01.03.2026 à 19:56
aplutsoc
L’assassinat d’Ali Khamenei, ainsi que de plusieurs hauts responsables des Gardiens de la révolution et du régime, constitue un événement exceptionnel dans la trajectoire actuelle de l’Iran. C’est un coup fatal porté au cœur de la machine répressive et à l’épine dorsale de la République islamique. Pour des millions d’Iraniens, la mort d’un homme qui, pendant des décennies, a symbolisé le massacre, l’oppression, la pauvreté, le militarisme et la loi du plus fort a provoqué un soulagement immense, mêlant une rage longtemps contenue à une immense libération. La présence populaire dans les rues et la réaction sociale générale témoignent de la profondeur de la haine accumulée au sein de la société par des années de crimes et de massacres.
Il ne s’agit pas de se réjouir de la guerre. Il ne s’agit pas de se réjouir des bombardements ni du meurtre d’enfants. Il ne s’agit pas de se réjouir d’une intervention étrangère. Il s’agit du soulagement amer de voir apparaître des fissures dans un monstre qui, il y a à peine deux mois, à Dey, a plongé le pays dans un bain de sang, abattant et massacrant des dizaines de milliers de personnes et plongeant la société dans un océan de chagrin et de colère. Les personnes qui respirent aujourd’hui sont les mêmes qui, hier, étaient battues, abattues et jetées en prison.
Pourtant, nous devons affirmer clairement la réalité : ce coup porté au sommet de l’État s’inscrit dans le cadre d’une guerre lancée d’en haut et contre la volonté du peuple. Une guerre qui menace des vies, transforme les villes en zones de mort et cherche à paralyser la société par la peur et la ruine. Les États-Unis et Israël ont joué un rôle direct par leurs attaques militaires et doivent être condamnés sans réserve. Aucun récit de « sauvetage » ni aucune justification « défensive » ne saurait blanchir le massacre de civils.
Parallèlement, il faut l’affirmer clairement : la République islamique et les Gardiens de la révolution ne sont pas les victimes de cette guerre, mais bien parmi ses principaux instigateurs. Un État qui, pendant des années, a instrumentalisé la société pour ses projets militaires et nucléaires en paie aujourd’hui le prix par un effondrement interne. La mort de Khamenei ne signifie pas la fin de la crise, mais elle démontre sans équivoque que ce système est désormais incapable de reproduire son autorité d’antan. Une structure dont le chef a été destitué, qui est maintenant en guerre et qui fait face à une société saturée de colère et de haine, est entrée dans une phase d’instabilité irréversible.
Il est crucial de garder à l’esprit un fait fondamental : une rupture au sommet de l’État ne signifie pas automatiquement que la volonté du peuple est respectée. C’est précisément dans des moments comme celui-ci que se mettent en œuvre des projets de contrôle de la société : « transition contrôlée », remaniement des élites et promotion d’alternatives imposées d’en haut, destinées à détourner la révolution et à soustraire le peuple à son pouvoir. Les tractations secrètes, la reproduction de la même structure sous un nouveau visage ou l’imposition de gouvernements fantoches sous couvert de « stabilité » et de « transition » sont autant de tentatives pour neutraliser l’élan révolutionnaire et bloquer le pouvoir populaire direct. Ces scénarios ne signifient pas la fin de la République islamique ; ils signifient la continuation du même ordre répressif sous une forme nouvelle.
Seule une organisation indépendante, nationale et ascendante peut empêcher ce dénouement.
En ces temps difficiles, la question centrale n’est pas simplement « l’opposition à la guerre ». La véritable question est de savoir si la société peut consciemment exploiter l’opportunité créée par la rupture au sommet de l’État pour faire progresser le renversement révolutionnaire. La guerre vise à terroriser la société et à suspendre la révolution ; la réponse du peuple doit être de reconstruire et d’organiser son pouvoir social en plein cœur de cette crise.
Travailleurs, salariés, jeunes, femmes et toutes les forces sociales doivent comprendre une vérité fondamentale : aucune puissance étrangère n’apportera la liberté. Seule une société organisée peut renverser définitivement ce système. Rejoindre les organisations sociales existantes, renforcer les organisations syndicales indépendantes et mettre en place des conseils, des comités locaux et des réseaux d’entraide ne sont pas un « choix » aujourd’hui, mais une nécessité urgente, à la fois pour protéger des vies humaines en temps de guerre et pour prendre collectivement en main l’avenir de la société.
La République islamique est blessée et instable. Ce n’est pas le moment de rester spectateur ou d’hésiter ; c’est le moment d’agir. La véritable fin de cette guerre ne viendra pas d’accords entre États, mais du renversement révolutionnaire d’un ordre qui a transformé la vie elle-même en un champ de bataille.
Nous appelons les peuples du monde entier, les mouvements ouvriers et les forces éprises de liberté à se ranger du côté du peuple iranien – et non du côté des États et des machines de guerre. La véritable solidarité implique de soutenir le droit du peuple à renverser la République islamique et à bâtir un ordre humain, libre et égalitaire.
La lutte entre dans une nouvelle phase. La répression s’est effondrée, la peur a été ébranlée et la possibilité d’avancer s’est ouverte. Une société qui a tant payé de sang a le droit – et le devoir – de bâtir son propre avenir.
Confédération iranienne du travail – Délégation à l’étranger
1er mars 2026
Source : https://iranlc.org/en/12023
01.03.2026 à 16:33
aplutsoc2
Nous reproduisons ce texte du député de Marseille Hendryk Davi, de l’APRES, et des élus municipaux de l’APRES. La situation marseillaise est grave, mais pas exceptionnelle : elle illustre, pour le dire schématiquement, la tenaille Mélenchon/Hollande, tenaille qui roule efficacement pour porter le RN au pouvoir, tenaille qui est la condition nécessaire de son arrivée au pouvoir, tenaille que l’affrontement social avant 2027 doit vaincre ! Aplutsoc.
Tribune initialement parue dans Mediapart.
Et si l’extrême droite remportait la seconde ville de France le 22 mars prochain ?
Un sondage Opinionway donne Allisio, le candidat RN, vainqueur dans l’hypothèse d’une quadrangulaire au second tour.
Marseille est une des dernières grandes métropoles populaires. Mais notre ville est aussi celle où la ségrégation entre les plus riches et les plus pauvres est la plus forte. Une victoire du RN dans cette ville serait un cataclysme. D’abord, elle serait une insulte à la mémoire d’Ibrahim Ali tué par des colleurs d’affiche du FN, il y a tout juste 31 ans. Elle constituerait une menace concrète pour des milliers de marseillais et de marseillaises issus de l’immigration. Elle aggraverait les inégalités sociales, car partout où le RN gouverne, les droits des plus démunis sont attaqués. En outre, elle serait un véritable tremplin pour une victoire de l’extrême droite aux élections présidentielles et législatives de 2027.
Pourquoi le risque est grand ? D’abord, le potentiel de l’ensemble de l’extrême droite est très élevé. Il atteint à Marseille 35% aux élections législatives de 2024 et 37% aux européennes. Et pour la première fois, un sondage met le RN en tête des intentions de vote en cas de quadrangulaire avec 37% des voix contre 36% pour Benoît Payan. Martine Vassal la présidente de la métropole soutenue par la droite et le parti présidentiel, chute à 14%. La stratégie de la droite de reprendre les thèmes et les valeurs de l’extrême droite est une stratégie perdante. Dans un contexte de normalisation, le RN devient le vote utile à droite pour battre la gauche et il peut faire un score encore plus élevé, que ce que les sondages indiquent aujourd’hui.
Mais surtout rien n’indique que la gauche et les écologistes soient en mesure de se rassembler au second tour. Sébastien Delogu, le candidat LFI a expliqué à plusieurs reprises que sa candidature visait à dégager un même système qui allait de Payan à Allisio en passant par Vassal. Mettre au même niveau le PS, la droite et l’extrême droite est irresponsable.
Mais de l’autre côté, Benoit Payan semble écarter d’un revers de main l’hypothèse d’une fusion avec la liste LFI au second tour. Seule ouverture depuis le début de la campagne, un vague « parlons-nous » lors du débat sur BFM TV.
Sans fusion, sans recherche du rassemblement, LFI pourrait se maintenir. Nous aurions alors une quadrangulaire à haut risque. Le RN peut être devant, et le candidat arrivé en tête bénéficie d’une prime 25% des élus. Par contre, s’il y a fusion, la gauche et les écologistes peuvent l’emporter de 10 à 15%.
Dans tous les cas, c’est une erreur de croire que l’on peut rassembler toute la gauche et les écologistes en méprisant le vote de ceux et celles qui auront porté leur voix sur la liste LFI-Vaï.
Ce scénario catastrophique pour les habitants et habitantes de Marseille peut être évité. Sébastien Delogu et Benoît Payan ne souhaitent pas la victoire du RN dans notre ville. Une fusion programmatique serait envisageable, car il existe de nombreux points communs entre les deux programmes. Mais une fusion technique est tout aussi possible. LFI ne s’engagerait pas à participer à l’exécutif de la ville et le maire actuel pourrait ainsi arguer qu’il ne fait aucun accord politique avec LFI, mais un accord technique pour faire barrage au RN.
Les deux candidats doivent engager ces discussions rapidement. C’est l’aspiration des collectifs qui œuvrent à l’unité comme « Faisons Front Commun », qui organise une mobilisation le 1er mars, mais aussi d’une très grande partie des électeurs et électrices.
Signataires :
Hendrik Davi, Député de Marseille, membre de l’APRES
Alexandra d’Agostino, Adjointe à la mairie 6/8 de Marseille, membre de l’APRES
Pauline Delage, Adjointe à la mairie 6/8 de Marseille, membre de l’APRES
Norig Neveu, Adjointe à la mairie 4/5 de Marseille, membre de l’APRES
01.03.2026 à 16:14
aplutsoc2
Sur la photo illustrant .cet article, lors d’un rassemblement de défense de l’école publique contre les fermetures de classes, Manu est tout à gauche de la photo
Bonjour Emmanuel Torregrosa, « Manu », peut-tu en quelques mots te présenter politiquement ?
Bonjour je suis un militant socialiste, adhérent du PS entre 2002 et 2017, date à laquelle j’en ai été exclu. En 2008 j’ai été élu sur une liste d’union de la gauche menée par Daniel Roussat (maire communiste de 1977 à 2012). j’ai été adjoint à la vie associative et aux commerces. J’ai mis en place un forum des associations et participé à l’achat et à la réhabilitation de locaux commerciaux qui accueillent aujourd’hui encore des commerces.
Tu es aussi militant syndical ?
Je suis également militant syndical (FSU) et associatif (notamment MJC). Je crois que l’engagement passe par le militantisme dans des structures, y compris lorsqu’on ne se retrouve pas complètement dans leur position : il vaut mieux être à l’intérieur et essayer de faire bouger les structures quelles qu’elles soient.
Nous sommes en vieille terre de gauche dit-on, mais depuis deux mandats ce n’est plus le cas à Cosne. Comment les choses sont-elles ressenties ?
Cosne est un « bourg centre » : une commune de taille intermédiaire (environ 2000 habitants) qui doit proposer des services pour une population de 6000 à 12000 habitants, à cause de l’éloignement des villes de l’Allier (30km de Montluçon et 40 de Moulins). Elle était dans la circonscription historique de Pierre Villon (représentant du PCF au Conseil National de la Résistance) puis d’André Lajoinie (candidat PCF aux présidentielles de 1988 et directeur de publication de la Terre, journal agricole du PCF). Elle était la commune où se déroulaient les fêtes du Bourbonnais Rural (journal agricole local de la gauche paysanne) avec des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui se retrouvaient dans une sorte de « fête de l’Huma » rurale. C’est encore dans les mémoires de nombreux cosnois-e-s. Je n’ai pas connu ces manifestations car je suis arrivé à Cosne d’allier en 2002. Que ce soit dans l’équipe municipale ou dans la vie associative, la gauche cosnoise est à la fois une gauche fondée sur les valeurs fortes du communisme rural, du travail, de la justice sociale, et sur un pragmatisme « terrien ».
Comment les choses se sont-elles combinées pour que se forme cette liste à Cosne d’Allier ?
L’équipe municipale sortante qui nous a battus en 2014 avait beaucoup promis (parfois avec raison) sur l’association de la population aux décisions et sur la création d’une dynamique à Cosne d’Allier. Au-delà des orientations politiques les citoyen-ne-s de Cosne constatent que ces promesses n’ont pas été tenues.
A partir de ce constat, des individus se sont réunis depuis un an pour élaborer un projet municipal qui soit en phase avec les attentes de la population. Les partis politiques (PCF et PS) se sont associés à cette démarche et l’ont relancée lorsqu’elle s’est essoufflée après l’été dernier.
Le PCF et le PS m’ont demandé d’animer ce travail. Ils sont (malheureusement) très affaiblis d’un point de vue partisan aujourd’hui, mais continuent à entretenir des réseaux de militants ou de sympathisants. Ils ont participé à ce travail avec une ouverture d’esprit remarquable et sans arrières pensées ; je les en remercie, mais c’est symptomatique de ce pragmatisme dont j’ai parlé. Lorsque ce collectif a commencé à faire une liste pour la présenter, j’ai été désigné tête de liste, ce qui est une grande responsabilité pour moi.
Peut-tu en quelques mots résumer les principaux problèmes humains et sociaux de cette localité ?
Cosne connaît les problèmes classiques des bourgs centre de cette taille dans la « diagonale du vide » : disparition des services publics, vieillissement de la population, crispation par rapport aux pertes d’emploi et d’identité. En même temps vu sa situation Cosne a des équipements digne d’une commune de 3 ou 4 fois sa taille (piscine, théâtre,…..). Mais il est très difficile de les faire vivre. Il faut un volontarisme et un soutien pour que ces équipements fonctionnent au service de la population.
Notre projet basé sur des demandes des habitant-e-s, est de faire vivre ces équipements et de les valoriser – mais personne durant la constitution du projet ne nous a demandé d’équipements nouveaux.
La crise démocratique est aussi un sujet qui est formalisé par un reproche sur l’absence des élus, notamment de Mme le Maire.
Nous avons donc élaboré un corpus de décisions sur le fonctionnement municipal afin de refaire vivre la démocratie. L’engagement, que j’ai demandé aux colistiers de prendre, est d’accorder du temps pour ces actions démocratiques (écoutes, permanences, visite de quartiers, réunions participatives,….)
Quelle a été, à ce qu’il paraît, la surprise de la dame de la préfecture recevant la liste ?
Une fois la liste élaborée, la recherche d’un titre était nécessaire et le mot gauche a été immédiatement mis en avant afin de clarifier les valeurs qui nous animent. J’aurais tendance à dire que nos valeurs sont de gauche et que notre projet est pragmatique au vu des échanges avec les Cosnois-e-s. La liste se nomme donc la Gauche Unie pour une Commune ambitieuse et Dynamique. A la préfecture la dame qui a enregistrée la liste nous a dit sur le ton de la surprise « vous êtes sûrs » ? car nous sommes les seuls, avec la liste d’extrême gauche de Vichy, à avoir utilisé ce mot, ce qui en dit long sur la dépolitisation et la crise politique actuelle.
Et donc, comment cela se présente-t-il ?
Clairement, au début de cette aventure humaine (car les rencontres faites sont très enrichissantes), nous avions pour objectif de faire une liste et d’avoir des élus pour pouvoir faire un travail d’opposants constructifs. Aujourd’hui, au regard du travail programmatique, de notre capacité à avoir un projet à la fois local et qui réponde aux enjeux démocratiques et environnementaux actuels, nous avons l’ambition de gagner, et les critiques de l’équipe en place semblent plus fortes que ce que l’on pensait. En tout cas, nous aurons fait tout ce que nous pouvions, en un an, pour proposer le meilleur projet possible.
D’autre part, nous avons pris un engagement entre nous qui est de continuer à faire vivre ce collectif pour « parler politique » et lutter contre l’extrême droite.
Et en cas de victoire, quel sujet faudra-t-il traiter rapidement ?
Le premier sujet est celui du tarif de la cantine. Suite à des péripéties, le collège doit proposer à partir de septembre des tarifs de repas à 8 € contre 4,20 aujourd’hui. L’équipe sortante dit « on n’a pas de sous , ca coûte 75000 euros on ne peut pas assumer la différence ». Nous disons : les tarifs pour les familles n’augmenteront pas.
Nous essaierons d’améliorer la qualité des repas et si possible de descendre le prix en dessous du prix actuel. Là nous ne nous engageons pas car il faut vérifier l’état des finances municipales.
Mais ce sujet est crucial pour les familles et il est symptomatique du débat gauche droite classique : la où la gauche dit solidarité et collectif, la droite répond responsabilité et individu.
Je crois qu’avoir un débat apaisé mais clivé est la seule manière de réintéresser les gens à la politique et je suis fier de porter ce débat. Aux Cosnois-e-s de le trancher.
Ensuite, la deuxième priorité est de mettre en place les outils de la démocratie réelle – je préfère ce terme à « participative » ou autre.


28.02.2026 à 23:40
aplutsoc2
28.02.2026 à 13:13
aplutsoc2
28.02.2026 à 11:56
aplutsoc