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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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15.07.2026 à 22:11

Human Rights Watch
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Click to expand Image Une habitante de la communauté de Ngongosila, dans le province de Malaita aux Îles Salomon, visionnait du contenu en réalité virtuelle lors d'une démonstration en 2025.  © 2025 NowHere Media/Human Rights Watch

(Berlin, le 16 juillet 2026) – Un nouveau documentaire immersif mettant en lumière la crise climatique dans la nation insulaire des Îles Salomon, dans l’océan Pacifique, sera présenté en avant-première au Festival international du film de Venise, qui se tiendra du 2 au 12 septembre, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. L’acteur Mark Ruffalo, nommé aux Oscars et défenseur des droits humains, s’est associé à Human Rights Watch pour narrer cette expérience de réalité virtuelle intitulée « Solwata ».

Ce documentaire immersif de 25 minutes raconte l’histoire des communautés insulaires de Walande, Ngongosila et Kwai, situées dans le sud-ouest de l’océan Pacifique et qui confrontées à des questions difficiles : faut-il déménager vers le continent et, si oui, comment, face aux marées dévastatrices et à l’élévation du niveau de la mer ? 

« La première fois que j’ai mis le casque, j’ai eu l’impression de passer du temps avec cette communauté, et pas seulement d’en apprendre davantage à son sujet », a expliqué Mark Ruffalo. « Ces familles sont profondément attachées à leur terre, et les voir contraintes de la quitter à cause du changement climatique est déchirant. Il s’agit d’un enjeu mondial, et beaucoup d’entre nous ignorent l’impact que cela a sur les communautés qui vivent en première ligne. Elles sont généralement isolées et en marge de nos médias et de nos récits. Solwata rapproche le public de personnes dont la vie a déjà été bouleversée par le changement climatique. »

Le film Solwata (« Eau salée ») a été créé par NowHere Media et coproduit par Agog The Immersive Media Institute et Human Rights Watch. Il fait partie de la sélection de la section « Venice Immersive » du festival du film de Venise. Le projet s’appuie sur les recherches de Human Rights Watch et sur les témoignages directs de personnes dont les foyers et les communautés sont déjà bouleversés par l’aggravation de l’urgence climatique.

La participation de Mark Ruffalo reflète la volonté de relier les enjeux climatiques à des débats plus larges sur la justice sociale et la résilience communautaire. Tout au long de sa carrière, Mark Ruffalo a parallèlement défendu l’action climatique, la justice environnementale, les droits des peuples autochtones et la participation démocratique.

SOLWATA Documentaire immersif sur la crise climatique

Au cours de l’expérience, les participants portent un casque de réalité virtuelle et évoluent entre mondes physique et virtuel : ils plongent la main dans l’eau, manipulent sur place des objets chargés de sens culturel et sont transportés virtuellement au cœur des récits des habitants des Îles Salomon. Guidés par les voix d’habitants de la communauté, les spectateurs sont confrontés aux décisions difficiles auxquelles les familles sont confrontées. En combinant le toucher physique, les environnements virtuels et réels, l’audio spatial et la narration documentaire, « Solwata » permet une expérience profondément personnelle concernant ce défi mondial.

Il s’agit du premier projet de ce type pour Human Rights Watch. Le film s’appuie sur le rapport de 2025 intitulé « “There’s Just No More Land”: Community-led Planned Relocation as Last-resort Adaptation to Sea Level Rise in Solomon Islands » (« “Il n'y a plus de terre” : La réinstallation d’une communauté due à l'élévation du niveau de la mer aux Îles Salomon »), qui documente comment la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière, les inondations et les tempêtes de plus en plus violentes ont contraint la communauté de Walande à quitter son île ancestrale après des décennies passées à tenter de s’adapter sur place.

Les membres de la communauté ont en grande partie planifié, financé et mené à bien la relocalisation eux-mêmes, ne bénéficiant que d’un soutien minime de la part du gouvernement. Les chercheurs ont constaté que la nouvelle implantation reste vulnérable à l’élévation du niveau de la mer et aux inondations, ce qui renforce les craintes de la communauté quant à la nécessité éventuelle d’une nouvelle relocalisation.

« Depuis des années, Human Rights Watch documente la manière dont le changement climatique oblige les communautés à faire des choix impossibles concernant leurs logements, leurs moyens de subsistance et leur avenir », a déclaré Erica Bower, chercheuse à Human Rights Watch sur les déplacements liés à la crise climatique. « La relocalisation planifiée de toute une communauté, telle que présentée dans “Solwata”, est une mesure d’adaptation complexe aux graves implications en matière de droits humains, que le monde doit de toute urgence comprendre et à laquelle il doit se préparer. La narration immersive nous offre un nouveau moyen de sensibiliser le public à ces réalités et de renforcer le soutien aux communautés déjà confrontées aux conséquences, en termes de droits humains, des relocalisations liées au changement climatique. »

Les enjeux abordés dans « Solwata » dépassent largement le cadre d’un seul pays. Alors que la montée du niveau des mers et les phénomènes météorologiques extrêmes menacent de plus en plus les communautés côtières à travers le monde, les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent considérer la relocalisation planifiée comme un dernier recours, veiller à ce que les communautés aient véritablement leur mot à dire dans les décisions concernant leur avenir, et apporter le soutien nécessaire pour protéger les droits, les moyens de subsistance, la culture et la dignité des personnes. Le film « Solwata » invite le public à se tenir aux côtés de ceux qui font face à ce défi et à réfléchir à la responsabilité qui incombe au reste du monde envers les communautés confrontées aux déplacements liés au changement climatique.

Après sa première à Venise, « Solwata » sera présenté dans des espaces de plaidoyer et lors de forums publics, notamment lors de la conférence annuelle des Nations Unies sur le climat (COP31) en Turquie, afin d’engager les décideurs politiques, les bailleurs de fonds, les journalistes et les militants dans des discussions sur l’adaptation au changement climatique, les relogements planifiés, les déplacements de population et les droits de l’homme. 

« Les effets du changement climatique nous ont chassés de chez nous, là où nous profitions de la vie, là où nous vivions, un lieu qui nous maintenait unis en tant que communauté », a déclaré Francis Siaumari, un leader communautaire des Îles Salomon vu dans « Solwata ». « Ce qui rendait l’île si spéciale, c’était cette proximité. Où que l’on aille, il y avait toujours quelqu’un à proximité. Où que l’on regarde, on est entouré par la mer. Nous seuls aurions pu construire une île comme celle-là. »

Le studio de projets immersifs NowHere Media, basé à Berlin, est la force créative derrière « Solwata ». Réputé pour son travail à la croisée de la narration immersive et de l’impact social, le studio a contribué à transformer des années de recherches menées par Human Rights Watch et de témoignages communautaires en une expérience interactive. Pour mener à bien ce projet, l’équipe s’est rendue aux Îles Salomon afin de réaliser des tournages à 360 degrés et des numérisations 3D, en collaborant étroitement avec les membres de la communauté dont les récits sont au cœur de l’expérience. 

« Chez NowHere, nous ne réalisons pas de projets sur les communautés, mais avec elles, et c’est là l’essence même de “Solwata” », a déclaré Gayatri Parameswaran, cofondatrice de NowHere Media. « Une collaboration étroite avec les membres de la communauté et l’équipe des Îles Salomon a façonné chaque aspect du projet, des récits racontés à la manière dont ils sont racontés. Un autre défi majeur sur le terrain a été de mener à bien une production immersive de pointe sur une île extrêmement isolée. Cela a nécessité une planification minutieuse et une volonté de s’adapter en permanence. »

La fondation Agog : The Immersive Media Institute, une organisation philanthropique cofondée par Chip Giller et Wendy Schmidt, a coproduit « Solwata », apporté un soutien à la production et un financement, et joué le rôle de partenaire stratégique pour aider à transposer les objectifs de recherche sur le terrain et de plaidoyer de Human Rights Watch dans un format immersif. 

« Je travaille depuis près de trois décennies dans le journalisme climatique, et j’ai appris une chose : l’information à elle seule ne suffit pas toujours à faire bouger les gens », a déclaré Chip Giller, cofondateur et directeur exécutif d’Agog. « La plupart des gens ne se rendront jamais aux Îles Salomon pour constater ces changements de leurs propres yeux. “Solwata” utilise la narration immersive pour rapprocher le public des personnes qui vivent cette crise, et c’est exactement le genre de travail que nous avons voulu soutenir en fondant Agog. »

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15.07.2026 à 07:00

Human Rights Watch
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Click to expand Image Des manifestants opposés aux expulsions massives menées l’agence de américaine de l'immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) brandissaient des drapeaux américains et des pancartes lors d'un rassemblement tenu le 17 août 2025 devant Fort Bliss, une base de l'armée américaine à El Paso, au Texas où un grand centre de détention était alors mis en place.   © 2025 Reuters/Paul Ratje

(Washington) – Des personnes détenues dans le centre de détention pour migrants situé à Fort Bliss, une base de l’armée des États-Unis à El Paso, au Texas, ont subi de graves abus, ont déclaré Human Rights Watch et l’Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) dans un rapport conjoint publié aujourd’hui. Des personnes détenues au Camp East Montana ont subi des passages à tabac infligés de manière indiscriminée, une négligence médicale mettant leur vie en danger, des expulsions forcées vers des « pays tiers » qu’elles ne connaissaient pas bien, et, dans certains cas, des conditions de détention pouvant s’apparenter à une disparition forcée. 

15 juillet 2026 “You’re Only Getting Out Deported or Dead”

Le rapport de 84 pages, intitulé « “You’re Only Getting Out Deported or Dead” : Abusive US Immigration Detention at Ft. Bliss » (« “Vous ne sortirez qu’expulsé ou mort” : Conditions de détention abusives de personnes migrantes à Fort Bliss »), documente les conditions de vie dans le plus grand centre de rétention pour migrants des États-Unis. Ce centre, d’une capacité maximale de 5 000 personnes, se compose de cinq structures semblables à des tentes à parois souples, qui abritent les détenus dans des enclos grillagés. Des détenus à l’intérieur du centre ont déclaré avoir été contraints de vivre dans des conditions insalubres et exiguës, avec jusqu’à 72 personnes par cellule. Human Rights Watch a recueilli des preuves de pratiques répressives liées à l’application des politiques d’immigration, notamment des conditions de détention cruelles, dégradantes et inhumaines ; un recours excessif à la force par des gardiens ; des défaillances en matière de soins de santé physique ou mentale ; des pratiques d’expulsion coercitives ; et des obstacles systémiques à l’accès à une représentation juridique.

« Le Camp East Montana de l’ICE [services d’immigration] est une catastrophe en matière de droits humains », a déclaré Angélica César, titulaire d’une bourse Aryeh Neier, conjointement à Human Rights Watch et à l’ACLU. « Le gouvernement américain devrait fermer ce camp, mener des enquêtes indépendantes sur tous les abus et décès survenus en détention, et mettre fin aux expulsions massives et à la détention obligatoire des personnes migrantes. »

Entre octobre 2025 et juin 2026, les chercheurs ont mené des entretiens avec 80 personnes : 71 personnes alors qu’elles étaient détenues au Camp East Montana, quatre membres de leurs familles et cinq prestataires de services juridiques,. Les chercheurs ont également analysé des enquêtes du Département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) et examiné d’autres documents relatifs au centre de détention. 

Les personnes interrogées ont déclaré avoir été appréhendées lors de descentes sur leur lieu de travail, de contrôles routiers, de rendez-vous avec les services d’immigration, et d’autres interventions au sein de la communauté. Plus de 60 d’entre elles ont indiqué avoir été arrêtées alors même qu’elles avaient présenté des documents prouvant leur présence légale aux États-Unis. Elles ont systématiquement décrit des arrestations menées par des agents masqués qui refusaient de s’identifier et ont rapporté des cas où des agents auraient recouru à une force excessive, notamment des coups et l’utilisation de tasers, lors de leur interpellation.

Les personnes interrogées ont déclaré avoir eu le sentiment d’avoir été « enlevées » après avoir été transférées dans des prisons locales et des centres de rétention provisoires sans pouvoir communiquer de manière significative avec leurs proches ou leurs avocats. Human Rights Watch et l’ACLU ont recensé des cas dans lesquels les systèmes gouvernementaux de localisation des détenus ne reflétaient pas avec exactitude le lieu où se trouvaient ces derniers. Des proches ont décrit avoir cherché désespérément leurs proches alors que l’agence de l'immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) ne fournissait aucune réponse aux questions concernant l’endroit où les détenus avaient été emmenés.

Dans certains cas, les conditions de détention pourraient constituer un type de disparition forcée, selon le droit international des droits humains. 

Une fois arrivées à Fort Bliss, les personnes interrogées ont déclaré avoir subi des conditions de vie cruelles, dégradantes et inhumaines qui faisaient peser de graves risques sur leur santé physique et mentale. Elles ont fait état de sanitaires recouverts d’excréments, de logements inondés, d’un nettoyage insuffisant et d’un manque d’accès au savon, au gel hydroalcoolique et à d’autres produits d’hygiène de base. 

Les personnes interrogées ont également rapporté avoir été confinées à l’intérieur pendant de longues périodes sans véritable accès à des activités de loisirs, à la lumière du soleil ou à l’air frais. Certaines ont déclaré avoir passé des semaines sans être autorisées à sortir. Pendant une grande partie de l’année 2025, les personnes interrogées ont indiqué qu’elles n’étaient autorisées à sortir pour des activités de loisirs qu’une fois toutes les deux semaines, pendant environ 15 minutes à chaque fois.

« Entre août et septembre, j’ai passé un mois sans voir le soleil », a déclaré l’une d’entre elles. « Les gardiens ne nous emmenaient tout simplement pas dehors. Nous devenions tous anxieux et désespérés, sans rien à faire. Je me sentais piégée, c’était une torture. »

Les personnes interrogées ont également fait état d’horaires de repas irréguliers, de nourriture avariée et de délais pouvant aller jusqu’à 12 heures entre les repas. Les personnes souffrant de diabète ou d’autres pathologies ont signalé des maux de tête, des fluctuations de la glycémie et d’autres complications de santé après avoir manqué des repas ou reçu de la nourriture avariée, congelée ou autrement impropre à la consommation.

Les chercheurs ont également recueilli de nombreuses allégations de violences physiques commises par les gardiens et le personnel de l’établissement. 

« Les gardiens font irruption dans notre bloc par groupes de 15, parfois même de 20 », a déclaré un homme. « Ils sont tout de noir vêtus, portent des masques qui ne laissent voir que leurs yeux et n’arborent pas de badge nominatif. Quand ils arrivent, ils font irruption, attrapent qui ils peuvent et se mettent à les frapper… Ils ont le contrôle et peuvent faire ce qu’ils veulent de nous. »

Les personnes interrogées ont rapporté que les gardiens frappaient les détenus en réponse à des grèves de la faim, à des demandes de soins médicaux, à des plaintes concernant les conditions de détention et à des tentatives d’obtenir des sorties en plein air après de longues périodes d’enfermement à l’intérieur. Plusieurs personnes ont déclaré que les gardiens imposaient des punitions collectives, frappant ou agressant plusieurs personnes après avoir accusé un détenu d’avoir enfreint le règlement de l’établissement. D’autres ont décrit des violences verbales, des humiliations, des menaces et des représailles à l’encontre des détenus qui réclamaient des produits de première nécessité ou tentaient de faire valoir leurs droits.

Une enquête interne de l’ICE a également mis en évidence des recours à la force illicites et non signalés au Camp East Montana.

Les chercheurs ont interrogé des témoins du décès de Gerardo Lunas Campos, survenu le 3 janvier 2026 au Camp East Montana. Des témoins ont déclaré que des gardiens auraient apparemment asphyxié Lunas Campos après qu’il eut demandé des médicaments alors qu’il se trouvait dans l’unité d’hébergement spéciale, c’est-à-dire l’unité d’isolement. Un homme a déclaré : « On aurait dit que les gardiens frappaient Geraldo, comme si son corps recevait des coups de poing et était malmené. Geraldo criait à l’aide. Il a répété plusieurs fois : “Je ne peux plus respirer !” Ils ont continué à le frapper. Il a dit : “Vous m’étouffez.” Puis tout est devenu silencieux. »

Les chercheurs ont recensé des allégations répétées selon lesquelles les autorités n’auraient pas fourni de soins médicaux et de santé mentale adéquats aux personnes détenues au Camp East Montana. Toutes les personnes interrogées ont décrit des défaillances dans le système de demande de soins et d’orientation médicale de l’établissement. Elles ont fait état de retards prolongés dans l’obtention de traitements, d’interruptions dans la prise des médicaments prescrits, d’évaluations médicales insuffisantes et de réponses punitives face aux urgences médicales.

Les chercheurs ont constaté que certains détenus faisaient l’objet de mesures coercitives visant à les contraindre à renoncer à leur demande d’asile et à accepter leur renvoi vers des pays tiers s’ils ne pouvaient pas être renvoyés dans leur propre pays. Ils ont déclaré avoir été menacés de violences, de poursuites pénales et de détention illimitée s’ils refusaient l’expulsion. Des détenus cubains et vénézuéliens ont décrit des tentatives visant à les transférer au Mexique malgré des procédures judiciaires en cours et leurs craintes d’y subir des violences. 

Expulsions de personnes détenues au camp East Montana vers des pays tiers (1er août 2025 – 9 mars 2026) Click to expand Image Graphique illustrant l'expulsion de migrants détenus au camp East Montana (Fort Bliss) vers des pays tiers, durant la période du 1er août 2025 au 9 mars 2026. La partie gauche du graphique indique leurs pays d'origine (principalement Cuba et le Venezuela), tandis que la partie droite montre que 99 % de ces personnes ont été expulsées vers le Mexique et 1 % vers le Honduras. Source : Données de l’ICE / ERO (Enforcement and Removal Operations), analysées par HRW. © 2026 Human Rights Watch (graphique)

Le gouvernement américain devrait fermer le Camp East Montana et mener des enquêtes indépendantes sur les décès en détention, le recours excessif à la force, la négligence médicale, les disparitions forcées et les pratiques d’expulsion coercitives, ont déclaré Human Rights Watch et l’ACLU. Les autorités devraient demander des comptes aux responsables des abus, offrir des réparations aux personnes lésées et mettre fin aux politiques de détention des personnes migrantes qui contribuent à des violations généralisées des droits.

« Les abus documentés à Fort Bliss sont la conséquence prévisible du programme d’expulsion massive de l’administration Trump, de son extension brutale de la détention des personnes migrantes et de l’érosion des mécanismes fédéraux de contrôle », a conclu Angélica César. « Les personnes détenues au Camp East Montana sont des êtres humains qui méritent d’être traités avec dignité et protégés contre toute atteinte. »

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13.07.2026 à 21:02

Human Rights Watch
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Click to expand Image Un membre de l’ONG Community Partners International (CPI), muni d’un mégaphone, participait aux opérations de secours dans l’un des nombreux camps de réfugiés rohingyas situé dans la région du Cox's Bazar, dans le sud-est du Bangladesh, le 8 juillet 2026, suite à un glissement de terrain lors d’une pluie de mousson. © 2026 Shamimul Islam Faisal/AP Photo

(Bangkok, 13 juillet 2026) – Les risques mortels auxquels sont confrontés les réfugiés rohingyas au Bangladesh ont été mis en évidence par les glissements de terrain survenus en juillet, qui ont fait au moins 17 morts et déplacé plus de 3 000 personnes, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. 

Le Bangladesh accueille plus d’un million de réfugiés rohingyas depuis près d’une décennie ; ces familles, dont le nombre ne cesse de croître, sont entassées dans des abris en bambou et couvertes de bâches en plastique, sur des versants escarpés et déboisés, particulièrement vulnérables pendant la saison de la mousson. Alors que de nouveaux réfugiés continuent d’affluer depuis le Myanmar, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a signalé à plusieurs reprises les risques de décès et de blessures dans ces camps surpeuplés, en raison des cyclones, des inondations et des glissements de terrain aux effets parfois mortels. Les autorités bangladaises, l’ONU et les gouvernements donateurs devraient réduire la surpopulation dans les camps de réfugiés et renforcer d’urgence l’aide requise pour rétablir des digues, le drainage et les voies d’accès, ainsi que pour la mise en place de sites de relogement d’urgence.

« Chaque mousson devient de plus en plus meurtrière pour les réfugiés rohingyas au Bangladesh, les collines dénudées s’effondrant sous les abris de fortune, alors que les fonds destinés à consolider les camps se sont taris », a déclaré Meenakshi Ganguly, directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Il ne s’agit pas simplement de catastrophes naturelles, mais d’une conséquence prévisible de politiques qui mettent la vie des réfugiés en danger. »

L’ONG Rohingya Coordination Platform (RCP - Plateforme de coordination pour les Rohingyas) a signalé qu’entre le 4 et le 9 juillet, 286 incidents liés aux intempéries se sont produits dans les camps de Cox’s Bazar, touchant 26 119 réfugiés ; 95 glissements de terrain ont déplacé 4 307 personnes, endommagé partiellement 2 809 abris et détruit 13 abris. Plusieurs centres d’apprentissage, des installations sanitaires et d’approvisionnement en eau courante, des murs de soutènement, des allées, des escaliers, des ponts et des routes ont également été endommagés. Les autorités bangladaises ont évacué plus de 1 000 réfugiés des zones à haut risque, mais beaucoup de personnes ont refusé de quitter leurs abris.

Human Rights Watch a mené des entretiens avec neuf personnes : cinq réfugiés rohingyas touchés par les glissements de terrain, et quatre travailleurs humanitaires impliqués dans les interventions d’urgence. 

Un ingénieur civil spécialisé dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène a déclaré que la conception des campements était défaillante dès le départ. « Lorsque les Rohingyas se sont réfugiés ici pour la première fois, les campements ont été aménagés en creusant les collines, sans système de drainage prévu », a-t-il expliqué. « Aujourd’hui, en raison des coupes budgétaires, les travaux durables de prévention des glissements de terrain, notamment la maçonnerie, ne peuvent pas être réalisés correctement, tandis que le gouvernement bangladais refuse d’autoriser les constructions permanentes sur les sites des campements. »

Les réfugiés nouvellement arrivés sont particulièrement exposés aux risques, car on ne leur attribue pas d’abris officiels et ils finissent par louer ou acheter des logements précaires, a indiqué Human Rights Watch. « J’ai demandé à plusieurs reprises au personnel des ONG [organisations non gouvernementales] de me fournir un abri, mais ils m’ont répondu qu’aucun logement n’était attribué aux nouveaux arrivants », a déclaré un homme, arrivé au Bangladesh en août 2024. Ses deux filles et ses deux petits-enfants sont décédés le 6 juillet car ils vivaient au bord d’une colline, dans un abri de fortune qu’il avait lui-même construit. « Je ne savais pas que la colline s’effondrerait ainsi », a-t-il déclaré.

Entre novembre 2023, lorsque des combats ont repris entre l’armée du Myanmar et l’Armée d’Arakan, un groupe armé ethnique, et mai 2026, au moins 152 000 Rohingyas ont fui le Myanmar pour chercher refuge à Cox’s Bazar. L’ONG Rohingya Refugee Response a lancé un appel de fonds urgent, soulignant que le plan initial de 2025 avait prévu 50 000 nouveaux arrivants, mais que compte tenu du triplement de ce nombre, ces prévisions étaient désormais insuffisantes. 

Le gouvernement bangladais n’a pas encore pris de décision suite à la demande du HCR visant à obtenir davantage de terrains pour accueillir ces nouveaux arrivants, qui sont entassés sur les 24 kilomètres carrés déjà alloués aux camps. « Le gouvernement ne veut pas que les réfugiés considèrent le Bangladesh comme leur lieu de résidence permanent », a expliqué un travailleur humanitaire. « Ainsi, lors de chaque réunion, les autorités semblent très strictes et refusent catégoriquement d’autoriser la construction d’abris pour les nouveaux arrivants. » 

En raison d’une demande croissante de logements, les réfugiés ont peur de quitter leurs habitations. « Nous menons sans cesse des campagnes de sensibilisation, mais nous ne parvenons pas à déplacer un grand nombre de personnes en situation de risque », a déclaré un travailleur humanitaire. « Il y a peu de temps, dans le camp 18, j’ai vu qu’après un glissement de terrain, une habitation s’était à moitié effondrée sur une autre, mais nous n’avons toujours pas pu évacuer les occupants. »

Les travailleurs humanitaires ont également indiqué que les relogements d’urgence sont difficiles, car les camps manquent d’espace et que les sites temporaires – tels que les centres d’apprentissage ou les espaces destinés à la prise en charge des enfants, des adolescents et des femmes – manquent souvent d’espaces personnels et de services adéquats. « Les gens craignent que, dans les centres d’apprentissage ou autres lieux de relogement, de nombreuses personnes soient regroupées, ce qui pose des problèmes d’accès aux toilettes et d’autres préoccupations liées à l’intimité », a expliqué le travailleur humanitaire.

En décembre 2024, le gouvernement bangladais a approuvé la construction d’abris temporaires plus solides que les structures existantes en bambou et en bâche. Le gouvernement a également approuvé trois modèles d’abris semi-permanents, et envisage des projets pilotes visant à créer des abris à deux étages pour remédier à la surpopulation. Le gouvernement a en outre donné son accord pour la reconstruction de 50 000 abris. Cependant, les coupes dans le financement humanitaire annoncées en janvier 2025 ont mis un terme à ce projet. Le département des forêts, les représentants locaux et les membres des communautés d’accueil se sont opposés à ces projets, qui impliquent une installation permanente, mettant en garde contre la perte de terres forestières protégées. 

La sécurité des abris devrait être considérée comme une question relevant des droits humains, et non comme une concession en faveur d’une installation permanente, a déclaré Human Rights Watch. Les bailleurs de fonds devraient financer ces modèles d’abris plus sûrs qui ont été approuvés, et le Bangladesh devrait continuer à autoriser la construction de logements plus résistants aux catastrophes, et la mise en place de lieux relogement sûrs.

À l’heure actuelle, l’appel de fonds pour la coordination des abris et des camps ainsi que la gestion des camps n’est financé qu’à hauteur de 42 %, ce qui laisse un déficit de 73,9 millions de dollars US, tandis que le plan de gestion des risques de catastrophe présente un déficit de 23,2 millions de dollars US. La Plateforme de coordination pour les Rohingyas a appelé à un financement immédiat pour la stabilisation des pentes, le drainage, la gestion des bassins versants, l’amélioration des accès et le renforcement des capacités techniques afin de protéger des vies et de maintenir l’accès humanitaire tout au long de la saison de la mousson, qui ne prend généralement fin qu’en octobre.

« Les réfugiés rohingyas n’ont pas besoin de nouveaux atermoiements, mais plutôt d’une réponse urgente et efficace », a conclu Meenakshi Ganguly. « Les gouvernements préoccupés devraient agir, au lieu d’attendre que le prochain glissement de terrain emporte une autre famille rohingya. »

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