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24.02.2026 à 11:58

Quentin Deranque : le guet-apens néofasciste derrière la minute de silence

Elena Meilune

Après un reportage sur la résistance bretonne qui fait masse face au fascisme, retour à l’origine de l’onde de choc. Le 12 février 2026, à Lyon, un affrontement entre militants d’extrême droite et antifascistes conduit à la mort de Quentin Deranque. Très vite, un récit s’impose : celui d’un « jeune catholique » qui serait […]

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Après un reportage sur la résistance bretonne qui fait masse face au fascisme, retour à l’origine de l’onde de choc. Le 12 février 2026, à Lyon, un affrontement entre militants d’extrême droite et antifascistes conduit à la mort de Quentin Deranque. Très vite, un récit s’impose : celui d’un « jeune catholique » qui serait victime de la violence politique. Mais les révélations successives dessinent un tableau bien différent – et profondément inquiétant. Édito.

Les images brutes d’un jeune homme roué de coups, au sol, ont légitimement suscité l’indignation. Rien ne peut justifier qu’une personne déjà neutralisée soit frappée collectivement. Toute violence de cette nature doit être condamnée sans ambiguïté. Mais réduire cet événement à un « lynchage politique » occulte des éléments essentiels.

Ce qui s’est joué à Lyon dépasse largement une « rixe » tragique. C’est la mise au jour d’un dispositif : préparation d’embuscades par des militants néofascistes, coordination entre groupuscules, stratégie de communication, puis, dans un second temps, processus rapide de légitimation politique et médiatique. Comment en sommes nous arrivés là ?

Une milice organisée : les révélations de l’Humanité

Les éléments révélés par le journal L’Humanité changent radicalement la lecture des événements. Des échanges internes entre le collectif Némésis et des militants néonazis lyonnais, évoquant la préparation d’un guet-apens contre des antifascistes à l’automne 2025, ont été récemment publiés. On y voit une stratégie précise : attirer des opposants, mobiliser une équipe d’hommes pour leur tendre un piège, filmer l’action et éviter toute mise en cause de Némésis [une pétition est en ligne pour réclamer sa dissolution]. Si l’une de leurs actions a échoué, le mode opératoire est posé noir sur blanc.

« On peut être deux, trois filles à tracter, là où vous voulez les choper. »

Les fémonationalistes de Némésis, groupe dirigé par Alice Cordier, échangent notamment avec Calixte Guy, fils d’une ex-candidate du RN et dirigeant du groupuscule néofasciste Audace Lyon (dont Quentin Deranque était un sympathisant).

La famille Guy-Mathon presque au complet : Aliénor Charbonnier, Paul-Eloi Guy, Lionel Guy, Blandine Guy, Calixte Guy. / Crédits : Captures d’écran Instagram / Street Press.

« Nous on monte une équipe sur place pour choper les gauches […] Il ne vous arrivera rien en tant que meufs »

Ces propos peuvent être reliées à des violences concrètes : le 16 février 2025 à Paris, lors d’une action des Hussards, Calixte Guy participe à un passage à tabac collectif (20 contre 1) visant un militant CGT (coups de casque, de pieds dans la tête et tessons de verre.).

Suite à cette attaque, les perquisitions mettent en lumière tout un arsenal : couteaux, hachettes, matraque télescopique, lacrymogènes, réplique d’arme… Il est aussi question de relations financières entre groupes, de propos antisémites explicites et d’une revendication idéologique néonazie assumée.

Après quelques années à l’Action française Lille, Calixte Guy a rejoint les néofascistes de Lyon populaire. / Crédits : Captures d’écran Instagram / Street Press.

Les données retrouvées dans le téléphone de Calixte Guy incluent une conversation intitulée « Dossier gauche » qui recense des militants de la Jeune Garde avec des informations sur leurs domiciles et leurs véhicules. Calixte Guy y revendique des actions contre eux, tandis que la communication du groupe promet ouvertement des représailles physiques contre les antifascistes :

« Antifa, te casse pas la tête, Audace s’en chargera. »

Quentin Deranque, sacrifié sur l’autel du néofascisme ?

Les faits du 12 février 2026 s’inscrivent dans ce contexte. Bien loin du récit victimaire largement repris par les médias à la solde de milliardaires d’extrême droite, une première enquête du média Contre Attaque montre notamment des images d’un groupe d’individus vêtus de noir et masqués charger un autre groupe.

Les témoignages relayés par Contre Attaque et Mediapart concordent. Il en ressort que des hommes armés et cagoulés auraient tendu une embuscade à des militants de gauche se rendant à la conférence de Rima Hassan à Sciences Po. Une torche ou un fumigène aurait été lancé en leur direction, touchant le visage de l’un des antifascistes.

« Un groupe d’énervés d’extrême droite qui semble attendre les autres à la sortie du pont ferroviaire »

Des images révélées ensuite par Le Canard Enchaîné montrent effectivement un groupe d’hommes cagoulés, équipés de torche, béquille métallique, gazeuse et casques de moto, en train d’attaquer autre groupe, en sous nombre et désarmé. La vidéo montre des coups portés avec une béquille et l’usage de gaz lacrymogène. En fin de compte, vidéos et témoignages d’habitants locaux et de militants de gauche concordent tandis que ceux des militants d’extrême droite se contredisent.

Une fois l’offensive perdue, les militants néofascistes s’enfuient, abandonnant leurs camarades. C’est à ce moment-là que le déchaînement – encore une fois, injustifiable – sur Quentin Deranque a lieu. Un voisin témoigne toutefois avoir vu ce dernier se relever et refuser d’aller à l’hôpital avant d’être pris en charge plus tard en raison de son état critique.

Alors que les premiers jours médiatiques ont livré un récit présentant Quentin Deranque comme un martyr, « mort pour ses idées », un narratif repris par de nombreux responsables politiques, la réalité est tout autre : Selon Luminis, groupe néofasciste en cause, les derniers mots de Quentin Deranque auraient été : « On remet ça, les gars. ».

 

Tweet du groupe néofasciste Luminis

La minute de silence de la honte et une marche néonazie

Le 17 février 2026, l’Assemblée nationale observe une minute de silence en hommage à Quentin Deranque. Or, à cette date, les premières révélations sur le contexte des faits circulent déjà. Il y avait déjà de nombreux éléments montrant que Quentin Deranque était un militant néofasciste, qui a probablement participé à une embuscade organisée, une présence de groupes néonazis armés, une coordination préalable.

Quentin Deranque était un militant de l’Action Française, groupe nationaliste, royaliste et antisémite violent, héritier des ligues fascistes des années 1930. Il était aussi proche d’Audace Lyon, émanation du Bastion social, dissous pour violences et appels à la haine. Malgré cela, l’Assemblée choisit d’inscrire ce nom dans son rituel le plus symbolique.

Dans le même temps, une marche d’extrême droite est organisée à Lyon en hommage à Quentin Deranque. La manifestation est autorisée. Sur place, des saluts nazis, des slogans racistes et des symboles explicitement néonazis sont observés.

En quelques jours, un militant issu d’une mouvance néofasciste bénéficie ainsi d’un double processus de légitimation : un hommage parlementaire et une démonstration de rue encadrée par les autorités, organisée par des réseaux déjà identifiés pour violences.

Le bruit des bottes… Et le silence des pantoufles

Une minute de silence dans l’hémicycle n’est pas un hommage privé, elle constitue un acte institutionnel qui suspend le débat. Elle rassemble les représentants de la nation dans un recueillement commun et inscrit un nom dans la mémoire officielle. De même, autoriser et encadrer une marche d’hommage participe d’une reconnaissance implicite de l’État.

Une démocratie choisit ses symboles. Alors la question s’impose : pourquoi cette reconnaissance officielle pour Quentin Deranque et pas pour les victimes des violences massives d’extrême droite ? Une extrême droite qui, comme nous le montrions dans « Patriotisme » : la droite fidèle à ses propres valeurs ?, piétine les principes même de son pays : Liberté, Égalité, Fraternité.

Les chiffres contredisent le récit victimaire

Sur BFMTV, le 17 février 2026, Marion Maréchal a affirmé que « la violence d’extrême droite est dérisoire par rapport à celle d’extrême gauche » et qu’elle « n’existe pas statistiquement ».

Pourtant, selon les données d’ACLED, organisme indépendant et impartial qui recense les violences politiques en Europe, environ 85 % des violences commises par des groupes radicaux ces dernières années sont attribuées à l’extrême droite.

D’après l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite, depuis 1986, en France, on dénombre 59 morts attribués à l’ultra-droite, contre 6 à l’ultragauche. Selon le média Contre Attaque, rien que depuis 2022, 11 morts et 19 blessures graves par balles ou armes blanches ont eu lieu lors « d’agressions racistes ou fascistes ».

Si l’on prend le cas de Lyon, l’impunité des violences de l’extrême droite y est légion. Selon le recensement effectué par le média indépendant Rue89Lyon, depuis le début des années 2000, sur 102 actions violentes recensées « 70% restent impunies, sans réponse pénale ou policière ».

Une minute de silence pour ceux qui n’y ont pas eu droit

Si une minute de silence a été observée à l’Assemblée en hommage à un militant néofasciste, de nombreuses victimes de son idéologie n’ont pas eu cet honneur. Des exemples de meurtres liés à l’extrême droite depuis les années 2000 (liste non exhaustive) :

– 2001 : Mohamed Madsini, père de famille de 46 ans tué d’une balle dans la nuque par un néonazi

– 2002 : François Chenu, battu à mort parce qu’il était homosexuel

– 2010 : Saïd Bourarach, poursuivi puis noyé par des membres de la LDJ mouvement néosioniste d’extrême droite

– 2013 : Clément Méric, militant antifasciste, frappé à mort par des skinheads

– 2022 : Federico Martín Aramburú, assassiné par un ancien militant du GUD

– 2022 : Emine Kara, Mîr Perwer, Abdurrahman Kızıl, assassinés dans la tuerie raciste rue d’Enghien

– 2022 : Mahamadou Cissé, 21 ans, abattu à bout portant par son voisin raciste

– 2024 : Rochdi Lakhsassi, abattu de deux balles dans le dos alors qu’il faisait du démarchage

– 2024 : Djamel Bendjaballah, père de famille assassiné par un membre de la « Brigade Française Patriote », une milice d’extrême droite survivaliste

– 2024 : Angela Rostas, 40 ans, tuée chez elle le 22 février 2024 alors qu’elle attendait un enfant, dans une attaque visant sa communauté rom.

– 2025 : Aboubakar Cissé, 22 ans, a été poignardé dans une mosquée à La Grand‑Combe, alors qu’il préparait la salle pour la prière.

– 2025 : Hichem Miraoui, assassiné par son voisin raciste radicalisé

– 2026 : Ismaël Aali, 20 ans retrouvé mort dans un étang. Le mobile raciste est au cœur de l’enquête.

Qu’en est-il de toutes les autres victimes ? Pourquoi une minute de silence n’a pas été observée pour chacune des plus de cent femmes tuées chaque année par leur compagnon ou ex-compagnon, mortes sous le poids de la domination masculine que l’extrême droite glorifie ? Chaque personne assassinée par la haine raciale, homophobe, transphobe, validiste ? Les sans-abri morts de froid dans les rues d’un pays qui se targue d’être une des plus grandes puissances mondiales ? Les dizaines de milliers d’enfants morts sous les bombes à Gaza, victimes d’un État génocidaire et d’un Occident complice ? Toutes les victimes de l’impérialisme meurtrier, pour qui les vies ne sont que des pions sur l’échiquier des puissants ? Les personnes migrantes noyées dans la mer et dans l’indifférence collective ? Les travailleurs morts à la tâche, sacrifiés sur l’autel du profit, d’un système dont l’extrême droite est la plus fervente défenseure ? Les minorités LGBT traquées, ces cibles éternelles d’une haine que l’on cultive et que l’on excuse ?

LFI classée à « l’extrême gauche » : un cadrage lourd de sens

Le 10 février 2026, soit deux jours avant la mort de Quentin Deranque, le ministère de l’Intérieur classe La France Insoumise dans le bloc « extrême gauche ». Or, qu’est-ce que l’extrême gauche au sens historique et politologique ? Traditionnellement, on désigne par « extrême gauche » les courants refusant la démocratie parlementaire comme cadre stratégique : organisations prônant la rupture insurrectionnelle, groupes autonomes anti-institutionnels, formations refusant la participation aux institutions républicaines comme horizon central. LFI en est de facto très éloignée.

 

Après la mort de Quentin Deranque, ce reclassement a nourri un cadrage médiatique insistant sur la « responsabilité » de La France Insoumise. Dans le même temps, Les Républicains ont appelé à un « cordon sanitaire » autour de LFI.

Le cordon sanitaire politique vise à refuser toute alliance avec un parti à tous les niveaux de pouvoir, et le cordon sanitaire médiatique consiste quant à lui, à ne pas laisser la parole en direct à ce parti. Une pratique auparavant réservée à l’extrême droite au vu de l’idéologie nazie dont elle a fait le lit.

Transposer ce mécanisme à un parti parlementaire de gauche engagé dans le jeu institutionnel installerait une équivalence entre des forces dont la nature, l’histoire et les objectifs ne sont absolument pas comparables. Cette inversion du réel, nous l’avions d’ailleurs explorée dans ce précédent article Confusionnisme : non, le fascisme n’est pas de gauche.

Ce glissement installe en effet une symétrie entre l’extrême droite et l’extrême gauche, un glissement également exploré dans l’article L’extrême gauche et l’extrême droite ne sont pas comparables.

Or, les données sur la violence politique montrent qu’aucune équivalence n’est possible. Assimiler systématiquement LFI à un pôle comparable à l’extrême droite contribue à banaliser cette dernière en la présentant comme une radicalité parmi d’autres.

La responsabilité

Rien de tout cela ne surgit par hasard. Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large : des décennies de politiques néolibérales, une explosion des inégalités, la désignation méthodique de boucs émissaires, la banalisation médiatique des discours de haine, des algorithmes qui amplifient les radicalités, une culture viriliste qui fait de la violence un marqueur identitaire, et une stratégie progressive de normalisation institutionnelle de l’extrême droite.

Un second article élargira l’analyse pour examiner ce terreau de la haine et comprendre comment il se construit – car ce qui est fabriqué politiquement peut aussi être défait politiquement. Encore faut-il cesser les euphémismes, et avoir la lucidité d’appeler les choses par leur nom.

Elena Meilune


Photo d’en-tête : Minute de silence pour Quentin Deranque à l’Assemblée nationale – Capture d’écran de la vidéo de HuffPost

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23.02.2026 à 17:07

Face au fascisme, la résistance bretonne est massive

Mr Mondialisation

Alors qu’une assemblée générale antifasciste s’est vue refuser l’accès à la maison des associations de Lorient par la mairie, celle de Quimperlé, elle, a autorisé, ce samedi 21 février 2026, un rassemblement en hommage à Quentin Deranque, militant néo-nazi. Cet hommage a déclenché la mobilisation des habitant·es de Quimperlé. Reportage sur ce « tapis rouge […]

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Alors qu’une assemblée générale antifasciste s’est vue refuser l’accès à la maison des associations de Lorient par la mairie, celle de Quimperlé, elle, a autorisé, ce samedi 21 février 2026, un rassemblement en hommage à Quentin Deranque, militant néo-nazi. Cet hommage a déclenché la mobilisation des habitant·es de Quimperlé. Reportage sur ce « tapis rouge » offert au fascisme et la résistance massive qui s’y oppose.

Quentin Deranque, 23 ans, est mort à Lyon le 12 février 2026, après avoir été gravement blessé lors d’une violente altercation survenue en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon. Cette altercation a eu lieu en parallèle d’un rassemblement impliquant le collectif fémonationaliste Némésis, qui protestait contre la participation de l’eurodéputée Rima Hassan à la dite conférence portant sur « les relations entre l’Union européenne et les gouvernements européens dans le cadre du conflit au Proche-Orient ».

Le 22 février 2026, L’Humanité a dévoilé que les fémonationalistes et d’autres groupuscules d’extrême droite planifiaient, de véritables traquenards visant à attirer les militants antifascistes dans des guet-apens. Ces manœuvres pourraient avoir conduit à l’altercation violente dans laquelle Quentin Deranque a trouvé la mort.

Mais qui était Quentin Deranque ? Un militant néofasciste ayant fréquenté l’Action française, mouvement national‑royaliste d’extrême droite. Il a aussi été cofondateur en 2025 d’un groupuscule néofasciste nommé Allobroges Bourgoin, implanté en région iséroise. Il a participé à des rassemblements liés à des mouvements identitaires ou nationalistes, associés au néofascisme, comme le Comité du 9 Mai (C9M).

L’antifascisme quimperlois mobilisé pour des « valeurs de solidarité, d’égalité et de respect »

Lorsque les habitant·es du pays de Quimperlé ont appris qu’un hommage à un militant néofasciste, programmé le samedi 21 février 2026 et porté par un ancien candidat de Reconquête, avait été autorisé, la réaction ne s’est pas faite attendre. En quelques heures à peine, l’indignation a laissé place à l’action… Très vite, une mobilisation citoyenne s’est organisée, déterminée à faire entendre une autre voix et à affirmer les valeurs de la ville.

C’est par ce communiqué, diffusé dans l’urgence, que les habitant·es ont appelé au rassemblement : « Ce samedi 21 février à 14h30, au prétexte d’un hommage à Quentin Deranque, l’extrême droite se rassemblera place Charles de Gaulle à Quimperlé. Face à cette initiative, nous appelons à une mobilisation citoyenne, pacifique et déterminée, pour affirmer haut et fort nos valeurs de solidarité, d’égalité et de respect. Face au déferlement réactionnaire en cours, nous, habitant·es du pays de Quimperlé, appelons celles et ceux qui ne se reconnaissent ni dans l’exclusion ni dans la nostalgie autoritaire la plus rance à s’opposer fermement à ce qu’un tel rassemblement puisse se tenir dans notre ville. Ils voudraient que le silence fasse loi, que l’habitude de la peur l’emporte, que la résignation devienne paysage. Que notre présence dise simplement ceci : ici, la peur ne gouverne pas. »

Face au fascisme, la résistance bretonne est massive

Marie*, habitante de Quimperlé qui a rejoint ce rassemblement antifasciste, nous raconte : « Je dirais qu’on était environ 200 personnes, donc beaucoup plus que le rassemblement en hommage à Quentin Deranque qui comptait une cinquantaine de personnes au maximum. Le rassemblement était très pacifique, nous nous sommes retrouvé·es à partir de 14 heures sur la place Hervo, autour des Halles de Quimperlé, et nous sommes resté·es pendant 1h30 environ. »

« Des gens ont convergé de différentes villes du Finistère pour soutenir l’antifascisme. Des slogans ont été scandés dont « pas de facho ni en ville ni en campagne » ET « siamo tutti anti fascisti » (ndlr : slogan italien signifiant « Nous sommes toustes antifascistes »). En parallèle, le rassemblement pour quentin Deranque a été très bref, les gens sont parti·es tôt, vers 15 heures. »

Juliette*, également habitante de Quimperlé se réjouit : « Ça a fait beaucoup de bien à toustes de voir qu’on était si nombreuxses, que tant de monde a répondu à l’appel ! C’était très intergénérationnel, représentatif de la population de la ville. On a vu un Quimperlé deter’ et bienveillant ! Et les prises de paroles et les chants de chorale ont donné beaucoup d’énergie pour les combats à mener ! »

Le rassemblement en hommage à Quentin Deranque comptait une cinquantaine de personnes au maximum.

Une forte présence policière, armée de lance-grenades et de lanceurs de balles de défense (LBD), se trouvait entre la place Charles de Gaulle, lieu de l’hommage fasciste, et la place Hervo, lieu du rassemblement antifasciste. Marie témoigne : « Il y a eu la proposition que le rassemblement antifasciste rejoigne la place Charles de Gaulle, une fois que l’hommage à Quentin Deranque était terminé et que la place était libre, mais la police a refusé, indiquant qu’elle avait l’ordre de ne pas laisser passer les habitant·es de Quimperlé opposé·es à cet hommage. » Elle ajoute que « les forces de l’ordre ont fouillé les sacs des personnes venu·es place Hervo ». 

Pour cette habitante quimperloise, ce dispositif répressif fait écho à celui qui avait été déployé pour la mobilisation du 10 septembre 2025 : « Certains policiers ont annoncé venir d’ailleurs, les forces de l’ordre n’étaient pas que de Quimperlé »

Le fascisme protégé, l’antifascisme réprimé

Cette protection, par les forces de l’ordre, des militant·es promouvant une idéologie fasciste, va de paire avec la répression de l’antifascisme. Cette mécanique a déjà été vue à l’œuvre à Saint-Brévin-les-Pins. Le samedi 25 février 2023, des militants d’extrême droite (Reconquête, Civitas, Riposte Laïque et autres collectifs fascistes) avaient manifesté contre un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Les saluts nazis ont été couverts par un important dispositif policier. En parallèle, les 1 200 personnes venues soutenir les exilé·es et dénoncer la manifestation fasciste ont été nassées, filmées et contrôlées par 300 policiers. Quelques semaines plus tard, la maison du maire Yannick Morez, soutien du projet de CADA, avait été incendiée.

Cette normalisation du fascisme – alors même que les mobilisations de soutien à la Palestine, dont le peuple subit un génocide, sont régulièrement interdites – s’illustre de manière flagrante par l’hommage à Quentin Deranque qui a eu lieu à Lyon ce samedi 21 février 2026.

Cet hommage a été organisé par Aliette Espieux, porte-parole de la Marche pour la Vie, un mouvement catholique contre l’avortement et l’euthanasie, depuis 2019. Elle côtoie Academia Christiana, un mouvement catholique traditionaliste. Elle est également mariée à un néonazi, Eliot Bertin, qui était à la tête du groupuscule violent Lyon Populaire, dissous en 2025 pour apologie de la collaboration avec le nazisme et incitation à la haine contre les étrangers.

Ce samedi 21 février 2026 à Lyon, dans le cortège, des salut nazis ont été perpétuées parmi les premiers rangs. Des insultes homophobes et racistes ont fusé, notamment « À bas les bougnoles, à bas les PD », filmées malgré les tentatives de dissimulation du service d’ordre. 

Cette décomplexion fasciste est corroborée par Dav Shariaty qui sonne l’alerte : « À Rennes, un des manifestants porte une veste Helly Hansen aux initiales HH. Ils se défendront du dogwhistle en disant que ce sont de très bonnes vestes, mais un néo-nazi ne saurait ignorer le sens des lettres HH ou du nombre 88, alors nous n’ignorons pourquoi ils les portent. Veste qu’avait portée le député RN, Julien Odoul. »

Story Instagram de Dav Shariaty.

Une terreur fasciste en pleine expansion

La déferlante fasciste à travers l’hommage à Quentin Deranque s’est aussi manifestée le 17 février 2026. Des hooligans néonazis ont attaqué un bar à Toulouse, frappant plusieurs personnes. Les victimes racontent que les assaillants cagoulés étaient armés d’une chaîne de vélo, d’une matraque télescopique et d’un couteau, scandant « Justice pour Quentin ».

Cette escalade de la violence s’inscrit dans un climat déjà bien installé. Il y a un an, le 16 février 2025, à Paris, la section locale de Young Struggle organisait la projection du film antifasciste Z de Costa-Gavras. Derrière deux portes blindées, un groupe cagoulé et armé de tessons de bouteilles, de casques de moto et d’au moins une arme blanche a tenté de forcer l’entrée. Plusieurs dizaines de néofascistes ont attaqué la projection ; une personne a été poignardée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentative d’homicide volontaire, et six militants d’extrême droite ont été interpellés.

Le phénomène s’étend également aux campus universitaires. Rien qu’entre le 30 janvier 2025 et mars 2025, le Monde rapportait que cinq faits antisémites dans les campus avaient été signalés, incluant des saluts nazis, avec plusieurs auteurs présumés liés au syndicat étudiant UNI, illustrant la porosité entre certains milieux universitaires et l’extrême droite identitaire.

Quand l’État honore un néonazi et ignore ses victimes

Le 17 février 2026, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en hommage à Quentin Deranque. Cette initiative, demandée par Éric Ciotti, président du groupe Union des droites Républicaines, a été approuvée en conférence des présidents, avec le soutien de la présidente Yaël Braun‑Pivet. La plupart des groupes parlementaires y ont participé, malgré l’absence de plusieurs députés de La France Insoumise.

Or d’autres vies humaines ont été fauchées, celles-ci victimes directes de l’idéologie dont se réclamait Quentin Deranque, mais sans qu’aucune minute de silence ni hommage officiel ne soit organisée. En voici quelques noms :

Angela Rostas, 40 ans, tuée chez elle le 22 février 2024 alors qu’elle attendait un enfant, dans une attaque visant sa communauté rom.

Comme le montre le meurtre d’Ibrahim Ali à Marseille le 21 février 1995 par un militant du Front national, ces crimes visent des personnes clairement désignées par la propagande d’extrême droite.

Le contraste est alors saisissant : un hommage officiel est rendu à celui qui incarnait cette idéologie de haine, tandis que les victimes sont ignorées par les institutions. Dans ce contexte, le Pacte Lyon respirable a exprimé dans un communiqué que le registre n’est plus celui de la simple inquiétude mais qu’« un seuil a été franchi » :

« Aujourd’hui, à Lyon, une manifestation d’extrême droite a été autorisée et s’est tenue. Dans le même temps, la photo d’un militant d’extrême droite a été déployée sur un bâtiment institutionnel, l’hôtel de Région. […] Dans un contexte marqué par des actes racistes, des attaques contre des lieux de culte et une restriction répétée des mobilisations écologistes, antiracistes ou de solidarité internationale, ces choix envoient un signal politique extrêmement grave : celui d’une banalisation de l’extrême droite dans l’espace public et institutionnel.

L’État de droit ne se mesure pas seulement aux textes, mais aux symboles qu’il accepte, aux peurs qu’il reconnaît et à celles qu’il ignore. Aujourd’hui, beaucoup de citoyennes et de citoyens, en particulier racisés et musulmans, se sentent moins protégés qu’hier. Cette hiérarchisation implicite des causes, des émotions et des vie met en danger le contrat social. Le Pacte Lyon respirable réaffirme avec force que l’antiracisme, l’écologie et la justice sociale ne sont pas des. variables d’ajustement de l’ordre public. Il y a urgence à faire front contre la normalisation de l’extrême droite et à reconstruire un contrat social fondé sur la l’égalité réelle, la dignité et la sécurité de toutes et tous. »

Face au fascisme, la résistance bretonne est massive

La résistance bretonne fait masse

Depuis Quimperlé, Émile*, habitant présent lors du rassemblement opposé à l’hommage à Quentin Deranque, appuie le constat du Pacte Lyon respirable et la nécessité d’un front antifasciste : « C’est comme si tout était inversé : on diabolise la solidarité, tandis qu’on laisse proliférer les discours haineux, racistes. À Quimperlé, on se disait qu’on était épargné·es : on est une ville de gauche, une ville vraiment vivante, tout le monde s’entend bien. Alors quand j’ai appris que même ici, un ex-candidat Reconquête essayait d’importer ses idées nauséabondes, ça m’a mis un coup.

« On pouvait pas rester sans réagir ! Et c’est ce qu’on a fait : aujourd’hui on est 200 à dire que l’extrême-droite n’a pas sa place à Quimperlé. J’ai reconnu des voisin·es, des commerçant·es, et ça fait vraiment du bien. On sait qu’ici, on va résister. »

Face au fascisme, la résistance bretonne est massive

Ce front antifasciste breton ne date pas d’hier. À l’automne 2023, le Collectif antifasciste du Morbihan (CAM) avait publié une lettre d’information dénonçant An Tour‑Tan comme un mouvement d’extrême droite implanté à Vannes et appelant à se mobiliser contre la diffusion de ses idées racistes.

À Lorient, des groupes antifascistes luttent contre le groupuscule fasciste La Digue, dénonçant ses attaques ciblées, notamment ses messages homophobes, transphobes et misogynes, ses tentatives de diffusion d’une idéologie nationaliste, ainsi que ses agressions répétées contre le bar Le Concept qui ont mené à sa fermeture.  En février 2025, le député Damien Girard a demandé sa dissolution, toujours sans effet.

À Rennes, l’escalier de l’université Rennes 2 peint aux couleurs LGBTQIA+ avait été vandalisé dans la nuit du 23 au 24 janvier 2025 par des inscriptions homophobes. En réaction, des collectifs antifascistes et étudiants se sont mobilisés pour repeindre l’escalier, affirmant leur solidarité avec la communauté LGBTQIA+ et leur opposition à l’extrême droite.

Des collectifs antifascistes et étudiants se sont mobilisés pour repeindre l’escalier dans ses couleurs originales, affirmant leur solidarité avec la communauté LGBTQIA+ et leur opposition à l’extrême droite.

Ce front s’illustre également par le positionnement de la CGT qui a annoncé que le syndicat prône « zéro tolérance pour l’extrême droite » et « ne transigera jamais sur ses valeurs ». Daniela Tiris a ainsi été invitée à quitter la CGT, suite à sa présence aux côtés du candidat Rassemblement national pour les élections municipales 2026 à Lorient.

En parallèle, Lorient la Combative a annoncé maintenir l’assemblée générale antifasciste, déprogrammée de la maison des associations par la municipalité lorientaise : 

« L’AG antifasciste régionale sera bien maintenue ! N’en déplaise à Théo Thomas du RN et au maire Fabrice Loher plus prompt à obéir à un parti héritier des fascistes qu’à donner des moyens au milieu associatif. »

Face au fascisme, la résistance bretonne est massive

Quelle suite pour l’antifascisme breton ? Marie rapporte qu’une prise de parole spontanée a annoncé « la proposition de l’organisation d’un carnaval antifasciste à Quimperlé dans les prochaines semaines ». Une perspective joyeuse qui permet de tenir le front des solidarités.

Mr Mondialisation

*Les prénoms des personnes interviewées ont été modifiés pour préserver leur sécurité.


Photo de couverture : Mr Mondialisation

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20.02.2026 à 13:00

Crues, chatgpt et épicerie : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine.  1. Dans l’Aude, redonner de l’espace aux rivières pour prévenir les crues Le département a choisi de désartificialiser et recréer zones humides et champs d’expansion pour absorber et ralentir les crues, avec des effets […]

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Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 

1. Dans l’Aude, redonner de l’espace aux rivières pour prévenir les crues

Le département a choisi de désartificialiser et recréer zones humides et champs d’expansion pour absorber et ralentir les crues, avec des effets jugés efficaces notamment à Trèbes. En élargissant les cours d’eau, les débordements deviennent anticipables et moins destructeurs. (La Relève et la Peste)

2. « QuitGPT » : un boycott contre ChatGPT après un don à Trump

Une campagne de boycott de « QuitGPT » a été lancée après un don de 25 millions de dollars de Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, à Donald Trump. Le collectif appelle à résilier les abonnements et à se tourner vers d’autres chatbots. (Vert)

3. À Clermont-Ferrand, une épicerie remplace l’hypermarché fermé

Après la fermeture d’Auchan, laissant 200 salariés sans emploi, Hélène Nguyen a ouvert Wassana, une épicerie multiculturelle pour recréer un commerce de proximité et un lieu de sociabilité. Fragilisée par des soucis de trésorerie, la boutique tente de répondre aux besoins d’un quartier populaire privé de grande surface. (Reporterre)

4. EDF condamnée pour le licenciement d’un lanceur d’alerte

Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné EDF à verser 250 000 euros à Arnaud Begin, ex-cadre nucléaire mis à la retraite d’office après avoir dénoncé harcèlement et écarts de sûreté. La justice a requalifié cette mise à la retraite en licenciement nul, pour violation de sa liberté d’expression.(Reporterre)

5. Braconnage des rhinocéros : baisse de 16 % en Afrique du Sud en 2025

Le braconnage de rhinocéros a reculé de 16 % en 2025 en Afrique du Sud, selon les autorités, grâce au renforcement des mesures de protection et des poursuites judiciaires. Les défenseurs de la faune alertent toutefois : le trafic reste actif et la lutte est loin d’être terminée. (World Animal News)

6.Près de 9 000 amphibiens sauvés grâce à des filets en Drôme

À Moras-en-Valloire, la LPO et des étudiants ont installé 250 mètres de filets le long d’une route pour protéger les amphibiens durant leur migration prénuptiale. Depuis 16 ans, l’opération a permis de sauver 8 584 grenouilles et tritons menacés d’écrasement. (ICI Drôme Ardèche)

7. Record historique de ponte pour un papillon rare au Royaume-Uni

Le thécla du bouleau (Thecla betulae), papillon rare britannique, a atteint en 2025 son plus haut nombre d’œufs jamais recensé. Cette hausse est liée à des haies laissées en croissance libre, favorables à sa reproduction. (Butterfly Conservation)

8. Capri limitera les groupes touristiques à 25 personnes

Dès l’été 2026, l’île italienne de Capri interdira les groupes de plus de 25 personnes et imposera l’usage d’écouteurs pour les guides afin de réduire les nuisances liées au surtourisme. La mesure vise à fluidifier la circulation dans les ruelles étroites et à préserver la tranquillité des habitants. (La Libre)

9. SNCF : préavis de grève des contrôleurs pour les vacances parisiennes

Les contrôleurs SNCF ont déposé un préavis de grève pour le week-end des vacances scolaires de la région parisienne, faisant planer un risque de perturbations sur les départs. Le mouvement porte sur des revendications liées aux conditions de travail et à l’organisation interne.(Le Monde)

10. Un escargot des Bermudes officiellement sauvé de l’extinction

Un petit escargot terrestre endémique des Bermudes a été officiellement retiré de la liste des espèces menacées, après avoir frôlé l’extinction. Sa sauvegarde est le résultat d’un programme de reproduction et de réintroduction mené sur plusieurs années.(Le Monde)

Photo de couverture – Sarah Cottle – Unsplash

– Mauricette Baelen

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20.02.2026 à 12:48

Riches, LFI et Tchétchénie : les 10 infos de la semaine

Mauricette Baelen

Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine.  1.13 335 millionnaires sans impôt sur le revenu : Bercy contredit la ministre Une note de Bercy révèle que 13 335 contribuables assujettis à l’IFI (patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros) ne paient aucun […]

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Vous n’avez pas eu le temps de suivre l’actu ? Voici 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 

1.13 335 millionnaires sans impôt sur le revenu : Bercy contredit la ministre

Une note de Bercy révèle que 13 335 contribuables assujettis à l’IFI (patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros) ne paient aucun impôt sur le revenu, contredisant les déclarations d’Amélie de Montchalin devant les députés. (L’Humanité)

2. Menace à la bombe contre LFI : le siège évacué

Le siège de La France insoumise a été évacué après une menace à la bombe, dans un climat d’intimidations et de menaces racistes visant le mouvement depuis la mort de Quentin Deranque.  (L’Humanité)

3.Tchétchénie : la succession de Kadyrov en toile de fond

Gravement malade, Ramzan Kadyrov serait en fin de règne, ouvrant une bataille feutrée entre ambitions familiales, intérêts oligarchiques et enjeux sécuritaires autour de la succession en Tchétchénie. (Mediapart)

4. Liberté de la presse : 91 entraves recensées en 2024

L’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse a comptabilisé au moins 91 atteintes au droit d’informer en 2024, pour son premier rapport annuel. Les forces de l’ordre et des acteurs liés à l’extrême droite sont désignés comme principaux responsables. (Mediapart)

5. Procès de l’addiction aux réseaux : Zuckerberg face au jury

Suite à de nombreuses plaintes pour dépressions et suicides, Mark Zuckerberg doit témoigner à Los Angeles dans un procès accusant Meta et Google d’avoir conçu leurs plateformes pour rendre les jeunes dépendants, au détriment de leur santé mentale. (20 minutes)

6.Voitures de fonction : un privilège masculin et coûteux

En France, 1,5 million de voitures de fonction profitent surtout aux hommes cadres supérieurs : 75 % des bénéficiaires sont des hommes et 50 % sont cadres, pour un usage majoritairement personnel. Cela coûte 1,8 milliard à l’État. (Reporterre)

7. Roundup : Monsanto propose 7 milliards de dollars pour solder les poursuites

Monsanto a annoncé un accord pouvant atteindre 7,25 milliards de dollars pour régler aux États-Unis les plaintes liées au Roundup, herbicide au glyphosate classé « cancérogène probable » par le Circ. (Reporterre)

8. Grand Est : deux puits de pétrole vers une réouverture

La SPPE veut relancer deux puits de pétrole dans l’Aube et la Marne, avec une exploitation prévue fin 2027-début 2028 pour 74 000 tonnes d’ici 2039. L’Autorité environnementale n’identifie pas de « risque majeur », mais pointe des émissions « notables » estimées à 244 000 tonnes de CO₂. (Reporterre)

9. Jeff Bezos, propriétaire du Washington post, détruit la démocratie

Le Washington Post supprime 300 postes après 400 en trois ans, sur fond de pertes, tandis que son propriétaire, Jeff Bezos est accusé d’influencer sa ligne éditoriale et d’en réduire l’indépendance. Amazon finance en parallèle un film sur Melania Trump pour 75 millions de dollars, relançant les critiques sur l’usage politique de sa fortune. (Vert)

10. Violences au tribunal : la lanceuse d’alerte condamnée

Une policière a été reconnue coupable pour avoir filmé des images de vidéosurveillance montrant des coups portés par une collègue sur un déféré au tribunal de Paris, mais a été dispensée de peine. Les violences révélées ont été classées sans suite, tandis que l’agente mise en cause n’a pas été condamnée pénalement. (StreetPress)

Photo de couverture Mika Baumeister – Unsplash

–  Mauricette Baelen

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