectif Protégeons notre Eau Potable du Nord Deux Sèvres Madeleine Lacour Béatrice LadrangeEx conseillère municipale et communautaire Jean-Noel LAFAILLEIndividuel Adrien LafourcadeLa suite du monde Dominique Lagana Annie LahmerConseillère Régionale Écologiste Joëlle Lallemand Hélène LaloyLes Écologistes, membre Sabine Lamailloux Jean-François LAMAISON Nathalie Lambert Marie-Odile LamirandAucun Bernard Lamy Jean Pierre LancryÉcolo,associatif, syndicaliste Marie-Noëlle Langlois David LAPENDRYCandidat à l’élection présidentielle 2027 Sylvie LARGE François lassalle veronique laudet Claire Lauffenburger Christine Laugier Michèle Laurent-Aupois Catherine LAURENT Laurent Laurent Claisse Michèle LAURENTPersonnel mireille laurent Nadine LauverjatGénérations futures Romain LaveauConseiller municipal à Angers EMMANUEL lavergne Hugues Le Baron Grégory LebertConseiller fédéral Les Écologistes Caroline Le Bescond Philippe Le Blanc Bernard Leboeuf Aurore Le Bourg sophie lebrec Fabian Lebreton Pascal Le BrunCosecretaire departemental Les Écologistes 01 Janine LecailleAssociative et militante Michèle LeclercLes Écologistes, conseillère municipale et communautaire Erwan LecoeurSociologue Jean-Marc Leconte Michèle Le Cor Armel Le CozCo-président de l’ONG Démocratie Ouverte Loïc LE DAUPHIN Jean Denis Le Dinahet corinne lefebvre Aline LefevreLFI Christian LEFEVRE Jeannine Lefevre Vincent Lefort Annick LEFRANC Mireille LE FRANC Lionel LE GAC Myriam Le Gall Paulette Legeay Marie-Hélène Le Guillois Annabelle Lejay Benoît LeloreSoulèvement de la terre stéphanie LeloupArtiste Virginie Leloup Christophe Lemble Anne Lemeille Marco Leoni Alice LeparcMilitante LFI Marie-Martine Leraitre Jacques LE ROUXIndépendant Laurent Leroycitoyen Marc LeroyLes Ecologistes ELIANE LESAGE jean-louis lesage Jean-Louis Christine Lesaunier Eric Lesaunier Christophe LESUEURLes Écologistes Samuel Leuchter-Genin david libeskindAvocat Yann LiebyAntifasciste et communiste libertaire Denis LINGLOIS Hélène LionCo-fondatrice de l’association Canopée Christine LionneFrance insoumise Catherine Llorens Franck LoiseauLes écologistes Jean-Michel LOIZEAUATTAC Olivier LongeonLes écologistes François LongerinasMouvement des coopératives VALERIE LOUBET Jean-Claude LOUIS Pierre LucotMouvement utopia. Bureau national Julien LucyBio consom’acteurs Marie LucyChercheur Fabienne LUKAS matthieu lutz Boris Lx gérard maddalunocitoyen NADINE MAFFLIPersonnel Nicolas Maxime Guy MagdeleineMilitant Les écologistes Paul Magnan Fabienne Mahé Magali MahouxBaskula Corinne MalfantCitoyenne THIERRY MALICORNE Marie-Elisabeth MALIK Thomas Mallon-SteinMaraicher bio Thierry ManceauCollectifs citoyens et associtions d’environnement des Monts du Lyonnais François Mandilles écologistes BENEDICTE MANFICATmédecin josette mangin Charlotte Manouvrier Coralie MantionSecretaire Les Ecologistes Montpellier Jeanine Marchand bruno marechal Blandine Margoux David MARIEcitoyen COUSTATY Marie Rose Pradel Marije Muriel Marion Richard MARIONConseiller municipal de Vaulx-en-Velin (69) et Coordinateur des Verts populaires Flore MarquisBocUp Colette Mars Eveline MARTEL agnès Martin Alexis MartinMaire Adjoint à Nanterre Anne-Marie Martin Chloe Martin Flavien Martineau Emmanuelle Martin Martine Martine VION Lucia Martinez J Martin Lionel MARTINAvec ateliers citoyens Ventoux Patrick Masse Christophe MassiauxCandidat pour le NFP à la législative de 2024 F Masson Julien MatheyPEPS/LFI Cyrille Mathieu Marithé Matterales Ecologistes Florent Matzinger Sylvie Maupeu-Pierre Laurence Maurin dite LM ELOREAutrice arts visuels Odile Maurinactiviste antivalidiste ex élue municipale Petiteau MaximeLes Mômes en nature jeanpaul mayant Margot MedkourNantes populaire, Les Verts populaires Olivier Megelinkcitoyen Paul MeignèCo-fondateur On est raccord! Ronan Meilleray Amar MekdadMilitant Les écologistes Alain Melchio Akli MellouliSénateur ANTOINETTE MERCIER Jean-Jacques MERCIERLes Écologistes Claire Mercuriot Michelle Méroth Alain MestreÉconomiste, militant écologiste Christine Metzger jean-pierre MEVEL Nicolas MeyrieuxHumoriste, Paysan Nadia MezianeActiviste musulmane , Lignes de Crêtes gilles micheneau Julia MignaccaConseillère municipale de Montpellier, Cofondatrice et porte parole des Verts Populaires Hervé Milhau Patricia MillotLes Écologistes Caroline Mimpontel Sophy Mirti Julie Monne Gerard MonnierAccueil Paysan 44 christine Monnot Catherine MonteilGreenpeace surfrider wellfarm terres de lien André et Hélène MONTONI Arnaud Montrignac Laurence Montroussier michael monzièsJardins d’eaux vives Claire Morandmilitante écologiste et enseignante Dominique MOREAUPour changer ce monde Béatrice Morelvivante, aimant les enfants, la nature et pour la protection de tout être fragilisé, en danger par ce désastre planétaire Nina MorelHôpital Lozère elisabeth morin21/12/1959 Luciano Morra Marie Laure Mossé Medora MostajoLes Écologistes. Cadre interne Alessio MottaMobilisations.org, fondateur Waleed MouhaliConseiller Municipal et Président du Conseil Fédéral des Ecologistes bernadette mouillé caroline moulinLes écologistes Paca, asso Changer d ‘Ere collectif Hyères Ecologie Citoyenne Jacques MoulinEELV Pascale MOULLET Aline MouquetConseillère départementale de la Gironde (Nouvelle Donne) Sébastien MOUQUET Michel MOURIER Chantal MouttetLes Ecologistes Olivier MOUY Christian MOUYSSET P M Michele Mrcie Evelyne Muller Isabelle Névé nicole nicole zurich Pascale Nicollecitoyenne Floyd NovakEcologica Tatiana Oblazney Denis O’Brien Marie OLEON Céline Olhagaray Marie-Claire OllagnierAssociation ARPE Philippe OllandiniCitoyen Quentin OmontÉlu écologiste à Valenciennes Pascale O’Neill Maurice Onno Eliane Orcière eugenie ormsby Fabienne Oubrayrie Hafida OuchenÉlue Valérie Ouriet Patricia Oury-Duboisénergies citoyennes Jacques Pabst sylviane Pantignymilitante LFI Evi PapadakouFédération des Ateliers de psychanalyse Joel Parasote Nadine Parcy Roland PARET Marc PASCALdirigeant d’entreprise, retraité Bénédicte PasiecznikConseillère régionale écologiste eve Passeri Silvain PastorConseiller municipal et communautaire Écologiste de Sète Hélène PAULAIS Jean Claude PAUL Valérie PaumierRésilience Montagne Chantal PAUTESPERSONNE INDIVIDUELLE Vincent Pautonnier Marylène PAVY Magali PayenOn est prêt Ginette Pekkip valérie pellegri Élisabeth Pendelio Nathalie Peres andre perez Mathilde PERRICHON Joëlle PERRIER-GUSTIN Olivier PerrinCitoyen Philippe PERRIN Audrey PERROT Annick PERSON Sandrine Petit Cuttat Patrick Petitjeanmilitant écologiste Martine PetitAlternatiba Cornouaille Patrick PETITLes Ecologistes Ardèche – Collectif Citoyen pour la Transition Ecologique au Pays des Vans – Greenpeace – Générations futures..s Robin Petit-RouletLes Ecologistes Mathilde PeyrachePorte parole SUD Solidaires 44 Philippe Philippe Calet Jean-Jacques PiardCitoyen Philippe PiardSecrets Toxiques James PIDOUX Michele Pierdon Pierre Pierre GilletSNES / FSU Sandra Pierrès Christine PieuchotAmis de la confederation paysanne LAURENCE PILLOTMultiples actions et associations soutenues Pascal pinard Thomas PinetAlternatiba Rouen Hélène Pinon Cédric PIQUET thierry Pirot Jean-Pierre Planés Nicolas PlantyLemon Adds Coralie Plisson Céline PoddevinAucun Fabien Poete François Poiré Damien PoirelLes Écologistes, Conseiller Federal Anne poirier Michel PoirierÉcologiste Pascale POIRIER Prune Pont BenoitNon-violence XXI, Action Justice Climat, Victoires Populaires Maïlys Porracchia Marie-Françoise PORRETchambre d’hôtes « LE MOULIN » Sylvie Portier catherine Pouech Monique PoullainAmis de la Terre Katia Prassoloff boris pratVaour, Plan Communal de Sauvegarde Alexandra Praud alain premoliLes écologistes Jacques Prévost Marc PriereChâteau de Montfleury 73240 Raphaelle PrimetCo présidente groupe communiste de Paris Rémi PROUTEAU Murielle Pruvot Dominique Puech-Thivantsignature Bernard QuatelasLFI Jean-Pierre QueilleLes Écologistes Jérôme Queneuder Erwan QUERECastor jardinier Ghislaine QUILIN Jean Yves QUILIN Christian QuintinLes Écologistes Elisabeth Raillon RavouxFrapna Drôme Nature Environnement, ASTI France Raji lise rajot Michèle Ramade Jean Luc RANVIER Jeanpaul RAOUSTREGAIN de l’Estérel Claire Raspiengeas Laurent RATAT Benoît RAUCH Hervé RauchSOS Racisme, Amnesty international Patrice Rauch Stephane RavacleyHumaniste therese Reda André RegisserAucun André ReglerCitoyen Guillaume REGLER Antoine REGNAUD Marie-Colette Regnaudcitoyenne engagée maryline régnier Sandra RegolDéputée du Bas-Rhin Nathalie Reins jacques RéjalotWWOOF France Jean-Michel Renaud Francis Rénem Nicolas RetourÉquinoxe, le parti vinciane reynaert antoine richardConseiller municipal Francoise Rich Claire RIEUSSEC Philippe Riffard Pierre RigolletAvenir Climatique ; Poitiers Collectif Élisabeth Rigourd Catherine RimauxCitoyen-ne, personnel et pour tous Pierre RisticLes Écologistes Serge RivetLes Écologistes Sylvie RiviereAdherente EELV/ CPR Nord-Pas-de-Calais Stephanie Robinet Gérard ROBIN Claude ROCHAT Catherine Roche pascale rochefort Jacqueline RochePlanning familial, AFPS Alexis Rodetmilitant Victoires Populaires Dominique Roffino Michel ROGER Michèle Rougier Luc Rougy ROUILLARDSDN Berry Giennois Puisaye Martine ROUILLARD Jean-Louis RoumegasDéputé, Les Ecologistes/NFP Sandrine RousseauDéputée, Les Écologistes carole roux Christiane RouxAgir pour l’environnement jean robert rouxInfo lettre des Transitions en Vaucluse Michèle Roux Pascale Roux Michel Rouyer Michèle Ruiz Agnès RULIERE Denis SABARDINE Chloé SagaspeAncienne porte parole des écologistes Sonia SainsonGénération.s hervé saint-maxentattac-artois Alain SAIVET Pilar SALDIVIA Daniel SALMONSénateur d’Ille-et-Vilaine Jean-Maurice SALOMON Myriam SanthuneLes Écologistes-EELV Angélique Sapolin Jeanine SARKISSIAN Mounir SATOURILes écologistes solen saussetAvenir Climatique Matthieu Sauzemembre du parlement de Génération·s Simone SCHAAL Sylvie SCHINELLA Blandine SCHMITTJardin des Sons Laurence SchmittLes Verts Populaires christophe scottocitoyen Philippe SegersArchipel de l’écologie et des solidarités Marie-Cécile SEIGLE-VATTEEcologiste Dorian Seillier Thierry Seillier danièle senéAmi.es de la Confédération paysanne Danièle SERAPHIN Thierry SERAPHIN Josefa SERRA Michel Serve Caroline Sévilla linda Sherwood Azelma SIGAUXCoordinatrice nationale de la Révolution Écologique pour le Vivant Florian SiméonMaraicher en agriculture biologique Ann Simpson Bruno Sinatti Nicolas Sirven Francois Sivardiere Andrew Smith Hannane SOMIPaysanne confédérée Anne-Marie Jeanne SONNETsolidarité internationale Patrick SORIANO Emma Soto-Henry PATRICE SOUGYDIVERS Valérie SoumailleMilitante La France Insoumise (86) Pierre StoeberVerts Populaires LYLIANE STREBLER Jacques Subra Lisette Sudic michele sujetmaville maplanète Gérard et Marie-Christine SUZANindividuels Colette SUZANNELa Ruche de l’Ecologie Pascale TaillatLes écologistes sophie TANGUYAutonome et en colère contre cette inaction Daniel Tanuro Patrick TARDIEUcitoyen ordinaire Boris TavernierDéputé du Rhône SYLVIE TEISSONNIERES Claire Tellier Ariane Terrier Teresa Tesger Sylvie TEULÉ Jean-Baptiste THIBAUDmilitant insoumis Ritchy ThibaultPorte Parole de PEPS, activiste Clemence ThiellandLes ecologistes Thierry Thierry BLAND Charlotte Thimonnier Pauline Thimonnier Amandine Thizy Chantal Thomas Pascale Thomasresponsable de ma planète Brigitte THOURY Hélène Tisseau-Tourny jean toba Karine ToebatMilitant pascale tomas Marine TondelierSecrétaire nationale Les Ecologistes cedric tonso Nico ToublancNico Toublanc Hypnose et Coaching Jérôme Tougne17tournants Alexandre TRIKICo-Secretaire du Groupe Local Grand Angers des Écologistes Jean-Marc TRIPODI Annie Tugend Catherine Untereiner Vincent VAAST Marie-Hélène Vacelet MONIQUE Vagnoux Robert Valbon Isabelle Valdèsindividuelle Nathalie Vallé Micheline VALLET Didier VandendriesscheAxenate Damien VANSTEENEMilitant à l’APRES Pascal VarinElol Mélanie Vay Céline VayssadeTerrienne qui veut garder espoir B V François VeilleretteMilitant écologiste Bernard VerbauwenVoir plus de signataires (0 restants) Texte intégral (11399 mots)

Cet article est une tribune, rédigée par des personnes extérieures à la rédaction de Vert.Liste des signataires (au 3 août 2026) :
Mathilde Picard
Ce week-end marque le traditionnel chassé-croisé entre juillettistes et aoutien·nes durant lequel les routes s’encombrent de voitures. Au-delà de la pollution générée par les moteurs, ce trafic engendre une contamination plus large et moins connue : celle aux microparticules de pneus. Un pneu perd en moyenne quatre kilogrammes (kg) de matière dans sa vie (environ quatre ans), dont des centaines de microplastiques et d’additifs chimiques. Auprès du Parisien, le président du syndicat du pneu, Dominique Stempfel, reconnaît le problème posé par cette dégradation du caoutchouc : «Ces particules sont ensuite lessivées par la pluie et entraînées vers les cours d’eau et le milieu marin.» Le frottement entre la roue et l’asphalte libère des centaines de composés dont certains sont toxiques pour la santé et l’environnement. Parmi eux : des hydrocarbures aromatiques comme le benzène, classé cancérogène, des polymères (de grosses molécules obtenues par assemblage de molécules plus petites) ou encore des micro voire nanoparticules de plastique. En 2025, l’ONG Agir pour l’environnement avait identifié 1 954 composés différents dans les pneus de six marques qu’elle avait fait analyser par le laboratoire indépendant Emission analytics. Parmi ces substances, «40% présentent des risques aigus pour la santé et l’environnement aquatique», selon son rapport. «112 sont considérées comme cancérigènes, mutagènes [qui modifient l’ADN, NDLR] ou reprotoxiques [toxiques pour la reproduction], parfois les deux ou les trois à la fois», détaille Magali Leroy, chargée des enquêtes au sein de l’association. Il est encore difficile de caractériser précisément l’effet sur la santé de ce mélange qui se retrouve de manière diffuse dans l’environnement, pénétrant les sols, l’eau et l’air. Ce qui est sûr, c’est que ce cocktail participe à accroître la pollution atmosphérique. «Les particules [rejetées par les pneus, NDLR] exposent l’ensemble de la population, en particulier les enfants, à des risques accrus de cancers, de troubles neurologiques, ainsi que de maladies respiratoires et cardiovasculaires», souligne encore le rapport de l’ONG. Malgré ces effets néfastes, les industriels continuent d’utiliser ces composés. «Différents additifs sont ajoutés pour donner une certaine texture aux pneus, explique Florian Breider, chercheur en ingénierie environnementale à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). D’autres servent pour des raisons de sécurité routière ou pour éviter le vieillissement lié à l’oxydation : sans certaines molécules, le caoutchouc se craquèle et se fissure quand il vieillit.» Parmi ces substances, on retrouve le 6PPD. Une molécule au nom compliqué pourtant bien connue de l’autre côté de l’Atlantique. En janvier dernier, des fabricants parmi lesquels Michelin, Pirelli ou encore Bridgestone ont été entendus par la cour fédérale de justice de San Francisco (États-Unis) après une plainte déposée par des associations de pêche et de conservation de la nature. Celles-ci les accusent d’avoir décimé des populations entières de saumons sauvages et d’autres espèces de poissons à cause de l’utilisation du 6PPD. «En se dégradant, la molécule devient du 6PPD-quinone, un composé emporté par la pluie vers les rivières qui impacte la fertilité des poissons», explique Magali Leroy. Cette pollution inquiète aussi les pays européens : une quantité conséquente de résidus de pneus a été détectée dans le lac d’Annecy (Haute-Savoie) en janvier dernier et une équipe de chercheur·ses helvétiques en a retrouvé dans des fruits et légumes, y compris cultivés en agriculture biologique. Près d’un tiers de ceux consommés en Suisse en contenaient. L’équipe de recherche de Florian Breider est à l’origine de cette découverte. «On a trouvé du 6PPD-quinone mais aussi de la DPG (1,3-diphénylguanidine), précise l’expert. Or on dispose de peu d’informations sur leur toxicité pour l’être humain, ça pose question.» La DPG, qui participe à rendre le caoutchouc plus rigide, est déjà considérée toxique pour l’environnement aquatique, selon l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses). «On retrouve certains additifs des pneus dans l’urine humaine, ce qui veut dire qu’ils pénètrent dans le sang. Leur impact sur la santé humaine est encore méconnu mais on sait que plusieurs sont neurotoxiques pour les poissons. On ne peut pas faire de raccourci entre les effets sur ces animaux et sur l’humain, mais ces premiers résultats invitent à la méfiance», souligne le scientifique. «Il est difficile d’évaluer le niveau de toxicité du mélange contenu dans ces caoutchoucs, précise-t-il. Car tous les additifs forment un effet cocktail qui peut multiplier certains risques et en neutraliser d’autres.» Actuellement, son équipe de recherche met en place une méthodologie pour mieux évaluer cette multiexposition. En attendant d’en savoir plus, Agir pour l’environnement réclame davantage de transparence de la part des industriels sur la composition des pneus. L’ONG revendique également la mise en place d’un nouvel étiquetage européen qui intègrerait un indicateur de toxicité. «Au niveau européen, ça commence à bouger, espère Olivier Charles, coordinateur des campagnes climat, énergie et transports de l’association Agir pour l’environnement. L’Autriche et le Danemark ont demandé à l’Agence européenne des produits chimiques d’interdire le 6PPD. Nous avons rejoint leur commission car, tant qu’il n’y a pas de contrainte sur l’industriel, il ne changera pas sa recette de fabrication.» Pour l’instant, le militant estime que, «s’agissant de la composition des pneus, il n’y a pas d’entreprise meilleure qu’une autre, aucune ne fait figure de bon élève». L’association automobile allemande Adac, qui se donne pour mission de «sauvegarder et de promouvoir les intérêts de l’automobilisme, du sport motorisé», a jugé que Michelin était la marque qui réduisait le plus l’abrasion de ses pneus, après avoir réalisé des tests sur 160 produits différents en 2025. L’entreprise précise avoir noué un partenariat avec l’université de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour «développer des solutions techniques aux problématiques environnementales des particules d’usure issues du contact entre la route et le pneumatique». Atténuer l’émission de ces microparticules de caoutchouc peut aussi passer par «un autre design routier», suggère Magali Leroy. «Les ronds-points génèrent davantage de particules que les dos d’âne», illustre-t-elle. Éviter les zones de freinage intense contribue à diminuer la pollution atmosphérique. Une autre solution, plus accessible à l’échelle individuelle, est de renoncer à une conduite sportive faite d’accélérations et de freinages brusques, car elle est responsable d’une abrasion plus rapide des pneus. Les véhicules plus légers sont aussi les moins émetteurs. «Tous les 150 kilomètres, une Tesla Y, qui pèse 464 kilos de plus qu’une Fiat 600e, rejette dans l’environnement l’équivalent [en microparticules, NDLR] d’une bouteille plastique d’un litre et demi», s’indigne Olivier Charles, d’Agir pour l’environnement. La meilleure solution reste d’éviter, autant que possible, d’utiliser sa voiture en solitaire si une alternative en transport en commun est disponible pour son trajet. Texte intégral (1637 mots)

40% de composés à risques dans nos pneus
Le 6PPD : une molécule toxique dans le viseur des associations

Pas de fabricant parfait mais des pistes de solutions
Éviter la conduite sportive et choisir un véhicule léger
Margaux Solinas
Ida Mpho Thseole sort de sa maison avec un bol bleu rempli de bouillie. La grand-mère de 60 ans est accompagnée de Neo, son petit-fils de 19 ans. Elle s’assoit difficilement sur un matelas posé devant sa porte, à Snake Park, un quartier informel situé à Soweto, en Afrique du Sud. Elle installe Neo à ses côtés et se prépare à lui donner à manger. Cuillère à la main, elle raconte la tragédie qui touche sa famille : «Neo est atteint de paralysie cérébrale depuis sa naissance. Ma fille refuse de s’occuper de lui, alors c’est moi qui passe mes journées avec.» La sexagénaire, comme une trentaine de personnes, fait partie du collectif Snake Park Cerebral palsy forum (Forum sur la paralysie cérébrale, en français). Le groupe sensibilise sur les effets des poussières toxiques des terrils miniers et milite pour les droits des enfants atteint·es de paralysie cérébrale. Depuis la création du groupe en 2017, au moins 15 enfants sont né·es avec ce handicap dans le quartier, et nombre d’autres avec des malformations. Une situation qui s’explique par les dépôts de résidus miniers omniprésents à Snake Park, et le vent qui transporte les poussières toxiques dans l’air. «Un résidu minier, c’est un déchet de mine qui a été laissé il y a des années par les compagnies minières», explique Thokozile Mntambo, militante et cheffe de gestion de projet à la fondation Bench-Marks, une organisation à but non lucratif engagée en faveur de la justice sociale et économique en Afrique du Sud. «Une fois l’or extrait et raffiné, des résidus restent et contaminent le sol, qui contient alors des métaux comme de l’uranium, de l’arsenic, du cyanure, du cuivre et du plomb. Ces métaux toxiques peuvent ensuite se transformer en gaz et causent de nombreuses maladies comme l’asthme, le cancer du poumon et des problèmes affectant le fœtus», appuie-t-elle. Snake Park est situé dans le Witwatersrand, qui était l’un des plus grands bassins d’or au monde à la fin du 19ème siècle. «Avant, on mourait comme main-d’œuvre pour extraire l’or de ces mines ; aujourd’hui, on meurt à cause des déchets», dénonce Thokozile Mntambo devant l’immense montagne jaune et poussiéreuse qui surplombe le quartier et ses quelque 35 000 habitant·es. Le township (un quartier réservé aux populations noires sous l’apartheid) de Soweto est intimement lié à l’essor de l’industrie aurifère sud-africaine. Sa création va de pair avec le développement des mines d’or et d’autres métaux autour de Johannesburg, la plus grande ville du pays, à quinze kilomètres d’ici. Il a accueilli une grande partie de la main-d’œuvre noire venue travailler dans les mines – également issue de l’immigration des pays limitrophes –, avant de devenir un symbole de la ségrégation spatiale imposée par le régime politique de l’époque. «Pendant l’apartheid, entre 1955 et 1965, le gouvernement a forcé de nombreux habitants noirs à quitter les quartiers réservés aux Blancs. Des populations ont été déplacées depuis différents secteurs de Johannesburg pour être relogées dans les townships du sud-ouest de Johannesburg, dont Soweto», explique David Van Wyck, ancien responsable de la recherche à la fondation Bench-Marks. L’apartheid, un régime de ségrégation raciale instauré officiellement en Afrique du Sud en 1948, exigeait une séparation stricte entre les populations blanches et non blanches dans tous les domaines de la société. Ce système reposait sur des lois discriminatoires qui privaient la majorité noire de nombreux droits politiques, économiques et sociaux. Il a pris fin entre 1990 et 1994, avec l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela et du parti politique Congrès national africain (ANC). Les richesses issues de l’or et d’autres minerais ont longtemps alimenté la prospérité des dirigeants du régime de l’apartheid ; et elles continuent de profiter aux décideurs d’Afrique du Sud aujourd’hui. Comme le souligne David Van Wyck, «les nouvelles élites sont entrées en alliance avec les compagnies minières en 1994 et sont devenues leurs partenaires». Mais les habitant·es des quartiers informels ne profitent pas des richesses de leur pays. Soweto reste confronté aux conséquences économiques de la ségrégation raciale : dans un pays où près d’une personne active sur trois est sans emploi (32,9% au premier trimestre 2025, selon Statistics South Africa), les anciens townships continuent d’être parmi les lieux les plus touchés par le chômage et la précarité. Les mines sud-africaines ont progressivement fermé ou réduit leur activité en raison de l’épuisement des gisements faciles à exploiter, de la baisse de la rentabilité et de la hausse des coûts d’extraction. Certaines tensions sociales et des difficultés d’investissement, combinées à une concurrence internationale, ont aussi fragilisé l’industrie. «Il y a 6 200 mines abandonnées en Afrique du Sud, raconte David Van Wyck. C’était facile d’ouvrir des mines à l’époque, mais personne n’a pensé à comment les fermer et les réhabiliter. Et le gouvernement ne veut rien entendre, ils veulent continuer d’ouvrir des mines plutôt que de résoudre le problème des bassins de résidus miniers.» Contacté, le gouvernement sud-africain n’a pas répondu à nos sollicitations. «Et l’État ne fait rien pour aider la population», s’énerve Lily Stebe. À 69 ans, elle gère un orphelinat à Snake Park, qu’elle a construit de ses propres mains avec des matériaux de récupération. La sexagénaire recueille les enfants touchés par un handicap dont les parents refusent de s’occuper. Lily Stebe ne reçoit pas d’aides du gouvernement pour son orphelinat, et le blâme des malheurs qui foudroient Snake Park. «Ils ont failli», se plaint-elle. Elle fait partie de la coopérative Bambanani, qui s’occupe du plaidoyer et de la sensibilisation des habitant·es face aux dangers des résidus miniers. Mais face aux plaintes et aux demandes d’aide, l’État sud-africain demeure silencieux. La fondation Bench-Marks a tenté d’avertir le gouvernement et continue d’envoyer de nombreux documents prouvant la pollution de l’air et de l’eau à Snake Park. «Quand cette fine poussière s’envole, vous la respirez, elle change votre code ADN et elle rend les enfants malades ; aussi, lorsqu’elle est trop concentrée, elle donne des cancers comme celui des os et celui des poumons», explique David Van Wyck. Lily Stebe est atteinte d’asthme chronique, et David Van Wyck, qui n’est pas résident, a ressenti de nombreuses douleurs aux poumons et aux yeux lors de ses passages hebdomadaires. Un peu d’espoir est apparu, d’après Thokozile Mntambo, avec l’arrivée de Pan African Resources, entreprise qui a racheté les licences des mines toutes proches afin de les exploiter. Engagée avec Bambanani, la compagnie aurifère a déjà mis en place des formations de sensibilisation aux dangers liés aux résidus miniers et installé des panneaux pour interdire aux habitant·es de se promener à proximité de la montagne de déchets. Contactée, elle n’a pas répondu à nos sollicitations. Toutefois, Thokozile Mntambo reste méfiante. Depuis août 2025, la communauté attend toujours le plan de gestion environnemental de Pan African Resources et les solutions apportées pour protéger la communauté de la pollution de l’extraction. David Van Wyck sonne l’alarme : selon lui, s’ils font aujourd’hui des promesses, c’est parce que le cours de l’or était en hausse depuis le début de la guerre en Iran. «Et dès qu’il retombera, les entreprises minières feront faillite», prédit-il. L’expert explique que depuis 2019, Pan African Resources n’a montré aucun plan pour protéger la communauté et ne cherche qu’à faire du profit. La seule solution pour sauver les habitant·es de Snake Park, à son avis ? Créer un autre quartier, loin des terrils, avec une économie durable. Texte intégral (1817 mots)

Handicaps et cancers

Une industrie minière de ségrégation


Une pollution meurtrière

Lilou Hiver
«Le monde est peut-être foutu, mais pas ses habitants», s’exclame Tom Poulot, le sourire aux lèvres. Difficile d’imaginer qu’au début du mois de juillet, lors de notre première rencontre avec cet agriculteur des Pyrénées-Orientales, une profonde tristesse marquait son visage. Au milieu des débris calcinés, à la recherche de ce qui pouvait encore être sauvé, il venait de voir partir en fumée le projet d’exploitation agricole autonome qu’il construisait seul depuis six ans à Vinça. Les violents incendies qui ont ravagé plus de 5 000 hectares dans le département ne l’ont pas épargné. «Après tous mes efforts, j’allais enfin pouvoir m’enregistrer officiellement comme agriculteur, mais le feu m’a tout pris», rembobine-t-il aujourd’hui. Démuni et à bout de force, il se résout à lancer une cagnotte, encouragé par une amie. Deux semaines se sont écoulées depuis la publication de son témoignage dans Vert et les soutiens se sont multipliés. Ce vendredi, elle atteint presque l’objectif des 40 000 euros grâce aux dons de plus de 1 200 personnes. «Avec le prix de la vie aujourd’hui, je ne m’attendais pas à un tel élan de générosité», s’étonne Tom Poulot. Sur les réseaux sociaux, il tient à répondre aux centaines de messages d’encouragement qu’il a reçus. «J’étais au fond du trou, je n’avais aucune rentrée d’argent pour m’aider et, voir que les gens ont le cœur sur la main, ça m’a sauvé», reconnait-il. L’agriculteur a également été surpris par la solidarité qui s’est manifestée entre voisin·es après les incendies. Dans son village, l’équipe municipale et les riverain·es ont aidé à nettoyer les parcelles après le passage des flammes. «On aurait dit une grande famille», confie-t-il. Chacun lui demandait ce dont il avait besoin, même lorsqu’il ne s’agissait que de «trois fois rien» comme quelques bouts de tuyau ou des piquets de clôture. Passé le choc de l’incendie et grâce aux nombreux soutiens, l’agriculteur reprend espoir et commence déjà à imaginer de futurs projets. «Ma famille a halluciné», s’amuse-t-il. Il souhaite tout reconstruire avec la même démarche : «Toujours en récup, toujours en low-tech, pour vivre la vie avec le vivant.» Pour retrouver son activité de maraîchage, il va devoir commencer par s’occuper de la question de l’eau. Les abris qui captent l’eau de pluie et les gouttières doivent notamment être changés, «avant l’automne pour remplir les réserves en prévision de l’été», précise-t-il. En hiver, il replantera son verger. Il prévoit aussi d’avoir de nouvelles poules au printemps prochain. Pour l’heure, Tom Poulot prend du temps pour son fils et lui. Pendant l’incendie, Léo, dix ans, n’était pas présent. À son retour, face aux dégâts, il a simplement dit que «ce n’était pas si grave, que la vie continuait». Une réponse qui incite son père à vouloir construire «un projet encore mieux qu’avant» pour «ne pas laisser à nos enfants un monde trop pourri». Texte intégral (814 mots)


Reconstruire comme avant, mais en mieux
Pierre Isnard-Dupuy
«Cette année, c’est le bordel !» L’expression revient invariablement dans la bouche des gardien·nes de refuge et des randonneur·ses sur le parcours du GR20, en Corse. En ce mois de juillet, l’incendie qui s’est déclaré sur la commune d’Albertacce (Haute-Corse) bouleverse l’itinéraire de randonnée et le planning des réservations dans les douze refuges gérés par le parc naturel régional de Corse (PNRC). Le 14 juillet, 200 personnes engagées sur le célèbre sentier se sont retrouvées bloquées au refuge de Tighjettu. Face au risque que l’incendie atteigne le GR20, la préfecture a ordonné la fermeture de la portion de sentier comprise entre la station de ski de Haut Asco* et le refuge de Ciuttulu di i Mori. Cette interdiction n’a été levée que dix jours plus tard, une fois le feu fixé. Plus au sud, un autre tronçon est également resté fermé pendant une semaine. Balisé depuis 1970, ce chemin de grande randonnée relie Calenzana à Conca, du nord-ouest au sud-est de la Corse. Avec ses 180 kilomètres (km) et près de 12 000 mètres de dénivelé, il est l’un des parcours les plus corsés d’Europe. C’est notamment ce qui en fait un itinéraire incontournable où poser ses semelles pour nombre de passionné·es de trek et de trail à travers le monde. Résultat, l’engouement déborde en une surfréquentation toujours plus forte. Au risque de déranger la faune, comme le gypaète barbu, seule espèce de vautour présente sur l’île, dont il ne reste que quatre couples. Ou encore de piétiner la flore. «Il y a des endroits où les pentes sont très érodées», constate un professionnel de la montagne corse qui souhaite rester anonyme. Dans la descente vers le lac de Nino, l’un des bijoux du GR20, les passages humains ont creusé une multitude de sentes poussiéreuses qui s’entremêlent sur toute la largeur de la pente, au détriment de la végétation. Chaque année, la fréquentation ne cesse d’augmenter. De mai à octobre 2025, le PNRC a comptabilisé 150 000 nuitées dans ses refuges. En 2021, le parc avait enregistré 130 000 nuitées, en augmentation de 25% par rapport à 2019, qui était déjà une saison record post-Covid. Pour l’heure, difficile de se prononcer sur 2026. Les restrictions causées par les incendies poussent des trekkeur·ses à s’orienter vers d’autres itinéraires comme sur les mare a mare (de la mer à la mer) ou le sentier des douaniers du cap Corse. Des destinations promues par la Fédération française de randonnée pédestre comme alternatives à la surpopulation du GR20. Sur l’île de Beauté, la montagne se réchauffe bien plus vite que le littoral. «En quarante ans, la température moyenne de l’air a augmenté d’1,4°C au bord de la mer et de 5,2°C à 2 000 mètres d’altitude», présente Antoine Orsini, hydrobiologiste à l’université de Corse, en s’appuyant sur les relevés de Météo-France. En altitude, la température de l’air peut dépasser les 30 degrés Celsius (°C). Quant aux rivières, leur eau ne rafraichit plus les baigneur·ses. Pour cause : en été, la température de surface des lacs qui les alimentent dépasse fréquemment les 20°C. À 1 710 mètres d’altitude, le lac de Melo, dans la haute vallée de la Restonica, se situe sous la crête empruntée par le GR20. Comme la quarantaine de lacs naturels de Corse, il est une relique de l’époque glaciaire. «Quand j’ai commencé comme professeur, il y a quarante ans, sa température était autour de 17°C en été. En 2022, on l’a mesuré à 21°C. Quatre degrés de plus, c’est monstrueux !», s’inquiète l’hydrobiologiste. Dans ces conditions, la survie des poissons et autres espèces aquatiques est menacée. «Pour les salmonidés, la limite de mortalité est à 20, 21°C. En 2022, des centaines de poissons sont morts en quelques jours» dans le lac de Nino, déplore Pierre-Jean Albertini, en charge du suivi scientifique des lacs d’altitude à l’Office de l’environnement de l’île. Parmi eux figuraient des truites corses, aussi appelées truites à grosses taches, que l’on trouve uniquement dans la région. Comme ces poissons, «60% des espèces sont endémiques à la Corse, du fait de l’insularité et de l’altitude», détaille Antoine Orsini. La conservation des habitats aquatiques est donc d’autant plus importante. La baignade et la fréquentation des berges peuvent aussi polluer l’eau, à cause de la crème solaire, de l’urine et de la sueur. «Les organismes aquatiques y sont extrêmement sensibles. Par exemple, les urines, qu’elles viennent des randonneurs ou du bétail, apportent des chlorures, autrement dit des sels», détaille l’hydrobiologiste. Ces chlorures contribuent à l’eutrophisation des lacs, soit un déséquilibre écologique qui entraîne une prolifération d’algues. Les berges du lac de Nino sont constituées de prairies tourbeuses, parsemées de ruisseaux et de mares caractéristiques de Corse, les pozzini (pozzines, en français). Les fortes chaleurs et le piétinement des humains et du bétail provoquent leur assèchement et leur érosion. «Lorsque l’on marche sur les pozzini, c’est comme une éponge que l’on presse. L’eau sort et une partie s’évapore», illustre Antoine Orsini. Sur place, plusieurs petits groupes de touristes marchent sur les pozzini pour s’approcher des chevaux et des vaches qui paissent : aucun panneau ne leur indique la fragilité du milieu. Après un demi-siècle d’observation de la montagne corse, pour Antoine Orsini, l’expression de changement climatique est trop faible : «Je préfère parler de bouleversement climatique.» De son point de vue, il devient urgent de limiter «dans l’espace et dans le temps» la fréquentation sur le GR20. «Un écosystème que l’on n’agresse pas pourra peut-être s’en sortir», plaide-t-il. Pour stabiliser et lisser la fréquentation sur toute la saison, le parc incite à réserver dans ses refuges à l’avance via une plateforme sur internet. Une mesure qui ne suffit pas à enrayer la hausse de la fréquentation, d’autant que d’autres solutions d’hébergement, proposées par des structures privées, sont également disponibles. Le bivouac est interdit en dehors des aires prévues à proximité des refuges et des bergeries qui accueillent du public. Les contrevenant·es risquent une amende de 135 euros. La baignade, interdite dans les lacs, est passible d’une amende de 68 euros. Antoine Orsini souhaiterait que le tracé du GR soit plus éloigné des milieux aquatiques et des pozzini. Actuellement, il traverse et jouxte celles du lac de Nino sur près d’1,5 km. L’hydrobiologiste aimerait aussi que des quotas soient instaurés : c’est ce qui se pratique dans les calanques de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il pense qu’il faudrait restreindre l’accès pendant les périodes caniculaires, qui mettent une pression forte sur les milieux. Lorsqu’on lui demande si l’été est toujours adapté pour arpenter la montagne corse, il répond : «On devrait ouvrir le GR trois mois par an, au printemps et à l’automne.» Dans une île où la part économique du tourisme est de 39%, selon l’Insee, difficile de faire accepter des restrictions aussi fortes. Pour l’heure, le PNRC n’envisage pas la mise en place de quotas. Contacté, il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Antoine Orsini enjoint aux professionnel·les du tourisme d’être conscient·es que la dégradation de l’environnement nuira aussi au pouvoir attractif de la Corse : «Si on ne fait rien, on va aussi tuer la poule aux œufs d’or.» *Pour les noms de localités, des toponymies corses ou françaises peuvent coexister. Nous avons fait le choix d’inscrire les noms retenus sur les cartes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), sauf dans les citations de nos interlocuteurs. Texte intégral (1994 mots)

Tout l’été, Vert vous emmène à la découverte d’un site touristique emblématique percuté par le changement climatique.
Île d’Oléron, calanques de Marseille, Mont-Saint-Michel… Découvrez comment ces endroits se transforment et essayent de s’adapter à un monde en surchauffe. Cette semaine, nous partons en Corse, sur le sentier du GR20. L’une des randonnées les plus prisées d’Europe voit ses pentes s’éroder et sa biodiversité s’effacer.
Retrouvez tous les épisodes de notre série d’été en cliquant ici.L’un des sentiers les plus courus d’Europe

Chaleur et érosion menacent les espèces corses


«Limiter la fréquentation dans l’espace et le temps»

Mathilde Picard
En Gironde, un incendie aujourd’hui stabilisé a ravagé plus de 42 000 hectares : c’est le feu le plus important qu’ait connu la France depuis 1949. Le territoire hexagonal subit une saison des incendies exceptionnelle, avec déjà 115 000 hectares brûlés depuis le début de l’année. Pour lutter contre les flammes, les pompier·es de tous les départements sont à pied d’œuvre. Entretien avec Laurent Guilloteau, soldat du feu dans les Bouches-du-Rhône qui a prêté main-forte à ses collègues girondin·es ces derniers jours. Je suis pompier professionnel depuis vingt-trois ans et volontaire depuis vingt-sept ans, basé à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. C’est un département où on a de l’expérience en feux de forêt. Mais celui de Gironde est totalement différent de ceux que j’ai connus auparavant. J’ai été engagé sur l’incendie parti de Saumos, sur les secteurs de Lacanau et de Marcheprime (Gironde). C’était un engagement court de trois jours, mais très intense. On qualifie le feu de «hors-norme», c’est bien le mot. Il a été exceptionnel sur plusieurs points : sa superficie, son intensité et son évolution. Toutes les théories de feux de forêt expliquent que ces derniers suivent normalement un sens du vent et un axe de propagation. Mais cet incendie, en raison de son intensité, a créé son propre vent [un pyrocumulonimbus, un nuage généré par l’énorme brasier, a causé des orages et aggravé le feu, NDLR]. L’incendie changeait de direction sans prévenir alors même que le vent était contraire : il avait une propagation anarchique et imprévisible, ça a compliqué notre travail. Les agents ont été résilients car le feu est fourbe : il venait parfois sur nous avant de subitement faire demi-tour. On est rien face à l’ogre. Ces feux-là, on n’a pas l’habitude de les traiter, c’est très impressionnant pour les jeunes pompiers. Mais ça nous a permis d’acquérir une certaine expérience. Mes équipes ont fait preuve d’humilité et de courage : c’est parfois dur de se dire qu’on peut être inefficaces avec nos lances, face à un feu d’une telle intensité. Alors on se rend utiles sur d’autres enjeux : sauver des animaux – on a sauvé des chevaux –, des maisons… «Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement.» On dormait trois heures par nuit. Sur 24 heures, ça fait vraiment peu de temps de repos. L’énorme fatigue ne tient pas qu’à l’intensité du feu : on manque de moyens et surtout d’hommes. La saison des incendies a démarré très tôt cette année et ce sont souvent les mêmes qui sont engagés. Il nous faudrait plus de camions-citernes destinés aux feux de forêt. On en est parfois rendu à utiliser des camions pour feux urbains lors d’incendies forestiers. Cela signifie qu’on expose nos agents parce que ces véhicules n’ont pas les mêmes normes de sécurité que ceux mobilisés habituellement pour éteindre la végétation. La France, malgré tout ce que dit le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, manque de ressources matérielles. La polémique autour de notre flotte aérienne est bien réelle : il y a eu une journée durant laquelle, sur les douze Canadair, seuls cinq étaient disponibles car ce sont de vieux appareils. En Gironde, on s’inquiétait de ne pas voir voler les avions pour gérer le feu. Il faut dire qu’on est à un niveau de sécheresse des végétaux absolument inédit en France. Nos forêts sont devenues de véritables poudrières, ce sont des bombes à retardement. «Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues.» Dans tous les cas, ce serait plus facile si on avait plus de personnel ; on manque surtout de ressources humaines. Un Canadair ou un Dash est inefficace s’il n’y a pas de troupes au sol pour parfaire l’extinction. Si elles ne sont pas là, le feu reprend. Le problème, c’est que nous sommes sous-professionnalisés. À la CGT, on a quantifié qu’il manquait au moins 16 000 pompiers professionnels en France. On en a déjà parlé, mais les leçons des incendies de 2022 n’ont pas été tirées. Les promesses d’Emmanuel Macron n’ont pas été tenues. En ce moment, on fait traverser la France à des milliers de pompiers. Ils font parfois dix heures de trajet en camion pour partir sur les feux de forêt. Comme les gens sur place sont déjà épuisés, les agents qui viennent d’arriver sont engagés directement pour les relayer, malgré le manque de sommeil. Forcément, ça joue sur notre état de vigilance, avec des possibilités d’endormissement. On reste des êtres humains, si on fait presque vingt heures sans dormir, notre état de vigilance s’affaiblit. On parle de l’épuisement, du danger direct des flammes, mais encore peu de la toxicité des fumées sur nos équipes. Même doter tous nos agents de masques FFP3 est devenu complexe, alors que ça n’a pas un coût monumental. Il faut renouveler ces masques dans les phases d’attente et pas seulement dans les moments de lutte. Les gens qui travaillent pendant seize heures minimum d’affilée sur un feu de forêt, voire vingt-et-une heures, respirent de la fumée de combustible chargée en monoxyde de carbone, en benzène ou en cyanure. La Direction générale de la sécurité civile parle d’une centaine de pompiers blessés ou intoxiqués. Si on avait dû tester tous les agents, je pense qu’il y en aurait eu bien davantage. Plus de la moitié auraient sans doute été mis au repos à cause de ça. Le niveau d’engagement et d’exigence demandé est énorme, et on joue avec notre santé. La France a un train de retard, on n’a pas encore d’outil harmonisé pour tracer la santé des pompiers et être capable de dire qui a été exposé, à quel feu et pendant combien d’heures. Le problème vient de l’abandon de l’État envers les services publics. On ne travaille pas seulement sur des feux de forêt au quotidien, donc quand le département des Bouches-du-Rhône envoie du monde en renfort contre les incendies dans les Pyrénées-Orientales, en Gironde ou dans le Var, ces gens doivent être remplacés sur leurs journées de garde. Dans leur département, le risque continue : en moyenne, nous réalisons plus de 500 interventions par jour sur notre territoire, donc il faut du monde qui reste. La succession de canicules et cette nouvelle vague de chaleur complexifient encore notre travail. Nos missions, ce sont aussi des secours d’urgence aux personnes qui ont des coups de chaud ou font des malaises ; ça, en plus des incendies. «La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier.» Beaucoup de pompiers aident leurs collègues d’autres départements pendant leurs vacances, en tant que volontaires, en plus de leur temps de travail. Mais on reste des êtres humains, on a aussi besoin de repos. En Gironde et ailleurs, les élus locaux ont été formidables, les maires nous ont très bien accueillis. Sur place, les agriculteurs nous ont permis de réduire les délais de transit pour aller chercher de l’eau et pouvoir réattaquer le feu. La population s’est mise à notre service, je n’avais jamais vu ça depuis que je suis pompier. Les habitants ont fait nos lessives, nous ont préparé nos couchages et nos repas, ils ont apporté des matelas et des draps propres de chez eux. On n’avait que trois ou quatre heures de repos maximum, mais leur bienveillance et le niveau de confort qu’ils nous ont offert dans ce court laps de temps nous ont aidés à être opérationnels. Ce sont les choses simples : quiches et gâteaux faits maison, par exemple, qui permettent aux troupes de ne pas se démobiliser. Texte intégral (1847 mots)

Vous revenez de Gironde, où vous avez lutté contre le feu parti de Saumos. À quel point cet incendie est-il hors norme ?

Face aux flammes, comment se fait ressentir le manque de moyens et de personnel ?
Comment se protéger des risques quand on travaille dans un environnement aussi toxique ?
Comment expliquer ce manque de personnel et de matériel ?
L’élan de solidarité a-t-il amélioré vos conditions de travail ?
Marti Blancho
22% des stations d’épuration françaises ne traitent ou ne surveillent pas correctement les effluents avant leur rejet dans les rivières, les lacs et la mer – avec des conséquences pour la nature et la santé. Depuis trente-cinq ans, la directive sur le traitement des eaux résiduaires urbaines (ERU) a pourtant instauré un cadre visant à «protéger l’environnement contre une détérioration due aux rejets d’eaux résiduaires urbaines insuffisamment traitées». Pour remplir cet objectif, chaque station doit d’abord être en mesure de traiter l’ensemble des eaux usées reçues : celles provenant des toilettes, de la douche, de la cuisine, du lave-linge… et, parfois, celles de l’industrie ou de l’agriculture, après accord. C’est ce que la directive appelle la «conformité en équipement» : la station d’épuration est assez grande et a priori bien équipée pour traiter tout le débit d’eaux usées reçu. Ce premier critère ne juge que les installations. C’est un second critère, la «conformité en performances», qui vérifie que les eaux rejetées dans la nature après le traitement sont correctement dépurées par la station. Cette dernière doit régulièrement mesurer la concentration de polluants et informer les autorités. Tout va bien si l’eau traitée ne dépasse pas les différents taux fixés par la directive pour toute l’Union européenne. Alors, la station près de chez vous respecte-t-elle les normes en vigueur ? Pour le savoir, parcourez notre carte de l’ensemble des 22 901 usines d’épuration actives, avec leurs informations de conformité pour 2024, date des derniers relevés disponibles. Vert révèle que 5 157 stations de traitement des eaux usées (STEU) sont non conformes «en performances». Quelles sont les conséquences ? «Les niveaux d’oxygène dans l’eau diminuent, la vase s’accumule dans le fond des rivières et des lacs, ce qui entraîne une mortalité des poissons et autres organismes», résume Sophie Besnault, ingénieure chimiste spécialiste du traitement de l’eau à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). De plus, la concentration trop élevée d’azote et de phosphore, faute de traitement conforme, peut provoquer l’eutrophisation des milieux aquatiques. Consommés par les plantes, ces nutriments agissent comme des engrais. «Les algues se multiplient et on fait face à de véritables marées vertes», décrit la chercheuse. Les baigneur·ses en font aussi les frais. Si les stations d’épuration ne sont en principe pas conçues pour traiter les organismes pathogènes, ceux-ci sont partiellement abattus par un traitement «classique», celui requis pour la plupart des infrastructures. Du moins quand ce traitement est correctement réalisé. Comment expliquer cette proportion si haute de non-conformité ? «La France compte beaucoup de stations d’épuration, majoritairement en zone rurale. Mettre en conformité coûte cher et de nombreuses collectivités n’ont pas toujours les moyens de le faire, explique Sophie Besnault. Faute de budget, toutes les stations n’ont pas forcément été mises à niveau. Parfois, il faut complètement refaire l’installation pour atteindre les performances requises.» 28% des intercommunalités françaises (6 386) possèdent une ou plusieurs stations non conformes aux exigences de traitement des eaux usées, d’après les dernières données disponibles. Les départements d’outre-mer sont parmi les plus touchés. Aucune des 21 communautés de communes de Mayotte ne remplit les exigences. En Martinique, 78% ne sont pas conformes. Même constat en Guyane (69%) et en Guadeloupe (65%). En France hexagonale, l’Ariège (86% des 150 agglomérations) et le Loir-et-Cher (81%) sont les territoires les plus affectés. «Le constat est donc sans appel : le taux de conformité réglementaire des systèmes d’assainissement ne cesse de diminuer depuis plus d’une dizaine d’années et atteint désormais des niveaux inquiétants», alertait le gouvernement en 2025 dans une instruction interministérielle. En ce mois de juillet, la Commission européenne a lancé une nouvelle procédure d’infraction contre la France pour 518 intercommunalités qui possèdent des stations d’épuration non conformes. Et c’est loin d’être une nouveauté : l’Hexagone accumule les rappels à l’ordre depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne, en 1991. Dernière condamnation en date : en 2024, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a épinglé la France pour des manquements dans 78 agglomérations. L’État n’a toujours pas reçu d’amende, mais il pourrait passer à la caisse si les infractions continuent. Notre voisin espagnol a déjà versé près de 90 millions d’euros à la justice européenne pour avoir manqué à ses obligations de traitement des eaux usées. Les données analysées et cartographiées proviennent de la dernière mise à jour (2024) de la base des systèmes d’assainissement collectif publiée par le ministère de la transition écologique. Ces données reflètent la qualité du traitement des eaux usées et sont communiquées régulièrement à l’UE, qui surveille la conformité de tous les États membres. Le ministère met cependant en garde quant à la fiabilité des plus petites stations : «Les données des 18 797 STEU inférieures à 2 000 Eh [équivalent habitant, NDLR] ont également été mises en ligne mais avec un taux de fiabilité beaucoup plus faible que pour les plus de 2000 Eh, notamment en ce qui concerne la conformité à la directive ERU.» Les expert·es attribuent en grande partie ce défaut de fiabilité à des manquements dans l’obligation de contrôler la qualité de l’eau ou de communiquer les résultats aux services de l’État. «Le manque de conformité vient parfois du fait que les exploitants n’ont pas fourni les données de surveillance ou que les données ne sont pas bien remontées», précise Sophie Besnault. Chaque station est obligée de surveiller régulièrement la qualité des eaux en entrée et en sortie. «Plus la station est grande, plus les bilans sont fréquents : une fois par jour pour les plus importantes et au moins une fois tous les deux ans pour les plus petites», précise la chercheuse à l’Inrae. Quand une station ne respecte pas cette obligation ou que les bilans ne sont pas communiqués, elle se trouve en non-conformité. Texte intégral (1286 mots)

En cause, un manque de moyens financiers
La France condamnée par la justice européenne
Notes de méthodologie
🌱 Bon Pote
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Aspas
Biodiversité-sous-nos-pieds
🌱 Bloom
Canopée
Décroissance (la)
Deep Green Resistance
Déroute des routes
Faîte et Racines
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