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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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07.06.2026 à 06:00

Human Rights Watch
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Click to expand Image Un véhicule des Nations Unies, faisant partie d’un convoi d’aide humanitaire de l’ONU et du Programme alimentaire mondial, était contrôlé par les forces houthies dans une zone gouvernée par les Houthis près de Hodeïda, dans le sud-ouest du Yémen, le 26 février 2019. © 2019 Abduljabbar Zeyad/Reuters

(Beyrouth) – Les autorités houthies de facto au Yémen devraient libérer immédiatement et sans condition les dizaines d’employés des Nations Unies et d’organisations yéménites et internationales de la société civile qui ont été arbitrairement arrêtés au cours des deux dernières années, ont déclaré aujourd’hui l’Institut du Caire pour les études des droits humains (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), Human Rights Watch et Amnesty International. Les arrestations arbitraires de travailleurs humanitaires par les Houthis ont un impact direct sur l’acheminement de l’aide vitale aux personnes qui en ont grandement besoin.

« Le fait que les Houthis détiennent des travailleurs humanitaires alors que la famine s’aggrave démontre leur profond mépris à l’égard des habitants des territoires qu’ils contrôlent dans le nord du Yémen », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Les Houthis devraient immédiatement libérer toutes les personnes qu’ils détiennent arbitrairement, et répondre plutôt aux besoins fondamentaux de la population. »

À partir du 31 mai 2024, les Houthis ont mené une série de raids dans les zones sous leur contrôle, arrêtant arbitrairement 13 membres du personnel de l’ONU et au moins 50 employés d’organisations yéménites et internationales de la société civile. Depuis lors, les Houthis ont arbitrairement arrêté des dizaines d’autres membres du personnel de l’ONU et d’organisations de la société civile, ne libérant ensuite que sept personnes. Selon un communiqué de l’ONU du 25 mars 2026, 73 employés de l’ONU et des dizaines d’autres travailleurs humanitaires, tous de nationalité yéménite, étaient alors toujours détenus par les Houthis. 

Le 11 février 2025, un travailleur humanitaire du Programme alimentaire mondial (PAM) est décédé alors qu’il était détenu par les Houthis. Sa mort renforce les craintes pour la sécurité et le bien-être des autres personnes qui sont toujours incarcérés arbitrairement dans des centres de détention gérés par les autorités houthies, compte tenu des antécédents de torture et d’autres mauvais traitements infligés aux détenus par les Houthis.

Plusieurs individus actuellement détenus ont été arrêtés sans qu’on leur présente de mandat d’arrêt, et ont été victimes de disparitions forcées pendant des mois. Certains d’entre eux ont reçu des soins médicaux, mais ce n’est pas le cas de nombreux autres détenus, dont des personnes souffrant de graves problèmes de santé. 

Aucune des sources interrogées par Human Rights Watch n’avait connaissance de détenus ayant accès à un avocat, bien que les affaires de trois employés de l’ONU aient été transférées à la Cour pénale spécialisée du Yémen en décembre 2025. 

En janvier 2026, Human Rights Watch a constaté que ces détentions avaient exacerbé la crise humanitaire déjà désastreuse au Yémen.

Dans leur dernier rapport conjoint sur la faim dans le monde, publié en novembre 2025, le PAM et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont lancé cet avertissement au sujet du Yémen : « La situation d’insécurité alimentaire aiguë, déjà critique, risque de se détériorer davantage encore au cours de la période anticipée [novembre 2025 à mai 2026], ce qui exposerait certaines parties de la population au risque d’une situation catastrophique » dans quatre districts sous contrôle des Houthis.

Ces arrestations se sont accompagnées d’une campagne médiatique menée par les Houthis, accusant les organisations humanitaires et leur personnel de « conspirer » contre les intérêts du pays à travers leurs projets et soulignant les dangers de l’« espionnage ». Depuis 2015, Amnesty International a recensé des dizaines de cas dans lesquels les autorités houthies ont utilisé des accusations d’espionnage pour persécuter des opposants politiques, et réduire au silence la dissidence pacifique.

« La répression continue de l’espace civique dans le nord du Yémen, où les Houthis ont procédé à des dizaines d’arrestations, notamment de travailleurs humanitaires, de défenseurs des droits humains, de journalistes et d’activistes, doit cesser », a déclaré Diala Haidar, chercheuse sur le Yémen à Amnesty International. « Toutes les personnes détenues arbitrairement devraient être immédiatement libérées. Jusqu’à leur libération, les autorités houthies devraient veiller à ce qu’elles soient protégées contre la torture et autres mauvais traitements, qu’elles aient accès à des soins de santé et à une assistance juridique, et qu’elles puissent communiquer régulièrement avec leurs familles. » 

Les familles de certains détenus ont été informées que ceux-ci se voyaient refuser l’accès à un avocat, et étaient contraints par les autorités de faire des aveux filmés. 

En 2024, les Houthis ont diffusé des vidéos d’autres détenus « avouant » des activités d’espionnage et d’autres crimes dont ils étaient accusés.

Human Rights Watch, Amnesty International et d’autres organisations, dont le Groupe d’experts éminents de l’ONU sur le Yémen (dont le mandat a expiré en 2021), ont documenté le recours à la torture par les Houthis pour obtenir des informations ou des aveux. 

Les organisations de la société civile locales et internationales jouent un rôle essentiel dans l’atténuation de la crise humanitaire au Yémen. Les coupes drastiques dans l’aide financière apportée par des États donateurs, notamment par les États-Unis, ont mis en danger la santé et les droits humains de millions de personnes au Yémen ; cependant, des travailleurs humanitaires sur le terrain continuent de fournir une aide vitale et des services de protection aux habitants, y compris dans les territoires du Yémen contrôlés par les Houthis. 

Les autorités houthies ont déjà pris pour cible des défenseurs des droits humains et des travailleurs humanitaires. Quatre membres du personnel yéménite du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), arrêtés en 2021 et 2023, sont toujours détenus arbitrairement et maintenus au secret depuis leur arrestation. En septembre 2023, les Houthis ont arrêté le directeur de la sécurité de l’ONG Save the Children et l’ont maintenu au secret. Il est décédé le 25 octobre 2023, alors qu’il était toujours détenu arbitrairement. 

Les gouvernements ayant une influence sur les Houthis et les dirigeants de l’ONU devraient redoubler d’efforts pour obtenir la libération du personnel des organisations non gouvernementales et de l’ONU.

« La communauté internationale devrait aller au-delà des déclarations exprimant son inquiétude et apporter une réponse unifiée et ferme qui fasse pression sur les autorités houthies pour qu’elles libèrent immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues arbitrairement, mettent fin aux représailles contre les travailleurs humanitaires, et garantissent l’acheminement d’aide humanitaire sans entrave et de manière sûre dans tout le Yémen », a déclaré Amna Guellali, directrice de recherches au CIHRS.

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05.06.2026 à 18:51

Human Rights Watch
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Click to expand Image L'écran d'un iPhone affichait un post du compte Telegram d'OVD-Info, une importante organisation russe de défense des droits humains, à Moscou, le 25 décembre 2021. © 2021 AP Photo/Alexander Zemlianichenko

(Berlin, 5 juin 2026) – Le 4 juin, les autorités russes ont inscrit une importante organisation de défense des droits humains, OVD-Info, ainsi que 35 autres organisations russes, sur leur liste d’organisations « extrémistes », a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. La désignation d’une organisation en tant qu’« extrémiste » implique l’interdiction de mener toute activité pour le compte de cette organisation, sous peine d’une longue peine de prison.

L’organisation OVD-Info, dont le nom est dérivé de l’abréviation OVD (Otdel Vnutrennikh Del, Département des affaires intérieures, ou plus communément « département de police »), a été fondée en 2011 en réponse à la répression massive de manifestations publiques pacifiques. Depuis lors, OVD-Info a fourni une aide juridique à des dizaines de milliers de personnes dans des affaires liées à la liberté de réunion et d’expression ; l’organisation gère une ligne d’assistance téléphonique accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permettant aux victimes de signaler des abus et de demander de l’aide, et a documenté diverses violations des droits humains. OVD-Info a aidé plus de 2 300 personnes à obtenir des victoires juridiques après avoir porté plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme.

« Les autorités russes ciblent de plus en plus les organisations de défense des droits humains en les qualifiant à tort d’“extrémistes” », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait valoriser le travail de ces organisations, au lieu de le diaboliser. »

OVD-Info a déclaré que, malgré cette décision, l’organisation poursuivrait son travail. « En qualifiant notre travail d’“extrémisme”, [les autorités russes] mettent hors-la-loi non seulement un projet, mais la capacité même de la société… à documenter les détentions, à aider les personnes confrontées à la persécution, et à dénoncer la répression », a déclaré Daniil Beilinson, cofondateur d’OVD-Info, à Human Rights Watch. « Cet État qui réécrit le passé ne tolère pas non plus les preuves d’abus actuels, et cherche donc à interdire la vérité sur les abus passés et actuels. Mais on ne peut pas interdire aux gens de connaître la vérité. Nous ne fermerons pas nos portes, et nous n’arrêterons pas notre travail. »

La liste fédérale des organisations « terroristes et extrémistes » a été mise à jour le 4 juin ; cette mesure est apparemment fondée sur la décision de la Cour suprême russe, le 9 avril, de qualifier le « Mouvement public international Memorial » d’« extrémiste », interdisant ainsi les activités de l’ONG Memorial et de ses branches présumées. Ce simulacre de procédure s’est déroulé en une seule audience, à huis clos, et le dossier a été classé « top secret ». Le tribunal n’a pas autorisé les avocats de Memorial à participer à la procédure. Les autorités avaient déjà contraint Memorial, la principale organisation russe de défense des droits humains, à la fermeture en décembre 2021 ; avant cela, le Centre Memorial des droits humains était un partenaire clé d’OVD-Info, qui fonctionne sans entité juridique.

Parmi les 36 organisations rajoutées à la liste d’organisations « extrémistes » le 4 juin figurent des associations régionales indépendantes affiliées à Memorial menant des recherches historiques et fournissant une éducation et une aide juridique aux victimes de violations des droits, des organisations basées en dehors de la Russie et utilisant le nom Memorial, le Projet Memorial sur les prisonniers politiques, et le Centre de défense des droits Memorial. En 2022, Memorial s'est vu décerner le prix Nobel de la paix pour ses « efforts exceptionnels visant à documenter les crimes de guerre, les violations des droits de l'homme et les abus de pouvoir ».

La participation aux activités ou au financement d'une organisation « extrémiste » en Russie est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 12 ans de prison. Les symboles des organisations « extrémistes » sont également interdits ; la publication d’un tel symbole ou logo et leur affichage est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 jours de détention pour une première infraction, et jusqu’à 4 ans de prison en cas de récidive. Les autorités peuvent inscrire les personnes soupçonnées d’appartenir à une organisation « extrémiste » sur la liste nationale, et geler leurs comptes bancaires.

« Les autorités russes ont depuis longtemps cessé de respecter le droit de manifester pacifiquement, réprimant toutes les formes de dissidence », a observé Hugh Williamson. « Elles devraient cesser d’abuser de la législation sur l’“extrémisme”pour décimer la société civile, et devrait plutôt annuler ces désignations absurdes. »

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05.06.2026 à 09:00

Human Rights Watch
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Click to expand Image Gikondo Transit Center, April 2015. © 2015 Human Rights Watch

Deux journalistes rwandais affiliés à la chaîne YouTube Imbarutso ya Demokarasi sont poursuivis pour avoir réalisé un reportage sur Kwa Kabuga, ou le Centre de transit de Kigali – un lieu de détention non officiel où les autorités détiennent des personnes jugées « indésirables », et l'un des secrets les moins bien gardés de la capitale.

Augustin Nsanzimana, caméraman et monteur, et Emmanuel Niyonshuti, journaliste de télévision, sont actuellement placés en détention provisoire, une mesure confirmée par un juge le 2 juin. Lors d'une audience tenue le 26 mai, le parquet a accusé les deux hommes d'avoir « publi[é] des rumeurs pouvant provoquer la peur » ; il s'agit là d'une infraction pénale suffisamment vague pour être utilisée afin de museler les voix critiques.

Lors de l'audience, leurs avocats ont déclaré que les accusés s'étaient vu refuser l'accès à un avocat pendant les six premiers jours de leur détention.

Augustin Nsanzimana aurait envoyé un message à des contacts le 1er mai, indiquant que des agents qui selon lui travaillaient pour le Bureau d'enquête rwandais (Rwanda Investigation Bureau) étaient entrés à son domicile à Kigali. Emmanuel Niyonshuti a également cessé de répondre aux appels et aux messages peu après avoir signalé des menaces. Le porte-parole du Bureau d'enquête rwandais a confirmé 72 heures plus tard que les deux hommes étaient sous leur garde. Ces arrestations ont fait suite à la publication sur YouTube d'une vidéo faisant état de décès de détenus à l'intérieur de Kwa Kabuga. Human Rights Watch a documenté des cas de détention arbitraire et de mauvais traitements graves à Kwa Kabuga, où des sans-abris, des travailleuses du sexe, des enfants des rues, des vendeurs ambulants et d'autres personnes sont souvent détenus sans procédure légale régulière. 

Ces détentions s'inscrivent dans le cadre d'une répression continue de la liberté d'expression : dénoncer les défaillances des services publics, donner la parole à l'opposition, notamment les personnes liées à Victoire Ingabire, figure d'opposition en détention, ou remettre en question les discours officiels du gouvernement, entraîne souvent des sanctions.

En mai, Aimable Karasira, condamné notamment pour « divisionnisme », est décédé le jour où il devait être libéré de prison, dans des circonstances douteuses. Karasira, universitaire et youtubeur, a été arrêté en 2021 après avoir témoigné publiquement de la perte de proches en 1994 tués par les auteurs du génocide et par le Front patriotique rwandais au pouvoir. Avant son arrestation, il m'avait confié : « Je voulais utiliser YouTube pour raconter mon histoire. »

Plus d'une douzaine de journalistes, de commentateurs et d’activistes de l'opposition demeurent emprisonnés au Rwanda, nombre d'entre eux à la suite de poursuites engagées pour avoir dénoncé des abus sur YouTube. Toutes les personnes injustement détenues devraient être libérées immédiatement et sans condition, et le cadre juridique abusif qui a permis les poursuites engagées contre elles devrait être réformé, conformément aux normes internationales en matière de liberté d'expression.

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