24.11.2025 à 05:00
Mr Mondialisation
Victor Cord’homme est un artiste qui mêle couleurs naturelles, autonomie énergétique et récup’ pour tisser des liens poétiques entre les objets et le vivant. Une façon d’aller à l’inverse de la bulle spéculative autour de l’art. Artiste franco-danois, Victor Cord’homme manipule les objets et cimaises de manière incongrue dans un cocktail de couleurs bigarrées. Entre […]
The post Victor Cord’homme : « Mes œuvres sont des écosystèmes qui respirent » first appeared on Mr Mondialisation.
Artiste franco-danois, Victor Cord’homme manipule les objets et cimaises de manière incongrue dans un cocktail de couleurs bigarrées. Entre l’air, l’électricité, les fluides et les matières qui bougent comme bon leur semblent, Victor donne vie à l’inanimé dans ses « installations vivantes ». Explorant des liens entre l’humain, la nature et la machine, il a mis en œuvre un travail artistique « juste » pour qu’il soit le plus écologique possible.
Rencontre avec un créateur qui repense la place de l’énergie, du mouvement et du vivant dans l’art contemporain.
Victor Cord’homme : « J’ai grandi à la campagne, entouré de nature, avec beaucoup d’imagination et de possibilités. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné, bricolé, et inventé des choses.
Après le bac, j’ai pris une année sabbatique pour voyager en Inde et au Népal. Et là, je me suis rendu compte que ce qui m’avait le plus manqué, c’était la peinture et l’art en général. De retour en France, j’ai alors intégré les Beaux-Arts de Paris, où j’ai suivi l’atelier de Dominique Gauthier.
J’ai commencé par la peinture abstraite, une pratique qui m’a conduit vers le volume, la sculpture, le métal, et le bois. Puis petit à petit, j’ai intégré des moteurs, des ventilateurs, et toute sorte d’objets récupérés dans mon art. »
Victor Cord’homme : « En fait, même si je considère que l’écologie a été une préoccupation dès l’entrée aux beaux-arts, c’est à travers plusieurs voyages qu’une véritable conscience des enjeux écologiques s’est imposée dans mon travail. Lors de mes périples en Asie, j’ai malheureusement observé à quel point le plastique et les déchets étaient mal gérés. J’ai alors décidé de n’utiliser que des matériaux de récupération dans mon art.
« Dès que je trouvais des ventilateurs dans la rue ou sur des sites d’occasions, je les désossais et m’en servais pour une sculpture. »
J’aime l’idée de flux, j’ai donc à ce moment commencé à travailler sur des sculptures faites de ventilateurs qui se soufflent les uns sur les autres pour se mettre en mouvement.
Cette année-là, en 2015, j’ai fait un Erasmus à Toronto. J’ai voyagé en stop à travers le Canada et les États-Unis. Ces expériences ont été un déclic. J’ai pris conscience que mon art devait s’ancrer dans une réflexion plus large sur notre rapport à la matière, à l’énergie, au cycle de vie des objets. »

Victor Cord’homme : « Je dirais que mon univers est de l’ordre de l’installation vivante. Mes peintures, mes sculptures, mes objets se vivent.
Ce sont des “possibles”, des fenêtres ouvertes sur le monde. Je parle de flux : d’énergie, de couleur, de mouvement. Tout est lié – de la marguerite au bulldozer, de la chaise Ikea à la vitrine pour des marques. J’aime construire un art-monde, où chaque œuvre fait écho à une autre. En surface, c’est poétique et léger ; en profondeur, il y a une réflexion plus sombre sur notre époque. »

Victor Cord’homme : « C’est une série née en 2016, à mon retour du Canada, moment où j’ai commencé à amener de la figuration dans mon travail. J’ai peint une grande toile représentant des marguerites en pot face à des bulldozers.
« L’idée était simple : montrer le paradoxe entre la nature que l’on détruit pour construire, et que l’on réintroduit ensuite artificiellement dans nos intérieurs. »
De là est née une sculpture : un bulldozer à pédales, une machine absurde qui cherche une marguerite géante pour s’en occuper. La vidéo qui en a résulté est devenue emblématique de mon travail : le dialogue entre la nature et la machine, entre force et fragilité.
Cette thématique est devenue un fil rouge que j’ai étiré pendant plusieurs années. Dans un atelier collectif à Pantin, les grandes serres – une ancienne usine de tube de métal, j’ai récupéré plein de matières en métal pour en faire des marguerites géantes. »
[ndlr : Pour retrouver le film en entier Bulldozer et Marguerite avec le mot de passe : bulldozer]
Victor Cord’homme : « C’était ma première exposition solo, à Paris. J’avais installé 25 sculptures de ventilateurs qui fonctionnaient en continu. Mais je me suis vite rendu compte que c’était absurde : ils tournaient même quand personne ne les regardait.
J’ai alors voulu créer une exposition qui respectait l’idéologie de sobriété tout en étant “vivante”, évolutive, où les œuvres s’activent seulement en présence du public. Avec des programmeurs, nous avons ajouté des capteurs pour que les sculptures réagissent au nombre de visiteurs, à la lumière, à l’heure du jour.
Double avantage : Cela évite le gaspillage, mais rend aussi chaque visite unique. L’espace devient organique, un peu comme une rue où l’ambiance change selon le temps et le moment. »
Victor Cord’homme : « Exactement. J’ai eu la chance d’investir une grande verrière dans ce centre d’art contemporain près de Montargis.
« J’y ai installé un dispositif alimenté uniquement par des panneaux solaires et des batteries recyclées. Tout était autonome : rien n’était branché sur le réseau. »
J’ai vraiment aimé le côté « autarcie » de ce projet, rien n’était connecté à EDF, c’était une bulle autoalimentée. Il y avait juste l’énergie de l’intérieur qui vient vers l’extérieur et alimente tout. J’aime cette idée d’un art autosuffisant, qui interroge notre consommation d’énergie et ouvre des espaces alternatifs de consommation.
Mes pièces cherchent à être organiques. C’est un peu comme si on rencontrait une personne : il y a cette dimension plus humaine, animale, parfois, on est fatigué, parfois non. Parfois, comme une batterie, on se vide complètement. »
Victor Cord’homme : « Oui, c’est une œuvre participative. Le spectateur souffle sur la sculpture, ce qui génère de l’énergie pour d’autres pièces. L’idée, c’est de parler du partage d’énergie : donner un peu de soi pour donner vie à autre chose.
Mon mémoire portait d’ailleurs sur l’esclavage énergétique. Cette œuvre questionne notre rapport à la dépense, à la vitalité, à la solidarité énergétique et montre comment on pourrait faire autrement. »
Victor Cord’homme : « Je ne me considère pas comme un artiste engagé politiquement. Mais il y a une forme de responsabilité écologique. Mon engagement, c’est plutôt une question de justesse : faire attention à ce qu’on utilise, à ce qu’on transmet et ce qu’on laisse après.
C’est une forme d’éthique. Concernant les matériaux par exemple, je refuse d’utiliser du plexiglas ou de faire tourner un four à céramique pour une micro pièce. C’est de l’ordre du devoir ou de la responsabilité plutôt. »

Victor Cord’homme : « Oui, complètement. J’aime imaginer mes œuvres comme les parties d’un tout plus vaste. Chaque sculpture, chaque peinture m’emmène ailleurs, ouvre sur une autre idée. Même quand je travaille pour une marque, je garde cette démarche.
Par exemple, j’ai proposé un projet autour d’une “space banana”, une banane cultivée dans l’espace : un fruit banal, mais chargé de sens. Cela interroge nos habitudes, notre rapport à la distance, à la nature déterritorialisée. Aucune pièce n’est complètement ovni, car après elle se fait rattraper par pleins d’autres. »
Victor Cord’homme : « L’art parle du présent. Il me semble impossible aujourd’hui de créer sans évoquer, d’une manière ou d’une autre, les enjeux environnementaux. Beaucoup d’artistes m’inspirent, comme Susumu Shingu, qui crée des sculptures-mobiles alimentant des bâtiments, ou Théo Mercier, dont les œuvres en sable retournent à l’état de matière.
J’ai d’ailleurs remporté en 2024 le prix Art of Change, dédié à l’art écoconçu. Cela m’a permis de rencontrer d’autres artistes animés par la même envie de proposer une pratique plus juste. Pour moi, ce sont deux mondes qui se poussent vers le haut et qui sont dans le partage. »
« L’art parle du présent. Il me semble impossible aujourd’hui de créer sans évoquer, d’une manière ou d’une autre, les enjeux environnementaux. »
Victor Cord’homme : « Le lien, c’est essentiel. Que ce soit entre les œuvres, entre les gens, entre les énergies. J’ai beaucoup voyagé, j’ai des amis un peu partout, et cette ouverture nourrit mon travail. Créer, c’est relier. Imaginer que deux personnes puissent construire ensemble à distance, c’est beau. Mes œuvres parlent de ça : de transmission, d’interconnexion. »
Victor Cord’homme : « (Rires.) J’adore les voitures. J’en ai une et je l’utilise pour aller chercher des matériaux et des objets. C’est un objet fascinant, presque organique.
J’évite l’avion autant que possible, mais je ne veux pas être dans la culpabilité. Ce qui compte, c’est d’avoir conscience de ce qu’on fait, et de compenser par des gestes justes. »
Victor Cord’homme : « D’une certaine façon, oui. Je ne représente pas d’humains, mais des objets. Pour moi, ils sont vivants, chargés d’énergie. En ce moment, je démonte des imprimantes pour mes sculptures : c’est drôle et fascinant de voir la mécanique interne, les petits organes de ces machines. Pour moi, tout est habité, tout a une forme de vie. »

Victor Cord’homme : « Je travaille sur une série autour de la chaise Ikea, un objet universel. Tout le monde a une chaise Ikea, ou un truc qui vient de cette enseigne. C’est le truc qui nous relie le plus au final. On est tous un peu des petites chaises différentes, mais ça nous permet aussi de nous déplacer. On est toujours sur une chaise ou un siège. On s’assoit pour se déplacer, c’est étrange.
Je les refais en bois massif, en version géante ou bancale. J’aimerais aussi créer une exposition ouverte 24h/24, où les sculptures évolueraient selon la présence du public.
Je note plein d’idées : des œuvres sonores, des installations sensibles. Ce qui m’intéresse, c’est de tester les conditions du possible. »
Pour découvrir le travail de Victor Cord’homme, c’est possible sur son site internet ou sur Instagram.
– Maureen Damman
The post Victor Cord’homme : « Mes œuvres sont des écosystèmes qui respirent » first appeared on Mr Mondialisation.21.11.2025 à 15:58
Maureen Damman
Vous n’avez pas pu suivre l’actu ? Voici 10 bonnes nouvelles à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Train de nuit pour aller manger végane ! Une coopérative belgo-néerlandaise relance la liaison de nuit Paris–Berlin abandonnée par la SNCF après la fin des subventions publiques. Le service, opéré par European Sleeper, vise la viabilité […]
The post Paris-Berlin, requin et mangroves : les 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.
Une coopérative belgo-néerlandaise relance la liaison de nuit Paris–Berlin abandonnée par la SNCF après la fin des subventions publiques. Le service, opéré par European Sleeper, vise la viabilité économique via une nouvelle route qui passera par la Belgique, avec trois allers-retours hebdomadaires prévus dès mars 2026. (Le Relève et la Peste)
Victime de la pêche de fond, de la destruction des habitats et du réchauffement marin, le requin-ange de mer, classé en danger critique d’extinction et probablement disparu depuis le XXe siècle, pourrait faire l’objet d’un programme de réintroduction à Nice. (Midi-libre)
Plus de 220 communautés de Sierra Leone ont signé un accord inédit avec l’Africa Conservation Initiative pour protéger 79 000 hectares de mangroves. Le texte garantit une transparence totale et attribue 40 à 50 % des revenus du carbone aux populations locales, selon les principes de la « justice carbone ». (Mongabay)
En Lituanie, le taux de suicide a été réduit de moitié en misant sur l’accompagnement communautaire plutôt que sur une réponse strictement médicale. Le service téléphonique gratuit Silver Line, dédié aux personnes isolées, joue un rôle central dans la prévention et la restauration des liens sociaux. (Reasonstobecheeful)
Un éléphant issu d’un zoo belge deviendra le premier pensionnaire d’un nouveau sanctuaire pour éléphants au Portugal, un refuge non ouvert au public. Le site vise à offrir aux animaux anciennement captifs un espace de vie sécurisé, loin des logiques de spectacle. Une première en Europe. (Portugalnews)
Le programme SLIME contre la précarité énergétique mobilise 45 collectivités supplémentaires pour accompagner 66 000 ménages d’ici 2027. Il permet de repérer, diagnostiquer et aider les foyers en difficulté face au coût de l’énergie. (Communiqué de presse SLIME)
le collectif du Parc d’Hiver a sauvé 17 hectares de forêt littorale menacés de bétonnage à Mimizan, au terme de six ans de mobilisation. Le site, désormais protégé, préserve un corridor écologique essentiel dans une zone soumise à une forte pression immobilière. (La Relève et la Peste)
En Ardèche, la LPO a acquis la grotte du Pontet, un site accueillant jusqu’à un millier de minioptères de Schreibers et de murins de Capaccini. Cette maîtrise foncière – une première dans la région – permet de sécuriser durablement cet habitat crucial et de limiter le dérangement humain, renforçant ainsi la protection de ces espèces menacées. (France Bleu)
La verrerie Duralex, relancée par ses salariés, dépasse largement ses objectifs lors d’une levée de fonds citoyenne qui rassemble plus de 22 000 contributeurs. Un succès qui confirme l’attachement du public à cette marque emblématique et donne un nouvel élan à sa production « made in France ». (Alternatives Économiques)
Leroy Merlin met fin à ses publicités sur le site d’extrême droite « Frontières »
, dénoncé pour contenus haineux. La décision provoque la colère du RN, qui appelle au boycott de l’enseigne, tandis que l’entreprise revendique sa responsabilité éthique. (L’humanité)
– Mauricette Baelen
The post Paris-Berlin, requin et mangroves : les 10 bonnes nouvelles de la semaine first appeared on Mr Mondialisation.21.11.2025 à 15:28
Maureen Damman
Vous n’avez pas eu le temps de lire l’actu ? Voici les 10 infos à ne surtout pas manquer cette semaine. 1. Un selfie qui alimente le trafic En Amérique centrale, la popularité des selfies avec des paresseux alimente un trafic illégal florissant. Capturés pour répondre à la demande touristique, ces animaux vulnérables sont exploités […]
The post Paresseux, Cop30 et vaches en détresse : voici les 10 actus à ne pas manquer cette semaine first appeared on Mr Mondialisation.
En Amérique centrale, la popularité des selfies avec des paresseux alimente un trafic illégal florissant. Capturés pour répondre à la demande touristique, ces animaux vulnérables sont exploités au mépris de leur bien-être, poussant plusieurs pays à réclamer un renforcement urgent de leur protection internationale. (Mongabay)
À la COP30, l’Ukraine dépose une demande inédite de 43 milliards de dollars contre la Russie pour les dommages climatiques liés à la guerre. Kiev chiffre les émissions et destructions environnementales du conflit à l’équivalent de l’empreinte carbone annuelle d’un pays comme la Colombie, et veut inscrire ce préjudice dans le cadre de la justice climatique. (vert)
Un cargo vétuste transportant près de 3 000 vaches uruguayennes a été immobilisé pendant plusieurs semaines au large de la Turquie, faute de documents conformes. À bord, les animaux survivent dans des conditions effroyables, avec plus de 58 morts et 140 mises bas. Il est depuis reparti vers l’Uruguay. (La Relève et la Peste)
Trois militantes écologistes sont poursuivies pour avoir protégé un chêne multiséculaire menacé par la future LGV Bordeaux–Toulouse. Elles risquent une interdiction de séjour en Haute-Garonne. (La Relève et la Peste)
À peine élu, le nouveau président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, adopte une ligne offensive contre les écologistes. Il dénonce un « carcan » de normes environnementales jugées hostiles aux agriculteurs et annonce vouloir peser pour un virage plus productiviste du syndicat. (Reporterre)
L’accord agricole UE–Maroc signé en octobre, qui permet l’exportation de tomates cerises cultivées au Sahara occidental, est une violation du droit international, car, entre autres, sans consultation des Sahraouis. Sur place, conditions de travail et exploitation des ressources sont dénoncées, tandis que l’Europe alimente un commerce contesté. (Reporterre)
À Marseille, plus de cinquante personnes – parents, enseignants et agents municipaux – portent plainte pour exposition à l’amiante dans plusieurs écoles. Elles accusent les autorités d’avoir laissé perdurer un risque sanitaire connu, et visent notamment des faits de « mise en danger de la vie d’autrui ». (Reporterre)
La Russie s’oppose au rétablissement des sanctions occidentales contre l’Iran via le mécanisme de « snap-back », qu’elle juge illégitime et contraire au droit international. Moscou annonce dans la foulée vouloir approfondir sa coopération avec Téhéran, renforçant encore leur rapprochement stratégique. (Les-crises)
La verrerie Duralex, relancée par ses salariés, dépasse largement ses objectifs lors d’une levée de fonds citoyenne qui rassemble plus de 22 000 contributeurs. Le succès confirme l’attachement du public à cette marque emblématique et donne un nouvel élan à sa production « made in France ». (Alternatives économiques)
À la COP30 de Belém, militants et ONG dénoncent une transition énergétique qui reconduit des logiques néocoloniales. L’extraction massive de minerais nécessaires aux technologies « vertes » pèse sur les peuples autochtones et les écosystèmes, révélant les contradictions des stratégies climatiques internationales. (Médiapart)
– Mauricette Baelen
The post Paresseux, Cop30 et vaches en détresse : voici les 10 actus à ne pas manquer cette semaine first appeared on Mr Mondialisation.21.11.2025 à 05:00
Mr Mondialisation
Si les fêtes de fin d’année sont souvent synonymes de joie et de moments partagés, elles incarnent aussi, malheureusement, une ode à la surconsommation. D’occasion, dématérialisés ou encore utiles à d’autres : zoom sur les cadeaux alternatifs et solidaires. La période de Noël s’accompagne souvent d’une forme de pression : celle de faire le ou […]
The post Black Friday : Nos idées cadeaux pour un Noël alternatif first appeared on Mr Mondialisation.La période de Noël s’accompagne souvent d’une forme de pression : celle de faire le ou les bons cadeaux, et de sacrifier parfois ses propres valeurs pour être certain·e de faire plaisir. Or, le « bon » cadeau n’est pas nécessairement le mieux emballé, ouvrant la boîte neuve du dernier produit à la mode… Ce n’est pas non plus offrir un animal comme on l’expliquait dans un article en 2024. Et enfin, faire plaisir ne devrait pas être inhérent à la quantité de cadeaux offerts, ni à leur valeur monétaire.

Difficile de résister et de se raisonner face aux clairons de la consommation et à l’industrie du sapin. Le matraquage publicitaire abrutissant, nous incite à acheter plus, dépenser plus, offrir plus… Quitte, au passage, à faire culpabiliser les moins fortuné·es.
Les fêtes de fin d’année devraient rester un véritable moment de partage et non de consommation. Voici donc une petite liste — évidemment non-exhaustive — pour des cadeaux originaux, peu onéreux, solidaires et bénéfiques pour toutes et tous.
Voici le cadeau idéal pour un·e proche engagé·e dans la protection animale. De la SPA locale aux refuges d’animaux de ferme, de nombreuses structures proposent le parrainage. En effet, cette aide financière permet aux personnes sensibles au sort des animaux, mais ne pouvant en recueillir chez elles, de participer à leur sauvetage, à leur nourrissage ou à leurs soins.

Un exemple parmi tant d’autres : le refuge GroinGroin, situé dans la Sarthe, recueille des animaux sauvés d’élevage. Végane, antispéciste, il est également un centre d’information sur les cochons. À leurs côtés : vaches, moutons, dindes, chevaux ou encore ânes, coulent des jours heureux, loin de toute forme d’exploitation.
Chez Groingroin, le parrainage est essentiel à la bonne tenue du refuge et peut parfaitement s’offrir. Ce type de don est ponctuel et libre, s’adaptant aux revenus de chacun·e. Ne reste plus qu’à parcourir le trombinoscope, choisir l’animal à parrainer, et le futur parrain/marraine recevra son certificat ! Par la suite, il ou elle recevra des nouvelles de son ou sa filleul·e plusieurs fois par an, en remerciement de son engagement.
Autre initiative originale, celle de l’institut de la Tour du Valat, baptisée Adopte un flamant. Pour Anne-Sophie Hervy, chargée de communication et de développement, « le parrainage représente environ un quart des finances de l’association. » Celle-ci, fondée en 1954, mène actuellement plus de 70 projets : études scientifiques, gestion des espaces naturels, préservation d’espèces endémiques, etc.

C’est le cas du flamant rose, en déclin dans les années 1960 à cause de la chasse de ses œufs ou de la réduction de son habitat. Le travail de la Tour du Valat a porté ses fruits la décennie suivante, et le baguage des oiseaux a commencé en 1977.
Depuis, environ 800 poussins sont bagués chaque année. « C’est comme ça qu’est née l’initiative Adopte un flamant : les gens voulaient des nouvelles des animaux — explique Anne-Sophie Hervy. — Si le parrainage a débuté dans les années 1990, il a vraiment trouvé son élan en 2020. Ses objectifs sont multiples. Tout d’abord, sensibiliser le grand public à la préservation des espèces et des zones humides. C’est également un apport financier important, qui participe au suivi scientifique des colonies, au coût du baguage… »
« les parrains et marraines reçoivent un certificat virtuel, des nouvelles de leur protégé·E ou encore une « Gazette des flamants roses »
Chez Adopte un flamant, il existe trois types de parrainages, allant de 25 à 100€. En contrepartie, les parrains et marraines reçoivent un certificat virtuel, des nouvelles de leur protégé·e ou encore une « Gazette des flamants roses ». Enfin, chaque année, une Journée des parrains est organisée pour les donateurs de 100€ et plus. Celle-ci permet de découvrir les oiseaux de près, en les observant dans leur environnement naturel.
Pas de paquet, rien de physique, mais un cadeau qui fait sens ! À l’approche des fêtes de fin d’année, associations et ONG n’hésitent pas à rappeler qu’il est possible de (se) faire plaisir en offrant à autrui.
La quasi-totalité des associations et ONG acceptent les dons libres et ponctuels. Ceux-ci n’entraînent pas de contrepartie : un vrai cadeau du cœur ! De fait, il est généralement possible « d’offrir » son don à un·e proche : la personne concernée reçoit alors un message l’en informant.

Associations humanitaires, écologiques, de protection animale… Il n’y a pas de réelle limite, mise à part celle de sa sensibilité personnelle — et de celle de la personne pour laquelle le don est réalisé. En plus des noms les plus connues (Unicef, Croix Rouge, L214…), pensez aux petites structures près de chez vous ! Refuge local, association qui vient en aide aux plus démunis, aux enfants malades, aux réfugiés politiques…
Pourquoi ne pas financer trois belles causes en même temps, avec par exemple l’association Kalaweit. Active depuis plus de vingt ans en Indonésie, elle travaille activement à la préservation de la flore et de la faune sauvages, tout en créant des emplois pour les populations locales. Humains, animaux et nature en un seul et même projet, pour un don chargé de sens.
En outre, il est possible de participer au financement d’un projet social ou écologique. Des plateformes comme Bluebees, par exemple, mettent en avant des initiatives responsables. Une idée qui permet aux bourses les plus réduites de faire un petit cadeau, car les sommes de départ sont souvent peu onéreuses. Parfait pour un cadeau utile, altruiste et solidaire !
Envie malgré tout d’un cadeau physique, à déposer sous le sapin ? Là encore, il existe de nombreuses alternatives aux mastodontes de la consommation. La toute première revient à faire vivre les commerces près de chez soi : épicerie solidaire, magasins de vrac, petit commerce indépendant de produits artisanaux… Les choix manquent rarement et, à l’approche des fêtes, ce type de commerce met souvent en avant de belles idées cadeau.
Sur Internet, faire ses courses de façon responsable est possible aussi. Par exemple, le site de e-commerce Label Emmaüs, créé en 2016, possède une vitrine de plus de 2 millions d’objets issus des ressourceries d’Emmaüs. Pourtant, cet « e-shop militant » est encore assez confidentiel. Or, s’y trouvent des produits de seconde main en très bon état et de qualité : objets utiles ou plaisir, vêtements, high-tech reconditionné…

Au total, 170 ressourceries et recycleries, toutes dans une démarche d’économie sociale et solidaire, font vivre Label Emmaüs. Un écosystème vertueux, qui réduit le nombre de déchets tout en participant à la réinsertion sociale. En effet, grâce à un plan de formation poussé, ce sont aujourd’hui presque 1000 personnes qui font vivre la plateforme.
Envie de joindre le plaisir à l’original ? Pourquoi ne pas se tourner vers les cadeaux à faire soi-même ? Uniques, ludiques, ils demandent un temps et un investissement impossible à faire transparaître dans l’achat d’un cadeau neuf… Et pour emballer le tout, rien de tel que les papiers cadeaux réutilisables !
Bref, un Noël loin des sirènes de la surconsommation, c’est non seulement possible, mais en plus, c’est fun, éthique et rempli d’amour.
– Marie Waclaw
Source image d’en-tête : ©Pexels
The post Black Friday : Nos idées cadeaux pour un Noël alternatif first appeared on Mr Mondialisation.