31.08.2026 à 13:14
Yannis Youlountas
Bonjour à toutes et à tous, kalimera se olous kai oles,
Voici des extraits et des nouvelles du film en préparation actuellement en Grèce. Un film auquel participe beaucoup de monde ici, avec des échanges passionnants et de l’enthousiasme.
Vous trouverez ci-dessous :
– 4 extraits du film à découvrir et à partager ;
– Le rappel des deux bandes-annonces ;
– Un point sur le crowfunding du film (le compteur est à 70% de l’objectif) ;
– Une invitation à contacter Maud sans attendre si vous voulez accueillir une projection-débat dans votre ville, cet automne ou cet hiver, car nous avons reçu beaucoup de demandes (mais il y a encore de la place) et nous commençons déjà à planifier la tournée pour éviter les zigzags (maud@lautregrece.net).
– Quelques mots sur la disparition de Noël Godin auquel nos films doivent beaucoup (il était l’un des principaux soutiens et conseillers, depuis les débuts de nos films et nous avait même rejoint dans nos lieux autogérés en Grèce).
Film LA PASSION DE LA LIBERTÉ,
UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE
Les bandes-annonces sont dans cette rubrique du site :
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique56
ou directement sur youtube :
Bande-annonce 1 : https://youtu.be/a7Z8FKHtiYY
Bande-annonce 2 : https://youtu.be/uX0XNqTaQ54
Les extraits sont dans cette rubrique du site :
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique68
ou directement sur youtube :
Extrait 1 :
RÉCIT NATIONAL OU HISTOIRE POPULAIRE ?
Extrait 2 :
QU’EST-CE QUE LE FASCISME ET COMMENT LUI FAIRE FACE ?
Extrait 3 :
POURQUOI LE POUVOIR VEUT-IL CONTRÔLER L’HISTOIRE ?
Extrait 4 :
RÉVOLUTION ET DÉMOCRATIE, MYTHES ET RÉALITÉS
On compte sur vous pour nous aider à diffuser et faire tourner ces vidéos, pour donner à réfléchir et susciter l’envie d’agir. Vous pouvez aussi télécharger ces vidéos et les utiliser comme bon vous semble, par exemple durant un événement ou avant la projection d’un autre film, ou encore en les intégrant à un blog ou sur une autre chaîne youtube (pas besoin de nous demander l’autorisation).
Notre plus grande force, c’est le bouche-à-oreille, nous l’avons déjà prouvé ensemble avec tous les films précédents.
Plusieurs de nos camarades grecs vous conseillent plutôt d’aller visionner les vidéos directement sur youtube et de nous laisser des commentaires (même très courts), non seulement pour que nous ayons le plaisir de vous lire, mais aussi pour améliorer le référencement et donner de la visibilité à ces vidéos. C’est vraiment une façon de nous aider qui ne vous coûte rien (juste deux minutes de votre temps), mais qui est très efficace si vous êtes quelques dizaines à le faire. C’est vraiment important pour l’avenir du film et des idées qu’il propage. Merci d’avance.
Plus particulièrement, si vous êtes en France, nos camarades vous conseillent surtout de faire circuler l’extrait 2 « Qu’est-ce que le fascisme et comment lui faire face ? » en raison des circonstances que vous traversez, mais aussi l’extrait 4 « Révolution et démocratie, mythes et réalités » par rapport à la nécessité de reprendre la construction d’une société plus juste, au vu de ce que sont devenus en réalité les mythes et les objectifs révolutionnaires, par exemple l’abolition des privilèges.
Plusieurs parallèles entre les histoires de la France et de la Grèce sont proposés dans le film, comme vous l’aurez compris. L’histoire populaire de la Grèce est aussi pour nous un moyen de mieux comprendre ce qui nous arrive, ici et ailleurs, et ce que nous pouvons faire ensemble, dans notre diversité, pour changer le cours des choses.
Si vous avez un compte Instagram, Maud et Nathalie vous signalent qu’elles viennent de créer deux comptes :
https://www.instagram.com/lautregrece
et
https://www.instagram.com/youlountasyannis
si vous voulez bien nous aider à diffuser sur cette plateforme.
Non pas qu’on apprécie ces réseaux « asociaux » de l’ignoble firme Meta (on les détestent), mais parce que c’est un moyen (selon une partie seulement de l’équipe du film) de propager nos idées vers un autre public, et pas uniquement des personnes déjà convaincues (selon Maud, Nathalie, Nikos et Giorgos). Plusieurs membres de l’équipe du film ont aussi un compte Facebook, d’autres pas.
On en parle ici, avec quelques images critiques et drôles :
http://blogyy.net/2026/08/23/jai-cede/
Deux autres extraits du film seront bientôt dévoilés, sur le site du film
https://lautregrece.net et sur la chaîne youtube Athina Parisi.
À découvrir à partir du samedi 5 septembre 2026
Extrait 5 : LES FEMMES DANS L’HISTOIRE
Extrait 6 : L’ÉTONNANTE HISTOIRE DE L’ANARCHISME EN GRÈCE
Puis, plus tard, un extrait surprise (et drôle), durant la tournée du film.
Plus d’informations, extraits, photos, affiches, soutien : https://lautregrece.net
Contact équipe du film : collectif@lautregrece.net
Contact distribution et programmation des projections-débats : maud@lautregrece.net
Ces bandes-annonces et extraits du film LA PASSION DE LA LIBERTÉ, UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE sont déjà disponibles en grec, en anglais et en italien :
Eλληνικά / ΤΟ ΠΑΘΟΣ ΓΙΑ ΤΗΝ ΕΛΕΥΘΕΡΙΑ
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique62
English / THE PASSION FOR FREEDOM
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique63
Italiano / LA PASSIONE PER LA LIBERTÀ
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique70
Français / LA PASSION DE LA LIBERTÉ
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique56
Concernant, le crowfunding du film, le compteur est pour l’instant arrêté à 70% de l’objectif.
Vous pouvez suivre l’évolution du compteur ici :
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique55
(prochaine mise à jour ce mercredi, à l’occasion d’une réunion importante).
Merci de participer si vous le pouvez, mais surtout ne vous mettez pas en difficulté si vous êtes dans la précarité. Vous pouvez aussi partager l’info à des personnes qui sont en capacité de participer. C’est également une belle façon de soutenir. En cas de dépassement de l’objectif, la différence serait évidemment versée aux initiatives solidaires autogérés en ayant le plus besoin.
Rappelons que La passion de la liberté, une histoire populaire de la Grèce est un film en soutien direct aux initiatives solidaires autogérées en Grèce, comme les films précédents (dans lesquels sont présentés ces lieux et collectifs).
Nous avons reçu beaucoup de demandes durant le mois d’août (encore plus que pour les films précédents) et nous commençons déjà à planifier la tournée d’automne et d’hiver, pour éviter les zigzags. Alors, ne tardez pas à contacter Maud si vous voulez accueillir une projection-débat dans votre ville, même si vous êtes encore dans le flou sur les détails, juste pour qu’on prenne en compte votre projet. Par courriel à maud@lautregrece.net ou par sms au +33618268495 (ou signal ou whatsapp).
Nous souhaitons réduire autant que possible les grands trajets illogiques, d’abord pour limiter notre empreinte écologique (c’est la raison principale), mais aussi parce que c’est coûteux et chronophage. Nous avons donc besoin de recenser assez tôt les demandes géographiques et, éventuellement, les contraintes de calendrier (les périodes et les jours de la semaine que vous souhaitez ou que vous voulez éviter).
De novembre à décembre, nous tournerons avec une version provisoire du film (en format MP4) qui évoluera à la rencontre du public, comme pour les films précédents. Puis, à partir de janvier 2027, nous tournerons avec la version définitive du film (en formats DCP et MP4).
Plus d’infos à ce sujet :
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique1
Quelques conseils pour « organiser une projection-débat » :
https://lautregrece.net/spip.php?rubrique5

Vangelis, Noël et Yannis en 2014 autour d’un raki à Exarcheia (durant le tournage de Je lutte donc je suis à l’Espace social libre Nosotros)
Nous l’appelions Boudou en privé. Il a beaucoup influencé les débuts et l’évolution de nos films atypiques. Noël était l’un des tous premiers spectateurs et l’un des principaux soutiens et conseillers de Ne vivons plus comme des esclaves en 2013 à Nous n’avons pas peur des ruines en 2024. Nous avions fait le tour de la Grèce ensemble, dans les principaux squats et lieux autogérés.
Et puis, à chacun de nos passages à Bruxelles, nous dormions chez lui et Sylvie, son épouse, figure aussi discrète qu’essentielle, au milieu de leur magnifique bibliothèque et vidéothèque (un monument de la culture subversive). C’est un lieu de rendez-vous où nous rejoignaient parfois d’autres cinéastes et flibustiers, comme Alessandro Di Giuseppe, le PAP40 de l’Église de la Très Sainte Consommation, autour d’un raki ou d’une mousse belge, mais aussi des membres du Groland ou de Siné Mensuel, et bien sûr des activistes que craignaient les puissants cibles de nos tartes et de nos yaourts.
Voici quelques souvenirs et photos parfois inédites :
http://blogyy.net/2026/08/24/un-humain-extraordinaire/
Ce vendredi 4 septembre, la capitale historique de l’Anarchisme, Saint-Imier dans le Jura suisse (lieu de la première internationale antiautoritaire en 1872), se mobilisera en soutien à nos cuisines sociales autogérées à Athènes. Tout un symbole ! Si vous n’êtes pas trop loin, venez partager un repas délicieux en soutien à deux de nos cuisines sociales gratuites autogérées à Exarcheia (qui servent de plus en plus de repas). Nous connaissons bien le grand cuistot qui va vous préparer ça (avec et sans viande) et c’est vraiment un virtuose, comme quand il est avec nous à Athènes.
Et puis l’Espace Noir, c’est un lieu mythique à découvrir aussi, sur les hauteurs magnifiques du Jura suisse, avec une bibliothèque sociale incroyable et plein d’autres choses… Bref, si vous trainez dans les parages, ça vaut le détour ! Nous penserons à vous depuis la Grèce.
Autre chose : excusez-nous pour notre retard dans nos réponses à vos messages, ces derniers jours. Nous venons de traverser une période compliquée, mais tout va mieux.
Nous avons notamment subi des cyberattaques d’une ampleur sans précédent qui ont rendu le site du film complètement hors service il y a une semaine, puis une nouvelle cyberattaque a frappé le site du film hier matin, au point qu’il n’y avait plus aucune image durant toute la journée du dimanche 30 août. Mais nous avons réussi à réparer, puis améliorer encore la sécurité du site et intensifier la fréquence des sauvegardes :
http://blogyy.net/2026/08/26/a-propos-de-notre-site-internet-hors-service-et-dautres-anomalies-subies-recemment/
À bientôt pour la suite, avec deux autres extraits du film et d’autres nouvelles !
Anarmicalement et solidairement,
Maud et Yannis Youlountas et l’équipe du film
LA PASSION DE LA LIBERTÉ
UNE HISTOIRE POPULAIRE DE LA GRÈCE
Contacter l’équipe du film : collectif@lautregrece.net
29.08.2026 à 19:28
Yannis Youlountas
Complètement d’accord avec Clémence Guetté.
INTERVENIR DANS UNE ÉLECTION POUR « S’INTERPOSER »
Je viens de tomber sur l’extrait d’un entretien* de Clémence Guetté dans lequel elle exprime son inquiétude et sa détermination face au risque d’arrivée au pouvoir de Le Pen en 2027 : « Ça va être un carnage. Il y a plein de gens que j’aime dont les vies vont être directement menacées si l’extrême-droite arrive au pouvoir. C’est une question de vie ou de mort. Je ne rigole pas. J’agis parce que je ne veux pas ça… »
Quand on réfléchit en amont d’une grand décision à prendre, on raisonne souvent par intérêt personnel, pour soi ou pour sa famille. Il arrive aussi qu’on prenne sa décision par fidélité à de grandes idées très louables, à des convictions ou à des principes. C’est beau à première vue, cela montre une certaine hauteur de vue et un niveau d’exigence élevé, mais cela ne prend pas forcément en compte les conséquences immédiates de nos choix pour d’autres, parfois en sous-estimant les effets nuisibles ou dangereux. C’est, par exemple, ce qui peut se produire quand le problème est d’intervenir ou pas lors d’une élection.
Je suis anarchiste, partisan d’une véritable égalité politique et sociale, donc très critique à l’égard d’un système politique vertical qui ne prévoit même pas la révocation des élus. Ce statut inamovible durant tout leur mandat permet ensuite à ces élus de servir, non pas la population, mais leurs véritables maîtres : les milliardaires qui les font élire grâce à la possession de trusts médiatiques. En résumé, nous sommes encore dans la préhistoire politique de l’humanité. Dans une ère archaïque encore dépourvue des outils politiques indispensables à une juste organisation humaine, propices à l’intelligence collective et à la concorde dans la diversité. Nous sommes à peine à l’âge de pierre de la politique.
L’ESCLAVE D’UNE SOCIÉTÉ AUTORITAIRE NE PEUT PAS ABDIQUER UNE LIBERTÉ QU’IL N’A PAS
Je connais, bien sûr, les textes anarchistes qui recommandent de ne jamais voter, quelles que soit les circonstances, sous la forme d’une objection de conscience, d’un principe de base et d’une dignité humaine. Autrement dit : pas question que je cautionne ce système, même si ça ne change rien, même si ça ne fait pas s’effondrer ce système pour autant, par je ne sais quelle magie, et qu’importe si cela permet au pire des candidats d’être élu de justesse avec le projet le plus aux antipodes de mon utopie libertaire et égalitaire. Je dois résolument m’abstenir parce que « voter c’est abdiquer », comme disait Élisée Reclus, géographe et figure de l’anarchisme et de l’écologie que j’apprécie particulièrement. En effet, la punchline est belle, définitive et puissante. Elle envoie du bois, comme on dit. Oui, mais il ne s’agit que d’une métaphore. Car celui qui est déjà esclave d’une société autoritaire ne peut pas abdiquer une liberté qu’il n’a pas. En réalité, celui qui s’abstient refuse simplement de se prêter à un jeu de dupe dont il se voit le perdant quoiqu’il arrive. Sauf que, si l’élection ne changera peut-être rien pour lui, ce n’est sans doute pas le cas pour d’autres, de façon directe et concrète, selon les circonstances.
Voilà pourquoi il m’arrive parfois d’intervenir dans le champ électoral. Cela rejoint la raison évoquée par Clémence Guetté : pour ne pas laisser les plus menacés souffrir encore plus, de la misère, du racisme et d’autres types de violence, parfois jusqu’à la mort. Oui, bien sûr, jusqu’à la mort. Ce n’est pas un mot excessif.
APPAUVRIR TUE, RACISER TUE, RÉPRIMER TUE
Pour ma part, intervenir pour cette raison, j’appelle ça « s’interposer ». Bien qu’en profond désaccord avec le système électoral, je décide parfois d’intervenir pour m’interposer par rapport à un danger qui menace autrui. Un danger politique, mais très concret en réalité, car la mortalité humaine croît aussitôt que l’individu ne parvient plus à se nourrir, à se soigner, à se loger ou quand il est harcelé, réprimé et parfois battu d’une façon toujours plus violente par le régime lui-même ou par des groupuscules violents que le régime laisse faire, quand la fascisation de la société atteint son paroxysme contre des minorités religieuses, sexuelles ou politiques.
On peut objecter que notre société est déjà violente, injuste, inégalitaire, liberticide, en dépit d’une belle devise clouée sur les bâtiments publics, mais peu présente concrètement à l’intérieur. Oui, en effet, mais rappelons-nous ce que l’Histoire nous a souvent montré : cette violence peut s’intensifier subitement, les injustices se multiplier, les inégalités se creuser et les rares libertés fondre comme neige au soleil sous un régime qui prétextera, comme toujours, que sa priorité est devenue la sécurité au motif d’une crise ou d’un événement fortuit ou provoqué.
LE CHOIX DE L’ENTRAIDE
Et surtout, interrogeons-nous : que faisons-nous à longueur d’années, nous, les militants solidaires et défenseurs des droits humains ? Nous décidons résolument d’agir pour les autres, parfois dans des situations insupportables, épouvantables, épuisantes, que nous aurions tranquillement pu éviter. Mais nous avons fait le choix de l’entraide, de l’altérité et, osons le mot, de l’amour, parce que nous savons que nous ne serons jamais pleinement libres et heureux sans la liberté et le bonheur d’autrui.
Et bien, ce qui est valable à longueur d’années, dans nos luttes et dans nos lieux solidaires autogérés, est également valable dans des circonstances plus rares, quand il faut s’interposer autrement face à la violence systémique. Cela peut revêtir des formes très diverses. J’ai connu un vieil ami faucheur volontaire d’OGM qui était atteint d’une maladie incurable et qui pourtant avait choisi de continuer à lutter, alors qu’il se savait condamné. Il me disait : « je continue pour la même raison qui a toujours été la mienne, m’opposer à ce qui nous tue à petit feu, non pas seulement pour moi, mais pour tous les autres. » Une autre personne, cette fois en Grèce, participe depuis deux ans à cacher et à aider des migrants alors qu’elle risque de perdre son boulot de fonctionnaire dans un domaine très particulier si cela se sait. « Je ne peux pas ne pas le faire » dit-elle simplement. Et que dire des personnes qui ont choisi de prendre les armes sous l’occupation nazie et de rejoindre la Résistance, alors qu’elles n’étaient pas menacées personnellement par les rafles et qu’elles auraient pu attendre tranquillement la fin de la guerre ?
LE PROBLÈME N’EST PAS L’ACTE LUI-MÊME MAIS LE CONTEXTE
Être un objecteur de conscience, ce n’est pas forcément refuser d’intervenir, mais tout le contraire parfois, selon les circonstances. Par exemple, refuser de porter une arme pendant la guerre d’Algérie ou, à l’inverse, décider d’en prendre une et de s’en servir durant l’occupation nazie. Le problème n’est pas l’acte lui-même, mais le contexte. Avoir des principes, c’est bien, mais ils s’appliquent à des situations qui ne sont pas toujours les mêmes et produisent parfois des conclusions diamétralement opposées.
Il en va de même pour la dignité. La dignité de refuser de participer au manège électoral est-elle plus précieuse que celle d’empêcher l’extrême-droite de gagner un second tour contre un rassemblement de gauche et écologiste ? Quelle dignité vaut-il mieux perdre ? Celle de « ne pas se salir les mains » en votant ou celle de « ne pas laisser faire » n’importe quoi ?
UNE PHILOSOPHIE DE LA LIBERTÉ
Mon avis est que l’anarchisme ne doit pas être affaire de posture, parce qu’il est d’abord et avant tout une philosophie de la liberté. Il doit être pensé scrupuleusement en fonction des situations. Aucun de nos idéologues n’est un prophète et sa parole ne tombe pas du ciel. Elle est le produit de situations personnelles, de contextes historiques, d’analyses politiques. Des contextes qui évoluent, dans le temps et l’espace, parfois très rapidement. Même si le fond du problème politique reste le même, bien sûr — en l’occurrence l’émancipation sociale qui viendra tôt ou tard — des menaces surviennent ici ou là, de plus en plus précises, et l’Histoire sait combien certains choix — ou non choix — peuvent avoir des conséquences dramatiques et insoupçonnées, surtout pour les plus vulnérables parmi nous.
Je n’évoquerais pas ici d’autres raisons d’intervenir, d’autres questions qui peuvent aussi se poser : peut-on en tant qu’anarchiste avoir des affinités majeures avec certaines propositions d’un mouvement plus modéré ? Par exemple, sur le droit de disposer de son corps (avortement, suicide assisté), sur le recul de la marchandisation de nos vies (gratuité des obsèques, défense de la nature, protection de l’eau en tant que bien commun), sur la possibilité de révoquer les élus (un pas en avant qui ne suffirait pas à nous sortir de la préhistoire politique, mais qui marquerait une étape essentielle), sur la lutte contre les trusts médiatiques (Bolloré, Stérin…), contre le racisme systémique et le creusement des inégalités qui tuent quotidiennement « des gens qui n’y arrivent plus ».
NON PAS « CERTAINS SONT MORTS », MAIS « CERTAINS RISQUENT DE MOURIR »
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je préfère me limiter à ce concept : intervenir pour s’interposer. Non pas parce que « certains sont morts pour que nous ayons le droit de vote », comme on nous sermonne souvent en tant qu’anarchistes, mais parce que « certains risquent de mourir » selon l’issue d’un scrutin qui va peut-être, dans quelques mois, proposer un cas de figure exceptionnel : d’un côté, une gauche radicale, écologiste et antiraciste, et de l’autre, une extrême-droite délirante et dangereuse tant sur l’écologie et l’économie que face à notre diversité humaine.
J’ai beau être un lecteur passionné de l’œuvre d’Élisée Reclus, sur ce point, je suis désolé, mais je préfère Clémence Guetté.
Dans ce cas de figure, mon objection de conscience, mon principe d’entraide et ma dignité ne me conduisent pas à m’abstenir, mais à intervenir pour m’interposer.
Yannis Youlountas
* Je n’ai pas visionné tout l’entretien de Clémence Guetté (pour le média « En vrai, le podcast des engagé.e.s »), mais un extrait dans lequel elle exprime son inquiétude et sa détermination face au risque d’arrivée au pouvoir de Le Pen en 2027 : « Ça va être un carnage. Il y a plein de gens que j’aime dont les vies vont être directement menacées si l’extrême-droite arrive au pouvoir. C’est une question de vie ou de mort. Je ne rigole pas. J’agis parce que je ne veux pas ça : les personnes LGBT qui m’entourent, les personnes racisées qui m’entourent, les personnes musulmanes qui m’entourent… Ce n’est pas du tout un jeu. Je vois bien ce que l’extrême-droite peut dérouler en ce moment en étant encore minoritaire. Je vois bien ce que ça pourrait donner si elle était au pouvoir. J’ai trop de conscience politique de ce qui passe ailleurs dans le monde, actuellement et aussi plus loin de nous dans le passé, pour ignorer ce que ça pourrait donner si l’extrême-droite était au pouvoir. »
29.08.2026 à 14:26
Yannis Youlountas
Vendredi 4 septembre, dans la capitale historique de l’Anarchisme, venez partager un repas délicieux en soutien à deux de nos formidables cuisines sociales gratuites autogérées à Exarcheia (qui servent de plus en plus de repas). Je connais bien le grand cuistot qui va vous préparer ça (avec et sans viande) et c’est vraiment un virtuose, comme quand il est avec nous à Athènes. Et puis l’Espace Noir, c’est un lieu mythique à découvrir aussi, sur les hauteurs magnifiques du Jura suisse, avec une biblothèque sociale incroyable et plein d’autres choses… Bref, si vous trainez dans les parages, ça vaut le détour ! ![]()
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29.08.2026 à 10:26
Yannis Youlountas
26.08.2026 à 12:50
Yannis Youlountas
Mise à jour : une nouvelle cyber attaque a frappé le site du film ce samedi 29 août : il n’y avait plus aucune image durant toute la journée du dimanche 30 août. Mais nous avons réussi à réparer, puis améliorer encore la sécurité du site et rapprocher les sauvegardes. Désolés du désagrément. Ces attaques diverses nous retardent un peu, mais rien ne nous arrêtera. Comptez sur nous.
Communiqué du collectif L’autre Grèce et de l’équipe du film
La passion de la liberté, une histoire populaire de la Grèce
Mardi 25 août 2026 à 21h00
À PROPOS DE NOTRE SITE INTERNET HORS-SERVICE ET D’AUTRES ANOMALIES SUBIES RÉCEMMENT
Vous êtes nombreux à nous avoir contactés pour nous signaler l’impossibilité d’accéder au site internet, durant toute la journée, ce mardi 25 août.
En effet, notre site a été attaqué et, cette fois, la réparation a été très longue et très compliquée.
Notre webmaster nous a informé qu’il s’agit de « la PIRE ATTAQUE JAMAIS SUBIE par un serveur [qu’il] gère. Dans le passé, [d’autres sites engagés] avaient été ciblés par des attaques sévères, mais pas tant que cette fois. Là, c’est de l’inédit ! »
Les jours précédents, nous avions déjà eu des petits soucis, mais mineurs et résolus rapidement. Notre sécurité était tout à fait au point. Mais cette fois, la cyber attaque a été beaucoup trop puissante pour que nous puissions reprendre les choses en mains rapidement.
Autre problème : comme vous pouvez le constater, le site est enfin accessible, à nouveau, mais nous avons perdu une grande quantité de données récentes. La version restaurée date de plusieurs jours et il manque beaucoup d’informations dans certaines rubriques (et deux rubriques récentes ont entièrement disparu). En effet, nous venions de faire énormément de choses sur le site ces derniers jours, ça tombe très mal. Donnez-nous jusqu’à vendredi pour tout remettre à jour et continuer d’actualiser en faisant plus souvent des sauvegardes.
Et comme promis, ce samedi 29 août, nous publierons les extraits 3 et 4 du film :
Extrait 3 : POURQUOI LE POUVOIR VEUT-IL CONTRÔLER L’HISTOIRE ?
Extrait 4 : RÉVOLUTION ET DÉMOCRATIE, MYTHES ET RÉALITÉS
Encore plus que les précédents, ce tournage a été compliqué, mais passionnant. Cette fois, nous n’avons aucune agression physique à déplorer (ni fasciste comme celle subie par Yannis au Pirée en 2019, ni policières comme plusieurs d’entre nous dans le passé, entre 2011 à 2023). Pas non plus de matériel détruit ou volé, comme en 2017 et à nouveau en 2022. Mais, par contre, des anomalies se sont produites à plusieurs reprises, perturbant notre tournage du film et notre organisation logistique. Durant le mois de mai à Athènes et à nouveau hier en Crète, deux de nos bases ont été visitées sans que rien n’ait été volé apparemment. Mais c’est assez troublant que cette deuxième visite de lieu se produise exactement au même moment que la pire cyber attaque jamais subie par nos sites internet de films depuis 2012.
Nous n’en savons pas plus pour l’instant. Tout cela n’est peut-être que le produit du hasard, mais c’est peu probable. Nous avons pu vérifier à de nombreuses reprises par le passé qu’en Grèce, le pouvoir surveille énormément ce que fait le mouvement social. Tout cela n’est pas nouveau, dans un pays où la gauche, les communistes et les anarchistes ont été persécutés pendant une grande partie du vingtième siècle, surtout des années 30 aux années 70, au point d’être déportés dans des camps (Makronissos et d’autres îles), chose qui est très peu enseignée à l’école en Grèce.
Deux ou trois anecdotes pour celles et ceux qui ne nous connaissent pas depuis longtemps : sachez que le pouvoir en Grèce a fait suivre de façon très visible (et parfois ridicule, au point que c’était devenu un jeu) certains de nos convois solidaires, a fait intercepter celui de novembre 2017 juste avant d’arriver à Athènes, ou encore, a fait diffuser une propagande grotesque sur les chaînes de télé grecques contre les convois solidaires, comme nous l’avons montré en détails dans le film L’Amour et la Révolution (voir de la 62ème à 69ème minute de ce film disponible gratuitement sur internet, notamment sur youtube).
Nous savons également, par la veille antifasciste en Grèce, que certains nationalistes s’indignent actuellement de notre volonté de remettre en question l’Histoire officielle et le récit national en particulier. Mais pour l’instant, rien à signaler de ce côté là.
Voilà pour l’instant. Nous vous tiendrons au courant si nous en savons plus, dans les jours qui viennent.
En attendant, nous continuons, plus motivés que jamais. Merci de partager nos liens, vidéos et infos, et de soutenir le crowfunding du film qui continue (nous sommes environ à 60% de l’objectif). Rappelons que nous sommes totalement indépendants et que nous fonctionnons de façon horizontale, sans soutien institutionnel, ni subvention de l’État ou d’une région, ni partenariat commerciaux avec des firmes capitalistes, ni campagne de communication dans les médias dominants.
Merci également à toutes les personnes, collectifs, organisations et cinémas qui ont déjà commencé à contacter Maud pour la programmation de la tournée du film qui commencera en novembre. Ce grand nombre de demandes nous touche beaucoup et nous encourage. Nous avions également été très émus par l’affluence toujours aussi importante durant la tournée du film précédent, malgré une longue absence.
À bientôt pour d’autres nouvelles. Bonne rentrée de luttes. Et comptez sur nous pour vous soutenir aussi.
Solidairement,
Le collectif L’autre Grèce et l’équipe du film
La passion de la liberté, une histoire populaire de la Grèce
24.08.2026 à 15:55
Yannis Youlountas