09.01.2026 à 21:43
zabrahams
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’une allocution des voeux 2026 avec le député Gabriel Amard à Villeurbanne, le 9 janvier 2026.
08.01.2026 à 21:24
zabrahams
Donc Macron ne signera pas l’accord UE-Mercosur. Tant mieux. L’Assemblée nationale unanime avait voté une résolution de LFI contre ce traité de libre-échange. Et ensuite ? Déjà, notons que Macron n’ayant rien mené à bon port, les Français vont être battus et isolés. « L’Europe qui nous protège » a bonne mine pour un Français. Et comment va « le couple franco-allemand » cette gnognotte de toujours ? Le final de la diplomatie macroniste est le même sur tous les continents : une série de catastrophes. Afrique : on est expulsés. Amérique : Trump se moque de Macron et des Français. Asie : après la visite en Chine et les menaces qui ont suivi… On oublie. Manquait l’Europe. C’est fait. Von der Leyen va signer l’accord UE-Mercosur le 12 janvier prochain quoiqu’il arrive. Puis le Parlement européen va voter. La coalition majoritaire du PS et de la droite tiendra-t-elle ? Ou bien la droite et l’extrême droite s’entendront et suffiront ? Encore une fois, l’élection de 2027 étend ses enjeux. Combien d’autres désastres Macron aura-t-il déclenchés d’ici là ?
L’enlèvement de Nicolás Maduro par les USA de Donald Trump propage une onde de choc mondiale. Elle atteint tous les espaces politiques. Les parallèles avec l’expansionnisme nazi et leur théorie de « l’espace vital » ressurgissent. Il en est de la volonté d’annexion du Groenland par Trump comme de la situation des Sudètes abandonnées à Munich. Venant après l’agression du Venezuela et les menaces sur la Colombie, le Mexique et Cuba, la gravité de la situation appelle une vigilance sur tous les points et une mobilisation soigneusement ciblée.
Pèse d’abord le choix des mots : « enlèvement »kidnapping » comme des militants politiques, ou bien « capture » ou « arrestation » comme les médias de l’officialité. « Le président déchu », ose même France 24. La honte venue du sommet de l’État, capitulant instantanément devant Trump, ruisselle sur la pyramide des plumes à gages et des affidés de l’atlantisme de droite et de gôche. Car toutes les variétés d’atlantistes de droite et de « gôche » communient dans la même insupportable arrogance : « quoiqu’on pense de Maduro », « en dépit de notre claire condamnation des atteintes aux droits de l’homme », etc. Sous-entendu : « il l’a bien cherché » ! Cela fonctionne comme la manière hypocrite de relativiser le crime des USA de Trump. Alors encore une fois un autre champ politique se constitue. Il y a d’un côté les atlantistes de droite et de « gôche », les hypocrites de droite et de « gôche ». Et, de l’autre, les indépendantistes de gauche et de droite !
Et de là tout le reste. À cette heure toute une certaine « gôche » voudrait déplacer l’enjeu, il faut ramener le curseur là où il doit être. Trêve de palabres inutiles. Chacun a le droit de croire ce qu’il veut à propos du chavisme. Nous n’exigeons pas des autres qu’ils partagent notre analyse. Nous refusons en revanche que d’autres essaient de nous imposer celle des États-Unis. Car ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la lutte contre l’impérialisme envahisseur de Trump. C’est le mot d’ordre central à propos du rapt de Maduro. C’est la protection à organiser de la Colombie, du Mexique, de Cuba et du Groenland.
Il faut tenir la tranchée au point de bascule. Ce point-clef est l’exigence de la libération de Maduro. Les hypocrites refusent d’en parler. Dès le soir, des chiens de garde me couraient derrière pour me demander : « Vous voulez le retour de Maduro ? » pour pouvoir faire leur sale besogne : « Mélenchon refuse de critiquer Maduro » (Le Monde / Libération). Sous-entendu : critiquer Maduro le soir de son enlèvement est une condition pour avoir le droit de protester contre Trump. « Vous demandez son retour » ? Sous-entendu : « Son retour serait celui des atteintes aux droits de l’homme ». Bla bla bla. Cette presse condamne le chavisme depuis sa première victoire électorale. Comment oublier « Libération » et sa pleine page « Le credo antisémite de Chavez », cette grossière manipulation que j’avais démontée à l’époque en montrant le truquage du texte espagnol du commandant. Et surtout en prenant contact avec le président de la communauté juive de Caracas ! J’étais même allé le voir sur place. Ce n’était certes pas un chaviste. Mais un net francophile. Il avait démenti clairement : « Chavez a tous les défauts, mais pas celui-là ». C’était déjà à « Libération » et au « Monde » leur habituel alignement sur la politique des USA et du parti démocrate, leur ami de toujours. Peu leur importait déjà de devoir avaler pour cela l’extrême droite et la social-démocratie vénézuélienne, qui avait pourtant été écrasée dans les votes qui ont élu pour la première fois Hugo Chávez.
On connait la mécanique et sa musique. C’est celle du 7 octobre : les principes ne seraient plus rien. Seule compterait la délimitation du camp du bien et de celui du mal. Condamner tous les crimes de guerre d’où qu’ils viennent ne suffit pas ! Au contraire. Finauds ! Il faudrait absoudre les uns par la dénonciation des autres. De là vient ensuite la légitimité de la chasse aux « non-alignés » qui refusent ce chantage. Mais tout cela fonctionne comme une tactique. Elle valide le droit du plus fort. Lui reste maître de disposer librement des autres peuples et nations comme du droit international. Et aussi, bien sûr, de la morale humaine : jusqu’à justifier un génocide.
Tenons-nous-en à ce qui peut unir, au lieu de chercher à cliver et à imposer des points de vue entre gens qui ne les accepteront pas. Tout se concentre sur un point : Maduro doit être libéré ! Refuser de demander la libération de Nicolás Maduro et de son épouse, c’est légitimer l’enlèvement ! C’est être plus trumpiste que la droite vénézuélienne elle-même ! Car on a vu le parlement vénézuélien unanime chantant l’hymne national pour exiger, tous bords confondus dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, la libération et le retour de Nicolás Maduro !
Résumons. Pour nous insoumis, il ne sera jamais question de donner raison à la propagande de l’extrême droite vénézuélienne et des traîtres à leur patrie qui la composent. Ceux-là sont la honte de leur pays. Ils ont organisé l’enlèvement d’Hugo Chávez. Ils ont contesté toutes les élections au Venezuela sauf celles qu’ils ont gagnées. Ils ont organisé des agressions et des attentats de mois en mois, répandu des calomnies, combiné des alliances avec le narcotrafic . Et sans crainte du ridicule ni de l’infamie, leur clown pathétique « prix Nobel de la paix », recrachée par toutes les autorités morales et intellectuelles du monde, a appelé Netanyahu à intervenir militairement au Venezuela ! Aujourd’hui, même Trump dit qu’elle ne bénéficie d’aucun respect sur place à Caracas.
L’essentiel des difficultés du gouvernement chaviste résulte de l’embargo américain appuyé par leurs pitoyables larbins atlantistes européens. Le chavisme a voulu organiser le partage de la rente pétrolière, subventionné les coopératives de femmes, aidé toutes les victimes de catastrophes naturelles dans la région, distribué du pétrole à qui ne pouvait en acquérir aux prix mondiaux ! Chávez a été enlevé par l’opposition le 11 avril 2002. Elle a simulé son exécution avant que le peuple des favelas sorte pour exiger sa libération et le sauver de la mort ! Le chavisme n’a jamais refusé les résultats du vote des Vénézuéliens. Au contraire de Macron. Chávez a reconnu sa défaite quand il a perdu le référendum le 2 décembre 2007 pour avoir droit à un troisième mandat présidentiel. Nicolás Maduro a accepté sa défaite électorale le 6 décembre 2015 et reconnu aussitôt les gouvernorats et municipalités d’opposition. Laquelle opposition en a tiré prétexte aussitôt pour faire une tentative de coup d’État le 30 avril 2019 contre Nicolás Maduro. Un putsch mené par Juan Guaidó, président de la nouvelle Assemblée d’opposition reconnue par Maduro ! Avant de simuler une invasion depuis la Colombie aux côtés de narcotrafiquants ! Que valent alors les mines sucrées qui résument le chavisme aux prétextes des « atteintes aux droits de l’homme » mis en avant par les néo-nazis vénézuéliens ?
Patience ! Tenir bon encore une fois. Comme contre le génocide, tous viendront un par un sur notre position en se bousculant pour passer sur la première ligne de la photo. Car comme d’habitude dès la première seconde ils ont renoncé à tout. Bientôt ils vont comprendre à quel point le peuple en France sait reconnaître ceux qui cèdent sur la souveraineté et ceux qui défendent en toutes circonstances l’indépendance de leur pays au nom des principes qui le fondent. Car il n’y a pas de souveraineté du peuple sans indépendance.
Les Insoumis sont donc formellement en désaccord avec tout ce qui ressemble à un tir dans le dos des Vénézuéliens quand ceux-ci réclament, à l’unanimité de leur Assemblée nationale, la libération et le retour du président Nicolás Maduro. Nous avions proposé un appel des organisations sans autre ajout de ligne politique. D’aucuns ont insisté pour y rajouter leurs éléments de langage. Et enlever la référence au retour libre de Maduro. Bref, dorénavant les Insoumis ne peuvent plus signer le texte comme nous avions prévenu.
Les Insoumis n’attachent aucune importance à la soupe aux logos pour signer « dans l’unité » des textes qui valideraient l’enlèvement et oublieraient la revendication du retour libre du président Maduro. Les Insoumis n’en signeront aucun. Ils ne seront solidaires d’aucune déclaration comprenant la condamnation du chavisme. Et cela vaudra aussi pour la Colombie, le Mexique et pour Cuba. L’approbation de la presse de l’officialité bien-pensante de droite et de gôche nous est indifférente. Ceux-là, depuis la première heure de nos victoires électorales aux Amériques, ont toujours haï tout ce que nous avons aimé et soutenu, et pris acte de tous les mauvais coups portés contre les nôtres. Leur vocabulaire a toujours été conforme aux éléments de langage des ambassades.
La haine du parti médiatique français et de l’officialité qui l’entoure concernant les insoumis et à mon sujet est sans précédent en France. On le sait. Rien de neuf. Mais il est temps de savoir d’où elle est alimentée. Car elle vient de loin. Voyez cet article du « New York Times » qui tente de relativiser les déclarations de Trump contre les Européens. Il s’agit de l’article d’une face de pierre de ce journal, équivalente à Olivier Pérou du « Monde » ou Dov Alfon de « Libération » et leurs sbires. Ces deux-là dénoncent LFI, premier groupe parlementaire de gauche, comme une « secte », violent nos vies privées en contradiction avec l’éthique dominante jusque-là dans la presse française. D’où tirent-ils leur audace ? Lisez ce que disent des Insoumis les Trumpistes aux USA mêmes, dans le « New York Times », un des journaux de référence de ce pays, sous la plume de Christopher Caldwell, éditorialiste au « New York Times ». Celui-là a adopté récemment la ligne pro-RN du trumpisme en titrant : « Une révolution sous nos yeux. Comment l’Islam va transformer la France et l’Europe ». À présent, il s’en prend aux insoumis :
« Regardez la France, où une population croissante d’Arabes et de musulmans est de plus en plus vocale et de plus en plus efficace politiquement. La France insoumise a dirigé une coalition qui a remporté les élections nationales du pays en 2024, bien que sa pluralité de sièges ne lui ait pas permis de prendre le pouvoir. Dirigé par Jean-Luc Mélenchon, le parti prône une sorte de mamdanisme devenu national. Il défend les immigrants musulmans et non européens du pays autour d’un programme qui inclut la redistribution des revenus et des richesses et une critique féroce d’Israël.
Il n’y a rien d’illégitime à cela. Mais si la France reste une démocratie, elle sera de plus en plus un pays qui combat le sionisme. Et il est raisonnable de s’attendre à ce que cela en fasse un allié moins compatible et moins fiable pour les États-Unis. Reconnaître cela ne revient pas à affirmer que tous les musulmans sont fermés à la persuasion ou qu’ils sont pires que les chrétiens qui dominaient autrefois la culture de la France. Il s’agit simplement d’ouvrir les yeux et de voir que le terrain d’entente sur lequel une alliance peut être construite est en train de se réduire. »
Tout le monde a compris.
Mais notons : pire que les chrétiens ? Ceux qui défendaient le pape François venu à Marseille pour la cause des immigrés qui s’y noyaient, la théologie de la Libération haïe aux USA ? Les chrétiens massacrés en Palestine, bombardés au Liban, martyrisés au Soudan ? Le sionisme, les musulmans, et même les chrétiens : les obsessions de l’Amérique trumpiste rejoignent celles des néo-conservateurs de droite et de « gôche » en France.
Au total, le paysage se redessine sous le crayon de Donald Trump, ses ambassades et ses agents d’influence. Nous, les insoumis, ne voulons pas de ce genre de relations avec les USA, quel que soit le président qu’ils élisent, ce qui est leur affaire. Au contraire d’autres, nous ne rêvons pas du retour du parti démocrate, ni de personnages du type de Joe Biden, qui était juste un sous-Trump sans sa volonté, son audace et sa franchise. Nous voulons que la France soit respectée par les USA, y compris son actuel président Emmanuel Macron. Nous faisons vivre l’autre voix de la France. Celle de l’indépendance de son peuple. Nous défendons l’unité de son peuple pour qu’il puisse rester uni, quelle que soit la religion de chacun de ses enfants !
07.01.2026 à 13:40
zabrahams
Trente ans qu’il est parti. François Mitterrand, l’homme, me manque. On va trouver cela ridicule mais j’avais fini par penser qu’il était en quelque sorte immortel. En tout cas, je me comportais comme si c’était le cas. Autant j’avais été transi la première fois que je l’ai rencontré après l’annonce de son cancer, persuadé que c’était peut-être la dernière fois que je le verrai, autant ensuite, de lui parler à intervalles réguliers m’avait fait pratiquement oublier à la fois son âge et sa maladie. Tant d’années après, l’affection que je lui portais est restée intacte en moi. Je travaille encore chez moi à cette heure sous le regard d’une photo de l’une de ces rencontres rituelles qu’il avait avec le groupe socialiste du Sénat après le vote du budget, tous les 20 décembre dans l’appartement du questeur. Je sens et je vois la lueur amusée dans son regard et l’air content de moi qui m’animait quand j’avais réussi, à ma modeste place, un bon coup politique avec lui. Dans ma relation avec lui, à ce moment et depuis lors, la politique n’était pas le seul composant. Il y avait quelque chose de plus personnel. En tout cas pour moi. Je viens d’un milieu populaire, mes parents étaient des gens de la petite nouvelle classe moyenne des années 60. Je ressentais comme un très grand honneur l’attention que me portait le Président de mon pays. Les gens d’autres milieux, ceux de là « haute » comme on dit, sont plus familiers de rencontres dans un tel écart de position. Je ne l’étais pas. Dans mon cas, il s’ajoutait au fait lui-même la douceur, la délicatesse, l’extrême courtoisie que François Mitterrand exprimait. Si j’insiste ici sur l’aspect personnel c’est dans un souci de vérité avec moi-même.
Je le surnommais « le vieux », non seulement par une habitude de surnommer mes dirigeants par un mot simple, mais bien sûr parce, que de mon passé trotskyste, j’avais gardé le surnom qui se donnait couramment à l’ancien chef de l’Armée rouge. Léon Trotsky était « le vieux » pour ses secrétaires et ses jeunes partisans. C’était une marque de respect et d’affection. Sans doute en raison de son âge, François Mitterrand suggérait cette forme de lien affectif. Des centaines de milliers de gens l’ont appelé « tonton » dans les manifestations et les luttes contre la droite dans la période entre la cohabitation de 1986 et sa réélection triomphale en 1988. À mon tour aujourd’hui je suis « le vieux » pour nombre d’amis inconnus, de jeunes militants. Et j’en suis très honoré.
Bien sûr, quelqu’un d’aussi politisé que moi et si friand de leçons de l’Histoire ne pouvait ignorer la trajectoire que cet homme avait accompli de l’extrême droite de sa jeunesse à l’incarnation du programme commun de l’union de la gauche à ce moment de sa vie où je me suis rangé derrière lui. On voit de nos jours assez de trajectoires dans le sens contraire pour n’avoir, du coup, que meilleure opinion de la sienne ! Ce qui a facilité pour moi mon adhésion à ses rangs c’est que, de sa biographie, je retenais d’abord les exploits où se signalait concrètement, au-delà de l’évolution des idées au fil d’une vie, le courage personnel dans les risques de l’engagement. Ses trois évasions hors des camps de prisonniers allemands, après cela sa traversée à pieds jusqu’à la zone libre en passant par Mouchard dans le Jura. Ses deux déplacements, une fois à Londres et une fois à Alger, pour s’intégrer à l’organisation de la résistance autour de De Gaulle. Tout cela pour moi était le sens véritable de son identité humaine et politique.
Depuis lors, bien sûr, d’autres chapitres sont venus à ma connaissance dont je ne m’étais pas inquiété à l’époque. Je pense à ses choix et à ces décisions pendant la guerre d’Algérie alors qu’il était ministre. Sur ce point, et quoique je lui ai entendu dire quasi par hasard en diverses circonstances, je ne peux avoir le cœur en paix. Même en « tenant compte du contexte ». J’ai vécu avant d’autres le sentiment de la « double nationalité » même si je n’ai jamais eu qu’un seul passeport. Je ne dis pas pour plaisanter que je suis un maghrébin européen. C’est aujourd’hui banal puisque c’est la situation de plusieurs millions de Français. Nous sommes la première communauté de fait en France. Et dans cette situation, les esprits libres que déchirent des injonctions et des fidélités affectives contraires souffrent dans maintes circonstances. Mais ils apprennent vite l’essentiel. Pour se tenir droit et choisir ses engagements il faut décider, au cas par cas, en fidélité à ses propres principes de vie. Les allégeances aveuglées et non-choisies ne sont pas compatibles avec mon engagement dans l’esprit des Lumières. Cela est simple, dans la patrie qu’unit un programme politique universel comme « Liberté, Égalité, Fraternité », même quand rien de tout cela ne s’applique comme c’est le cas en ce moment. Alors la France reste à faire. J’en suis.
Le mitterrandisme voulait dire l’union de la gauche. Je partage avec lui une situation unique : il a été deux fois le candidat des communistes en 1965 et 1974. Et moi deux fois : en 2012 et en 2017. L’union de la gauche n’était pas seulement un accord électoral comme on le croit. Au demeurant, en 1981 comme en 1988 lors des deux élections de François Mitterrand, il n’y avait pas d’union de la gauche électorale. Toutes les gauches avaient leur candidat contre lui. L’union de la gauche était d’abord un programme de transition vers le socialisme. Ce qui en est résulté est une autre affaire et une autre discussion que nous, les Insoumis avons tranché avec notre programme « L’Avenir en commun ». Et c’est un autre débat.
Le mitterrandisme était une vision de la France. Je voudrais la prolonger. Indépendance, souveraineté, refus de la vassalisation. Voyez François Mitterrand assis entre Kohl et Thatcher… On ne voit que lui, pourtant le plus petit entre ces deux-là. Voyez ses yeux et son regard perçant depuis-là.
Comment oublier ce discours au congrès de Brest du PS. Envahi par sa présence, un an après sa mort, alors que pas un avant moi n’avait évoqué son nom, je me rappelais l’une de mes dernières discussions avec lui, et son injonction : « marchez votre chemin ! Ne cédez jamais ». Et je concluais, comme aujourd’hui et à cet instant où je le convoque en mémoire : « Je marche, monsieur ».
06.01.2026 à 21:53
zabrahams
Jean-Luc Mélenchon est intervenu à l’occasion d’une conférence sur le moment politique, le 6 janvier 2026.
03.01.2026 à 18:46
zabrahams
Retrouvez la retranscription du discours de Jean-Luc Mélenchon à l’occasion d’un rassemblement organisé en solidarité avec le peuple vénézuélien, le 3 janvier 2026.
C’est formidable que vous soyez là si vite si nombreux. Soyez certains que vous êtes regardés dans toute l’Amérique du Sud et naturellement au Venezuela.
C’est un moment triste. Et il faut le regarder dans toute sa dureté.
À cette heure, il ne s’agit de rien d’autre qu’une manifestation agressive de l’Empire pour assurer sa domination sur les Amériques et sur l’Europe. Ce n’est pas autre chose. Il n’y a pas de bon empire, il n’y a pas de bonnes invasions, il n’y en a que de mauvaises. C’est la raison pour laquelle aucun prétexte n’autorise une nation à envahir son voisin, et encore moins s’il prétend le faire pour y régler les problèmes qui s’y trouvent. Les problèmes et leurs solutions appartiennent aux peuples qui, dans chaque pays, sont les seuls maîtres. Trump a envahi, car dans les semaines précédentes déjà , dans la servilité des puissants de ce monde, on l’avait déjà laissé attaquer des soi-disant bateaux de narcotrafiquants et ensuite à bombarder Caracas.
Alors la servilité ne produit rien d’autre qu’une extension du champ de la domination du plus fort. Voilà la règle qui s’applique et se vérifie toujours. Et pour laquelle il faut dire stop dès la première minute ! Mais qui va dire stop sur cette planète ? Quand est accepté un génocide à Gaza, quand est acceptée l’invasion de l’Ukraine, quand sont acceptees toutes ces choses. Qui, sinon nous, le peuple, parce qu’il ne reste plus que cela, hélas. Où est passé le président de la République française, qui devrait être le premier à dire que la France n’accepte pas la loi du plus fort, où que ce soit ?
On a donc enlevé Nicolas Maduro et son épouse. Pourquoi son épouse, par-dessus le marché ? Et Trump vient d’annoncer qu’il a l’intention de “régler” et de “faire tourner” le Venezuela – je traduis littéralement les deux mots qu’il a utilisés – jusqu’à ce qu’il y ait des élections.
Depuis quand sont-ce les États-Unis d’Amérique qui organisent des élections dans les pays voisins ? Pourquoi ne l’organiseraient-ils pas aussi au Donbass pour savoir ce que veut le peuple du Donbass ? À Gaza, pour savoir si vraiment les Gazaouis sont d’accord pour qu’on crée une marina ?
Il n’y a d’autre possibilité que la résistance à son discours. Mais il faut que chacun et chacune d’entre vous le démasque complètement. Car vous allez avoir les grandes orgues de la propagande, celles qui d’abord avaient expliqué la nécessité et la justesse de la guerre en Irak, et ont détruit définitivement ce pays. Qui avaient expliqué la nécessité de la guerre ici et là. Et comme à chaque fois, vous verrez la même presse servile, couchée aux pieds du maître, aboyant en cadence pour trouver des prétextes à relativiser le caractère odieux de cette intervention.
Et comment nous, Français, pourrions-nous faire autre chose que de baisser le nez avec un tel chef ? Quand il a accepté qu’un commissaire européen français, proposé par les Français, parce qu’il avait osé proposer des règles pour contrôler les GAFAM, soit interdit d’entrer aux États-Unis d’Amérique ? Alors s’il en est ainsi, que fait encore l’ambassadeur et beau-père d’un des enfants du président Trump en France ? Que fait-il encore ici, si nous sommes interdits d’aller là-bas ? C’est une question qui doit être posée. Sommes-nous à notre tour devenus un peuple dominé qui ne peut rien dire, sinon baisser le nez ? Voilà où nous en sommes !
Trump a envahi. Il bénéficie de l’appui et des prétextes que chacun de ses alliés cherche pour trouver une justification. Et maintenant, voici que M. Trump menace le Mexique, dont déjà son pays, les États-Unis d’Amérique, a volé la moitié de la superficie au siècle précédent.
Il menace la Colombie, où il a déjà des bases militaires. Il menace le Brésil, le Mexique, Cuba le Groenland s’il ne revient pas sur les décisions de justice qu’il a prises contre Bolsonaro. Et voilà la situation telle qu’elle est quand on cède une première fois, quand on ne dit pas non à la première attaque : alors on est obligé de subir les suivantes.
Il ne peut y avoir qu’un seul droit, qu’une seule règle. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures selon ce qui nous convient. Les frontières doivent être inviolables. Les peuples ne doivent pas être martyrisés, quel que soit le prétexte.
Mesdames, Messieurs, au moment où je vais conclure, je vous rappelle ceci : 126 nations dans le monde ont un conflit de frontières avec leur voisin, et 55 d’entre elles sont déjà en guerre.
La paix n’est pas seulement un principe moral ou une espérance du plus grand nombre qui refuse de voir ses enfants sacrifiés à des luttes qui, pour finir, tournent toujours autour des mêmes intérêts matériels et des mêmes catégories sociales qui bénéficient de la guerre. La paix est une urgence. La paix est une méthode de gestion de la situation internationale et il n’y en a pas d’autre viable. À l’exception du fait que quand vous êtes envahis, c’est un devoir absolu que de résister les armes à la main contre ceux qui vous envahissent.
Pour la paix dans le monde, cela signifie que nous n’acceptons plus d’être dirigés par des gens qui cèdent et se croient très intelligents à répéter des formules dont ils ne comprennent même plus le sens. Ils disent : “si tu veux la paix, prépare la guerre”. Non, si tu prépares la guerre, tu auras la guerre et la guerre ne provoque rien d’autre que de la guerre encore, des rancœurs, de la haine, des revanches. Et ainsi irait le monde de nouveau, de violence en violence, et toujours soumis aux plus forts, car c’est toujours le plus fort qui gagne, sauf quand les peuples s’y mettent. Comme nous l’avons fait naguère contre les nazis et leurs alliés dans le monde.
Regardez bien cette coalition qui, de Milei en passant par Trump et tout ce que ce monde comporte de tyrans, voient avec une bienveillance plus ou moins marquée ce qui vient de se passer.
À bas la guerre, à bas l’Empire ! Vive la liberté, vive la paix ! Vive les peuples et leur souveraineté nationale !
ESPAGNOL
Es formidable que estén aquí tan pronto y tan numerosos. Tengan la certeza de que están siendo observados en toda América del Sur y, naturalmente, en Venezuela.
Es un momento triste. Y hay que mirarlo en toda su dureza.
En este momento, no se trata de nada más que una manifestación agresiva del Imperio para asegurar su dominación sobre las Américas y sobre Europa. No es otra cosa. No hay imperio bueno ! No hay invasiones buenas, solo hay invasiones malas. Por eso ningún pretexto autoriza a una nación a invadir a su vecino, y menos aún si pretende hacerlo para resolver los problemas que allí existen. Los problemas y sus soluciones pertenecen a los pueblos que, en cada país, son los únicos dueños de su destino. Trump ha invadido porque, ya en las semanas anteriores, en la servilidad de los poderosos de este mundo, se le había autorizado a atacar supuestos barcos de narcotraficantes y luego a bombardear Caracas.
Así, la servilidad no produce nada más que una extensión del campo de dominación del más fuerte. Esa es la regla que se aplica y que siempre se verifica. ¡Y por eso hay que decir basta desde el primer minuto! Pero ¿quién va a decir basta en este planeta? Cuando se acepta un genocidio en Gaza, cuando se acepta la invasión de Ucrania, son aceptadas todas estas cosas. ¿Quién, si no nosotros, el pueblo, porque ya no queda nada más, por desgracia? ¿Dónde está el presidente de la República francesa, que debería ser el primero en decir que Francia no acepta la ley del más fuerte, sea donde sea ?
Así que se ha llevado a Nicolas Maduro y a su esposa. ¿Por qué a su esposa, además? Y Trump acaba de anunciar que tiene la intención de “arreglar” y de “hacer funcionar” Venezuela — traduzco literalmente las dos palabras que utilizó — hasta que haya elecciones.
¿Desde cuándo son los Estados Unidos de América quienes organizan elecciones en los países vecinos? ¿Por qué no las organizarían también en el Donbás para saber qué quiere el pueblo del Donbás? ¿En Gaza, para saber si realmente los gazatíes están de acuerdo con que se cree una marina?
No hay otra posibilidad que resistir a su discurso. Pero es necesario que cada uno y cada una de ustedes lo desenmascare completamente. Porque verán los grandes órganos de la propaganda, aquellos que primero habían explicado la necesidad y la justeza de la guerra en Irak y destruyeron definitivamente ese país. Que habían explicado la necesidad de la guerra aquí y allá. Y como cada vez, verán a la misma prensa servil, postrada a los pies del amo, ladrando al unísono para dar pretextos que relativicen el carácter odioso de esta intervención.
¿Y cómo podríamos nosotros, los franceses, hacer otra cosa que bajar la cabeza con un jefe como el nuestro
Tump ha invadido. Se beneficia del apoyo y de los pretextos que cada uno busca una justificación. Y ahora, he aquí que el propio señor Trump amenaza a México, al que ya su país, los Estados Unidos de América, robó la mitad de su superficie en el siglo anterior.
Amenaza a Colombia, donde ya tiene bases militares. Amenaza a Brasil, Mexico, Cuba y Groenland si no da marcha atrás en las decisiones judiciales que ha tomado. Y así es la situación cuando se cede una primera vez, cuando no se dice no al primer ataque: entonces se está obligado a sufrir los siguientes.
Solo puede haber un solo derecho, una sola regla. No puede haber dos pesos y dos medidas según lo que nos convenga. Las fronteras deben ser inviolables. Los pueblos no deben ser martirizados, sea cual sea el pretexto.
Señoras, señores, en el momento en que voy a concluir, les recuerdo esto: 126 naciones en el mundo tienen un conflicto fronterizo con su vecino, y 55 de ellas ya están en guerra. La paz no es solamente un principio moral o una esperanza de la mayoría que se niega a ver a sus hijos sacrificados en luchas que, al final, giran siempre en torno a los mismos intereses materiales y a las mismas categorías sociales que se benefician de la guerra. La paz es una urgencia. La paz es un método de gestión de la situación internacional y no hay otro viable. Con la excepción de que cuando se es invadido, es un deber absoluto resistir con las armas en la mano contra quienes invaden.
Para la paz en el mundo, eso significa que ya no aceptamos ser dirigidos por personas que ceden y se creen muy inteligentes repitiendo fórmulas cuyo sentido ya ni siquiera comprenden.Dicen: “si quieres la paz, prepara la guerra”. No: si preparas la guerra, tendrás la guerra ! Y la guerra no provoca nada más que más guerra, rencores, odio, deseos de venganza. Y así volvería el mundo, de violencias en violencias, siempre sometido a los más fuertes, Porque siempre gana el más fuerte, salvo cuando los pueblos se levantan como lo hicimos en otro tiempo contra los nazis y sus aliados en el mundo.
Observen bien esta coalición que, desde Milei pasando por Trump y todo lo que este mundo cuenta de tiranos, ven con una benevolencia más o menos marcada lo que acaba de suceder.
¡Abajo la guerra, abajo el Imperio! ¡Viva la libertad, viva la paz! ¡Vivan los pueblos y sus soberanía nacional!