05.02.2026 à 07:04
Michel Lepesant
Voici un bref retour sur ma participation, dimanche dernier, à une conférence consacrée à l’IA, lors des journées de l’Écologie au quotidien, à Die (Drôme). Conférence partagée avec Juliette Duquesne et animée par Goni Zonon, conférence réussie pendant laquelle grâce à Juliette et Goni nous avons pu développer une critique robuste de l’IA, en sachant combiner informations et analyses, à destination d’une salle comble (et pourtant, c’était un dimanche matin).
Pour l’essentiel, mon intervention s’appuyait sur le gros travail de recherche que j’avais effectué à l’été 2025 (et que l’on peut lire ici).
« Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? » était le titre de la conférence. J’ai d’emblée fourni ma réponse : l’IA est aujourd’hui, avec la dédiabolisation de l’extrême-droite et la montée d’une xénophobie affichée (racisme, homophobie, antiwokisme primaire), l’une des 3 raisons d’être politiquement terrorisé. Et j’ai aussitôt ajouté qu’il fallait faire l’hypothèse que ces 3 terreurs étaient les 3 facettes d’un même déferlement politique antidémocratique dont il fallait terriblement s’inquiéter.
D’où l’intérêt de faire un rapprochement direct entre ce que l’IA fait à la technologie et ce que Trump fait au capitalisme : dans les deux cas, les masques et les apparences de démocratie tombent. Certes, on n’a pas attendu l’IA et Trump pour défendre résolument des positions technocritiques et anticapitalistes, mais leurs partisans pouvaient toujours se dissimuler derrière les apparences d’un bon usage (la commodité) et du droit. Aujourd’hui, L’IA comme Trump se montrent dans leur brutalité : la force sans le droit, l’utilité sans la socialité.
J’avais préparé un diaporama pour cette intervention mais je ne l’ai pas utilisé. Le voici néanmoins, avec sa présentation en vidéo (enregistrée à la maison en décembre 2025).
Voici le résumé que l’IA de PDF Creator m’a proposé : l’inquiétant, c’est que c’est assez bien fait.
L’auteur conclut que l’intelligence artificielle (IA) représente un danger majeur pour la société, tant sur le plan technologique, économique, écologique, social que politique. Il met en avant plusieurs points clés :
En somme, l’auteur appelle à une prise de conscience collective et à une résistance volontaire face à l’emprise croissante de l’IA, en mettant en avant des valeurs de décroissance, de précaution et de démocratie.
Juliette Duquesne a bien insisté sur les limites de l’IA : sociales (sur l’emploi, sur les relations, sur les modes de vie), écologiques (énergie, réchauffement, eau), et démocratiques (une IA plus imposée que choisie, une liquidation des modes de décision et de contrôle).
Je rajoute juste que, quand on aborde la question des limites d’un point de vue décroissant, il est souvent pertinent de le faire en apportant 2 cadres analytiques :
Attention à ne pas se tromper de critique adressée à la technologie ; attention à ne pas se laisser embarquer dans un débat tronqué.
Si on distingue grossièrement entre la technique (système des moyens en vue de leur utilité) et la technologie (système des pratiques, les médiations et leurs usages, accompagnées de leur justification théorique, c’est le discours qui accompagne la technique : en tant que mode d’emploi, la technologie fournit aussi un mode de vie. « Si ça marche, c’est que c’est bien »), alors il faut faire attention à ne pas réduire la discussion sur telle ou telle technique aux questions de l’usage de l’utilité :
Il y a quelques années, lors de nos (f)estives 2018 (rencontres organisées par la MCD), nous avions invité Philippe Gruca qui avait parfaitement posé l’équation : quand la société n’est plus de taille humaine, quand il y a disproportion entre la société et l’humain, alors il ne reste que deux directions, totalement opposées et divergentes : soit on augmente l’homme, soit en diminue la société.
D’un côté, le transhumanisme, de l’autre, la décroissance.
J’ai précisé que l’on pouvait se représenter les rapports entre la technologie et la société avec une image de vases communicants : tout gain de technicité se paie au prix d’une perte de socialité ; et inversement. Il ne faut pas se laisser leurrer : les fameux « réseaux sociaux » sont d’abord des réseaux techniques et ils ne peuvent prétendre relier des gens qu’à condition que les modes de production et de consommation les aient, au préalable, isolés et séparés.
L’une des dernières questions a critiqué la facilité avec laquelle nos interventions avaient dressé un tableau hypercritique de l’IA, en affirmant qu’il serait plus réaliste de se demander comment réguler l’IA : bref, qu’il fallait passer des discours aux actes, de l’idéalisme au réalisme.
Je tiens à exprimer, in fine, l’absence lors de ces rencontres de plusieurs interventions qui auraient porté explicitement sur la décroissance.
Car les échanges lors de cette conférence ont, encore une fois, montré que c’est bien d’un paradigme général dont nous avons besoin si on veut faire converger les analyses et les initiatives.
A condition d’assumer cette portée générale d’une décroissance comme opposition politique à la croissance, il me semble que c’est bien aujourd’hui la décroissance qui peut assumer une telle ambition : et c’est le sens de mon engagement dans la Maison commune de la décroissance : https://ladecroissance.xyz/.
26.01.2026 à 05:51
Michel Lepesant
Des amis m’ont récemment placé dans une situation bien inconfortable : ils m’ont invité à venir parler de décroissance (et d’IA), mais, en même temps, je me suis vu imposer un cadre si horizontaliste d’intervention que le hiatus entre le fond et la forme de ce que j’avais prévu de faire devenait un gouffre.
Car tout l’apport de mon « travail » sur la décroissance depuis des années consiste à refuser cette disjonction du fond et de la forme, car elle revient toujours au final à neutraliser le fond (radical) au seul profit d’une forme (horizontaliste) où le brouillard du régime de croissance continue se diffuser. Cet horizontalisme peut prendre le prétexte de donner la parole aux citoyens, mais en réalité il revient à mettre à plat toute différence entre des recherches approfondies et la moindre opinion d’un auditeur présent, aux dépens de la radicalité dont la critique a pourtant impérativement besoin.Pour prendre en considération une réelle radicalité, il faut précisément sortir de ce que j’appelle la « décroissance mainstream« , c’est-à-dire une décroissance qui en reste à la surface des phénomènes et qui ne voit dans la croissance que ses dimensions économiques et écologiques, mais jamais sa dimension politique. C’est l’objet de la courte présentation de la décroissance qui suit.
Un autre ami, enseignant à la fac de Montpellier me signalait que le jeudi 25 septembre avait lieu une conférence sur décroissance et IA. Il ne pouvait y aller ; moi non plus. Dommage. Mais je sais exactement à partir de quel cadre je serais allé écouter cette conférence : de quelle décroissance va-t-il s’agir ? Ou plus exactement, va-t-il s’agir de s’opposer à l’économie de la croissance, au monde de la croissance ou aussi au régime politique de croissance ?
Car si l’on oublie de radicaliser la critique contre la croissance jusqu’à se baigner dans le « milieu » politique du régime de croissance, alors on peut en venir à une IA décroissante-compatible ; soit parce qu’elle serait sobre ; soit, parce que la balance utilité sociale / coût écologique pourrait se révéler profitable. Mais dans cette balance, a-t-on tenu compte des enjeux démocratiques ? Ou pour le dire autrement : quand on jauge l’IA sur ces impacts, de quels impacts s’agit-il ? Économiques, écologiques, sociaux, politiques ?
Comment poursuivre ? Comme d’habitude (business as usual) ? Non, parce que les plafonds de soutenabilité écologique sont dépassés. Mais alors comment atteindre le projet de post-croissance ? Pas de façon subie (l’effondrement, la collapsologie) mais en faisant le choix politique de la décroissance = qui est un faisceau de trajectoires de rupture. Le « hic », c’est qu’aujourd’hui ces trajectoires ne forment qu’un agrégat apolitique. D’où le défi de construire politiquement de la cohérence : c’est la décroissance comme opposition politique à la croissance. Et comme la croissance, c’est une économie, un monde et un régime politique, alors la décroissance c’est une décrue économique, une décolonisation des imaginaires et un renversement politique.
12.01.2026 à 05:20
Michel Lepesant
Il serait incohérent de se prétendre décroissant sans, de temps en temps, pratiquer l’autolimitation. Voici donc la dernière « lettre du 12 » (qui aura existé depuis le 12 janvier 2020, 55 fois).
Je maintiens (pour le moment) l’existence de mon blog, sur lequel je continuerai de publier des retours d’intervention et des lectures. Je vais aussi le réorganiser pour ranger ses quelques 300 articles dans des catégories telles que « la nature existe », « réhabiter la politique », « effets du régime de croissance »…
La lecture en résonance que je propose du livre d’entretiens de Bernard Lahire me semble une bonne occasion de finir sur une note forte. Car, quand je répète que c’est de théorie (et d’histoire) qu’a besoin la décroissance politique, on peut entendre une attention particulière dirigée vers la définition de concepts (des distinctions conceptuelles). Mais il n’y a pas de théorie sans méthodologie. Autrement dit, une théorie, ce sont des concepts (des conceptions) et des méthodes.
Or aujourd’hui, le régime politique de croissance se décline, méthodologiquement, en régime épistémique de croissance : son horizontalisme se manifeste dans le relativisme, dans une fiction neutraliste, et tout particulièrement dans une épistémologie constructiviste qui combine « profusion lexicale, délayage argumentatif, noyade sémantique » (page 194, du livre de B. Lahire) et évitement du potentiel falsificatoire du réel.
Voilà donc pour l’occasion d’arrêter.
Et si je dois proposer une raison, c’est le refus de participer au spectacle des followers, des influenceurs, de la com’, tout ce monde virtuel où chacun.e abuse de sa liberté pour vomir sa moindre opinion. Je n’ai pas retenu son nom, mais j’entendais, il y a quelques semaines, un influenceur suivi par plus d’1 million de personnes, qui annonçait qu’il arrêtait du jour au lendemain ses publications parce qu’il s’était rendu compte de la vanité et de l’abstraction de telles pseudo « relations ».
Ce qui m’a remis en mémoire une « brève » lue en octobre 1998 sur un dénommé Robert Shields qui avait arrêté, lui aussi du jour au lendemain, le récit minutieux de sa vie, dans une sorte de révélation sur une certaine vacuité propre à toute réflexivité :
« Robert Shields, de Dayton aux Etats-Unis, qui depuis vingt ans confiait à son journal intime les moindres détails de sa vie : « A 12 h 20, j’ai fait pipi ; à 12 h 25 j’ai lu le journal qui pesait une livre et 12,5 onces, etc. », ayant, un soir, noté : « A 11 heures, j’ai recopié les observations », puis ajouté : « A 11 h 01, j’ai écrit que j’étais en train de recopier les observations », vient de mettre un point final à l’exercice. »
24.12.2025 à 07:41
Michel Lepesant
Bernard Lahire (2025), Vers une science sociale du vivant, La Découverte 1.

La lecture de ce livre d’entretiens (questions et avant-propos de Laure Flandrin et Francis Sanseigne) me semble indispensable pour plusieurs raisons préalables.
Quand Bernard Lahire affirme que les sciences sociales ont besoin d’un « cadre paradigmatique partagé » (p.30), d’une « théorie-cadre » (p.31), je ne peux m’empêcher de penser que c’est aussi ce dont la décroissance a besoin si elle veut assumer tous ses enjeux politiques, et ne pas se contenter – comme c’est le cas aujourd’hui – d’une diversité désorganisée.
Des années de pratique dans les alternatives, la lecture roborative du livre de l’Atelier Paysan et celle d’un article Fitzpatrick, Cosme et Parrique (2022, « Exploring degrowth policy proposals, A systematic mapping with thematic synthesis », Journal of Cleaner Production, n° 365) qui faisait l’inventaire de toutes les propositions décroissantes m’ont convaincu que la question de la politisation de la décroissance reposée du point de vue de sa zone radicale était aujourd’hui l’étape incontournable si l’on veut conserver quelques espérances dans un renversement du régime de croissance au lieu de placer sous le terme de décroissance un agrégat de propositions dont la faisabilité, la désirabilité et l’acceptabilité sont très discutables. Car aujourd’hui, on doit reprendre le jugement très sévère porté par ce remarquable article qui tire un bilan hypercritique de leur inventaire : s’il y a bien profusion des propositions, il faut juger qu’elles sont « imprécises » (allusives, mal conçues), peu « pertinentes » (les propositions les plus impactantes sont repoussées à la périphérie de l’agenda au profit de propositions populaires mais accessoires), « négligentes » (des conditions de possibilité de leur faisabilité), diverses plus par « agglutination » que par vue d’ensemble, et surtout « le programme actuel de décroissance est plus proche d’une liste disparate d’ingrédients que d’une recette bien organisée ». Autrement dit, il y a actuellement un brouillard — qui est causé par une mauvaise priorité accordée au faire nombre sur le faire sens — et il constitue un obstacle à la visibilité et à la crédibilité de la décroissance. Le tragique c’est qu’une « décroissance mainstream », souvent anglophone et un peu médiatisée, n’affronte pas réellement ce péril de la dépolitisation, n’en voit pas vraiment l’urgence et peut même prétendre l’affronter alors qu’elle ne fait que céder – et quelquefois elle le renforce – au régime neutralitaire de la croissance.
https://decroissances.ouvaton.org/2025/07/30/la-decroissance-solution-politique/#42_Decroissance_radicale_et_decroissance_mainstream
Autrement dit, je lis toutes les proclamations épistémologiques de B. Lahire en résonance avec cette image de la décroissance politique comme d’un arbre : où les propositions hétérogènes des activistes comme celles des chercheurs décroissants en sont les branches. Mais chacun sait qu’un arbre ne peut pas se réduire à ses branches, aussi fécondes soient-elles. C’est pourquoi je vois le Commun politique comme le tronc de cet arbre. Quant aux racines, j’y trouve les fondations théoriques (distinctions conceptuelles et méthodologies).
Pourquoi, en tant que décroissant, un tel intérêt pour cette dimension épistémologique ? Parce que, si je me réfère à cette image d’un arbre, il me semble décisif – et urgent – d’enraciner nos analyses et nos propositions politiques dans une rationalité qui hérite plus du réalisme que du nominalisme. Je ne me contente pas de faire un parallèle entre sciences sociales et décroissance, j’affirme que ces 2 domaines procèdent d’un même type de rationalité : celle dans laquelle la déclaration « j’ai raison » ne signifie pas « fin de la discussion » mais, tout au contraire, « discutons-en ». Dans une telle rationalité dialogique, le dernier mot est donné à la réalité : sinon, c’est la chute dans le nominalisme et le relativisme.
De la même façon qu’il faut s’attaquer au régime politique de croissance, il faut aussi s’attaquer au régime épistémique de croissance 3 : car les 2 reposent sur un même relativisme, sur le même « refus d’un cadre théorique partagé pour appréhender la réalité » (p.29), qu’elle soit sociale ou politique.
Ce refus du refus de la théorie est à l’origine de ce blog : « C’est de théorie et d’histoire, c’est-à-dire d’un corpus idéologique animé non pas par l’intransigeance mais par la cohérence conceptuelle, dont manque terriblement la politique ». On trouve sur Palim-Psao, le site consacré à la critique de la valeur-dissociation, de quoi nourrir politiquement ce refus du refus de la théorie. Par exemple, dans la dénonciation de celui que Robert Kurz nomme « le petit connard de gauche » : « Tous les petits connards de gauche ont en commun le fait d’honnir d’une certaine manière toute élaboration théorique originale et cohérente. Certes, ils veulent en profiter comme d’une marchandise, mais en aucun cas payer pour cela, pas même au prix d’un effort conceptuel. Leur sport favori consiste à mépriser mesquinement les théoricien∙ne∙s en tant que producteur∙rice∙s individuel∙le∙s, et à les taxer d’« entrepreneurs de la théorie », tout en voulant ériger leur propre raisonnement incontinent en standard général de la réflexion critique »4.
« C’est surtout la méthode qui compte » (page 184) ose écrire B. Lahire.
Je voudrais finir ce survol méthodologique basé sur la lecture de B. Lahire en résonance par 2 exemples de ce que peut donner, quand il s’agit de décroissance, la négligence théorique : ceux de la récession et du pluriversalisme.
Bref, toute récession n’est pas de la décroissance (et surtout pas une « décroissance naturelle » comme vient de l’affirmer Ph. Aghion) mais la décroissance est bien une espèce de récession (et sa différence spécifique, c’est qu’elle est choisie en vue d’un projet, celui de sortir de la croissance pour atteindre un état stationnaire, celui de la post-croissance ; alors que l’on peut nommer « dépression » une récession subie qui se prolongerait au-delà de 2 trimestres consécutifs).
Bref, le pluriversalisme n’est pas un relativisme mais une pluralité d’universalismes.
_____________________19.11.2025 à 07:52
Michel Lepesant
Que penser quand l’argument principal aujourd’hui encore répété par la décroissance mainstream n’est en fait qu’un slogan ? Qu’il résonne dans le vide, ou bien qu’il est la preuve affichée d’une victoire culturelle ?
A moins de vivre dans les nanocosmes de l’entre-soi, comment ne pas pencher plutôt – et malheureusement – pour la première option, et constater que, dans le débat grand public, la décroissance est aux abonnés absents.
Alors, si tel est le cas, il n’y a pas grand risque à oser s’en prendre au plus fameux slogan de la décroissance mainstream : « une croissance infinie dans un monde fini est impossible ».
Soyons logique : si la croissance sans fin est impossible, alors cela revient à penser, à croire et à dire que la « décroissance est nécessaire ».
Et voilà le hic :
Les modalités du « nécessaire » et de l’impossible » ne sont donc pas les bonnes pour penser et fonder nos critiques contre « la croissance pour la croissance ». Dans la même « famille » de modalités se trouvent aussi le « possible » et le « contingent »… Ah oui, « d’autres mondes sont possibles »…
Mais alors, quelles modalités permettraient d’assumer l’enjeu fondamentalement politique de la décroissance ?
L’objectif de cette lettre est de rediriger la critique de la croissance vers ce qu’on appelle (savamment) les modalités « déontiques » : l’obligation, l’interdiction, la permission et l’option. Ce sont des façons de faire, ou de ne pas faire. Ainsi, l’interdiction est l’obligation de ne pas faire ; l’option est la permission de ne pas faire…
S’ouvrent alors deux grands chantiers conceptuels :
Pour participer à ce deuxième chantier, je ferais juste remarquer que ce n’est pas l’interdiction qui est la plus liberticide mais la permission :
Alors qu’allons-nous défendre ? Une écologie punitive ou permissive ? Une démocratie « militante » ou « libérale » ? Quelle responsabilité assumer sans un sens des devoirs vis-à-vis des autres, humains comme non-humains ? De la liberté sociale ou de la liberté individuelle, laquelle est la condition politique de l’autre ?
Bref, si la politique se discute avec les modalités déontiques, c’est parce qu’elle est affaire de volonté… et de volontarisme ?
15.11.2025 à 06:49
Michel Lepesant
Dans L’ordre du discours (1970, NRF) Michel Foucault commençait cette leçon inaugurale au Collège de France par un inventaire des procédures de contrôle et de délimitation du discours 1 : des systèmes d’exclusion (la parole interdite, le partage de la folie et la volonté de vérité) mais aussi des procédures internes par lesquels « ce sont les discours eux-mêmes qui exercent leur propre contrôle… Au premier rang, le commentaire » (p.23).
Ce sera mon seul commentaire sur les commentaires qui vont suivre ; commentaires que je poste régulièrement à la lecture des articles du journal Le Monde (auquel je suis abonné, et que ne pourront lire que ceux qui le sont également) : le sujet du commentaire se trouve dans l’intitulé du lien.
Cette politique internationale de Trump doit être rapprochée de celle de Netanyahou telle que l’excellent Bertrand Badie l’explique : il s’agit de créer le désordre pour mieux imposer sa force brutale. Trump ne veut pas que les USA redevienne le « gendarme du monde », il veut juste devenir le « maître du monde », exactement comme dans la cour de récréation de la maternelle, le plus fort impose sa force aux plus faibles.
C’est donc bien un terrible rapport de forces qui est en train de s’installer et Trump et ses courtisans savent parfaitement qui est l’ennemi : c’est le droit. En face, nous aurions bien tort de lâcher l’affaire et de ne pas nous ranger ostensiblement du côté du droit. Car il y a une force du Droit et les « méchants », eux, le savent bien et le reconnaissent « à l’insu de leur plein gré » dès qu’ils s’attaquent ostensiblement au Droit.
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Voilà une loi qui permet aux riches de continuer à hériter d’une richesse à laquelle ils n’ont pas contribué. Les riches héritent de la richesse de leurs parents, et les pauvres se contentent de la pauvreté de leur parent. Et en avant pour continuer une société où les inégalités se transmettent sous le couvert de « valeurs » comme le travail et le mérite : alors que, les enfants n’ont aucun mérite à être les enfants de leurs parents, et qu’ils n’ont pas travaillé. Mais pour les défenseurs de ce « privilège », ils doivent se dire que les pauvres méritent de transmettre leur pauvreté, et qu’ils n’ont qu’à continuer à travailler.
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Défendre la capitalisation, c’est défendre le pari d’une croissance continue sans avoir à payer le coût de la solidarité. Défendre la répartition, c’est faire passer la solidarité quand bien même il n’y aurait pas de croissance.
Ah, au fait, on est dans un monde fini dans lequel les perspectives de croissance sont sapées par l’épuisement des ressources matérielles (parce qu’il n’y a pas que les « terres rares » qui deviennent rares).
C’est pourquoi, pour défendre la capitalisation, il faut soit s’aveugler sur les limites planétaires soit, en connaissance de cause, jouer sur la croissance des inégalités. C’est ce qu’explique Arnaud Orain dans son dernier livre où il montre que les capitalistes ont bien intégré qu’il n’y en aurait plus pour tout le monde et qui en déduisent qu’ils doivent s’accaparer les ressources.
Bref, la capitalisation, c’est une idée de… capitaliste !
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Jean Pisani-Ferry semble ne pas savoir que la décroissance n’est pas une théorie macroéconomqiue mais une idéologie politique et que si la décroissance s’oppose à la croissance c’est d’abord parce que cette fameuse « croissance » est un régime politique de domination (sur les humains, sur la nature…), régime politique qui exerce son emprise sur un « monde » fait de valeurs, de normes, de récits, de représentations et que c’est ce « monde » qui fournit un cadre d’explication qui aujourd’hui se réduisent à des explications économiques ; autrement dit qui ne cherchent que des solutions économiques à des problèmes qui sont prioritairement politiques.
Mais, cela Jean Pisani-Ferry fait semblant de ne pas le savoir et le passe sous silence, en réduisant son analyse au seul bout économique de la lorgnette.
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Trump ne cesse de répéter qu’il fait des « deals ». Combien de temps va-t-il encore falloir attendre pour proclamer que sa logique est celle d’un dealer (et non pas d’un leader), autrement dit d’un commerçant sans foi ni loi → sa logique est celle du commerce et il n’est que l’aboutissement actuel d’un capitalisme de marchands, et de marchandisation généralisée (→ Il faut lire le livre d’Arnaud Orain sur le « capitalisme de la finitude »).
Tous les adorateurs du libre commerce, de la concurrence libre et non faussée, sont aujourd’hui bien embêtés car ils voient bien qu’un monde où seuls les intérêts comptent n’est qu’un monde de « guerre de chacun contre chacun » : car il s’agit de défendre la « libre entreprise », ils adorent cette compétition mais quand cela tourne au cynisme sans aucune morale, ils prétendent s’en détacher.
Sortir de cette dissonance cognitive, ce serait rompre avec le modèle américain du self made man → les européens en sont-ils capables ?
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Que le balancier du wokisme aille trop loin, c’est certainement le cas. Mais il faut beaucoup d’aveuglement pour en demander aussitôt l’arrêt. Parce que, en matière de balancier patriarcal, raciste et classiste qui est allé trop loin, il y a là des siècles d’antécédents. On aurait aimé que la même indignation précipitée qui aujourd’hui est dirigée contre le wokisme ait préalablement fait ses preuves dans les luttes contre les discriminations !
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L’esprit de sérieux, c’est d’abord de rappeler qu’en comptabilité, il y a 2 colonnes, une pour les dépenses et l’autre pour les recettes. Et que depuis des années, la colonne recettes décroit au profit des plus riches (particuliers, entreprises).
L’esprit de sérieux, c’est aussi de rappeler qu’en France, si les prélèvements sont élevés, c’est parce que nous avons un niveau de service public quasi inégalé dans le monde. Dans le même esprit (de sérieux), rappeler que les prélèvements sont en réalité des revenus différés : la cotisation que je paie aujourd’hui sert à financer l’éducation, l’hôpital…
Il n’est pas sérieux quand on compare le niveau de prélèvements de la France avec d’autres pays de ne pas mettre en regards que nous en retirons.
Bref, aujourd’hui en France, quand j’arrive à l’hôpital, c’est ma carte vitale dont j’ai besoin, pas de ma carte bleu (et quand ce n’est pas le cas, c’est parce que le privé empiète sur le service public).
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Ces prix sont une folie.
Rappel historique : à sa sortie, en 1972, une R5 4 cv dans sa finition de base L était facturée 9 740 francs, environ 9 584 €. Il fallait compter 1 220 francs de plus pour disposer de la 5 cv dans une finition plus huppée dite TL (environ 1 234 € de plus, 10 818 € au total) ← références sur le site de l’Argus)
Soit 13 smic en 1972 (745 F brut, soit 754€ en euro courant) et 18 aujourd’hui (pour les versions de base).
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Un soutien inconditionnel à Israël implique une vision asymétrique de la paix. Or il ne peut y avoir qu’une seule sorte de paix asymétrique = la victoire totale d’un camp sur l’autre. Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
Pour le régime iranien : sa disparition.
Pour les Hezbollah et le Hamas : leur neutralisation militaire.
Mais pour les palestiniens : leur disparition ? Cela n’a pas de sens. Pas plus que la « solution finale » n’avait de sens. Pas plus que la disparition de l’État d’Israël n’a de sens.
Pas plus que le refus d’un État palestinien n’a de sens. Pas plus que la colonisation israélienne en Cisjordanie n’a de sens. Pas plus que les massacres et les crimes de guerre à Gaza n’ont de sens.
En fait, cela a du sens uniquement pour ceux qui veulent une paix asymétrique. Qui n’existera pas dans la région du Moyen-Orient.
Alors il n’y aura qu’une guerre asymétrique. Nous l’avons déjà ! C’est une catastrophe humanitaire, et un effondrement moral.
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Tout le monde demande la paix. Mais pour les uns c’est en faisant des concessions à la Russie et pour d’autres c’est à la condition de sa défaite.
La question n’est pas alors : qu’est-ce que la paix, mais : qu’est-ce que la Russie ?
Si la Russie est un État agressé, alors lui faire des concessions ne sera que justice. Si la Russie est un État agresseur, alors lui faire des concessions serait une ineptie.
Comment trancher ?
Le tribunal de l’histoire est incontournable : hier, Géorgie, Crimée, Syrie… La Russie de Poutine est un État agresseur qui franchit les lignes rouges.
Faire la paix aujourd’hui en faisant des concessions territoriales sur l’Ukraine ce n’est pas du tout assurer la paix de demain : en Moldavie, en Géorgie, dans les pays baltes…
Autrement dit, ceux qui au nom de la paix refusent d’aider aujourd’hui l’Ukraine sont les mêmes qui justifieront demain – au nom de la paix – les guerres d’agression russe contre ses voisins. Bref, avec eux, la paix, c’est la guerre.
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Il n’y a aucune hésitation à qualifier les atrocités du 7 octobre de « terroristes ». Il n’y a donc aucune hésitation à les condamner. Mais il n’y a aucune hésitation non plus à refuser de réduire l’histoire d’Israël à ce 7 octobre. Il n’y a donc aucune hésitation à condamner Israël pour ce que subissent aujourd’hui les gazaouis.
Mais ce n’est pas parce que toutes ces condamnations sont sans hésitation qu’elles se valent. D’abord parce que le rapport de force est asymétrique ; ensuite parce qu’il y a d’un côté une organisation terroriste et de l’autre un État qui prétend ne pas l’être.
La question n’est pas : qui défend le Hamas aujourd’hui ?
Mais la question est : qui aujourd’hui en tant que démocrate et humaniste peut défendre Israël ?
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Que la violence sociale, la violence exercée par un groupe de la société contre le reste de la société, soit toujours dans les faits exercée par des individus n’en fait pas pour autant une violence individuelle.
C’est exactement comme pour la violence policière : bien sûr qu’elle est exercée par un policier, mais pour autant elle est la résultante d’une doctrine policière. Autrement dit, si on veut l’éviter, il ne faut pas s’attaquer à l’individu, mais changer de doctrine du maintien de l’ordre.
Tout cela n’excuse pas les individus violents, qu’il faut punir : que ce soit les agresseurs de l’un ou les policiers violents, mais si on veut apporter une « réponse » – c’est cela « être responsable » – la cause qu’il faut changer, ce ne sont les « les individus » mais la doctrine dans un cas, l’exercice de la démocratie dans l’autre cas.
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Deux raisons « politiques » peuvent expliquer que les violences subies par les militants et activistes écologistes soient minorées.
Pour la première, il s’agit de faire diversion : en faisant des écolos des agresseurs, on empêche de les montrer comme des agressés. Il suffit pourtant d’avoir participé une fois dans sa vie à une action au nom de « l’intérêt général écologique » pour avoir subi les violences des intérêts privées (champ ogm, bassine, chasse à courre, nucléaire…).
La deuxième est plus stratégique : en mettant en avant la « violence » des « éco-terroristes » et plus largement de « l’écologie punitive », on dissimule la violence généralisée de l’économie punitive : violence contre les humains, les animaux, la nature…
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Beaucoup de perplexités. Je ne comprends comment on déconstruit la notion de genre si en même temps on s’identifie à l’autre genre. Si la société construit des « assignations de genre », ce à quoi il faut s’attaquer c’est à ces constructions. En même temps, si une société ne construit plus rien, si chaque individu peut s’inventer, alors « la société n’existe pas ».
Qu’il faille critiquer une société qui traite « le corps comme un objet », certes ; mais est-ce réellement combattre ces discriminations que de mener une lutte qui repose sur le sentiment de « n’être pas né dans le bon corps », comme si l’esprit que je suis n’était pas en même temps le corps que je suis, et non pas le corps que j’ai. Finalement, qui traite le corps comme un objet ? Bref, beaucoup de perplexités suscitées par le parcours d’un être certainement sincère…
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Ce qui est injuste, ce n’est pas l’héritage ni la transmission. Ce qui est injuste, ce sont les inégalités.
Dans une société (plus) juste où l’écart entre les patrimoines (les richesses) serait encadré (de 1 à 4, disait déjà Platon), alors l’héritage ne poserait aucun problème supplémentaire. Les enfants de parents au patrimoine modeste hériteraient modestement ; et si le montant de l’héritage fait dépasser le plafond des patrimoines, alors l’excédent retourne à la communauté.
Sur la question des inégalités, rappelons à l’intention des partisans les plus farouches du « mérite » que, jusqu’à maintenant aucun self made man n’a encore existé sans avoir profité – oui, profité – des propriétés communes. Le jour où un self-made man roule sur une route qu’il a lui-même goudronné, après avoir lui-même éduqué ses anciens professeurs… je change d’avis.
Qui peut (encore) croire qu’il pourrait exister sans les autres ?
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Mais comment cet argent a-t-il été « gagné » ? Car s’il a été « gagné » par les uns alors c’est qu’il a été « perdu » par d’autres. Et il se trouve que ces « perdants » sont précisément ceux qui ont produit cet argent : ils ont été « volés » (les « riches » savent-ils que les « pauvres » travaillent ??? Si, si).
L’héritage des riches, c’est juste l’héritage d’un vol : ce qui est injuste.
On répond alors que les « gagnants » ont « mérité » leur fortune : mais alors cet argument se retourne contre les héritiers qui n’ont rien « fait » pour « mériter ».
Bref : d’un côté des producteurs de la richesse qui la perdent et qui ne transmettent à leurs enfants que cette injustice. De l’autre, des « héritiers » qui disposent de ce que par provocation on appelle des « actions » alors que ces gens n’ont rien fait !
Cela promet de beaux jours !
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Ce dont manque notre société, ce n’est pas de parents mais c’est d’adultes. Des parents y’en a, et ils doivent éduquer leurs enfants dans une société qui n’accorde plus aux adultes l’autorité qu’ils portent.
Être adulte n’est pas d’abord une question d’âge mais de capacité à se décentrer pour défendre un intérêt général. Beaucoup de ceux qui ont l’âge pour être adulte continuent de se comporter comme des enfants capricieux et arrogants : et on peut penser au plus haut sommet de l’État comme à des footballeurs vedettes… Sans oublier ces ados attardés et asociaux qui sont devenus des milliardaires…
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Le macronisme est juste le nom d’une politique libérale, c’est-à-dire d’une politique privée du sens du politique : la politique sans le politique, mais avec la pression de l’économique.
En ce sens, Macron est la marionnette du macronisme, et sa personne aussi intelligente soit-elle est bien incapable d’apporter le moindre souffle politique au pays dont il a la charge.
In fine, en ce début de 21ème siècle, qui peut encore croire que la croissance (économique) puisse être au service de l’émancipation ? A l’heure du réalisme écologique, que peut bien apporter la fable du progrès ?
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Dans cette affaire, ce qui est en jeu n’est pas politicien et donc on s’en moque de savoir si l’analyse est de gauche (LFI) ou d’extrême-droite (et donc favorable aux syndicats et partis proches de cette idéologie).
Ce qui est en jeu, c’est l’État de droit comme garantie d’un fonctionnement républicain de son administration. Et c’est là que ça coince : la séparation des pouvoirs est bafouée, l’indépendance de la justice est attaquée, l’égalité entre citoyens est méprisée.
Au final, une attaque en règle contre la démocratie par ceux qui tentent de nous convaincre que l’on va lutter efficacement contre les « hors-la-loi » à l’aide de gens qui se croient « au-dessus de la loi ».
Entre ceux qui s’écartent de la loi et ceux qui veulent un régime d’exception, c’est la loi, le droit, la justice qui sont écartés. Dans ce cas, ce qui reste, ce sont juste des rapports de force : entre les institutions, entre les syndicats séditieux et leur ministre, entre force des gangs et forces de l’ordre.
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Le rapprochement avec le statut juridique d’une entreprise comme personne morale est imparable. Un fleuve devrait pouvoir être traité juridiquement comme une entreprise. Mais c’est là qu’il peut y avoir un carrefour et un choix politique à faire, car rien n’oblige à conserver le statut de personne morale aux entreprises. Autrement dit, il faut se demander quelle pourrait être l’autre possibilité : c’est celle des communs (plutôt que celle du sujet de droit).
La différence essentielle entre la piste de la « personne morale » et celle des « communs », c’est que leur gestion/gouvernance ne sont pas du tout la même : dans un cas le « marché » peut encore apparaître comme un modèle efficace, dans l’autre cas plutôt non (voir les travaux d’Elinor Ostrom).
Plutôt que d’étendre le modèle de l’entreprise à des entités du vivant, ne faudrait-il pas plutôt faire revenir l’économie dans les limites de la vie commune ?
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Ah oui, une sacrée « démocratie ». Qui à l’intérieur pratique un apartheid vis à vis des palestiniens israéliens ; qui à l’intérieur a installé depuis des années un régime d’extrême-droite sous la coupe des religieux extrémistes ; qui pratique la colonisation et l’annexion.
Certes, on nous parle toujours de Tel-Aviv et de sa « vie normale » : mais que signifie jouir d’une vie normale quand on sait qu’elle se paie du sang et des souffrances du peuple cousin ?
Faut-il rajouter qu’à l’exportation, Israël ce sont des techniques d’espionnage… Etc.
Ce n’est donc que par ironie qu’Israël peut être présentée comme une démocratie ; car une démocratie doit être un « modèle » ← qui veut d’Israël comme « modèle » ?
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Enfin un article qui rappelle que le « statu quo », c’est la colonisation, l’annexion, l’apartheid, le blocus, le coup de force antidémocratique que les gouvernements israéliens sous la coupe de l’extrême-droite et des religieux exercent depuis des années contre le peuple voisin…
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La défense de la BBC est maladroite, ce qui ne veut pas dire qu’elle est une « honte ».
Il est maladroit d’abord de se retrancher derrière la « neutralité » : parce qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est qu’une chimère (« Seul le néant est neutre », disait Jean Jaurès).
L’important c’est d’être « impartial », de ne pas « prendre parti ».
Est-il alors « impartial » d’utiliser le terme de « terrorisme » ?
Cela dépend de l’usage qu’on en fait.
Si on en fait un usage « politique » – au sens de classer le Hamas en tant qu’organisation terroriste – alors cela relève d’un choix « politique » que la BBC ne doit pas faire.
Mais si l’on prend le terme de « terrorisme » dans son usage courant – qui produit volontairement des effets de « terreur » – alors les massacres commis par le Hamas sont des actes « terroristes ».
Seul problème : c’est qu’avec cette définition courante de « terrorisme » alors il faut aussi dire, par impartialité, que les gouvernements successifs israéliens ont eux aussi commis de tels types d’actes…
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LFI n’est ni révolutionnaire, ni d’extrême-gauche. C’est un parti social-démocrate : dont le programme est même un cran en dessous de celui du PS de 1981, ce qui ne l’avait pas empêché d’arriver au pouvoir.
Le problème, c’est qu’une grande partie de la force électorale de LFI lui vient de la faiblesse et de la trahison des « socialistes de gouvernement » : c’est le quinquennat Hollande, ce sont ces « macronistes de gauche » qui viennent de soutenir une réforme infâme.
La force de LFI est donc une force par défaut. Les militants qui restent – mais où aller – ne sont que les moutons d’un troupeau dont JLM prétend être le berger, entourés de ses « chiens de garde ».
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La décroissance, c’est la proposition d’1 million de paysans d’ici 5 ans pour viser un équilibre à 5 millions de paysans.
Ah, au fait, un « paysan » c’est un agriculteur mais pas un productiviste, pas un industriel de l’élevage ou de la culture.
Bref c’est le contraire de l’agriculture financée depuis des années par la PAC, avec le soutien des gouvernements de droite et des syndicats FNSEA et CNJA.
C’est une production saine rémunérée au prix juste. C’est une production qui ne vise pas l’exportation (avec ses dégâts sur les agricultures locales qui donnent pourtant encore des leçons d’une paysannerie productive sans être productiviste) mais à la sécurité alimentaire.
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Israël va finir par croire à son plus gros mensonge, selon lequel son histoire aurait commencé le 7 octobre de l’an dernier…
Impasse militaire, naufrage moral, révisionnisme historique, autoritarisme politique, extrémisme religieux : où va Israël ???
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Puisque Marx est cité, il eût été pertinent de rappeler que pour Marx, le profit est déjà une exploitation et par conséquent, les surprofits ne sont que de la surexploitation.
Surtout : que les profits ne sont normaux (« retour à la normale ») que dans le monde capitaliste. Que cette normalité n’est que la distribution inique de la valeur ajoutée par le travail au profit essentiellement des.. profiteurs.
Les profiteurs profitent, les surprofiteurs surprofitent : tout cela n’a rien de normal. Tout cela est au contraire surréel. Mais c’est sans surprise dans un monde (je ne sais pas si je parle de l’entité d’ensemble ou si je cite le nom d’un quotidien français du soir) est au service du bloc élitaire/méritocratique, ce bloc qui privatise les profits et qui mutualise les pertes, ce bloc qui surprivatise les surprofits et qui surmutualise les surpertes.
Ce bloc élitaire qui est si… sûr de lui, qu’il se dispense de toute considération de justice sociale. Ne parlons même plus de morale…
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