Lien du flux RSS
Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

▸ les 20 dernières parutions

21.01.2026 à 22:20

Le monde a besoin d'une ONU plus forte, pas d'un « Conseil de paix » dirigé par Trump

Human Rights Watch
img
Click to expand Image Le président américain Donald Trump s’exprimait lors de la 80ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2025. © 2025 Laura Brett/Sipa USA via AP Photo

Le week-end dernier, les Nations Unies ont célébré le 80ème anniversaire de la première réunion de l'Assemblée générale de l’ONU. Cette commémoration a eu lieu alors que cette organisation internationale, créée pour empêcher des crimes contre l'humanité et des actes de génocide comme ceux commis lors de la Seconde Guerre mondiale, est confrontée à des attaques sans précédent.

Les États-Unis ont joué un rôle de premier plan dans la création de l'ONU. Mais aujourd'hui, le président américain Donald Trump agit pour affaiblir cette organisation, y compris en réduisant son financement.

Tout au long de l'année 2025, le gouvernement américain a assailli les programmes de l’ONU et sapé le travail de ses agences ; selon l'administration Trump, il s’agit d’une institution « anti-américaine », dont les programmes sont « hostiles » envers les États-Unis. Lors de négociations portant sur des résolutions ou déclarations de l'ONU, les responsables américains ont tenté de supprimer des mots tels que « genre », « climat » et « diversité ». Des diplomates ont décrit à Human Rights Watch comment les responsables américains s'opposent agressivement à la terminologie des droits humains, qu'ils considèrent comme « woke », ou politiquement correcte.

Dans une tentative apparente de faire de l’ombre au Conseil de sécurité de l'ONU, Trump a proposé la création d'un « Conseil de paix » (« Board of Peace ») qu'il présiderait personnellement. Trump a invité les dirigeants de divers pays à siéger à ce Conseil ; parmi eux figurent plusieurs dirigeants de gouvernements responsables d’abus, dont ceux du Bélarus, de la Chine, de la Hongrie, d'Israël, de la Russie et du Vietnam.

À l'origine, le Conseil de paix a été conçu pour superviser l'administration de Gaza, après plus de deux ans d'attaques destructrices menées par les forces israéliennes, avec la complicité des États-Unis. Toutefois, la charte du Conseil ne mentionne même pas Gaza, ce qui suggère que les ambitions de Trump pour cet organisme se sont considérablement accrues depuis sa conception initiale.

La charte proposée pour le Conseil ne mentionne pas non plus les droits humains. L’article 9 confère au président du Conseil – Donald Trump – le pouvoir d’« adopter des résolutions ou d'autres directives […] afin de mettre en œuvre la mission du Conseil de paix ».

Un siège au Conseil de paix n'est pas bon marché : les frais d'adhésion s'élèvent à 1 milliard de dollars. Certains dirigeants, comme le président français Emmanuel Macron, ont déjà refusé l'offre d'y adhérer. Trump a répondu en menaçant d'augmenter considérablement les droits de douane sur le vin et le champagne français.

Le système des Nations Unies n’est certes pas exempt de problèmes, mais demeure toutefois préférable à une espèce de Politburo mondial. Plutôt que de payer des milliards pour rejoindre le Conseil de Trump, les gouvernements devraient se concentrer sur le renforcement de la capacité de l'ONU à défendre les droits humains.

…………

20.01.2026 à 23:30

Trump vilipende l'accord sur les îles Chagos tout en ignorant les Chagossiens

Human Rights Watch
img
Click to expand Image Le navire britannique MV Nordvaer photographié non loin de Diego Garcia, principale l’île de l’archipel des Chagos situé dans l’océan Indien, en avril 1969. © 1969 Kirby Crawford

(Londres) – Le 20 janvier, le président américain Donald Trump a condamné un accord qu'il avait précédemment approuvé, et en vertu duquel le Royaume-Uni compte rétrocéder la souveraineté sur les îles Chagos à la république de Maurice. Le Royaume-Uni contrôle actuellement cet archipel de l'océan Indien ; il y a un demi-siècle, les gouvernements britannique et américain avaient contraint tous les habitants à quitter leurs foyers, afin que les États-Unis puissent construire une base militaire sur l'île de Diego Garcia. Les Chagossiens n'ont jamais été autorisés à revenir.

Le président Trump a déclaré sur Truth Social que la cession des îles Chagos à la république de Maurice était « un acte d'une grande stupidité », qui s’ajoute à une « longue liste de raisons de sécurité nationale pour lesquelles le Groenland doit être acquis » par les États-Unis.

Clive Baldwin, conseiller juridique senior à Human Rights Watch, a fait à ce sujet la déclaration suivante :

« Toute décision concernant les îles Chagos devrait être centrée sur les Chagossiens, qui ont été déplacés de force par le Royaume-Uni et par les États-Unis, sans droit de retour à ce jour. Les droits des Chagossiens – notamment leur droit de retourner vivre sur leurs îles natales, et d'obtenir des réparations pour les crimes commis à leur encontre – devraient être au cœur de toute discussion. »

………………

20.01.2026 à 21:20

RD Congo : Les civils d’une ville du Sud-Kivu sont exposés à de graves dangers

Human Rights Watch
img
Click to expand Image Les forces du M23 patrouillent les rues d'Uvira, en République démocratique du Congo, le 13 décembre 2025. © 2025 Jospin Mwisha / AFP via Getty Images

(Kinshasa) – Le retrait soudain du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, le 17 janvier 2026, a exposé les civils à de graves risques d’abus de la part des milices Wazalendo, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Après la prise d’Uvira par le M23 et les forces rwandaises le 10 décembre, les combattants du M23 ont menacé, harcelé et agressé des habitants de la ville. Par crainte d’être prises pour cible après le retrait du M23, de nombreuses familles de la communauté banyamulenge, des Tutsis congolais de la province du Sud-Kivu, ont quitté la ville avec le groupe armé, mais un nombre inconnu est resté sur place. Tard dans la journée du 18 janvier, l’armée congolaise s’est déployée dans la ville, la deuxième plus grande agglomération du Sud-Kivu. Les Wazalendo, des milices sans véritable organisation qui bénéficient du soutien de l’armée congolaise, ont un lourd bilan en matière d’abus commis contre les personnes vivant dans des zones sous leur contrôle.

« La simple présence des forces congolaises ne suffira pas à protéger les civils des Wazalendo tant qu’elles continueront à soutenir ou à tolérer ces milices violentes », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch. « Les autorités congolaises devraient agir rapidement pour rétablir la sécurité et assurer la protection de tous les civils, y compris des Banyamulenge. »

Human Rights Watch a documenté, suite au retrait du M23, des pillages généralisés de maisons, de boutiques, d’églises et de bâtiments publics, y compris des biens appartenant aux Banyamulenge, grâce à des témoignages ainsi qu’à des photographies et des vidéos vérifiées. Human Rights Watch a géolocalisé des vidéos montrant des personnes non identifiées en civil pillant le palais de justice de la ville, une église méthodiste utilisée par la communauté banyamulenge, un restaurant, un immeuble de bureaux du gouvernement et le port de Kalundu. Des sources à Uvira ont signalé des dizaines de personnes blessées, et Human Rights Watch enquête sur des informations faisant état de meurtres de civils depuis que le M23 s’est retiré de la ville. « Nous avons peur pour notre sécurité », a expliqué un habitant d’Uvira, qui a auparavant été menacé par le M23. « Maintenant, on voit des cas de soldats ou de Wazalendo qui prennent les téléphones des gens et leur tirent dessus. »

Human Rights Watch a examiné des informations crédibles selon lesquelles les milices Wazalendo ont empêché des personnes de fuir vers les hauts plateaux qui couvrent des parties des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira dans le Sud-Kivu, ce qui a soulevé des inquiétudes quant au déplacement des civils après le retrait du M23. Ces préoccupations ont été exacerbées par la fermeture continue de la frontière avec le Burundi.

Lors du contrôle d’Uvira par le M23 depuis décembre, ses combattants ont menacé et harcelé des personnes qu’ils considéraient comme opposées au groupe armé. Des sources de la société civile locales et des habitants ont signalé de multiples cas de meurtres, de disparitions forcées et de recrutement forcé commis par le M23 au cours du mois où il a contrôlé la ville. Tout au long de l’année 2025, des soldats congolais et des combattants Wazalendo ont aussi commis des exécutions sommaires et des violences sexuelles à l’encontre de civils dans le Sud-Kivu. Les combattants Wazalendo ont également harcelé, menacé et enlevé des membres de la communauté banyamulenge et ont restreint leur accès aux services essentiels alors qu’ils contrôlaient Uvira en 2025.

Les responsables du M23 et du Rwanda ont invoqué à plusieurs reprises la sécurité des Banyamulenge pour justifier leurs actions dans le Sud-Kivu. Ils ont également menacé des membres de la communauté banyamulenge qui n’étaient pas en phase avec eux, d’après les dires de deux chefs communautaires.

Le 17 janvier, les chefs de la communauté banyamulenge d’Uvira ont organisé une réunion et ont déclaré qu’ils avaient reçu des instructions du M23 invitant les Banyamulenge à partir avec eux sous peine de subir des attaques de représailles par des groupes Wazalendo, selon les témoignages de deux chefs et d’un membre de la communauté. Deux Banyamulenge qui faisaient partie de ceux qui ont quitté la ville avec le M23 ont raconté qu’un groupe était resté à Kamanyola, une ville proche de la frontière avec le Rwanda, et qu’on ignorait où il irait ensuite. Lors d’une réunion avec Human Rights Watch le 20 janvier, le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a déclaré que « les Banyamulenge ne devraient pas être déplacés ou expulsés de force et devraient se sentir libres de retourner à Uvira s’ils le souhaitent ».

Le 19 janvier, le gouvernement congolais a annoncé une « restauration progressive de l’autorité de l’État » à Uvira, y compris « des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires ». Le président Félix Tshisekedi et d’autres autorités congolaises devraient appeler publiquement à la protection des Banyamulenge et des autres civils à Uvira et exhorter les dirigeants Wazalendo à quitter la ville et à empêcher leurs milices de commettre de nouveaux abus. Les autorités congolaises et les bailleurs de fonds devraient veiller à ce qu’une aide financière adéquate parvienne rapidement aux personnes touchées par le pillage et la destruction de biens.

Alors que le gouvernement congolais a déclaré à plusieurs reprises que les groupes Wazalendo soutenaient les efforts nationaux pour résister aux forces rwandaises et au M23, leurs actions à Uvira et ailleurs dans le Nord et le Sud-Kivu mettent en évidence les graves dangers posés par ces milices opérant sans véritable commandement, discipline ou responsabilisation. Le gouvernement devrait veiller à ce que des forces de sécurité formées et aux antécédents vérifiés soient déployées pour rétablir la sécurité et protéger la population. Les autorités judiciaires civiles et militaires devraient lancer des enquêtes rapides et impartiales et des poursuites équitables contre les responsables d’infractions pénales.

Dans un communiqué du 15 janvier, le M23 et sa coalition politico-militaire, l’Alliance Fleuve Congo, ont annoncé qu’ils étaient prêts à placer Uvira sous la responsabilité de « la communauté internationale » et ont demandé au Secrétaire général des Nations Unies de déployer une « force … neutre ». La force de maintien de la paix de l’ONU en RD Congo, la MONUSCO, s’est complètement désengagée de la province le 30 juin 2024, mais une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU datant de décembre 2025 lui permet de reprendre un certain niveau « de surveillance et de vérification du cessez-le-feu » au Sud-Kivu après décision de la Mission et notification officielle du Conseil.

La MONUSCO devrait déployer rapidement des experts en droits humains et en protection civile à Uvira et collaborer avec les autorités pour réaliser une évaluation des risques et une vérification des antécédents des unités de l’armée congolaise présentes sur le terrain, a déclaré Human Rights Watch.

L’Union européenne, l’Union africaine et les États-Unis devraient accroître l’aide humanitaire et faire pression sur les gouvernements du Burundi, de la RD Congo et du Rwanda pour qu’ils accordent la priorité à la protection des civils et garantissent l’accès aux organisations humanitaires ainsi qu’un passage sûr aux civils qui cherchent à fuir le conflit. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’UE et le Conseil de sécurité de l’ONU devraient adopter de toute urgence de nouvelles sanctions ciblées contre les autorités congolaises et rwandaises responsables ou complices de violations du droit international.

« La tentative du M23 de présenter leur contrôle d’Uvira comme le seul moyen d’assurer la sécurité de la communauté banyamulenge semble avoir exposé les civils à de nouvelles violences et de nouveaux abus », a conclu Clémentine de Montjoye. « Les autorités congolaises devraient déployer des forces de sécurité bien formées et aux antécédents dûment vérifiés, désarmer et démanteler les milices violentes et appréhender les responsables de crimes contre des civils. »

3 / 20

 

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Public Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Centrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique du Nord ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
CADTM
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
Global.Inv.Journalism
 
  MÉDIAS D'OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
🌞